Hey !

Ce chapitre m'est spécial… il fait parti des premiers que j'ai imaginé pour l'histoire… J'espère qu'il vous plaira !

Merci d'avoir été là pour le précédent chapitre malgré le hiatus…

BBJenerangerien - Une relecture annuelle, oh Ciel... Merci beaucoup ^^ J'espère que la suite te plaît !

Bonne lecture ~

.

Chapitre 57

.

- Levez le menton ! Serrez les talons ! Le dos droit !

Le Maitre d'Hôtel nous donne un dernier cour de bienséance avant l'ouverture de la soirée. Il inspecte chacun d'entre nous minutieusement, sous tous les angles, un par un… ça fait une heure que l'on est debout. Mon voisin commence déjà à grimacer.

- Mesdemoiselles, mesdames, messieurs, je compte sur vous pour que cette soirée soit aussi réussie que celle de l'année dernière. Notre hôtel a une réputation à entretenir et vous serez au premier rang pour-

Blablabla… Je ne suis pas là pour ça et j'avoue que son discours sur la décence et l'étiquette me gonfle. Brook me manque… (mais je ne lui avouerai jamais.)

- Quant aux nouveaux ! s'exclame-t-il vers mon groupe. Vous devez garder votre sang froid en toutes circonstances. Vous allez ce soir, voir de véritables légendes de l'île, les hommes et femmes qui se sont vaillamment battus et continuent à se battre pour notre sécurité. Mais pour l'amour de Roger, ne perdez pas votre professionnalisme !

… est-ce que ce type vient de jurer par Roger ? Je lève les yeux au ciel.

Dans mon oreillette, le grésillement des autres micros me détourne un instant de la conversation.

- En position, signale Viola. Ils ont ouvert les rideaux, j'ai une vue dégagée sur notre zone de jeu.

- Reçu, signale d'une seule voix tous les autres mais je dois rester silencieuse encore un moment.

Le Maitre d'Hôtel termine enfin son discours et nous répartie dans la salle. En tant que nouvelle, je suis sensée rester au fond et laisser les plus expérimentés du Bal en première ligne. Mais lorsque la soirée battra son plein, je pourrais me faufiler comme je l'entends où je veux.

Il règne une espèce de tension étrange au-dessus de tous les employés… elle est loin de m'atteindre. Je suis de très loin la plus détendue. Pour le moment. J'ai autre chose à prendre en compte ce soir.

- Reçu, je suis aussi en position, je me permets enfin de répondre quand l'orchestre commence son premier morceau.

Les portes s'ouvrent sur les premiers invités. Robes brillantes, smoking, tallons-haut, parures, maquillage… Sans contexte, il serait presque impossible de deviner qu'il s'agit des flics les plus hauts gradés de la Cité, de grands de la finance ou de riches héritiers venu soutenir la Police locale…

Très rapidement, la pièce se remplie… les rires fusent et la conversation va bon train. Même si je suis sensée me faire discrète, impossible d'échapper à une certaine charge de travail. Mais ce n'est pas plus mal, ma tension commence à monter malgré moi…

- On est dans l'entrée, annonce Hina.

Je sers un verre de champagne à une dame d'un certain âge avec mon plus beau sourire professionnel avant de me tourner discrètement vers l'entrée de la salle de bal.

Hina entre, dans une superbe tenue rouge cerise (assortie à son rouge à lèvre, bon sang ce qu'elle est belle), le pantalon fluide jouant sur ses jambes gracieuses à chacun de ses pas, au bras d'un Smoker que je n'aurais jamais imaginé pouvoir qualifier un jour de « élégant ».

Ils sont tous deux étrangement à leur place. Ils me paraissent soudain très loin de mes après-midis chez eux, alors qu'ils se baladent en haillons en baillant, les cheveux dans tous les sens, des bandages un peu partout selon leur mission. Ce soir, ils resplendissent.

