Hey !

Ce chapitre apporte une réponse importante pour la suite de l'histoire… et j'ai hâte que vous lisiez ça !

Et on conclut aussi une autre sous intrigue... j'en vois la fin !

Ma Beta a repris du service, merci à Wicked Cassie pour son travail sur beaucoup trop de pages… sur beaucoup trop de mois… Merci !

Merci pour vos retours et votre présence ! Cette histoire avance lentement mais surement, mais le meilleur reste à venir, parce que je prépare encore plusieurs évènements qui vont être décisifs… et j'ai hâte de vous postez ça !

Bonne lecture ~

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Chapitre 51

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Mon téléphone sonne.

La sonnerie de Ace qui me tire de mon livre. Je souris à Koala en face de moi en train de préparer le repas du soir et qui a reconnu la musique.

- Quoi de neuf beau gosse ?

Mais de l'autre côté de la ligne, seule une respiration un peu tendue me répond. Une pointe d'inquiétude me pique au vif et je me redresse… pour souffler un peu lorsque sa voix résonne dans mon oreille, bien vivante.

- Ouais… Eh, Cara, tu savais que les Barbes-Blanche avaient de très bonnes relations avec plusieurs clans de D ?

Je réfléchis rapidement.

- Oui, enfin je veux dire, ça me semble logique puis-ce qu'ils protègent les natifs de l'île de manière générale…

Il renifle légèrement.

- Ils savaient aussi où était le cimetière du clan Portgas. Et il n'était pas dans leur domaine comme on le croyait tous.

Oh…

- Oh Ace… je suis… contente pour toi.

Il a un rire un peu plus faible qu'à l'accoutumé.

- Merci Cara. J'ai pu déposer des fleurs sur la tombe de ma mère, tu imagines ? C'est comme sortir d'un rêve…

Je ne peux qu'imaginer.

Je ferme mon livre et me lève, le cœur serré.

- Tu veux que je passe ?

- Ça ne te dérange pas ? demande-t-il enfin, comme soulagé que je le propose. Je suis avec Marco. J'ai déjà appelé Rayleigh, Sabo et Luffy, ils sont en chemin. Koala est avec toi ?

- J'arrive. On arrive.

Il raccroche et je me tourne vers Koala pour lui expliquer la situation. J'en ai la tête qui tourne un peu. Elle aussi reste hébétée.

- Je n'en reviens pas…

- Moi non plus ! je ris en passant une veste. Désolée, je ne ferai pas honneur à ton plat ce soir.

Elle secoue la tête et chausse ses baskets.

- Courons, notre Prince préféré a besoin de nous !

- Ouais enfin, tu vas courir et je vais prendre ma planche, hein.

Non seulement je ne pourrais pas la suivre, mais j'ai toujours mal à ma pauvre petite cheville martyrisée. Elle rit mais ne relève pas, éteignant toutes les lumières de l'appartement.

Personne ne nous empêche de rentrer lorsque nous arrivons dans le Quartier, nous frayant notre chemin désormais familier jusqu'aux maisons principales, jusqu'au Pavillon Noir.

Marco et Rayleigh nous accueillent.

Je fronce les sourcils en voyant l'expression sur le visage de Marco. Il a quelque chose…

Voir Ace assis plus loin coupe court à mes réflexions.

Il a les yeux un peu plus rouges qu'à l'ordinaire mais lorsque son regard croise le mien, il semble bien plus apaisé que je n'ai pu le voir depuis des années et me sourit.

Un vrai sourire.

Je m'agenouille devant lui et le prend dans mes bras. Il me rend mon accolade avec force.

- Ça va aller ?

- Oh oui… ça va beaucoup mieux.

C'était peut-être ce qui lui manquait alors ?

Il semble en effet aller pour le mieux. A côté de lui, Sabo accoudé à la table basse me sourit avec une moue amusée. Nous sommes sur la même longueur d'ondes.

- Du coup, pour fêter ça, ce soir c'est barbecue, intervint Rayleigh en faisant craquer ses phalanges. Marco, vient m'aider.

