Hey !

Je l'ai édulcoré un peu par rapport au premier jet, donc il se peut que certains passages soient peut-être un peu rapides mais il a fallu que je prenne une décision à trois heures cette nuit doooooooonc bon. Si ça passe et que ça vous plait, ce sera un essai réussit, sinon je retiendrais la leçon.

Bonne lecture !

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Chapitre 45

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Face contre terre, son corps est pris de soubresaut. Ses yeux sont entre-ouverts, suintant de douleur.

- LAW !

Je suis à ses côtés sans même m'en rendre compte. Ses yeux sont plissés à cause de la souffrance, et il sert les dents. Il me fixe sans me voir. Il a- il a du mal à reprendre ses esprits.

Law.

LAW.

Il… il…

Je… Je me penche sur lui… pose une main tremblante sur son épaule… cherche où les balles l'ont atteint… Mais- Du sang. Du sang partout sur ses jambes. Le sang de Law. Je ne vois plus rien. Je n'arrive plus à réfléchir.

Non…

NON !

- Law !

On ne peut pas rester là. Il a- Il a besoin de soin. Il doit-

- Law, lè-lève-toi.

Il respire difficilement. Hoquète. Cligne des yeux sans me voir, luttant pour reprendre le contrôle.

C'est instinctif : je le gifle.

- Je t'interdis de mourir, Law !

Il grogne. Tousse. Mais revient à lui.

Il est vivant… il est vivant… il est vivant…

D'une main mal assurée, il se redresse un peu, algique. Comme je peux, je lui prends le bras pour l'aider.

Il est vivant.

Conscient.

Il faut que je retrouve mes esprits.

Bonney est d'une grande aide lorsqu'elle me hurle de l'aider à se relever.

Mais il grimace, tremblant. Ses jambes refusent de se déplier : et pour cause, c'est là qu'il est touché.

Il y a une cavité sanguinolente au niveau de son mollet droit et une plus haute, sur la cuisse.

Réfléchir… vite. Il faut de quoi l'empêcher de se vider de son sang.

Facile.

Je retire ma veste de sport et avec une force que je ne savais pas avoir, je déchire une manche pour la nouer autour de sa cuisse… puis la deuxième pour son mollet.

Bonney revient à cet instant. Son visage n'est que rage et mépris.

- Le gars était déjà sonné et il était bien amoché. Je l'ai balancé en direction des couloirs que les flics ont déjà pris d'assaut pour nous en débarrasser, mais ça veut dire qu'il faut qu'on se barre d'ici et vite. Il est vivant ?

Law lui lance un regard sonné mais suffisamment clair : s'il pouvait, il l'insulterait copieusement. Elle le lui rend, avec un air supérieur non dissimulé. Miséricorde, ces deux-là…

- Non, il faut que-

Le son d'une porte défoncée nous parvient.

- Elle est passée par là !

Bonney jure et se précipite vers nous pour passer un bras de Law au travers de ses épaules pour le soulever avec une certaine facilité. En moins de temps qu'il ne faut pour en dire, je me jette sur la porte pour la fermer, et placer une palette sous la poigner. Ça ne les arrêtera pas s'ils découvrent que cette sortie est utilisable, mais ça les ralentira.

Bonney s'est déjà extirpée de la ruelle pour tenter de rejoindre le barrage de police.

- Tu as un plan ?

- Ne pas le laisser se vider de son sang.

- Ça sonne comme un plan.

- Non.

Law reprend un peu ses esprits, plus clair.

- Les glacières…

Bonney est sur le point de l'injurier mais j'interviens.

- Law, si l'un de nous y était allé, ta couverture aurait été grillé et nos identités seraient compromises. On n'avait pas le choix ! Il faudra juste que l'on contacte Smoker ou Hina pour leur indiquer où elles sont. La police a le dessus, ça va aller.

