Hey !

… Salut ? Ca va vous ?

Moi pas trop, comme le nouveau hiatus d'une année complète l'a si bien démontré. Cette fanfic n'est pas abandonnée, juste perdue dans un vortex temporel que j'arrive parfois à rattraper pour vous poster.

Je me doute que vous devez être une petite poignée de lecteurs à être encore là et pour ça, je vous remercie du fond du cœur.

Cette fic aura sa fin, je réitère ma promesse, même si un jour plus personne n'est là.

Merci pour votre patience si vous êtes là et bon sang, merci d'avoir lu jusque là dans tous les cas ! C'est long ce truc… Si vous saviez comme je suis désolée de ne pas être plus régulière mais ce n'est pas de la mauvaise volonté ^^'

RAR

Mintz – Et bien merci ! Cette fic est juste une petite goutte d'eau sur ce site ^^' Merci d'avoir lu, je suis contente que cela te plaise ~ en espérant que la suite continue à te plaire ^^

Bonne lecture ~

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Chapitre 56

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Ah !

Qu'est-ce qu'il m'a pris ?

Pendant un instant j'ai cru… j'ai presque oublié… !

A l'instant où j'avais lu qu'Ace s'était réveillé, je n'avais pensé à rien d'autre. Idée fixe, mon esprit avait occulté tout le reste.

Sabo et son œil glacial.

Koala et ses hurlements de rage.

Tout ce que j'ai vu dès que j'étais entrée en trombes dans le service avec Garp sur les talons, c'est le visage surpris d'Ace à travers la vitre, son regard d'onyx perdu croisant le mien. Son regard… il avait ouvert les yeux.

Je n'avais même pas remarqué les mouvements hiératiques autour de moi ou les hurlements. Puis Ray m'avait aidé à m'éloigner avant que Koala n'en vienne aux mains à nouveau.

Me sortant de ma transe, il me ramène à une réalité bien fade où je n'ai plus ma place auprès de mes amis, même si je n'ai plus aucun droit de les appeler ainsi. J'ai encore du mal à réaliser parfois. C'est comme être hors de mon corps.

Mais Ace… Ace. Toutes mes pensées me ramènent à lui, encre dans cette tempête. Et il est réveillé.

Ray passe une main réconfortante sur mon épaule, attirant mon regard. Il me sourit mais son expression me frappe : il a l'air si fatigué. Soulagé, mais ses yeux sont cernés et rouges ses traits se sont relâchés mais sa mâchoire est serrée. J'ai la bouche sèche.

- Ray…

Alerté par mon ton inquiet, il me sourit de plus belle, plus sincèrement cette fois.

- J'ai eu très peur, m'avoue-t-il. Je réalise à peine que tout va bien se passer maintenant, j'ai un peu l'impression de marcher sur un nuage.

Je ris malgré moi.

- Je comprends.

Et ébouriffant mes cheveux, il m'indique une salle réservée aux visiteurs ou nous entrons sans un bruit. Il se dirige vers un distributeur automatique pendant que je m'assois. Je n'ai pas de monnaie sur moi.

Il me tend une canette de soda que j'ouvre sans trembler. J'ai dépassé ce stade depuis longtemps. La boisson fraiche me fait du bien.

- Ça va ? me demande-t-il.

- Ace…

- Ace a repris conscience plus rapidement que prévu. Même le Docteur Kureha était surprise. Il ne se semble souffrir d'aucune séquelle de l'accident hormis son état de faiblesse actuelle et sa cage thoracique en train de se ressouder. Son cœur va devoir rester au repos pendant quelques mois.

- Demander à Ace un rythme cardiaque normal ? je ris. Ça va être impossible !

- Ne m'en parle pas, soupire Ray. Je me vois déjà l'attacher à un lit…

On rit de concert et il trinque avec moi avant de se rallonger sur le dossier des fauteuils où l'on a trouvé refuge, loin du courroux de ma meilleure-… de Koala.

