le juste vivra par sa loyauté
Chapitre 15 : Regrets et doigts de fée (I)
Avant de commencer, je voudrais dédicacer ce chapitre à KorriganTanNoz, Baccarat V et Ewi. Mille fois mercis pour vos retours. Je prends un plaisir fou à écrire depuis novembre et savoir que c'est pareil pour vous quand vous lisez l'histoire d'Eva et de toute sa petite bande me rend toute excitée ! J'espère que vous allez apprécier ce chapitre long et qui n'est que la première partie d'un GRAND ÉVÈNEMENT qui va faire avancer notre romance, héhéhé.
Précédemment :
« Mais est-ce que tu t'entends parler ? s'emporta James. Je croyais que les Poufsouffles étaient –
– Qu'est-ce que tu sais de ce que veut dire être un Poufsouffle ? le coupa Eva en haussant soudainement sa voix, le défiant du regard. Et de toute façon, qu'est-ce qu'une Maison peut bien avoir à foutre dans ce genre de situation ? Tu vas me dire que si j'avais été à Gryffondor je n'aurais pas été aussi lâche et à Serdaigle je n'aurais pas été si conne, hein ? C'est ça que tu veux me faire comprendre ? » s'écria Eva d'une voix aigüe, sa poitrine secouée par sa respiration rapide.
Finalement, après de longues secondes où Eva et James se fixèrent en chien de faïence sans rien dire, James prit enfin la parole d'une voix sourde :
« Arrête de délirer. Jamais je ne dirai ça. C'est toi qui le penses, pas moi. »
Elle se détourna de lui avec un reniflement indigné. Son nez était rouge et ses yeux bouffis et pourtant elle trouvait le moyen de lui tenir tête.
« Est-ce que c'est Mulciber qui t'a mis cette idée dans la tête ? »
.
Elle se sentait prise au piège. Devoir sentir sur elle les regards jugeurs de James et Sirius l'avait fait perdre le contrôle. Elle se l'était promis lorsqu'ils étaient apparus comme si de rien n'était à la porte : Ne leur dis rien et reste calme. Elle avait lamentablement échoué.
Elle leur avait révélé la disparition de sa mère. Ça encore, elle se doutait qu'elle allait devoir le dire un jour ou l'autre à James. Après tout, il y avait aussi Euphémia et Fleamont à prendre en compte. Ce qui la mettait hors d'elle était qu'elle avait craqué devant eux. Encore. Est-ce qu'elle allait fondre en larmes à la moindre contrariété dorénavant ? Quand est-ce qu'elle était devenue si pitoyable ? Elle se répugnait.
C'était ce dégoût qui lui nouait les entrailles qui l'avait fait s'en prendre violemment à James.
« Tu vas me dire que si j'avais été à Gryffondor je n'aurais pas été aussi lâche ? »
Si elle était une Gryffondor elle aurait eu le courage de se défendre
« – et à Serdaigle je n'aurais pas été si conne, hein ? »
Si elle était une Serdaigle elle aurait l'intelligence nécessaire pour leur rendre la monnaie de leur pièce
Elle entendait encore les paroles d'Oliver Avery dans ses oreilles. Elle ne les avait jamais oubliées. C'était comme si elles avaient été marquées au fer rouge dans son cerveau. Parfois, elle se demandait si la cravate jaune et noire qu'elle portait n'était pas un fardeau. Si elle n'avait pas été à Poufsouffle, peut-être qu'elle aurait –
« Arrête de délirer. Jamais je ne dirai ça. C'est toi qui le penses, pas moi. »
Peut-être que c'était vrai. Peut-être que c'était vraiment elle qui le pensait. Elle avait laissé le poison d'Avery s'insinuer dans son cerveau et James n'y était pour rien.
Cette réalisation la fit écarquiller ses yeux. Eva voyait son reflet dans les yeux marrons-verts de James où brillait une lueur enragée. Elle s'apprêtait à ouvrir sa bouche, pour admettre qu'il avait raison ou pour trouver encore de nouvelles excuses, elle ne le savait pas. Depuis tout à l'heure elle avait l'impression que quelqu'un d'autre répondait à sa place. Jamais elle n'avait été cette fille hystérique au ton si médisant.
Mais elle ne sut jamais ce qu'elle allait dire car Sirius la coupa avec une phrase qui la fit refermer sa bouche en un claquement sec :
« Est-ce que c'est Mulciber qui t'a mis cette idée dans la tête ? »
Sirius était toujours debout contre la table, ses bras croisés sur son torse. Il la toisait de haut.
« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? dit lentement Eva en le jaugeant du regard.
– L'autre jour, Meredith Ravencrest qui disait que Mulciber t'avait bien rééduqué. Et ton copain Banerjee qui te disait d'oublier ce connard. »
Il avait entendu ça ? Pourtant, Sirius n'était pas assis à côté d'elle ce jour-là et Meredith comme Akash avaient bien fait attention de parler à voix basse pour ne pas s'attirer les foudres d'Amélia Avery.
« Ça m'a rappelé les rumeurs sur vous deux de l'année dernière, expliqua-t-il alors qu'Eva restait figée – elle se rendait compte qu'il était bien plus attentif que ce qu'elle pensait et ça l'effrayait. Et puis, sortir ce genre de banalités sur ce que veut dire d'appartenir à une Maison ? railla Sirius en faisant un rictus moqueur. C'est tout à fait du genre de ces connards. C'est ce que disaient leurs parents bien avant qu'ils ne naissent. »
Elle était idiote. Pourquoi oubliait-elle toujours que Sirius connaissait même plus intimement qu'elle tous les Sang-Purs ? Il avait beau être à Gryffondor, il avait passé son enfance avec eux sans compter les étés où il avait été obligé de retourner chez ses parents. En tant que mineur, il n'avait pas le droit de déserter le domaine familial sans l'autorisation de ses parents, avait un jour expliqué Euphémia à Eva.
« Alors ? » fit-il lorsqu'elle ne lui répondit toujours pas.
Eva sentait à sa gauche James vibrer sur place.
Elle s'humecta les lèvres, ne remarquant pas que les yeux de Sirius suivirent son mouvement avant qu'il ne fixe de nouveau son regard plus haut.
« Non, ce n'est pas Mulciber, » dit-elle finalement en prenant bien soin de ne pas triturer ses doigts posés sagement sur ses cuisses.
Elle ne mentait pas vraiment. C'était Avery qui lui avait soufflé ces mots. Bien que Mulciber lui avait de nombreuses fois bien fait comprendre que les Poufsouffles étaient aussi insignifiants que de la merde de chien.
« Tu en es sûre ? la questionna James, le pli entre ses sourcils révélant son scepticisme.
– Ce n'est pas Mulciber, » répéta Eva en secouant sa tête, plus sèchement cette fois-ci en jetant un regard agacé à James qui lui fit une grimace contrariée.
Sirius soupira, rattirant son regard vers lui. Il se frottait la nuque de sa main.
« Je ne pensais pas que tu étais aussi têtue que ça…
– Peut-être que tu me connais mal, » rétorqua-t-elle en se disant qu'elle aussi le connaissait mal, l'image de lui et Marlène entremêlés lui venant à l'esprit.
Pourtant, au lieu d'avoir l'air blessé, sa remarque le fit sourire d'un air amusé. Puis, Sirius tendit sa main vers elle mais, ne lui laissant pas le temps de la toucher, Eva leva son bras hors de sa portée.