Il darde sur moi un regard plein de frustration… et de résignation. Il hoche la tête et se tait, laissant Bonney le porter alors que je viens l'aider comme je peux en passant son autre bras sur mon cou.

On titube en descendant la rue, pendant que de sa main libre, Bonney trifouille la radio de son uniforme… qui grésille puis se tait.

- Je l'avais débranché en la mettant pour qu'elle ne fasse pas de bruit, mais maintenant, dit-elle en me lançant un clin d'œil avant de prendre une voix grave pour parler dans la radio. Ici officier 516409, homme à terre je répète homme à terre ! Envoyez une ambulance !

Elle donne l'adresse pendant qu'elle m'indique du menton le barrage de police plus bas duquel nous approchons en boitillant.

J'ai un mauvais présentiment.

- Attend, Bonney… Tu ne comptes quand même pas.

- Je vais me gêner !

Elle ricane un peu trop fort à mon goût. Interloqué et suspicieux, Law me lance un regard circonspect. Je lui réponds d'une grimace en haussant les épaules, fataliste.

- Je n'ai aucun contrôle sur ce qu'elle fait, je murmure sans espoir de détendre l'atmosphère.

- Oh la ferme, me coupe-t-elle. Et un coup comme celui que je m'apprête à faire, il me vaudra un mois de conso gratuites, cocktails inclus.

Je grimace.

- La radio… souffle Law d'une voix grave mais ferme. Rappelle, signale que « Corazon » a besoin d'une extraction.

Bonney semble dubitative à sa demande, mais s'exécute après une seconde de flottement, se désintéressant de nous.

Law a repris ses esprits, me dévisage des pieds à la tête. J'en serais peut-être un peu gênée si je ne faisais pas exactement la même chose.

Ses cernes sont les mêmes que le jour de notre rencontre : noirs, profonds et inquiétants. Il ne semble pas avoir dormis depuis plusieurs jours, et il me semble plus maigre aussi. Et pour couronner le tout, il a les cheveux un peu trop longs et une barbe d'une bonne semaine sur ses joues cireuses.

Pas étonnant qu'il est si mal encaissé ses blessures.

Je dois me trahir d'une manière ou d'une autre, car pour répondre à mon inquiétude, il m'offre un pauvre sourire en coin et lève la main sur mon épaule pour la passer dans mes boucles, rassurant.

Il doit vraiment être mal pour s'autoriser un geste de réconfort dans une telle situation… Mais je lui réponds quand même, passant mes doigts sur son front pour en dégager des mèches trempées de sueur et de sang coagulé.

Il est brûlant, et ferme les yeux au contact ma paume fraiche.

Mais la seule chose à laquelle j'arrive à penser, c'est qu'il est encore chaud… qu'il n'a pas encore perdu trop de sang… Qu'il va être pris en charge…

Law grimace soudainement lorsque Bonney le réajuste sur son épaule d'un coup sec.

- Et merde.

Quittant notre blessé du regard une seconde, je lève les yeux vers elle, puis suis son regard… Oh.

OH.

- Et merde.

Au barrage de police où l'ambulance arrive toutes sirènes hurlantes, tous les flics s'affairent autour d'une jeune femme en sous-vêtement sous un manteau qu'elle tient d'une main tremblante. Titubante, le nez en sang… pas difficile de reconnaitre la nouvelle amie de Bonney. Qui jure.

- Bon, passons au plan B.

- C'était le plan B. Ou C d'ailleurs si j'ai bien suivi.

Ma remarque ne l'aide pas à se calmer, mais c'était plus fort que moi. Mon cœur est reparti à battre bien trop rapidement pour que j'arrive à être cohérente.

- Le plan du cadavre ambulant marchera encore tu crois ?

- Le cadavre va te faire bouffer ton arme, grogne Law.

Ouais, il va mieux. Il continue après l'avoir fusillé d'un de ses regards noirs dont il a le secret.

- Et oui, ça devrait-

- C'EST ELLE !

Oups.