Chacun de leur mouvement trahi leur couple mais je pense qu'ils s'en fichent pas mal. Un échange de regard est une longue conversation, chaque geste une discussion. Les strass sur le pantalon d'Hina reflètent toute sa superbe. Je remarque enfin la broche que Smoker a ajusté sur son nœud de cravate, une pièce qui semble assez ancienne un rubis ? Ils ont sorti le grand jeu !

- On arrive également.

Un que j'ai souvent vu en tenu de soirée, c'est Garp. Il a sorti son costard le plus avenant pour l'occasion et même ses cheveux semblent un peu coiffés. Un miracle. Ses boutons de manchettes sont des pierres précieuses, je les ai déjà vu. Un héritage de famille m'a un jour expliqué Luffy.

J'ai un sourire quand il est rejoint par Bonney qui de bonne grâce, attrape son bras en tant que cavalière. Elle porte une robe rose poudrée au décolleté ravageur. Elle est superbe et… elle reste cette combattante aguerrie qui dégage une aura de puissance intimidante. Je vois d'ici ses talons vertigineux, mais je suis certaine qu'elle est capable de mettre n'importe qui à terre même avec ça aux pieds. Bon sang, même son maquillage est recherché, Viola a fait un travail génial qui la valorise dans toute sa féminité. Elle qui mange de la pizza les pieds sur la table avec de la sauce tomate sur le chemisier… Je grave l'image dans ma mémoire parce que je suis certaine de ne plus la voir aussi maquillé avant longtemps !

- Law, ta position ? demande Garp en attrapant un verre, l'air de rien.

- En place. J'attends votre signal pour une évac'.

Bien.

Il ne nous manque plus que l'invité d'honneur. Je fais au mieux pour éviter tous les flics de la pièce, jouant les anguilles. Moins j'en fais, moins je me fais remarquer.

En attendant, nous voilà chacun à jouer notre rôle.

Bonney semble faire sensation ce soir, c'est la sixième personne qui vient lui parler. Elle garde un visage professionnel mais je la connais : elle est agacée. A travers nos micros, aucune des conversations ne nous échappent. Ce brouhaha doublé est assez agaçant mais Viola m'a donné quelques techniques pour réussir à me concentrer sur l'essentiel et je m'empresse de les mettre en pratique (même si j'aurais aimé avoir plus de temps pour m'habituer à ces oreillettes…).

A Bonney, on lui demande des informations sur Teach ou comment c'est de travailler avec le Commandant de la Brigade si solitaire, à Garp, on demande plus ou moins subtilement si cette jeune femme fougueuse est vraiment une partenaire adéquate.

Tous deux s'amusent à ne jamais vraiment répondre.

Smoker et Hina discutent jardinage avec un de leur collègue. Je n'ai jamais vu l'un d'eux mettre un pied dans leur jardin envahi par les mauvaises herbes et les cailloux…

- Notre cible arrive, résonne un peu fort la voix de Law qui n'a pas besoin de chuchoter.

La montée d'angoisse qui me coupe momentanément le souffle, je ne l'ai pas vu venir et je déteste ça. Je dois fermer le poing pour ne pas montrer le moindre signe de stress. Et ne pas me tourner immédiatement vers l'entrée. Mon cœur a eu un sursaut que je ne suis pas sûre d'avoir apprécié.

- Il est dans la pièce, signale Viola. Je ne le lâche plus jusqu'à ce que j'ai un feu vert.

- Prépare-toi à tirer pour l'immobiliser à tout moment, marmonne Garp. Pas de tir suppressif à moins que l'un d'entre nous sans en danger de mort immédiate.

- Comme convenue Garp, je vous couvre.

Viola a la confiance absolu de tous les autres, et donc la mienne. Il faut que je me tourne légèrement, que je repère rapidement Vergo pour ne plus le quitter des yeux.

Il-

- Cara ?

Je sursaute. Mon cœur a un raté et je me tourne d'un bloc.

- C'est qui ?

- Cara !

- Ta couverture, tu-

- Je-

Dans mon oreille, j'entends les différentes exclamations d'inquiétude. Je fais au mieux pour garder mon calme en les ignorants.

