le juste vivra par sa loyauté
Chapitre 19 : Le 3 novembre
Tout d'abord, les remerciements à mon équipe de revieweuses qui tue : Baccarat V, Ewi et KorriganTanNoz. J'espère que vous resterez avec moi pour ce long chemin qui s'annonce, haha. Je débute le chapitre 31 avec un peu de peine mais je sens qu'on est bien partis pour une fanfiction de 50 chapitres (minimum lol). On verra si j'arrive à bien avancer cela !
En tout cas, on a atteint un total de 3500 vues donc félicitations à nous ! Et le mystère s'épaissit puisque le nombre de lecteurs venant des U.S a dépassé ceux venant de France. Again, don't be shy! I've got no problem with you reviewing in English!
Sur ce, bonne lecture et on se retrouve en-bas ;)
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Sa feuille tomba par terre.
Ce n'était rien de très grave sauf que c'était la 5ème fois qu'Eva se penchait pour la ramasser. Elle avait bien remarqué les coups d'œil de plus en plus irrités de McGonagall à chaque nouvelle chute. La professeure de Métamorphose devait croire qu'Eva faisait exprès pour que le temps passe plus vite tandis que ses camarades passaient un à un pour leur exposé.
Les exposés avaient commencé la semaine dernière mais presque la moitié de la classe n'avait pas pu passer durant la première séance. Cette fois-ci, Alice et Eva étaient passées en première. Durant l'oral, Eva n'avait pas pu s'empêcher de jeter des coups d'œil aux notes qu'elle avait prises. Elle avait aussi bégayé sur deux débuts de phrases mais, de manière générale, elle était satisfaite de son travail.
Alice lui avait même fait un clin d'œil lorsque McGonagall leur avait dit d'aller se rasseoir après les avoir félicitées pour leur travail.
Sauf que la bonne humeur d'Eva s'était bien vite volatilisée après que sa feuille sur laquelle elle prenait en note les exposés de ses camarades ait lentement glissé sur la table avant de tomber par terre. Elle avait d'abord cru à des courants d'air persistants. Après tout, le château était secoué par des tempêtes en ce mois de novembre.
Sauf que, la troisième fois, la feuille était tombée alors qu'Eva enfonçait sa plume pour y écrire fébrilement à cause de Carina Winnifred qui parlait vraiment beaucoup trop vite.
La quatrième fois, Eva avait sa main posée sur la feuille pendant qu'elle écrivait dessus.
La cinquième fois, une douleur à sa main l'avait fait émettre un piaillement de douleur alors que la feuille avait encore une fois atterrit délicatement au milieu de l'allée.
Le cours de métamorphose regroupait tous les 7ème années. Gryffondors, Poufsouffles, Serdaigles, Serpentards, les élèves de toutes les Maisons étaient présents.
« Miss Brown, je ne sais pas ce que vous avez aujourd'hui mais concentrez-vous, vint finalement lui chuchoter avec mauvaise humeur McGonagall une fois qu'Eva se fut remise droite sur sa chaise pour la cinquième fois en quinze minutes.
– Pardon, professeur, » s'excusa Eva en baissant les yeux.
McGonagall claqua son langue contre son palais puis fit signe à Carina Winnifred et Meredith Ravencrest de continuer. Meredith lança un sourire amusé à Eva – la batteuse de Gryffondor n'était pas du genre à se prendre la tête pour un oral – mais Carina Winnifred lui jeta un regard si meurtrier qu'Eva s'empressa de faire semblant d'écrire quelque chose.
Ça faisait depuis quelques jours que la Gryffondor la regardait méchamment. Eva ne s'en était pas aperçue au début mais c'était Emmeline qui le lui avait fait remarquer.
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« Qu'est-ce que tu crois ? s'était moquée Charlotte en les entendant se questionner sur l'hostilité soudaine de la Gryffondor. Elle est juste jalouse.
– Jalouse de quoi ? » avait demandé Eva en fronçant les sourcils, confuse.
Charlotte l'avait regardé d'un air atterré.
« Bah quoi ? » s'était défendue Eva.
Charlotte avait secoué sa tête d'un air las puis avait soupiré :
« Jalouse de toi et Sirius Black, bien sûr. Elle essaye de le mettre dans ses filets depuis l'année dernière. »
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Et Carina Winnifred n'était pas la seule. Eva avait entendu bien des chuchotis enragés sur son passage sans parler des nombreuses personnes qui la fusillaient du regard.
