Hello à toutes (et tous ?) !

On se retrouve exceptionnellement un jeudi, parce que ma journée de demain s'annonce chargée et que je ne sais pas si et quand je pourrai poster. Alors plutôt que de vous faire attendre, je vous offre le chapitre de la semaine avec un peu d'avance !

En parlant d'avance, j'ai actuellement une dizaine de chapitres déjà écrits, alors si vous aimez les longues histoires, vous allez être servi(e)s ! DJPSH fera environ une vingtaine de chapitres, du moins c'est ce que j'imagine, à voir en réalité combien il y en aura !

Je tiens à remercier les personnes qui ont laissé des reviews, coeur sur vous ! Merci à Gwen who, Kaname, Miss Desiderium et Blackbutterfly207.

Je vois que vous êtes nombreuses et nombreux à lire cette fic en sous-marin, n'hésitez pas à vous manifester par un petit coucou, en laissant une review ou en m'écrivant un MP.

Petite annonce de service, comme on dit : j'ai publié un OS en deux parties qui se passe 25 ans après le départ d'Edward dans New Moon... Selon Gwen who ça vaut le détour, alors si vous aimez les Bella Badass, allez-y ! ;-)

Je vous laisse sans plus tarder avec le chapitre 6, bonne lecture !


Chapitre 6

Forks, 28 novembre 2019

POV Edward

Je n'ai pas vraiment l'esprit à la fête aujourd'hui. Je jette un dernier coup d'œil à la maison de Charlie avant de démarrer et de reprendre la route.

Initialement, nous devions passer prendre le père de Bella pour nous rendre tous ensemble chez mes parents pour Thanksgiving. Enfin, c'était ce qui était prévu, car à la place, j'ai déposé Bella chez Charlie pour qu'il veille sur elle le temps que déjeune en famille et ne revienne la récupérer.

Depuis la découverte du sopk de Bella, beaucoup de choses se sont passées. Dans un premier temps, nous avons dû interrompre les essais bébé pour qu'elle puisse reprendre sa contraception pour réguler à nouveau ses hormones. Cela a été un véritable coup dur pour elle.

Elle a vécu ça comme un véritable échec, à ne pas pouvoir accomplir ce pour quoi son corps est biologiquement fait, en plus d'être privée d'un de ses désirs les plus chers. Cela a été aussi dur à vivre pour elle que pour moi, non pas parce que je pourrais la blâmer pour cet échec, absolument pas, mais c'était compliqué émotionnellement de la voir se lamenter et se culpabiliser de la sorte. Elle en a beaucoup pleuré et depuis, le simple fait d'entendre parler de grossesse, de bébé, peu importe le contexte, déclenche en elle des réactions disproportionnées, comme ça a été le cas avec l'annonce de la grossesse de notre collègue Nancy, il y a quelques mois.

C'est un travail de chaque instant de la soutenir émotionnellement dans cette épreuve, pour la simple et bonne raison que j'ai enfoui mes propres émotions pour accueillir les siennes, bien trop fortes et tourbillonnantes pour elle. Ainsi, j'ai pu l'aider à garder pied, mais m'oubliant aussi un peu dans cette histoire que nous vivons à deux. Elle n'est pas la seule à en souffrir, mais sa souffrance est telle que je ne peux pas réellement exprimer la mienne, sous risque de nous voir couler tous les deux et je ne peux pas supporter cela.

Bella s'est considérablement éloignée de moi depuis quelques semaines. J'ai conscience que ce n'est pas voulu, mais j'ai de plus en plus de peine à vivre ce silence et cette distance qui s'est installée entre nous, bien malgré nous. J'ai autant besoin d'elle qu'elle a besoin de moi, mais je peine à percevoir son soutien car elle est trop prisonnière de son chagrin et de ses états d'âme. Je pourrais lui en vouloir pour ceci, mais je n'y arrive pas. J'aurais l'impression de rejeter la faute sur elle, alors que ce n'est absolument pas sa faute. Je prends donc sur moi, en attendant et espérant qu'elle réagisse.

Cette distance est d'autant plus difficile, car nous avons toujours été fusionnels, tant physiquement qu'émotionnellement. A toujours tout partager, nos joies, nos doutes, nos peines. Là, je peine à la sonder car elle se mure dans son mutisme et sa douleur, parce qu'elle a conscience que son mal-être m'impacte et qu'elle ne veut pas me faire souffrir. Mais ce qu'elle ne réalise pas, c'est qu'en agissant de la sorte, elle me fait souffrir bien plus que ce qu'elle peut penser.

Le diagnostic du sopk a été suivi d'une réaction en chaîne, faisant subir à Bella une multitude d'examens médicaux tous plus invasifs les uns que les autres.

