le juste vivra par sa loyauté
Un grand merci à Baccarat V et Ewi sans qui ce chapitre aurait pris plus de temps à apparaître, héhéhé.
D'ailleurs point (pseudo) important, Sirius ressemble exactement à Johnny Depp dans Cry baby à ce bal d'Halloween ! Baccarat V a tapé dans le mile sur ce coup-là et prouve qu'elle a une bien meilleure culture cinématographique que moi !
Chapitre 17 : Baiser volé (III)
Précédemment :
Sa gorge était sèche, sa langue lourde. La réponse d'Eva fut chuchotée d'une voix rauque :
« On n'est pas amis. C'est toi qui me l'as dit, non ? »
Et Eva pouvait difficilement contredire ces mots que Sirius lui avait froidement assénés la semaine précédente car elle n'avait jamais ressenti ça pour un de ses amis.
Il était si proche mais pourtant il semblait diamétralement opposé à elle car sa mâchoire se crispa et ce pli au coin de sa lèvre révéla à Eva qu'il était énervé. Après tout, après tant d'années à l'avoir fréquenté aux côtés de James, Eva pouvait avancer connaître un tant soit peu ses expressions faciales.
« Tu comprends tout de travers, » bougonna-t-il et la lueur dans ses yeux était réellement une d'énervement.
Sirius entama un pas de plus vers elle et, cette fois-ci, son corps lui répondit car Eva recula d'un pas. Ils firent ça trois autres fois : il avançait, elle reculait. Dans d'autres circonstances, Eva aurait été inquiète de voir les narines de Sirius se dilater en réponse à ses actions mais elle savait juste qu'elle n'était pas prête pour la suite.
Mais on ne lui laissa pas le choix de décider car un élève bouscula sans faire attention Sirius et ce dernier perdit l'équilibre.
La dernière chose qu'Eva vit avant de se faire emporter en arrière furent les yeux surpris de Sirius.
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Le torse de Sirius percuta le sien. Par réflexe, Eva enroula son bras autour de la taille de Sirius alors que de son autre bras elle essayait de se rattraper à la table qu'elle savait ne pas être loin d'elle. Mais les jambes de Sirius s'entremêlèrent avec les siennes et, avec un glapissement de surprise, Eva se fit emporter en arrière.
C'était avec un bruit sourd que le dos d'Eva se cogna contre le sol dallé. La douleur la fit hoqueter – ses ailes de fées s'enfonçaient dans son dos – mais elle n'eut le temps de réfléchir que le reste du corps de Sirius ne l'écrasa sous son poids et qu'une douleur soudaine à ses lèvres lui fit monter les larmes aux yeux.
Heureusement, le bras qui avait essayé de trouver la table avait ralenti sa chute et c'était seulement grâce à lui qu'elle ne cogna pas son crâne.
Eva entendit Sirius grogner au-dessus d'elle alors qu'elle serrait inconsciemment son bras qui était toujours enroulé autour de la taille du Gryffondor, faisant crisser le cuir de son blouson. Ses yeux papillonnèrent alors qu'elle essayait de faire état de tous les membres de son corps sous le choc.
Il y avait deux douleurs qui prévalaient : celle de son poignet qui s'était plié en cherchant à retenir sa chute et celle de sa lèvre inférieure qui la picotait.
Autour d'elle, un brouhaha s'élevait.
« Qu'est-ce qui s'est passé ?
– Je sais pas, ils sont tombés d'un coup.
– Tu crois qu'elle a fait exprès ?
– J'en sais rien mais en tout cas elle a choisi la bonne technique. Moi aussi je veux bien qu'il m'écrase sous son corps.
– Maggie ! Pas si fort !
– Quoi ? Il est sacrément beau gosse.
– Mais ils se seraient pas...
– Embrassés ? Si, je crois bien.
– Quoi ?! Mais c'est moi qu'il était censé embrasser ce soir !
– Pas de chance, Lyssa. Tu aurais dû te déguiser en fée au lieu de choisir un costume de sirène. »
Eva rouvrit ses yeux et croisa le regard tout aussi désorienté que le sien de Sirius qu'elle n'avait jamais vu d'aussi près. Il grognait de douleur et son haleine réchauffait la joue d'Eva. Ensuite, Eva se rendit compte que la jambe de Sirius était dangereusement installée entre les siennes et que sa robe avait dû se soulever.
Toujours désorienté, Sirius commença à bouger et son genou effleura l'entrejambe d'Eva qui retint un piaillement de surprise.