- Salut Benn, qu'est-ce que tu fais là ? je lui réponds d'un sourire qui est sans aucun doute une grimace.

- Je suis un ancien flic, tu te souviens ? J'ai encore mes entrées dans ce genre d'évènement, s'amuse-t-il avant de remarquer mon comportement étrange et de perdre son humeur légère. Qu'est-ce que tu fais là Cara ? Est-ce que tout va bien ?

J'hésite. Puis son regard tombe sur mon badge qui n'est pas du tout à mon nom. Et il comprend qu'il y a quelque chose d'autre en jeu qu'un pécule à la fin de la soirée.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Je peux t'aider ?

- Oui, je souffle, demande-moi un verre et n'agit plus comme si tu me connaissais, je t'en supplie.

Dans mon oreille, il règne un drôle de silence dans nos échos de la soirée.

Benn est un homme intelligent. Il s'exécute et reprend immédiatement une distance sociale plus adéquate entre une serveuse et un invité.

- Benn, je soupire. Ancien flic ou non, tu n'es pas fan de ce genre d'évènements. Il y a un élément que je devrais savoir ? Pour une histoire… de sécurité.

Il comprend que je ne suis pas seule. Mais il secoue la tête.

- Je suis là pour les Portgas.

Surprise, je cligne des yeux. Qu'est-ce qu'ils viennent faire là ?

- Les Portgas ?

- Tous les ans, certains membres du clan servent de représentant. Ils financent encore beaucoup d'équipement de la Police. Et chaque année, ils promettent de faire venir leur dernière héritière.

Je saisis rapidement.

- Ruby…

- Elle-même. Elle ne s'est encore jamais manifestée mais chaque année, je viens dans l'espoir de l'apercevoir. Voire de lui parler. Mais quoi que tu ais prévu ce soir, reprend-t-il, les Portgas ne se présentent jamais avant une heure avancée et ne reste pas longtemps. Je ne serais pas dans tes pattes.

Je hoche la tête, mon cœur commençant enfin à se calmer.

- Bordel c'est qui ? s'irrite Bonney.

- Benn Beckman, explique calmement Garp. Le Second de Shanks et en effet, un ancien flic. Je ne pensais pas qu'il serait là si tôt ce soir.

- On peut savoir comment vous connaissez si bien le Second du Yakuza Shanks, chef ? demande Smoker.

- Non.

- Et toi Cara ?

Ce n'est pas que je ne veux pas répondre, mais ils ont comme oublié que j'étais sous le regard perçant du Second en question.

- Et il y a quelque chose que je dois savoir ? demande-t-il, alerte.

J'hésite.

- C'est Benn, conclu Garp.

Je prends ça pour une autorisation.

- Garp te passe le bonjour et te souhaite une bonne soirée. De loin.

- Reçu, promet Benn avant de reculer. Au besoin…

Il laisse sa phrase en suspens et s'éloigne… et je m'autorise enfin à respirer correctement.

- Je ne l'avais pas vu venir celle-là, je soupire.

- Moi si, mais plus tard dans la soirée, comme il l'a dit. Quand nous serions déjà partis.

- Vous êtes optimiste chef, ricane Hina.

- Cible à dix heures, la coupe Viola. Cara, tu as pu le repérer ?

Je me tourne légèrement vers ma gauche et je ne mets que quelques secondes à localiser Vergo. J'inspire lentement, gardant mon calme malgré mon pouls aléatoire.

- En vue. A votre signal.

Je n'attends plus que le feu vert de Garp, préparant l'air de rien la boisson sensée être mon appât : un cocktail bambou.

Je n'ai pas à attendre longtemps.

- Cara, maintenant.

Je me saisis de mon plateau, plantant mes talons avec force à chacun de mes pas. Le regard droit, le souffle léger, le sourire discret.

Je m'avance devant lui jusqu'à devoir lever le nez pour croiser son regard surpris et lui tendre son verre d'une main sûre.

