Hey !

Bonsoir bonsoir...

Ca vous dit, la suite ?

Elle est là, elle sort du four.

Un immense merci à favoria qui a eut la patience, la gentillesse et l'acharnement de corriger ce chapitre. Merci à toi ! Et vous pouvez la saluer, parce que vous voyez bien mes chapitres, y'avait beaucoup de boulot.

Je vous laisse à vos suggestions pour cette histoire et sa suite...

Bonne lecture !

PS PARDON ! J'ai oublié mais TRIGGER WARNING ! Sang et évènement ! (Je suis resté tout public mais c'est quand même là)

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Chapitre 61

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Je presse la détente.

Une fois.

Deux fois.

Trois fois.

A chaque fois,le recul vibre de ma main valide jusque dans mon épaule. Les fourmillements dans ma paume sont atroces.

Mon cœur s'est déplacé jusque dans ma main blessée, pulsant à une vitesse folle et bien trop fort.

Soudain, la réalité s'impose à moi.

Sugar, folle de douleur, hurle.

Elle ne peut plus bouger.

Sa main droite est en charpie, son arme a glissé loin d'elle. Elle ne pourra pas se pencher pour la ramasser, son épaule gauche est sanguinolente. Et qu'elle ne pense pas à se lever : son pied est cloué au sol par mon dernier tir.

Elle hurle de plus en plus fort, mais c'est une berceuse à mes oreilles.

Mon souffle que je ne me souvenais pas avoir retenu reprend dans une inspiration douloureuse et le soudain afflux d'oxygène me fait tourner la tête.

J'ai mal.

Ma main droite m'envoie des vagues de douleurs lancinantes.

Je flanche.

Bordel, que la Brigade se dépêche… Sugar est à terre là…

Je tombe à genoux, le souffle court.

Merde. Il faut que je me reprenne vite.

Koala ! Sabo !

Dans un sursaut, je me retourne-

Ils… ils vont bien. Je les examine sous tous les angles malgré le chaos ambiant mais-

Ils sont vivants. Ils ne sont pas blessés.

Le soulagement qui m'étreint ne les atteint pas.

Leurs yeux hagards passent de ma main à Sugar… et enfin, ils rencontrent mon regard. Mon cœur se serre.

Incompréhension. Crainte. Terreur.

Je me reprends rapidement. Ils vont bien, tant pis pour le reste.

- N'appelez pas Rayleigh tout de suite, je leur intime de ma voix la plus ferme. La Brigade est déjà là, mieux vaut attendre qu'ils vous évacuent à l'hôpital pour ne pas qu'il ait à donner son identité.

Ils sursautent sans répondre.

Mes prédictions s'avèrent exactes : trois agents en civil courent vers nous, armes au poing, suivis d'une dernière qui porte l'uniforme.

Deux se précipitent sur Sugar qui a fini par s'évanouir pour la menotter, attrapant son arme au passage avant de compresser ses blessures.

Deux autres me tiennent en joue.

- Brigade Anti-Mafia, lâchez votre arme et mettez les mains sur la tête.

Je cille. Et merde, évidement.

- Pas le temps, je souffle en ignorant mon vertige. J'ai mon permis de port d'arme dans mon holster. Et je suis dans le Système.

Les quatre agents tiquent. Ma main blessée au-dessus de la tête, je pose mon arme pour prendre le plus calmement possible mon téléphone et le mettre en évidence. L'agente en uniforme s'approche, me tenant toujours en joue… et sursaute.

- Elle dit vrai !

Sa voix… Je la fixe à travers mes lunettes… hey… mais c'est…

- On s'est déjà croisées… Vous étiez moins habillée ceci-dit. L'uniforme vous va bien.

Elle fronce les sourcils et grimace. La Bleue. C'est la Bleue que Bonney a assommé deux fois et kidnappé quelques mois plus tôt, avant de la déshabiller.

- Vous étiez avec Jewelry quand elle n'était que chasseuse de primes… Vous auriez pu éviter votre petit tour si vous étiez déjà chez nous, comment pouvez-vous être de la Brigade ? demande-t-elle à juste titre.

- Je ne le suis pas, je lui avoue en parlant assez fort pour que ses collègues m'entendent. Je suis un témoin sous protection. Regardez mes contacts. Non, pas les deux contacts de sécurité, ça porterait préjudice au morcellement des informations. Regardez juste les trois dernières personnes que j'ai appelées via le Système.

Elle fouille une seconde mon journal d'appel interne… et lâche un glapissement avant de se retourner vers les autres.

- Le Commandant Garp et les Capitaines Orihime et Hakyruo !

