Hey !
Comment vous dire que ce chapitre, j'avais vraiment hâte que vous le lisiez... Bonney y est à l'honneur ! Qu'est-ce que je peux aimer ce perso, ma Porto Pink Lady...
Avant de la transformer en fanfic, elle faisait déjà partie de l'histoire et n'avait pas d'autre nom que son surnom, même si je me suis fais un plaisir de la transformer en "Bonney".
Petites révélations sur Bonney donc... enjoy !
J'espère qu'il vous amusera autant que je me suis amusée à l'écrire !
RAR
Nvlle Lectrice - la suite et quelques (seulement quelques parce qu'il faut faut pas abuser) révélations avec, la voilà ! Merci pour ton commentaire... ! J'aime bien les petits cliffhangers comme ça... Merci de t'être investie dans cette histoire à dormir debout ^^' J'en profite aussi pour répondre à ta précédente review parce que je suis une tanche qui ne l'a pas fait avant par pur et simple oubli (au secours) La partie Romance, hein... alors... comment dire... je vais me cacher, on en reparlera d'ici encore un bon moment... hum hum, j'ai mal calculé mon coup. Avant de changer ce projet en fanfiction, Cara était une universitaire dès le début de l'histoire, mais ici simple lycéenne alors... les choses prennent un peu leur temps, elle n'a que dix-huit ans... Mais je suis contente qu'elle te plaise ^^ Merci !
Bonne lecture ~
.
Chapitre 48
.
Bonney m'offre un regard torve en rentrant dans la pièce à grands pas jusqu'à mon lit.
- Espèce d'imbécile ! Ça va pas de me fausser compagnie comme ça en allant te jeter dans la gueule du loup ?!
Mon souffle bloqué au niveau de mon plexus solaire n'aide pas mon cœur à repartir. Quelque chose ne va pas. Deux univers qui n'étaient pas censés se rencontrer me font faces. J'ai la tête qui tourne soudain, mais ce n'est plus à cause de la douleur.
Bonney. Et Garp. Parfaitement à l'aise l'un à côté de l'autre. Et les suivant, marchant presque au pas, Smoker et Hina.
Je… je ne suis pas sûre. Est-ce que je rêve toujours ?
Une vive claque à l'arrière de la tête m'assure que je suis bel et bien en train de vivre mon cauchemar. Mon regard se perd un peu entre toutes les personnes présentes.
Mais même dans ma semi-panique d'incompréhension, je remarque que Smoker et Hina observent Bonney avec un drôle d'air, hésitants : ils ne la connaissent pas.
- Bonney, je gémis plus que je ne chuchote, complètement perdue. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Et toi sombre crétine ?! Tu ne tiens donc pas du tout à la vie ? Tu es blessée ? (son regard furibond se pose sur mon pied bandé) EVIDEMMENT ! Tu aurais attendu une demi-heure, je m'en serais occupée moi et-
- Si elle avait attendu une demi-heure, nous aurions perdus les organes qu'elle a récupéré, la coupe à demi-mot Hina en la jaugeant du regard, froide. Chef, qui est cette femme ?
Bonne question.
Garp semble toujours aussi fatigué, il se masse l'arête du nez sans répondre immédiatement.
Bonney n'accorde qu'un regard à Hina avant de sembler un peu se calmer. « Sembler » seulement, en général quand elle est en colère comme ça, ça se finit avec un nez cassé.
A la place, elle me darde du regard de toute sa hauteur. Je me fais toute petite face à un tel regard… Mais elle soupire, ses épaules descendent de quelques centimètres…
- J'ai eu la trouille, dit-elle sur le même ton que son engueulade en me fusillant du regard.
Elle ne quitte pas mes côtés lorsque Garp s'avance vers nous. J'ai bien plus de difficultés à lever les yeux pour croiser son regard. Mais malgré ma gorge serrée, il ne m'adresse que soulagement et fatigue. Il n'a pas eu beaucoup de temps pour dormir ces derniers temps à en juger par ses traits tirés.
- Swallow Cara…
Je déglutie, attendant ma sentence le cœur battant. Oh miséricorde… Je pensais que seul Rayleigh pouvait me mettre dans tous mes états comme une petite fille désobéissante le serait après avoir fait une grosse bêtise… Je suis désagréablement surprise de constater que non. Garp me flanque une frousse toute aussi monstre.