Koala embrasse rapidement Ace sur la joue avec soulagement avant d'aller aider en cuisine elle aussi d'où le rire enjoué de Luffy nous parvient, surement pour l'empêcher de tout manger. Ace soupire, enfin seul entre Sabo et moi.

- C'était quelque chose, affirme-t-il. Je ne sais pas… comme si elle était enfin devenue tangible. Ce qui est idiot puisqu'elle est toujours morte en me donnant la vie ! Mais quelque part, c'est comme si tout autour de moi était plus concret. Elle n'existe pas que pour moi ou Ray ou ceux qui l'on connut. Il y a un endroit sur cette île où il y a une preuve de son existence.

Sabo renifle discrètement.

Ace ne le remarque pas vraiment, toujours prit dans cet état second, pas encore tout à fait avec nous. Je ne peux qu'être heureuse pour lui, il semble plus léger que jamais !

Dehors, une bonne odeur de viandes grillées nous parvient. Elle semble parler à Ace qui se redresse.

- Je vais nous chercher à boire les gars, je reviens.

J'ouvre la bouche pour lui dire de rester assis et de me laisser m'en occuper, mais un regard de Sabo me coupe dans mon élan et je le laisse s'éloigner.

- Ça fait dix minutes qu'il fait tout par automatisme, affirme Sabo une fois que nous sommes seuls. Inutile d'essayer de discuter, laissons-le s'agiter si ça lui fait du bien. Je ne l'avais jamais vu comme ça.

- Moi non plus, je ris doucement. Je ne peux même pas imaginer ce qu'il peut ressentir là tout de suite.

Sabo hoche la tête et pose son regard sur la cour où Marco et Ray discutent. Enfin, c'est surtout Ray qui parle et le second de Barbe-Blanche se contente d'acquiescer de temps à autre.

Je fronce les sourcils. Marco…

- Il a compris, n'est-ce pas ? Qui était Ace.

Sabo à côté de moi hoche la tête, derechef.

- Tu n'étais pas là lorsque nous sommes arrivés, mais il a jeté un regard à Ray qui en disait long. Depuis, il n'a pas dit un mot.

Soudain, Ace débarque dans la cours et distribue des bières aux deux hommes. Je fronce les sourcils.

Il y a quelque chose avec l'attitude de Marco qui cloche. En dehors de l'évidence même.

- Je rêve… soupire Sabo.

Lui aussi a remarqué.

- On est d'accord que ça n'a rien à voir avec ses parents, hein ? Ce changement d'attitude-là, à l'instant, je souligne.

- Nope, confirme Sabo.

On échange un regard inquiet et nous replongeons dans la contemplation de Marco, se mouvant à côté d'Ace comme s'ils étaient attachés l'un à l'autre.

- Depuis quand ce fichu blond prend autant de distance avec notre beau Prince au juste ?

Ma question fait grimacer Sabo.

- Je crois que c'est pour ça que Ray a l'air plus concentré pour le cuisiner lui que les travers de porc.

- Le pauvre, je compatis. Être un proche pour le fils de Gol D. Roger et devoir passer la validation du Roi Sombre.

Sabo lui, ne semble pas du tout compatissant. Avec son petit air surprotecteur, il ressemble toujours à un ange mais il est amusant de le voir ainsi froncer le nez. Je ricane sans réelle moquerie, moi aussi un peu anxieuse l'air de rien.

- Il a quel âge déjà ce Marco ?

- Six ans de plus que nous.

Ah, Sab' est passé en mode détective privé, c'est bon pour les affaires ça.

- Tu as sa date de naissance, son groupe sanguin et son numéro de compte bancaire aussi ? je me moque mais il me répond le plus sérieusement du monde.

- Il ne me manque que le dernier.

Je lève les yeux au ciel.

- Sab', aujourd'hui n'est pas le jour… mais il va également devoir passer par notre validation avant qu'il n'ait que l'idée d'être plus proche d'Ace. Nous sommes d'accord ?

- Oh que oui.

- Sab'. Arrête de serrer les dents. Qui peut résister à notre Prince ?