Elle… ils, Sabo et elle… sont entre Ace et moi. Et contre tout attente, je me rends soudain compte que j'en suis furieuse. Alors que je n'en ai aucun droit. Mais c'est plus fort que moi. Je veux parler à Ace, le toucher, humer son shampoing, le prendre dans mes bras et sentir qu'il est vivant. Soudain, son simple regard ne me suffit plus. Je veux le serre contre moi à nouveau. Comme si le cauchemar était terminé et oublié, déjà loin derrière nous.

Mais je n'en ai plus le droit. Et c'est entièrement ma faute. Alors j'étouffe, je fais taire cette colère illégitime et cette jalousie qui pince trop fort ma poitrine. Je me reprends en soupirant.

- J'aurais aimé le voir… Il a dit quelque chose à mon sujet ? j'ose finalement demander.

- Il n'en a pas vraiment eu l'occasion. Il a à peine prononcé ton nom que vous êtes arrivés et que les choses ont dégénérés.

Donc ils doivent être en train de lui expliquer mon renvoi de sa chambre. Au moins Garp pourra peut-être tempérer tout ça, mais je n'y crois pas trop. Et je ne suis pas sûre d'avoir envi d'un avocat, aussi bien intentionné que peut être Garp, j'aurais préféré m'expliquer en personne, en particulier à Ace.

Je soupire. Mais tant pis. Le plus important, c'est lui et son état de santé. Le reste n'est qu'un détail.

- Je suis tellement soulagée de le savoir réveillé…

C'est comme remonter à la surface après une trop longue apnée. Je ferme les yeux, décontractant mes épaules pour pleinement apprécier qu'Ace va se remettre… et ne les réouvre qu'en entendant la porte de la salle s'ouvrir sur Garp.

Il tient son téléphone un peu loin de son oreille et nous regarde, interrogateur. J'ai un petit sourire en entendant des cris très reconnaissables dans l'appareil.

- Ils sont déjà en train de s'entre-tuer ?

- Il parait que Smoker a sorti sa matraque et que Law a plus de scalpels que prévus sur lui. En tous cas c'est ce que me dit Viola qui a quand même finit par sortir une bouteille de rouge.

Je ris à sa plaisanterie.

Ace va bien et il est tard, nous ne devrions même pas être là. Et nous avons encore beaucoup de travail.

Je me lève en finissant d'une traite ma canette.

- Ils doivent avoir faim, je souris. Ils seront plus calmes le ventre plein.

- Pizzas, conclu Garp. Ray, on te confit Ace.

Il sort en me faisant signe de le suivre et je me tourne moi aussi vers Rayleigh pour lui sourire.

- Merci pour tout.

Paisible, il se contente d'un sourire et d'un petit geste de la main. Ses traits fatigués semblent quand même plus apaisés.

- Amusez-vous bien !

Je ne peux même pas lui donner tort : je m'amuse assez à les voir « discuter » entre eux.

Lorsqu'on revient, portant chacun quatre pizzas encore brûlantes, leur dispute se calme enfin pour continuer par des regards noirs alors qu'ils mâchouillent leur part dans un calme relatif.

On risque fort d'y passer la nuit… Mais l'ambiance est plus digeste. Chacun retourne à ses occupations, alors que je joue les barmaid à les resservir en pizza, café ou sucre dès que je peux. Je ne peux pas faire grande chose de plus pour le moment.

Bonney m'a lancé un regard interrogateur en nous voyant rentrer si rapidement… et je me suis contentée de secouer la tête en haussant les épaules, fataliste. Elle a eu l'air assez contrarié mais a tenu sa langue. Puis mon regard a croisé celui de Law qui n'avait rien perdu de notre échange et lui semble… déçu. Je lui souris, rassurante. Tout va bien : Ace est réveillé. Le reste n'a aucune importance.

Et la soirée continue, parce qu'elle doit continuer.