« Ne me touche pas s'il te plaît, » lui dit-elle calmement, sentant son cœur tambouriner dans sa poitrine alors qu'elle le fixait droit dans les yeux.
Sirius affichait un air surpris, sa main toujours figée dans les airs. Puis, il se contrôla et son visage redevint aussi lisse que du marbre.
Eva l'avait laissé la toucher ce matin. Elle s'était même permise de reposer son front contre son torse et de se lover contre lui. Elle avait honte. Jamais elle n'avait voulu devenir le genre de fille qui se permettait de toucher ce qui ne lui appartenait pas.
Sirius a toujours été très possessif de Marlène
Maintenant qu'elle savait qu'il était un homme pris, elle se devait de s'imposer des limites. Elle n'avait plus 12 ans, elle n'allait plus le tirer par la main pour qu'il la suive. Elle n'était plus non plus la Eva du mois de mars qui s'était permise de grimper sur ses genoux pour se frotter à lui. Elle était la Eva qui se rendait compte que le nœud de désir dans son ventre était une faute. Elle refusait de devenir la pute que Mulciber disait qu'elle était.
(Peut-être que son geste était aussi motivé par le fait qu'elle se sente blessée que ce soit des Serpentards qui lui aient révélé les fiançailles de Sirius. Peut-être que c'était de la jalousie mais ça, même elle ne l'admettrait pas.)
« Si ce n'est pas Mulciber alors qui t'a mis ce genre d'idée dans la tête ? » lui demanda James.
Eva préféra se tourner vers lui. C'était plus prudent. Et, même si l'intensité du regard de Sirius lui brûlait la peau du visage, elle ne lui répondrait plus.
« Ce n'est pas important, » soupira-t-elle en se passant une main agitée dans la longueur de ses cheveux.
Ses cheveux étaient trop longs. Elle voulait les attacher mais elle avait perdu son élastique depuis le cours de Sortilèges de ce matin.
« Maintenant que vous avez découvert la vérité sur ma mère vous allez me laisser travailler ? s'enquit-elle en attrapant son manuel pour le poser sur ses genoux, faisant glisser son doigt sur l'encre du parchemin.
– Je sais pas, tu comptes nous expliquer ton problème avec Lestrange ce matin ? railla James puis, n'appréciant pas qu'Eva l'ignore, il lui arracha le livre des mains.
– Hé ! J'en ai besoin de ce bouquin ! Contrairement à certains, je n'ai pas la science infuse, moi, s'insurgea-t-elle en lançant un regard mauvais à James qui lui fit un sourire narquois.
– Merci pour le compliment mais ton bouquin sera toujours là dans dix minutes, lui répondit James en reposant le livre sur la table et en plaquant sa main sur la couverture pour s'assurer qu'elle ne tente pas de s'en emparer de nouveau.
– Et toi non ? C'est ça que tu veux dire ? ironisa Eva en croisant ses bras sous sa poitrine.
– Si tu ne fais pas la gamine, oui, on te laissera tranquille. Heureuse ? s'enquit-il en arquant ses sourcils d'un air blasé.
– Je ne fais pas la gamine, réfuta-t-elle en dégageant avec impatience un cheveu qui s'accrochait à sa joue. C'est vous les gamins dans cette histoire.
– Quoi ? dit lentement James pour faire comprendre à la Poufsouffle qu'il la prenait pour une débile. Nous les gamins ? Je dois te rappeler qui m'a sorti que je n'aime pas ta mère pour raisonner le fait que tu fasses des cachoteries ?
– Tu vois, tu ne nies même pas que tu ne l'aimes pas.
– Non mais t'es pas possible ! s'agaça James en prenant des couleurs. C'est quoi ce genre de raisonnement ?!
– Tu ne nies toujours pas. »
James frappa le livre avec la paume de sa main.
« Ne t'en prends pas à mon livre ! s'écria Eva en se redressant. Il est à McGonagall, espèce d'idiot !
– J'en ai rien à foutre qu'il soit à McGonagall ! lui rétorqua James en se penchant en avant pour répondre au regard noir de la brune. T'as pas qu'à me raconter de conneries !
– C'est toi qui en racontes tout le temps ! Et si t'es pas content t'as qu'à partir ! Je t'ai pas demandé de venir ici à ce que je sache ! »
La bouche de James se ferma. La mâchoire tendue, il la fusillait du regard.
Pars James. Vas-y pars. Je suis qu'une connasse qui ne mérite pas ton attention. Pars et arrête de t'intéresser à ce que tu ne devrais pas. C'est mieux pour nous deux.
Finalement, il se leva. Les pieds de sa chaise crissèrent sur le sol en un bruit strident qui fit grimacer Eva. Debout, James la toisa avec colère :
« Excuse-moi de me soucier de ce qu'il se passe dans ta vie. »
Et sur ces mots, James se dirigea vers la porte. Tout son corps tendu, il paraissait prêt à frapper quelqu'un. C'était elle qui l'avait mis dans cet état mais Eva n'en éprouvait aucune satisfaction.
Elle se força à garder une expression dure alors qu'elle n'avait qu'une seule envie : s'excuser et lui dire qu'elle ne pensait pas un mot de ce qu'elle venait de lui cracher à la figure.
James claqua la porte derrière lui.
Son corps la trahissait, elle sentait les larmes revenir.
« Il disait que tu étais une mauvaise actrice tout à l'heure et pourtant il vient de croire à ta comédie. »
Pars Sirius. Pourquoi est-ce que tu ne pars pas ? Je ne veux pas que tu restes alors pourquoi est-ce que tu restes toujours là ?
Eva entendit Sirius souffler avant qu'il ne bouge de telle sorte à l'obliger à croiser son regard. Il s'était rapproché d'elle pour la piéger contre sa chaise. Son bras frôlait l'épaule d'Eva maintenant qu'il avait posé une main sur le dos de sa chaise et il avait glissé sa jambe entre les siennes.
Positionné de manière si suggestive, Sirius fit oublier à Eva ses larmes et réveilla, à la place, une chaleur perturbante dans son bas ventre.
Il était tout aussi proche d'elle que ce matin alors qu'elle venait de se promettre de ne plus le toucher. A quel jeu est-ce qu'il jouait ?!
« Je ne suis pas aussi crédule que James, lui souffla Sirius et elle ne saurait dire si c'était la chaleur de son haleine contre ses lèvres ou la froideur glaciale de son regard qui la tétanisait. Je vois très bien à travers ton petit numéro, Eva. J'ai grandi avec les plus grands manipulateurs de la société, c'est pas toi qui vas réussir à me berner.
– Je ne mens pas, » se défendit-elle en un murmure.
Si elle baissait les yeux, elle admettrait sa défaite. Si elle clignait des yeux, elle avouerait son mensonge.
Les lèvres de Sirius se tordirent en une expression moqueuse. Jamais il ne lui avait semblé aussi Sang-Pur.
« Continue à mentir, murmura-t-il. Tu te rendras compte que tes mensonges ne font du mal qu'à toi. Tu as la chance d'avoir James de ton côté. Ne fais pas l'idiote et ne jette pas son aide à sa figure. Sinon – »
Sirius plissa d'un air menaçant ses yeux :
« C'est moi qui te le ferai regretter. »
Puis il relâcha sa prise sur sa chaise et se redressa. Mais Eva avait quelque chose à lui dire. Elle l'attrapa par son pull. Son genou se cogna contre le sien dans son empressement.