Les investigations pour sa tension artérielle n'ont heureusement rien révélé de congénital, excluant tous problèmes de cœur ou d'artères, rendant le sopk seul responsable des valeurs anormales mesurées. Depuis, elle est sous traitement pour réguler sa tension. Ce traitement la fatigue beaucoup, n'aidant pas Bella dans son état général.

Quand elle n'est pas au travail, à peine elle s'installe sur le canapé ou dans le lit qu'elle s'endort instantanément. Malgré ses nombreuses heures de sommeil, elle est épuisée et peine à garder les yeux ouverts.

En plus de cela, elle a également commencé récemment un traitement pour sa glycémie et comme mon père, je suis inquiet pour elle, car le traitement par comprimé la rend extrêmement malade. Comme si elle avait besoin de ça par-dessus le marché. Les nausées et les vomissements sont le plus dur à gérer pour nous, car cela nous rappelle sans cesse en pleine face que ces symptômes ne sont pas la source d'une grossesse. Je ne compte plus le nombre incalculable de fois où je lui ai retenu les cheveux alors qu'elle vomissait, avant de fondre en larmes assise parterre dans la salle de bain.

Je me frotte le visage et je réalise alors que j'ai conduit en pilote automatique et que je ne sais pas depuis combien de temps je suis arrêté dans la cour chez mes parents, le moteur allumé. Visiblement assez longtemps, puisque ma mère arrive maintenant à ma hauteur.

Je sors rapidement de la voiture et elle a le bon goût de ne rien dire et ne poser aucune question et de simplement me prendre dans ses bras. Carlisle a respecté son devoir de médecin en respectant le secret médical, mais les autres ne sont pas dupes. Ils ont bien constaté que Bella n'est pas au meilleur de sa forme depuis quelques mois et nous leur avons expliqué dans les grandes lignes. Depuis, tous sont d'un soutien sans faille, tant pour elle que pour moi.

J'ai eu le temps de prévenir ma mère que Bella ne serait pas des nôtres aujourd'hui, mais je sens que son absence va jeter un froid sur ce repas. En effet, depuis que nous sommes ensemble, il n'y a pas eu un Thanksgiving qu'elle n'a pas passé avec ma famille. Même Charlie se joint à nous depuis des années, quand ses astreintes au poste de police le lui permettent.

Le repas se passe dans une bonne humeur relative, en tout cas pour moi. Je fais en sorte de ne pas trop plomber l'ambiance et de participer aux conversations, même si mon esprit ne peut s'empêcher de divaguer vers Bella.

Nous nous rassemblons au salon pour le café. Habituellement, c'est le moment où je m'installe au piano et je joue, mais aujourd'hui, je n'ai pas le cœur à toucher les touches d'ivoire, définitivement pas. Rien que de voir l'imposant piano au centre de la pièce me serre le cœur. C'est ici que j'ai composé la berceuse de Bella il y a bien des années. Je nous revois encore, moi jouant, elle blottie contre mon épaule, simplement ressentant la musique. J'expire un souffle étranglé, chassant ce souvenir heureux de mes pensées. Aujourd'hui, les seuls accords qui me viennent sont des accords mineurs reflétant douleur et tristesse.

Je suis sorti de mes pensées en sentant la main de mon beau-frère sur mon épaule. Jasper me désigne du menton la baie vitrée, me proposant implicitement de nous isoler pour discuter.

J'attrape mon gilet sur la méridienne du canapé avant de me lever et de le suivre. L'air froid de Forks est particulièrement saisissant pour la saison. La neige n'est déjà plus très loin et cela se ressent. Je serre les bras contre moi et m'appuie sur les coudes contre le rebord du balcon. J'expire lourdement, une trainée de buée chaude s'échappant de ma bouche. Jasper est le premier à briser le silence, alors que j'observe l'horizon devant moi.

-Pas besoin d'être devin pour savoir pourquoi tu es malheureux comme une pierre, commence-t-il sur un ton neutre. Mais la vraie question, c'est combien de temps vous allez rester comme ça avec Bella avant de vous déchirer.

Ses mots me font la sensation d'une lame en plein cœur. Jasper n'est pas un excellent psychologue pour rien. Il sait exactement cerner les gens et leurs émotions. Je pensais avoir plutôt bien caché mon malaise durant le repas, visiblement, je suis aussi facilement déchiffrable qu'un livre ouvert.

-Tu ne vas pas bien et Bella non plus, poursuit-il. Vous ne pouvez pas continuer comme ça sans aide extérieure. Vous vous aimez comme des âmes sœurs, vous ne pouvez pas laisser cette situation vous bouffer, dans le pire des cas, c'est le divorce qui vous pend au nez, termine-t-il, réaliste.

