Hey !
Il fait chaud.
Pardon pour le retard, je vais essayer de poster un chapitre rapidement (disons avant la fin de l'été) et en finir avec cette histoire...
Pardon pour ne pas être régulière, croyez bien que ça ne me rend pas fière du tout... j'ai changer de poste, j'ai encore moins de temps libre qu'avant et la fatigue n'aide pas.
On va commencer par les bailles qui arrivent lorsqu'on est aussi doué avec l'orthographe qu'avec les maths (oui, je suis un cancre, je pense que ça s'est vue depuis le temps).
ERRATUM :
La JEUNE, TRES JEUNE JeNeRangeRien QUI EST DANS LA FLEUR DE L'ÂGE, m'a fait remarquer une belle erreur :
Au chapitre 55, Smoker et Cara elle-même ont oublié qu'elle avait dix-huit ans à ce stade de l'histoire… Voilà voilà…
Oui, je me suis perdue dans ma chronologie, c'est nul. Il me semble que j'avais signalé quelque part l'âge de la majorité sur l'Île, mais impossible de me souvenir où… Cette histoire est trop longue et en court depuis trop longtemps. D'ailleurs, il y a la date exacte de la nuit où j'ai commencé à l'écrire dans le texte. Je savais que j'allais l'oublier, j'en ai donc fait le matricule de Smoker… et si vous vous souvenez de où il est écrit, ce fameux matricule, vous êtes complètement fou- incroyable !
Voilà voilà… c'est tout pour ce détail… petit détail… je vous jure…
Dans la catégorie erreur, j'ai encore oublié de copier-collé les RAR des guests…
Merci The Story Of de m'avoir ainsi arrosée ! Merci pour ta lecture, ton temps et ta patiente… ! Désolée de ne pas t'avoir répondu plus tôt…
Je te répond ici pour que tout le monde est un éclairsisement, on sait jamais :
Pour ta question, Cara et Koala habitait le Quartier Nord-Ouest, allaient au lycée au Quartier Ouest et maintenant, Cara habite au Quartier Nord-Est avec Bonney, qui est aussi le territoire de Doffy, mais elle va au lycée au Quartier Nord.
Pour plus te repérer, le territoire de Barbe-Blanche est le Quartier Sud-Ouest, celui de Shanks le port au Quartier Sud-Est, et la maison de Sloker et Hina se situe au Quartier Sud. Au centre de tous ces Quartiers, se trouve la Mairie.
Un jour, je posterai une carte… il serait temps, après 59 chapitres… je vais m'y atteler.
Désolée pour la confusion (je suis en train de paniquer parce que je me demande si j'ai pas tout mélangé dans les premiers chapitre et donc semé la confusion pendant des années…)
La bise !
Bonne lecture ~
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Chapitre 59
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- Oh par Roger, j'en suis.
Je ne retiens pas un demi sourire face à la mine déterminée de Lamy.
- Aider à donner le coup de grâce à Dofflamingo ? Moi ? Juste en deux phrases à la bonne personne ? Evidement que j'en suis !
Elle serre les poings, déterminée.
- Et je sais exactement quoi dire à qui. Je me tape le même psy à la solde de la mafia tous les mois depuis que je suis enfant. Même lorsque j'avais cinq ans, j'avais grillé que je ne pouvais pas lui faire confiance. J'ai joué les amnésiques avec ce sale con et il a tout gobé. Si je lui dis à lui qu'une personne correspondant à la description de Corazon est venue me voir en me parlant de trucs étranges, dans les dix minutes, Dofflamingo en personne est au courant. Oh je t'en supplie, je peux faire ça ?
Je ris face à autant d'enthousiasme.
- Je ne fais que demander, c'est Garp et Law qui gèrent tout le reste.
- Alors dis-leur que j'en suis. Enfin, surtout Garp. Qu'ils me donnent exactement ce qu'ils veulent que je dise et dès la prochaine séance, il est cuit.
Elle sautille presque, elle est adorable… Ses yeux brillent d'un éclat différent, entre espoir et soulagement, impatience et bonheur.
- Je veux voir mon frère, je veux le prendre dans mes bras, je veux parler à Bonney, je veux fermer le claper de ce con de psy, je veux…
Elle hésite.
- Je veux que ça se termine.
De la peine se glisse dans son regard comme un grain de poussière. Mon cœur se serre et lorsque son regard accroche le mien, il est embué de larmes.
- Je veux vivre… enfin.
Je n'avais… pas réalisé à quel point la situation lui pesait. Solennelle, j'acquiesce.
- D'après Garp et ton frère, il pourrait s'agir de la dernière ligne droite.
- Qu'elle soit la plus rapide possible. Il faut absolument que je parle à Garp. Merci Cara.