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« Sirius est si populaire que ça ? s'était agacée Eva lorsqu'elle avait failli faire les frais d'un croche-patte d'une Serdaigle qui grimaça rageusement lorsque Charlotte, profitant de son statut de préfète, lui retira des points pour son geste.
– Tu l'as vu en même temps ? lui avait rétorqué Emmeline. Si je n'étais pas en couple avec Ronan, je voudrais te tuer moi aussi. Tellement peu de gens ont réussi à intéresser Sirius et toi tu réussis à lui voler un baiser lors d'une mauvaise chute ? Ça n'arrive que dans les romans à l'eau de rose, » avait grommelé Emmeline.
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Ah oui, la grande nouveauté depuis la soirée d'Halloween était qu'Emmeline était officiellement en couple avec Ronan Parkinson.
Eva en avait perdu sa voix lorsqu'Emmeline leur avait annoncé la nouvelle, sautant sur les lits de Charlotte et Eva tellement la brune n'en pouvait plus d'attendre que ses amies se réveillent. Heureusement que Charlotte avait été là pour la féliciter – bien qu'avec beaucoup de réticence – car Eva avait été incapable de feindre la moindre trace de bonheur à cette nouvelle.
Emmeline en couple avec Ronan Parkinson. Le meilleur ami de Royce Mulciber. Celui qui savait très bien ce que ses copains lui avaient fait – et la faisaient de nouveau – subir et qui se mettait maintenant en couple avec une des amies proches d'Eva. Jamais Eva n'aurait pu imaginer que le premier petit ami d'Emmeline serait ce discret Serpentard qui passait plus de temps à lire plutôt qu'à colporter des rumeurs comme l'était le passe-temps d'Emmeline.
Et si maintenant ils étaient en couple, Eva avait bien peur que d'ici la fin de l'année Emmeline ne lui annonce qu'elle était fiancée. Après tout, lorsque des Sang-Purs se mettaient en couple en 7ème année, c'était là le signe qu'ils comptaient passer le reste de leur vie ensemble.
« Mais qu'est-ce que tu as aujourd'hui ? lui chuchota Charlotte une fois que McGonagall fut partie se rasseoir.
– Rien, » lui répondit Eva en ne pouvant retenir une point d'irritation dans sa voix.
Avec un reniflement agacé, Charlotte se concentra de nouveau sur sa prise de note alors que Meredith Ravencrest reprenait la parole, sa voix tonitruante réveillant tous les élèves qui somnolaient. Le reste du cours de Métamorphose se passa de la même manière et lorsqu'Ava Parkinson et Oliver Avery partirent se rasseoir après leur présentation – Ava n'oubliant pas de lancer un regard hautain à Eva –, comme par hasard, ce fut cette fois-ci sa plume qui échappa des mains d'Eva alors qu'Avery arrivait juste à sa hauteur.
Tel le grand hypocrite qu'il était, le Serpentard se pencha pour prendre la plume tombée au milieu de l'allée. Les doigts d'Eva se figèrent à quelques centimètres de la plume et, avec un mélange d'irritation et d'appréhension, elle observa les doigts longs et masculins du blond s'emparer de sa plume.
Une main dans sa poche de pantalon, Oliver Avery se redressa et posa la plume sur sa table.
« Je crois que tu as perdu ça, » lui dit Avery avec un sourire charmeur qui aurait certainement fait de l'effet à Eva il y a plus d'un an.
De mauvaise grâce, Eva le remercia avec un hochement de tête rigide. Ne paraissant pas blessé par la réserve de la Poufsouffle, le sourire d'Avery s'élargit et il donna même une pichenette aux cheveux d'Eva qu'elle avait attachés en une haute queue de cheval.
« Ce mec me met mal à l'aise, marmonna Charlotte après que le Serpentard se fut éloigné.
– Arrête, il est adorable, la contredit Emmeline tout aussi discrètement pour ne pas s'attirer les foudres de McGonagall alors que Luke Carstein et Amélia Avery, le couple de préfets-en-chef, débutaient leur exposé qui serait sans doute parfait.
– Tu dis juste ça parce que ton copain fait partie de son gang, rétorqua Charlotte.