Il bat des cils, comme sortant d'une transe et m'offre une grimace éloquente.

- Vu comme ça…

- Laissons-lui le bénéfice du doute encore un peu. Juste un peu. Et puis Ray semble déjà bien lancé sur le problème.

Le petit frère surprotecteur qu'il est, semblait tout à fait contre cette idée mais l'expression encore rêveuse et absente de son ainé finit par le convaincre.

- Quand on lui en touchera deux mots, il regrettera Ray, crois-moi… me promet-il en ignorant mon expression amusée. Allez, viens.

- Quoi, tu veux à ce point le mettre mal à l'aise ? je demande en le voyant se lever sans l'imiter.

- Non, affirme-t-il avec son calme retrouvé. J'ai faim et ça sent bon. Viens.

Il me tend une main pour m'aider à me lever sans appuyer sur ma cheville et nous rejoignons Ace dehors. Les autres invités arrivent à cet instant, les bras chargés de boissons et nourritures.

Ce soir, c'est fête.

Ace, au milieu de nous n'a jamais eu un sourire si éthéré.

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- Prête ?

- Quand tu veux.

- Trois… deux… un… top.

Appuyer sur le cran, retirer le chargeur, faire glisser la culasse (chambre vide), appuyer sur la détente pour désarmer, entendre le percuteur, reculer la culasse, tirer sur les crans, retirer entièrement la culasse, retirer le ressort, retirer le canon.

Et remonter le tout en sens inverse.

- Terminé. Vingt-neuf secondes. Peux faire beaucoup mieux.

- Hum. Enfin, ce n'est pas vraiment comme si je pouvais m'entrainer chez moi, je lui fais remarquer.

Bonney est loin de s'en émouvoir et continue à darder sur moi son regard de professeur intransigeant.

- En position.

Je me lève et visant une cible de fête foraine accrochée au mur de la cuisine de son appartement, je vise le centre sans bouger.

- Coupe… Respire… Okay, parfait. Change de cible.

Je m'exécute en pointant cette fois l'une des portes à l'étage couverte de la même cible.

- Coupe… Respire… Okay on recommence.

Cette fois, c'est debout que je démonte puis remonte le pistolet qui me sert à m'entrainer, le plus rapidement possible.

- Mieux, mais pas encore ça. Désarmer un pistolet en quelques secondes peut te sauver la vie. On recommence.

Démonter, remonter, viser, viser, démonter, remonter, viser, viser… et on recommence.

Bonney est une professeure intransigeante mais efficace et plus pédagogue que prévu. En un mois, elle m'aura déjà appris tout ce qu'elle savait sur les pistolets semi-automatiques et leurs munitions, comment entièrement monter et démonter pièce par pièce celle qu'elle me prête pour m'entrainer, la nettoyer, la désarmer… une fois seulement que j'ai eu la technique, elle a commencé à se pencher sur la pratique, de la théorie à un début de mise en situation.

Nous sommes freinées par nos temps libres respectifs qui ne s'accordent pas toujours, mais elle sait où elle va et je ne demande qu'à apprendre.

Le pistolet me semble déjà moins lourds que la première fois que je l'ai tenu.

- On devrait essayer de te faire tirer, marmonna Bonney plus pour elle-même que pour moi. Pas avec des balles à blanc ou avec de l'air-soft, ça brouillerait ton équilibre et tes habitudes à compenser le recul. Hum…

Je grimace. Je sais que c'est moi qui lui ai demandé, mais ça me fait quand-même bizarre d'entendre ça.

- Tu sais que je n'ai pas l'intention de devenir une championne de tir, hein.

- Là n'est pas la question, me reprend-t-elle avec sérieux. Lorsqu'il s'agit de manier quelque chose d'aussi dangereux, il n'y a pas de demi-mesure. Ou tu sais tirer, ou tu ne touches pas à ce genre d'objet.

- Touchée. Sans mauvais jeux de mots.

Elle n'a pas tort, mais quelle pression… Il faut que je passe au-dessus, c'est tout l'objectif de cet entrainement.

- Allez, on recomm-

- C'est moi !

