Bonjour tout le monde !
Comme d'habitude, un grand merci aux fidèles lectrices, Gwen et Kaname !
Aujourd'hui, on se retrouve pour la suite du séjour à Aspen. J'espère que cela vous plaira. On se retrouve plus bas, bonne lecture !
Chapitre 12
Aspen, 18 janvier 2020
POV Bella
Sentant que si je ne prends pas rapidement un antidouleur, les choses ne vont pas aller en s'améliorant, je me rends à la salle de bain pour avaler un comprimé. Quand mon regard se pose sur la baignoire dans le reflet du miroir, je ne peux m'empêcher de sourire et de rougir. Il n'y avait pas meilleure façon que de commencer notre week-end.
Quand je regagne la chambre, je prends mon téléphone et constate qu'Edward a bien été kidnappé par les autres pour une sortie ski, ils sont partis il y a une heure, me laissant seule avec Rosalie. Je lui envoie un message en retour, même si je me doute qu'il ne prendra pas le temps d'y répondre sur les pistes.
Je me réinstalle dans le lit, en espérant que la douleur lancinante passe, mais sans succès. Je sens mon bas ventre se contracter, envoyant comme des décharges dans mes ovaires. Je pourrais modéliser mon utérus en 3D tant la sensation d'inconfort est désagréable. J'en ressens même des douleurs dans le bas du dos, comme un brouhaha. Cette sensation est la plus désagréable de toutes: avoir l'impression que quelqu'un essaie de percer l'os du bassin à la foreuse, en continu. Habituellement, la prise de médicament me permet de supporter la douleur, mais aujourd'hui, celle-ci se manifeste de façon particulièrement intense par rapport à mes autres cycles.
La chaleur et la position allongée ne faisant rien pour améliorer mon état, je tente ma chance en allant prendre une douche chaude. Cela me permettra, je l'espère, de décontracter les muscles et de réduire la douleur.
Après être restée longtemps sous l'eau chaude, je m'habille avec mon ensemble de jogging, non sans enfiler une culotte menstruelle avant, mieux vaut être prête à toutes les éventualités et ne pas être prise au dépourvu.
Ne souhaitant pas rester seule toute la journée dans la chambre, je me munis de ma bouillotte et d'un livre et je descends au salon, où j'espère rejoindre Rosalie. Il n'est pas si tard, il est encore temps de préparer un petit déjeuner, si elle souhaite en partager un avec moi, si ses nausées matinales le lui permettent.
Quand j'arrive en bas, je la trouve allongée nonchalamment sur un des canapés. Une main sur ses yeux, l'autre sur son ventre déjà légèrement arrondi. Je la salue et je n'obtiens en retour qu'un gémissement plaintif, puis des excuses marmonnées.
-Désolée, je ne suis pas de très bonne compagnie, s'excuse-t-elle.
-Je ne t'en tiens pas rigueur, je ne suis pas plus en forme que toi, je lui réponds en agitant ma bouillotte.
-Tes règles? Si tu préfères les nausées et les douleurs ligamentaires, on peut échanger, si tu veux, essaie-t-elle de rire, mais s'interrompt bien vite pour respirer calmement et profondément pour faire passer la nausée.
-Je ne suis pas sûre que tu aies envie d'être coupée en deux, avec un marteau piqueur dans le dos, lui dis-je en m'allongeant sur le canapé d'en face. Si je ne voulais pas d'enfants, je ne dirais pas non à ce qu'on m'enlève tout, j'ajoute en frémissant à cette idée.
-Crois-moi, Bella, être enceinte, c'est une super expérience, enfin, paraît-il, parce que pour le moment à part être crevée, avoir mal partout et vomir tripes et boyaux, je n'ai pas une vision super positive de la chose. Enfin si! La poitrine XXL et Emmett aux petits soins, rit-elle. Mais avoir un utérus rétroversé, ce n'est pas une partie de plaisir, donc je comprends que tu aies du mal avec tes douleurs, termine-t-elle en se mettant sur le flanc pour me faire face.
Nous poursuivons notre discussion sur le sujet. Rosalie m'apprend qu'elle a longtemps cru avoir de l'endométriose et qu'aucun médecin ne comprenait ses douleurs, jusqu'à ce qu'elle déménage et change de gynécologue. Elle a enfin pu comprendre ce qui lui arrivait et trouver des solutions pour apaiser ses douleurs.