– Pas du tout. Je l'aimais bien déjà avant. »
Oh Eva s'en doutait qu'Emmeline appréciait la gueule d'ange d'Oliver Avery depuis un moment. À en croire les moqueries qu'Avery avait susurrées à Eva, Emmeline avait failli sauter dans un lit avec lui lors du bal de Noël organisé par la famille Rosier en 6ème année.
Finalement, après une nouvelle demi-heure d'exposés, McGonagall daigna enfin leur donner une pause. Fébrile, Eva fut l'une des premières à bondir hors de sa chaise tellement elle n'en pouvait plus de rester assise. La preuve, elle tapait du pied sous la table depuis dix bonnes minutes à l'agacement de Charlotte.
L'autre personne tout aussi pressée qu'elle de sortir fut Akash Eva et lui se retrouvèrent en même temps à la sortie de la salle. D'un commun accord, ils s'éloignèrent de la porte de la Salle de Métamorphose pour pouvoir rouspéter sans que McGonagall ne puisse les entendre.
« Non mais t'as vu la tête d'Amélia Avery quand McGonagall leur a dit qu'ils allaient avoir un 'O'? Je crois que c'était la première fois que je la voyais sourire depuis la rentrée.
– Si c'était pas Avery, je devrais admettre que cette fille est une vraie bombe.
– Akash ! s'offusqua Eva et Akash afficha un air étonné.
– Bah quoi ? C'est vrai, se défendit Akash. Je vous entends bien glousser en parlant de son jumeau, je vois pas pourquoi j'aurais pas le droit de faire la même chose pour sa jumelle.
– Je ne glousse pas au sujet d'Oliver Avery ! » s'emporta Eva en prenant garde de ne pas hausser la voix étant donné qu'ils étaient dans un couloir fréquenté du château.
Akash afficha un air dubitatif.
« C'est vrai ! s'indigna Eva.
– Qu'est-ce qui est vrai ? s'enquit Amos en enroulant son bras autour des épaules d'Akash qui roulait ses yeux d'exaspération face au déni de la brune.
– Eva ne veut pas avouer qu'elle voudrait bien s'envoyer en l'air avec Avery, » déclara Akash d'un ton badin, ne paraissant pas s'émouvoir du « QUOI ?!» aigue que venait de pousser Eva en peinant à retenir un rougissement gêné.
Consciente qu'un silence s'était fait dans le couloir à cause de son cri, Eva frappa le bras d'Akash pour le punir.
« Il faut avouer que les jumeaux Avery sont vraiment bien foutus. Je me serais bien fait la Avery si elle ne donnait pas l'impression de sentir de la merde dès que je m'approche d'elle, révéla nonchalamment Amos à la consternation d'Eva qui n'en revenait pas que ses camarades puissent éprouver de l'attirance pour la Serpentarde blonde portant toujours un cerf-tête.
– Fais gaffe Diggory, les interrompit une voix masculine et les Poufsouffles tournèrent de concert leurs yeux vers le rictus amusé de Tony Valasquez. Même si je suis d'accord avec toi, tu n'as pas intérêt de laisser Kate ou Luke t'entendre. Sans parler d'Oliver Avery, il a déjà cassé la gueule de plusieurs mecs qui sont allés renifler trop près de sa sœur. »
Amos émit une exclamation amusée :
« C'est toi qui devrais faire gaffe Tony, c'est ton meilleur ami qui sort avec la reine des glaces, je te rappelle.
– Est-ce que vous avez tous le béguin pour Amélia Avery ? leur demanda avec consternation Eva en laissant son regard alterner entre Akash qui fit une moue désinvolte, Amos qui s'ébouriffait ses cheveux rasés avec un sourire en coin et Tony Valasquez dont le rire éclairait son visage bronzé.
– C'est pas parce qu'une fille a un balais dans son cul qu'on ne peut pas l'admirer, lui répondit Amos.
– La preuve, j'aime bien mater votre copine Tronsky même si elle préférait me crucifier plutôt que de me laisser la toucher, » leur révéla avec insouciance Tony.
Eva en resta bouche-bée. Tony Valasquez, le batteur de Serdaigle et chouchou de McGonagall bien que récidiviste avait le béguin pour Charlotte ? Cette même Charlotte qui se chamaillait actuellement avec Marlène McKinnon et Kate Godfried avec un air pincé plus loin dans le couloir ? Charlotte était si concentrée sur sa conversation qu'elle ne semblait pas remarquer qu'Astrid Matthews jouait avec une araignée à deux pas d'elle.
