Le juste vivra par sa loyauté


Chapitre 6 : Grosse(s) bourde(s)


Eva avait fait une énorme bourde ce matin.

« Doux Merlin ! Eva ! Apparemment il y a eu une attaque sur une délégation du Ministère, » lui avait dit Emmeline au petit-déjeuner, ses yeux verts agrandis par un trait d'eye-liner collés au nouveau numéro de la Gazette des Sorciers et l'air de se sentir très concernée par ce qu'elle lisait.

Les yeux d'Emmeline virevoltaient à une allure impressionnante. Comme à son habitude, Emmeline murmurait du bout des lèvres ce qu'elle lisait.

C'était physiquement impossible pour Emmeline de lire sans marmonner à voix haute.

Une fois, Akash lui avait même pincé lui-même les lèvres entre ses doigts pour lui prouver que, si, c'était possible de lire sans aucun bruit. Au bout d'une trentaine de secondes durant lesquelles on pouvait voir le visage d'Emmeline se crisper de plus en plus, elle avait fini par se révolter en disant que c'était du harcèlement moral et que « vous n'êtes qu'une bande de moqueurs, putain ! » puis elle était partie en trombe, des larmes de frustration aux yeux. Depuis, tous les Poufsouffles prenaient tous bien soin de la laisser marmonner autant qu'elle le souhaitait.

Et si quelqu'un avait le malheur de faire un commentaire, Eva leur faisait signe de se taire.

La dernière fois que c'était arrivé c'était dans la bibliothèque où Marlène McKinnon avait, de manière très surprenante, décidée de s'asseoir à la table d'Eva et d'Emmeline. La décision de la Serdaigle avait toutefois paru logique une fois qu'Eva avait fait un tour d'horizon et remarqué que toutes les tables autour étaient prises.

Eva se rappelait encore précisément de cette journée de fin mai. Il n'y avait plus qu'une semaine et demi avant que les examens ne leur tombent dessus et chaque seconde qui passait la faisait culpabiliser puisqu'elle n'arrivait pas à se concentrer sur ses putains de cours.

Son agitation lui avait valu une réprimande de la part d'Emmeline dont le marmonnement lorsqu'elle lisait était devenu un chuchotis enragé comme si cela lui permettrait de graver dans sa mémoire les 17 propriétés de la potion de Lafève. Eva avait donc rangé entre ses cuisses ses mains qui tapotaient frénétiquement la table et avait commencé à s'enfoncer les ongles dans la paume de ses mains à la place.

Ce midi-là, la rumeur de l'accident de Mary McDonald avait atteint ses oreilles. Personne n'avait vu la jeune Gryffondor de la journée mais le bruit courait que l'écho de ses cris hystériques avait hanté le couloir de l'infirmerie la nuit dernière. Emmeline leur avait raconté cela en ajoutant des « doux Merlin, j'espère qu'elle va bien » remplis de pitié toutes les deux secondes. Ça avait horripilé Eva mais elle était toutefois restée muette. D'une oreille distraite, elle avait écouté Charlotte argué qu'il n'y avait aucune preuve pour concourir la réalité du commérage.

« Je dis seulement ce qu'on m'a dit. Pas besoin de me parler comme ça.

Merde Em', arrête de tout prendre mal !

Comment ça je prends mal les choses ? Tu t'es entendue ces derniers temps ? »

Ce midi-là, Eva s'était assise en face de la table des Gryffondors. La chevelure rousse foncée de Lily Evans était comme un phare en pleine tempête – impossible de la rater. Ce qui avait été surprenant était de voir qu'elle était assise entre Sirius Black et Remus Lupin qui mangeaient tranquillement comme si ce n'était pas totalement incongrue qu'ils soient assis avec Lily Evans sans James. Bien sûr, les deux autres amies de la Gryffondor étaient là elles aussi – Lucy Emerson et Saoirse Stewart – mais le fait que James se soit installé à l'autre bout de la table des lions en compagnie de Peter sentait la magouille à plein nez.

Clairement, il avait demandé à ses amis de servir de bouclier humain pour que personne n'ose importuner les filles de sa promotion. C'était suffisant pour qu'Eva sache que les rumeurs disaient vraies.

Eva ne se rappelait plus du reste du déjeuner. Elle se rappelait juste de la crispation de ses muscles qui lui avaient valu un mal de dos des enfers alors qu'elle s'efforçait d'ignorer son impression que quelqu'un derrière elle la fixait. Elle faisait dos à la table des Serpentards.

Cet après-midi-là, une heure avant d'accompagner Emmeline à la bibliothèque dans une tentative désespérée de bachotage, Eva avait cru entendre un murmure chuchoté à son oreille :

« C'est toi la prochaine. »

Cet après-midi-là, son mal de dos était devenu un mal de tête. A chaque fois que quelqu'un passait derrière sa chaise, Eva se retenait de sursauter. Et, lorsque Marlène McKinnon était soudainement apparue en demandant si elle pouvait s'asseoir à leur table, Eva s'était griffée avec ses ongles. Puis, lorsque Eva avait entendu le claquement agacé de la langue de Marlène s'ajouter au marmonnement presque aussi fervent qu'une prière d'Emmeline, Eva avait tellement été à cran qu'elle n'avait pas hésité. Elle avait donné un coup de pied à la Serdaigle. Le regard choqué de cette dernière lui aurait fait se rependre en excuses un autre jour mais, cet après-midi-là, Eva lui avait juste fait signe de se taire en agitant sa main devant sa gorge, les sourcils froncés.

Eva avait regretté son geste une seconde plus tard lorsque les yeux bleus électriques de la Serdaigle s'étaient posés sur la griffure au dos de sa main qu'Eva s'était infligée cinq minutes plus tôt.

« Tu saignes, avait constaté platement la Serdaigle.

Apparemment, » avait simplement répondu Eva avant de cacher de nouveau sa main sous la table.

Et ça avait été la fin de la conversation.

Marlène McKinnon avait changé de place.

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Pour en revenir à sa bourde matinale, Emmeline avait donc annoncé la nouvelle d'une attaque sur des membres du Ministère. Sachant pertinemment qu'Emmeline le lui disait de manière machinale puisqu'elle adorait partager – dans ce cas-ci, consciemment - ce qu'elle lisait dans la Gazette, Eva profita perfidement de son manque d'attention.

« Ah oui ? Où ça ?

— A Londres. Mais c'est affreux ! C'était une réunion avec des français. Il y aurait 9 morts et 3 trois disparus, sans compter les blessés. La fille de Bertha Jorkins ferait partie des morts en plus. Doux Merlin, c'est vraiment affreux. Les pauvres familles ! »

Et Eva avait juste fait les « hum, hum » compatissants nécessaires. Heureusement pour elle que Charlotte n'était pas là ce matin, s'étant levée plus tôt et ayant disparu quelque part.

Eva avait menti – par omission mais ça restait toujours un mensonge.

Pourtant, elle n'arrivait pas à le regretter. Emmeline ne connaissait rien de sa vie de famille. Ça pouvait paraître surprenant mais c'était d'une facilité incroyable de devenir ami avec quelqu'un à Poudlard et de ne jamais parler de sa vie de famille. Il se passait tellement de choses au sein du château, tellement de personnes et de sortilèges à découvrir qu'avoir des parents paraissait comme un lointain souvenir.