Avec un rougissement mortifié, Eva attendit que Sirius reprenne ses esprits pour qu'elle puisse s'extirper de cet enchevêtrement de membres, comptant mentalement les secondes qui passaient en fixant le plafond étoilé pour tenter d'ignorer les murmures autour d'eux.
« Ça va ? grogna Sirius dans sa direction et Eva n'osa pas détacher ses yeux de la citrouille qui volait des mètres au-dessus d'elle alors que Sirius n'était qu'à quelques centimètres d'elle.
– Oui, » hoqueta d'une voix aigüe Eva qui sentait un rougissement violent monter de son cou jusqu'à ses oreilles.
Impossible que Sirius ne le remarque pas vu qu'ils étaient collés l'un à l'autre.
« J'ai rien compris de ce qu'il vient de se passer, » grogna-t-il d'une voix grave qui, si proche de son oreille, eut pour effet de nouer le ventre d'Eva.
Si le genou de Sirius n'était pas actuellement collé à son entrejambe, Eva aurait fermé ses jambes pour tenter de contrôler la chaleur qu'elle sentait si bas. Le pire était qu'elle avait l'impression que la sensation du jean de Sirius contre sa culotte (si on omettait la barrière fine de son collant) ne faisait qu'empirer l'excitation que son corps ressentait.
« Hé, Black ! Tu comptes rester avachi sur Eva combien de temps encore ? »
À cette voix familière, Sirius parut finalement se rendre compte qu'ils avaient des spectateurs très attentifs formant un cercle autour d'eux. Il posa ses mains au-dessus des épaules d'Eva –
Fixe la citrouille, allez fixe la citrouille et arrête de rougir comme Hannah et Andrew Abbot !
– et chercha à se redresser.
Sauf que quelque chose l'en empêcha.
« Eva, c'est bon. Tu peux me lâcher maintenant. »
Par le slip de Merlin, elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle tenait toujours d'une poigne de fer le blouson de cuir de Sirius ! Prenant bien soin d'éviter de regarder le Gryffondor qu'elle suspectait d'être amusé par la situation, Eva décrispa sa main et Sirius put s'asseoir.
Eva s'empressa de baisser sa robe et de s'asseoir à son tour. Puis, elle ramena son poignet douloureux contre son ventre et posa des doigts prudents sur sa lèvre inférieure qui picotait toujours douloureusement. Quand elle retira ses doigts, elle y vit des traces de sang.
Elle saignait de la lèvre.
Et quand elle leva les yeux vers Sirius qui tapotait ses cheveux pour vérifier l'état de sa coiffure avec une grimace – que c'était vaniteux de sa part – la cause du picotement de sa lèvre sauta aux yeux d'Eva.
« Eh bah Black, je crois que tu t'es trompé de légende. Ce sont les sirènes qui offrent un baiser de la mort, pas les fées, plaisanta la même voix masculine de tout à l'heure sans laisser le temps à Eva de digérer sa révélation.
– C'était pas voulu, » grommela Sirius en tournant ses poignets pour s'assurer qu'il n'avait rien de cassé.
Puis semblant sentir le regard d'Eva sur lui, Sirius se concentra sur elle. Les yeux écarquillés, Eva le fixait avec consternation (ou de l'horreur ? Elle ne parvenait pas à se décider sur une émotion). Elle avait une main posée sur le bas de son visage pour cacher la véritable éruption volcanique qui assiégeait impitoyablement sa peau.
« Eva ? Toujours vivante après ce baiser plein de dents ? »
Non, non, non ! Ce n'était pas possible qu'elle l'ait vraiment embrassé !
Mais les faits étaient là et, tout comme elle, Sirius ne semblait pas savoir comment réagir à la nouvelle.
Face aux yeux ronds d'Eva, Sirius détourna son regard et posa sa main sur sa nuque.
Par le slip de Merlin, est-ce que c'était un rougissement qu'elle voyait sur ses pommettes ?
« Dégage, Amos, » grommela la voix bien familière de Charlotte.
A l'entente de la voix réconfortante de sa meilleure amie, Eva détacha ses yeux écarquillés du visage crispé de Sirius. Amos et Akash étaient au premier rang du cercle d'élèves qui les fixaient sans gêne. Certains se mettaient même sur la pointe des pieds pour voir par-dessus les épaules de ceux devant eux. Mais Eva ne pouvait pas se concentrer sur eux, déboussolée qu'elle était.