Son utérus n'est pas positionné comme pour la plupart des femmes. Cela n'induit aucun problème gynécologique en soi, en dehors des règles plus douloureuses qu'à l'accoutumée et des douleurs pelviennes chroniques. Cela ne pose pas de souci au niveau de la fertilité, mais cela peut faire en sorte que le ventre de grossesse sera moins visible que pour une grossesse classique. Dans son cas, attendant des jumeaux, la question ne se pose pas, son ventre est déjà bien visible à presque quatre mois de grossesse.
Pendant un moment, nous discutons de nos galères gynécologiques respectives, comprenant l'autre tant nos parcours sont similaires sur de nombreux points. Elle m'explique longuement et sans tabou ce qui a fonctionné pour elle pour éviter les douleurs lors des rapports sexuels et elle se lance dans une explication détaillée des étapes du diagnostic de l'endométriose, les examens à faire et leurs particularités.
Je ne me réjouis pas trop d'y passer à mon tour dans quelques semaines, mais si c'est le prix à payer pour avoir des réponses, je suis prête à subir ce moment peu agréable. En soit, l'IRM n'est pas un problème, il suffit de rester immobile pendant quarante minutes dans une machine qui fait du bruit. En revanche, la préparation en amont ne m'enchante guère: descente alimentaire et régime «anti-résidus», prise de laxatif pour permettre une bonne visibilité en cas d'endométriose digestive et enfin, le clou du spectacle avant l'examen, les deux seringues de gel à introduire respectivement dans le vagin et l'anus pour permettre une meilleure visibilité à l'imagerie.
Rosalie m'a rassurée, ce n'est certes pas un super moment à passer, mais c'est indolore en comparaison à nos autres douleurs menstruelles. Les soignants sont toujours très à l'écoute sont formés à nous accompagner dans ces moments-là.
Je ne me réjouis pas de ce moment, mais dans mon malheur, je suis rassurée car je vais faire cet examen dans une clinique spécialisée dans les maladies gynécologiques. Ils sont donc au fait et spécialisé dans ce genre de prise en charge et je sais que je serai entre de bonnes mains.
Après notre discussion, mes douleurs se sont un peu atténuées et les nausées de Rosalie aussi. Nous rions de notre état, très adéquat pour profiter d'un week-end en famille dans un cadre idyllique.
Rose et moi nous attelons à la préparation du repas de midi, car nous avons reçu des nouvelles de nos skieurs, qui ne vont pas tarder à rentrer. La neige est bonne, mais la fréquentation rend les descentes moins agréables. Ils ont suffisamment profité de la glisse pour nous honorer de leur présence.
L'après-midi se déroule tranquillement, entre lecture au coin du feu pour les uns, partie endiablée de babyfoot pour les autres. Voir Edward avec son frère et Jasper s'amuser comme des gamins me fait sourire. Cela fait du bien de le voir détendu et heureux, à mille lieues de nos soucis personnels toujours présents en toile de fond, comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.
Parfois, j'oublie que nous avons vingt-six et vingt-sept ans, tant nous sommes pris dans le tourbillon de la vie: métro, boulot, dodo et maladies chroniques. La seule chose qui distingue ma prescription médicale d'une personne âgée de soixante ans est la pilule contraceptive. Ma nouvelle hygiène de vie exclut sorties nocturnes, alcool et fêtes, comme n'importe quelle personne de moins de trente ans. Pas que cela me manque, parce que je n'ai jamais été une fêtarde, mais parfois, j'ai le sentiment de passer à côté de ma jeunesse et de mon insouciance et indirectement de priver Edward de cela aussi.
J'ai pourtant conscience que je ne le prive de rien, mais je sais que son amour inconditionnel pour moi va le pousser à renoncer à une sortie en ville avec des amis pour passer la soirée à mes côtés. Et quand je le vois ainsi, jouant et riant avec son frère et Jasper, en plus de me mettre du baume au cœur, j'ai aussi cette petite lame qui me transperce.
