Hey !
Alors alors… cette semaine au menu, beaucoup de choses. Cette fois, on se retrouve en bas du chapitre pour quelques éclaircissements de ce qui se passe dans ce chapitre par rapport au manga et à ce que j'en fais.
Merci pour vos retours sur le dernier chapitre !
Lyra : Salut ! J'avais dis que je le ferais, j'ai oublié. Beaucoup m'ont demandé Law, ce à quoi j'ai répondu que ce n'était pas son arc, mais bien celui de Ace et qu'il avait laissé l'antenne pour le moment. Il reviendra en temps et en heure…:)
Bonne lecture !
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Chapitre 42
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Dans toutes les voitures, il existe ces poignées au-dessus des portières. J'ai toujours cru, en observant Garp, qu'elles servaient à accrocher des cintres avec des chemises propres sortant du pressing.
Mais je viens de leur trouver une tout autre utilité.
Quel que soit le nom que leur inventeur à bien pu leur trouver, désormais, pour moi, elles seront et resteront les « ne jamais monter dans la voiture d'un yakuza pressé ». J'ai arrêté de compter le nombre de feux qu'il a grillé et de Stop drifté. J'ai aussi arrêté de croire que monter dans cette voiture était une bonne idée. En revanche, je n'ai pas lâché ce bout de plastique, et si j'en juge par la contraction involontaire de mes doigts autour de ce machin, je ne la lâcherai pas de sitôt.
De toutes façons, si je le faisais, ce serait au risque de voler dans l'habitacle de cette voiture. Roger soit loué, j'ai une oreille interne qui tient le coup…
A la place passager, Sabo est à peine plus digne que moi. Il garde les yeux sur la route, mais je discerne une goutte de sueur sur sa tempe.
- Au fait, je m'appelle Marco. Fushicho Marco, yoi.
Silence.
- La politesse voudrait que vous vous présentiez à votre tour yoi, souligne-t-il sur le même ton nonchalant.
Sabo a un bref ricanement.
- La politesse voudrait qu'on ne suive pas de jeunes adolescents dans la rue… Ça pourrait être mal interprété…
- Ah touché.
Au moins, il ne nie pas, c'est bien.
- Et honnêtement, j'enchaîne dans un hoquet, osez dire que vous ne connaissez pas nos noms.
Silence, puis il soupire et lâche le morceau.
- Portgas D. Ace, même si j'ignore quel lien ce jeune homme peut bien avoir avec le si renfermé clan Portgas, l'apprentie de Kidd. Avec lui, son frère adoptif Silvers Sabo et leur amie Swallow Cara. C'est tout ce que Kidd a bien voulu nous dire, et Thatch a dû le cuisiner pendant des heures, yoi.
Comme il n'ajoute rien je dois en déduire que « Thatch » est la seule autre personne des Barbes Blanche que nous avons « croisé », le brun au catogan et au foulard jaune.
Heureusement que Sabo ne perd pas le Nord, parce que deux virages plus tard, j'ai du mal à me souvenir ce que l'on vient de dire. C'est donc lui qui continue de lui poser les bonnes questions et moi qui me contente de me concentrer pour écouter.
- Ça c'est ce que Kidd vous a dit. Et en quel honneur ?
Cette fois, sur le visage impassible de Marco, je crois déceler un bref éclat d'amusement, vite envolé.
- Et en quel honneur vous prenez notre quartier pour un ring de free-fight au juste ? On ne fait que se renseigner sur ceux qui font du grabuge chez nous, question de survie, yoi.
- Touché, j'interviens avant de préférer fermer les yeux jusqu'à ce qu'on arrive et de poursuivre pour Sab'. Si on s'en sort vivant, Ray va tellement nous casser les genoux que je crois que je préfère encore un tribunal de yakuza.
Pour toute réponse, Sabo grommelle quelque chose que je ne préfère pas comprendre.
Et que je n'aurais pas à déchiffrer puisque dans un dernier coup de volant et un dérapage au frein à main à peine m'as-tu-vu, nous arrivons à bon port. Enfin. Je vais pouvoir recommencer à respirer correctement.
- Bon, maintenant faut mettre la main sur Portgas.
- Rien de plus facile, constate Sabo avec fatalisme. En général, il n'est jamais loin d'une explosion ou d'un incendie, de son propre grès ou non.
En sortant à mon tour de la voiture, je profite d'une seconde pour détailler ce Marco.
Je ne sais pas… je ne suis pas sûre de l'attitude à avoir avec lui. D'une part, il ne semble absolument pas menaçant, malgré sa précédente plaisanterie ; d'autre part, impossible de faire confiance à un yakuza de Barbe-Blanche.
Je me souviens parfaitement de la petite manœuvre de la première fois qu'ils ont approché Ace, Thach ouvrant la voie, et lui fermant la marche. Et nous, pris en tenaille et sous haute surveillance.
Alors je peux comprendre leur volonté de sécuriser leur territoire… Mais ne pas savoir exactement ce qu'ils savent nous empêche de savoir quelle attitude prendre.
Ils ont nos noms et sûrement un paquet d'infos. J'imagine qu'ils savent que Ace est sous la tutelle de Garp malgré leur appartenance à deux clans différents. Et qui est aussi sûrement la raison pour laquelle ils ont dû se méfier de Ace dans un second temps, juste après la séance de free-fight, comme la dit Blondi.
Quant à savoir s'il connaisse l'autre identité de Rayleigh… ça, impossible de le dire. Le secret est si bien gardé que le nombre de personne connaissant son véritable nom et son pseudonyme s'élève à peine à une dizaine de personnes (encore vivantes) tout au plus.