Ils jurent et un deuxième vient vers moi pour vérifier et me dévisager.

- Est-ce que-

- Hobi Sugar m'a contactée, je le coupe en sentant l'évanouissement me guetter. J'ai aucune envie de me réveiller menottée, je dois donner le plus d'infos possible. Je sais qui elle est et je savais que vous n'étiez pas loin prêts à intervenir.

Ils sont de plus en plus troublés. Pourtant c'est à ça que sert le morcellement, ils ne savent pas qui travaille avec qui… Ah, je réalise soudain, revigorée par un faux-mouvement qui réveille ma douleur, ça doit être mon apparence trop jeune qui les gêne.

- Merde !

Le cri de leur camarade nous fait se tourner vers lui. Il a récupéré le téléphone de Sugar et pâle comme un linge, leur montre.

Un appel vient de se terminer.

Le nom du contact nous donne à tous une douche froide.

« Trebol le dégeu ».

Nous jurons haut et fort.

- Il faut prévenir Garp !

- Impossible, intervient la Bleue, tout est coupé, il n'a qu'une touche à appuyer pour déclencher les interventions !

- Mais si Trebol a le temps de prévenir Doffy-

Les agents paniquent. Ma tête tourne.

Les gars sont en danger. Trebol devait être mis hors d'état de nuire en dernier à cause de sa grande proximité avec Doffy. En tant que garde du corps, c'était le plus à même d'être contacté à la dernière minute pour son Boss, jusqu'au pied du lit de Rossinante.

Et il a décroché. Doffy ne doit pas encore être arrivé à l'hôpital où le piège l'attend.

C'est l'enfer.

- CARA !

Dans la panique, je n'ai pas entendu la voiture de Lamy se garer avant de se précipiter vers nous en laissant sa portière grande ouverte.

L'air particulièrement inquiète sur son visage, elle analyse la scène en une seconde.

- Identifiez-vous, l'interpelle un agent en s'interposant.

- Je ne suis pas sur le Système mais je connais Garp et Bonney, s'agace-t-elle sans même le regarder, détaillant mon état. Et je suis infirmière !

- S'il vous plaît, j'interviens en échangeant un regard avec la Bleue. C'est une alliée de la Brigade.

La Bleue hoche la tête et ordonne à son collègue de la laisser. Il s'exécute à mon plus grand soulagement et Lamy se précipite vers moi. Que c'est bon de voir un visage familier !

Elle ne perd pas une seconde et, reprenant une posture professionnelle, elle observe ma main. Sans attendre, elle enlève sa veste et enveloppe ma blessure, m'arrachant un cri de douleur. Ma main qui n'est que douleur tremble sans que je puisse me contrôler.

- Dans mon coffre, lance-t-elle aux agents, il y a une trousse de premiers secours. Vite !

Dès qu'elle l'a en main, elle vide le flacon d'alcool modifié sur ma plaie.

Je mange un hurlement en me mordant la lèvre.

Miséricorde, ça fait si mal !

- On n'a pas le temps, je reprends, essoufflée. Tout est compromis, ils sont en danger.

L'urgence dans ma voix lui fait lever le nez de son travail.

- Quoi ?

- Elle, je reprends en désignant Sugar. Elle a cru que j'étais toi ! Elle voulait que je lui parle de Bonney mais lorsque la situation a dérapé elle a appelé le garde du corps de Doffy qui a tout entendu !

Elle jure.

- Il est trop tard, je gémis.

- Non, me coupe-t-elle en terminant son pansement. Mon rendez-vous n'a pas duré une heure comme prévu. Le psy y a mis fin dès qu'il a eu l'info. C'était il y a plus d'une demi-heure.

On échange un regard.

- Dofflamingo aurait déjà bougé jusqu'au lieu de l'action ? intervient la Bleue.

J'avais déjà oublié la présence de tous les autres. Même celles de Koala et Sabo qui suivent nos échanges entre terreur et incompréhension, toujours paralysés l'un contre l'autre à deux pas.

Je jure.

- Peut-être. Après tout Vergo est hors d'état de nuire, il n'a aucun risque à prendre. Il pourrait vouloir aller au plus vite.

Lamy se lève d'un bond et me tend la main pour m'aider à faire de même. Ma tête tourne tellement…

- On y va.

- Comment-

Mais elle coupe la Bleue.

- Je sais où on doit aller. Sugar est hors d'état de nuire. Cara sait tout ce qu'i savoir. On y va.

Elle se tourne vers moi et retire sa veste qu'elle avait mit comme compresse de fortune pour ma main, pour la bander avec une pile de vraies compresses qui s'imbibent déjà de mon sang. Et moi, je me retiens de hurler comme je peux.