Law se masse les sinus avant de croiser mon regard par-dessus le dossier qu'il étudiait. Il me fait une grimace explicite et je pince mes lèvres pour ne pas rire de sa fatigue. Tu m'étonnes qu'il ait des cernes pareils le bougre. Je passe à côté de lui pour lui passer un coussin dans le dos et il soupire de soulagement.

La nuit est agitée pourtant, des nouvelles et des idées tombent régulièrement, alors que Garp continu d'organiser ça d'une main de maitre et d'un ton tranchant. Je ne comprends rien à la quasi-totalité de ce qu'ils racontent au final, entre textes de lois obscures et jurisprudence, sécurité du site et des invités, parfois ils évoquent des interventions passés, des actions des deux camps… Je ne suis même pas sûre de savoir ce qu'ils cherchent à lui faire dire mais ils ne semblent pas se mettre d'accord… à moins que ce soit juste qu'ils savent qu'il ne dira rien ? Je n'arrive même pas à comprendre ça, alors je laisse tomber pour le moment. Je me contenterai de faire ma part. Jouer les appâts est moins prise de tête.

Il est près de trois heures du matin et la seule qui ne montre aucun signe de fatigue c'est Viola qui, imperturbable, continue à annoter le tableau d'informations à prendre en compte pour le Bal lorsque mon téléphone sonne à nouveau – je n'avais pas entendu cette musique depuis si longtemps !

Ace !

C'est la sonnerie d'Ace !

Le cœur battant, je décroche sans attendre en me décalant des autres.

- Ace !

- Yo, Cara !

Un sourire dans la voix, une œillade complice, une vitalité qui agit directement sur mon système nerveux comme un calmant -à moins que ce ne soit un excitant ? Comme sa voix m'a manqué…

- Tu t'rends compte que mon portable à survécu ? Cet appareil est plus solide qu'la plupart d'mes côtes.

Je ris malgré moi à sa plaisanterie, fébrile. Son rire est communicatif mais mes mains tremblent…

- Ace, ça fait… tu vas bien…

- Mais oui ! assure-t-il comme s'il s'était juste égratigné et non comme s'il avait frôlé la mort. Ray a dit que tu serais encore debout. Tu es occupée à ta soirée pyjama ?

Mon regard survole le salon de Bonney où elle a sorti une caisse énorme d'armes et de munitions pour nous équiper à la soirée avec discrétion. Elle a trouvé un fusil de sniper à Viola qui s'est contentée de se mettre à la fenêtre quelques secondes, d'ajustée trois embouts métalliques avant de le reposer en hochant la tête, satisfaite.

Hina et Smoker en sont à leur troisième cendrier, à plancher sur ce qu'il faut faire avouer à Vergo pour nous aider. Law les aide entre deux échanges avec Garp sur quels sont les prochains mouvements des autres lieutenants de Doffy et comment en prendre l'avantage sans se cramer.

J'étais en train de sous-peser un superbe pistoler qui pourrait me convenir lorsqu'il a appelé.

- Pas du tout.

- Tu peux passer ?

Mon cœur a comme un sursaut. Si sa voix n'était pas si légère, je pense que je me serais évanouie.

- Un instant. Garp ! Ace au téléphone.

- Oh, ça, ça veut dire qu'il est seul avec Ray, dit-il en laissant tomber son dossier pour se lever. Il m'a envoyé un SMS pour me demander de revenir plus tard. On y va.

Je hoche la tête et transmet à Ace.

- Oh, et vous êtes toujours avec le médecin qui m'a sauvé ?

- … Oui ?

- Est-ce qu'il peut aussi venir ?

Je m'avance vers Law, penché sur son travail. Il est plongé dans un rapport lorsque je lui touche l'épaule, mais en croisant mon regard, il le pose pour m'écouter attentivement.

- On retourne à l'hôpital. Tu pourrais venir avec nous ?

