Bonjour à toutes et tous et merci pour vos reviews sous le dernier chapitre ! Merci tout particulier à Gwen who et Kaname !
Je vous retrouve aujourd'hui avec un jour d'avance pour le chapitre 17 ! J'ai vu mon agenda pour demain, et plutôt que de vous faire poireauter jusqu'à pas d'heure, je préfère vous poster la suite aujourd'hui ! Sympa quand même, non ? :)
Enfin un peu de ciel bleu ou retour au 36e dessous ? Vous le saurez dans ce chapitre, bonne lecture !
Chapitre 17
Forks, 21 décembre 2020
POV Edward
A priori, faire un bébé et quelque chose de simple. Du moins sur le papier. En réalité… c'est le parcours du combattant. C'est semé d'embûches, de joie, de peines, d'attente, de craintes, de faux espoirs, de désillusions…
Et même si je désire plus que tout devenir père, j'avoue que c'est épuisant mentalement. Les derniers mois ont été horribles, au point, qu'à l'image de Bella, je n'ose plus me réjouir.
Quelques semaines après mon anniversaire en juin dernier, Bella avait du retard sur la date présumée de son retour de règles après l'arrêt de sa contraception. Après tout ce que nous avions traversé, nous ne pouvions pas croire que cela fonctionnerait du premier coup. Et c'était pourtant le cas. C'était merveilleux de ressentir toute cette joie et tout ce bonheur avec Bella, comme si la roue avait enfin tourné pour nous.
Je me rappellerai toujours les soirées passées juste allongé dans notre lit, elle blottie contre moi, ma main sur son ventre encore plat. Nous avions tellement désiré cette petite vie, que nous avions eu de la peine à croire qu'elle s'était installée bien au chaud. Mais une fois l'annonce du choc passée, nous avions chéri chaque instant de bonheur que ce petit être nous a procuré.
Mais le bonheur a été de courte durée. Interruption spontanée de grossesse. Deux mois et demi de vie à peine, puis plus rien. Le choc. Je garderai toujours en mémoire le regard paniqué de Bella sortant des toilettes ce matin-là. Nous n'avions pas réfléchi et avions foncé aux urgences gynécologiques et les médecins n'ont fait que confirmer nos craintes.
Si rapidement après le test de grossesse, Bella a eu des échographies endovaginales pour confirmer la grossesse et vérifier l'implantation du fœtus, l'échographie que nous avions eu en urgence était différente, si tout cela c'était bien passée, cela aurait dû être celle de datation, la première échographie que nous aurions dû partager dans la joie.
Mais à la place, nous avions vu un petit haricot aux allures de bébé miniature, immobile et dont le cœur s'était arrêté. Les saignements anormaux de Bella étaient les prémices de sa fausse couche.
Fausse couche. Ce mot me donne la haine. Il n'y a rien de faux dans le fait de perdre un enfant. Tout est si réel pour un être humain qu'on ne connaîtra pas. Pourtant, il laissera à jamais une trace. On ne l'oubliera pas.
Etant donné que le fœtus n'était ni plus gros que cinq-cents grammes, ni plus âgé de vingt semaines, il n'a pas pu être enregistré à l'Etat civil comme enfant mort-né. En revanche, nous avons pu obtenir un document attestant l'existence de cet enfant. Un lot de consolation, même si pour nous, cet enfant sera toujours dans nos cœurs.
Bella n'a pas souhaité subir la délivrance médicamenteuse et a préféré choisir le curetage. Cela a permis à la Dre Nichols de demander des analyses pour exclure d'éventuelles anomalies génétiques qui auraient pu être responsables de l'interruption spontanée de grossesse. Heureusement pour nous, l'examen microscopique s'est avéré négatif.
Mais cela n'a rien enlevé à la perte de cet enfant à naître. Nos séances avec le Dr. Williams ont été salutaires pour supporter et traverser cette épreuve, qui laissera une trace indélébile dans nos vies.
Cette fois, contrairement à avant, je n'ai pas cherché à faire taire mes émotions et mon chagrin. Je les ai vécus pleinement, avec Bella et le soutien de nos proches. Nos familles nous ont beaucoup épaulée. Renée a même logé chez Charlie quelques temps pour être auprès de Bella et moi. Ma mère n'a pas beaucoup vu sa maison non plus pendant les semaines qui ont suivi ce drame.