- La balle est toujours dans ta main, mais elle ne semble pas avoir touché d'artère alors ce n'est pas une urgence vitale. J'ai des anti-douleurs assez forts si tu veux mais ils t'endormirait.

- Hors de question. On y va. Ça ira.

Il faudra en tout cas, parce que je me sens toujours un peu vaseuse. Sûrement car j'ai perdu du sang.

- De toutes façons, on va dans une clinique… Alors si tu as de l'eau je vais juste boire en attendant.

- Je viens avec vous, intervient la Bleue. C'est non négociable.

- C'est vous la Loi, hausse des épaules Lamy avant de se tourner vers moi. Garp et les autres sont vraiment injoignables ?

Je grimace.

- La seule qui pourrait répondre c'est Viola, si elle a un micro connecté au système.

- Essaie quand même.

Je tends la main vers la Bleue qui me rend mon téléphone et on se précipite vers la voiture de Lamy pour nous y engouffrer. L'agente m'aide à monter à l'arrière et notre conductrice démarre sans attendre.

- Je peux avoir votre nom ? finit par demander Lamy.

- Agent Kuja Margaret. Et vous ?

- Quand tout sera terminé, je prendrai un café avec vous avec plaisir pour vous le dire, élude Lamy.

Je ricane, le téléphone sonnant dans le vide à mon oreille.

- C'est Bonney qui va être contente…

La Bleue… non, Margaret détourne les yeux, rougissante. Devoir travailler avec celle qui vous a assommé deux fois avant de vous déshabiller comme supérieure, ça ne doit pas être facile…

- Elle ne répond pas, je souffle de frustration. Je réessaie. On est loin ?

- Non.

Elle roule vite et bien. Merde, qu'est-ce que j'ai la tête qui tourne… Margaret me tend une bouteille d'eau que je descends avec plaisir, la soif commençant à se faire sentir.

On est encore plus prochesque ce que je croyais puisqu'elle freine tout à coup pour s'arrêter dans une voie sans issue pleine de poubelles et sort la première. C'est seulement en lui emboîtant le pas je me rends compte que nous sommes derrière la clinique.

On est si près…

- Là ! La porte de service !

Elle est maintenue entrouverte par un cendrier plein.

- J'ai déjà fait des heures supplémentaires ici, explique Lamy en nous ouvrant la porte avec précipitation. Je connais le chemin.

Elle prend les devants.

- Merde ! je réalise soudain en mettant par automatisme la main sur mon holter vide. Mon arme !

Contre toutes attentes, Margaret me la tend.

- Tu vises bien et on risque d'être en difficulté.

Je la remercie avec soulagement en ouvrant comme je peux la chambre pour vérifier qu'il y a encore une balle à l'intérieur. Je préfère ne pas prendre de risques et je change le chargeur, gardant précieusement celui où il manque trois coups. On ne sait jamais.

Les couloirs sont sombres mais dès que l'on pousse une porte anti-feu et que l'on arrive dans un service, la lumière nous éblouit une seconde. Des cris de surprises se font entendre. Une infirmière lâche un plateau.

- Police ! intervient Margaret dont tout le monde fixe l'uniforme, libérez le passage ! Que personne ne déclenche la moindre alarme !

On passe en courant et-

- Cara ? Pourquoi tu m'appelles maintenant ?!

La voix de Viola à mon oreille est une bénédiction ! Je mets le haut-parleur sans attendre.

- Viola ! je panique. Tout est compromis ! Trebol est au courant !

- Quoi ?! Comment- Merde, je viens de le voir passer dans mon viseur, il s'est déplacé !

- Si Doffy est déjà dans le service, il n'y a pas de réseau ! intervint Lamy. Il est parti le prévenir !

- Dis-moi que tu es en contact audio avec les autres ! je la supplie en paniquant, le cœur dans la gorge.

- C'est le cas ! Les gars, Trebol est au courant ! Il n'est pas parti recevoir des ordres mais le prévenir ! Intervenez !

Impossible d'entendre leur réponse mais comme Lamy nous guide sans perdre son rythme de course, on ne devrait pas tarder à-

Un coup de feu résonne et d'autres s'en suivent.

Trop proches. Beaucoup trop loin !

Margaret jure, arme au poing et je l'imite.

Lamy pousse de l'épaule une énième porte et-

Hina, un genou à terre, se tient le flanc mais continue de tirer en direction d'un Trebol qui s'est réfugié dans un coin. Smoker n'est pas en reste, se précipitant à ses côtés pour trouver un meilleur angle.