Elle percuta le sourire goguenard que lui envoyait Amos qui la surplombait de toute sa taille puis le rire hilare d'Akash qui se moquait ouvertement d'elle et finalement Charlotte qui poussa sans vergogne Amos pour atteindre Eva.
Eva se raccrocha à la vue de sa meilleure amie comme un naufragé s'agripperait désespérément à une bouée de sauvetage en pleine tempête.
Ses lèvres peintes de rouge pincées, Charlotte s'accroupit à côté d'Eva et la première chose qu'elle lui chuchota fut :
« Ça va ? »
Eva ne savait pas si elle allait bien. Est-ce qu'on pouvait dire qu'on allait bien quand son cœur tentait de s'échapper de sa cage thoracique ? Elle hocha tout de même la tête, n'osant pas retirer sa main de son visage.
Sous sa main se trouvait sa lèvre ensanglantée qui était la preuve que tout ça n'était pas qu'un mauvais rêve.
« Ne fais pas attention aux autres idiots, lui intima Charlotte avant de continuer plus fort : Leurs parents ont juste oublié de leur apprendre les bonnes manières ! »
Le regard noir, Charlotte intimida la foule qui ne souhaitait pas rater un seul instant du dernier potin concernant Sirius Black. Ses incisives pointues de vampire lui donnaient une apparence encore plus menaçante.
« Dégagez ou je vous retire des points ! les prévint Charlotte en haussant encore plus sa voix pour se faire entendre parmi les exclamations de protestation.
– Oui, c'est ça, Tronsky. T'es même pas cap, » la provoqua d'un ton dédaigneux une fille dans la masse d'élèves.
Les traits de Charlotte se crispèrent davantage.
« Dix points en moins pour Serdaigle, claqua-t-elle froidement. Ça t'apprendra Skeeter.
– Mais c'est illégal ! s'écria d'un ton outré celle qui devait être Rita Skeeter.
– Vingt points en moins alors, » se corrigea Charlotte, implacable alors que des cris révoltés se faisaient entendre.
Mais Charlotte n'avait jamais été du genre à se faire influencer par l'opinion publique. Impitoyable, elle continua de retirer des points à chaque Maison, ne faisant fi de qui appartenait à quelle Maison. Elle enleva même des points à Poufsouffle. Petit à petit, les élèves récalcitrants s'effacèrent jusqu'à ce qu'on entende plus que la musique rock. Bien sûr, les plus curieux les observaient toujours de loin mais Charlotte n'allait pas les chasser de la Grande Salle non plus.
« Ce qu'il ne faut pas faire, » marmonna Charlotte en commençant à choyer Eva.
Eva se laissa faire sans un mot alors que Charlotte lançait un reparo silencieux pour redonner leur forme originelle à ses ailes argentées qui étaient tristement aplaties. Et quand Amos s'accroupit à côté de Charlotte tandis qu'Akash allait vérifier en ricanant toujours l'état de Sirius, Eva ne put émettre un seul son.
« Décidément, ça ne rigole pas avec toi, Tronsky, » plaisanta d'un ton léger Amos.
C'était la première fois depuis la rentrée qu'Eva le voyait sourire si sincèrement en compagnie de Charlotte.
« Quand j'ai enlevé des points à Poufsouffle c'était dans l'espoir que ça te fasse dégager aussi, » lui rétorqua sèchement Charlotte en prenant entre ses doigts le poignet qui reposait toujours contre le ventre d'Eva.
Quand Eva émit une exclamation de douleur à son geste, Charlotte leva des yeux sérieux vers sa meilleure amie :
« Ça te fait mal quand je fais ça ? lui demanda-t-elle en tournant délicatement le poignet d'Eva qui siffla entre ses dents face à la douleur. Tu t'es peut-être fait une entorse, fit remarquer Charlotte en claquant sa langue contre son palais.
– Ça lui apprendra à jouer à l'héroïne et à vouloir sauver son mec, plaisanta Amos qui avait été étrangement respectueux alors que Charlotte établissait son diagnostic.
– Vous m'avez vu tomber ? » leur demanda Eva avec une grimace.
La présence de ses amis l'avait calmée. Elle ne sentait plus capable de cuire un œuf rien qu'avec la chaleur de son visage. Bien qu'elle craignait qu'un léger rougissement ne reste sur son visage jusqu'à la fin de sa vie. Même maintenant, elle se sentait toujours fébrile.
Amos éclata de rire à sa question alors que Charlotte attrapait le menton d'Eva pour observer de plus près sa lèvre qui semblait avoir gonflé, ne faisant fi des maigres protestations de la brune.