Sirius se rattrapa précipitamment au dos de la chaise d'Eva, ses yeux écarquillés de surprise.
Eva ne le savait pas mais ses yeux étaient ronds, désespérés d'obtenir une réponse :
« Pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit ? »
Sirius fronça ses sourcils, confus, son visage au-dessus de celui de la Poufsouffle.
« Pas dit quoi ?
– Que tu étais fiancé. Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ? »
Il eut l'air surpris l'espace d'une seconde puis Sirius se contrôla de nouveau.
« Pourquoi est-ce que j'aurais dû te le dire ? »
Elle resta coite.
Parce que j'ai cru que tu – parce que je crois bien que tu me pla– parce que je me sens bête – parce que je croyais que nous étions amis –
« On est amis, non ? dit-elle finalement, ses paroles pesant étrangement sur sa langue.
– On n'est pas des amis, Eva, réfuta Sirius et il lui lançait le même regard qu'il avait lancé ce matin à Oliver Avery. Si on était amis, tu me dirais la vérité. »
Et lui aussi partit.
Contrairement à James, Sirius ne claqua pas la porte derrière lui. Il était bien trop détaché pour avoir une réaction si virulente. Il la laissa entrouverte derrière lui. Eva entendit les voix d'Alice et de James auxquelles vint s'ajouter celle de Sirius.
Elle avait l'impression qu'on lui serrait la gorge et qu'on y enfonçait des aiguilles. Elle avait envie de pleurer. Encore.
Le dégoût la submergeait. Elle se fit la réflexion que ce n'était même plus du dégoût qu'elle ressentait mais de la haine. Elle se haïssait. Elle était devenue tout ce qu'elle ne voulait pas être.
Adopter un masque, mentir si facilement à ses proches, ne jamais baisser sa garde, voir chaque main tendue vers elle comme une menace et non comme un geste de soutien… Elle avait l'impression d'être devenue comme eux.
Peut-être que Royce Mulciber avait réussi à lui laisser autre chose qu'une cicatrice sur sa poitrine. Peut-être qu'il avait réussi à laisser plus qu'une marque physique sur elle, peut-être que son venin s'était lentement et discrètement insinué en elle et l'avait complètement changé sans qu'elle n'en soit consciente.
La Eva d'avant le mois de mai lui manquait. Elle lui paraissait si loin maintenant.
« J'ai cru qu'ils n'allaient jamais partir. Je ne sais pas comment Carina fait pour les apprécier, surtout Sirius. Ils sont insupportables. De toute façon, elle a toujours eu mauvais goût pour les garçons. M'enfin, ils ne t'ont pas trop embêté, j'espère ? »
Eva leva la tête de son livre. Elle offrit un sourire à Alice qui affichait un air mécontent alors qu'elle déballait ses affaires sur leur table de travail.
« Ne t'inquiète pas. Ils ne sont pas bien méchants. »
Alice soupira en aplatissant de la paume de sa main le passage du livre qui l'intéressait.
« Pas méchants mais très chiants, railla la Gruffondor avant de changer abruptement de sujet : Enfin bref, je pense qu'il nous reste plus que la conclusion à peaufiner et on devrait avoir fait le tour. T'en penses quoi ?
– J'aurais bien voulu ajouter quelque chose sur – »
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Une semaine plus tard
31 octobre 1976
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« Fais un effort au moins ! C'est Halloween !
– Tu ne vas pas m'obliger à me déguiser en vampire, Emmeline. Non, c'est non, » trancha Charlotte en essayant d'éloigner Emmeline de son visage d'un geste agacé de la main.
Emmeline se recula à contrecœur, sa boîte de maquillage et son pinceau plaqués contre sa poitrine. Sa bouche peinte de rouge à lèvres se tordit en une moue boudeuse :
« Mais c'est Halloween, geignit-elle. La meilleure fête de l'année ! Qui ne voudrait pas se déguiser ?
– Moi, déclara platement Charlotte en croisant ses bras sous sa poitrine.
– Rah ! s'écria avec exaspération Emmeline. C'est pas en vampire qu'il faut te déguiser mais en vieille harpie ! Avec ton attitude revêche on croirait que tu as 80 ans ! Dis-lui Eva ! »
Emmeline se tourna vers son amie qui, la joue enfoncée dans l'oreiller qu'elle tenait fermement entre ses bras, les observait depuis son lit.
« Si elle n'a pas envie de le faire alors ça ne sert à rien de l'obliger, » répondit sans grande conviction Eva en haussant ses épaules d'un air désintéressé.
Les yeux verts d'Emmeline se plissèrent :
« Mais c'est pas possible ! Vous vous êtes passées le mot pour être les filles les plus ennuyantes du château ce soir ou quoi ? C'est Halloween ! répéta encore une fois Emmeline, indignée qu'on puisse avoir une attitude aussi désinvolte alors qu'il s'agissait de la meilleure fête de l'année.
– C'est pas en le répétant quatre fois que tu vas me faire changer d'avis. On a bien compris que c'était Halloween, railla Charlotte. Et puis, je suis pas chiante, c'est toi qui l'es à vouloir nous forcer à nous déguiser. On n'est plus en 1ère année. »
Sur ces mots, Charlotte se laissa retomber sur son lit. Elle attrapa un livre qui traînait à côté de son oreiller et fit mine de commencer à le lire.
Plantée au milieu de la chambre, Emmeline poussa un soupir excédé.
« Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter des amies si bougonnes ?! s'exclama-t-elle.
– Tu ne devrais pas terminer de te préparer pour le bal de Slughorn ? » l'interrompit Eva.
Eva n'avait pas envie d'entendre une fois de plus les jérémiades d'Emmeline qui, maquillée et décorée de bijoux qu'Eva ne pouvait espérer s'offrir un jour, semblait bien trop chic pour leur chambre. Même pieds nus et vêtue d'une nuisette sobre lui allant jusqu'aux genoux, Emmeline ne donnait pas l'impression d'appartenir au capharnaüm qu'avait créé Eva en jetant ses affaires par terre durant la semaine sans parler des piles de livres entourant le lit de Charlotte.
Une jeune Sang-Pur, c'était exactement à ça que ressemblait Emmeline ce soir. Et, heureusement, puisqu'elle allait passer la soirée accrochée au bras de Ronan Parkinson au bal d'Halloween organisé par Slughorn, là où tous les enfants de bonnes familles seraient réunis. Mais ni Charlotte avec sa diligence studieuse ni Eva avec son passé troublant n'y seraient.
Le seul autre Poufsouffle de 7ème année à y avoir été invité était Amos qui avait ricané moqueusement lorsque Kate Godfried lui avait proposé de l'accompagner au bal de Slughorn. Autant dire qu'Amos n'était pas fan du club élitiste du professeur de Potions et que même la moue contrariée de sa petite amie ne le ferait pas changer d'avis.
« J'ai déjà tout préparé, répondit Emmeline en se retournant vers Eva. J'ai fait mon shampoing, un après-shampoing et un soin aussi tout à l'heure. Et j'ai même fait un brushing en suivant les conseils de Sorcière Hebdo. Pourquoi, ça se voit pas ? » s'inquiéta soudainement Emmeline en pinçant entre ses doigts une mèche bouclée.
Habituellement, Emmeline portait une coupe au carré simple. Aujourd'hui, elle avait fait l'effort de boucler ses cheveux bruns, les faisant gagner en volume. Elle avait dégagé son visage avec deux barrettes dont les pierres couleur émeraude étincelaient (ou peut-être était-ce vraiment de l'émeraude, Eva n'en serait pas si surprise).