Et l'on en compte encore moins sachant que Gol D. Roger a eu une descendance.
Mais ce sont les Yakuza de Barbe-Blanche, ils ont leur propre sources et impossible de connaître leur limite.
Alors quant à savoir si on doit la jouer perso ou libre expression… J'ai peur que ce soit à Ace d'en décider.
J'ai dû le scruter une seconde de trop car Marco darde son regard impassible sur moi. Impassible et aux paupières tombantes… mais dont l'azur des iris dissimule un éclat de curiosité que je finis par déchiffrer.
He he… J'ai appris à lire dans des regards bien plus stérile. A côté de Law, Marco est trop détendu pour m'avoir. Enfin, à cet instant.
Je retiens difficilement un sourire, que je finis d'ailleurs par assumer.
Savoir ses intentions va être d'une simplicité détonante :
- Après vous, je lui dis en indiquant du menton Sabo qui ne nous a pas attendu pour rejoindre le bâtiment. Vous avez de plus grandes jambes que moi, je ne voudrais pas vous ralentir…
Il plisse un peu les yeux, comprenant mon allusion.
Il n'hésite pas longtemps.
- Avec plaisir, yoi.
Et se retournant résolument, il emboîte le pas à Sab', me laissant fermer la marche.
Bien. Il semble que l'on va s'amuser encore plus que prévu avec ce blondinet à la coupe undercut parfaite mais aux joues mal-rasées.
J'ai à peine le temps de me mettre à courir moi aussi que mon téléphone vibre.
Un sms de Bonney : « Désolée. Je t'expliquerai plus tard. »
… O-kaaaaaaaaay. Bon, j'ai presque envie de ne pas paniquer.
Qu'est-ce qui se passe dans cet immeuble qui nous fait désormais face ? Dans la nuit, il se devine à peine comme il n'y a plus la moindre lumière en émanant à part un pauvre lampadaire dont l'ampoule est sur le point de lâcher. Pas glauque du tout. A peine bon pour un film d'horreur à petit budget. Miséricorde.
Notre course s'arrête net en même temps que Sabo devant nous.
- Sab' ?
Il lève la main pour me faire signe de me taire… et un cri nous parvient des tréfonds du bâtiment. Un cri, qui n'est définitivement pas celui de son frère. J'aime à croire que c'est une bonne nouvelle. Je m'approche, marchant malgré moi presque sur la pointe des pieds.
- C'est gentil de nous épargner l'effort de chercher ces gamins dans toute la Cité, Marco.
Sab' comme moi sursautons. Parce qu'on ne les a pas entendu arriver, mais surtout parce qu'on reconnaît sans mal la voix grave et rocailleuse de Barbe-Blanche.
Cet homme est trop grand, trop vieux, trop impressionnant pour que je résiste aux frissons de crainte qui me traversent. Il est entouré de la même équipe qu'à la clinique : le fameux Thach, toujours aussi souriant et vif et une femme à l'aspect androgyne qui doit faire la moitié de sa taille au sourire espiègle et sûre d'elle. « Haruta » si j'ai bonne mémoire.
Je remarque alors que Sabo s'est glissé à côté de moi, entre Marco et moi. Il ne fixe pas les nouveaux arrivants, mais bien la menace potentielle la plus proche : le blond, qui loin d'être impressionné, parait toujours aussi désabusé.
- Il plaisante, yoi, relève-t-il.
- Oh non, gronde Barbe-Blanche et l'écho de ses cordes vocales me donne juste envie de me cacher derrière Sabo qui reste bien droit et bien plus courageux que moi. Je ne plaisante jamais lorsque la vie de l'un des notre est en danger. Il faut qu'on parle jeune gens, alors vous allez nous suivre que vous le vouliez ou non.
On va mourir.
J'aurais bien paniqué si la situation n'était pas aussi hors de contrôle. Et j'adorerai faire une vanne mais je n'en ai ni le courage ni l'inspiration.
Là, on est juste mal barré. J'ai beau chercher, je ne vois pas comment on pourrait se sortir de cette situation.
Surtout que si cet idiot de Ace ne veut pas sortir en un seul morceau ou simplement en vie de ce fichu bâtiment, je ne suis pas sûre que Sabo sera garder le calme dont il fait encore preuve alors que je suis à deux doigts de juste tomber dans les pommes plus ou moins définitivement.
- On ira nul part.
Je grimace. Sabo reste ferme malgré la situation mais peut-être que faire quand même un peu profil bas ne serait pas une mauvaise idée… C'est ce que préconise tous mes sens en tous cas… Mes mains tremblent un peu trop.
- Sab'…
Mon murmure passe complètement inaperçu dans le rire énorme du chef yakuza qui nous tient plus ou moins métaphoriquement en joue et qu'il ne vaudrait mieux pas contrarier.
- Voyez-vous ça ! Et qui crois-tu être pour me contredire ainsi, gamin ? Ce n'était pas une invitation.
Une bonne réplique pleine d'esprit serait la bienvenue mais je n'ai rien qui me vient et Sabo est soudain bien trop concentrer sur Marco qui s'est avancé d'un pas pour répondre.
Merde.
Et re-merde.
J'ai beau réfléchir, mes pensées passent de Marco à Sabo à Ace à Barbe-Blanche à une anticipation plus ou moins intense de la douleur à mon cœur refuse de baisser le volume qu'il exerce sur mes tempes et qui-
- Touche un seul cheveu de ces enfants Newgate, et tu regretteras de ne pas être en état de courir te cacher.
Mon cœur s'arrête une seconde, uniquement pour repartir plus vite. Je tourne la tête tellement vite que je manque de peu le tortis colis.