Trop de reconnaissance dans cette voix alors que je n'y suis pas pour quoi que ce soit. J'hausse les épaules.
- Je n'ai rien fait. Mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour éliminer un mafieux, hein ? Il semblerait que ce soit bientôt terminé.
.
- Mais c'est génial ici ! s'extasie Ace devant l'immense télévision de Law.
Ce dernier hausse les épaules.
- Shashi et Pen' l'adorent.
Ace parcoure le rayonnage de jeu vidéo avec un air intéressé… puis s'interrompt en fronçant les sourcils et le nez comme un chaton. S'il est pas adorable mon meilleur ami.
- Pourquoi j'ai d'jà entendu ces noms ?
- Ce sont les infirmiers qui nous ont accueilli, la fois où le Docteur Megane était malade, tu te souviens ? Ce sont des clients réguliers du Laboon's Soul et des amis de Law.
- Cette Île est minuscule…
- Tu n'as pas idée, je marmonne en pensant à la sœur de Law la petite-amie de longue date de Bonney qui était à la poursuite de Teach et sous les ordres de son grand-père. Vraiment minuscule.
Law nous apporte un plateau de thé et me sert une tasse sans attendre. Il peut bien jouer les portes de prison, il n'a plus de secret pour moi et je devine sans mal son amusement et un certain soulagement. Je lui souris pour le remercier et il me répond de même.
- 'Fin bref, se reprend Ace en attrapant son sac à dos. Tiens, Law.
Il lui tend un ouvrage que je reconnais sans mal.
- Le livre de généalogie. Je m'suis dit que t'aimerais y jeter un coup d'œil si celui d'ta famille a disparu. Surtout qu'si j'me souviens bien, ta sœur et toi descendaient de deux clans D différents, c'est dingue.
Dans son regard métallique, je décèle de la surprise et surtout, de la reconnaissance. Il accepte le livre et le pose avec une certaine déférence sur la table basse.
- Merci.
Ace lui répond par un de ses immense sourire qui ne laisse personne indifférent. Law est touché, je le sens. Puis Ace se tourne vers moi avec une détermination nouvelle.
- Je t'ai pas oublié.
Surprise, je hausse les sourcils.
- Plait-il ?
Et il sort une boite recouverte d'un beau papier cadeau qu'il me tend.
- Pour ton entrée à l'université, d'la part de Garp, Ray et moi. J'ai choisi, précise-t-il.
Ça c'est agréable.
Je m'installe à côté de Law pour l'ouvrir et je sens qu'il observe la scène.
Je déballe le tout pour tomber sur une superbe montre bracelet dorée et au cadrant aussi rond que mes lunettes finement décoré. J'ai un sifflement appréciateur.
- Elle est superbe ! Merci Ace !
- Un plaisir, rit-il. Ray m'a dit qu'la tienne s'était cassée le soir de l'accident, et que c'était grâce à ça que t'avais repéré le 4x4. Fallait bien marquer l'coup.
J'ai un rire un peu jaune pour le coup. Mais ma reconnaissance est sincère lorsque je le prends dans mes bras.
- J'appellerai Garp et Ray pour les remercier aussi.
Je passe la montre à mon poignet et l'admire encore un instant. Elle est fine et légère. Parfaite.
Law l'observe aussi avec un regard appréciateur.
- C'est un bon choix. Et que t'as offert Bonney ?
Il tape juste. Je ricane, amusée d'avance.
- Le pistolet que j'avais à la soirée. Pour aller avec mon permis de port d'arme tout neuf.
Et j'éclate de rire lorsque sa mine se renfrogne.
- Pourquoi ça ne m'étonne pas d'elle ?
Même Ace pouffe sans s'en cacher.
- Son appartement est une vraie armurerie, décrit-il d'une voix distraite. Même Marco n'a pas une aussi belle collection qu'elle.
Law secoue la tête.
- Au moins je n'aurais plus à me ronger les sangs en te sachant armé… bon. Mon cadeau va faire un peu brouillon maintenant.
Ah ?
Alors ça, c'était encore plus inattendu.
Il se lève pour attraper à son tour une petite boite en carton et me la tendre.
- Et bien, je devrais rentrer à l'université plus souvent. Pourquoi tu m'offres quelque chose toi aussi ?
- Tu veux dire, en dehors du fait que tu m'es sauvé la vie au moins trois fois depuis qu'on se connait ? s'amuse-t-il avec un sourire en coin. Ou que tu nous as aidé au-delà du raisonnable ? Parce que tu es une amie.
Touchée, je n'ai plus rien à dire. Je me penche vers la boite et l'ouvre sans plus de cérémonie.
Je découvre fin bracelet entièrement blanc, juste un cercle…
Non. Pas en marbre.