- Je viens de passer une heure avec ces deux-là, et lorsqu'ils m'ont dit le nom du témoin, j'ai cru à une erreur ou un homonyme.
Il a un soupire, harassé.
- Et Bonney débarque en m'assurant te connaitre ? Mais comment la jeune amie de mes petits-enfants adorés s'est-elle retrouvée au milieu de tout ce bazar au juste ?
Je lève les mains en signe d'ignorance, lui souriant péniblement.
- Le hasard. J'étais juste au mauvais endroit au mauvais moment.
- J'aurais plutôt dit « au bon », pour la santé de Law, intervint à nouveau Hina.
Un éclat dans son regard. Elle semble craindre que je ne me fasse crier dessus par son supérieur. Smoker et elle savaient bien que j'étais liée à lui, puisque je leur en avais parlé et inversement. Mais jusqu'à présent, j'étais leur secret bien gardé dans le système de morcellement des informations.
Mais Garp ne semble pas du tout en colère. Au contraire, il est calme et concentré.
- En tous cas, voilà qui m'explique bien des choses, pense-t-il à voix haute avant de se tourner vers Bonney. Comment tu as atterri là-dedans toi déjà ? Je t'avais rencardé sur autre chose.
Bonney hausse les épaules et me désigne du menton.
- Comme elle l'a dit, le hasard. J'étais sur l'affaire que tu m'as confiée quand je l'ai rencontré, et elle a fait sans le vouloir le lien avec ce… Law.
J'ai du mal à suivre. Mais je n'ose pas intervenir, je sens que je n'en aurais pas le droit. Bonney est de la Brigade ? Je suis… certaine que non.
- Chef, reprend Smoker. Je suis perdu. Qui est cette nana ?
La « nana » darde sur lui un regard de défiance. Elle sort un badge de son short. Un badge qui n'a rien à voir avec celui de la brigade.
- Jewelry Bonney, chasseuse de prime. Actuellement, je travaille pour le compte de Monkey D. Garp dans l'identification et l'arrestation du tueur des héritiers du clan D., nom de code « Le Ténébreux » dont la tête est mise à prix.
Chasseuse de-
Chasseuse de prime.
Bonney.
C'est plus fort que moi, j'éclate de rire.
- Ah, trop d'anti-douleur, diagnostique-t-elle platement en me donnant une pichenette douloureuse sur l'oreille, déséquilibrant mes lunettes.
J'ai du mal à me reprendre ! J'ai le souffle court lorsque je reviens à moi, pinçant fort mes lèvres pour ne pas rire de plus belle. Mais j'ai une autre question pour elle qui m'aide à me reprendre.
- Tu m'as dit que tu ne connaissais pas Garp « personnellement » ! je l'accuse même si je devine déjà sa réponse.
- J'ai menti. Je ne savais pas encore si je pouvais te faire confiance et après, quand j'ai su le lien entre vous, je ne voulais te mettre mal à l'aise. De toute façon, je ne t'ai pas trompée longtemps non ? Je suis sûre que tu te doutais de quelque chose.
Yep, je savais qu'elle dirait ça. Je lui souris, reconnaissante. Elle a eu raison, j'aurais été terriblement mal à l'aise en présence de Garp si elle avait confirmé mes soupçons… Comme je le suis maintenant d'ailleurs.
- Donc, tu ne sais vraiment rien de Law ? demande-t-il à la jeune femme.
- Nope. Je ne sais toujours pas qui est ce type, il est toujours inconscient et j'arrive à la minute. Mais à moins qu'il ne connaisse l'identité du Ténébreux, j'en ai rien à foutre de lui ou de vos affaires.
- Elle m'a hélé alors que j'arrivais devant le box, précise Garp en levant les yeux au ciel devant mon air un peu perdu.
Loin de s'en préoccuper, Bonney range tranquillement sa plaque à côté de son holter. Je remarque alors avec un peu de retard qu'elle a fait des efforts : elle fait un poil plus pro que d'ordinaire avec les cheveux attachés et un chemisier sans stigmates étranges. Elle a dû se changer, elle était pleine de poussière et de sang. Il y a encore des traces noires sur son cou, mais je me garde bien de le lui faire remarquer.
Garp s'installe sur le tabouret, indiquant à ses subordonner de se mettre au repos.