« Si on t'a vu ? se moqua Amos et son sourire goguenard lui aurait valu une claque sur le bras si Eva n'était pas sujette à l'inspection attentive de Charlotte. On était au premier rang. Miss Tronsky voulait absolument qu'on te retrouve après que tu aies disparu avec Potter, lui révéla Amos en désignant du menton Charlotte qui commençait à tapoter le reste du corps d'Eva pour s'assurer qu'elle ne cachait pas d'autres blessures.
– Il y avait de quoi s'inquiéter, maugréa Charlotte. La dernière fois que tu m'as parlé de lui, vous étiez en froid.
– Vu la danse spectaculaire qu'ils nous ont offert, je pense qu'ils ont dû se réconcilier, » ironisa Amos en prenant ses aises.
Il tendit ses bras derrière lui et posa ses jambes sur les chevilles d'Eva pour les étirer.
« D'ailleurs, tu remercieras Potter de ma part, Eva. Maintenant les filles vont s'attendre à ce que tous les mecs puissent les porter aussi facilement que ça.
– Je ne vois pas de mal à ce que les filles s'attendent à un niveau plus élevé chez les garçons, fit remarquer Charlotte en rajustant la robe d'Eva pour s'assurer qu'elle lui cache bien les cuisses.
– Tu dis ça mais il faut prendre en compte le poids des filles en question aussi. Déjà qu'Eva est grosse –
– Hé, protesta faiblement Eva.
– Alors devoir porter des hippopotames ? Tu veux que tous les gars de l'école se pètent le dos ? » termina Amos d'un ton amusé.
C'était étrange de le voir si à l'aise en compagnie de Charlotte, ne pouvait s'empêcher de penser Eva. Ça la rendait presque nostalgique de former de nouveau ce trio mais ce n'était pas bien. Amos était maintenant avec Kate Godfried. Et d'ailleurs, la Serdaigle n'apprécierait sans doute pas d'apprendre qu'Amos soit aussi proche physiquement d'Eva pendant qu'elle était en train de former des relations au bal de Slughorn.
Les rumeurs sur leur ménage à trois avaient très peu amusé Kate Godfried et, depuis qu'Eva avait appris qu'Amos avait dû l'amadouer pour que la Serdaigle se remette avec lui, la Poufsouffle tentait de se comporter de manière moins naturelle avec Amos.
« Peut-être que ça te ferait du bien de reprendre le sport. Tu m'as l'air d'avoir pris du ventre. »
Et sur ces mots, Charlotte lança un regard hautain en direction du ventre en question. Mais Amos n'eut le temps que de bafouiller d'un air outré avant que la voix d'Akash ne le coupe :
« Hé Eva, ce ne serait pas ton premier baiser ? »
Les trois Poufsouffles levèrent leurs yeux vers leur camarade de classe dont le sourire goguenard ne disait rien qui vaille. Eva constata avec consternation qu'à côté d'Akash se tenait Sirius qui s'était remis sur ses pieds sans qu'elle ne le remarque.
Enfin, si, elle l'avait remarqué vu qu'elle l'observait toujours du coin de l'œil mais elle essayait de prétendre qu'elle ne ressentait pas une tension électrique entre eux deux malgré la distance qui les séparait.
« Quoi ? Son premier baiser ? répéta Amos, l'air perplexe.
– Tais-toi Amos, gronda Charlotte en frappant le bras de son ex.
– Pas possible qu'Eva n'ait pas déjà déposé ses douces lèvres sur un autre homme, nia Amos en secouant sa tête. Notre Eva est beaucoup trop sexy pour ça.
– Ferme-la, Amos ! claqua plus sèchement encore Charlotte en giflant avec force le bras d'Amos qui en perdit son sourire amusé cette fois-ci.
– Aïe, se plaignit Amos en lançant un regard courroucé à la blonde qui le fusillait du regard. Mais ça va pas !
– Stupide babouin débile, siffla Charlotte entre ses dents. Quand on te dit de te taire ça veut dire que tu te tais, d'accord ? »
Mais Eva n'avait aucunement envie d'assister à leur échange de remarques piquantes. Se mordant l'intérieur de la joue, elle dégagea les jambes d'Amos de ses chevilles et se remit sur ses pieds en prenant garde de ne pas bouger son poignet foulé. Une fois qu'elle se fut remise sur ses pieds, Akash ne tarda pas à enrouler son bras autour de ses épaules pour la ramener contre lui comme l'avait fait plus tôt James.