- C'est… du Blanc de Saturne ?
- Oui. C'était à ma mère.
Mon cœur fond au creux de ma poitrine.
- Oh Law… je ne peux pas accepter…
Il hausse un sourcil, étonnée par ma réaction.
- Et pourquoi ?
- C'est… vraiment très précieux et… ta sœur… C'est un souvenir important…
- Je ne suis même pas sûr de revoir ma sœur un jour mais j'ai toute une boite à bijoux à lui offrir si j'en ai la chance. Et ce n'est pas comme si j'allais revendre mes souvenirs. Ce bracelet, il est fait pour toi. Il ira mieux à ton poignet qu'au fond d'un carton dans mon bureau. Je suis heureux de te le donner.
Et lui-même, il retire le bijou délicat de la boite pour le passer au poignet, à côté de la montre. Les deux anneaux s'entrechoquent dans un joli tintement lorsque je lève la main pour les observer de plus près.
Il s'accorde parfaitement à la montre dorée et le blanc fait même paraitre ma peau moins pâlichonne à côté. Il a cette apparence sablée et mat propre au Blanc de Saturne.
- Il est magnifique, merci Law.
Je me lève et il est un peu surprit mais me sourit lorsque pour le remercier, je l'embrasse sur la joue, émue.
Ace observe à son tour le bijou, intrigué.
- Il est vraiment superbe. J'avais vu des photos d'objets en Blanc de Saturne, mais en vrai c'est aut' chose.
- Ma sœur et moi sommes de Flévance, les deux derniers survivants de la Ville.
Je suis un peu surprise que Law lui livre aussi facilement l'un de ses secrets et devant le regard tout aussi étonné d'Ace, il se justifie en haussant les épaules.
- Simple retour des choses, Gol D. Ace, mais je te saurais gré de le garder pour toi.
Ace a un rire mais comprend l'allusion et jure de se taire dans un clin d'œil.
- C'est rare de trouver quelqu'un qui réagit si peu à mon nom.
- C'est rare de trouver quelqu'un qui ne fuit pas devant du Blanc de Saturne ou un rescapé du Saturisme, se contente de répondre Law et il passe distraitement la main à sa nuque. Mais si, j'ai été surpris.
Ace pose un drôle de regard appréciateur sur notre hôte et se tourne vers moi en le désignant du pouce.
- Je l'aime bien.
- Je sais, je m'amuse. Entre D., vous êtes fait pour vous entendre.
J'ai rarement vu Law aussi détendu devant un autre être humain qu'il ne connait pas depuis longtemps. Avec moi, il a mis des jours à se relâcher réellement. Ace a réussi cet exploit en une paire d'heures. Même Law ne résiste pas à mon merveilleux meilleur ami.
Celui-ci, intrigué par son travail, lui pose quelques questions. Sur son travail officiel du moins, il reste silencieux sur le reste mais nous ne sommes pas dupes : il sait qu'il y a bien plus. Ace sait avoir du tact quand il faut.
Et l'interne en cardiologie y répond avec plaisir. Beaucoup de plaisir même. Il aime son travail, ça se sent dans chacun de ses mots. Il ne se plaint jamais, raconte avec le sourire quelques anecdotes auxquelles nous rions, bon public.
Je me laisse aller dans le canapé, à les écouter discuter. Au moindre mouvement, les tintements de mon poignet sonnent agréablement à mes oreilles. Je lève à nouveau la main… mais plisse le nez.
Je remarque soudain que ma cicatrice me fait un troisième bracelet. Je grimace. Je n'ai pas besoin de ça…
- Cara ?
Je sursaute presque lorsque Ace se penche vers moi, interrogateur.
- Elle ne te plait plus ?
- Tu rigoles ? je me reprends avec un sourire rassurant. Je l'adore ! Non, c'est juste que ma cicatrice ressort un peu. J'ai l'impression d'avoir un troisième bijou.
… Je l'ai dit… si naturellement. Mes propres mots m'ont trahi. Je n'aime pas parler de cette cicatrice, trop de mauvais souvenirs. Mais à l'instant… surement parce que c'était face à eux. Ils savent tout.
Lorsque j'ai fini par avouer à Ace… tout ce que j'avais ressenti… ce fut si libérateur ! Et Ace… étant Ace, il a accepté tout ce que j'ai pu lui dire, la moindre parcelle de souffrance, jusqu'à la honte que j'éprouve à avoir tant de mal à passer au-dessus alors que je sais que j'ai échappé au pire, que d'autres subissent des sévices bien au-delà du mien.
Et Ace a pleuré pour moi. Soutien indéfectible, il était là et m'a accepté comme il l'a toujours fait. Son cœur est bien trop bon. Et à cet instant, ce fut ce qui me fit le plus de bien.