- Bon, que je m'y retrouve… Au vu de la situation, ces deux-là (il désigne du pouce ses subordonnés) ont dû me mettre au courant de certains points, comme ton implication dans l'accident de Law l'année dernière, que tu l'as aidé et caché. Mais aussi que c'était toi la victime de Peter Pets.
J'ai terriblement envie de gratter la cicatrice à mon poignet droit à l'évocation de ce nom, mais je me retiens à deux mains. Je me contente d'hocher la tête. Personne ne fait la moindre remarque, et je les en remercie.
- Et là, tu viens de te jeter au milieu d'un fusillade où Law s'est encore fait tirer dessus et se repose en convalescence chez Bonney pour l'instant… Pour récupérer ce qu'il n'a pas pu évacuer.
Je hoche poliment la tête.
- Et pour finir, tu as surpris… et même enregistré… Vergo… Tu es devenue par hasard notre témoin pour faire tomber cette taupe.
L'évocation de l'homme semble lui être aussi douloureux pour lui que pour Smoker et Hina. Ils devaient tous être très proches…
Derechef, il soupire. Je ne l'ai jamais vu ainsi, lui qui est toujours si énergique et souriant… L'info lui a mis un sacré coup au moral.
- Enfin, la prise en charge de Vergo, c'est notre boulot, se reprend-il. L'enregistrement est dans le Système, et je vais te faire passer des codes d'accès. Je vais te demander de l'actualiser tous les trois jours, comme tous les autres agents. Au moindre problème, tu appelles l'un de nous via la messagerie interne. Quoi que ce soit d'inhabituel ou si tu te sens suivit. Même une vague sensation, quoi que ce soit : tu nous appelles ou tu vas te planquer.
Il est sérieux comme je ne l'ai que rarement vu. Je hoche la tête, lui rendant son regard.
- Le problème suivant, ça a été ta protection, explique-t-il en croisant les bras. On a bien réfléchi, mais nous ne voyons qu'une seule option.
Il semble embêté. Je fais un calcule rapide de la situation… et je comprends bien vite pourquoi. Hina, surveillant toujours du coin de l'œil Bonney qui nous ignore cordialement, résume la situation :
- Normalement, on t'aurait placée dans le programme de protection des témoins voire même fait quitter l'île. Mais Vergo est un haut gradé et a un droit de regard trop vaste. D'autant qu'il a certainement un réseau de contact au sein même de la Brigade, des gens qui lui font confiance comme nous lui avons fait. S'il cherche à savoir qui tu es et ce que tu représentes, il pourrait se faire une idée et décider de t'éliminer par sécurité. De même si on te colle un simple garde du corps.
- On se retrouve avec le même problème que pour Ace et Luffy, poursuit Garp. Te placer sous protection alors que la personne qui vous cible à accès à des informations de la Brigade, c'est comme vous poser une cible bien voyante sur le dos.
Il m'offre un regard plus amusé.
- Enfin, on a trouvé une protection annexe hein… Puisque Ace passe le plus clair de son temps avec Rayleigh ou chez les Barbes-Blanches. Dans les deux cas, il est parfaitement en sécurité.
Ce n'est rien de le dire. Qui que soit le Ténébreux, il ne ferait pas le poids.
- Et pour Luffy, j'ai un… contact du Quartier Sud-Est qui lui assure une meilleure sécurité que n'importe quel garde du corps de la Brigade.
Je dois me pince fort les lèvres pour ne pas rire et détourner obstinément mon regard de celui plus qu'accusateur et suspicieux de mon couple préféré de flics de la Brigade Anti-Mafia.
Pas sûr que les hommes de Shanks, voire Shanks lui-même peuvent en effet être qualifié de « sécurité » mais je vois ce qu'il veut dire. Sabo n'a rien à craindre puisqu'il n'a rien à voir avec tout ça, et moi non plus.
Mais dans tous les cas, j'avais suivi le même résonnement :
- Donc comme pour l'affaire avec Peter Pets, le plus sûr, c'est que je continue à vivre comme si de rien n'était…
- Le problème, soupire Smoker, c'est qu'à ce moment-là, Pets était sous les verrous. Ce n'est pas le cas de Vergo qui circule librement au sein même de la Brigade.