La porte d'entrée claque, et une jeune femme se fige. Je suis dans la cuisine ouverte de Bonney avec une arme au poing en train de viser une cible alors que sa petite amie rentre chez elles.

Je rougis violemment et baisse l'arme pour la poser en sécurité sur la table, sous le ricanement moqueur de mon professeur qui n'a pas loupé mon fard.

- Bonjour… désolée pour l'intrusion.

- Oh ! s'exclame-t-elle lorsqu'elle comprend que sa présence m'a soudain mise mal à l'aise. Non je t'en prie, reprenez votre entrainement. J'ai surpris Bonney en train de faire bien pire que ça.

Elle laisse sa voix en suspens quelques secondes, juste assez pour que cette fois, ce soit moi qui me moque gentiment de son propre rougissement. Elle se lève en attrapant l'arme au passage pour se draper dans son égo et se détourner.

- L'entrainement est fini.

La nouvelle venue me fait un clin d'œil auquel je réponds avec plaisir.

Je ne l'avais pas recroisée depuis qu'elle a sauvé Law, un peu plus d'un mois auparavant. Elles vivent des vies assez mouvementées chacune de leur côté si j'ai bien compris. Elle est vraiment jolie… Et en sa présence, Bonney prend bien plus facilement des couleurs. J'adore.

La jeune femme pose ses affaires sur un porte-manteau, lisse la jupe qu'elle porte et attache rapidement ses longs cheveux caramels en un chignon pratique avant de s'approcher de nous.

De moi pour être plus exacte.

- Nous n'avons pas eu le loisir d'être présentées officiellement.

Son sourire est éclatant lorsqu'elle me tend la main et je la saisis en le lui rendant avec plaisir.

- Oh c'est vrai, intervint Bonney dans mon dos en s'agitant en cuisine sans nous prêter la moindre attention manifeste. Swallow Cara, je te présente ma petite-amie, Water Lamy. Lamy voici Cara, mon indic et barmaid préférée.

Non.

C'est impossible.

Une douche froide me coupe la respiration.

Figée, je perds mon sourire. La main dans la mienne est soudain brûlante.

Mon regard est perdu dans le sien. Je veux y lire…

Elle sait.

Mon cœur bat trop fort, trop vite dans ma poitrine. Juste dans mon poignet. Alors je remarque que c'est parce qu'elle a fait glisser ses doigts jusqu'à prendre mon pouls.

Je dégage ma main avec peut-être un brin trop de force, par pur réflexe.

Loin de s'en émouvoir, elle m'adresse un clin d'œil complice et pose son index sur ses lèvres.

Parler ? C'est à peine si je respire.

- Lamy est infirmière mais elle va reprendre des études pour devenir médecin urgentiste.

Dans un autre univers qui ne s'imbrique plus dans ma réalité, Bonney continue de soliloquer pour me présenter la personne avec qui elle partage sa vie.

- Allons, allons, l'interromps soudain celle-ci en désertant mon champ de vision pour la rejoindre. Ce n'est pas très intéressant. Tu sais ce qui est intéressant ? des ramens. Il faisait si froid dehors que j'en ai soudain eu envie en rentrant. On fait ça ?

Bonney lève les yeux au ciel, mais acquiesce.

- Je vais peut-être rentrer…

Ma voix me semble transparente lorsqu'enfin je prends sur moi pour maintenir les apparences et me retourner vers elle en souriant. Bonney tique à mon visage qui ne doit pas être aussi bien composé que je l'espérais.

- Tu es sûre ? Tu es si pale, on dirait que tu viens de voir un fantôme. Tu fais de l'anémie ?

- Juste ma cheville qui me lance un peu.

Une excuse toute trouvée qui ne prend pas pour Lamy, LAMY, dont le regard est brillant. Bonney balaie mon excuse d'un revers de la main.

- Reste manger avec nous. Je te ramène chez toi après, pas de problème.

C'est quoi ce guet-apens ?!

Laissez-moi sortir !

Je ne tiendrai pas un repas entier à devoir ignorer le fait que WATER LAMY ME FAIT FACE.