Toutefois, c'était évident qu'Eva connaissait d'A à Z la relation qu'entretenait Emmeline avec ses parents puisqu'Emmeline ressentait le besoin de s'épancher sur tous les maux de sa vie à qui voulait l'entendre. Emmeline Vance était donc fille unique, héritière d'un petit patrimoine familial qui avait souffert de la décision précipitée de Madame Vance de briser ses fiançailles à ses 17 ans pour se marier avec un sorcier américain qu'elle avait rencontré lors de son enterrement de vie de jeune fille.

Enfin...

« Briser ses fiançailles » était la manière officielle pour dire que Madame Vance avait vécu une soirée très alcoolisée et s'était mariée sans trop réfléchir au charmant américain dont la lignée peu respectable avait vu voir rouge aux grands-parents Vance une fois qu'ils avaient vu la bague au doigt de leur fille aînée. Le père d'Emmeline avait beau être d'une famille de sorciers depuis deux siècles mais être américain et d'une jeune famille bourgeoise ? C'était assez pour que Madame Vance se fasse désavouée vite fait bien fait.

D'après Emmeline, ce "déshéritage" soudain était toujours vécu comme une blessure ouverte pour Madame Vance qui avait été élevée avec une cuillère d'argent dans la bouche en tant que première née. C'était donc sur Emmeline que reposait tous les espoirs de Madame Vance pour que leur branche de la famille réintègre le cercle très huppé des Sang-Purs anglais.

Et Emmeline avait beaucoup sur le cœur à cause des pesantes attentes de la part de sa mère qui ne comprenait pas « qu'une fois qu'on baise pour la première fois avec un américain moustachu et qu'on se marie la même nuit avec, c'est mort. Plus d'héritage de Papa et Maman » dixit Emmeline.

Eva n'eut pas trop le temps de réfléchir sur son absence de regret puisque les gars apparurent.

Jeff arracha le journal des mains d'Emmeline qui poussa un cri de protestation avant qu'elle ne capte que c'était Jeff et que Jeff s'était assis à côté d'elle.

« Il est à côté de moi, » fit Emmeline du bout des lèvres à Eva, l'air complètement paniquée par ce constat.

Un autre jour, Eva lui aurait fait un clin d'œil joueur pour répondre à son regard hurlant à l'aide. Elle n'aurait pas hésité non plus à faire un petit commentaire déplacé qui aurait fait rougir d'embarras Emmeline. Aujourd'hui, elle lui fit juste un petit sourire amusé avant de baisser les yeux vers son assiette où son reste d'œufs brouillés et de bacon ne lui donnait aucunement envie.

Elle s'était réveillée le ventre grondant après avoir sauté le repas de la veille et pourtant elle se sentait incapable d'ingurgiter une bouchée de plus.

« Hé, Eva. Tu m'expliques pourquoi Meredith voulait que je te donne ça ? Elle n'a rien voulu me dire. »

Un papier plié en quatre coincé entre un index et un majeur apparut sous le nez de la Poufsouffle.

Eva leva le nez et capta le regard de Howard qui s'était imposé entre Amos et elle, sa main posée sur la nappe de la table.

Amos se pencha en avant pour capter le regard d'Eva malgré le corps imposant de Howard entre eux, un sourire amusé aux lèvres :

« Ça ne serait pas par rapport à votre Club de loooosers ? demanda Amos en détachant d'une manière moqueuse chaque syllabe pour parler du groupe d'étude. Akash n'a rien voulu me dire mais t'avais l'air prête à tuer quelqu'un hier quand t'es passée dans la Salle Commune. »

Eva leva les yeux au ciel, prenant d'un geste sec le papier des mains de Howard :

« La ferme, Amos, claqua sèchement Eva, ne faisant pas attention à son ton, habituée qu'elle était à rabrouer Amos. Va t'occuper de ta Godfried, tu veux.

— Oh chérie, je me suis très bien occupé d'elle touute la nuit si tu vois ce que je veux dire. Elle doit être en train de s'en remettre. »

De manière peu surprenante, le commentaire grivois d'Amos déclencha le rire du reste des garçons. Howard frappa même le dos d'Amos comme un vrai poto. Si Meredith Ravencrest le voyait rigoler à ce commentaire dégradant sur un membre de la gente féminine, elle n'hésiterait certainement pas à le quitter sur le champ.

Eva avait dit ce commentaire sur Kate Godfried au hasard. Elle n'était même pas au courant qu'Amos s'était remis avec la Serdaigle depuis que cette dernière lui avait fait une scène plus tôt dans la semaine, n'appréciant pas les rumeurs courant sur Eva et Amos qui sous-entendaient qu'elle s'était fait cocu. Décidément, Amos savait se faire pardonner lorsqu'il le voulait. Heureusement que Charlotte n'était pas là pour l'entendre.

« T'es dégueulasse, Amos. J'ai besoin de te rappeler qui est ma meilleure amie ? lui demanda froidement Eva, jetant un regard mauvais à son camarade.

— Re-laaxe, soupira Amos en roulant ses yeux d'un air exaspéré, gardant toujours son rictus imbu de lui-même. J'ai besoin de te rappeler que moi et ta copine c'est terminé ?

— Pas besoin. Ce n'est pas comme si vous ne me le rappeliez pas tous les jours. »

Décidant qu'elle en avait assez, Eva se leva abruptement, n'oubliant pas de lancer un « merci » dans la direction de Howard avant de partir.

« Allez Eva, fais pas la tête ! » s'exclama Amos.


Désolée


Un esclaffement incrédule lui échappa.

Eva ne savait pas pourquoi elle s'était attendu à un roman de la part de Meredith Ravencrest. La Gryffondor n'était pas du genre à s'épancher.

C'était stupide de sa part mais Eva ne pouvait s'empêcher de se sentir frustrée. Frustration qui avait disparu une fois endormie mais il avait fallu que Ravencrest et son caractère direct fassent leur apparition. Et maintenant, sa mauvaise humeur de la veille était revenue.

Eva et Meredith n'étaient pas très proches et la Gryffondor avait même fait l'effort de s'excuser. Pourtant, Eva ressentait plus d'énervement que la semaine d'avant lorsque Charlotte lui avait parlé comme si de rien n'était au réveil. Comme si la veille elle ne lui avait pas hurlé dessus à s'en casser la voix « FOUS-MOI LA PAIX PUTAIN DE MERDE ! » avant de jeter par terre tout ce qui lui tombait sous la main. Effrayée par ce nouveau pic de colère, Eva avait failli trébucher dans sa précipitation pour quitter la salle de bain.

« Qu'est-ce qui te fait rire ?

— Putain ! » Eva tressaillit à l'entente d'une voix si proche de son oreille.

Elle se retourna en un sursaut. A la vue de son air effrayé, James lui offrit un sourire penaud :

« Oups ?

— Espèce d'idiot ! s'exclama Eva en se ressaisissant pour frapper le bras de James. Tu m'as foutu la trouille !

— C'est pas de ma faute si tu es une vraie froussarde. Pas étonnante que tu sois une Poufsouffle, fit James avec son petit air d'enquiquineur qui avait le don d'agacer la jeune fille en une seconde.

— Poufsouffle toi-même, lui rétorqua Eva en se rapprochant de lui pour lui donner un nouveau coup, à l'épaule cette fois-ci.