Personne ici ne semble apprécier la seule solution possible de cette situation. Pourtant, elle m'irait bien. Je me racle la gorge timidement.
- Je… je sais que la décision ne me revient pas mais… dans tous les cas, l'option de simplement faire comme si rien n'était arrivé et faire profil bas jusqu'au procès ne me pose aucun problème.
Ils grimacent tous et Bonney ricane.
- Ouais tu vois Cara, je crois que c'est le fait que tu n'y vois aucun problème qui ne fait qu'aggraver les choses, tarée que tu es.
Je lui mets un coup de coude, mais elle continue de rire.
- Désolé chef, reprend Hina. Mais est-ce vraiment raisonnable de parler de tout ça devant… une chasseuse de prime ?
Son mari et elle avaient tous deux tiltés en entendant Garp prononcer le nom de Vergo devant elle mais n'avaient rien dit sur le moment…
Garp secoue vaguement la main dans la direction de Bonney.
- Oh ne vous en faites pas, elle s'en fiche pas mal et j'ai une totale confiance en elle. Elle m'a aidé sur des affaires tout aussi délicate, et avoir quelqu'un comme elle hors du Système est toujours une bonne idée. Même si parfois elle se retrouve dans des petits problèmes à cause de ça…
Il darde sur elle un regard moqueur et je pouffe moi-même en me remémorant l'épisode avec Le Chien, mais le souvenir de la douleur d'un nez en sang m'aide à bien vite reprendre mon sérieux. Je fais bien : elle semblait sur le point de renouveler l'expérience.
- Quoi qu'il en soit, dit-elle un peu fort en s'adressant à Garp. Tu veux que je planche sur une protection officieuse de votre témoin ?
- Non, reste sur le cas du Ténébreux. De toutes manières, cette affaire est également une affaire personnelle pour toi, tu continuerais même si je t'ordonnais d'arrêter.
- Tu me connais bien, acquiesce-t-elle avec force dans un sourire carnassier.
- Et j'ai plus que jamais besoin de toi sur le terrain.
Il réfléchit plus à voix-haute qu'il ne s'adresse vraiment à quelqu'un.
- Juste, me demande-t-il soudain. Comment tu as su ce qui se tramait avec Law ce matin ?
- Je n'en savais rien, je lui réponds. Je faisais un jogging avec Koala quand Bonney m'a appelé pour me signaler qu'elle avait sous les yeux Law au milieu de la fusillade.
Il jette un regard à Bonney qui hausse les épaules.
- Vous faisiez la fête sous ma fenêtre. Ah, tu veux savoir comment j'ai reconnu ton « Law » ? Il suivait Cara l'autre jour, elle m'a assuré le connaitre. Bref. Dans le doute, je l'ai appelé.
Il acquiesce et se tourne vers moi.
- Courir. Avec Koala.
- Ouais nan, je n'ai tenu que vingt minutes, je lui avoue dans une grimace.
Ça lui semble soudain plus logique (peu de personnes arrive à suivre la Tigresse et je suis loin d'en faire partie si je n'ai pas un skate).
- Ça t'offre une bonne excuse ça pour ta blessure ça ? réfléchit-il à voix haute.
- Pas vraiment, je grimace.
- Tombée dans les escaliers ? me propose-t-il.
- Déjà utilisée. Je pensais plutôt, ils ont défriché les arbres au-dessus de l'Axe Est… une chute et une branche perdue ?
Il hausse les épaules.
- Si personne ne voit ta plaie parfaitement faite au couteau, ça passe.
- J'en ai pour cinq semaines d'immobilisation de toutes façons. Donc pas de sport au lycée et je ne pourrais plus faire aussi facilement le trajet jusque chez Rayleigh.
Je vois Smoker réagir du coin de l'œil, et mimer silencieusement à Hina le mot « lycée ». Elle hausse doucement les épaules et secoue la tête, fataliste. Ouais, je sais, je n'ai rien à faire dans cette histoire…
Mais moi, c'est plutôt la mention du nom de Rayleigh qui m'angoisse. Il est déjà si patient avec moi, je n'ai aucune envie d'ajouter une énième connerie à mon palmarès auprès de lui.
- Et Rayleigh ? je demande à demi-mot.