Rayleigh s'avance mains dans les poches et un éclat étrange dans son regard si vif. Menaçant.
A côté de lui, Shakki l'accompagne de sa démarche chaloupée, le rougeoiement de son éternelle cigarette se reflétant dans leurs yeux.
Un espoir inespéré s'insuffle dans ma poitrine avant que je ne l'expire en comprenant que loin d'aider à débloquer la situation, celle-ci vient juste de se compliquer un peu plus.
A en juger par le regard que Sabo me jette, désespéré je comprends que l'on est sur la même longueur d'onde. Ce qui n'est pas pour me rassurer. Alors quoi, on panique tout de suite ou on attend qu'ils en viennent aux mains ?
Barbe-Blanche « Newgate », perd son sourire et fronce les sourcils. Ses lieutenants se font plus raides, sur la défensive.
- Ta voix m'est familière…
Le sourire de Rayleigh ne devient que plus en plus grand, loin de son calme légendaire, il semble soudain s'amuser.
- Toutes ses années et tu te souviens encore de ma voix ? Je suis flatté vieil homme.
Oh miséricorde… si même Ray s'y met…
Le vieil homme en question (qui, je réalise soudain, doit en effet être bien plus vieux que Rayleigh) fronce ses sourcils au point de presque entièrement cacher ses prunelles noires qui semblent prises d'une intense réflexion plutôt que d'être vexé. Ça pourrait peut-être nous sauver.
- La dernière que je t'ai dite peut-être ? continue Ray en faisant mine de réfléchir. « Gol D. Roger m'a demandé de changer cette île avec lui. Si tu ne veux pas en faire partie, écarte-toi de notre chemin ».
Et l'expression de Barbe-Blanche changea du tout au tout : il éclate d'un rire tonitruant qui fit trembler le lampadaire au-dessus de sa tête (en tous cas, c'est l'impression que j'ai).
- Sale gamin présomptueux ! Le Roi Sombre en personne ? Je te croyais aussi mort et enterré que ton fichu acolyte fauteur de trouble !
Shakki souffle un nuage de fumée qui se dissipa dans la nuit. Les yakuza qui entourent leur chef se sont figé et n'abordent plus ni amusement ni assurance. C'est à peine si Marco à côté de nous respire.
C'est l'effet « Roi sombre »…
Rayleigh a un regard brillant et semble s'amuser comme rarement. Il jette un regard à Marco.
- Jeune homme, vous ne devriez pas ainsi vous poser en cible devant mon fils. Il est peut-être plus jeune que vous, mais pourrait vous faire très mal si vous continuer à les menacer ainsi.
Marco quitte difficilement Ray du regard pour évaluer la danger potentiel de Sabo qui n'avait pas relâché sa garde. Il n'hésite pas longtemps avant de reculer de deux pas, levant les bras en signe de paix.
- Je ne le menaçais pas yoi. Nous ne cherchons pas à se battre, assure-t-il.
- Mais ça pourrait changer, gronde Barbe-Blanche. Si tu avances encore un peu le Gamin Sombre, il se pourrait que je puisse te prouver que j'ai de très bon reste !
Pitié…
- Ah ah ah ! Oh Newgate Edward, je n'ai pas envie de blesser un homme affaibli comme toi.
… Et merde.
- Affaiblie ?! hurle-t-il. Viens donc voir si tu crois que j'ai perdu ma fougue ! Tu n'as jamais été rien d'autre qu'un moustique !
S'ils continuent à s'envoyer des piques comme ça sans en venir aux mains, moi ça me va… Sabo me met un coup de coude discret et du menton, m'indique le bâtiment cachant toujours Ace.
Je fronce les sourcils sans comprendre ce qu'il veut. On n'a aucun moyen de bouger, ainsi pris entre deux feux pour aller l'aider ou pour le prévenir… Mais il insiste. Et attend et m'indique à nouveau le bâtiment.
Oh ! J'ai saisi !
On n'entend plus rien depuis l'intérieure. Ce qui signifie qu'il est temps ou de jubiler ou de s'inquiéter.
- Je ne sais pas ce que tu veux à mes enfants Edward, continue Rayleigh sur un ton plus sérieux que le reste de ses commentaires, mais je te conseille de ne leur souhaiter aucun mal si tu ne veux pas le payer très cher…
- Tes enfants ? Oh je vois. On m'avait juste donner ton nom, j'ignorai ton identité… « Silvers »… je comprends. Par contre, il va falloir que tu me dises ce que tu fabriquais avec Garp, son petit-fils et un rejeton du clan Portgas sous ton toit…
- Et si tu me demandais directement, Newgate !
Oh miséricorde.
Garp en personne s'avance à son tour aux côtés de Rayleigh et Shakki. Celle-ci lui tend une cigarette qu'il allume sereinement.
Si possible, la tension chez Marco et ses acolytes s'accentue.
A côté de moi, Sabo me rend mon regard un brin désespéré. Nous voilà prit entre deux feux et trois camps. D'ailleurs, même Marco paraît beaucoup moins relaxé que jusqu'à présent.
- C'est toujours comme ça yoi ? demande-t-il à voix basse pendant que trois presque légende de la Cité se regardent dans le blanc des yeux en jouant à « je t'aime moi non plus ».
- On s'y habitue, je réponds en haussant les épaules pour cacher ma panique.
- Ouais, là je les trouve quand même bien calme, enchaîne Sabo.
Marco grimace.
- Tu ne feras pas le moindre mal à mes petits-enfants, grogne Garp en croisant les bras.
- Vous ne m'empêcherez pas de faire quoi que ce soit bande d'insectes et le gamin qui est dans ce bâtiment me suivra qu'il le veuille ou non, gronde Barbe-Blanche.