« Si si, l'assura Eva en lui lançant un sourire rassurant. Et ta robe, elle est prête ?
– Elle est dans la salle de bain. C'est une robe Le Bourgeois alors elle n'est pas censée se froisser mais on sait jamais. J'ai préféré la laisser pendre un peu. Je ne voudrais pas que Lizzie Lestrange ou Ava Parkinson trouvent le moyen de critiquer ma tenue. Je ne suis pas sûre que je m'en remettrai. Ou pire encore ! Imaginez si c'est Ronan qui se rend compte qu'il a choisi la mauvaise partenaire ?! hoqueta Emmeline en lançant un regard effrayé à Eva qui retint une grimace à l'entente du nom de Ronan Parkinson.
– Arrête de te prendre la tête, la sermonna Charlotte en lui lançant un regard en-dessous du livre qu'elle tenait au-dessus de sa tête. Ta robe et tes cheveux sont parfaits. Si les princesses de Serpentard trouvent quelque chose à redire t'auras qu'à leur dire de cordialement aller se faire foutre.
– Charlotte ! la rabroua d'un air choqué Emmeline alors qu'Eva éclatait de rire derrière elle.
– Non mais sérieusement, reprit Charlotte en fixant avec autorité Emmeline. Arrête de te rabaisser constamment. Contrairement aux deux salopes, tu es jolie et aimante. Tandis qu'elles, elles ont beau avoir un joli minois, leur personnalité les rend extrêmement laides.
– Doux merlin, s'exclama Emmeline, cachant sa bouche entrouverte derrière sa main. Est-ce que tu viendrais de me faire un compliment ? C'est pas croyable ! »
Charlotte roula ses yeux :
« Oui, c'est ça, » railla-t-elle puis elle baissa son livre pour rapprocher le texte de ses yeux – un signe assez éloquent pour faire comprendre qu'elle voulait quitter la conversation.
Emmeline gloussa avec amusement puis se tourna vers Eva, ses yeux verts pétillaient :
« Tu dois être jalouse. Est-ce que toi tu as eu droit à une déclaration d'amour de la part de Charlotte, hum ? la nargua-t-elle.
– Ce n'était pas une déclaration d'amour ! » protesta Charlotte derrière son dos ce qui ne fit qu'élargir le sourire d'Emmeline.
Eva sourit avec amusement :
« Je pense que je vais difficilement m'en remettre. Je pensais être le grand amour de Charlotte mais, visiblement, elle préfère les brunes aux gros nichons, plaisanta Eva.
– Tu trouves que mon soutien-gorge les met bien en valeur ? » s'enquit Emmeline en baissant ses yeux maquillés vers sa poitrine.
Bizarrement, les commentaires sur sa poitrine ne gênaient jamais Emmeline. Tout et n'importe quoi semblait la choquer mais quand il s'agissait de son corps, elle n'avait aucun complexe. Après tout, elle avait la chance d'avoir une taille de guêpe, un ventre plat et une poitrine généreuse.
« Emmeline, on n'a pas besoin de t'entendre parler de tes seins ! la réprimanda Charlotte.
– Mais c'est Eva qui en a parlé, pas moi, se défendit Emmeline.
– Ils sont bien mis en valeur, oui, intervint Eva en s'asseyant, collant son oreiller contre son ventre.
– Tu dis ça mais c'est toi qui en as des plus gros, se lamenta Emmeline en jetant un regard envieux à la poitrine d'Eva cachée par son pull gris. Tu n'aurais pas pris une taille de plus depuis l'année dernière d'ailleurs ? ajouta-t-elle en plissant ses yeux.
– Mais arrêtez de parler de vos seins, bon sang ! s'exaspéra Charlotte.
– Non mais sérieusement, continua Emmeline en se rapprochant d'Eva, ses yeux plissés focalisés sur la poitrine de son amie. Ils ont carrément grossi.
– Je rêve ou tu m'as maté ? rit Eva en jetant un regard mi-amusé, mi-incrédule à son amie qui continuait de fixer sa poitrine avec intensité.
– C'est l'autre jour, je me suis faite la réflexion quand j'ai remarqué que Howard te zieutait les seins, révéla Emmeline.
– Quoi ?! » s'étouffa Eva alors que Charlotte poussait un rire incrédule.
Emmeline haussa les épaules d'un air désinvolte comme si elle ne venait pas de lâcher une bombe.
« Quand tu as enlevé ton pull pendant le cours de Potions. Même Oliver Avery y a jeté un coup d'œil.
– Quoi ?! s'écria encore une fois Eva, les yeux écarquillés et le rouge lui montant aux joues.
– Fais gaffe, Eva. Tu vas tous les faire tomber comme des mouches à te mettre en débardeur, se moqua Charlotte.
– Mais je ne mets pas de débardeurs, Charlotte ! » se défendit Eva.
Je n'en mets plus exactement pour cette raison
« Et j'ai pas envie qu'Avery ou Howard me mate, continua-t-elle, ses yeux ronds d'effroi faisant ricaner Charlotte. En plus, si Meredith Ravencrest le savait, elle risquerait de me tuer avant de tordre le cou de Howard, grimaça-t-elle.
– Il n'y a pas de mal à regarder tant qu'on ne touche pas, fit remarquer Emmeline d'un air désinvolte en attrapant le miroir posé sur sa table de nuit.
– Qui es-tu et qu'as-tu fait de l'innocente Emmeline Vance ? l'accusa Eva alors qu'Emmeline observait son reflet en faisant la moue, pinçant entre ses doigts une mèche magiquement bouclée.
– Très jolie, mamzelle, » lui dit le miroir.
Emmeline sourit avec satisfaction.
« Je ne suis pas une sainte-nitouche non plus, Eva, lui répondit finalement Emmeline en attrapant son rouge à lèvres pour en ajouter une couche. Je sais comment ça se passe dans le vrai monde.
– Ah bon ? Pourtant, on croirait que tu viens de découvrir l'existence des garçons à te voir rougir dès que Jefferson apparaît, » ironisa Charlotte, le visage toujours caché derrière son livre.
Emmeline fit une grimace gênée :
« Ça c'est différent.
– Différent de quelle façon ? s'enquit Charlotte d'une voix traînante.
– Eh bien, Jefferson comme tu le dis est un dieu. »
Eva pouffa de rire. Charlotte leva les yeux au ciel.
« Un dieu, hein ? Je dois te rappeler qu'il s'est vomi dessus à la soirée de samedi dernier ? s'amusa Charlotte.
– Je préfère effacer ce moment de ma mémoire, avoua Emmeline en vérifiant dans le miroir que son rouge à lèvres n'était pas allé sur ses dents. Ce n'était qu'une bêtise de jeunesse.
– C'était aussi une bêtise de jeunesse de chanter une sérénade à Hannah Abbot ? la charia Charlotte qui jouait vraiment mal la comédie car tout le monde savait qu'elle ne lisait pas le livre qu'elle s'entêtait à tenir au-dessus de sa tête.
– Ne m'en parle pas, se lamenta Emmeline en rajustant ses seins dans son soutien-gorge. La seule chose à retenir de ce faux-pas est que Jeff a une voix magnifique. Hannah Abbot mériterait juste que je lui reprenne ma potion sans-un-poil, grommela-t-elle ensuite, se remémorant sombrement sa transaction avec la 6ème année où elle avait donné son accord pour échanger sa potion qui valait 10 gallons en échange du dernier exemplaire de Poud'news.