Angle que nous, on a.

Margaret n'attend pas. Elle tire.

Trebol recule encore. Il tente de pointer son arme vers nous mais je ne lui en laisse pas la possibilité, visant à mon tour. Le placo du mur vole en éclat à mon impact et il abandonne son initiative. Il est pris au piège.

C'est tout ce qu'il faut à Garp pour se précipiter vers lui. Il disparaît de notre vue mais un cri plus tard, tout est terminé. Trebol est à terre, à peine conscient, mis en joue. Smoker se précipite à ses côtés pour le menotter. Bonney débarque enfin, essoufflée et blessée elle aussi. Elle devait être aux prises avec d'autres hommes de Doffy venus en renfort.

- Lamy ?! s'exclame-t-elle d'une voix rêche en reconnaissant sa petite amie là où elle n'a rien à faire officiellement, les yeux écarquillés d'incompréhension.

- Plus tard, la coupe-t-elle avec une grimace d'excuse.

- Où est Law ? je demande, prise d'une soudaine montée d'angoisse.

- Il a suivi Doffy quand Viola nous a prévenu ! m'indique Hina en pointant l'entrée du service.

Sans attendre, Garp se tourne vers nous. Son regard se tourne vers Margaret et il lui indique Trebol.

- Ne le lâchez pas ! Lamy, Hina est touchée.

- Je vais bien Chef, reprend-t-elle en se relevant dans une grimace révélatrice.

Garp hoche la tête avec un regard inquiet pour son agente mais elle lève bien haut le menton et il se détourne pour se précipiter à la poursuite de Doffy et Law. On se lance avec lui sans attendre, Hina traînant un peu mais debout, soutenue par Bonney qui crie dans son micro.

- Viola ! Qu'attends-tu ?!

Impossible d'entendre sa réponse, mon téléphone est tombé lorsque j'ai tiré.

Le couloir est vide. Mais Garp sait où aller. Il y a un long sifflement désagréable qui résonne.

Il défonce la porte d'une chambre, braquant quelqu'un que je ne vois pas-

Mais lorsqu'on rentre enfin-

Law !

Il se tient le bras droit, en sang, son souffle est court.

En face de lui-

Doffy a un genou à terre.

Ce type est-

Je n'ai pas le temps de le détailler.

Garp est déjà sur lui, le plaquant au sol avec une certaine facilité. Smoker à sa suite lui passe les menottes aux mains et aux pieds.

Mon regard divague. La fenêtre. Bordel, les deux vitres de la pièce sont craquelées, à deux doigts de s'effondrer en miettes. Impossible pour Viola de tirer à travers sans risquer de blesser un allié, la vue est complètement brouillée.

Hina se précipite sur Law.

Celui-ci ne nous regarde pas.

Il fixe le lit. Je suis son regard.

Mon cœur tombe, glacé.

Le long sifflement vient du dispositif qui maintenait Rossinante en vie.

Il-

Il y a un éclat rouge sur son front.

Juste un filet de sang.

Un impact de balle.

Rossinante est mort, abattu sans la moindre réflexion par Doffy avant que quiconque ait pu intervenir.

A côté de moi, j'entends à peine Garp, ses mots me parviennent comme derrière un voile.

- Don Quixote Dofflamingo, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre au premier degré de votre frère, Don Quixote Rossinante, association de malfaiteurs et port illégal d'armes.

L'homme aurait adoré répondre, j'en suis sûre mais Smoker lui a fourré un bâillon sur la bouche et enfin, une cagoule.

Je vois du coin de l'œil Garp se saisir de son téléphone… sûrement pour déclencher le reste des opérations.

Mais lorsque je capte un mouvement de Law, toute mon attention se focalise sur lui.

Silencieusement, il se lève. Sans un mot, il marche jusqu'au lit où Rossinante ne rêvera plus.

Rossinante est… mort.

Law accuse le coup.

Par réflexe, il appuie sur la machine qui s'éteint et le sifflement strident se coupe.

Le silence reprend ses droits.

- Cora, je suis… désolé…

Le souffle de Law résonne dans nos oreilles. Garp tourne la tête, dégoûté. Hina ferme douloureusement les yeux. Smoker garde la tête haute mais son regard trahit toute sa peine. Bonney baisse la tête, respectueuse.

Lentement. Law remonte le drap jusqu'au visage de celui qui fut son ami et mentor. Lorsqu'aucun souffle n'agite le tissu après quelques secondes, c'est comme si la réalité s'imposait une seconde fois.

Rossinante est mort.