— Eh mais tu es au courant au moins que tu es une Poufsouffle ou quoi ? s'exclama James. Parce que là tu es en train de t'insulter toi-même tu le sais ?

— Très drôle, railla Eva sarcastiquement. Et qu'est-ce que tu fais là d'abord ? Tu ne fais pas la grasse matinée pour une fois ?

James passa une main agitée dans ses cheveux laissant son regard se déporter vers la porte d'entrée de Poudlard qui était fermée à cette heure-ci.

— Tu me prends vraiment pour un flemmard. Tu es au courant au moins que j'ai des entraînements de Quidditch ce qui fait que je suis habitué à me lever tôt ? dit lentement James, lançant un regard désabusé à la Poufsouffle qu'il trouvait bien bête sur le coup.

— En même temps, vu l'état dans lequel tu étais hier, ça m'étonne que tu sois debout. Je pensais que tu serais encore en train de cuver.

— Ah ça…, dit lentement James, grimaçant et regardant autre part, j'aurais préféré que tu ne vois pas ce spectacle. Ce n'était pas vraiment prévu, ajouta-t-il en haussant les épaules, frottant ses boucles d'une main agitée. Et toi alors ? Tu t'es calmée depuis hier ? J'ai bien cru que tu allais sauter sur Ravencrest, commenta-t-il en regardant la brune avec attention.

— Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit Eva sans broncher. Et d'ailleurs, pourquoi est-ce que vous vous êtes décidés à vous bourrer la gueule hier ? Dans votre Salle Commune en plus ? Pour un surdoué, t'es vraiment pas malin. Même les Cuisines auraient été une meilleure idée que la Salle Commune, soupira-t-elle en secouant sa tête d'un air dépité. Franchement, il y a toute ton éducation à refaire. »

Finalement, James parut atteindre ses limites. Il poussa un grand soupir exaspéré puis fit les gros yeux :

« C'est bon ? T'as fini ? Tu vas écrire une lettre à ma mère aussi ?

— Non, mais plus sérieusement. Comment est-ce que tu as réussi à convaincre Lily Evans de boire avec toi ? lui demanda Eva en appuyant bien sur les mots-clés. Lily Evans, quoi. D'après ce que j'entends, elle n'est pas du genre à vouloir passer un après-midi en ta compagnie. »

James ferma ses yeux, expirant bruyamment par son nez. Oh, qu'est-ce que c'était facile de l'embêter.

« Je ne sais même pas pourquoi est-ce que je suis venu te voir au lieu d'aller manger un délicieux petit-déj' qui serait beaucoup plus plaisant que cette conversation ou interrogatoire plutôt. »

Il rouvrit ses yeux, lançant un regard par en-dessous à la brune.

Eva savait qu'il n'y avait rien derrière ce regard. Il la regardait juste de cette façon puisqu'il avait baissé sa tête d'un air exaspéré auparavant. Pourtant, une partie de son cerveau ne pouvait s'empêcher de remarquer que la dernière fois qu'on l'avait regardé d'une telle façon, un nœud s'était noué dans son estomac et elle s'était senti vibrer sur place.

(Mais qui donc pouvait honnêtement proclamer ne pas se sentir toute chose lorsque Sirius Black vous lançait un de ses regards par en-dessous ?)

James avait encore grandi pendant l'été même s'il lui restait toujours quelques centimètres avant de la dépasser.

Il ne paraissait plus comme un grand avec des membres trop grands. C'était bizarre de dire ça de James mais il s'était... comment dire ? Bien approprié son corps ? Eva comprenait pourquoi il était devenu le sujet de conversation de nombreuses personnes à Poudlard. Elle comprenait pourquoi la petite dans le couloir l'avait suivi du regard lorsque James et elle marchaient ensemble jeudi dernier. En plus de son assurance indéniable, il était grand, mignon avec ses lunettes qui lui glissaient le long du nez, avait des boucles indomptables et avait un sens de l'humour.

Pourtant, tout ça n'expliquait pas pourquoi Lily Evans avait accepté d'être en sa compagnie un samedi après-midi, journée où on est tout à fait dans son droit d'éviter ses camarades de classe.

Malgré l'exaspération clairement visible du Gryffondor, Eva ne lâcha pas le morceau (c'était James, who cares ?) :

« Je crois surtout que tu traînes trop avec des mecs. Faire la conversation, tu connais ? »

James haussa les sourcils d'un air pas impressionné :

« Parler du beau temps et se lamenter sur les cours, tu veux dire ? C'est ça faire la conversation normalement. Pas m'interroger sur mes déboires d'un samedi après-midi.

— Arrête de faire le mec mystérieux, s'exaspéra la brune, lui faisant une tape au bras. Explique-toi au lieu de changer de sujet.

Merlin, Eva ! Tu es d'excellente humeur aujourd'hui encore, s'exclama James en arborant un sourire faussement époustouflé. Moi qui croyais que je serai exempt de tes sautes d'humeur vu notre récente réconciliation, je me suis bien trompé. »

Eva ne put retenir sa grimace. James avait toujours eu le don de taper juste là où ça faisait mal.

« C'est pas drôle, James.

— Jamais dit que ça l'était, répliqua-t-il prestement. C'est la douce Meredith Ravencrest que je dois remercier de t'avoir mis d'aussi bonne humeur à... »

Il jeta un coup d'œil à sa montre que ses parents lui avaient offert à son entrée à Poudlard il y a maintenant six ans.

Eva se rappelait encore du hurlement furibond d'Euphémia lorsque James avait fait tombé sa toute nouvelle montre deux minutes après qu'on le lui ait posé dans la paume de sa main. Paniqué qu'il était, il avait commencé à sautiller sur place, hurlant à sa mère qu'il n'avait pas fait exprès. La seule personne censée dans le salon des Potter avait été Fleamont qui avait soupiré puis, d'un coup de baguette, avait remis comme neuve la montre argentée.

Après avoir fait sa part des choses, Fleamont s'était laissé retomber lourdement dans son fauteuil avec un soupir puis il avait dit à la Eva de 12 ans qu'elle avait bien de la chance que sa mère et elle ne se disputaient pas comme chien et chat. Eva s'était retenue de lui dire qu'elle ne voyait pas assez souvent sa mère pour qu'elles puissent se disputer autant que James et Euphémia.

Maintenant qu'elle y pensait, l'expression exaspérée de James était l'exact reflet de celle que son père portait souvent. Parfois Eva avait du mal à voir Fleamont dans les traits de James (sosie de sa mère au masculin qu'il était) mais cette expression exaspérée était la preuve suffisante du lien de parenté entre les deux.

« ...à 10 heures et 28 minutes, » termina James avant de lancer un coup d'œil scrutateur à la Poufsouffle.

Sans le vouloir, Eva froissa par réflexe le papier qui était resté entre ses doigts.

Le mouvement n'échappa pas à James dont les yeux verts-noisettes se baissèrent vers la main ballante de la jeune fille. Cependant, même si Eva n'avait pas des réflexes de Poursuiveuse, elle avait tout de même ses réflexes. Ses réflexes flippants comme aimait bien le dire Emmeline.