La maison était une véritable fourmilière. Il y avait toujours quelqu'un pour cuisiner, faire le ménage ou pour nous remonter le moral. Contre toute attente, Anne et Lili ont toujours su nous rendre le sourire, du haut de leur cinq mois et demi. Les deux petites chipies nous ont grandement aidées à garder le cap. Les voir sourire, babiller, jouer, commencer à se retourner et se tenir debout si on les tenait… Une vraie bouffée d'air frais dans ce tourbillon digne d'une descente aux enfers.
Au bout de quelques semaines, nous avions exigé de nos proches un peu d'espace. Si leur soutien sans faille a été plus que nécessaire, il a aussi fallu que Bella et moi puissions nous retrouver et avoir un peu de calme.
Sur un coup de tête, nous sommes partis à New York pour Thanksgiving, pour être loin de tout ce qui nous rappelait à notre malheur quelques jours. J'ai eu peur pendant un instant que cela fasse l'effet inverse sur Bella. Que tout ce vide, ce calme soit source d'angoisse. Mais non. Ce break dans la grosse pomme nous a permis de recharger les batteries et de faire le point.
Oui, cette grossesse s'est interrompue brutalement, aussi vite qu'elle a commencé. Oui, la perte de cet enfant a été, est et sera toujours difficile. Mais cela veut aussi dire que cela n'était pas le moment. Si le fœtus n'était pas viable, c'est qu'il y avait une raison. Nous ne la connaîtrons jamais, mais c'est peut-être dans un sens mieux comme ça.
Tout ne s'arrête pas après cet échec. Cependant, nous n'avons pas souhaité reprendre les essais immédiatement. Nous avons laissé passer quelques cycles, pour ne pas tomber dans l'acharnement de vouloir à tout prix tenter pour tenter. Parce que nous avions besoin de temps pour nous remettre de cette perte, mais aussi parce que nous avions l'impression de remplacer cet être perdu par un autre, comme si nous essayions de créer un bébé pansement, de remplacement.
C'est comme ça que nous nous retrouvons Bella et moi à la pharmacie à acheter un test de grossesse à détection précoce.
A l'image de Bella, je ne sais pas si je dois me réjouir ou non. J'ai envie tout comme elle qu'elle fasse ce test. J'ai envie de connaître le résultat. J'ai à la fois hâte et peur qu'il soit positif. J'ai peur de ma réaction s'il est négatif. J'ai peur de revivre tout ça en cas de test positif. J'appréhende de ne pas me réjouir en cas de résultat positif. Notre avenir est suspendu à un putain de bâtonnet et quelques gouttes d'urine.
Nous rentrons à la maison. Bella prend ma main et m'invite à la suivre à l'étage. Elle est troublée tout comme je le suis, je le sais et je le sens. Tout comme elle le sent elle aussi. Elle dépose le test sur sa table de chevet et s'assoit sur le bord du lit, les coudes sur ses genoux, le visage entre ses mains.
Je m'assois à côté d'elle, et dépose une main dans son dos, faisant quelques mouvements qui se veulent apaisants.
-Toi aussi, tu ne sais pas si tu dois rire ou pleurer, ou oser te réjouir si c'est positif, me demande-t-elle d'une voix blanche.
-C'est exactement ça. Mais rappelle-toi ce qu'on s'était dit. Si c'est négatif, ce n'est pas grave et si c'est positif, ce n'est pas parce que ça s'est mal passé une fois que ça se passera mal cette fois-ci, dis-je en reprenant les mots du Dr. Williams.
-J'ai à la fois envie de balancer ce test à la con et aller pisser dessus immédiatement, pour qu'on soit fixé.
-C'est toi qui décides. Ça peut aussi attendre demain matin. La présence d'hormones HCG si c'est un stade très précoce sera plus concentrée au réveil…
-Edward, je vais aller faire pipi sur ce fichu test maintenant, parce que tu passes en mode prof quand tu es stressé, dit-elle en faisant référence à mon déballage de cours de biologie sur la reproduction.
-Désolé… Tu veux que je vienne avec toi?