Et Law a le cœur brisé. Il peut s'effondrer d'une seconde à l'autre.

Avec toute la douceur dont je suis capable et réprimant mon haut le cœur, je m'approche de lui. Ma main valide vient se glisser dans la sienne.

Il sursaute.

Son regard gris croise le mien.

Il n'est que douleur. Mais il ferme les yeux, chassant sa peine pour serrer ma main en retour. Reconnaissant.

- D'autres agents arrivent.

La voix de Garp nous ramène à l'instant présent. Et en effet, un instant plus tard, des agents passent à leur tour la porte, Viola à leur tête.

Essoufflée, elle cherche du regard Rossinante… et sa respiration se bloque lorsqu'elle comprend. Effondrée, elle met la main sur ses lèvres et se détourne, les larmes débordant de ses yeux.

Garp continue à garder la tête froide en se tournant vers ses hommes.

- Évacuez-le.

- Attendez.

La voix de Lamy résonne.

Tout le monde se tourne vers elle. La main dans la mienne se crispe. Je lève brièvement les yeux. Il doute. Il-

Lamy s'approche de Doffy et retire la cagoule.

Elle le fixe.

- Vous nous avez sauvé la vie. La mienne et celle de mon frère.

Un mouvement de surprise traverse presque toutes les personnes présentes. Mais sa voix est glaciale lorsqu'elle enchaîne.

- Merci de nous avoir aidés.

Doflamingo a un mouvement d'épaules… Non. C'est un rire.

Alors elle lui sourit. D'une main, elle se saisit d'un pied à perfusion et en arrache la partie supérieure… pour le frapper avec de toutes ses forces.

- Ça, c'est pour mon frère.

Du sang imbibe rapidement le bâillon mais déjà elle lève à nouveau le bras et frappe à nouveau sans que personne ne fasse le moindre geste pour l'arrêter, trop abasourdi.

- Et ça, c'est pour tout le reste.

Enfin, elle lâche son arme de fortune.

- Pardon, dit-elle avec un étrange sourire de soulagement en direction de Smoker qui, sans un mot, sort de son étonnement pour replacer la cagoule avant de faire signe aux agents d'emmener le prisonnier loin.

Très loin.

Ne reste dans la pièce que Garp, nous observant pour évaluer nos états et qui doit bien être le seul à avoir les idées claires Viola dans un coin, essuyant ses larmes, aussitôt remplacées par d'autres, intarissables Smoker aux côtés de Hina pour l'aider à s'allonger en ménageant sa blessure. A côté de moi, Law fixe toujours Lamy, sans oser y croire.

Lamy elle, se tourne vers une Bonney complètement perdue qui la dévisage comme si elle la voyait pour la première fois. Elle lui offre un sourire attristé.

- Je suis désolée Bonney. Il faudra que je te parle un peu de moi lorsqu'on sera seules. Mais je t'aime, n'en doute pas, s'il-te-plaît.

Il faut une seconde à Bonney pour accuser le coup. Fidèle à elle-même, elle se reprend bien vite et soupire.

- Je n'attendais que ça. Il faut qu'on parle, c'est sûr. Mais je t'aime aussi, idiote.

Lamy grimace mais semble soulagée.

- Avant ça, il y a une chose que je rêve de faire depuis des années.

Elle se tourne vers Law et je sens sa main serrer la mienne dans un réflexe de stupeur. Il ne l'a pas quittée des yeux.

Lamy se rapproche de lui, captant son regard… soudain timide. Elle a un rire nerveux. Elle passe une main tremblante sur sa nuque… détourne la tête… croise son regard… sourit.

- Tu m'as manqué.

Enfin, la respiration de Law reprend. Ses épaules se baissent.

- Lamy…

Enfin.

Il y croit.

Elle est là. Il l'admire encore une seconde… puis comme il ne semble pas vouloir (ou pouvoir) bouger, je me dégage et d'un geste doux, le pousse vers elle.

Ce fut comme le réveiller d'un cauchemar.

Il se précipite sur elle et la prend dans son bras valide, la serrant contre lui comme il s'accrocherait à un rêve. Elle lui rend son étreinte, tremblante, un sanglot lui échappe.

- Tu m'as… tellement manqué.

- Je suis là, Lamy. Je suis là.

Je ne peux m'empêcher de sourire en les regardant, enfin réunis.

Du coin de l'œil, je vois Bonney faire une drôle de tête, entre contrariété et soulagement.

Je ne peux retenir un sourire dans ma peine.

Je me tourne vers Rossinante.

Puis vers eux.

Tout…

Tout est fini.

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Tic Tac Tic Tac