- De la part du Boss.

Immédiatement, son regard change. En moins d'une seconde, il me détaille des pieds à la tête et tout repose sur ma capacité et ne rien laisser transparaitre d'autre qu'une politesse professionnelle.

Il met un instant de trop avant de se saisir du verre… et lorsque je m'éloigne pour servir d'autres invités, son regard glacial ne me quitte plus.

- On ne pouvait pas rêver meilleure réaction, souligne Hina dans mon oreille.

- Ce salopard… enchaine Smoker.

- Silence vous deux, il la fixe encore. C'est maintenant que tout se joue. Cara, reste naturelle…

Je sais.

D'après Law, le Bambou est le seul alcool que boit Vergo, et ce, uniquement lorsqu'il est en réunion privé avec Doffy. Il a dû faire les poubelles après pas mal de leurs rencontres pour finalement trouver ce qu'ils se préparaient.

- Il va vouloir confirmer que tu viens bien de la part de Doffy, murmure Law. Et sans son portable, il va venir vers toi plus facilement…

Dans cette salle de bal, interdiction d'entrer avec un quelconque équipement d'écoute, aucun téléphone ou camera, pas d'appareil photo et évidement, aucune arme.

Seul Garp a réussi l'exploit de faire plier la règle. Va savoir comment.

Mon manège commence à durer. Sachant que je suis toujours étroitement surveillée, je ne peux même pas ouvrir la bouche pour demander comment les choses avancent. Je suis obligée d'attendre que les autres me donnent des informations.

- Il a enfin tourné les yeux plus de dix secondes, affirme Bonney.

- Bien. Il ne doit pas te voir comme une menace.

Faible et fragile, c'est ainsi que je dois paraitre. Dans un faux mouvement, je trébuche un peu et me redresse avec empressement en lissant mon chemisier d'une main gauche.

- Bien joué ça, apprécie Garp, il s'est détendu.

- Il n'a pas touché au cocktail ceci-dit, remarque Hina. Il reste trop méfiant pour ça.

- Ce n'était qu'un appât de toutes façons, confirme Law, mais en effet il faut prendre en compte chacun de ces éléments. Cara, si pendant votre rencontre il prend le risque de boire une gorgée, c'est qu'il sera persuadé de ne rien avoir à craindre de toi. Tu pourras prendre l'avantage.

Qu'est-ce qu'on attend… ?

- Viola ?

- Il n'a pas fait le moindre geste, il ne peut joindre personne. Il est seul. La salle de la réserve est vide. C'est quand tu veux.

Je sens une bouffée d'adrénaline monter et je l'étouffe bien vite pour reprendre mon travail, comme si de rien était.

- En position, ordonne Garp.

Smoker et Hina qui s'étaient déjà placés à côté des cuisines sont parés à s'éclipser dès que Vergo aura le dos tourné pour se cacher près de notre piège, prêts à intervenir.

Bonney a déjà disparu du côté des toilettes.

- Cara, à toi.

Mon manège reprend. Je me saisis d'une caisse de bouteilles vides et je longe les murs en ignorant la totalité des invités pour rejoindre la petite pièce qui sert de réserve pour la soirée.

- On l'a, il te suit, signale Viola avec une certaine tension dans la voix. Je l'ai dans mon viseur, au moindre geste déplacé il sera au sol en moins d'une seconde.

Je déglutie, la bouche terriblement sèche. Mais mon cœur tient le coup. Je dois rester… calme.

La pièce est sombre, seulement éclairée par la fenêtre immense, la lune et une minuscule ampoule. Je sais que derrière l'autre porte, Smoker et Hina sont là. Je sais que Garp et Bonney couvriront celle de la salle de bal.

Derrière moi, la porte est fermée avec beaucoup de délicatesse.

- Aurais-tu un message pour moi ?

Je fais semblant de sursauter et de me tourner avec la main sur ma poitrine.

- Oh, vous m'avez fait peur !

- Répond-moi.