Il hausse un sourcil, surprit. Je hausse les épaules, sans réponse à lui apporter mais lui montre mon téléphone du doigt. Ça lui suffit.

- Pas de problème.

- Il sera là, j'affirme à Ace au téléphone.

- Cool !

- Hey ! Cara, j'ai trouvé un- Oh tu téléphones.

Bonney grimace et me fait signe d'oublier son intervention.

- Tu es bien occupée, rit Ace dans mon oreille.

- On arrive, je me contente de lui répondre parce que je n'en peux déjà plus d'attendre.

- Super ! A de suite !

Et il raccroche. Garp tape dans ses mains pour que tout le monde se tourne vers lui.

- Assez pour cette nuit, affirme-t-il. Nous travaillons tous demain, il nous faut nous reposer pour être en forme. Nous restons connectés via le Système. On fixera notre prochaine rencontre plus tard. Des questions ?

Personne ne répond.

- Maintenant vous n'avez plus de questions, vous me désespérez, soupire Garp. Bonney, je t'emprunte Cara encore un peu.

- Ouais ouais, dégagez.

Law et moi commençons à ranger les tasses vides et les papiers mais elle grogne et nous fait signe de partir, son regard calme dans le mien. Alors on laisse tout et Garp prend les devants pour nous conduire jusqu'à l'hôpital. Law nous fait passer par la porte de derrière pour nous éviter l'accueil et lorsqu'on se glisse dans le service des soins intensifs, il nous fait passer malgré le regard scandalisé des infirmiers.

Bien vite, on se retrouve devant le box d'Ace, le seul éclairé.

Il est assis en tailleur sur son lit, Ray debout à côté de lui.

Et il sourit. Son sourire… J'ouvre la porte et son regard pétillant de vie se tourne vers moi.

- Cara !

Il ouvre les bras.

Et toutes mes craintes s'évaporent. Je me jette dans son étreinte, le serrant contre moi avec la force du désespoir. A moins que ce ne soit celle du soulagement.

- Ace, je soupire, les yeux plein de larmes que je n'ai même pas sentie venir.

Il est vivant… bouillant contre ma joue, contre mon cœur.

Il m'a tellement manqué…

Il rit en me rendant mon accolade avec vigueur, achevant de m'encrer dans la tête et dans mon cœur que c'est bien lui, bien vivant.

J'ai eu… si peur. J'ai cru le perdre pour de bon…

Je renifle en essayant mes yeux avec des mains toujours tremblantes lorsque je me recule pour l'observer sous tous les angles. Toutes ses égratignures ont disparu. Ils lui ont un peu coupé les cheveux. Je reconnais la constellation de ses tâches de rousseurs que je connais pas coeurs. Il est couvert de bandages impressionnants mais il ne semble pas algique. Il est relié à des poches, des machines, beaucoup trop de tubes de toutes les couleurs… comment il peut même se mouvoir ? Comment je n'ai rien écrasé sans m'en rendre compte est un miracle.

Ses yeux… son sourire…

- Oh Cara, fait pas cette tête, je vais bien ! assure-t-il en passant une main sur mon épaule, baissant la tête jusqu'à ce que ses yeux capturent à nouveau les miens.

Il est juste heureux de me voir. Son regard est inchangé, brillant, complice et si vifs.

Je hoche la tête, momentanément muette sous le coup de l'émotion, la gorge serrée. Ray à côté de nous échangent un regard avec Garp. Seul Law reste en retrait. Mais Ace le remarque assez rapidement.

- Oh, vous êtes le médecin qui m'a sauvé, n'est-ce pas ?

Il s'avance dans une attitude professionnelle qui montre une volonté de garder une certaine distance. Elle ne va pas faire long feu face à Ace, sa distance…

Au vu de la situation, lorsqu'ils se serrent la main, je prends sur moi de les présenter. Que les choses soient claires le plus rapidement possible.

- Ace, je te présente un ami. Trafalgar Law.

- Enchanté !