- Essaie seulement de l'approcher, grimace Rayleigh dans un rictus menaçant.
Chacun semble sur le point de courir vers l'autre pour faire entendre ses idées à coups de poings.
Même les lieutenants peu rassurés de Barbe-Blanche se sont mis sur la défensive, à la plus grande désapprobation de Marco qui fronce les sourcils et secoue la tête jusqu'à ce qu'ils abandonnent et se reculent sagement. Lui semble de plus en plus calme à mesure que les secondes passent. Il retrouve son air décontracté et j'menfoutiste.
Mais j'ai plus l'impression que c'est de la résignation et non de la confiance.
- J'aimerai effectuer un repli stratégique.
- Et moi donc, murmure Sabo.
Je me contente d'avaler difficilement ma salive.
- Ce qui se passe ici ne vous concerne pas !
Barbe-Blanche continue de faire trembler le sol à chacune de ses phrases, et je me demande vraiment ce qui le retient de se jeter sur Rayleigh qui a perdu tout sourire et Garp, tout aussi provocant.
- Tout ce qui concerne ces enfants nous concerne, réplique-t-il.
- J'ignore comment tu as pu découvrir l'existence de Ace, poursuit Rayleigh, mais il n'est pas son père et je t'interdis de le voir ainsi !
Sabo grimace.
Oups.
Il n'a pas eu le temps d'expliquer correctement à Rayleigh au téléphone que si le chef yakuza s'intéresse tant à son aîné, ce n'est pas à cause de sa parenté dont il ignore tout, mais bien d'un petit problème de territoire.
Barbe-Blanche fronce d'ailleurs les sourcils, déstabilisé.
- Son père ? Qu'est-ce que tu me chantes sale gosse ?
Surpris, Ray et Garp darde sur nous un regard soudain hésitant et surpris.
Grimaçant, Sabo mime aux deux hommes de se taire. Mais il est trop tard.
- Je crois qu'il y a un quiproquo ici, murmure Marco à notre attention.
- Sans dec' ? je lui réponds sur le même ton.
- Je me fiche bien de son père à ce gamin ! poursuit Barbe-Blanche. C'est à ce gamin que je veux parler !
- N'y compte pas !
- Fais un seul pas dans sa direction et-
- ASSEZ !
Le cri à le don d'enfin faire cesser la dispute.
Mon cœur repart de plus belle lorsque qu'apparaît enfin Ace, droit et bien vivant, sortant du bâtiment sombre en traînant une masse vaguement humaine derrière lui.
Vivant, le regard vif et colérique.
Il semble furieux.
Par réflexe, comme pour m'assurer que je ne suis pas en train de rêver, ma main s'accroche au t-shirt de Sab' qui lui aussi le fixe presque sans y croire. Mais le soupir de soulagement qu'il laisse échapper me répond : c'est bien Ace et il est bien en un seul morceau.
Tout en tache de rousseur, avec quelques brûlures et un besoin de passer chez le coiffeur pour égaliser ses mèches carbonisées, mais aussi fort et droit que d'habitude.
Dans le silence soudain qui règne, il s'impose en marchant pieds nus sur le goudron jusqu'à nous. Sans un regard pour les trois hommes qui se disputaient une minute plus tôt, il avance vers notre petit groupe.
- Je suis désolé Sabo, Cara.
Sabo soupire. Mais loin d'être en colère, il n'est que soulagé.
- Moi aussi, souffle-t-il. La prochaine fois, invite-nous à la baston !
Ace rit puis se tourne vers moi. Il me fait un clin d'œil.
- Je maintiens ce que je t'ai dit l'autr' jour chez Kidd, alors ne pense même pas à t'faire une entorse à ce qui t'sert de cerveau.
… Oh.
Oh… Bonney a intérêt à m'expliquer ce qu'il s'est passé.
Il ne jette qu'un regard à Marco… puis lui offre un de ses immenses sourires, toutes canines dehors qui laisse un instant hésitant le grand blond qui ne sait pas comment réagir. Mais on ne peut pas lui en vouloir, personne ne sait jamais comment agir avec l'idiot qui me sert d'ami.
Ace se tourne alors vers Rayleigh et Garp, qui d'un œil le détaillent des pieds à la tête pour vérifier que leur protégé n'est pas sur le point de s'effondrer, et de l'autre surveille toujours le chef yakuza qui les menaçait.
- Merci.
Loin de les rassurer, ils n'eurent pas le temps d'intervenir avant qu'il se détourne pour cette fois avancer jusqu'aux pieds de Barbe-Blanche. Le vieil homme ne bouge pas d'un iota, découvrant et détaillant le jeune homme qui, il l'a compris, a fait s'unir Garp et le Roi sombre.
Un jeune homme aux yeux sombres mais brillants. Même le sérieux qu'il affiche ne brouille pas sa légèreté.
Ace reste Ace.
Nez à nez avec Barbe-Blanche, malgré la différence de taille, Ace est plus présent que jamais, loin de se laisser écraser.
Soudain, il balance aux pieds de ses lieutenants le corps inconscient, couvert de rouge et de bleus d'un homme que je ne connais pas.
- Tenez, c'est cadeau. C'est l'type qui a menacé mes frères il y a plusieurs mois, et qui a mis le feu au garage de Kidd. J'ai cru comprendre que sa copine est des vôtres ? J'en ai fini avec lui, je vous l'laisse.
Personne ne lui répond, mais loin de s'en défiler, il laisse un sourire fleurir sur ses lèvres.
- J'aurais pas commencé ce combat si j'étais pas certains de pouvoir l'finir. Même si ça veut dire que je dois m'frotter à vous après ça.