Je fais mine de me calmer et de prendre une posture de garde à vous polis, celle qu'utilise les membres de Doffy. Mon jeu doit être irréprochable.

- Je ne fais que suivre les directives.

- De qui ?

- Un message non signé. Je me suis fait embaucher ici par hasard, j'ai immédiatement reçu mes ordres.

Il hésite.

- Tu dépends de quelle unité ?

- Celle de Maître Jocker. Je suis revendeuse.

La seule occupation plausible vu mon âge, même altéré par le maquillage. Une simple subordonnée de bas étage n'étant pas sensée connaitre le véritable nom de Ceasar Crown, le Lieutenant en charge du trafic de drogue le plus important de l'Île, je me contente d'être évasive.

- Et tu as un message pour moi donc ? demande-t-il à nouveau en sirotant son verre.

- Il boit, signale Viola au reste de l'équipe.

- Maintenant Cara, chuchote Law avec précipitation.

Mon jeu doit être millimétré. Je suis une jeune ingénue de bas étage.

- On m'a demandé de vous dire de vous méfiez de la nouvelle partenaire du Commandant Garp, qu'elle a grâce à son travail de chasseuse de prime, un réseau de relations très complexe. Et qu'elle est du genre soupçonneuse, elle ne fait confiance à personne dans la Brigade en dehors du Commandant. Ce pourrait être un problème rapidement.

Déplacer la menace. Je ne suis pas à craindre, Bonney qui est absente, l'est. Son attention doit se focaliser sur elle.

Il reste silencieux un instant de trop, en pleine réflexion.

- Tsh. Il ne dira rien, conclu Bonney.

- Ça me semble compromis, il était sensé réagir à ça… confirme Garp.

Mais il reprend finalement la parole.

- Est-ce que tu as un code rouge pour moi ?

Je cligne des yeux, surprise.

- C'est un piège, enchaine rapidement Law. Dans la division de Ceasar, un code rouge signifie pour les revendeurs « éliminez le stock ». Il te teste.

Okay, je peux faire avec ça.

Je passe une main dans mon cou.

- Heu… je suis désolée, Maitre Jocker ne m'a pas envoyé de code rouge…

Il me fixe encore un instant et détourne finalement le regard.

- Il faut qu'il nous parle… s'agace Hina.

- Autre chose ? demande Vergo, à mon grand soulagement car je ne savais plus comment reprendre la main sur la conversation.

- Oui, on m'a aussi demandé de vous transmettre que la prochaine mission de Jewelry Bonney lui sera fatale.

Il se fige. Il fronce les sourcils. Mon cœur rate un battement. J'ai dit quelque chose qui ne lui a pas plus. Mon script ne l'a pas convaincu.

- Oh oh, souligne Viola. Quelque chose cloche. Je l'ai en joue Cara, je te couvre. Fais-le parler.

Vergo s'est tendu.

- Ton message n'est pas clair. Pas de code rouge ?

Law, à l'aide… !

- Merde, crache Law. Ce n'était pas un piège. Ça doit être un ordre d'exécution pour lui. Tu viens de lui dire qu'il devait tuer Bonney après lui avoir dit que ce n'était pas le cas. Changement de plan.

- Vite Law…

- C'est foutu alors on passe au plan B mais prend ton temps pour ton speech. Dis-lui ça…

J'inspire, sans sortir de mon personnage dans une petite moue.

- Je ne sais pas. Comme je vous disais, je n'ai reçu qu'un message à vous transmettre puis je devais finir mon travail et retrouver mon fournisseur habituel en sortant d'ici, face à l'ancien centre de dyalise. Heeeeu, que vous dire de plus ? Bonney est une menace, sa prochaine mission lui sera fatale heu… je devais vous faire un cocktail bambou pour vous signaler de la part de qui je venais heu… je devais rien faire de plus… Ah si ! j'ai failli oublier, il fallait que je vous dise aussi que l'opération heeu « soleil d'hiver » était un bon exemple à prendre pour ce genre de problème, parce que Garp en serait affecté de la même manière… et que la prochaine fois que l'on vous contactera, ce sera via « l'escargot », comme la dernière fois. Drôle de nom pour un téléphone… mais surtout il-

- Un instant, me coupe-t-il.