Comme une flèche, James tendit sa main vers elle. Elle recula de deux pas prudents, levant en l'air sa main tenant toujours le papier qui n'avait aucune raison de se retrouver entre les sales pattes du Gryffondor. Gryffondor qui la regardait avec agacement, n'appréciant pas de se faire voler la vedette.

Eva ne put s'empêcher de lui sourire d'un air narquois, secouant ses sourcils avec moquerie.

« Fais pas ta chiante. Donne-moi ce papier, ordonna James.

— Essaye de l'attraper. Si tu l'oses, » ajouta Eva après quelques secondes en penchant sa tête sur le côté.

James ne bougea pas. Son regard s'assombrissait plus les secondes passaient. Le sourire d'Eva s'élargit. Finalement, il lui sauta dessus.

Eva poussa un mélange de cri et de gloussement. James avait coincé la tête d'Eva contre son torse en enroulant son bras derrière le cou de la Poufsouffle, forçant cette dernière à rentrer sa tête. Ne voulant pas s'avouer vaincue, Eva tendis son bras en arrière pour empêcher le Gryffondor de lui arracher le papier des mains.

N'en ayant strictement rien à faire qu'ils soient dans le Hall d'entrée et que de nombreux regards curieux se soient posés sur eux, James attrapa le poignet d'Eva d'une poigne de fer.

Elle haïssait la puberté. Qui avait donné le droit à James de devenir aussi grand qu'elle?

Avec un cri de protestation, Eva secoua son bras pour qu'il lâche prise alors que James poussait quant à lui des grognements, entonnant à la brune d'arrêter ses gamineries.

« Lâche-moi !

— Laisse-toi faire !

— Lâ-che-moi, » grommela Eva avant de perdre patience et de donner un bon coup de poing dans l'estomac de James avec son bras libre.

C'était la bonne décision. Le souffle coupé, James se plia en deux, la lâchant par réflexe. Il leva des yeux assassins vers la jeune fille qui ne put s'empêcher d'éclater de rire. Bien rapidement, James revint à la charge et la prit par les épaules. Eva ne comprit pas son geste au début mais après qu'il l'eut forcé rien qu'avec la force de ses bras à reculer jusqu'à ce que le dos de la brune se cogne contre le mur, elle comprit.

Il voulait la coincer. Le salop.

Prestement, Eva se laissa tomber.

Ha !

Qu'est-ce qu'il allait faire maintenant qu'elle s'était mise en boule ?!

Pourtant, James n'hésita pas à se mettre à genoux lui non plus. Ainsi, commença la dure bataille de la blairelle contre le lion qui était bien trop imbu de lui-même pour s'avouer vaincu.

« Donne-moi ce putain de papier, » ragea James, hors d'haleine alors qu'il enfonçait de force son bras entre ceux de la Poufsouffle.

Ses doigts se rapprochaient dangereusement du but.

« Ferme-la, grinça Eva entre ses dents en envisageant l'idée d'enfoncer ses ongles dans le bras du Gryffondor pour qu'il lâche le morceau.

Toi, ferme-la, oui. »

Puis il franchit la barrière protectrice de ses bras et arracha le papier des mains d'Eva.

Et merde.

Triomphant, James se releva en un bond.

Derrière son sourire radieux et ses joues rouges d'effort, Eva remarqua enfin le public qu'ils avaient attiré avec leurs gamineries.

Commérages, coups d'œil appuyés, regards jugeurs, chuchotements, gloussements. C'était très naïf de sa part d'oublier que c'était impossible de passer inaperçu dans le Hall.

Eva croisa le regard jugeur de Marlène McKinnon avant que celle-ci ne reprenne sa route vers les escaliers menant aux étages supérieures, Kate Godfried s'empressa de suivre sa camarade de Maison après avoir jeté un regard suspicieux à la Poufsouffle.

James rattira son attention. Avec un sourire satisfait, il dépliait le papier bien froissé et un peu déchiré mais son sourire disparut bien vite :

« Désolée ?! s'exclama-t-il, levant des yeux outrés vers la brune. Je me suis battu pendant cinq bonnes minutes pour lire un pauvre "désolée" ? Non mais c'est quoi cette merde ? Elle ne sait pas écrire une lettre d'amour, Ravencrest ? Ou je sais pas moi, une lettre de menaces ? »

James lâcha un soupir rageur, se frottant le cuir chevelu avec agitation. Une boucle se tint debout sur son crâne mais James était beaucoup trop occupé à continuer sa complainte pour se préoccuper de ses problèmes capillaires :

« Franchement, j'ai envie d'engueuler Ravencrest là ! s'exclama James, levant ses bras en l'air d'un air dramatique. Tout ça pour ça ? Ta réaction mélodramatique d'hier valait au moins un paragraphe d'excuses larmoyantes ou une déclaration d'amour ! Déçu, je suis vraiment déçu, se lamenta-t-il en jetant un regard écœuré au papier entre ses doigts.

— Comment est-ce que tu sais que c'est Ravencrest qui m'a écrit ce mot ? Et elle est en couple, j'te rappelle, » rajouta Eva, préférant ignorer son commentaire sur "sa réaction mélodramatique".

Le regard de James sous-entendait bien à quel point il n'en avait rien à faire de cette information.

« Avec ce bouseux de Poufsouffle ? Ouais, se moqua-t-il avant de lâcher un soupir dédaigneux. Elle monterait en grade même si elle décidait de le remplacer par toi.

— Hé ! s'écria Eva en s'appuyant d'une main contre le mur pour se relever. Je n'aime pas ce que tu insinues. »

Mais James n'avait jamais eu peur de la blesser.

« Que même une raté comme toi est un meilleur coup que l'autre looser ? Oui, c'est exactement ce que j'insinue.

— T'es vraiment con, s'exaspéra Eva en un soupir en s'époussetant sa jupe beige. T'as sali mes chaussures en plus ! remarqua-t-elle enfin, hoquetant d'effroi.

— Depuis quand est-ce que t'en as quelque chose à faire de ton look ? » s'interrogea James, mi- confus, mi- moqueur.

Eva s'accroupit pour frotter ses ballerines noires que James n'avait pas hésité à piétiner dans sa quête de victoire.

« T'es chiant, je les avais nettoyés vendredi, se lamenta-t-elle avec une grimace.

— Tu veux que je t'aide à refaire ta coiffure aussi ? Tes deux p'tites crottes m'ont l'air de pencher un peu vers la droite. »

Eva leva la tête pour lui faire un sourire mielleux, saluant le brun avec son majeur. Un sourire en coin se dessina sur les lèvres de James qui paraissait très fier de son commentaire sur les deux chignons de la Poufsouffle.

« Si c'est comme ça que tu dragues Lily Evans, ça ne m'étonne pas qu'elle préfère le Calamar Géant. »

Pris au dépourvu, James fit les gros yeux. Son air narquois avait disparu aussi vite qu'il était apparu.

Touché.

Il n'y avait pas que lui qui savait toucher là où ça faisait mal.

« Décidément, Eva Brown, tu es un vrai rayon de lumière dans ma vie. »

Eva termina de tapoter l'arrière de son crâne où des petits cheveux voletaient. Rien d'étonnant étant donné le frottement du bras de James contre ses cheveux tantôt. Les dégâts étaient moindres. Pas besoin donc de tout refaire. (Avouons qu'Eva avait aussi une grosse flemme de se recoiffer, hein.)