- Ray ne met pas le nez dans mes affaires, il ne sait rien de tout ça. Enfin, sauf si tu veux lui en faire part, mais je ne vais pas pouvoir t'autoriser à l'informer de certaines choses.
- Non, non ! je secoue la tête. Je me demandais juste s'il était au courant de… de quoi que ce soit. Je ne dirais rien, ça ne me regarde pas.
Bonney fronce imperceptiblement les sourcils à mon égard et je lui réponds en grimaçant. Ray a son propre réseau d'informations (Shakky), et il n'a jamais fait référence à l'incident avec Law. S'il sait qui il est ou ce qu'il fait, ou pire, comment nous nous connaissons, il s'est bien gardé de me le dire. Et de mon côté, je n'ai aucun droit à lui dire quoi que ce soit, je ne prendrais jamais une telle liberté.
- Je ne préfère pas penser à Shakky…
Je pensais avoir parlé à voix haute, mais c'est bien Garp, frissonnant qui avoue ses craintes. Pour le bien de son auto-persuasion, je me contente d'une moue désabusée, l'air de dire « mais naaaaa ». Ce n'est que Shakky, après tout… hum.
- Dites, reprend Bonney en observant ses ongles. J'en fais quoi du macchabée qui squatte chez moi ?
- Comment va-t-il ?
J'ai peut-être parlé un peu vite, mais je n'en pouvais plus d'attendre pour poser la question. Elle lève haut un sourcil à mon égard, mais hausse les épaules, faignant d'être désabusée.
- Il est hors de danger. Rien de grave, enfin mis à part qu'il avait perdu pas mal de sang et qu'il était épuisé. Je m'en suis occupée, puis je l'ai confié à une infirmière pour venir quand tu m'as appelé, Garp. Ne vous en faites pas, elle n'a aucun moyen de savoir qui il est, et elle est fiable. Pour le moment, il est bourré d'anti-douleur et ne va pas se réveiller avant quelques heures encore. Pour le reste, vous verrez à son réveil, mais ça ne sera plus mes affaires.
Garp acquiesce, confiant, Smoker et Hina n'ajoute rien mais dans leurs comportements, je décèle du soulagement.
- Pour la Brigade on s'en occupe, mais ça va être à lui de gérer la partie Doffy. Enfin, j'imagine que Viola a déjà mis tout en place pour sa couverture. Bonney, vous vivez dans le même Quartier. Dès qu'il pourra, essaie de faire en sorte qu'il rentre chez lui discrètement. Cara, tu comptais l'y rejoindre n'est-ce pas ?
Je hoche la tête, ayant peur un instant qu'il me l'interdise.
- Mets-le au parfum et qu'il nous contact dès qu'il peut. Il faut impérativement que lui et Viola soient au courant du cas de Vergo. Je suis sûr que Law, en tant que Lieutenant, doit avec des infos que nous ignorons. Qu'il nous fasse un rapport au plus vite.
Je lui réponds d'un salut militaire. Enfin quelque chose de concret que je peux faire dans cette histoire…
- Est-ce que c'est vraiment la peine que je te demande de faire profil bas et de ne pas te faire remarquer jusqu'à ce que l'on coince Vergo, au moins ?
- Je ne cherche pas les ennuis, en général ils s'effondrent juste devant ma porte.
Il a un demi-sourire et Bonney marmonne dans sa barbe. Garp redevient sérieux et se tourne vers ses subordonnés.
- Smoker, Hina. Allez donc vous faire chouchouter auprès de cette vieille peau de Kureha. Vous méritez du repos. Mais dès qu'elle vous laisse sortir, je vous rejoins chez vous. Nous devons réfléchir à un plan d'attaque dès ce soir.
Ils hochent la tête en parfaite synchronisation.
- Prend soin de toi gamine, me lance Smoker en tapotant ma cheville valide au passage.
- Tu es toujours la bienvenue pour une verveine, ajoute Hina en me faisant un clin d'œil.
- Faites attention à vous… je leur souhaite du plus profond du cœur.
Ma dette à leur égard vient encore d'augmenter. Je ne pourrais jamais assez les remercier, mais je me promets de faire tout comme dès que je pourrais. Ils quittent la pièce avec un dernier regard déterminé envers Bonney qui les salue d'un petit geste de la main et d'un sourire décomplexé.
Le silence revient un instant. Je profite de l'instant de flottement.