Vergo se penche, une lueur meurtrière dans le regard.

- Les seuls personnes à savoir ce qu'est l'escargot sont moi, Doffy et… Rossinante.

Ses yeux se pose sur mon badge et le jeu de mot foireux de Law fait son office.

- Qui est-tu.

Ma couverture est grillée.

Je me redresse, laissant fondre mon personnage dans un sourire carnassier lorsque toute mon adrénaline contenue explose enfin.

- Corazon vous salut !

Et je me jette en arrière à la seconde où il se précipite vers moi, bras tendus. La vitre explose et il hurle lorsqu'une balle se fige dans son épaule, le déséquilibrant. Une deuxième l'atteint à la cheville, l'empêchant de se relever et me laissant juste assez de temps pour dégainer mon arme et le braquer sur sa gorge.

S'il le faut…

A cet instant précis, les deux portes s'ouvrent.

Garp lui assène un coup de poing violent qui le fait trébucher sur sa cheville blessée. Hina passe dans son dos pour se saisir de son bras et le déboiter dans une torsion écœurante. Il a un cri mais n'a pas le temps de chercher à se remettre, puisque l'arme de Smoker se pose sur sa tempe, ferme.

Bonney qui s'est occupée de fermer les portes s'avance tranquillement en faisant jouer une paire de menottes au bout de son doigt.

Il garde son calme malgré ses blessures, il a le souffle court mais le regard ferme.

- Deux balles aussi précises… Viola, devine-t-il… Cette traitresse…

- Que quelqu'un lui passe mes meilleurs sentiments, s'amuse-t-elle.

- Elle te souhaite de bien t'amuser en prison, transmet Garp.

Il est calme, trop calme.

- Vous n'avez rien contre moi, souligne Vergo, pourquoi me tirer dessus ? Vous allez-

- Oh silence, le bouscule Smoker. Tu es grillé depuis des mois. Inutile de jouer les victimes, on a tous ce qu'il faut pour t'envoyer en prison pour très longtemps.

Il fronce les sourcils.

- Vous bluffez.

- Mais bien sûr, soupire Hina. On aurait fait tout ça pour du bluff. Tu n'y crois même pas toi-même Vergo.

Elle fulmine. Il a de la chance qu'elle ne le tienne que par les bras.

- Comment… commence-t-il puis son regard tombe à nouveau sur moi et mon faux nom. Rossinante… Après toutes ces années, c'est Rossinante ? Il ne peut pas être vivant, je l'ai laissé pour mort… Qui es-tu ? Pourquoi t'a-t-il parler à toi ?

Il me prend pour une émissaire de Corazon.

- Attendez, j'ai, intervient la voix de Law. On a rien eu pour les prochains plans de Doffy mais on va peut-être savoir s'il est prêt à sortir de son trou. Cara, dit lui :

- Cora ne demande qu'une chose, un face à face avec son grand frère.

Vergo cracha au sol.

- Si Cora est vivant et cherche son frère, Doffy se fera un plaisir de l'anéantir personnellement, pour de bon cette fois.

- Et je le crois sur parole pour ça, conclu Law. On le tient.

Garp sonne la fin de la partie. D'un geste il ordonne à Bonney de lui passer les menottes et elle s'exécute avec plaisir.

Smoker le met debout de force. Son regard est sombre.

- Pourquoi, Vergo ?

Mais il ne répond pas.

- Nous n'avons juste jamais été dans le même camps, n'est-ce pas ? conclu Hina, froide.

- Emmenez-le, termine Garp avant de se tourner vers moi, laissant ses hommes s'occuper d'escorter leur prisonnier. Ça va toi ?

J'ai un demi-sourire, rangeant mon arme avec le cran de sécurité cette fois.