Cette fois, un sourire amusé se dessine sur les lèvres de Barbe-Blanche, mais il ne dit toujours pas un mot.
- Mais votre problème me concerne moi, alors inutile d'impliquer Rayleigh ou Garp.
A ces mots, il se tourne pour faire un petit signe de la main à ses deux protecteurs avec un sourire d'enfant.
- C'est gentil de vous préoccuper de moi !
Rayleigh soupire et Garp hoquette mais Ace défie à nouveau du regard l'homme qui lui fait face.
- Alors ? Vous vouliez me parler ?
Cette fois, c'est un éclat de rire qui franchir les lèvres du Yakuza.
- Gamin, tu as du cran et j'aime ça !
Newgate Edward, dit Barbe-Blanche, chef Yakuza et maître du plus ancien quartier de la cité lui offre un sourire éclatant.
- Mais je ne sais pas pourquoi le gamin Sombre et Garp le flic avaient si peur que je te veuille du mal ! Je ne cherchais qu'à te remercier d'avoir sauvé ma fille de l'incendie au péril de ta propre santé !
Ace répondit avec le même sourire.
- J'allais tout de même pas la laisser cramer ! Et puis, si j'ai bien saisit ce que c'type disait quand il avait encore toutes ses dents, c'était moi qu'il cherchait. Une histoire d'vengeance, je n'ai pas bien compris c'qu'il pleurait. Il savait même pas qu'elle était là.
Il se tourne une seconde vers Rayleigh pour lui offrir une belle grimace pleine de remord.
- Désolé Ray ! Shakki, j'compte sur toi pour lui expliquer cet'histoire-là, le temps que j'aille m'exiler très loin.
Surprit, Rayleigh se tourne vers Shakki qui laisse un petit rire complice lui échapper. Si je ne m'abuse, ça sent aussi très mauvais pour Sab' et moi, et j'espère que Ace a prévu un radeau assez grand pour nous trois.
- Hum, s'il ignorait vraiment la présence de Bay, alors cet homme n'a pas à répondre à nos accusations, réfléchit Barbe-Blanche à haute-voix. Pour ma part, tu lui as donné la leçon qu'il méritait, y compris pour avoir blessé ma fille. Laissons-ça à Garp.
D'un geste, il fait signe de dégager le presque cadavre de là et la jeune fille androgyne se saisit du type pour le traîner sans difficulté malgré sa taille jusqu'aux pieds de Garp qui s'assombrit.
- Non mais tu me prends pour quoi là oh ! Je ne suis pas ton homme de ménage !
Barbe-Blanche l'ignore, préférant continuer à étudier Ace des pieds à la tête.
- Tu m'intrigues.
Ace penche la tête sur le côté, souriant.
- Je suis qu'un simple lycéen, avec ses frères et son parrain. J'travaille chez Kidd, mais ça ne fait pas d'moi un mec bizarre !
L'innocence incarnée dans son texte qu'il mime de réciter. Mais Newgate plisse les yeux.
- Et tu me rappelles quelqu'un.
Cette fois, le sourire de Ace se fit plus triste.
- J'aurais préféré lui ressembler un peu moins parfois. Mais je suis pas mes parents.
Ils échangèrent un regard… puis un sourire.
- Bon ! s'écria Barbe-Blanche. Tu es sortie de l'hôpital un peu précipitamment, et si j'ai bien compris ce que la doc hurlait, c'est que tu n'étais pas en état de mettre un pied devant l'autre. Allez, ramenez-vous.
Ace secoue la main comme pour s'il parlait de quelque chose de dérisoire.
- Ça va allez et il est tard, les enfants que nous sommes devraient déjà être couché.
Ce qui amusa encore plus Newgate.
- Allons allons, ne faites pas les timides. Vous, le grand blond et la petite brune. Toi aussi le gamin sombre ! Garp, ne me regarde pas comme ça, mets-là en veilleuse et accompagne-nous puisque tu sembles si inquiet pour tes protégés. Ce n'est pas comme si tu faisais grand fis de tes propres lois de toutes façons si j'en juge tes fréquentations.
Ça, c'était un coup bas pour ce pauvre Garp prit entre deux feux au quotidien. Mais s'il se renfrogna un instant, il finit par soupirer :
- Ouvre donc la marche.
Je jette un petit regard moqueur à Marco qui lève les yeux au ciel mais s'abstient de tout commentaire.
- Alors c'est réglé ! s'exclame Barbe-Blanche en tournant rapidement le dos sans laisser à qui que ce soit la possibilité d'argumenter. Marco, merci de te charger des petits.
Son subordonné acquiesce sans un mot et nous fait signe de le rejoindre.
Mains dans les poches de ce qui reste de son bleu de travail carbonisé, Ace nous rejoins d'un pas guilleret. Il donne bien le change, mais derrière son masque de tranquillité et même d'amusement, Sab' et moi y décelons soulagement et tension. Il s'arrête devant notre chauffeur, le détail une seconde puis s'incline profondément.
- Marco c'est ça ? On a pas été présenté. Ace, Portgas D. Ace.
Marco lui rend son regard mais reste de marbre face au sourire ravageur, plein de fossettes et de tâche de rousseur d'un Ace qui cette fois, s'amuse pour de vrai.
Hum, il semble bien plus réfractaire que son boss celui-ci.
- Fushisho Marco.
Et sans rien ajouter, il nous tourne le dos pour se diriger vers sa voiture. Ace le suit du regard en levant un sourcil amusé.
- Je crois que ma tête ne lui revient pas à lui, rit-il.
- C'est peut-être parce que tu as de la suie absolument partout et que tu vas lui pourrir sa bagnole, soupire Sabo en passant une main dans les cheveux de son frère pour en faire tomber de la cendre.