« Je sais. Un rayon de lumière qui te dit que tu ferais mieux d'aller manger ton petit-déj maintenant si tu veux au moins avoir des restes.

— Oh merde. Il est quelle heure maintenant ? » s'interrogea James avant de lever son bras pour jeter un nouveau coup d'œil à sa montre.

Vu sa grimace, l'heure devait être un peu tardive.

« Faites que Remus n'ait pas mangé tous les toasts, pria James.

— So British de ta part, plaisanta Eva.

— Bon, tu le veux ton papier pourri ou je le jette comme le détritus qu'est ce pseudo mot d'excuse ? demanda James en levant son index et majeur entre lesquelles se tenait le mot de Meredith Ravencrest.

— Fais en ce que tu veux, répondit Eva en faisant un geste dédaigneux de la main. Pas que ça m'apporte quelque chose de le garder.

— La preuve que Meredith Ravencrest sait s'excuser de son caractère de cochon ? » proposa James avec un sourire moqueur.

Eva rigola.

« Pas faux. Bon, tu ferais mieux de partir. Tes chéris vont se demander où tu es passé. »

James lui lança un regard suspicieux :

« Tu ne serais pas en train de me congédier par hasard ? Parce que si c'est le cas je n'apprécie pas qu'on me dise quoi faire, je te rappelle. »

Eva leva les yeux au ciel, grognant avec exaspération.

« Merlin, Potter. Tu ne veux pas juste... (Eva lui fit un signe de la main assez explicite pour qu'il fiche le camp. Il se renfrogna à vue d'œil.) ... partir ?

— Si je n'avais pas aussi faim, je te ferais regretter ton impolitesse, » la prévint-il en plissant ses yeux d'un air menaçant.

C'était impossible de le prendre au sérieux avec sa mèche qui était toujours droite comme un i sur le haut de son crâne, luttant contre les lois de la gravité.

« Arrête de parler comme tes vieux parents et fous-le camp, O.K., soupira Eva, lasse du côté mélodramatique du Gryffondor.

— Vieux parents ? répéta James avec incrédulité. Alors ça je vais le répéter à mes vieux parents. Tu feras moins la maline quand tu te prendras une Hurlante de Mama Potter ! s'exclama-t-il en tournant le dos à la Poufsouffle, se décidant enfin à quitter sa vue.

— C'est toi qui feras moins le malin quand je dirai à Mama Potter que tu flirtes avec Madame Pomfrey ! »

Instantanément, James s'arrêta sur sa lancée. Il avait l'air scan-da-li-sé.

S'esclaffant, Eva partit à grands pas vers les escaliers qu'avaient pris plus tôt Marlène McKinnon et Kate Godfried. James cria son prénom (« Eva ! Reviens ici, sale Poufsouffle ! ») mais Eva ne lui fit qu'un au revoir en secouant ses doigts d'un air malicieux, lui lançant un sourire tout aussi mauvais par-dessus son épaule avant de monter rapidement les marches, enjambant deux marches au lieu d'une comme à son habitude.

« Oups, désolée, » s'excusa-t-elle à un petit qu'elle avait bousculé par mégarde en se tournant vers James qui avait disparu dans la Grande Salle avec un air mécontent.

C'était pas tout mais Eva avait des choses de prévu pour son dimanche.


« Qu'est-ce que tu aimes faire, Eva ?

Je sais pas, être avec mes amis ?

Et quand tu es seule ?

Hum...J'en sais rien...

Réfléchis-y pour la prochaine fois. C'est important que tu trouves ce que toi tu aimes. »


Tu y avais réfléchi tout l'été alors que le sommeil t'échappait. Qu'est-ce que toi tu aimais faire ? La course ? Non, ces derniers temps tu avais l'impression que tu allais courir pour essayer de semer tes démons. Le Quidditch ? Oui, c'était bien marrant de hurler à t'en casser la voix pour encourager ton équipe mais monter sur un balai, non merci.

Finalement, après de nombreuses séances avec ta psy, elle te donna un indice.

« Pourquoi ne pas essayer de tout faire, Eva ? »


A la rentrée de Septembre, sa poitrine la lançant, le regard un peu fuyant et le rire sonnant faux, Eva était arrivée à la gare de King Cross avec un but : côtoyer tous les clubs de Poudlard pour trouver ce qui lui plaisait.


« A-HA ! Tu es là !

Putain ! »

La porte s'ouvrit brutalement, s'éclatant avec un bruit assourdissant contre le mur une seconde avant que la voix reconnaissable d'Akash ne retentisse. Sous le coup de la surprise, la baveboule échappa aux mains d'Eva et parti beaucoup beaucoup trop loin.

Sous le choc, Eva regarda la baveboule rouler rouler jusqu'à ce qu'elle se cogne contre le mur avant de lentement s'arrêter. Elle savait que son visage auparavant souriant s'était effondré mais elle était à une baveboule de la victoire ! Elle l'avait senti, ce sentiment indéniable de victoire. La prochaine Baveboule allait être celle qui allait s'arrêter à un mini mètre du trou. Elle le savait ! Et ce foutu Akash, il —

Furieuse, Eva se retourna pour fusiller du regard Akash qui souriait bêtement l'idiot, avachi alors qu'Amos avait entouré son bras autour de ses épaules.

« J'allais gagner ! J'aurais gagné si vous ne vous étiez pas ramenés !

— Hé ! » protesta Gilbert derrière elle.

Amos leva les yeux au ciel :

« C'est une partie de Baveboules, pas la coupe du monde de Quidditch, » soupira-t-il avec un petit rire moqueur.

Akash ricana, donna un coup de coude gentil à Amos :

« Fais gaffe, Amos. Eva prend ses boules très au sérieux. »

Akash sourit avec fierté à sa blague.

C'était suffisant pour qu'Amos rigole franchement. Il suffisait du mot « boule » et ça y est, tous les garçons de 17 ans étaient morts de rire. Et le comportement moqueur et arrogant d'Amos et Akash suffisaient pour que la bonne ambiance disparaisse.

Amos n'était pas qu'un briseur de cœurs. C'était un casseur, un casseur d'ambiance.

Et franchement, Eva était à deux doigts de lui en foutre une.

Elle n'avait pas besoin de regarder pour savoir que Gilbert, Edgar et Nao se sentaient mal à l'aise et regrettaient d'être venus.

C'est pourquoi elle n'hésita pas.

Elle tendit son bras, pointant son doigt vers sa droite :

« Dégagez.

— Fais pas ta chieuse, Eva, râla Amos en la regardant comme si elle était ridicule.

— On a besoin que tu viennes, ajouta Akash.

— Revenez quand vous aurez appris les bonnes manières, trancha Eva.

— Evaaa, soupira Amos, levant les yeux au ciel et secouant sa tête avec fatigue.

— Dégagez, j'ai dit, répéta Eva entre ses dents en bougeant à peine ses lèvres.

— Allez dépêche-toi Eva. On a un timing très serré, » dit Akash en tapant la montre imaginaire sur son poignet.

Eva était peut-être incapable de faire apparaître précisément 15 cl avec sa baguette mais elle était largement capable de faire partir ceux qui n'étaient pas voulus.

D'un mouvement de poignet, sa baguette sortie de son étui accroché à ce même poignet.