On s'est peut-être un peu trop approché, ou alors même de très loin, Bonney est reconnaissable entre mille. La jeune flic en sous-vêtement hurle en la désignant d'un doigt accusateur et encore plein de sang.

- J'ai peur de deviner ce qu'il s'est passé, me souffle Law.

- Je n'ai vraiment aucun contrôle sur ce qu'elle fait, je réponds sur le même ton.

- On vient juste de passer au plan F ! s'écrit Bonney en sortant son arme… pour la braquer sur l'ambulance qui roulait vers nous.

Crissement de pneus et de sirène.

Elle ne va pas faire ça quand même ?!

- Mais-

Law est aussi interdit que moi et-

Non.

Bonney. Ne fait pas ça. NON !

- NE TIRE PAS SUR L'AMBULANCE !

Trop tard.

Un sourire victorieux aux lèvres, cette espèce de tarée a touché le gyrophare du véhicule, puis deux fois le pare-brise… mais qu'est-ce qu'on a fait pour la mériter celle-là ?

- Sortez du véhicule ! hurle-t-elle aux deux pauvres secouristes qui hésitent une seconde de trop, et qui récolte donc une quatrième balle avant de sortir mains en l'air, tremblants.

On n'a pas une seconde à perdre.

Elle s'avance avec Law sur l'épaule jusqu'à une des portes pour l'aider à y monter, toujours en tenant en joue les deux ambulanciers. Derrière eux, les policiers accourent, leur arme aux poings.

Oh non…

Je ne veux pas mourir…

- Monte ! m'intime-t-elle d'une voix grave. Je gère.

Ce qui est loiiiiiin de me rassurer, mais je me dépêche de rentrer à la suite de Law sur la place passager. Il m'aide à escalader les marchent en me tendant une main, et j'en profite pour jeter un regard à ce qu'elle peut bien faire.

Oh, je n'aurais pas dû.

Elle a… miséricorde, elle a le canon de son arme sur la tempe d'un des ambulanciers et le tient comme bouclier humain. Pauvre de lui.

Elle leur cris quelque chose que je ne comprends pas, mais qui réussit à faire hésiter tous les bleus présents. Je n'ai pas le temps d'en savoir plus, Law referme la porte derrière nous, nous isolant provisoirement de la furie et de son hécatombe.

Le silence est tel qu'il me laisse un léger acouphène désagréable, et je n'entends plus que mon cœur dans ma tête, jusqu'au bout de mes orteils. Il faut que je me calme…

Je tourne mon regard vers Law qui fixe la fenêtre de la portière. Il est plus grand et mieux placé que moi, il observe la scène dans un drôle de grimace.

- Mais où t'es allé dégoter cette timbrée ?

- Au boulot.

Il a une moue sinistre.

- La clientèle du Laboon's Soul a bien changé…

J'ai un rire malgré moi, avec une brève pensée pour mon duo de clients préféré. Rire qui s'étrangle malgré moi lorsque mes yeux tombent sur sa jambe. J'ai serré comme j'ai pu, mais les garrots improvisés sont imbibés de sang.

Il suit mon regard.

- T'inquiète, si ça avait touché une artère, je ne me porterais pas aussi bien. Ça va aller.

- C'est toi le médecin, je grogne, pas vraiment rassurée. Et tu es quand même bien pâle…

Il secoue la tête, un peu incertain.

- Le fait est que j'ai la tête qui tourne un peu. Je n'ai rien avalé depuis hier matin… ce n'était pas censé se passer comme ça.

- J'ai cru deviner. Et je tiens à te signaler que c'est la deuxième fois que l'on se croise au détour d'un coup de feu imprévus. Il ne faudrait pas que ça devienne une habitude.

Il a un bref sourire à mon pitoyable essaie de boutade. Mais je ne serais rassurée que lorsqu'il n'aura plus de morceaux de métal dans le corps.

- Ça va ?

Il semble surpris de ma question. Je suis surprise qu'elle m'ait échappé.