- Oh Bonney, laisse-la allez se reposer si elle le veut. Prépare-nous à manger, je vais la raccompagner moi.

- Tu es sûre ?

- Mais oui, s'amuse Lamy en embrassant sa joue pour la rassénérer avant de se tourner vers moi. J'ai soudain l'atroce sensation que je ne vais pas échapper à ce piège. Viens Cara, il vaut mieux reposer cette cheville.

Ce n'est pas que je ne veux pas avoir une conversation avec elle, c'est que j'aimerais pouvoir reprendre mes esprits avant et mettre mes idées en place.

Elle sait.

Elle savait qui était Law, elle a compris que je la connaissais.

Elle n'a jamais oublié Law, contrairement ce qu'il croit.

Elle m'embarque plus de gré que de force. Je me tourne vers Bonney dans un ultime espoir de sauvetage, mais elle se contente de commencer à découper des champignons.

- Je te fais savoir dès que l'on peut reprendre. Et toi dis-moi quand Garp ne sera plus dans le coin, que je reprenne ma surveillance de tes D. en cavale. A plus, sale gosse.

- Comme d'hab. A plus, la sentimentale.

Elle m'adresse un majeur agrémenté d'un couteau de cuisine tranchant.

- Et toi n'en profite pas pour lui raconter n'importe quoi, ajoute-t-elle à l'attention de Lamy qui glousse.

- Je ne te promets rien, mon cœur !

Elle claque la porte derrière-nous. Je souffle enfin, profondément.

- Désolée, s'amuse-t-elle, j'ai cru que je t'avais donné une crise cardiaque.

- C'est pas passé loin, je lui confirme, la main sur mon cœur tambourinant.

Elle m'indique l'ascenseur.

- Viens, on pourra parler plus librement dans ma voiture.

Je me retrouve à nouveau dans cette petite citadine cuivrée qui pour le coup, lui correspond soudain beaucoup mieux qu'à Bonney. J'ai un léger vertige lorsque mon crâne touche l'appui-tête.

- Law est persuadé que tu ne te souviens ni de lui ni de rien.

Lamy a perdu toute sa désinvolture, elle reste calme, mais un éclat de peine traverse ses yeux. Elle semble presque une autre personne que l'infirmière légère que j'avais vue jusque-là. Soudain, c'est Trafalgar D. Water Lamy, survivante de Flevance qui me fait face. Cette Lamy là a un sourire plus nostalgique et un regard brumeux. Elle incline légèrement la tête mais ses lèvres gardent quand même l'ombre d'un sourire.

- Je sais. C'est bien plus facile de plaider l'amnésie lorsque l'on doit se débarrasser de mafieux particulièrement paranos. Même s'il doit le croire lui aussi.

Elle se tourne vers moi, posée et alerte. Elle n'est pas maquillée, je remarque soudain, alors que ce n'est pas le moment du tout.

- Je n'ai oublié ni mes parents, ni mon frère ainé, ni Flévance ou le Saturnisme. Ni le sacrifice qu'il a fait pour que je vive la vie la plus normale possible.

D'un geste, elle remonte sa jupe jusqu'à dévoiler une partie de sa cuisse couverte d'une marque blanche, puis tire sa manche pour me montrer son épaule, tachée elle aussi. On pourrait tout à fait les prendre pour des tâches de naissances.

- C'est moi qui ai failli faire une crise cardiaque lorsque Bonney m'a appelé pour l'aider à stabiliser un blessé… et que j'ai vu mon frère allongé avec une plaie ouverte. J'ai même cru une seconde qu'elle savait qui il était pour moi.

Oh…

- Bonney ne sait…

- Rien. Ni d'où je viens, ni qui je suis.

Elle se penche un peu vers moi et plisse les yeux.

- Ceci dit, je suis curieuse de savoir ce que toi tu sais. Et comment une lycéenne a pu devenir si proche de mon mafieux de frère au point de se jeter dans une fusillade pour l'en sortir avant d'y retourner tête la première.

Je grimace.