Law dans le coin de mon champ de vision, semble aussi surprit que moi par mon choix de mot. Je me sens soudain un peu gênée et je change de position pour me donner une contenance.
- Je devais peut-être la faire recouvrir par un tatouage…
- Un tatouage ? reprend Ace. Tu penses à quelque chose de particulier ?
- Oui, à mon compte en banque, je blague sans réelle joie. Je n'aurais pas l'argent pour quoi que ce soit avant encore un moment. Mais peut-être un jour.
- Ce n'est pas moi qui vais essayer de te faire changer d'idée, blague Law plus loin et je ris avec lui.
Ace a en effet aussi porté beaucoup d'intérêt aux tatouages du chirurgien. Au point de lui demander de retirer son t-shirt pour qu'il puisse les admirer tous (et que j'ai ainsi pu constater qu'il en avait quelques nouveaux…). Il a semblé plus qu'inspiré par la chose… Ça ne me surprendrait pas si un jour, il revient couvert d'encre.
- J'aimerais bien des motifs de chrysanthème… je pense à haute-voix.
Les fleurs de mon anniversaire, la fête du double neuf. On m'en a tellement offert pour fêter ça, que ce sont rapidement devenue mes préférés. J'aime ce motif, au point d'avoir acheté mon unique Yukata exprès pour ça.
Un jour peut-être.
- Il faut repasser sur certain des miens, intervient Law, pensif. Je t'emmènerai avec moi, que tu te fasses une idée de la chose.
- On ne devrait pas éviter d'être vu ensemble ?
- Si. Mais je n'ai pas vraiment le temps maintenant de toute façon. On ira quand tout sera terminé.
Quand tout sera terminé.
Oui… Je préfère quand il parle comme ça.
L'estomac d'Ace se manifeste bruyamment, me sortant de mes pensées
- J'ai faim.
- Tu as un vortex à la place du ventre, c'est pas possible !
- A table, conclu Law avec un sourire.
.
La douleur qui étreint ma poitrine m'étouffe.
J'ai mal.
Une douleur sourde, puissante qui s'insinue dans chacune des fibres de mon corps avec une brûlure insidieuse.
J'ai mal.
Mon poignet est en feu. Un cercle de souffrance, lien incasable.
Je suis attachée. Attachée à cette chaise, attachée à la douleur, attachée pour cet homme, attachée à ce cauchemar…
Je me réveille en sursaut, le souffle coupé et en sueur.
Tremblante, je prends mes genoux dans mes bras pour me recentrer. Je suis là, je suis libre, je peux bouger… Mon poignet est brûlant, trace de feu sur ma peau et surtout dans ma tête.
J'ai mal…
Il y avait… quelques temps que je n'en avais pas cauchemardé. Quelques semaines de répit.
Je passe une main sur mon poignet, tentant d'apaiser la douleur que je sais n'être pas vraiment réelle en reprenant mon souffle.
J'ai l'habitude, je sais comment retrouver mon calme.
Il ne me faut qu'une paire de minutes pour être à nouveau moi-même et chasser de mon esprit et mon corps ce mal-être familier.
Mais je sais aussi que je serais incapable de me rendormir.
Dès que j'arrive à prendre une grande inspiration sans m'étrangler, je regarde mon réveille. 6h. Mon esprit a été magnanime et m'a laissé avoir une vraie nuit avant de me réveiller.
Il n'est pas si tôt que ça mais le soleil n'est pas encore levé. Tant pis. Je ne me sens pas de me rallonger pour ressasser la douleur. Mieux vaut que je me lève.
J'ai des courbatures de partout, crispée comme je l'étais. Je m'étire longuement, faisant jouer ma nuque et attrape une veste. Il fait chaud dans ma chambre, bon dans l'appartement mais pas sur le balcon où je voudrais me réfugier quelques minutes. J'ai besoin d'air frai.
Doucement pour ne pas réveiller la propriétaire des lieux qui a l'ouïe fine et des réflexes de défense surdéveloppées, j'ouvre la porte et descends l'escalier sur la pointe des pieds… pour me rendre compte que mes efforts sont vains.
Bonney est déjà réveillée et levée.
Tournant le dos à la baie vitrée, elle s'est installée sur le banc du balcon, jambes repliées et couverture sur les épaules. Un filet de fumée se dégage de sa silhouette tranquille, ses cheveux sont relevés en un chignon maladroit.
Je frissonne.
Elle aura surement envie d'être seule, je préfère remonter… Mais elle se tourne dès que je fais un pas de plus. Son regard croise le mien et elle me lance un coup de tête pour m'inviter à la rejoindre.