– Ça t'apprendra à faire du trafic de potions, la réprimanda Charlotte.
– Oh, c'est bon Madame la Préfète, lui rétorqua Emmeline en roulant ses yeux. Mon trafic t'a bien servi quand il s'agissait de te trouver une potion pour ne pas tomber enceinte d'un mini Amos, je te rappelle.
– Combien de fois je devrais te dire d'oublier ça ? grommela Charlotte en cachant son rougissement gêné derrière son livre qui était bien trop proche de son nez pour qu'elle réussisse à lire.
– Jusqu'à la fin de ta vie ! » s'exclama Emmeline en un éclat de rire avant de pivoter gracieusement sur ses talons pour faire face à Eva.
Un sourire coquin se dessina lentement sur les lèvres peintes de rouge à lèvres d'Emmeline. Eva eut un mouvement de recul instinctif.
« Bon. Assez tergiverser, susurra Emmeline. Eva, je vais faire de toi une femme fatale. »
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« Hé Eva, tu me réserves un rendez-vous en tête à tête avec tes doigts de fées ? » Lui lança Amos lorsqu'elle et Charlotte apparurent dans la Salle Commune après le départ précipité d'Emmeline.
Eva sourit avec exaspération alors qu'Akash, habillé en une tenue traditionnelle indienne colorée, ricanait avec amusement, appréciant l'humour de son meilleur ami.
Eva était vêtue d'une robe noire évasée dont les manches courtes et l'absence de décolleté lui cachant ainsi la clavicule lui convenaient parfaitement. A son dos était attachée une paire d'ailes discrètes dont la couleur claire allait de pair avec son cerf-tête qui empêchait ses cheveux détachés d'obscurcir son visage maquillé.
« Quel crétin, » marmonna Charlotte à côté d'elle.
Habillée d'une robe rouge cramoisi faisant ressortir ses lèvres maquillées, Charlotte faisait figure d'une vampiresse flamboyante avec sa cape noire et ses incisives pointues (sortilège qu'Emmeline avait sorti tout droit de Sorcière Hebdo) qu'on ne remarquait que lorsqu'elle souriait. Actuellement, ses lèvres étaient pincées en une expression agacée qui jurait avec les éclats de rire qu'Emmeline et Eva avaient réussi à lui arracher grâce à leurs pitreries dans la chambre.
Aux yeux d'Eva, sa meilleure amie était magnifique. Ses boucles blondes avaient été lissées et reposaient maintenant délicatement sur sa clavicule. Emmeline avait même réussi à convaincre Charlotte de se maquiller et ses traits tirés avaient été camouflés. Elle ressemblait à la Charlotte rayonnante que Amos n'avait jamais pu s'empêcher de toucher à l'époque où ils étaient encore ensemble.
Eva n'avait pas manqué de remarquer l'air surpris de ce dernier lorsque Charlotte était apparue derrière elle, grommelant à propos de la stupidité de la cape qu'Emmeline l'avait forcé à porter. Ce n'était que quand Akash lui avait donné un coup de coude qu'Amos avait détaché ses yeux de Charlotte.
Eva préférait ne pas s'immiscer davantage dans la relation Charlotte-Amos qu'elle avait du mal à comprendre. Comme lui avait demandé Emmeline, Eva était allée parler en tête à tête avec Amos pour lui expliquer qu'il valait mieux qu'il ignore tout simplement Charlotte car celle-ci semblait être en proie à une bataille interne. Eva n'avait pas voulu utiliser le mot « dépression » mais elle craignait que c'était ce dont Charlotte souffrait. Pour l'instant, elle se contenterait de profiter de la soirée aux côtés de sa meilleure amie qu'elle avait eu l'impression de ne pas avoir vu depuis des lustres.
« Mes doigts de fée ne sont réservés que pour Charlotte ce soir ! » lui rétorqua par-dessus son épaule Eva en tirant derrière elle Charlotte.
– Hé ! C'est du favoritisme ça ! cria en retour Akash alors que les deux filles disparaissaient derrière le tableau.
– Est-ce que tu essaies de faire croire aux gens qu'on est lesbiennes ? railla Charlotte alors qu'elles suivaient dans les couloirs un groupe de 3ème années qui gloussaient avec excitation en triturant leur costume.
– Quoi ? Ça te dérangerait ? » la taquina Eva en lui adressant un clin d'œil joueur, arrachant un soupir exaspéré des lèvres de Charlotte.
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La fête d'Halloween avait quelque chose de sacré à Poudlard. Bien sûr il y avait d'abord le festin délicieux où les elfes de Poudlard faisaient leur possible pour donner l'aspect le plus horrible à leurs plats. Par exemple, transformer une pomme de terre en œil ou cuire le pain de façon à ce qu'il ressemble à un petit serpent.
Eva avait pris quelques années avant de s'habituer à croquer dans des asticots qui avaient le goût de chips. Maintenant, c'était devenu presque un jeu pour elle d'effrayer les 1ère année en picorant dans leur bol d'asticots qu'ils n'avaient pas touché et de mâcher d'un air nonchalant alors qu'ils la fixaient avec des yeux horrifiés.
Ça la faisait toujours pouffer de rire.
Elle ne pouvait même pas en vouloir à Akash, Amos et Howard de s'amuser à forcer les 1ères années à manger les plats peu ragoûtants. C'était en quelque sorte un rite de passage.
Lors de sa 1ère année, Eva avait elle-même fait les frais de l'entêtement de ses aînés. Ted Tonks et son groupe d'amis avaient passé vingt bonnes minutes à la persuader de goûter la soupe dont des bulles plus que suspectes explosaient. N'en pouvant plus de se faire secouer les épaules par des 7èmes années qui lui cassaient les oreilles à lui répéter de prendre au moins une cuillerée, Eva avait finalement abdiqué.
Fermant ses yeux, Eva avait lentement dirigé sa cuillère vers sa bouche puis, après un moment d'hésitation où elle sentait des yeux impatients lui brûler le visage, elle avait dégluti. Les 7èmes années avaient rugi leur approbation alors qu'Eva rouvrait des yeux surpris. C'était délicieux.
Encore aujourd'hui, Eva se souvenait du sourire affectueux que lui avait lancé Ted Tonks de l'autre côté de la table. Il avait fait trembler son cœur de 1ère année. Elle avait baissé les yeux, rougissante de gêne alors que les copains du préfet-en-chef lui ébouriffaient les cheveux et lui tapaient les épaules et son dos pour la féliciter. A l'époque, elle s'était faite la réflexion qu'ils étaient beaucoup trop enthousiastes à l'idée de traumatiser une 1ère année mais, maintenant qu'elle était à leur place, elle les comprenait parfaitement.
« Abbot Junior, je savais que t'étais un homme ! » cria Amos en ébouriffant violemment les cheveux du petit frère d'Hannah Abbot qui dût rentrer les épaules face à la force du batteur de Quidditch.
– Les filles vont toutes tomber à tes pieds ! le félicita Akash en lui tapant l'épaule.
– Crois-moi, petit. Les femmes adorent les hommes virils, » ajouta Howard de l'autre côté du petit Abbot avec un sourire carnassier qui parut franchement effrayer le 1ère année et le reste de ses copains sur la table.
Jeff qui était le seul du quatuor de 7ème année de Poufsouffle à ne pas faire de son mieux pour traumatiser ses cadets lâcha un petit rire amusé.