Pendant qu'il s'évertue à lui essuyer la joue, je capte un clin d'œil de Shakky accompagné d'un mouvement en direction de Rayleigh et Garp… qui nous fixent, bras croisés et de trèèèèès mauvais humeur. Okay, message reçu.
- Heu les gars… on devrait peut-être s'enfuir avec notre chauffeur avant qu'on ne soit rattrapé par… une mort certaine.
Ils jettent à leur tour un regard dans la direction de leurs gardiens… et s'envolent d'un pas léger et vif vers un salut provisoire. Je les suis en faisant un signe d'excuse au passage à leur attention. Nous avons donc gagné un instant de répit tant que nous sommes dans l'œil du cyclone. Advienne que pourra.
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En l'occurrence, « pourra que » est advenu que les Barbe-Blanche ont une notion de « repos » digne de celle de Shanks : musique, boissons, éclats rire et ambiance de fête. C'est quoi leur problème ?
- Cara ?
- Oui Sabo ?
- Depuis quand Ivan et sa clique sont arrivés dans ce bazar au juste ?
Ivankoff qui éclate de rire en trinquant avec Ray. Shakky aborde même un plus grand sourire qu'à son habitude trinquant avec un Newgate Edward sans aucun doute un peu soûl alors que Garp a une brève crise de narcolepsie.
- Quelque part entre l'engueulade et le fromage je présume…
Il grimace et se tourne vers Ace, qui a entretemps pris une douche et a eu droit à quelques pansements et crèmes de la part d'une médecin qui l'a enguirlandé pendant dix bonnes minutes sur son inconscience. Il est depuis en grande discussion avec le fameux Thatch qui semble très content d'avoir retrouvé quelqu'un avec qui blaguer.
Sabo se renfrogne un peu.
En fait, il est même plus en colère maintenant qu'il ne l'a été toute la nuit. Il grince des dents et sa main serre un peu fort son verre.
- Tout ça pour ça ? C'est le pire climax que j'ai jamais vécu.
Mouais.
- Tu aurais préféré que tout le monde se tape dessus jusqu'à ce que mort s'en suive ?
Il me lance un regard lourd.
- Vu comme ça… Oh et puis tu sais quoi ? Peut-être bien !
Ah, il boude.
- Des mois que je ne dors plus, et voilà qu'ils sont les meilleurs amis du monde en moins de temps qu'il en faut à Shanks pour dire « alcool ».
Eh eh, je savais que je n'étais pas la seule à penser que tout ce délire de banquer à cinq heures du matin était digne de notre Yakuza préféré.
- Ils auraient peut-être dû commencer par ça tu ne crois pas ? dit-il en désignant Rayleigh et Barbe-Blanche faire un bras de fer sous l'hilarité général. On dirait qu'ils sont les meilleurs amis du monde depuis plusieurs décennies !
Je hoche la tête, sans cacher le soulagement que j'éprouve depuis que toutes menace de mort semble s'être éloignées. Pour le moment.
- Je me disais la même chose, je lui avoue, et je commence à me demander si ce n'est pas plus ou moins le cas. Il faut croire que le temps de Roger est bel et bien révolu.
Nommer le tabou à haute-voix apaise un peu Sabo. Je lui souris.
- Tu en attendais moins de l'homme qui a fait s'unir le Roi Sombre et Garp le Poing ?
Il répond à mon sourire.
- Même dix-sept ans après sa mort, il réussit l'impossible… Mais je ne suis pas certain que ce soit entièrement de lui.
Du menton, il me désigne Ace qui même s'il ne s'en est absolument pas rendu compte j'en suis certaine, s'est retrouvé au milieu de tout cette joyeuse bande composée d'à peu près tout ce qu'il y a de plus improbable sur cette île. En toute honnêteté, je pense que seul Luffy est capable d'un exploit dans ce genre. Les circonstances sont exceptionnelles. J'ai une pensée pour les ripoux de notre gouvernement de vendus qui donneraient leur fortune pour un simple cliché de la scène qui se déroule sous nos yeux.
Sabo devait suivre le même type de pensées puisqu'il enchaîne :
- Si Dragon voyait ça…
J'ai un rire.
- Si Roger était là…
Il répond à mon rire.
- Si Koala était là…
Ah !
Je dois me mordre la joue pour ne pas rire plus fort que nécessaire.
- Tu exagères à peine.
Il me ressert un verre de jus (garantie sans alcool). Je lui fais passer un plat de takoyaki (garantie délicieux).
- On devrait vraiment s'en faire pour rien dans la vie. Suffit de demander à Ace.
Je pouffe, puis redeviens un peu plus sérieuse. Il remarque mon changement d'attitude et l'imite.
- Sab', tu as pu parler avec Garp ?
Il hoche la tête. Il parcourt le reste de la salle d'un regard plus calculateur que le précédent.
- Ouais. Les Barbe-Blanche ont deux des leurs dans les forces de l'ordre. Ils ne savent rien sur la personne qui s'en prend aux D. Mais Garp pense qu'ils ont peut-être des infos sans le savoir. Apparemment, il compte cuisiner un peu Newgate directement.
Pas sûr que ça avance qui que ce soit.
- Et qu'est-ce que tu en penses ?
Il hausse les épaules.
- Je ne suis pas encore sûr. Ils sont tous bien sympathiques maintenant, mais qui sait ce qu'ils peuvent bien garder pour eux. Et ça m'étonnerait qu'ils laisseraient passer une véritable info à Garp soupire-t-il. Ils savent que s'il n'accorde qu'un intérêt restreint au protocole et qu'il ne supporte pas le gouvernement pour qui il travaille, il est trop attaché au système. Faire les choses par la révolution, c'est bon pour Dragon. Garp a foi en l'ordre et préférera le changer de l'intérieur. Donc…
- … c'est mal barré, je termine pour lui.