Mais il semble si mal en point… je sais qu'il ne vaut mieux pas que je sache ce qu'il se passe chez Doffy, mais en même temps je le veux… ce n'est pas de la curiosité morbide, c'est bien pire : je m'inquiète.

Ils (Smoker, Hina, Garp, Law…) évoluent dans un univers qui n'est pas le mien. Et dont ils n'en ressortent jamais indemnes.

Et là, sous mes yeux, Law qui n'a pas vu un oreiller depuis trop longtemps s'est pris deux balles dans la jambe en cherchant à faire sortir des organes d'un centre de dialyse. Il est épuisé, tendu, et a sur les épaules un poids que je ne peux même pas imaginer.

Je préfère… éviter d'y penser. Cette Cité… Et Law… Doffy… je préfère ne pas avoir à y penser. Ne pas avoir à… réaliser.

- Sans rire Cara… qu'est-ce que tu fais là ?

Oh…

J'ai presque un sursaut. Son regard d'acier me dévisage comme si j'étais celle qui était une intruse dans cette fusillade… Comme si j'étais celle qui détonnait.

Qu'est-ce que je peux répondre ?

- Je faisais un jogging.

Il a une esquisse de sourire en coin, un peu hébété et amusé.

… Qu'est-ce que je fais là…

Il se redresse soudain, un mouvement dans son champ de vision l'a fait réagir. Il retrouve instantanément son masque sans émotion et calculateur, même s'il serre les dents à chaque mouvement.

- Je… crois que ton acolyte a encore fait des siennes.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Il n'a pas le temps de me répondre : la porte restée entre-baillée de place conducteur d'ouvre… sur la policière en sous-vêtement.

O-kay…

Elle nous incendie du regard, nous défiant de faire le moindre commentaire. Derrière elle, Bonney qui la menace toujours de son arme monte tranquillement à sa suite et s'installe derrière le volant.

- Toujours vivant ?

Qu'elle demande tranquillement. Law et moi échangeons un regard, hésitant.

- Tu nous expliques ou…

- Mais naaaan c'est bon. Hein c'est bon ? interroge-t-elle la pauvre bleue d'une voix exagérément innocente.

La jeune femme sursaute, sur ses gardes comme si elle pouvait à tout moment se prendre, au hasard, un coup de poing dans son nez déjà rougie de sang séché. Elle fait bien.

- Plan H, annonce Bonney.

- Oserai-je demander ce qui est arrivé au plan G ? je tente, un tout petit peu curieuse et très-très-très inquiète.

- Il git sur le trottoir.

Je me redresse par-dessus Law pour regarder par la fenêtre… et constater que les ambulanciers sont hors service sur le bitume et que tous les policiers ont disparus.

- Je ne préfère pas savoir finalement.

Bonney se décale et d'un signe de la main (ou plutôt du révolver), indique à la Bleue qui n'a pas encore dit un mot de prendre sa place devant le volant.

- Allez gamine, tu vas conduire, ça me détendra pour une fois. Up-up-up ! (elle fait jouer le canon de l'arme sur son épaule) Tu appuis doucement sur la pédale d'accélérateur… Je ne voudrais pas que les choses aillent si vite entre nous. Allons-y en douceur…

Law lève un sourcil peut convaincu à l'encontre d'une Bonney qui, je remarque, n'a pas une égratignure de plus que lorsque je l'ai rejoint au bureau de poste. Intacte. Flippante…

- Vous allez bien ?

Je ne sais pas ce qui est le plus drôle : le fait que ce soit Law avec deux balles dans la jambe qui pose cette question à la flic, ou le regard ébahi de la jeune femme en sous-vêtement qui vient de se faire enlever par une folle furieuse.

- On peut savoir pourquoi elle est là, la pauvre ? je ne peux m'empêcher de demander pour mettre fin au silence gênant.

- Il fallait bien quelqu'un pour ramener l'ambulance après notre emprunt.