« Je ne suis pas sûr que Meredith ait bien voulu de toi parce que tu avais mangé un asticot, Howard. »
Howard en perdit son sourire. Avec des yeux noirs, il se détourna du 1ère année qui parut se dégonfler de soulagement pour fusiller du regard son camarade de classe qui lui lança un sourire suffisant, assis sur la table ronde que les garçons avaient abandonné pour rôder entre les tables pour choisir leur prochaine victime.
Charlotte était la seule autre 7ème année encore sur la table. Eva avait elle aussi déserté, ayant l'air particulièrement excitée à l'idée d'aller asticoter Baley Finch-Fletchley, l'arrogant 2ème année qui se moquait de son rire dès qu'Eva était prise d'un fou rire dans la Salle Commune.
« Fais le malin, Jefferson, gronda Howard. En attendant c'est toi le célibataire. Ta main n'est pas trop fatiguée de faire tout le boulot ? »
Amos et Akash rugirent de rire alors que les élèves plus jeunes se divisaient en deux sections : ceux qui rougissaient de malaise car ils comprenaient le sous-entendu et ceux qui fronçaient les sourcils d'incompréhension, pas encore entraînés dans les maux de la puberté.
« Ne t'inquiète pas pour ma main, Howard. Contrairement à celle de Meredith, elle ne risque pas de m'endommager le membre avec ses ongles. »
Jeff afficha un rictus amusé alors que Howard agrippait d'une poigne de fer le dos de la chaise d'Abbot Junior, les joues rouges de colère et de honte tandis que les rires moqueurs d'Amos et d'Akash résonnaient dans ses oreilles. Jamais ils n'avaient laissé Howard oublier cet accident qu'il leur avait révélé après un verre de trop.
Howard fit bien de ne pas suivre son premier instinct qui était de sauter sur Jeff pour lui faire perdre son air arrogant car Chourave trottina jusqu'à eux. La démarche de leur Cheffe de Maison était vacillante. Depuis un accident avec une plante vénéneuse, elle boîtait de sa jambe droite. Pourtant, sa blessure ne l'empêcha pas d'atteindre rapidement ses 7ème années qui n'avaient jamais appris à être sages.
« Howard ! J'espère que tu n'es pas en train d'intimider Andrew, » le gronda Chourave quand elle fut arrivée à hauteur de leur table.
(Chourave était la seule adulte du château qui les tutoyait. Elle se permettait cette familiarité en tant que Cheffe de Maison qui suivait de près l'évolution de chacun de ses blaireaux.)
A ses mots, Andrew Abbot se ratatina sur sa chaise, ne voulant pas du tout que l'intervention de la professeure de botanique lui vaille encore plus de harcèlement de la part des 7èmes années qui ne le lâchaient plus depuis qu'ils avaient appris qu'il était le petit frère de la discrète Hannah Abbot de 6ème année.
Akash, Amos et Howard adoraient charrier leur cadette depuis qu'ils avaient découvert en 4ème année que ses rougissements étaient des véritables éruptions volcaniques, la rendant aussi rouge qu'une tomate. Ils avaient été ravis de découvrir qu'Abbot Junior souffrait de la même condition.
« Je ne vois pas de quoi vous parlez, professeure, » grommela Howard en se redressant, relâchant la chaise de son cadet.
– Ne fais pas l'innocent Howard, le prévint Chourave en secouant son index en signe d'avertissement, ne paraissant n'en avoir rien à faire si elle avait besoin de se mettre sur la pointe des pieds pour arriver à hauteur du batteur de Poufsouffle. Je te connais plus que tu ne le crois ! »
Akash pouffa de rire derrière son poing. La vue de la petite et enrobée Pomona Chourave faisant la morale à Howard Stark était hilarante. Surtout en sachant que Howard était une vraie brute et qu'il paraissait pourtant intimidé, grimaçant qu'il était, se grattant la joue avec son index.
« Akash, arrête donc de ricaner comme un idiot, le réprimanda à son tour sa Cheffe de Maison en se détournant de Howard qui émit un soupir de soulagement. J'ai quelques mots à te dire d'ailleurs ! Poppy m'a dit que tu la harcèles de questions sur la sexualité. Je sais bien qu'à ton âge on se pose beaucoup de questions mais il ne faut pas en faire une obsession non plus.
– Pro-professeur ! s'étouffa Akash, ses yeux sortant presque de ses orbites sous l'effet du choc.
– Pas besoin d'être gêné, Akash, le réconforta Chourave en continuant à secouer son index de manière réprobatrice – un geste que tous les Poufsouffles avaient appris à se méfier. Je t'ai connu avant que tes testicules ne tombent, voyons. »
Akash resta bouche-bée, vraisemblablement en état de choc. A côté de lui, Amos était en train de mourir de rire, une main se rattrapant à la table de Jeff et Charlotte pour ne pas tomber à genoux. Il riait tellement intensément que seuls des petits bruits étranglés lui échappaient. Même Charlotte ne put rester de marbre, l'hilarité de son ex était contagieuse. Elle cacha son sourire derrière sa main, des gloussements lui échappant.
Comme si inconsciente de son public, Chourave continua sur sa lancée :
« C'est triste de vous voir grandir si vite mais je m'y fais avec le temps, soupira-t-elle avec un sourire mélancolique, ayant l'air de se remémorer des souvenirs qu'Akash préférait qu'elle ne mentionne pas. La preuve, hier encore Amos et Charlotte formaient un si beau couple mais maintenant ils partent tous les deux dans différentes directions. C'est triste mais c'est le cycle de la vie. »
Aussi abruptement que si un sortilège de silencio leur avait été jeté, Amos et Charlotte se turent. Amos se rendit compte à ce moment que, dans son fou rire, il s'était rapproché sans s'en rendre compte de Charlotte. Ils échangèrent un regard surpris. Charlotte se détourna la première, ses lèvres pincées. La vue de son profil ramena Amos au moment présent et il détourna son regard avec un raclement de gorge.
« J'ai entendu dire que la charmante Kate Godfried a réussi à dérober ton cœur, Amos. Très jolie, oui très jolie. Peut-être un peu immature pour toi tout de même, Charlotte réussissait au moins à te contenir un peu. »
Charlotte serra sa mâchoire, ses incisives allongées s'enfonçant douloureusement dans ses lèvres. Amos s'ébouriffa ses cheveux rasés, se dandinant d'un pied à l'autre.
« Mais bon, à ton âge, ce sont plutôt les attributs féminins qui t'intéressent, n'est-ce pas ? soupira Chourave avec un hochement de tête compréhensif. J'avoue toujours espérer que mes Poufsouffles soient des parfaits futurs maris mais ce sont juste les divagations d'une gouine. Je vous l'ai déjà dit, non ? »
Chourave n'attendit pas une réponse de leur part.
« Il faut toujours veiller à satisfaire l'autre personne avant d'atteindre son propre plaisir. C'est la clé d'une longue relation, les enfants. Mon ex-mari avait bien essayé de le faire mais que voulez-vous ? Il n'était pas né avec le bon sexe, » soupira tristement Chourave.
Cette référence à son ex-mari fut le moment où Howard comprit qu'il fallait arrêter leur Cheffe de Maison sinon ils allaient avoir droit au récit du reste de sa vie rocambolesque. Le seul qui rigolait encore était Jeff qui était écroulé de rire sur sa chaise, se tenant le ventre de ses mains.