Pour être honnête, c'était même...satisfaisant de voir le moment où les gars comprirent ce qui les attendait. Ils regardèrent la baguette grise tenue entre son pouce et son index, froncèrent les sourcils d'incompréhension puis levèrent des yeux écarquillés vers la brune.

Le sort était simple :

« Repulso. »

Simple, efficace, leurs bras brassèrent l'air et de retour dans le couloir ils étaient. Ils percutèrent peut-être le mur un peu violemment à en juger par leurs jurons mais ils avaient la tête dure après s'être pris tant de Cognards.

Avec l'aide d'un sortilège de lévitation, Eva referma la porte derrière eux.

« Je suis désolée. Ils sont juste cons et puérils. »

Mais personne n'osait croiser son regard. Même Gilbert qui était habituellement exubérant à souhait après une victoire au point d'en devenir même insupportable s'était baissé pour ramasser silencieusement les baveboules. Edgar et Nao avaient avaient eux aussi arrêté de jouer. Ils se balançaient tous les deux d'un pied à l'autre, Edgar s'échappait à son regard et Nao triturait ses doigts.

Ça lui avait pris quatre dimanches matin à les rendre à l'aise en sa présence et, en à peine deux minutes, Akash et Amos avaient réussi à effacer tous ses progrès.

Eva soupira, posant une main sur le haut de son crâne.

« Ne les prenez pas au sérieux. Ils sont juste... »

Eva fit la grimace.

Amos est comme constipé émotionnellement depuis qu'il n'est plus avec Charlotte ?

Akash ne prend rien au sérieux ? Il se moque de tout parce qu'il a peur qu'on se moque de lui s'il ne le fait pas ?

Non, ils étaient beaucoup trop jeunes pour que qu'Eva leur sorte ces vérités. Et puis, ça ne les regardait pas ni ne les intéresserait. Gilbert, tel un Serdaigle perfectionniste, était bien plus préoccupé à apprendre par cœur tous les livres de la bibliothèque pour les réciter à qui le voulait. Edgard, lui, n'arriverait jamais à comprendre que des garçons aussi impressionnants (à ses yeux) comme Amos et Akash pouvait être critiqué, complexé qu'il était par son bégaiement qui lui valaient les moqueries de ses camarades Serpentards. Nao, elle, était tout simplement effrayée par les garçons plus âgés après de trop nombreux harcèlement de leur part dû fait qu'elle était une née-moldue qui avait eu le malheur d'atterrir à Serpentard.

« ... immatures, termina plutôt lamentablement Eva.

— Ouais, c'est bon Eva. Retourne avec tes amis qui ne sont pas des ringards qui s'amusent à jouer aux Baveboules pendant leur temps libre, » marmonna Gilbert en continuant de ranger les Baveboules.

Le jeune garçon se releva :

« Vous n'êtes pas des ringards, » protesta Eva alors que Gilbert s'arrêtait face à elle.

Il tendit son bras, la sacoche de la Poufsouffle dans sa main. Eva leva la sienne. Gilbert y déposa sa sacoche où il avait rangé les vieilles Baveboules que la mère d'Eva lui avait offert il y a si longtemps qu'Eva ne se rappelait plus de la date précise.

« Va les rejoindre, » répéta Gilbert, relevant ses lunettes avec son index.

Eva colla sa main, sacoche en main, contre sa poitrine. Elle expira profondément, faisant le fameux sourire bouche fermée qui était plus un étirement de lèvre qu'autre chose. Elle avait pris quatre dimanches à ouvrir leur coquille de « ringards ». Elle savait que ça ne servait à rien de les pousser davantage. Elle était un peu comme ça elle aussi maintenant. Un pas en avant, trois en arrière.

« D'accord. Je vous vois dimanche prochain alors, » dit-elle en se tournant vers Edgar et Nao, toujours figés dans leur coin.

Ils marmonnèrent des « au revoir » peu enthousiastes mais Eva ne leur en tint pas rigueur. Elle ferait mieux dimanche prochain. Peut-être qu'elle leur ramènerait des friandises pour les amadouer. Elle quitta la salle, frustrée et embarrassée. Bien sûr les deux idiots avaient déguerpi.

« Si tu cherches tes deux blaireaux, ils ont foutu le camp. A leur place, je ne voudrais pas rester moi aussi. Un râteau aussi violent ? On n'a pas envie de rester sur le lieu du crime après ça. »

Qu'est-ce que foutait Sirius Black ici ?!

Eva avait sursauté. Elle avait sursauté et avait été à deux doigts de faire tomber sa sacoche et toutes ses baveboules avec.

Les yeux marrons d'Eva le cherchèrent et, finalement, elle le vit. Debout dans le renfoncement d'une fenêtre, le soleil derrière lui rendait incapable la Poufsouffle de voir l'expression sur son visage.

Il n'était pas seul. Marlène McKinnon était avec lui. Les bras croisés en-dessous de sa poitrine, la jeune fille tenait un manuel contre son ventre. Droite comme un i, ses parfaits cheveux lisses attachés et sans doute qu'il n'y avait pas un seul froissement sur sa robe sombre à dentelle qui s'arrêtait en-dessous de ses genoux. La parfaite jeune demoiselle de bonne famille.

La lumière aveuglante du soleil disparut alors qu'un nuage devait passer là-haut.

Ils formaient un beau couple. Intimidant par leur beauté. Intimidant par le stoïcisme de leur visage. Intimidant parce que qu'est-ce qu'ils faisaient là tous les deux ? Aussi proches, à l'abris des curieux dans une alcôve du 3ème étage ?

Ce n'était pas pour rien que ses cadets du club de Baveboules se retrouvaient à cet étage tous les dimanches matins. Personne ne passait par là et ça leur convenait bien, jeunes adolescents qui avaient appris à raser les murs pour éviter de se faire bizuter.

Eva repris ses esprits, se rendant compte qu'elle n'avait rien répondu et qu'elle était restée à les fixer sans rien dire beaucoup trop longtemps pour que ce soit socialement acceptable.

Eva se força à tousser pour reprendre contenance :

« Une idée d'où ils sont partis ?

— Ils sont partis par-là, » répondit Sirius en montrant sa droite avec son pouce.

Super, Eva était obligée de passer à côté d'eux si elle ne voulait pas faire tout le tour du 3ème étage.

Pourquoi est-ce qu'ils avaient choisi de se mettre là eux avec leur visage au-dessus de la moyenne et leur cerveau d'intellectuel ?

« T'as l'air prête à en découdre, Eva Brown, » dit Sirius alors qu'Eva se rapprochait d'eux, ayant envie de jeter par la fenêtre ses chaussures qui étaient bien trop bruyantes dans le couloir silencieux. Rien à dire ? » ajouta-t-il, les sourcils haussés.

Arrivée à leur hauteur, Eva n'avait plus vraiment le choix.

« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Merci ? »

Sirius Black était un garçon très bizarre. Au lieu d'être offensé par son sarcasme, il sourit comme si Eva avait réussi un test dont lui seul connaissait les consignes. Il y eut un moment étrange où Eva Brown et Sirius Black se fixèrent puis il éclata de rire, le gloussement discret de Marlène McKinnon l'accompagnant.

Un beau couple, intimidant et complètement insensé.