-Edward… Je sais que ça te stresse autant que moi, mais vraiment… Je vais réussir à viser, ne t'inquiète pas, tente-t-elle de dire avec une pointe d'humour. Je ne vais ni me perdre en chemin, ni tomber dans le trou, promis.
Elle se relève, m'embrasse et se dirige à la salle de bain, le test à la main. Elle s'enferme pour être tranquille et quelques minutes plus tard, le bruit de la chasse d'eau et de l'eau coulant dans le lavabo me parviennent.
Elle ressort de la salle de bain, le test à la main et le dépose résultat vers le bas sur la table de chevet. J'attrape mon téléphone dans ma poche pour lancer le chronomètre. Les trois minutes les plus longues de la journée. Bella s'installe sur mes genoux, un bras autour de ma nuque, ses jambes en travers des miennes. Je place une main dans son dos pour la retenir et la bercer contre moi.
J'appréhende. Vraiment. Au fond de moi, je me sens prêt, peu importe le résultat. Mais je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour Bella. Comment va-t-elle réagir? Est-elle prête à voir le résultat de ce test comme elle le prétend? Le chronomètre défile, les trois minutes s'approchent. Le temps est long, très long.
Bella anticipe la fin du compteur, tendant le bras pour attraper le bâtonnet qui déterminera notre avenir. Elle le maintient toujours face vers le bas, prête à le retourner à la fin du temps écoulé.
Ses yeux ne quittent pas les miens. A l'image des miens, ils font aussi l'aller-retour vers mon téléphone pour vérifier le temps imparti. Quand le chronomètre affiche enfin les 3 minutes nécessaires pour obtenir le résultat tant attendu, je coupe le chronomètre et verrouille mon téléphone avant de le balancer plus loin sur le lit.
Bella tend le test dans ma direction pour que je tienne l'autre extrémité. Elle me regarde droit dans les yeux. J'y lis l'amour, la confiance, mais aussi la peur. Elle est vraiment dans le même état que moi.
-Prêt, me demande-t-elle.
-A trois?
-Un, deux, trois, dit-elle en même temps que moi.
Nous retournons le test. Une seule barre, c'est négatif.
-Ça ne sera pas pour cette fois, dit-elle, rompant le silence. Ça va, me demande-t-elle.
-Je… Je crois que oui. Enfin, je ne sais pas. Je ne sais pas si j'aurais été prêt à voir deux barres aujourd'hui. …Et toi?
-Je crois qu'au fond de moi, je savais que ça ne serait pas pour cette fois. Et ce n'est pas grave. On réessaiera, on y arrivera et ça se passera bien.
-Comment tu fais, je lui demande.
-J'essaie de ne pas me laisser abattre pour ne pas sombrer. On a trop à y perdre, ajoute-t-elle, faisant référence à notre dispute, quand elle était partie de la maison, il y a de ça des mois.
J'admire sa force. Elle a fait tellement de chemin depuis l'année dernière. Et moi je me sens bien petit face à elle. Je ne pensais pas dire ça un jour, mais je suis fier de tout le chemin que nous avons parcouru. Nous en avons bavé, certes, mais j'aime ce que nous sommes devenus. Plus matures, plus forts, plus soudés. C'est dur à imaginer quand on repense à l'année écoulée, mais c'est pourtant la vérité: même si nous ne sommes pas complètement sortis de nos déboires, nous avons su traverser tout ça et en ressortir grandi. Le chemin est encore long, mais on y arrivera, j'en suis persuadé.
-A quoi tu penses, me demande-t-elle, en caressant mon visage, sa peau douce contrastant avec ma barbe de trois jours.
-A nous, je suis fier de nous, de ce qu'on a parcouru. D'autres auraient jeté l'éponge depuis bien longtemps.
-Et ça tombe bien, nous ne sommes pas les autres, ajoute-t-elle, tout sourire. Tu sais ce qui nous ferait du bien, lance-t-elle en quittant mes genoux.
-Vu ton grand sourire, tu vas me le dire, je la taquine.
-Le concours de pulls moches de Noël du Lodge, des nachos, une bière pour toi et un mocktail pour moi.
Alors, ce chapitre, comment l'avez-vous trouvé ?
Un bonheur de courte durée, mais une résilience à toute épreuve. Bella et Edward auront-ils le happy end qu'ils méritent ?
A vos pronostics !
A la semaine prochaine !
S.