Sa barbe qu'il laissait pousser effleura les cheveux d'Eva alors qu'Akash se penchait pour lui chuchoter du bout des lèvres :
« J'ai raison, non ?
– Tais-toi, » lui ordonna-t-elle en guise de réponse en lui frappant le torse du dos de sa main libre, ne faisant même pas attention au fait qu'elle venait de prendre la même intonation que Charlotte en le disant.
Akash ricana et Eva leva les yeux vers Sirius qui les observait avec un visage de marbre.
C'était impossible qu'il ait entendu quoi que ce soit avec la musique en arrière-plan. Même Eva avait du mal à comprendre ce que lui avait chuchoté Akash.
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Ne jamais sous-estimer les sens aiguisés d'un animagus.
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« Et donc mon cher Sirius Black, vu les histoires que les filles racontent sur toi – »
Eva ne put que faiblement se réjouir du fait que le « les filles » d'Akash était assez vague pour que Sirius ne comprenne pas qu'Emmeline passait beaucoup plus de temps qu'elle ne devrait à commérer sur lui. Bien sûr, Eva l'écoutait toujours attentivement bien qu'elle fasse semblant du contraire. Surtout en présence d'Akash qui n'avait jamais su tenir sa langue. Elle avait appris sa leçon avec Ted Tonks, elle ne referait plus la même erreur.
Cependant, même si Eva avait appris à garder sa bouche fermée, Akash semblait avoir réussi à deviner son secret concernant son « premier baiser ». Jamais elle n'en avait parlé avec lui et pourtant il savait.
« – je pensais que tu savais y faire pour rouler des galoches – »
Il était tellement vulgaire. Eva espérait sincèrement qu'Akash n'envisageait pas de conquérir Astrid Matthews de cette manière. Bien que la Serdaigle soit un peu singulière, Eva ne voyait pas comment on pouvait être attiré par la crudité d'Akash.
« – mais apparemment Eva va devoir te donner des cours pour t'apprendre à mettre plus la langue et moins les dents. »
Akash éclata de rire à sa propre blague. Morte de honte, Eva se dégagea de son étreinte et posa sa main au-dessus de ses yeux – il ne fallait pas qu'elle abîme son maquillage – pour ne pas voir la réaction de Sirius.
« Je peux t'assurer que Sirius embrasse très bien, Banerjee. »
Attendez, ce n'était pas du tout la voix de Sirius, ça. Eva retira sa main de ses yeux et les nouveaux arrivants lui donnèrent envie de se cacher derrière Akash. Grand qu'il était, peut-être qu'il ferait oublier aux Gryffondors qui venaient d'arriver qu'elle existait ?
Autour de Sirius venaient de se positionner Lucy Emerson, Saoirse Stewart ainsi que Mary McDonald qu'Eva s'empressa d'ignorer.
« Lucy…, salua lentement Akash celle qui avait pris la parole en faisant la grimace. Je ne suis pas sûr que je sois censé savoir ça. Tu sais, vu que Jeff est ton ex et mon ami, » expliqua-t-il en faisant un geste vague de la main.
Lucy poussa un bruit moqueur.
« Comme tu le dis Banerjee, Jefferson est mon ex. Rien de plus, rien de moins. »
Sa robe de princesse bleue foncée brillait de mille feux sous la lumière des citrouilles volantes. Si Emmeline avait été là – et non pas au bras de Ronan Parkinson, Eva aurait pu se morfondre sur la beauté de sa robe et la beauté de la Gryffondor avec elle. Le bleu de la robe de Lucy Emerson ne faisait que rendre encore plus saisissant le bleu de ses yeux déjà très bien mis en avant par son fard à paupière sombre.
Entre Lucy et Marlène McKinnon, ça devenait difficile de ne pas jalouser ceux qui avaient la chance d'avoir des yeux bleus. Surtout, que les filles aux yeux bleus semblaient être le genre de filles qui attiraient Sirius Black.
Quoi ? Non ! Eva n'était pas jalouse d'elle !
Sauf que si ce n'était pas de la jalousie, ça devenait difficile de rationaliser le pincement de son cœur et l'énervement qu'Eva sentait monter en elle lorsqu'elle vit Lucy se positionner nonchalamment à côté de Sirius, si proches que leurs bras s'effleurèrent, comme si la Gryffondor ne venait pas d'avouer l'avoir déjà embrassé.
Lucy haussait le menton en plus.
Eva ne remarqua pas le roulement de yeux exaspéré d'Akash à la réponse de la Gryffondor, occupée qu'elle était à détailler du regard Lucy Emerson.