« Quoi ? s'exclama Akash en fronçant le nez, l'air répugné. Tronsky ? T'es sérieux mec ? »
Tony Valasquez haussa les épaules d'un air désinvolte, son sourire en coin toujours scotché à ses lèvres.
« Elle a son charme, déclara-t-il simplement avant de se concentrer sur Amos qui était resté silencieux face à cette révélation concernant son ex-petite amie. Sans rancune, Diggory. Je ne me serais jamais permis de l'approcher pendant que vous étiez encore ensemble.
– Si tu le dis, Tony, » répondit Amos de manière évasive.
Si Eva n'était pas en état de choc face à ce flot de révélations, elle aurait remarqué que l'expression d'Amos ressemblait étrangement à celle qu'il portait dès qu'un garçon se rapprochait de trop près de Charlotte de la 4ème année jusqu'à la fin de l'année précédente.
« Ah tiens ! s'exclama Akash, ne se rendant pas compte qu'il mettait ainsi fin à la tension ambiante causée par Amos. Mais c'est monsieur le préfet-en-chef et le capitaine des intellos! »
Et en effet, Luke Carstein et Francis Lockhart se rapprochaient de leur groupe. Eva fut tentée de changer de place lorsque Luke s'arrêta à côté d'elle –
Arrête de faire ta salope avec le mec de ma sœur, l'avait averti Oliver Avery il y a une éternité de ça.
– mais ce serait beaucoup trop voyant et Luke ne manquerait pas de lui faire un commentaire. Justement celui-ci se tournait pour s'adresser à elle tandis que les garçons entamaient une conversation au sujet du match Gryffondor-Serpentard de samedi prochain.
« Bien joué pour ton exposé, Eva. J'ai trouvé que c'était clair et précis, » la félicita Luke.
Le Serdaigle lui souriait avec cette douceur qui avait toujours détendu Eva auparavant. Elle se rappelait encore de leurs séances de révision de l'année précédente où Luke avait réussi à ne pas la faire pleurer de désespoir si attentif qu'il était. Or, cette année, plus que consciente des Serpentards qui étaient dans le couloir – dont Amélia Avery qui devait certainement les fixer avec mauvaise humeur, Eva ne souhaitait qu'une chose : que Luke garde sa gentillesse pour lui et qu'il cesse de lui parler.
« Merci », le remercia-t-elle en attrapant sa queue de cheval pour déposer ses cheveux sur sa poitrine et pouvoir jouer avec.
Elle ne pouvait pas le regarder.
« Et qu'est-ce que tu deviens ? J'ai l'impression de ne pas t'avoir parlé depuis une éternité. »
Va dire ça à ta petite copine, pensa rageusement Eva mais elle lança un faible sourire à Luke à la place.
« Sans doute que tu es trop occupé avec tes responsabilités de préfet-en-chef.
– Ou peut-être que tu fais exprès de m'éviter, lui rétorqua Luke d'un air blagueur, inconscient que sa blague eut seulement pour effet de déclencher un pic d'anxiété dans la poitrine d'Eva alors que le Serdaigle se tournait plus franchement vers elle. C'est parce que tu ne veux pas que le préfet-en-chef découvre quel monstre tu caches dans ta chambre ?
– Monstre ? répéta Eva, confuse. Quel monstre ?
– C'est toi qui m'en avais parlé la dernière fois. Tu ne t'en souviens plus ? »
Puis ça revint à Eva. Elle avait blagué sur la présence d'un monstre dans sa chambre en pensant à Charlotte qui était souvent d'humeur massacrante cette année.
« Aaah, fit Eva en enroulant une mèche de cheveux autour de son index. Ça. »
Luke haussa les sourcils, souriant avec amusement.
« Oui, ça. Tu comptes me révéler un jour ce que tu caches ?
– C'était juste une blague, expliqua-t-elle en faisant un vague geste de la main.
– T'es sûre ? Parce que ça ne m'étonnerait pas que tu caches vraiment quelque chose dans ton dortoir. »
Luke lui donna un coup de coude amical et Eva rit faiblement pour cacher son angoisse alors que Luke se penchait de plus en plus vers elle, ses yeux pétillants de malice.