Law se contente d'un hochement de tête. Mais Ace se fige, soudain attentif et met une seconde de trop à lui lâcher la main.

- Trafalgar Law…

… Pourquoi cet air ?

- Vous vous êtes déjà rencontré ? j'ose demander en fronçant les sourcils, cherchant rapidement dans ma mémoire.

Ace ne répond pas tout de suite. Mais Garp si.

- Inutile de vous prendre la tête, tout le monde ici est au courant, affirme-t-il. Oui Ace, il s'agit du même Trafalgar Law du livre de généalogie.

Law fronce les sourcils en se tendant et se tourne vers les deux hommes un peu brusquement et soudain sur la défensive.

- Quel livre ?

Garp soupire en passant une main dans sa tignasse.

- Détends-toi Law, tout va bien. Le clan des Monkey D. est le dernier clan à avoir sauvé un des livres de généalogie des D. Mon fils, Dragon l'avait emmené avec lui en fuyant l'île mais l'a rendu à Ace par le biais de Nico Robin, l'année dernière. Quelque chose comme quoi il bougeait trop et que ce livre était plus en sécurité chez Ray.

Law reste de marbre un instant, enregistrant cette information et tout ce qu'elle impliquait, pesant le pour et le contre.

- Je l'ignorai. Ceux de mes parents ont brûlé il y a bien longtemps. Est-ce que ce livre est vraiment en sécurité ? Si notre cible apprend mon vrai nom…

- Il est caché chez moi, affirme Ray de sa voix la plus apaisante. Tu ne risques rien.

Mais Ace semble toujours en plein effort, plongé dans sa réflexion. Law le remarque aussi et le sauve en se présentant à nouveau vers lui, prenant sur lui pour se détendre un peu.

- Je m'appelle Trafalgar D. Water Law. Mes parents étaient les derniers descendants des clan Trafalgar et Water.

Le visage d'Ace s'illumine si rapidement que c'est comme avoir allumé ses lumières via un interrupteur. Il se souviens soudain et lui sourit, confiant.

- Portgas D. Ace. Ou Gol D. Ace si vous deviez graver quelque chose sur ma tombe.

Je lève les yeux au ciel (c'est quoi leur problème aux D et leur tombe sans rire ?) et Garp sursaute.

- Ne dit pas des choses pareils. Et bon sang, à quoi ça sert que l'on te cache si c'est pour donner le nom de ton père au premier inconnu qui passe ?

Ace lève les yeux au ciel.

- Tu parles d'un inconnu. C'est un D qui se cache comme moi. Et un ami à toi. Ça va l'faire, c'est bon.

- Ce livre, reprend Law, soudain inquiet. Est-ce que ma sœur apparait sur ce livre ?

Ace cligne des yeux et acquiesce.

- Trafalgar D. Water Lamy, oui.

Law jure et passe une main dans ses cheveux avant de se tourner vers Ray avec une supplique dans le regard.

- Elle ne risque rien. Je te le jure.

Il le remercie, à peine soulagé et se tourne vers son patient. Ace lui sourit, ce qui semble le surprendre un peu.

- Merci infiniment de m'avoir sauvé.

Et il s'incline aussi profondément que ses blessures le lui permettent. Law lui répond de même.

- Merci de ne pas en vouloir à Cara.

Ace rit en se redressant pour poser sur moi son regard chaleureux.

- « Il n'y a rien », Cara, tu te souviens ?

Je souris, lui prenant la main pour le remercier, un gout étrange dans ma bouche et le cœur fondu.

- D'autant que tes secrets viennent de m'sauver la vie, reprend-t-il. Je me fiche que Koala soit en colère ou qu'Sabo soit si fier. Tu nous as tous sauvé la vie ce soir-là. Même si je n'ai pas tout suivi…

Law ouvre la bouche avec une pointe de culpabilité dans la pomme d'Adam mais Ace l'interrompt.