Je lui réponds d'un bref sourire et je fais glisser la baie pour sortir. Elle tapote la place à côté d'elle et j'accepte l'invitation avec plaisir, me calfeutrant à ses côtés pour qu'elle passe un pan de sa couverture sur mes épaules.
- Cauchemars ? me demande-t-elle d'une voix douce.
Je hoche la tête. C'est loin d'être la première fois qu'elle me récupère après une nuit agitée. Dans un de ses rares moments de douceur, elle passe un bras autour de mes épaules dans un geste réconfortant.
Je profite pleinement de sa délicatesse, repliant mes jambes pour me réchauffer.
Cette fin de mois de février est très froide. Elle me tend sa tasse encore brûlante de café et j'en bois une gorgée avec délice, serrant mes doigts autour de la source de chaleur bienvenue.
Elle rallume une autre cigarette en silence, l'odeur d'un tabac léger jouant avec mon odorat. Elle s'amuse à faire un ou deux ronds de fumée et je les regarde se former puis se dissoudre, comme hypnotisée. C'est reposant.
Elle passe sa main sur toute la longueur de mon bras, apaisante.
- Ça va ?
- Ça va aller, je lui réponds sans détour.
Son geste s'accentue, lent et doux.
- Je sais, répond-elle. Tu es forte.
Elle me surestime mais j'apprécie le compliment. Ça va aller.
- Qu'est-ce qui t'a réveillé ? j'ose lui demander.
- L'envie de voir un lever de soleil, m'avoue-t-elle avec un petit rire, comme pour se moquer d'elle-même.
Mais je suis loin de me moquer : je comprends.
Alors je me laisse aller contre elle qui fait de même, pour profiter de notre café et attendre dans un silence confortable les premiers rayons rassurants de l'aube.
Lorsque le soleil perce enfin et inonde la ville qui s'étend sous nos yeux, ma respiration est enfin complètement libérée.
Ça va aller…
.
Il règne un silence inhabituel.
Le salon de Smoker et Hina est perdu dans les limbes de la concentration. Les propriétaires lieux sont penchés avec soucis sur le même ordinateur, un cendrier débordant à côté d'eux.
Garp annote des papiers avec ferveur, les sourcils froncés. Lui non plus n'est pas en reste sur la consommation de tabac. Si Rayleigh le voyait, il serait très mécontent.
Viola a démonté le fusil longue portée que Bonney lui a prêté pour entièrement le nettoyer. Elle a relevé ses cheveux dans un chignon parfait, un cure-dent entre les lèvres et les mains noircies.
Bonney qui d'ailleurs, continue d'épingler sur un tableau plusieurs rapport, statistiques et photos.
Et moi, je refais le plein de café pour tout le monde. Je remplie sept tasses de vigueur liquide pour les leur distribuer sans rompre leur silence. La nuit est tombée depuis longtemps mais la soirée ne fait que commencer et nous allons tous avoir besoin de garder les yeux ouverts.
Je n'ai pas le temps de m'installer que l'on toque à la porte, faisant lever le nez de Smoker.
- Enfin, soupire-t-il.
- J'y vais, je leur assure.
Je vérifie par le judas par pur esprit de précaution et ouvre à Law. Il a un demi-sourire en me voyant mais il n'est pas suffisant pour couvrir son état. Ses cernes sont noirs, très noirs et il est épuisé. Sa garde à l'hôpital a été plus mouvementée qu'il ne l'aurait voulu, en témoigne sa chemise froissée et sa mallette mal fermée.
- La journée a été dur ?
- C'est à croire que tous mes patients avaient décidé de mourir juste aujourd'hui. J'ai fait au moins trois massages cardiaques rien que sur la dernière heure. J'ai à peine eu le temps de prendre une douche en service pour m'enfuir avant que mon bipeur ne resonne.
Il est vraiment épuisé. Sa fichue ligne entre ses sourcils est de retour, plus accentuée que jamais.
Compatissante, je lui prends la main pour le tirer à l'intérieur où il se laisse faire pour se déchausser.
- Allez viens, y'a du café chaud. Je vais te chercher un t-shirt propre et de quoi grignoter.
- Ma sauveuse, soupire-t-il de contentement à la mention de ravitaillement. Tout le monde est déjà-là ?
- On attendait plus que toi, intervint Hina qui passe devant l'entrée en allant vers la cuisine pour vider les deux cendriers qui ne se renversent pas par miracle.
Il hoche la tête et me fait un bref clin d'œil avant de monter dans la salle d'eau de l'étage se changer. Il nous rejoint quelques minutes plus tard, un peu plus frai.
Je lui tends sa tasse de café et il en boit une gorgée avec délice en s'installant à côté de moi dans un soupir de soulagement. Magnanime, Bonney lui fait glisser le plat de financiers que j'ai préparé pendant qu'ils travaillaient et il pioche dedans sans attendre.