Parfois, j'envie Alice. Edward est le deuxième enfant de la fratrie, derrière Emmett, de deux ans son aîné et devant sa sœur cadette Alice, âgée de vingt-trois ans. Alice est une tempête à elle seule, vivant passionnément et avec enthousiasme tous les aspects de sa vie. Elle vit à fond, tout le temps. Elle ne se pose pas de questions et vit sa vie comme elle l'entend, et cela lui réussit. Elle a fait de sa passion pour la mode son métier, en ouvrant sa boutique en ligne d'abord, puis en ouvrant une boutique physique à Port-Angeles tout récemment. Elle navigue dans sa vie avec une telle facilité que c'en est à se demander comment elle fait. Tout semble si fluide, si facile. Cela fait deux ans qu'elle et Jasper se sont trouvés et ils ont une merveilleuse influence sur l'autre. Jasper la canalise et Alice le déride.
A l'inverse, ses derniers temps, Edward et moi cumulons les épreuves et les échecs, comme si la vie avait injustement réparti ses lots à la loterie. Je suis consciente que ce n'est sûrement que passager, que nous traversons cela du mieux que nous pouvons et que nous faisons de notre mieux pour nous en sortir. Je soigne mes maladies chroniques pour améliorer ma santé et ma fertilité. Je prends soin de ma santé mentale. Nous voyons un thérapeute à deux pour nous aider à surmonter tout ça. Je suis persuadée qu'un jour la roue tournera pour nous, mais par moment, c'est injuste et frustrant de stagner dans cette situation qui est la nôtre, d'être dans l'attente d'examens pour un potentiel diagnostic qui ne fera que rajouter une difficulté de plus à notre lot déjà bien conséquent.
Je referme mon livre et monte à l'étage pour reprendre un cachet. J'anticipe la fin des effets de l'antalgique pour éviter au maximum une nouvelle crise aigue de douleur. Quand je redescends au salon, une main sur le bas ventre et l'autre dans le dos, cela n'échappe pas à Edward, qui vient m'enlacer, plaçant stratégiquement ses mains dans le creux de mes reins.
-Edward, ça va aller, ne t'inquiète pas pour moi, lui dis-je, alors qu'il délaisse sa partie de babyfoot.
-Tu sais que je n'aime pas te voir souffrir, me répond-il en frottant le bas de mon dos.
-Je sais, mais vraiment, ne t'inquiète pas, ça va passer. J'ai pris un antalgique, j'ajoute pour le rassurer.
Ayant compris le message, il retourne à sa partie avec les garçons. Un peu plus tard, nous nous lançons par équipe dans un tournoi et à la surprise générale, nous nous faisons tous écraser par Esmé et Carlisle, qui nous ont avoué avoir peaufiné leur technique pendant la semaine.
Plus tard dans la soirée, peu de temps avant le repas, Edward insiste pour m'emmener dîner au centre d'Aspen. Nous laissons donc les autres à leur sort et grimpons dans un taxi, qui nous dépose devant un restaurant italien du centre-ville.
Nous dînons tranquillement en tête à tête, parlant de sa sortie ski du matin, de ma discussion avec Rosalie, et même de mes réflexions de tout à l'heure. Comme je le pensais, Edward ne se sent pas privé de quoi que ce soit, au contraire. Il apprécie son quotidien, son travail, sa vie avec moi à la maison ou au boulot. Il n'a besoin de rien d'autre pour être heureux et satisfait. Je bute sur ce point, car je sais que ce n'est pas tout à fait vrai: il sera parfaitement comblé le jour où nous aurons des enfants.
Une fois le repas terminé et l'addition payée, nous décidons de nous balader dans les rues lumineuses et pittoresques d'Aspen. Main dans la main, nous parcourons les rues enneigées, nous arrêtons devant les vitrines encore achalandées avec leurs décors de fête.
Lorsque nous rejoignons la grande place, Edward me tire à sa suite jusqu'à la patinoire. Plutôt réticente à chausser des patins à glace avec ma maladresse, il ne me laisse pas vraiment le choix et me guide sur la glace. Edward me tient les mains en patinant à reculons quelques tours, avant que je sois suffisamment à l'aise pour patiner avec lui main dans la main.
A cet instant, je me sens bien, heureuse et insouciante. Je profite de l'instant, de ce moment privilégié avec mon homme. J'en oublie nos soucis, mes douleurs et je me sens libre et légère à glisser sur la glace. Je suis si à l'aise que je parviens même à lâcher sa main, le défiant à la course. Il se met à ma poursuite, nous avons sûrement l'air de deux imbéciles, complètement hilares sur la glace, mais je m'en fiche. Après un peu plus d'un tour, Edward parvient presque à m'attraper. En voulant l'éviter, je perds l'équilibre et heureusement pour moi, il parvient à me rattraper avant la chute.