« On dirait que tu as terminé de te cacher, Eva, » dit Marlène une fois que son hilarité eut disparu, un sourire qu'Eva avait du mal à interpréter sur ses lèvres.

Eva la regarda avec incompréhension.

Le sourire de la Serdaigle s'élargit, le bout de ses dents apparaissant d'une manière très mignonne.

« Tu devrais te dépêcher. Diggory et Banerjee avaient l'air d'organiser quelque chose de très important sur le terrain de Quidditch. Ton équipe doit t'attendre.

—Hum, O.K, marmonna Eva, arrachant son regard de la Serdaigle tout en glissant machinalement des mèches volantes derrière son oreille.

— Fais gaffe ou les lions vont vous buter le cul comme d'hab', plaisanta Sirius avec son sourire arrogant légendaire.

— Comme si, répliqua Eva avec un esclaffement moqueur. Bon, moi j'y vais, » ajouta-t-elle avant de les saluer, pressée de quitter cette situation plus que dérangeante.

Sans vraiment attendre de réponse, Eva leur tourna le dos.

Eva avait beau avoir dit à Charlotte que Sirius Black et Marlène McKinnon étaient deux personnalités improbables qui se côtoyaient, elle avait totalement été prise de court de les voir aussi proches dans un recoin sombre du château. Proches et complices.

(Elle refusait d'admettre le pincement au cœur qu'elle avait eu en les voyant ensemble et si proches.)

Eva les avait déjà vu discuter aux festivités chez les Potter, soit. Tous deux resplendissants dans leur tenue de soirée dont le coût avait bien dû coûter plus cher que l'ensemble des affaires de la Poufsouffle. Refusant de se sentir pouilleuse dans sa charmante robe verte dont le col et les manches étaient en dentelle et qui lui avait coûté la modique somme de 21 livres, Eva avait préféré s'accrocher à James qui était la seule personne potable dans l'assemblée.

Euphémia s'entêtait à inviter chaque année Eva et sa mère à sa fête annuelle du solstice d'hiver. Bien sûr, sa mère refusait obstinément d'y assister.

« Je n'ai que quelques jours de congé par an. Tu crois vraiment que je vais passer ne serait-ce qu'une seconde avec tous les merdeux de la société ? » rétorquait sa mère lorsqu'Euphémia lui faisait la morale comme quoi maman Brown ratait l'occasion parfaite de parler avec les bonnes personnes pour obtenir, peut-être, une promotion.

Pas besoin de préciser que la mère d'Eva avait le don de faire sortir de ses gonds Euphémia Potter.

Ainsi, de peur d'attirer les foudres d'Euphémia Potter sur elle, Eva acceptait d'assister à la rencontre de tous les sorciers qui avaient la côte et étaient dans la poche d'Euphémia. Heureusement (ou malheureusement), au fil des années, alors que les tensions entre les vieilles nobles familles sorcières allaient en empirant du fait de leur division du point de vue idéologique, les Sangs-Purs avec qui Eva partageait des relations (plus que) compliquées avaient petit à petit disparus du paysage.

Pourtant, ça ne voulait pas dire que toutes les vieilles familles plus que problématiques avaient cessé d'assister au bal d'hiver des Potter qui était l'endroit réputé pour conclure des affaires.

Les Avery, par exemple, une véritable famille d'opportunistes, continuaient de faire leur apparition. Eva ne savait pas qui l'avait plus fait se sentir pauvre : Amélia Avery ou Lizzie Lestrange.

La première avait une robe verte émeraude à bustier qui laissait à découvert ses clavicules accessoirisées par un collier qui était très clairement fait d'or avec une pierre d'émeraude en son centre. La deuxième avait une robe bleue nuit traversée par des étoiles filantes et brillantes de part et d'autres par d'innombrables étoiles. Les runes qui couraient dans son dos à découvert étaient, elles aussi, un travail incroyable de la part d'Etienne Le Gall que seuls les richissimes pouvaient espérer se payer.

Clairement, Eva n'appartenait pas au cercle très privé de la noblesse sorcière.

« Hé Eva Brown, attends ! »

Arrachée à ses pensées, la Poufsouffle ralentit son allure. La jeune fille jeta un regard confus par-dessus son épaule et la vue de Sirius qui marchait à grand pas vers elle l'interloqua plus qu'autre chose.

Lorsqu'il se fut arrêté à sa hauteur, Eva lui demanda sans aucun tact ce qu'il faisait là.

Il haussa les épaules, n'ayant aucun mal à suivre l'allure de la brune qui faisait pourtant souvent rouspéter Charlotte et Emmeline qui étaient plus courtes sur pattes qu'Eva.

« Je m'ennuyais alors j'ai décidé de venir voir ce que les Poufsouffles foutent en bas. Pourquoi ? Ça te dérange ? demanda-t-il en observant Eva du coin de l'œil, tellement nonchalant qu'elle pourrait bien lui cracher à la figure qu'il paraîtrait n'en avoir rien à faire.

— Non. Je me demandais juste. Tu avais l'air occupé avec McKinnon.

— Ah ça... »

Ah ça ? Ça le tuerait d'être plus clair ?!

Profitant du fait qu'il regardait droit devant lui, Eva haussa les sourcils d'un air exaspéré alors que le silence se faisait entre eux.

« Quelque chose à dire Eva Brown ? »

Oups

« Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Eva, faisant clairement comme si elle n'était pas en train de se moquer de lui et de ses réponses frustrantes par leur brièveté une seconde plus tôt.

— Tu crois vraiment que je ne t'ai pas vu, rétorqua-t-il, lui lançant un regard blasé.

— Il n'y avait rien à voir, » s'obstina Eva en ne pouvant pourtant pas empêcher un sourire de se dessiner sur ses lèvres.

Elle se gratta la paupière pour cacher son sourire.

« Merlin, j'avais oublié que te parler revenait à parler à James. »

O.K., là, elle n'était pas sûre d'apprécier.

« Ça veut dire quoi ça exactement ?

— Que tu es toute aussi exaspérante que ton cousin, répondit Sirius alors qu'ils descendaient les escaliers du 3ème.

— C'est pas mon cousin.

— Quoi, c'est ton frère alors ? rétorqua Sirius en lui lançant un sourire moqueur.

— Non plus. Juste une mouche qui n'arrête pas de me tourner autour depuis des années.

— Ah, une mouche ? C'est ça ton excuse pour l'avoir ignoré pendant tout l'été ? »

Eva s'arrêta nette.

Debout trois marches plus haut que Sirius, elle le fixa sans un mot.

Elle était choquée qu'il en parle aussi franchement mais, surtout, elle sentait son cœur trembler à l'idée de devoir en parler avec lui. Elle avait réussi à éviter la catastrophe l'autre jour en parlant en tête à tête avec James. Elle ne voulait absolument pas en discuter avec Sirius, qui, malgré les apparences, pouvait être particulièrement perspicace lorsque l'envie lui prenait.

Remarquant qu'Eva n'avançait plus, Sirius s'arrêta lui aussi. Les mains dans les poches de son pantalon parfaitement taillé, il lui rendit son regard avec un sourire moqueur.

« Quoi ? Tu croyais vraiment que je n'allais jamais t'en parler alors que j'ai entendu James pleurer tout l'été.

— Pleurer ? James est bel et bien une mauviette, railla Eva sans un tremblement dans sa voix.