Et, même si traumatiser davantage les 1ères années était une idée alléchante, Howard n'était pas sûr de pouvoir survivre encore une fois à l'écoute de la rencontre fatidique entre Chourave et sa femme que les 7ème années avaient déjà eu l'occasion de rencontrer lors de sorties à Pré-au-Lard. C'est pourquoi Howard posa sa main sur l'épaule de sa Cheffe de Maison et lui dit :
« Je pense que nous avons compris, professeure. »
Ne faisant qu'à peine 1m55, Chourave était une bien petite dame mais sa personnalité la rendait impossible à ignorer. Elle leva des yeux surpris vers lui, ses boucles brunes lui obstruant le visage.
« Hum ? Comment ça ? lui demanda Chourave d'un air confus en clignant ses yeux à moitié cachés par ses cheveux.
– Je crois que le professeur McGonagall vous cherche, » mentit Howard.
Howard Stark n'était pas du genre à s'avouer vaincu mais il était désespéré. Il avait l'impression de sortir d'un duel, tellement sa Cheffe de Maison l'avait sonné. Les gars ne pourraient pas le charrier, ils étaient dans le même état que lui. Sans parler des 1ères années qui suivaient cela avec des yeux éberlués, l'air complétement perdus.
Chourave fronça ses sourcils :
« Me cherche ? Tu sais pourquoi ? »
Akash arriva à la rescousse. Piètre menteur comme à son habitude, il sortit une excuse bateau que seul Chourave crut. Mais alors que le professeur ouvrait sa bouche, faisant se tendre les 7èmes années qui redoutaient une nouvelle bombe, un bruit fracassant attira leur attention.
Le brouhaha de la Grande Salle s'assagit même. C'était dire le boucan qu'Eva venait de faire en emportant de la vaisselle et une chaise dans sa chute.
« Par la pipe de Merlin ! s'exclama Chourave en claudiquant jusqu'à son élève qui se relevait tant bien que mal, une grimace de douleur sur le visage et des asticots plein les cheveux. Eva, tu vas bien ? Que s'est-il donc passé ? » S'inquiéta Chourave en époussetant la robe noire de son élève qui ne tarda pas à se remettre sur ses pieds, la dépassant ainsi de deux bonnes têtes.
Chourave se demandait parfois si Albus n'avait pas mis d'étranges choses dans l'assiette des élèves de cette promotion de Poufsouffle. Ils étaient tous si grands ! Elle avait mal au cou à devoir lever la tête pour leur parler ! Heureusement que Charlotte Tronsky et Emmeline Vance étaient de taille normale sinon Chourave n'aurait pas hésité à faire remonter ses inquiétudes à Albus.
(Bien qu'elle ne s'en souvienne pas, Chourave l'avait déjà fait au grand amusement du directeur et à l'exaspération de la vice-directrice.)
« J'ai juste trébuché, professeur, » la rassura Eva en lui adressant un sourire penaud.
La jeune fille se passa une main dans les cheveux et grimaça lorsque des asticots en tombèrent.
« Trébuché ? répéta Chourave avec de grands yeux. Ce n'était pas trébucher là, c'était une vraie gamelle ! s'écria-t-elle en prenant soin d'épousseter le bas de la robe de son élève. Tu es sûre que personne n'a voulu te faire de mauvais blague ?
– Elle est tombée sur du vide, professeur, » l'informa Baley Finch-Fletchley en rajustant sa monture épaisse, le pli entre ses sourcils faisant comprendre son jugement.
Eva fit les gros yeux au 2ème année par-dessus la tête de leur Cheffe de Maison et l'avertit du bout des lèvres de se taire. Inconsciente du manège qui se tramait au-dessus d'elle, Chourave continuait de pousser des exclamations incrédules en donnant des tapes partout sur le corps d'Eva dans l'intention de la remettre comme neuve.
Chourave était trop attentionnée et Baley Finch-Fletchley était une balance.
Eva adorait le surnommer BFF pour l'embêter mais il était loin d'être le parfait meilleur ami.
« Du vide, Baley ? Je comprendrais si on parlait d'Hannah de 6ème année – jamais je n'ai vu quelqu'un d'aussi maladroit – mais Eva a un parfait équilibre. Si elle n'était pas aussi nulle sur un balai, elle aurait pu faire un tabac dans le monde du Quidditch. Je le dis tout le temps à Minerva, une vraie tragédie que seul le Quidditch soit si populaire dans le monde des sorciers, s'emporta Chourave en s'assurant maintenant que les cheveux d'Eva retombent parfaitement sur son torse.
– Professeure, la coupa Eva avec un sourire affectueux. Vous divaguez, je crois.
– C'est vrai ? s'étonna Chourave en levant des yeux surpris vers son élève. Je n'en avais pourtant pas l'impression. En tout cas, Eva, tu es resplendissante ce soir. Ton maquillage te va à merveille, la complimenta-t-elle en hochant la tête d'un air convaincu. Et tes cheveux sont un vrai trésor ! »
Chourave prit entre ses doigts les cheveux en question, continuant de hocher sa tête.
Tant de compliments gênaient Eva. Elle croisa ses bras et tenta du mieux qu'elle put de contenir son rougissement, plus que consciente du fard à paupière argenté et des paillettes de la même couleur qu'Emmeline lui avait dessiné autour des yeux. Sans parler du regard jugeur de BFF de 2ème année qui les observait d'un air atterré.
Le reste des 2èmes années pouffaient de rire autour de la table. Il n'y avait qu'une seule 2ème année qui n'était pas un démon machiavélique dans leur troupeau : Wendy Woodward. La petite rousse s'était même empressée de retirer des feuilles de laitue des cheveux d'Eva suite à sa chute.
« Tu devrais les détacher plus souvent, la conseilla Chourave avec sérieux. Les garçons tomberaient à tes pieds, crois-moi, l'assura Chourave. Mon plus grand regret est d'avoir perdu mes longs cheveux après un accident avec un Hippogriffe. Je t'ai déjà raconté cette histoire ? C'était quand je vivais encore à Manchester avec mon ex-époux –
– Professeur ! la coupa sèchement Baley Finch-Fletchley, rajustant encore une fois sa monture alors que sa Cheffe de Maison se tournait vers lui, paraissant troublée qu'on l'ait interrompu si abruptement. Vous ne voyez pas que la chute de Brown a été causée par un maléfice ? Brown a beau être incompétente, elle sait tout de même se tenir sur ses pieds, » ajouta le 2ème année de manière détachée.
Eva lui lança un regard furieux. Il allait voir le petit morveux, elle allait lui faire ingurgiter des asticots jusqu'à ce qu'il en oublie de jouer avec ses lunettes.
Mais Chourave ne manqua pas de les surprendre encore une fois :
« Ne sois pas bête, Baley, le rabroua-t-elle en agitant son index, se tournant vers son jeune élève qui fronça les sourcils d'incompréhension face à sa réponse. Bien sûr que c'était un maléfice. Tu crois vraiment qu'Eva aurait fait une chute si embarrassante par elle-même ? »
Le jeune garçon bafouilla une réponse, surpris par l'air exaspéré de sa Cheffe de Maison qu'il avait toujours prise pour une tête en l'air. Derrière elle, Eva la fixait avec des yeux ronds – d'effroi, de surprise, de peur ? Tout ce qu'Eva savait était que si Chourave voyait aussi clair dans son jeu, elle était dans de beaux draps.