- On est où ? je demande à Bonney.
- Hôpital de la Brigade, Quartier Sud. C'est pour ça que ça ne choque pas le personnel médical tous ces flics et toutes nos armes. Ils se font soigner ici.
- Et toi ? Tu ne devrais pas éviter d'être vu par d'autres personnes de la Brigade ? Je croyais que tu ne faisais confiance à personne.
- Je suis passée par une fenêtre ouverte, pas par la porte d'entrée.
… J'aurais dû m'en douter tiens. Je me rallonge sur le dossier relevé, un peu soulagée. Garp soupire.
- Je vais devoir retourner au bureau, j'ai beaucoup de travail à finir avec notre coup de filet de ce matin. Sois prudente gamine et… merci beaucoup.
Je ne suis pas sûre de mériter ces remercîments, mais je lui offre un haussement d'épaule désolé.
- Toujours prête à juste être là au bon timing !
Il passe jusqu'à m'ébouriffer ma tignasse.
- Et pas un mot aux garçons s'il te plait.
- Ça ne m'a même pas traversé l'esprit.
- Je m'occupe de les empêcher de chercher à te voir avant lundi, au lycée.
- Merci, je soupire de soulagement. Je les appellerai pour leur dire que je suis à l'hôpital à cause de ma cheville.
Il m'ébouriffe de plus belle et se tourne vers sa chasseuse de prime.
- Bonney, comme d'hab'.
- T'inquiète, je gère.
Et il quitte la pièce, nous laissant en tête à tête. J'ai comme une vague sensation d'anémie maintenant qu'ils sont partis.
- Ça va aller ta cheville ?
- Je n'ai plus mal.
- Je vais chercher Kureha, qu'on te fasse sortir de là au plus vite. Je ne peux pas m'éterniser dans ce genre d'endroit.
J'ouvre la bouche pour lui demander de rester mais elle a déjà disparue. Je m'effondre sur l'assise, épuisée. J'ai faim, j'ai soif, j'en ai un peu marre d'être là accrochée à mes perfs, sans parler du bruit constant du scope.
Je veux sortir de là, rentre chez Bonney, voir Law et m'effondrer pour dormir.
Bonney et le Docteur Kureha reviennent.
- Il parait que tu dois partir en urgence et il en est hors de question. Mais la demoiselle là s'est montrée très persuasive donc j'accepte de te laisser sortir puisqu'elle aurait tous ce dont tu auras besoin chez elle.
Elle me tend une paire de béquille.
- Cadeaux de la maison. La miss a tes affaires. Là-dedans (elle me montre un dossier), y'a ton dossier et une ordonnance pour les pansements et la rééducation, ensuite-
La doc déconne zéro, je comprends mieux les réactions de Smoker et Hina. J'ai droit à un cours détaillé sur comment prendre soin de ma plaie et ce que j'ai le droit de faire ou non, jusqu'à mon alimentation et mes habitudes de nuit. Heureusement qu'elle a tout résumé sur une feuille parce que je n'aurais jamais retenu tout ça.
Elle me libère des perfs, du scope et je me mets au bord du lit sans attendre, saisissant les béquilles pour me mettre debout. Je vais boiter un moment… Miséricorde…
Bonney marche devant moi et a la gentillesse de ne pas me distancer. Elle se dirige vers le parking de l'hôpital… oh la blague.
Elle sort un trousseau, avec un porte-clef fait d'un pompon de fausse fourrure blanche… qui ne ressemble en rien à ses goûts. Pas plus que la voiture associée, une petite citadine bien entretenue, d'une couleur cuivre assez voyante.
- Allez monte.
Je hausse haut un sourcil.
-Tu l'as volé où celle-là ?
- Ne dis pas de bêtise, grogne-t-elle comme pour se convaincre elle-même en s'installant côté conducteur. Je l'ai emprunté à l'infirmière qui s'occupe de ton gars.
J'ai du mal à croire que quiconque la connaissant un minimum serait assez fou pour lui prêter sa voiture. Mais en m'installant à côté d'elle, je me contente d'un silence éloquent, qu'elle décrypte sans mal.
Elle démarre sans attendre, mais pour une fois, ne roule pas si vite que ça. D'accord, j'ai saisi… si j'ai des questions, c'est maintenant. Mais je n'ai pas vraiment cessé de me repasser beaucoup de chose depuis que j'ai vu sa plaque de chasseuse de prime et que j'ai confirmation de mes rares soupçons à son encontre.