Ce n'était pas Lucy Emerson qui se ferait malmener par des Serpentards. À la place d'Eva, elle les aurait déjà fait fuir à grand coup de baguette et elle aurait donné l'impression que c'était si simple de le faire. La Gryffondor respirait la confiance en elle après tout. Ce n'était pas elle non plus qui aurait besoin de passer son temps à commander des potions par Sorcière Hebdo pour contrôler ses problèmes de peau. Pour Lucy, le maquillage n'était qu'une option. Elle était tout aussi resplendissante au naturel – Eva l'avait bien vu quand Lucy avait émergé du dortoir des garçons après avoir passé la nuit avec Jeff l'année précédente.
Et ce ne serait pas Lucy qui se laisserait déboussoler par un simple baiser à coup de dent. De l'expérience, elle devait en avoir et un simple bisou comme ça n'était rien face à ce que tout ce qu'elle avait dû vivre.
Eva savait très bien que Lucy était allée jusqu'à faire l'amour avec Jeff et, si les rumeurs disaient vraies, elle l'aurait aussi fait pendant l'été mais avec Sirius cette fois-ci. Hier encore, Eva aurait ignoré cette rumeur mais maintenant qu'elle savait qu'ils s'étaient embrassés, qui disait qu'ils n'avaient pas fait plus ensemble ?
Sirius ne laissait rien paraître en tout cas. Son visage était de marbre.
C'était comme s'il ne s'était rien passé. Si la lèvre inférieure d'Eva n'avait pas gonflé, on aurait même pu croire qu'elle s'était montée la tête toute seule.
« Je te crois, Lucy. Je n'aurais pas besoin d'une dissertation écrite, ta seule parole me suffit, » ironisa Akash.
Lucy Emerson tiqua mais Eva n'écouta pas sa remarque acerbe car Remus Lupin venait d'apparaître et il s'approcha à grand pas de son meilleur ami.
« Tu vas bien Sirius ? J'ai cru entendre des gens dire qu'il t'était arrivé quelque chose, » dit Remus, un pli inquiet apparaissant entre ses sourcils froncés.
Sirius soupira avec exaspération en remettant encore une fois sa main sur sa nuque.
« C'est rien, Lunard. Je me suis juste fait bousculer. »
Eva était d'accord, ce n'était rien. Sirius n'avait pas décidé de se faire bousculer par un élève trop excité ni n'avait décidé d'atterrir les dents les premières sur la bouche d'Eva. C'était juste un cumul de hasards et pourtant, son cœur, ce traître, se pinça comme si Sirius lui avait lancé des paroles blessantes. Ce n'était pas des paroles blessantes, son cerveau en étant bien conscient, alors pourquoi son cœur se bornait-il à lui faire croire le contraire ?
« Si tu le dis, » acquiesça de suite Remus après s'être assuré en un regard que Sirius allait bien – à part sa coiffure qui avait perdu un peu de sa superbe, il n'avait rien de changé depuis tout à l'heure.
Puis, le reste de ses paroles se perdirent. Eva ne parvenait pas à les entendre avec la musique et la voix d'Akash, Lucy Emerson et de Saoirse Stewart qui échangeaient des piques tandis qu'Amos et Charlotte se disputaient toujours à ses pieds.
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« Pourquoi est-ce que tu as l'air si gêné dans ce cas ? »
Remus lui lança un regard entendu et la main de Sirius se crispa sur sa nuque. Ça avait été idiot de sa part d'oser espérer que Lunard soit moins observateur ce soir. Hannah Abbott avait beau réussir à lui faire perdre sa suavité habituelle, Lunard n'en était pas arrivé au point où il oublierait les tics nerveux de ses amis proches.
« Ça a quelque chose à voir avec les yeux rivés sur toi d'Eva ? » ajouta Remus avec un sourire en coin alors que Lucy et Saoirse se mettaient à deux contre Akash Banerjee, un autre colosse qu'Eva fréquentait.
En parlant d'Eva, quand Sirius lui jeta un rapide coup d'œil après le commentaire de Remus, Sirius remarqua qu'elle était bien en train de le fixer. Il se força à ne pas s'attarder sur ses lèvres – chose qu'il essayait vainement de faire depuis qu'il avait ouvert ses yeux et s'était retrouvé à quelques centimètres du visage de la Poufsouffle.
Comme son odorat développé lui avait révélé lorsqu'Eva était apparue sous le bras de James, resplendissante dans sa tenue – Sirius avait dû se reprendre plusieurs fois pour ne pas laisser son regard s'égarer vers elle, elle avait mis un parfum qui sentait délicieusement bon.