Lamy en face de moi n'est pas vraiment une variante que j'avais prévue dans toute cette équation.

- Je l'ai rencontré l'été dernier. Il s'était effondré devant ma porte avec une balle dans l'épaule. Voilà-voilà.

Elle fronce le nez.

- Quel genre de relation vous avez pour qu'un an après, il te fasse assez confiance pour te révéler qu'il a une sœur et qu'il a survécu à Flévance ?

Je hausse les épaules.

Ça, c'est une bonne question.

- Nous sommes amis. Une assez bonne relation pour que je connaisse votre généalogie.

- Oh, relève-t-elle ma perche avec un intérêt renouvelé. Tu sais donc que nous sommes des D. ? Intéressant. Et je suis ravie de savoir que quelqu'un que Garp pourra donner nos noms complets à graver sur nos tombes s'il nous arrive quelque chose.

Je grimace avec un violent frisson.

- Pitié, ne t'y mets pas toi aussi ! Law ne rêve que de te revoir tu sais.

- C'est réciproque, affirme-t-elle avec un sérieux retrouvé. Mais c'était une chance que j'ai eu à le soigner alors qu'il était évanoui. Je n'aurais jamais pu garder mon calme s'il m'avait adressé la parole…

Je réfléchis rapidement.

- Pourquoi ne pas le lui avoir fait savoir ?

Elle plisse les yeux à ma question, un peu sur le qui-vive.

- Je pense que tu l'as deviné…

Malgré moi et le cœur serré, j'acquiesce.

- C'est plus facile pour lui de faire ce qu'il a à faire sans avoir la pression de penser à chacun de tes gestes.

- Hum. Je préfère qu'il se concentre sur son travail sans que je ne rentre plus dans ses plans. Mais cette situation ne durera pas éternellement, n'est-ce pas ? Je me ferai un plaisir de le prendre dans mes bras à la seconde où nous pourrons.

Son enthousiasme me ravit ! Je réponds avec joie à son sourire.

- J'en connais une qui ne va pas apprécier ceci-dit. Elle ne peut pas voir Law en peinture. Elle va avoir du mal à digérer qu'il soit ton frère…

- Oh Bonney ne peut rien me refuser ou m'en vouloir pour quoi que ce soit ! s'esclaffe-t-elle. L'inverse est également vrai.

Sa voix s'est soudain adoucie à l'évocation de sa petite-amie. Chasseuse de prime. A la recherche d'un Tueur de D.

- En parlant de Bonney…

- Je te serais reconnaissante de ne pas lui toucher un mot de cette conversation.

- Evidement, je lui assure immédiatement. Je pensais surtout au fait que son job actuel-

- Oh ne t'en fait pas, reprend-t-elle avec désinvolture. Notre D est secret et perdu aux yeux du gouvernement depuis très longtemps. Seul Garp a su qui j'étais lorsque nous nous sommes rencontré, seulement grâce à son livre de généalogie et il n'est pas vraiment du genre à le crier sur tous les toits.

Tellement discret, je comprends soudain, que je n'avais même pas imaginé que Garp connaissait l'existence de Lamy et sa relation avec Law et Bonney… depuis des années. Il n'a jamais… rien laisser transparaître. Garp sait garder un secret.

- Et dans tous les cas, il n'y a aucun survivant à Flévance n'est-ce pas ? Alors… Il n'y a aucun moyen que le Ténébreux nous connaisse, Law ou moi. Quant à Bonney, je préfère qu'elle non plus ne s'inquiète pas trop à mon sujet tant qu'elle poursuit ce type. Je garde cette information… pour plus tard.

Elle ne rajoute rien, mais leur vie privée ne me concerne pas.

Ma tête tourne un peu, mais enfin, les informations s'imbriquent entre elle dans le canevas que je me fais de cette histoire.

- Cara ?

- Hum ?

Elle se penche légèrement, inclinée poliment, me faisant rougir.

- Merci de prendre soin de mon frère.

- Non-non, je m'embarrasse. C'est réciproque…

Elle m'offre un sourire sincère et un clin d'œil complice.