- Non, non, je veux rien savoir, ça ne m'regarde pas et j'imagine que c'est bien plus compliqué que ce que Cara a pu expliquer à mon frère et Koala. Il y a plein d'trous dans cette histoire. Ces histoires, d'ailleurs, si j'ai bien compris.

Il se tourne vers moi.

- La jeune femme aux ch'veux roses…

- Bonney. Jewelry Bonney. J'habite chez elle actuellement. C'était une chasseuse de prime à la recherche du Ténébreux depuis des années.

- Et depuis janvier, elle est rentrée dans la Brigade, reprend Garp. Elle est ma coéquipière. Tu auras sans aucun doute l'occasion de la revoir.

Il sourit.

- J'ai hâte !

Il s'adosse à ses oreillers, cachant comme il peut une certaine fatigue.

- Cara, j'peux pas dire que je ne comprends pas que Sabo et Koala se sentent trahis, mais laisse-leur un peu d'temps, d'accord ? Ils s'rendront compte que la situation les dépasse trop pour t'en vouloir. En fait, j'suis d'avis que c'est pour l'mieux que tu ne nous ais jamais avoué la présence de Law et ce qu'il t'était arrivé. Je suis certain que c'serait bien plus compliquée sinon.

- Oh oui, soupire Garp sous le rire discret de Ray.

Ace rit avec eux et se penche vers moi pour une énième accolade débordante d'amour.

- Tu peux m'appeler quand tu veux. Et viens m'voir aussi. J'vais m'ennuyer sans toi, ici…

J'acquiesce, heureuse d'entendre ses mots.

- Quand tout s'ra terminé, tu me raconteras tout ?

- Tout ce que je pourrais, je ris en jetant un regard amusé à Garp qui lève les yeux au ciel. Merci, Ace.

Il me sourit.

- A plus tard, Cara ! Et Law, prend soin d'elle !

.

- Je suis rentrée !

Je claque la porte de l'appartement pour tomber sur Bonney qui charge une arme et la pose sur la table base.

Garp à côté d'elle est toujours au téléphone. Seule Lamy au-dessus du plan de travail me répond avec un grand sourire et un petit geste de la main.

- J'ai tout ce que tu m'as demandé, je lui réponds de même en déposant les courses que je lui ai faites.

- Merci. Ce soir, curry. Sans carotte sinon Bonney me fait dormir dans la chambre d'ami.

Lamy est une excellente cuisinière. Lorsqu'elle passe par ici, c'est toujours elle qui cuisine, insistant en affirmant que ça la détend.

- Cara, viens voir, me fait signe Garp sans raccrocher et il me désigne un paquet sur la table. C'est l'uniforme des serveuses pour le Bal, il faudrait que tu l'essaies.

Je m'y attelle en m'éclipsant un instant dans la salle d'eau.

Après plusieurs délibérations, il est apparu que le meilleur moyen que j'avais pour infiltrer le Bal sans me faire remarquer ni par Vergo ni par les autres invités était de faire partie du personnel. Et ça tombe bien, parce que j'ai pas mal d'années d'expérience en tant que serveuse, je saurais me fondre dans l'anonymat du travail.

Je passe donc un chemisier blanc et le rentre dans une jupe droite noire qui tombe juste sur mes genoux. Une cravate pour assortir le tout, des ballerines noires elles aussi et me voilà parfaitement invisible.

Je ressors pour demander leur avis à autres.

Garp lève le pouce, satisfait.

- Elle te va parfaitement, acquiesce Bonney. Mais…

Elle hésite.

- Tu fais trop jeune.

- Je suis trop jeune. Ma taille n'aide pas.

- Pas plus que ta coupe de cheveux ou tes lunettes. Tu as une paire de lentilles ?

- Non…

Elle réfléchit.

- Tu aurais moyen de t'en procurer rapidement ?

- D'ici deux jours ? Je ne pense pas…

Garp fait un signe pour attirer notre attention avant de masquer le micro de son téléphone pour nous répondre.