Collé contre le corps d'Eva, c'était comme si son alter ego animal s'était réveillé, car Sirius avait dû se contrôler de toutes ses forces pour ne pas la renifler alors que les longs cheveux d'Eva étaient étendus sur le sol autour d'eux, rendant son odeur encore plus difficile à ignorer.
Ce n'était que le murmure des voix des connards qui les espionnaient qui l'avait fait reprendre ses esprits. Ça et le fait que son genou s'était niché à un endroit particulièrement dangereux. C'était ce positionnement qui l'avait fait prendre autant de temps avant de se relever. Empêcher son pénis d'avoir une érection avait été particulièrement difficile lorsqu'il avait senti l'excitation d'Eva.
Être un animagus était parfois une plaie. D'un autre côté, sans ses sens aiguisés, il n'aurait jamais pu savoir réellement si l'attraction qu'il ressentait était réciproque. Eva avait beau rougir, elle envoyait des signaux si contradictoires que Sirius en perdrait la tête s'il s'y attardait.
De surcroît, elle l'avait fait souffrir le martyr lorsqu'elle avait – sans doute inconsciemment – resserré ses jambes autour de son genou.
Finalement, Sirius avait réussi à se relever, réalisant notamment un de ses vieux fantasmes lorsqu'il avait posé ses mains de parts et d'autres de la tête d'Eva et s'était retrouvé à la surplomber.
Bien sûr, ce n'était que le début de son fantasme et, habituellement, elle était dénudée et ne portait pas autant de paillettes quand il l'imaginait sous la douche.
S'ils avaient été seuls, Sirius n'aurait pas hésité à se moquer de son rougissement et du fait qu'Eva évitait soigneusement son regard en fixant le plafond. Mais, conscient de leur public non désiré, Sirius s'était empressé de se relever.
Il avait été toutefois touché de remarquer qu'elle le tenait toujours d'une poigne de fer. Il n'était pas sûr que beaucoup de gens auraient le réflexe d'attraper l'autre personne pour les stopper dans leur chute. S'ils n'avaient pas été si loin des tables, Sirius ne doutait pas qu'Eva aurait réussi à les maintenir sur leurs pieds.
D'un autre côté, Sirius était secrètement heureux qu'ils aient été en plein milieu d'une allée. Sans ça, il n'aurait pas pu toucher les lèvres d'Eva.
Il se l'était interdit il y a quelque temps – James, James ne serait pas content – mais peut-être que c'était là le signe qu'il attendait. Bon après les circonstances n'étaient pas idéales pour montrer à Eva qu'il n'attendait qu'un signe de sa part pour la courtiser correctement – non, draguer, ce n'était pas comme avec Marlène. S'il avait pu choisir, il ne lui aurait pas donné un coup de dents comme il l'avait fait.
Toutefois, il ne pouvait s'empêcher de ressentir un sentiment de satisfaction bien masculin dès qu'il posait ses yeux sur la lèvre enflée d'Eva.
C'était lui qui lui avait fait ça. Pas Evan Rosier qui avait été beaucoup trop proche à son goût, pas James – non James n'était pas intéressé, loin de là – ni Amos Diggory ou Akash Banerjee qui la touchaient si librement.
C'était lui qui lui avait laissé sa marque, lui qui l'avait fait mouiller – dire qu'ils en avaient plaisanté avec Peter et James il y a une vingtaine de minutes de ça – et c'était lui qui l'avait fait rougir aussi violemment.
Jusqu'à ses oreilles pointues en plus. Un autre détail à rajouter à sa liste de fétiches. Jamais il n'aurait cru que des oreilles pourraient l'exciter mais Eva Brown faisait de son mieux pour le rendre fou apparemment.
Sirius avait bien failli lui sauter dessus lorsqu'Eva, le visage écarlate, l'avait regardé avec ses grands yeux noisettes en cachant sa bouche derrière sa main, semblant enfin réaliser ce qu'ils avaient fait.
Il aurait voulu l'attraper par ses cheveux qui le défiaient tout le temps de glisser ses doigts dedans pour la ramener contre lui. Puis, il aurait posé sa main dans le creux de sa mâchoire et la plume qu'elle portait à son oreille lui aurait chatouillé le dos de la main alors qu'il se serait penché pour l'embrasser.