- Et si je te ramenais chez toi ?

- S'il te plait…

Elle démarre.

- Voyons, je dois bien avoir une ou deux anecdotes au sujet de Bonney à te raconter sur la route… Tiens, notre première rencontre peut-être ? J'avais quatorze ans et elle avait les menottes au mains…

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J'ai beau adorer la littérature, le bouquin que je me tape depuis deux jours sans arriver à le finir tant il m'ennuie est une vraie plaie. Je pense à tout sauf au texte sous mes yeux que je dois pourtant ingérer car c'est un classique.

- Miséricorde, que quelqu'un m'achève…

- Ne me tente pas, relève Sabo en tournant une page de son manuel avant de continuer à écrire à une vitesse terrifiante sur son carnet de notes.

Hum…

Mes yeux se perdent à nouveau autour de nous.

Depuis la destruction du garage de Kidd, celui-ci et son associé Killer se sont vu délocalisés dans l'un des entrepôts jusqu'alors désaffecté de Barbe-Blanche. Les deux hommes ont réouvert le business, Ace toujours à leur côté comme apprenti.

Leur ancien local me manque un peu, enfin surtout la zone où je pouvais faire du skate. Mais le nouveau est plus grand… et on y croise plus de monde.

En l'occurrence, c'est Bay elle-même, parfaitement remise sur pied, qui s'approche de nous depuis les cuisines du Pavillon le plus proche pour nous réapprovisionner en boissons chaudes. L'attention nous touche et Sabo et moi la remercions avec soulagement. Elle répond en faisant danser ses doigts et se dirige vers les mécaniciens en plein travail pour leur donner leur part, avant d'aller se pencher elle-même sur sa bécane.

Thatch et Marco sont passés un peu plus tôt, mais un seul regard de Sabo a suffi pour que notre petit blond batte en retraite aujourd'hui, suivi par son ami qui ne comprenait pas pourquoi ils devaient repartir si vite.

Dommage, j'aime bien ce duo moi. Mais c'est vrai que ce n'est pas le moment.

Izou aussi semblait content de nous revoir. Il a pu m'éclairer sur plusieurs de mes lectures… ce type est un puit de savoirs. Il m'a aussi donné tant de nouvelles lectures à ajouter à ma liste, que c'est ma seule motivation pour finir l'actuelle. Parler avec lui est un plaisir, j'ai hâte de commencer mes cours à l'université simplement pour pouvoir aller plus loin dans mes conversations avec lui.

Haruta s'est amusée à annoter tous les carnets de Sabo de détails et de surligner certaines choses avant de disparaitre comme elle était arrivée, comme un mirage.

Le calme relatif de la pièce me rend toute chose.

Comme si le soleil avait repris son rythme normal dans le ciel. Je n'avais pas réalisé à quel point j'étais sensible aux remue-ménages de la Brigade. Mais mon téléphone pèse un peu plus lourd dans ma poche désormais.

- Je vais prendre l'air, je signale à Sabo en me levant, délaissant pour de bon ce stupide pavé que je régurgite malgré moi.

Il me fait un vague signe de la main, trop concentré pour me calculer mais je ne lui en veux pas. Je traverse le garage pour prendre un escalier latéral qui mène à un balcon. La vue est magnifique, sur toute une partie du Quartier. Quelqu'un y a installé des transats et des chaises qui ne sont pas assorties et rafistolées de tous les côtés.

Je m'installe sur l'un d'eux, appréciant juste le vent sur mon visage et l'air frais qu'il apporte. Mi-Octobre est passé, le froid commence à s'insinuer doucement mais surement. Il me fait un bien fou.

La porte s'ouvre dans mon dos sur Ace qui m'offre un de ses sourires éclatant.

- Yo ! Besoin d'air frais toi aussi ?

- Toi, tu as surtout besoin d'une douche je me moque en pointant du doigt son visage couvert de suie.

Il ne nie pas, se contente d'essuyer ses joues sur son torchon, déjà noir lui-aussi. Il y ajoute un certain flou artistique du plus bel effet et se laisse tomber sans grâce dans l'un des transats à côté du mien dans un soupir de soulagement.