- Bon, reprend Garp en levant finalement le nez de ses papiers. On s'y met ?
Tout le monde se redresse, attentif. Garp se lève jusqu'au tableau, café à la main et antalgique pour sa migraine dans l'autre. Il gobe tout et reprend :
- Mettons de côté le déroulement du plan pour Doffy quelques minutes, il faut qu'on se concentre sur les lieutenants à faire tomber pendant le piège. Bonney ?
Elle se lève à son tour et se saisit d'un paquet de photos et d'épingles. La photo de Dofflamingo se retrouve tout en haut. Juste en dessous, elle ajoute celle d'un homme dont les yeux sont minuscules derrière d'épaisses lunettes et dont les cheveux semblent gras et huileux même sur le papier glacé.
- Celui qui va nous poser le plus de problèmes pour atteindre Doffy directement, c'est lui, Beta Trebol. Garde du corps et secrétaire personnel. Un vrai chieur. Mais efficace dans son boulot. Si on doit l'atteindre, ce sera au dernier moment. On y reviendra plus tard.
Il se saisit lui-même de la photo de Vergo pour la déchirer en deux avec un plaisir non dissimulé et l'épingler à côté.
- Vergo, assistant, espion et assassin personnel de Doffy. En taule. Jusqu'à la fin de ses jours.
Toutes les personnes dans la pièce acquiescent avec satisfaction…
Bonney ajoute alors les photos de Law, puis sous elle, celle de Viola.
- La Brache du trafic d'organe est déjà à nous, reprend Garp. Piéger les sous-lieutenants de Law ne sera même un pas un jeu d'enfant puisqu'un ordre de lui et ils iront se rendre eux-mêmes sans s'en rendre compte.
Law et Viola hochent la tête de concert alors que la partenaire de Garp continue son trombinoscope. Mon ventre fait un drôle de looping lorsque la photo de Pets Peter rejoint le tableau, au même rang que celle de Law.
- La Branche Prostitution a déjà coulé l'année dernière. Leurs membres décideurs et sous-lieutenants ont été ou démis de leur fonction, ou exécutés en interne, ou déjà arrêtés ou redispatchés dans les autres Branches. Dans tous les cas, on est au clair ici.
Bonney se saisit d'un marqueur rouge et fait une belle croix bien propre sur le visage désagréable de l'ancien Lieutenant de Doffy.
Je capte sans mal les regards en coin qu'ils me lancent tous mais je les ignore en gardant un calme non feint. Alors ils reprennent comme si de rien été.
Cette fois, c'est un homme au trait dur et tirant la gueule sous une tignasse de cheveux clair qui rejoint le rang des Lieutenants.
- Ishi Pica. Lieutenant de la Branche chargée de l'Ordre. Joli mot pour dire que lui et sa clique tabassent tout ce qui ne rentre pas dans le moule ordonné par Doffy, en interne ou en externe. Ils sont tous dangereux ceux-là, mais leur nombre est restreint. Si on fait tomber Pica, nos hommes pourront intervenir sans problème.
Une autre photo, un homme à la peau incroyablement pale qui ressort presque maladif à cause de ses longs cheveux noirs et de ses yeux perçants. Il me fiche presque des frissons dans le dos avec son sourire mauvais.
- Crown Ceasar. Lieutenant du trafic de Drogue. Là, ça sera assez facile. Comme Ceasar ne fait confiance à personne d'autre qu'à lui, son assistante Yukiona Monet et Doffy, il gère seul le gros de sa branche, de la production à la distribution. Pour la revente, ce ne sont tous que des petits délinquants sans vraiment de lien avec Doffy. Si on coupe court à sa production, ça sera aisé de le cueillir comme un fruit trop mur. On n'aura qu'à jouer sur le timing.
- Pour résumer, reprend Bonney. On a le Boss, Dofflamingo, le secrétaire Trebol à la tête. Des quatre Lieutenants, il n'y en a que deux à piéger à savoir Pica et Ceasar mais en mettant aussi la main sur leurs sous-lieutenants à savoir respectivement Hira Diamante et Yukiona Monet. Un joli total de six têtes, sept si on compte la dernière personne qui pourrait être un problème et qu'il faut à tout prix éliminer au plus vite. La comptable, Hobi Sugar.
La photo d'une femme sur la fin de la vingtaine aux lunettes rouges et aux cheveux ondulés est épinglée non loin de celle de Trebol.
- Sept tête, et moins de deux heures pour intervenir.
Les mots de Hina sonnent presque comme un glas.
- Techniquement, reprend Garp, nous n'avons pas à nous préoccuper nous de la totalité de ces Lieutenants. On verra avec le reste de la Brigade pour organiser l'arrestation simultanée de Pica et Ceasar.