- Si Law dit que l'on a ce qu'il faut… Je n'ai même pas un bleu cette fois. Merci Viola d'ailleurs. Tu as vraiment un œil incroyable !

- Un véritable plaisir de tirer sur ce type. On recommence quand vous voulez, me répond-t-elle. Je quitte ma position.

- Rentre, lui ordonne Garp. Mieux vaut que tu sois vu le plus rapidement possible chez toi par témoins avant que Doffy n'apprenne que Vergo est foutu.

- J'y vais. Vous savez comment me joindre. Viola, terminé.

Son micro crachote et se coupe sans attendre de réponse.

- Law, ta situation ? demande Garp en m'aidant à nettoyer la réserve avant de partir.

La fenêtre est cassée, on ne pourra rien y faire mais on pousse délicatement les morceaux de verre et les cartons que l'on a renversé dans la précipitation.

- Je réfléchis, murmure Law. Vergo n'a même pas pensé à moi comme taupe, c'est plutôt bon signe. Ça signifie que Doffy non plus. Et que la tradition du Bambou était également connue de Cora. Il était vraiment persuadé que tu venais de sa part. Pour lui, il y a une possibilité que Cora soit vivant…

- … alors pour Doffy aussi.

Garp cogite lui aussi. On quitte la pièce en fermant tout proprement, avant de nous éclipser à la suite des trois autres flics et de leurs prisonniers par le couloir des employés.

- Comment tu penses que l'on peut exploiter ça ? continue Garp.

- La dernière phrase que j'ai fait dire à Cara, reprend Law, en inspirant profondément. On ne pouvait pas atteindre Doffy. Il se contente de donner des ordres et même nos preuves les plus accablantes n'auraient eu aucun effet pour le Gouvernement de l'Île. En tant que Noble, il n'aurait pas été inquiété. On ne pouvait le faire tomber ni pour son rang, ni pour ses affaires. Et il est bien trop malin pour s'en prendre à qui que ce soit personnellement.

- Sauf envers son frère, je comprends.

- C'est ça. Cora est une affaire de famille. S'il a laissé Vergo faire la première fois, maintenant qu'il n'est plus là, il cherchera à s'en occuper personnellement.

Garp eut une inspiration et un sourire carnassier orne ses lèvres.

- C'est encore mieux que ce qu'on espérait… Law, ta position ?

- Je n'ai pas bougé. Besoin d'une évac' ?

- Non, rentre toi aussi, va te faire voir de qui tu veux mais fais jouer ton alibi au plus vite.

- Très bien. Cara, je t'appelle dès que possible. Law, terminé.

- Smoker, Hina, vous pouvez parler ?

- Vergo est menotté dans le vanne, hors de portée, nous informe Hina. Les ordres chef ?

- Emmenez le à l'endroit prévu. Un petit tour au cachot lui fera le plus grand bien. Je vous rejoins dès que je peux. J'ai encore un détail à régler ici.

- Bien. Smoker et Hina, terminés.

Leurs micros se coupent.

- Bonney ?

- Je suis là.

Elle nous attendait à la sortie du couloir. Elle coupe à son tour son micro et retire son équipement en même temps que nous. Je suis impressionnée de voir qu'elle a réussi à cacher quoi que ce soit dans ce décolleté…

- Toi et moi, il faut qu'on retourne à l'intérieure se faire voir. Tu as beaucoup attiré l'attention avec Teach, on l'a bien vu. Ton absence risque d'être suspecte.

- Bien. Et Cara ? Je pensais la ramener.

Garp se tourne vers moi.

- Si tu veux rentrer, j'appelle une voiture de la Brigade. Tu n'as pas à t'inquiéter d'une excuse, je m'en suis déjà occupé, au cas où.

Mais je secoue la tête.

- Je voudrais y retourner aussi.

J'échange un regard avec lui, il a compris.

- Ruby.

- J'apprécie juste la présence de Benn, je minimise dans un sourire. Et puis je ne me sens absolument pas de rentrer juste chez moi comme si de rien n'était après tout ça !