- C'est quoi ces messes basses yoi ?
Miséri- corde… mon cœur !
Main sur la poitrine, je me retourne d'un bon vers Marco que je n'avais pas entendu approcher. Sabo non plus à en juger par sa soudaine pose de karaté. Au moins, il est plus digne que moi qui me suis renversé mon verre sur les pieds.
Marco se contente de nous fixer, imperturbable.
- Faut pas nous faire des frayeurs comme ça ! marmonne Sab'.
Il esquisse un sourire.
- Alors les jeunes, on n'a pas la conscience tranquille ?
Je vais t'en faire bouffer moi de la conscience. Sabo se ressaisit et avale même un takuyaki pour la forme. Je retire et nettoie mes lunettes pour me donner une contenance.
- C'est le yakuza qui se fout du soleil.
Marco lève haut un sourcil mais secoue la tête, comme acceptant une remarque d'enfant. Ce qui loin de vexer Sabo, le fait sourire.
- Et Kidd ?
- Père va lui trouver un coin pour continuer à travailler en attendant que son garage soit de nouveau sur pied yoi, ici dans le Quartier.
Sab' et moi échangeons un long regard très clair. Mais bon. On ne va pas poser trop de questions ce soir, ça ne semble pas être l'ambiance… et à en juger par l'attitude de tout le monde ici, il n'y aura peut-être même pas trop de questions à poser.
- Au fait, tu es qui au juste dans tout ce bazar ?
Marco soupire.
- Vous êtes sûrs que vous ne voulez pas juste profiter du banquer ?
- Compte là-dessus.
Il lève les yeux au ciel et nous fait signe d'enfin nous rasoirs autour d'une table basse. Il attrape une bière et la sirote.
- Je suis le second du grand gaillard là.
Ah.
Oh…
Le second de Barbe-Blanche, rien que ça ? Oups.
- C'est pour ça que tu es si méfiant envers Ace ?
Je grimace. Ça, c'était mettre les pieds dans le plat Sab'. Pourtant Marco semble un peu surpris, et je ne suis pas sûre que ce soit juste à cause du tact du petit frère protecteur.
- Y'a de ça ouais. Mais si Père l'accepte alors ça me va yoi.
Sabo hésite une seconde puis soupire.
- Ace est un ange, même s'il nous file des cauchemars. Vous n'avez rien à craindre de lui, à moins que vous vous en preniez à notre petit frère ou que vous ayez des produits explosifs à sa portée. C'est la personne la plus gentille et courageuse que je connais. Un grand crétin mais encore plus grand frère et ami.
Et il n'ajoute rien, grignotant juste une autre brochette de viande comme s'il n'avait jamais ouvert la bouche pour autre chose. Et si on lui demande, il niera tout en bloc. Marco me regarde, comme pour me demander mon avis et je me contente d'un sourire. Il reste silencieux un moment.
- Au fait, c'était qui pour vous ce gars ?
- Quel gars ?
- L'incendiaire. Celui qui n'a plus de dents.
Ah, ce type.
- Il avait menacé notre frère Luffy, il y a quelques temps. C'est d'ailleurs à cause de ça qu'il s'est retrouvé sur votre territoire en le poursuivant.
Marco se fait pensif.
- Et vous ne le connaissait pas plus ?
On hausse les épaules.
- On devrait ?
Le second ne répond pas tout de suite.
- C'est un mafieux. Enfin, était et une petite frappe sans importance. Apparemment, s'être fait mettre KO par le premier ado qui passait, ça n'aide pas sa réputation. Il est plus ou moins persona non grata dans son Quartier.
Sabo fronce les sourcils.
- On est censé comprendre qu'on n'aura pas d'autres problèmes avec d'autres mafieux que vous ?
- On a l'air de vous poser beaucoup de problèmes là ? dit-il avec épuisement en faisant glisser vers nous un autre plat de viande et une bouteille de limonade.
Vu sous cet angle… Oh et puis j'ai faim. Le stress pour savoir si l'on va voir une nouvelle aube, ça creuse.
Mais il continue sans attendre notre réponse.
- Son nom, c'est Hianena Bellamy. Ça vous parle ?
On secoue la tête. Mais Shakky doit sûrement le connaître.
- C'est un ancien de chez Dofflamingo.
La pierre glacée qui me tombe dans l'estomac me provoque un frisson et un brusque retour à la réalité dans toute cette folie. C'est une blague ?!
- Doffy ? relève Sabo qui réfléchit à toute allure.
- Enfin comme je le disais, il n'en fait plus partie yoi.
C'est à peine si j'entends ses mots à travers le voile qui s'est soudain posé sur mes oreilles. Je ne pensais pas qu'un nom aurait pu être pire dans cette situation, mais si.
Il me faut une minute pour revenir à moi… et remarquer que si Sabo est toujours perdu dans ses réflexions, Marco me fixe.
Respire Cara… tu ne risques rien… je serre un peu fort mon poing mais je me calme. Du nerf. Et je lui souris. Et avale la brochette que je tenais en l'air à deux centimètres de mes lèvres sans bouger.
- Il faut s'attendre à tout avec un D !
Il hoche lentement la tête. Je soutiens son regard. Mais il sourit en se laissant s'appuyer contre le mur derrière lui.
Faisant tourner sa bouteille, il parcourt la salle du regard… s'arrête sur Ace.