Doucement pour lui laisser le temps de se détendre – elle semblait tellement être sur le qui-vive cette année – puis il aurait appuyé ses lèvres avec plus d'insistance sur les siennes pour qu'elle les entrouvre. Peut-être aurait-il mordillé gentiment sa lèvre si elle avait été trop obstinée.
En tout cas, il aurait fait de son mieux pour lui montrer qu'il savait faire plus que de simples bisous. Il aurait guidé sa langue dans une danse effrénée jusqu'à ce qu'elle en halète d'excitation, jusqu'à ce qu'elle se frotte à lui comme l'année dernière puis elle aurait murmuré son nom (« Sirius, Sirius, Sirius ») avec autant de ferveur que pour une prière.
Merde, il fallait qu'il se calme ou il allait devoir se rajuster dans son jean en public. Pour une fois, sa cape de sorcier lui manquait. Au moins sous cette épaisse robe, c'était impossible de voir s'il avait une érection.
Mais une question lui taraudait l'esprit. Est-ce que ce que sous-entendait Akash Banerjee était vrai ? Est-ce que ça avait réellement été la première fois qu'Eva avait posé ses lèvres sur un homme ?
Toutes les réactions physiques d'Eva prouvaient que oui et, après tant d'années à l'avoir supporté puis apprécié, Sirius serait tenté de dire qu'il réussissait à peu près à lire son visage. Mais, d'un autre côté, il y avait les rumeurs que lui avaient rapporté Peter ou Lucy à l'occasion. Certains disaient qu'Eva était une fille facile et Liam Olsen l'avait sous-entendu plus d'une fois lorsque James ne faisait pas attention. Eva traînait avec beaucoup de garçons, c'était vrai, et elle ne lésinait pas sur les touchers amicaux mais Sirius avait du mal à l'imaginer comme la femme fatale que certains la dépeignaient comme.
Et puis, il y avait ces zones d'ombres avec les Serpentards…
Le rire moqueur de Remus le ramena sur terre et Sirius se rendit compte qu'il s'était perdu dans ses pensées tout en continuant à fixer Eva qui le lui rendit bien avant qu'elle ne se détourne de lui avec une moue renfrognée.
Il n'eut pas le temps de s'attarder sur le changement d'humeur de la Poufsouffle car Remus se moqua encore une fois de lui alors qu'Amos Diggory venait épauler Akash Banerjee dans sa joute verbale contre Lucy et Saoirse.
« Tu veux que je prenne une photo ? Comme ça tu pourras l'admirer aussi longtemps que tu le souhaites.
– Je n'admire personne, gronda Sirius en lançant un regard d'avertissement à Remus qui continua de le fixer d'un air amusé.
– Ton petit jeu marche peut-être avec James mais je te connais trop bien pour me faire avoir Sirius, » lui répondit Remus en lui tapant amicalement le bras.
Avec un grognement ronchon, Sirius dégagea son bras.
« En parlant de James. Je crois bien qu'il arrive, » annonça Remus en regardant par-dessus l'épaule de Sirius.
Sirius se retourna et, en effet, James arrivait à grands pas vers eux. Il avait retiré son cache-œil de son front et le tenait dans sa main crispée. De l'autre, il s'ébouriffait les cheveux avec agitation. Il suffisait d'un coup d'œil pour comprendre qu'il était énervé et que la cause de son énervement devait être Miss Lily Evans.
« Qu'est-ce que t'as encore foutu Patmol ? » s'emporta James.
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titre : Baiser volé (III)
nombre de mots : 5450
Est-ce que vous me croyez si je vous dis que j'ai relu ce chapitre plus de quinze fois ? Parce que je crois que c'est même plus de quinze fois que je l'ai relu, haha. Mais je pense que c'est une bonne chose quand une pseudo écrivaine relit avec ferveur son propre travail. Je suis toute excitée de connaître vos réactions !
Quant au chapitre précédent, j'ai souri avec satisfaction en apprenant que la danse entre Eva et Rosier vous ait rendu mal à l'aise. C'était exactement le but ! J'ai adoré écrire Rosier et ses sous-entendus sur un hypothétique traitre dans les amis d'Eva comme l'a relevé Baccarat V. Mon autre moment préféré était la danse avec James ! Est-ce que ça se voit que j'ai un faible pour James Potter, lol ? Mais la première place revient bien sûr à la confrontation électrique entre Eva et Sirius de la fin, héhé. Dites-moi si la suite vous a plu !
Allez, à vendredi prochain pour vous dévoiler la 4ème et dernière partie de ce bal d'Halloween si j'ai droit à deux reviews !
(Ou oserais-je en demander trois ?)