Je me retrouve projetée contre son torse, le nez dans son cou, ses bras me serrant contre lui. Je ne tiens plus réellement sur mes pieds, mais je m'en moque un peu. Je sens que nous ralentissons, jusqu'à sentir mes talons et mon dos buter contre la paroi de la patinoire. Je relève la tête vers Edward et mes yeux rencontrent les siens, qui se fixent sur mes lèvres.
A cet instant, j'ai l'impression d'avoir à nouveau seize ans. Je me perds dans son regard émeraude, alors que ses lèvres attrapent les miennes pour un doux baiser. Plus rien n'existe autour, si ce n'est les bras d'Edward qui m'encerclent. Rien ne compte en dehors de ses lèvres sur les miennes, de son souffle qui se mêle au mien et son nez froid qui caresse le mien alors que ses lèvres bougent toujours sur ma bouche, à la recherche de plus de contact. Après ce qui me semble un temps infini de douceur, Edward nous sépare, front contre front, caressant mon dos. Ses yeux cherchent les miens et j'y vois cette même lueur qu'il doit voir dans mes prunelles : l'insouciance, le bonheur et l'envie. Nos regards parlent pour nous.
Il saisit ma main et m'entraîne avec lui sur la glace pour rejoindre la terre ferme. Nous commandons un taxi pour rentrer à la location et une fois rentrés, nous nous dépêchons de monter les escaliers sous le regard amusés de ceux encore présents au salon. Il n'y a aucun doute, demain, nous aurons droit à des commentaires salaces de la part d'Emmett, comme Edward a dû endurer au ski le lendemain de notre bain.
Lorsque nous arrivons dans la chambre, Edward s'empresse de tourner le verrou et se jette à nouveau sur mes lèvres. Cette fois-ci, le baiser est moins tendre, plus urgent. Sans grande cérémonie, il m'allonge sur notre lit pour continuer à explorer ma bouche et mon corps de ses lèvres.
Mon bas ventre se réveille à son contact, mêlant désir et douleurs de règles. Edward, toujours attentif à tout, remarque l'inconfort qui marque mon visage et s'interrompt dans sa course folle vers mon décolleté.
-Si tu as mal, on reste chaste, Bella, souffle-il avant d'embrasser mes lèvres, faisant des cercles apaisants sur mon bas ventre d'une main, caressant ma joue de l'autre.
-Désolée, dis-je lassée d'être toujours importunée par mon corps dans ce genre de moment.
Les bras d'Edward s'enroulent étroitement autour de moi, plaçant stratégiquement ses mains et son corps chaud contre moi. Son contact et sa chaleur me soulagent quelque peu, mais cela n'enlève en rien la frustration que j'éprouve en ce moment. Même s'il ne l'avouera jamais, il est dans le même état que moi, car je sens son érection palpiter contre ma cuisse à travers nos vêtements.
Je repense subitement aux paroles de Rosalie, plus tôt ce matin. Étrange, je sais, vu l'instant, mais il y a peut-être quelque chose à tester. Me voyant pensive dans ses bras, Edward m'interroge silencieusement du regard. Je ne rougis rien qu'à l'idée de ce que je vais lui dire.
-Tu sais, je commence timidement, Rosalie m'a parlé ce matin de quelque chose qui l'aide pour ses douleurs de règles.
Je lui chuchote alors à l'oreille mon idée et j'en profite pour mordiller son lobe au passage, lui arrachant un gémissement… à moins que ma proposition en soit responsable.
Il ne lui en faut pas plus pour repartir au quart de tour et de nous faufiler sous les draps pour tester mon idée, qui contre tout attente, s'avéra utile et agréable. Merci Rosalie!
Petit moment tendre entre Bella et Edward, ce week-end en famille offre une douce parenthèse à nos protagonistes... Avant que ça se gâte ? A vos pronostics !
A la semaine prochaine pour la suite !
Solange
PS : a la fin de la publication de cette fiction, un OS arrivera et je suis actuellement en train de terminer l'écriture de DJPSH avec un pincement au coeur. Je prépare aussi mes notes pour une future fiction, qui s'annonce prometteuse selon Gwen... Si j'arrive à l'écrire parce que ça va partir dans tous les sens hahaha