— Difficile de le nier. Mais c'est pas vraiment le sujet, hein Eva ?

— Il n'y a rien à dire de plus sur ce sujet. Ça me regarde moi et James. Pas toi, » trancha Eva, reprenant sa descente des escaliers.

Une fois arrivée sur la même marche que Sirius, Eva le défia de chercher plus loin.

Encore une fois, elle ne pouvait que remarquer qu'il était enfin à sa taille. Elle n'avait plus besoin de baisser les yeux pour capter son regard. Elle ne savait pas si ça l'excitait ou si ça lui faisait peur. Quoi qu'il en soit, même si Eva essayait de faire sa dominante en fixant le Gryffondor avec fermeté, la partie cachée de la Poufsouffle ne pouvait s'empêcher de trembler d'avoir toute la puissance des yeux gris de Sirius Black aussi près d'elle.

Finalement, ce fut Sirius qui perdit leur duel de regard. Avec un faible rire, il détourna le regard et se passa la main dans ses cheveux qui lui chatouillaient les oreilles.

« Qu'est-ce qu'elle disait Ravencrest hier ? Que tes couilles avaient disparu ? Je crois bien que tu les as retrouvées, » dit Sirius en regardant la Poufsouffle du coin de l'œil, une mèche de cheveux lui tombant sur l'œil.

Sa mèche de cheveux était plus belle qu'Eva ne pouvait espérer l'être un jour. Mais là, elle était énervée contre lui donc elle n'allait pas le mater même si elle en mourrait d'envie. De plus, elle était mortifiée qu'il ait entendu ce que Meredith lui avait craché à la figure la veille. Il n'était pas censé être aussi attentif.

Eva continua sa descente des escaliers, une moue obstinée sur le visage.

« Eva Brown, arrête de m'ignorer s'il te plaît ! » s'exclama Sirius derrière elle en haussant la voix.

Bien sûr, il fallait qu'il se fasse remarquer alors qu'un groupe de jeunes Serdaigles passait par là.

Eva jeta un regard mauvais à une des Serdaigles lorsqu'elle croisa le regard intéressé de celle-ci qui faisait des aller et retour entre Eva et Sirius qui n'avait pas pris longtemps avant de la rattraper. Stupides longues jambes musclées, il n'aurait pas pu être un nabot, lui ? Déjà qu'on lui avait offert le plus beau visage au monde et un cerveau d'intellectuel, il avait fallu qu'il ait la taille parfaite en plus !

« Pour une Poufsouffle, t'es vraiment pas facile quand tu t'y mets, » soupira-t-il.

Eva tourna la tête vers lui pour lui faire un sourire bien hypocrite :

« Désolée, j'écoute pas les mouches. Tu sais, elles n'arrêtent pas de faire du bruit pour rien, ça devient assourdissant à la fin.

— T'es sérieusement en train de me traiter de mouche moi aussi ?

— Des mouches par-ci, des mouches par-là, Poudlard devrait vraiment revoir ses critères d'admission.

— Jamais de ma vie j'aurai cru me faire traiter de mouche, » fit Sirius avec consternation en saluant d'un signe de tête deux garçons dont les noms échappaient à Eva mais qu'elle identifiait comme étant de Gryffondor.

Eva refusait d'être embarrassée par les bêtises qui sortaient de sa bouche mais des mouches ? Sérieusement ? Qu'est-ce qui lui avait pris ? (Ou plutôt quelle mouche l'avait piqué ?)

« Bref. Eva Brown, tu comptes me dire un jour pourquoi tout ce mélodrame avec James ? »

Eva raviva son allure. Bien sûr, ce fut une vaine tentative de sa part.

« T'as une envie pressante ou quoi ? »

Bien sûr, « abandonner » n'était pas dans le vocabulaire de Sirius Black.

« Sirius ! Tu vas me lâcher, oui ?! s'exclama Eva en se tournant abruptement sur ses pieds pour foudroyer le Gryffondor du regard, sa vitesse avait été telle que ses cheveux auraient volé dans les airs s'ils n'étaient pas attachés en deux chignons sur le haut de son crâne. Et d'ailleurs, arrête de m'appeler Eva Brown à tout bout de champ ! C'est chiant, soit tu dis Eva, soit tu dis Brown mais pas les deux !

— C'est pas toi qui m'appelles Sirius Black ? »

La mâchoire bien dessinée, ses yeux gris qui paraissaient bleus de loin, Sirius Black n'était plus stoïque ni amusé. Il avait l'air...agacé ?

« Quand est-ce que je t'appelle Sirius Black ? demanda Eva, perdant un peu de son énervement en voyant l'expression sur le visage du brun.

— Toutes les fois où je t'entends parler de moi ? répondit-il sur le ton d'une question.

— Quand est-ce que tu m'entends parler de toi ? s'interloqua Eva, sentant l'embarras monter alors qu'elle cherchait dans ses souvenirs des propos incriminants qu'il aurait pu entendre.

— T'aimerais bien le savoir, hein, » fit-il avec un sourire moqueur qui, bien que rassurant puisque cela voulait dire qu'il n'avait plus l'air agacé, était horripilant car il savait exactement ce à quoi il jouait.

Eva posa ses mains sur ses yeux et soupira avec énervement.

« Pourquoi est-ce que tout est une énigme avec toi, Sirius...

— T'aimes bien garder du mystère autour de ta personne, je ne fais que t'imiter.

— Du mystère ? Qu'est-ce qu'il y a de mystérieux chez moi ? » s'agaça la Poufsouffle en levant ses bras en l'air.

Sirius se rapprocha, assez près pour qu'Eva voit bien le gris de ses yeux mais assez loin pour qu'elle ne se perde pas dans ses yeux (aussi niais que c'était de dire).

« Fais pas l'innocente, Eva Brown. Tu sais très bien ce que je veux dire. »

Eva déglutit péniblement. La voix du Gryffondor avait baissé d'une octave alors qu'il penchait sa tête vers elle. Elle se sentait comme une petite souris qui était tombée dans le piège du prédateur.

« Je ne comprends pas ce que tu veux dire, Sirius. »

Sa voix à elle aussi avait perdue en volume. Tout son corps était en éveil. Eva ne s'était pas sentie aussi éveillée depuis un moment.

Lentement, un sourire des plus craquants se dessina sur les lèvres du Gryffondor.

« Tu es une experte pour faire tourner en rond une conversation, Eva. »

Eva n'eut le temps que de papillonner des yeux que Sirius se redressait, brisant le moment. Sans plus de fanfares, d'un air tout à fait naturel, il l'attrapa par la main, sa main chaude se refermant sur le bout des doigts de la Poufsouffle.

« Que — »

Sirius tira sur la main frêle d'Eva alors que le regard de la jeune fille alternait entre le visage amusé du Gryffondor et leurs mains jointes.

« Allez, viens, tes copains blaireaux organisent un truc, je te rappelle. »


nombre de mots : 9 615
titre :
Grosse(s) bourde(s)

Ouiii, enfin de l'interaction entre Eva Brown et Sirius Black ! Et le prochain chapitre continue sur cette voie ! Un grand merci à Sakhina et Guest pour leur commentaire respectif !

Next time : Du grabuge sur le terrain de Quidditch et serait-ce un esprit compétitif que je sens ? ou un brin de jalousie ?