Le mot fait mouche, on grimace tous.

- Tu es déchaîné aujourd'hui, je constate à voix basse, incertaine de comment elle va le prendre.

Elle hausse les épaules mais détourne le regard. Bon…

- Vous deux, passez à l'arrière. Allez, on se dépêche !

Grinçant des dents, Law accepte de bonne grâce l'aide que je lui propose pour se couler en direction du fond de l'ambulance.

Son souffle au niveau de mon oreille sonne assez mal, mais je ne sais plus vraiment. Peut-être que je me fais juste des idées…

Il s'assoie en étendant sa jambe devant lui.

- Tu sais ce qu'elle a en tête ?

Je secoue la tête.

L'ambulance s'arrête brusquement. On se retourne dans un même mouvement, mais on ne voit rien à cause du brancard au milieu. Une portière claque et la double porte s'ouvre sur Bonney.

Elle a soudain perdu tout de sa légèreté et son regard est glacée.

- Vous descendez là.

Law se lève comme il peut, s'appuyant sur mes épaules. Il fronce les sourcils.

- On est-

- Toujours dans le même quartier, oui. Je l'ai fait conduire pour qu'elle se concentre sur une fausse route quittant le quartier, avant de l'assommer et de faire demi-tour.

Aoutch. Décidément, ce n'était pas son jour.

Bonney fouille dans son soutien-gorge pour en détacher une clef qu'elle me lance.

- La première porte à droite, neuvième étage, porte du fond. Installez-vous, je vais planquer nos traces dans le Quartier Sud.

- Essaie plutôt le Quartier Sud-Ouest, je la coupe. Il disparaitra plus facilement et les flics auront un mal fou à y intervenir.

Elle lève un sourcil surprit, mais accepte.

- M'attendez pas pour commencer.

Je grimace et acquiesce en silence. Je remarque avec un peu de retard qu'on est dans une voie sans issus très étroite et dont le véhicule nous cache des voyeurs.

Elle ouvre la porte d'entrée de l'immeuble avec un code et nous tient la porte pour nous permettre d'entrer, avant de disparaitre comme un nuage de fumée (rose).

Et nous voilà dans un couloir de carrelages blanc immaculé. On doit littéralement faire tache ici… Mieux vaut qu'on se dépêche avant qu'un voisin ne nous voie. En silence, on prend l'ascenseur, où Law saisit la rambade pour d'y appuyer avec soulagement. Il ne doit pas oser basculer tout son poids sur moi.

Il est vraiment très pale…

- Tu tiens le coup ?

Il joue des mâchoires avec de me répondre.

- Je suis assoiffé et affamé.

Et surement tout plein d'autre trucs mais il se garde bien de me le dire.

L'assesseur arrive à notre étage et l'on rejoint la porte de l'appartement de Bonney que je déverrouille avec la désagréable sensation de m'introduire chez quelqu'un sans son consentement… ce qui est idiot, mais plus fort que moi.

Je dois retenir un bref éclat de rire devant l'état… chaotique de l'appartement de Bonney. Il y a de tout, partout. Des pantalons, des tasses aux traces noirâtres, des cartons de pizza par dizaine… La pièce à vivre est immense, elle a un vrai loft, mais on le distingue à peine. La télé est encastrée dans un meuble qui prend tout un mur, débordant de DVD, console de jeux, boites, manettes et câbles…

- Si je m'installe ici, je vais faire une septicémie dans l'heure.

- C'est-à-dire ?

- Il me faut un bidon de javel, et vite.

Il lui faut une pièce propre quoi.

Pas le temps d'utiliser la javel. Je l'aide à se tenir au dossier d'une chaise pendant que je cours dans l'appartement à la recherche d'une pièce plus apte à un blessé par balle. Ce n'est pas très polie mais bon…

Et dès le deuxième essaie…

J'aurais dû m'en douter : elle a toute une pièce aménagée pour les premiers soins.