On reste ainsi un moment, en silence.

Il a l'air si tranquille… A le voir, on pourrait croire que tout va bien.

- Hey Ace…

- Hum ?

- Ce que tu m'as dit, il y a quelque temps…

Il réouvre les yeux, interrogateur.

- Je dis beaucoup de bêtise, il va falloir que tu sois un poil plus précise.

- J'espère que ce n'était pas des bêtises, je souffle malgré moi.

Il se redresse à mon ton, plus sérieux que je ne l'aurais voulu mais…

L'atmosphère autour de moi vient encore de s'alourdir. Tout me semble chargé, sur une corde raide. Il ne faut pas que quoi que ce soit tombe ou les conséquences pourraient être catastrophiques.

Mais plus je passe de temps avec Koala, à écouter sa respiration régulière lorsqu'elle dort ou avec Sabo et son sérieux ou sa passion… plus je réalise à quel point je suis allée trop loin pour quiconque.

Personne ne peut ou ne doit savoir.

Je me suis embourbée dans une histoire qui me dépasse de loin, et plus personne ne doit m'y voir.

Sauf peut-être… Ace.

Ace qui comprendrait. Je le sais. Parce que c'est Ace.

- Quand tu disais qu'il n'y avait rien que je puisse faire qui pourrait te faire me détester…

Ace se penche jusqu'à me prendre dans ses bras dans son accolade chaleureuse.

- Nope, jamais.

La note de sincérité la plus pure qui résonne à mes oreilles comme un puissant calmant.

- Ace, si un jour il m'arrive quoi que ce soit…

- Je serais toujours là pour toi et tes sottises, comme toi pour les miennes. Comme toujours, n'est-ce pas ?

J'ai peur que ce ne soit pas du niveau de « comme toujours », mais je sais qu'il est capable de tout accepter de moi ou de Sabo, ce qui me suffit.

- Hum. Merci.

Il rit en frottant mes cheveux de ses mains sales, embrasse ma tempe dans un geste de réconfort qui fonctionne atrocement bien et se lève pour retourner travailler, me laissant seule à nouveau.

Rassénérée.

Cette fois, c'est Sab' qui ouvre la porte et plisse les yeux face au soleil couchant.

- Ça va là-dedans ? me demande-t-il en s'installant sur une autre chaise.

- Toujours, je lui affirme avec un entrain retrouvé.

Il ne répond rien, se contente de se pencher pour apprécier le coucher de soleil en ma compagnie.

Qu'importe la suite des évènements, j'espère que j'aurai toujours droit à ces moments de répits dans les prochains mois.

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Merci pour votre lecture ~

RAR - Alors alors… Vemaria, tu nous auras fait beaucoup rire avec ton commentaire, ma beta et moi ! XD Je ne t'ai pas répondu par PM pour ne pas te spoil mais… tada ! Merci beaucoup pour ton commentaire et le fou rire, et pour ton enthousiasme !

NB : Oui, cette histoire contient un pairing Marco & Ace. Et comme pour Law & Cara, ne prenez pas peur s'il vous plait : ils sont encore jeunes dans cette partie de l'histoire donc ce ne sera pas pour tout de suite. D'où l'attitude de Marco qui essaie de s'éloigner de Ace. Mais chaque chose en son temps ^^

Oui, j'ai osé faire de Bonney et Lamy un couple... et je ne regrette rien ! Ces deux là ont une histoire que je me suis amusée à créer mais que je ne suis pas sûre que l'on voit un jour dans Carpe Diem. Dans tous les cas, elles ont pour moi une relation importante et je ne pense pas pouvoir la développer plus ici... elles me tiennent autant à cœur que Smoker et Hina ou Sabo et Koala ! Soyez indulgents envers Lamy s'il vous plaît, elle vient à peine de débarquer et n'a pas beaucoup de place pour s'exprimer jusque là ^^'.

J'espère quand même à avoir un peu réussi à vous la faire sentir comme je la sens... si je suis claire... c'est pas sûr...

Bon week-end !