Mais elle a la délicatesse de me laisser un temps de parole, ce serait grossier de ne pas l'accepter.
- Bonney… la nuit où Ace s'est échappé pour pourchasser Bellamy…
Elle voit tout de suite où je veux en venir. Un bref éclat de regret passe dans ses prunelles mauves.
- Je n'ai pas gardé l'entrée de l'ancienne imprimerie et empêcher ton ami de passer comme tu me l'avais demandé parce que Garp m'a contacté pour m'ordonner et d'aller protéger son petit frère.
Et elle ne pouvait pas vraiment me l'expliquer alors. Je comprends mieux son « désolée » et le silence radio qui en a découlé. Je lui souris, sincère et mime un « merci ».
- Mais ce n'est pas Garp qui t'a demandé de faire quoi que ce soit ce matin… tu t'es exposée.
Elle hésite mais lorsqu'elle parle, c'est avec son ton ferme habituel.
- Je te devais bien ça.
Et elle n'ajoute rien.
- Merci.
Elle ne me répond pas, mais avec un second regard, je la trouve un brin plus détendue. A elle aussi, je dois beaucoup…
- La Terre à Cara. On est arrivé.
Je cligne des yeux pour observer le tableau de bords, lever le nez et constater qu'en effet, on est en face d'une porte de garage s'ouvrant, au pied de son immeuble.
Je bénis l'ascenseur qui nous fait rejoindre son étage, alors que je boitille toujours comme je peux avec mes cannes, Bonney ayant eu la gentillesse de prendre mes affaires.
Elle ouvre en grand sa porte qui n'était pas verrouillée en jetant son holter sur un des grands canapés pour la refermer derrière moi
- Chuis rentrée ! crie-t-elle. Il est toujours vivant ?
- Voilà qui me rassure grandement Bonney, je raille.
Elle me fait vaguement signe de me taire et sourit lorsqu'un buste penché en arrière dépasse de l'infirmerie de l'appartement.
La jeune femme, une superbe jeune femme au visage en cœur et aux lourds, longs et soyeux cheveux caramels, dans une tenue d'infirmière nous dévisage avec empressement.
- Enfin ! Je suis déjà en retard ! dit-elle en courant vers nous pour s'arrêter à la hauteur de Bonney. Ma voiture est en un seul morceau ?
- La confiance règne, bougonne Bonney, croisant les bras. Va te changer au lieu de dire des bêtises.
Elle lui sourit et se tourne vers moi.
- Enchanté ! me lance-t-elle avant de se précipiter sans se retournez vers une autre porte.
- De même… ! je réponds quand même sans chercher à réprimer mon amusement en me tournant vers Bonney.
Bonney, un étrange sourire en coin, secoue la tête de désespoir en la suivant du regard, avant de capter le mien, soupçonneux. Elle détourne le regard, se raclant la gorge.
Je flaire quelque chose… Et elle tourne obstinément les yeux vers la cuisine.
- Je vais nous faire à manger et à boire, va voir ton mort-vivant là. Tu pourras prendre une douche après si tu veux, et je dois bien avoir quelque chose pour te changer.
Je la remercie, mon estomac se manifestant joyeusement à l'évocation d'un repas chaud, et me dirige vers l'infirmerie de fortune.
Le volet a été ouvert, et la température est idéale. Il y règne une odeur de désinfectant et tout est bien rangé dans les meubles en métal, rien de dépasse. La pièce a été soigneusement nettoyé.
Et dans le lit, sous un drap parfaitement tiré, Law.
Il a repris des couleurs, ses traits ne sont plus tirés et il respire profondément. On aurait pu croire qu'il faisait juste une sieste, comme il avait l'habitude d'en faire l'été dernier sur notre canapé.
Mouais. Sans les perf' quoi.
Je glisse un tabouret vers le lit et m'y affale dans un soupir de soulagement. Je n'ai pas fait cent mètres avec ces cannes, j'ai déjà mal aux poignets.
Bonney rentre dans la pièce et me tend un grand verre d'eau que je bois sans attendre. Frai et avec une pointe de sirop d'orgeat. Ça fait un bien fou. Pendant ce temps, elle darde sur son squatteur un regard de dédain.