J'ai un soudain doute.
- Heu… j'interviens d'une petite voix. Si personne d'autre que nous ici ne savons que Law et Viola sont des taupes, ça ne va pas surprendre les autres agents qu'il ne faille pas les arrêter eux aussi ?
Smoker passe une main dans ses cheveux hirsutes avant de me répondre.
- Le Système, Cara. Lorsque nous organisons des opérations, seuls les agents concernés en connaissent la teneur et personne ne sais sur quoi travaille son voisin. Tout est soumis au secret. Si l'on met une équipe sur le cas d'un Lieutenant, il n'a pas à s'occuper de ce que fait une autre équipe et qui elle est chargé d'arrêter.
- On divise toujours l'information pour mieux la contrôler, reprend Hina. Une équipe planche sur un sujet sans savoir ce que fait l'autre. Seuls les coordinateurs ont une vue d'ensemble, en l'occurrence pour ce cas-là, Garp, Bonney. Et nous puisqu'il s'agit de notre affaire, les infiltrés. En toute logique, on va mettre deux équipes sur les Branches Ordre et Drogue, ils travailleront chacun de leur côté et tout le monde sera persuadé qu'une troisième équipe s'occupe de la Brache Trafic. La couverture de Law et Viola est sauve.
J'assimile le schéma. Je comprends mieux.
- J'organiserais les mouvements pour Pica, Ceasar et Sugar plus tard. Ce soir, concentrons-nous sur Doffy et Trebol.
- Et Cora, soupira Hina.
- Et Corazon, confirma Garp.
La tension monta légèrement. Personne n'était joyeux à l'idée d'impliquer leur ami et collègue qui avait déjà assez souffert.
- Cara affirme que son contact est opérationnel et prêt pour agir, se reprend Garp avant que l'ambiance morose ne prenne le dessus. Reste à organiser le lieu, la date, l'heure et la stratégie.
Law tiqua imperceptiblement à la mention de mon contact mais je l'ignore de mon mieux. Il se fait un sang d'encre, je le sens jusque dans ma peau.
- Law ?
- Une clinique hors du territoire de Dofflamingo est à privilégier. Et pas la clinique actuelle, il y a trop d'ancien agents, on aurait trop à perdre. La clinique de la Brigade est aussi à exclure, Doffy se contenterait d'essayer de faire sauter tout le bâtiment.
Froid, calculateur. Il y avait longtemps que je ne l'avais pas vu comme ça, je réalise soudain. Quelque part, je ne peux m'empêcher dans un peu heureuse qu'il ne se comporte plus ainsi lorsque nous sommes seuls.
- Des suggestions ? demande Smoker.
Il échange un regard avec Viola.
- On a pensé que le centre d'oncologie du Quartier Est serait suffisamment bien placé. Petite clinique, loin de son territoire et sans mafia à sa tête.
Le commandant des opérations hoche la tête, satisfait.
- Je vais arranger ça. Nous n'aurons le choix de la date et de l'heure qu'après ça.
- Reste la stratégie donc, reprend Bonney en croisant les bras.
Soupire général.
- Il n'y a pas trop de secret là-dessus, grogne Smoker. On laisse entendre que Cora est là-bas, on attend Doffy et à la seconde où l'on a suffisamment d'éléments pour le faire tomber, on lui saute dessus.
Grimace générale.
- Quoi ? s'emporte-t-il. Ne faites pas comme si ce n'était pas notre seule option à ce stade !
- C'est le fait que tu le dises à haute-voix, ça l'encre quelque part entre une réalité terriblement fataliste et une fatalité terriblement réaliste.
La tentative d'humour de Hina tombe à plat, mais je luis accorde un point pour l'effort en lui levant discrètement un pouce (elle lève les yeux au ciel mais un minuscule sourire en coin fleurit sur ses lèvres).
- Cette réunion va être encore plus courte que prévue, intervient Garp avant que les mots montent dans les décibels. Viola ?
- Je serais en position en tant que soutien. Il ne touchera personne tant que j'aurais ceci.
Elle met en évidence son fusil qu'elle a terminé de faire briller, une lueur étrange dans le regard. Elle veut du sang, et celui de Doffy de préférence.
- Law ?
- Officiellement, à Yellow Days. Officieusement, dans le placard à balais.
J'ai un sourire taquin à sa plaisanterie qui me rappelle un souvenir qui me semble soudain remonter à des années et nous échangeons un regard amusé. Un peu de légèreté dans son visage.
- Bonney ?
- Avec toi.
- Smoker, Hina, ensembles en protection.
Les deux policiers hochent la tête de concert sans remettre en question l'ordre de leur supérieur.