- Avoir des lunettes pour une telle opération est trop dangereux. J'ai pris la liberté de te commander des lentilles de contacts il y a quelques jours, tu les auras pour le bal. Et elles seront marrons, avoir des yeux bleus est trop mémorable. Et je t'ai fait faire ton permis de port d'armes provisoire dans la foulée. Signé et validé. Tu passeras le définitif plus tard, c'était dans l'urgence.

Bonney salut l'effort, impressionnée.

- Et si on te lisait les cheveux ? intervient pensivement Lamy, une louche à la main.

Bonney et Garp échangent un regard et elle se lève pour attraper du matériel en me faisant signe de m'assoir au comptoir.

Elle pose devant moi peignes, barrettes et un fer à lisser.

- Voyons ça…

Elle met presque une demi-heure à lisser chacune de mes boucles incertaines jusqu'à ce que j'ai une véritable cascade argileuse sur les épaules. Lises, mes cheveux tombent bien plus longs… J'observe mon reflet dans une cuillère, surprise.

- C'est à peine si je me reconnais.

Garp coupe enfin sa communication et se lève.

- Parfait. Une touche de maquillage pourra encore te vieillir un peu.

Lamy hoche la tête, amusée par notre manège.

- Cara, attrape.

Bonney me tend un pistolet. Il est petit et léger, il s'adapte à mon poing avec facilité. Je fais jouer la chambre pour vérifier qu'il n'y a pas de balle et pointe une des cibles sans attendre.

- Il est parfait.

Elle acquiesce, satisfaite et me donne le holster que je suis sensée attacher à ma cuisse. Posant le pied sur le barreau d'une chaise, je remonte ma jupe et installe le tout. Une fois debout, je fais quelques pas et me tourne.

- Parfait, affirme Bonney, il ne déforme pas la jupe mais il va falloir que tu fasses attention quand tu marches vite ou que tu te baisses. Tu arrives à l'attraper rapidement ?

Je m'exécute.

- Hum, on va travailler ça un peu, il te faut plus de détente. Sinon c'est parfait.

J'ai un demi-sourire. Si je n'allais risquer ma vie dans deux jours, j'aurais adoré la situation.

Garp doit sentir mon moment de détresse car il se lève pour poser une main sur mon épaule.

- Ne t'en fait pas, nous serons tous là. Tu ne seras jamais vraiment seule avec lui.

Je le remercie, rassurée malgré l'improbabilité de la situation.

Il attrape un objet dans sa poche et me le temps.

- Il ne te manque plus que ça.

Un badge avec un faux nom.

« Heart Rose »

Je fronce les sourcils.

- Je ne voudrais pas jouer les trouble-fêtes, mais ce pseudo n'est pas un peu… évident ?

- Je ne suis pas convaincu non plus. Une idée de Law. Il a dit qu'il pourrait l'utiliser en dernier recours. C'est lui le génie, alors dans le doute, je lui fais confiance.

Je hausse les épaules. Je lui fais également confiance au point de lui confier ma vie.

J'accroche le badge à ma chemise.

Si je n'étais pas certaine d'avoir droit à une pique acerbe de Bonney si j'ose demander à quoi je ressemble, j'aurais volontiers posé la question.

Mais à ma grande surprise, c'est elle qui engage la conversation.

- Cara, je voudrais que tu me promettes quelque chose.

Je lui laisse ménager son effet, l'interrogeant du regard.

- Plus jamais tu ne soignes les macchabées qui atterrissent devant ta porte. Regarde où ça te mène.

J'éclate de rire.

.

Ace, le retour pour de bon ~

Avec ce chapitre, on met fin aux préparatifs, et l'action arrive.

Prochain chapitre, Le Bal de la Police de l'Île.

Paillettes, champagne et fusil de sniper.

Classique.

Merci d'avoir lu ~

Bonne continuation sur le site ~

Bon courage à ceux en période d'examens !

Et Happy Pride Month !