- Et moi je veux danser, s'étire Bonney. Et si maintenant que l'autre taré est bouclé, on profitait un peu de la soirée ? On rentrera ensemble.

Garp rit mais lui accorde qu'ils ont besoin de se détendre et nous re-rentrons. Bonney attrape mon épaule au passage.

- Ça va ?

Elle est soucieuse, mais je lui souris. Garp m'observe.

- Juste une petite chute d'adrénaline et je suis comme neuve…

Garp soupire, se relâchant d'une tension que je n'avais pas remarquée.

- Cara, ce soir… je suis vraiment désolé.

- Pas moi ! j'affirme en bombant un peu le torse. C'est quoi la prochaine étape ?

- Une où tu n'as pas besoin de te jeter dans un coupe-gorge, affirme Garp. Enfin, Vergo est sous clef, Hina et Smoker ne vont pas le lâcher. Je vais gérer sa « disparition » au niveau de la Brigade. Viola et Law doivent tenir leur position. Et tout le monde se tient prêt pour une nouvelle réunion. On va faire ça vite.

- Mais pas ce soir ! reprend Bonney avec entrain.

Elle s'accroche au bras de Garp avec un sourire.

- Je veux danser.

Il a un rire. Je leur souris et les encourage d'un petit signe lorsqu'ils prennent le chemin de la salle de Bal pendant que je repasse par les cuisines. Personne ne fait attention à moi dans le capharnaüm des aller-retours des employés. Je suis juste une autre serveuse qui vient récupérer un plateau.

Et lorsque je passe à nouveau dans la salle… rien n'a changé. Comme s'il te ne s'était rien passé, coupé du monde. A moins que ce ne soit moi ?

Je cherche rapidement Benn… et m'approche de lui pour lui proposer un verre. Il a un regard inquiet.

- Tout va bien ?

- Garp viendra surement te saluer…

Il hoche la tête.

- Bien. Dans quel foutoir tu t'es fourré ?

- Un dont il ne vaut mieux pas parler tout de suite, s'il te plaît.

- Je serais muet comme une tombe.

J'ai un demi-sourire et m'incline de manière exagérée.

- Des nouvelles des Portgas ?

Il secoue la tête.

- Encore trop tôt. J'ouvre l'œil. Tu es restée pour ça aussi, devine-t-il, mais ne te fais pas trop d'espoir, elle n'est jamais venue jusqu'à présent. Fais attention à toi. Et si tu as besoin, tu as mon numéro.

Je lui souris.

- Merci Benn.

On s'éloigne l'un de l'autre comme si de rien n'était avant que notre discussion ne soit vraiment trop longue.

Avec un peu de chance, la soirée ne fait que commencer, mais comme l'a dit Benn, j'essaie d'éviter les faux espoir.

Alors à la place, je me fonds dans la soirée.

J'aurais préféré faire partie des danseurs que du service mais entre deux petit-four que je grapille quand personne ne me regarde et la musique, je ne peux pas dire que je ne m'amuse pas non plus. Le pas léger, mon plateau est une bonne excuse pour presque valser parmi les invités tous plus prestigieux les uns que les autres.

Bonney et Garp dansent lorsqu'ils en ont marre de parler… et miséricorde, c'est un bon cavalier pour Bonney qui est plus habituée à se battre qu'à gigoter en robe cintrée.

Je me contente de me laisser flotter dans l'ambiance, comme si rien ne s'était passé… Mes pensées ma ramènent sans cesse à Law, qui doit affronter seul les conséquence de la soirée. A la minute où l'on sort d'ici, je lui enverrai un message.

Je n'arrive pas encore à réaliser…

La fin se rapproche.

.

Merci d'avoir lu !

Voilà voilà... toutes vos pensées sur la suite sont les bienvenues ^^

C'était un chapitre important pour moi, j'espère ne pas avoir fais monter la mayonnaise pour rien de votre côté XD

A ceux qui ont la chance d'en avoir, bonnes vacances ! Et bon courage à ceux qui bossent...