- Enfin, quoi qu'il en soit, votre ami est parfaitement en sécurité ici yoi. Père l'aime bien. Même si personne d'autre que lui ici comprend pourquoi vous en doutiez.
… Voilà qui nous laisse sans voix.
- Quoi ?
Marco lève un sourcil devant incompréhension que nous affichons.
- Quoi « quoi » ?
- Pourquoi on doutait de quoi ?
Il fronce les sourcils.
- Pourquoi votre ami, vous et vos protecteurs là-bas doutiez que nous nous comportions bien avec lui. Je pensais que c'était à cause de Garp ou du Roi Sombre, mais personne ici ne doute que ces trois-là s'entendent bien depuis presque deux décennies qu'ils ne se tapent plus dessus yoi.
Il soupire et passe la main sur sa nuque. Mais remarquant qu'on le fixait en attendant qu'il développe, il poursuit sur le même ton désabusé.
- D'après ce qu'ils se sont dis, on imagine que ça a un lien avec le clan Portgas, mais nous n'avons jamais eu de lien avec eux, enfin jusqu'à présent yoi. Et puis de ce clan, il ne reste même pas une poignée de vrais « D ».
Je ne sais pas si on doit être soulagé ou encore plus inquiet.
- Tu veux dire que personne ici n'a… ne sait pour Ace ?
Marco nous fixe, cherchant à comprendre où nous voulons en venir mais on se garde bien d'ajouter quoi que ce soit. Tu ne voudrais pas non plus qu'on perde le peu d'avance qu'on a ici le blondinet ?
Blondinet qui comprend qu'on ne dira rien de plus et qui enchaîne donc.
- On a tous très bien saisie qu'il était sous la protection du Roi Sombre et de Garp le Poing yoi. Quant à savoir leurs rapports avec le clan qui laisse un de leur enfant, en particulier un D, loin d'eux, ça…
Mais il se contente de hausser les épaules.
- Père est très bon pour percevoir les gens. S'il accepte ce Ace parmi nous, c'est qu'il le mérite. Le reste n'a aucune importance pour un quelconque clan.
Peut-être du soulagement… ? Marco a un sourire un peu nostalgique.
- Tout le monde dans ce quartier a une histoire, une famille, un passé plus ou moins glorieux. Ici yoi, nous sommes des frères et sœurs, sans que cela importe à qui que ce soit. Il en va de même pour vous qui êtes sous notre toit, tant que vous nous respectez.
D'un hochement de tête, il nous salue puis se lève, nous laissant seuls au milieu de la foule de mafieux festifs.
Sabo finis par se détendre.
- Je n'étais pas sûr de savoir si oui ou non, Ace était grillé… mais je ne pensais pas que c'était justement la partie « Portgas » du problème qui lui assurerait une couverture.
Je hoche la tête alors qu'il continue.
- Ce n'est pas plus mal. Personne d'autre que lui ne devrait décider qui est au courant ou non du nom de son père. Et si même le second de Barbe-Blanche ne sait pas, il est large.
- En revanche, Newgate lui-même, c'est une autre histoire.
- Ça ne semble pas le gêner le moins du monde…
Dit-il en me désignant Ace défiant au et fort Barbe-Blanche au bras de fer sous les éclats de rire de son parrain et le regard légèrement désespéré de Marco qui tiens Thatch par l'oreille.
A en juger par le regard un peu éméché de Ace, on a dû lui servir quelque chose sans le prévenir qu'il y avait de l'alcool… tout ça va finir en crise de narcolepsie… ah, voilà. Il s'effondre à la seconde où il prend la main de Newgate sous l'hilarité générale et quelques cris de stupeur.
Loin d'entacher l'humeur de la fête, elle repart de plus belle et lorsque Rayleigh réveille son filleul en lui renversant son verre d'eau (de vie) sur la tête et qu'il se secoue comme un chien.
Il reprend la conversation avec eux, sous la surveillance étroite de Marco qui désormais s'occupe du verre du mineur au milieu d'eux. Ils sont rejoints par la jeune fille « Haruta » comme elle s'est présentée.
Ace a toujours était quelqu'un de très ouvert et qui peut facilement se faire des amis, et au grand désespoir de Sabo, au milieu de cette bande de yakuza inconnus, il semble parfaitement à son aise.
Mais il finit par faire comme moi et s'affaisser sur le mur derrière nous. Qu'on l'accepte ou non, on ne risque absolument rien ici.
- Où est Luffy ? je demande enfin, la question me brûlant les lèvres depuis un moment.
- Chez Shanks pour la semaine. Il était chez Zoro mais Garp m'a dit qu'il l'avait confié à quelqu'un pour l'amener en sûreté dans le Quartier Sud-Est, le temps que la situation devienne plus calme, pour qu'il soit en sécurité.
Hum, difficile en effet de trouver plus sûr.
- Résumons, je reprends. Ace et Barbe-Blanche s'entendent comme larrons en foire, notre expédition dans son quartier l'année dernière est pardonnée, le type qui avait menacé Luffy est chez les flics… Bay est soignée ici et va bien… Kidd va pouvoir reprendre un garage ici en attendant que les travaux soient terminés à son appart'… Je rêve où tout le monde s'en sort plutôt bien sur ce coup-là ?
Et pour la première fois de la nuit qui s'achève aux premières lueurs du jour, un vrai sourire illumine son visage, enfin rasséréné.
Et c'est à mon tour de me détendre pour de bon et de répondre à son sourire.
- Ouais… tout va bien.
Il me tend son verre et je trinque avec lui.
Ace va bien. C'est tout ce qui importe.
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Bon week-end à vous ~
Here, some good vibes : Isao Suzuki Quartet +1 Blue City
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Merci d'avoir lu ;)