Law tente de se lever pour me rejoindre, mais je le vois soudain pris de vertiges, main sur le front.

- Tout doux… Ne tombe pas, je ne pourrais pas te relever…

Ce serait une catastrophe.

Mais il réussit cahincaha à s'allonger sur un lit qui ressemble d'ailleurs plus à une table d'examen qu'à un lit.

- Law ?

Il met quelques secondes rouvrir les yeux pour le regarder… et je n'aime pas les voir si troubles.

Qu'est-ce que je fais ?

- Law, dis-moi quoi faire !

- Perfusion…

Je ne sais pas poser de perfusion.

Je-

Il attrape ma main, m'attire à lui jusqu'à ce que je croise son regard un peu vitreux.

- Appelle… Smoker et Hina. Il faut qu'ils récupèrent les glacières. Il y a six organes prêts à être greffés, on ne peut pas les perdre. Elles sont dans… dans le bloc n°13. Il y a un porte document avec toutes les informations nécessaires… derrière les réserves d'oxygène. Fais ça, s'il te plait Cara.

Qu'est-ce que je pourrais faire d'autre de toutes façons ? Il me fixe, presque suppliant jusqu'à ce que j'acquiesce et qu'il relâche toute la force qu'il avait pu mettre dans sa main.

Hors de question.

J'attrape sa main pour la serrer de toute mes maigres forces, qu'il reste réveillé…

Je sors mon téléphone et compose le numéro de Smoker. Puis Hina. Sans réponse.

A côté de moi, Law ferme un peu trop les yeux à mon goût…

Je réessaye.

Encore.

Encore.

Encore…

Bon sang…

La porte de l'appartement claque. Après un dernier regard à Law qui semble de moins en moins présent, je ne le lâche que pour courir à la rencontre de la propriétaire des lieux.

- Bonney, je ne sais pas trop quoi faire…

Je déteste être aussi inutile.

Heureusement, elle semble rôdée. Droite et professionnelle, elle remonte ses manches pour se diriger à grands pas vers Law. Elle se met en place en moins de temps qu'il n'en faut à une sonnerie de téléphone de bipper jusqu'au répondeur, encore.

Elle s'affaire autour de Law, alors que j'enchaine mes appels dans le vide.

Allez… !

Je regarde l'horloge de la cuisine… je fais un calcul rapide… Il avait dit « trois heures »…

Non…

Law…

Je me retourne vers eux.

- Comment va-t-il ?

- Il a perdu pas mal de sang et sa fatigue n'aide pas. Je vais lui passer ce qu'il faut, j'ai tout ici pour ce genre de chose. Ne t'inquiète pas, il ne va pas courir un marathon et il va morfler niveau douleur mais je m'occupe de lui.

Je hoche la tête à son ton strict. Elle sait ce qu'elle fait.

Et Smoker et Hina qui ne répondent toujours pas… !

- Qui tu appelles comme ça ?

Je secoue la tête, dépitée.

- Personne, c'est bien le problème.

Elle fronce les sourcils en me regardant par-dessus son chantier d'aiguilles et de compresses.

- Ne fais rien de stupide s'il te plait.

Du coin de l'œil, je repère un vieux sweat noir à capuce, qui est bien trop grand même pour Bonney.

- Cara…

Une écharpe de même couleur sur un porte-manteau.

- Cara, n'y pense même pas !

Je n'y pense pas justement : je suis déjà décidée.

Je darde sur elle un regard déterminé. Le sien oscille entre furie et contrainte : elle ne peut pas lâcher Law maintenant.

Et moi non plus.

- Je te confis Law…

- Cara !

- Je vais chercher ces glacières.

Et me saisissant du sweat et de l'écharpe, je quitte l'appartement sous les hurlements de Bonney.

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Here, some good vibe : Queen Of The Stone Age – Lullabies to Paralyse (full album, pour encore plus de plaisir)

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Merci pour votre lecture !