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« Plus de secret entre nous Eva, tu m'entends ? l'avait prévenu Chourave dans l'infirmerie pendant la convalescence d'Eva l'année précédente. Je suis ta Cheffe de Maison, ça veut dire que je suis en quelque sorte ta mère à Poudlard. Et quand il se passe des mauvaises choses et qu'on se sent dépassé, on va voir sa mère pour qu'elle arrange les choses. D'accord ? » lui fit Chourave en tapotant les pieds d'Eva sous la couverture.
Chourave était assise au bout de son lit. Il y avait une feuille coincée dans son fouillis de cheveux et ses mains étaient noircies par la terre. Le reste de ses vêtements était dans le même état. Elle paraissait être venue tout droit de ses serres. Pour autant, sa Cheffe de Maison paraissait n'en avoir que faire de salir les draps blancs comme neige de Pomfrey. Et, malgré les circonstances de leur entrevue, Chourave lui parlait toujours avec sa bonne humeur habituelle.
Eva hocha la tête, mordant avec violence ses lèvres pour ne pas craquer encore une fois. Pourtant, malgré ses efforts, des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues.
Chourave sourit avec affection puis se pencha pour serrer tendrement la main immobile enveloppée par des bandages d'Eva qui reposait sur la couverture.
« Ne fais pas cette tête si dépitée, Eva. Si toi et moi on fait équipe, rien ne pourra nous arrêter. »
Sa Cheffe de Maison lui fit un clin d'œil.
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« Je devais m'assurer qu'Eva aille bien tout d'abord, Chourave continua de sermonner Baley dont la main était restée figée sur sa branche de lunettes. Elle a une apparence si féerique ce soir, il est hors de question qu'un petit malfrat gâche un si beau costume. Eva a même des ailes ! Des ailes ! » Répéta avec véhémence Chourave.
L'intensité de son regard obligea Baley Finch-Fletchley à hocher rigidement sa tête de peur d'offusquer sa Cheffe de Maison.
« La dernière fois qu'Eva a été aussi mignonne était lorsqu'elle a fondu en larmes après avoir raté l'audition de Filius pour rentrer dans sa chorale ! » s'emporta Chourave.
Si Eva n'avait pas été inquiète, elle aurait grogné avec embarras. Pourquoi fallait-il que Chourave remette sur le tapis ce moment qu'elle s'était efforcée d'effacer de sa mémoire ?!
« Eva chante ? » s'enquit Wendy Woodward avec curiosité alors que ses camarades ricanaient moqueusement à l'entente de cette information.
Chanter dans une chorale ? La honte.
« Pas assez bien pour que Filius l'accepte dans sa chorale malheureusement, soupira Chourave d'un air désolé. Il parait bien gentil à première vue Wendy mais Filius est un vrai démon lorsqu'il s'agit de chant. Enfin bref, je crois bien m'être égarée, » fit Chourave en posant son index sur son menton.
De la terre était comme toujours incrustée sous son ongle.
« Le maléfice, professeure, » lui rappela Baley Finch-Fletchley.
Oh la balance
« Tais-toi, Baley, » claqua sèchement Eva en fusillant du regard le 2ème année qui détourna rapidement son regard avec un reniflement hautain, jouant avec ses lunettes.
Mais le mal était fait.
« Oui ! Le maléfice ! » s'écria Chourave.
Puis, Chourave enfouit sa main dans son décolleté et en sortit sa baguette qu'elle avait posée dans son soutien-gorge, choquant les élèves plus jeunes qui n'étaient pas encore habitués au caractère excentrique de leur Cheffe de Maison. Insouciante des regards éberlués posés sur elle, Chourave effectua un mouvement de poignet avec sa baguette et la seconde suivante les Poufsouffles purent entendre un cri surpris.
Sous leurs yeux effarés, ils virent une chaise slalomer entre les tables rondes de la Grande Salle pour se diriger à toute vitesse vers eux, un élève s'agrippant tant bien que mal à celle-ci. Finalement, il arrêta son chemin devant Chourave qui sourit joyeusement.
Une exclamation de surprise se coinça dans la gorge d'Eva alors qu'Evan Rosier levait des yeux furibonds vers eux.
« Qu'est-ce que c'est que cette merde ? » grinça-t-il entre ses dents.
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titre : Regrets et doigts de fée (I)
nombre de mots : 9300
J'ai attendu si longtemps d'introduire Chourave que j'avais même oublié mon plan la concernant ! J'espère qu'elle vous a tous sonnés comme elle a sonné ses Poufsouffles. Sa personnalité est très fortement inspirée de Myriam Margolyes, l'actrice jouant la professeure de botanique dans les films. Si vous voulez entendre des histoires hilarantes, allez jeter un œil à ses interviews sur le divan de Graham Norton (disponibles sur YouTube). Le truc à propos des testicules d'Akash, l'actrice l'a dit en vrai à Daniel Radcliffe en janvier 2020, haha.
Ewi : Savoir que tu apprécies Eva me va droit au cœur, j'essaye du mieux que je peux de la rendre attachante alors j'espère que ça continuera comme ça malgré ses hauts et ses bas. Et oui, Eva est loin d'en avoir terminé... Mais ! Il y a de la lumière au fond du tunnel, tkt. Enfin, normalement, héhéhé. Et le fait que le juste vivra par sa loyauté ne soit pas une romance toute bête comme tu dis, AAAAAH, trop heureuse de l'entendre !
Baccara V : Déjà, merci pour ton retour sur Alice ! Que tu vois les traces d'une future Auror en elle est une superbe nouvelle pour moi ! Alice n'était pas du tout dans mes plans à l'origine mais elle s'est faite une place dans l'intrigue et ne semble pas vouloir se faire oublier ! Quant à ton questionnement sur la réaction plutôt calme d'Eva suite au commentaire d'Alice sur Mulciber, ça m'a fait beaucoup réfléchir et me poser la question de si j'avais fait un faux-pas mais, finalement, mon raisonnement est que : Eva est au bout du rouleau après sa crise de panique ET contrairement à Meredith contre qui Eva avait pété un câble (ch.5), Alice est d'un naturel calme et l'atmosphère était plutôt posé d'où le simple rire jaune d'Eva bien que mentalement se soit la débandade, lol. Bien sûr, ça a très vite changé quand James s'est tapé l'incruste. Et, ne t'inquiète pas, James et Sirius ne vont pas se laisser berner aussi facilement ! Quant à Lizzie et Evan...AAAH! Merci, merci, merci ! Moi aussi j'adore leur dynamique et j'ai hâte de vous révéler ce qu'ils cachent. Parce que, on s'en doute, rien n'est jamais simple avec les Serpentards. Ne jamais se fier à sa première impression !
KorriganTanNoz : Merciii, j'espère que la suite te plaît ! Hâte de connaître ton ressenti si tu trouves le temps/l'envie d'écrire un ptit mot ;)
Le site web a refusé pendant deux semaines de me montrer le nombre de vues donc j'espère que vous êtes toujours présents ! Comme la dernière fois, laissez-moi un commentaire et le prochain chapitre (qui est une véritable PÉPITE, je l'ai relu au moins 10 fois, haha.) prendra une semaine avant d'apparaître ;)
Et, est-ce que vous aussi vous sentez que ça commence à devenir chaud entre Eva et Sirius ? ;) ;) ;)
Prochain chapitre : De la Danse, Un Pirate, Une Princesse, une Chasseuse, Elvis Presley ET de la Tension Electrique.