-Merci pour ton soutien Jasper, dis-je amer, tes mots ont le don de me réconforter.

-J'essaie de te secouer avant qu'on doive tous réellement te réconforter, Edward. Tu sais que je n'aime pas faire des heures sup' en dehors du cabinet, donc je ne dis pas ça de gaité de cœur.

-Mets-toi à ma place cinq minutes, je commence, légèrement sur la défensive, passant mes mains dans mes cheveux, nerveux et énervé. C'est à peine si on s'adresse la parole depuis quelques jours et là, je devrais débarquer tout sourire en lui disant, «tiens, allons voir un psy»? Tout ce que ça va faire, dis-je mauvais, c'est lui renvoyer en pleine face ce sentiment d'échec car en lui demandant ça, elle va penser que c'est elle le problème.

-C'est dans ce genre de moment que je constate que toi et Emmett êtes bien frères, me dit Jasper, excédé, se frottant le front. Tu n'as pas compris où je voulais en venir. Je ne te dis pas d'emmener Bella chez un psy demain parce qu'elle a un problème. Je te suggère de vous faire aider pour ne plus porter votre fardeau et tous vos problèmes à bout de bras tous les deux. Vous êtes fatigués. Parler de vos problèmes et de vos ressentis à quelqu'un d'extérieur, cela vous libérera d'un poids. Vous ne serez plus juste tous les deux à baigner dans vos emmerdes et à ne parler que de ça et ne vivre que ça tout le temps. Vous aurez plus d'espace pour vous pour vous retrouver et affronter tout ça sans flancher, termine-t-il.

-Tu as peut-être raison, je finis par dire, après avoir digéré ses paroles.

-Jasper Whitlock a toujours raison, lance-t-il d'un petit rire, souriant dans sa barbe, son accent texan ressortant subitement.

-Ça va les chevilles, demande Emmett en nous rejoignant. Maman s'inquiète pour vos petits culs gelés. Vous en mettez du temps pour vos messes basses, dit-il en se frayant un chemin entre Jasper et moi, nous saisissant par les épaules pour nous plaquer contre lui sans délicatesse, nous ramenant de force à l'intérieur.

En retournant au salon, je suis accueilli par mes parents, qui m'annoncent que Charlie a été contraint de partir au commissariat, laissant Bella seule chez eux. Je me décide à aller la rejoindre. Je rassemble mes affaires, et je salue tout le monde. Maman m'accompagne avec mon père jusqu'à la voiture et place dans le coffre un grand sac composé de restes, pour que Charlie et Bella profitent aussi un peu du repas. Après une étreinte et un baiser sur la joue, elle retourne à l'intérieur, me laissant seul avec mon père.

-Si elle ne va pas mieux d'ici ce week-end, je lui ferai un arrêt de travail, me dit Carlisle. Son état m'inquiète un peu. C'est normal que son corps réagisse au traitement pour sa glycémie, mais les effets secondaires devraient s'atténuer maintenant.

-Ce qui m'inquiète le plus, je commence en repensant à ma conversation avec Jasper, c'est l'impact psychique des effets secondaires. Nausées, vomissement…

-Ça rappelle les symptômes d'une grossesse et ça remue le couteau dans la plaie, constate-t-il. Jasper a fait son rôle de psy, demande-t-il en faisant référence à notre conversation de tout à l'heure. Cela ne pourra vous faire que du bien, tu sais, poursuit-il. Il n'y a pas de honte ou de faiblesse à se faire aider.

-Je sais, lui dis-je. Tu pourras regarder avec Jasper pour le nom d'un confrère, s'il te plaît, il faut que j'y aille.

-Je t'envoie ça par sms plus tard. Fais attention sur la route et prends bien soin de Bella, me dit-il alors que je m'installe dans la voiture.

Je le salue de la main alors que je manœuvre dans l'allée. Je fais rapidement le trajet jusqu'à chez Charlie et je retrouve Bella à moitié endormie dans le rocking-chair de son ancienne chambre, un livre à la main.

Cela me fait tout drôle de revenir ici après tant d'années. Je ne peux m'empêcher de sourire au nombre incalculable de fois où je pensais avoir été discret en me faufilant dans la chambre de Bella, en escaladant l'arbre devant la fenêtre. Cela avait valu l'hilarité générale lors du discours de Charlie à notre mariage.

Bella relève la tête vers moi et me sourit alors que je me penche pour l'embrasser. Elle a l'air fatiguée mais en meilleur état que ce matin, c'est déjà ça. Nous passons le reste de l'après-midi au salon, blottis sur le canapé, à attendre le retour de Charlie pour réchauffer les restes du repas de Thanksgiving.


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Qu'imaginez-vous pour la suite ?

Je vous dis à la semaine prochaine !

A bientôt,

Solange