- Il a l'air presque comme neuf. Parfait, plus vite il sera sur pied, plus vite il s'en ira.
- Et sinon, je la coupe, taquine en entendant le son d'une douche dans la pièce à côté. C'est qui ce canon ?
Elle rougit ! Miséricorde, Bonney rougit ! Elle est adorable !
- Ma petite amie. Enfin ex… puis actuelle… puis j'ai beau lui dire que j'ai pas un job qui facilite les relations sentimentales, elle finit toujours par- bref. Ma… ma petite amie.
Bonney amoureuse, rougissante et gênée ! C'est mon anniversaire ?
Je me contente de lui sourire, je garde mes remarques sans pertinences sur ses rougissements pour plus tard… Elle est trop mignonne, prise en flagrant délit de grand amour ! Elle est donc humaine quelque part sous cette armure de force et d'action ?
A côté, les bruits se sont arrêtés et Bonney se lève en évitant soigneusement mon regard moqueur pour sortir de la pièce.
- Ça va aller ? demande-t-elle à l'infirmière.
- J'ai appelé pour dire que j'aurais un peu de retard, répond la jeune femme d'une voix douce qui contraste grandement avec celle écharpée de Bonney. Toi, ça va aller ?
- Impec, comme d'hab'.
- Huuuum… Et ce type, c'est qui ? Un ami ?
Bonney a une grimace très expressive.
- Ça, ça risque pas, je peux pas me le sentir.
- Ah bon ? C'est dommage, tu devrais essayer de te faire plus d'amis…
- Tu sais que j'ai un job qui-
- Ouais nan oublie, la coupe-t-elle sans animosité. Je ne veux pas qu'on est cette discussion encore. Viens plutôt là…
Elles sont dans l'angle de la porte, je détourne pudiquement les yeux lorsqu'elle se met sur la pointe des pieds pour embrasser la chasseuse de prime avec une grande délicatesse. Bonney l'enlace une seconde, mais déjà l'infirmière ramasse une veste, attrape son trousseau de clef et un sac.
- On se voit ce soir, au festival ? dit-elle, espiègle. J'ai un sake aux pousse chrysanthèmes d'une petite boutique locale à tomber.
- De toutes façons quoi que je dise tu passeras me prendre, n'est-ce pas ? soupire Bonney, faussement lasse.
- Yup ! A tout à l'heure, je t'aime !
- Hum, moi aussi, espèce de manipulatrice.
Et la porte se claque, le silence qui s'en suit est juste paisible.
Law n'a pas bougé un cil, encore profondément endormi. Plus je l'observe, plus tous les nœuds d'angoisse que j'avais se délient, me laissant plus épuisée que je ne le pensais.
- Viens donc manger un morceau, m'appelle la propriétaire des lieux depuis la cuisine ouverte. Il ne va pas s'enfuir.
Je n'ai aucune envie de quitter son chevet, il pourrait ouvrir les yeux à tous moments… Mais comme je n'ai pas non plus envie de me faire enguirlander, j'obéi bien sagement. Et puis j'ai faim.
Elle me laisse même le temps de prendre une douche et me dégote un de ses shorts qui me tombe sur les hanches et un t-shirt un peu grand mais présentable.
Elle avait raison, lorsque je me réinstalle aux côtés de Law, il ne s'est pas enfuit. Il est… paisible. Je me rapproche encore, juste pour être sûre… qu'il va bien.
Je suis épuisée, je m'accoude sur le bord du matelas, le menton dans mes bras.
Sa respiration est si calme… c'est plus fort que moi, je dégage une de ses mains pour prendre son pouls. Je n'aurais pas pensé regretter un scope bruyant de sitôt, mais c'est si rassurant de sentir son cœur battre fort contre la pulpe de mes doigts.
Il va bien… Sa main dans la mienne est chaude.
Un rire m'échappe. Il est vivant…
- Cara…
Je sursaute. Law !
Il papillonne, ses yeux gris embrumés, mais son regard croise le mien.
- Salut ! je souffle, un dernier souffle de libération maintenant qu'il est réveillé.
Il plisse les yeux… serre ma main en retour à mon étreinte.
- Bon anniversaire.
J'éclate de rire.
.
Merci d'avoir lu ~
Bonne semaine !