- Reste à savoir ce qu'il faut faire passer comme indice…
- Quelque chose de léger, réfléchit Law. J'ai préparé plusieurs messages, mais j'ai besoin de Cara pour choisir. Ça te va ?
- Pose tes questions, je l'invite en échangeant un regard entendu avec Garp qui garde bien sa bouche fermée.
Law n'aime pas ça du tout.
- Est-ce que cette personne à personnellement connue Corazon ?
- Non. Elle n'a fait que le croiser. De manière décisive pour elle. Elle ne sait pas qui il est pour Doffy ou la Brigade.
Il réfléchit encore un peu.
- Il faut laisser entendre qu'elle l'a reconnu donc… Mais où ?
Je l'interromps dans ses réflexions en captant le regard entendu de Garp.
- Ça, c'est déjà réglé.
Et une aura de frustration m'atteint de plein fouet. Aïe aïe aïe… Bah…
D'un geste délibérément trop lent, il tire une petite feuille qu'il me tend.
- Alors il faut que ce type de message lui parvienne. Les éléments les plus importants sont soulignés.
Il a la main glacée lorsque je saisis, presque lui arrache des mains le bout de papier. Je vais en prendre pour mon grade quand il saura, je le sens. Mais je vais faire comme si de rien était en attendant. Un miracle peut arriver à tous moments. Et puis, peut-être que Garp sera une cible plus importante que moi…
A la place, je lui offre mon plus beau sourire et après quelques secondes de plus de froideur… il finis par se détendre et répond à mon sourire par ce frémissement de lèvres que j'ai appris à connaitre.
- Il faut qu'on se mette d'accord pour la stratégie à adopter et nos positions, nous interrompt Garp qui n'a rien raté de notre échange.
Compris, le reste n'a pas à parvenir trop près de mes oreilles. Je me lève pour refaire du café. Seule dans la cuisine, la conversation est étouffée et ma respiration me semble un peu plus bruyante tout à coup.
Je me saisis de la cafetière et y tasse une bonne dose de café moulu. Quelque chose me dit qu'ils en auront bien besoin, mais je ne prépare que six portions. Je sens que je vais finir ma nuit dans la chambre d'amis bien avant eux, mon rôle s'arrêtant là.
L'eau commence à peine à bouillir lorsque des pas s'approchent et que Law entre pour s'appuyer dans l'encadrement de la porte. Et il fronce les sourcils. Encore.
- Tu es si en colère que ça ?
Malgré moi, une inquiétude sourde me ronge.
- En colère ? répète-t-il avec une légère surprise. Non, je ne suis pas en colère, Cara. Inquiet, un peu mais si tu m'affirmes que tu ne risques rien, je ne peux que te faire confiance.
- Mon instinct ne m'a pas encore trompé, je le taquine avec un certain soulagement en le désignant du menton.
Il sourit, mais qu'à demi.
- Alors que t'arrive-t-il ?
Ma question le replonge dans une réflexion plus profonde que je ne l'aurais cru.
- J'ai l'habitude de tout contrôler. Déformation professionnelle si je puis dire. Mais tu es une variable sur laquelle je n'ai aucun contrôle et dont j'ai toujours du mal à anticiper les actions.
- Frustration ? je suggère.
- Au début, oui. Il y a bien longtemps que je suis passé au-dessus.
Il finit par secouer la tête, sortant de ses pensées.
- Laisse-moi me faire du souci pour toi, reprend-il avec une pointe d'humour. Au moins autant que tu t'en fais pour moi.
- Ah, touchée, je ris.
Mais…
- Hey, Law…
Il me regarde dans les yeux, attentif.
Je me mords la lèvre, remontant mes lunettes par réflexe en cherchant la meilleure tournure de phrase.
- Merci… de me faire confiance.
Il cligne des yeux… puis hoche la tête en se rapprochant de moi jusqu'à s'assoir sur le plan de travail. J'imite son mouvement, à sa droite et fière de l'être. Il a un sourire paisible que je lui rends bien.
Et je m'appuis sur son bras, de tout le réconfort que je peux lui apporter.
- C'est bientôt terminé.
Law soupire. Dans un geste de soutient, passa sa main dans les boucles de ma nuque.
- Bientôt, Cara.
Alors il pourra commencer à vivre.
Alors il sera à nouveau entièrement lui-même.
Alors… je serais là pour le redécouvrir.
Et j'en suis fière.
.
Bon été à tous !
Prenez soin de vos proches, restez hydratés !
Si vous êtes en vacances, bonnes vacances !
Et si vous travaillez, bon courage...
PS : la scène avec Bonney est courte, mais une de celles que j'ai le plus aimé écrire, pour une raison qui m'échappe ^^