Recule, recule Luke !
Mais Luke était complètement occupé à chambrer Eva comme il avait l'habitude de le faire depuis la 1ère année. Et c'était presque inévitable qu'Eva ressente un lancement de douleur à sa cheville.
Avec un glapissement surpris, Eva se rattrapa au coude de Luke qui lui demanda avec étonnement si elle allait bien. Elle le relâcha aussi soudainement qu'elle l'avait touché, lui disant qu'elle avait juste été surprise par une crampe.
Elle sentait un liquide mouiller le tissu de son collant à l'arrière de sa cheville. Elle voulut se reculer pour voir de ses propres yeux ce qu'il en était mais elle ne put faire qu'un seul pas en arrière avant de se cogner contre quelque chose de dur.
« Ne tombe pas à ses pieds non plus, Eva. Tu l'as déjà fait la dernière fois, si tu le fais une fois de plus on va se dire que tu le fais exprès. »
Eva se retourna et ce ne fut pas James qu'elle vit en premier bien que ce soit sa voix qu'elle ait entendue. Non, ce fut l'air exaspéré de Sirius à l'entente de la boutade de son meilleur ami. Rien que la vue de son visage fut suffisant pour qu'Eva perde le fil de ses pensées. Elle savait qu'elle avait l'air bête à le fixer avec sa bouche entrouverte mais son apparition était si soudaine qu'elle ne s'en remettait pas.
Et quand Sirius se concentra de nouveau sur elle, un mètre à peine les séparant, ça lui prit une seconde de plus qu'en temps normal pour l'accueillir avec un sourire vacillant.
Surtout que son cœur battait la chamade dans sa poitrine à cause de sa toute nouvelle blessure.
« Salut Eva. »
Pourquoi est-ce que son ventre se nouait-il juste à l'entente de sa voix grave ? Et pourquoi est-ce que son premier réflexe quand Sirius lui parlait était de baisser les yeux vers ses lèvres ? Ses lèvres étaient légèrement gercées et Eva s'imagina se pencher pour –
Elle stoppa net cette pensée plus que mortifiante alors qu'elle sentait ses propres lèvres picoter, plus particulièrement le coin droit de sa lèvre inférieure qui avait enflé au bal d'Halloween d'il y a trois jours.
« Sirius, le salua-t-elle en coinçant des petits cheveux derrière son oreille dégagée par sa haute queue de cheval qui pourrait rivaliser celle de Marlène McKinnon. Qu'est-ce que vous faites ici ? s'enquit-elle en réussissant à poser ses yeux sur James qui se tenait à côté de Sirius.
– Cours avec Flitwick, » lui répondit James d'un ton badin.
Deux choses se passèrent en même temps. Eva sentit un courant d'air et, la seconde suivante, une déchirure apparut sur son pull d'uniforme au niveau de son coude. Au même instant, la voix forte de Tony Valasquez capta l'attention des deux Gryffondors, les faisant penser que le sursaut d'Eva était lié à cette soudaine interruption.
« Hé Potter ! Prêt à te faire défoncer par les serpents samedi ? »
Au ton moqueur du batteur de Serdaigle, James bomba le torse et, alors qu'il enfouissait sa main dans ses cheveux, un sourire arrogant vint étirer ses lèvres. Pendant ce temps, Eva posait sa main sur son coude indolore et jetait un regard paniqué par-dessus son épaule.
À l'autre bout du couloir, les Serpentards semblaient tous concentrés sur leur conversation.
Emmeline discutait avec Ronan Parkinson et Royce Mulciber. Comme à son habitude, Ronan avait un livre dans sa main et semblait montrer des passages spécifiques à sa petite amie et son meilleur ami.
Mulciber était actuellement en train de parler et semblait n'en avoir rien à faire du groupe de Gryffondors, Serdaigles et Poufsouffles à l'autre bout du couloir.
À deux pas du trio se trouvait le plus grand regroupement de Serpentards. Evan Rosier racontait une histoire, un rictus arrogant à ses lèvres et sa main posée sur la taille de Lizzie Lestrange qui, lovée contre lui, l'écoutait avec amusement. Oliver Avery semblait couper son camarade par intermittence avec une remarque moqueuse au grand plaisir d'Ava Parkinson qui gloussait derrière sa main. Quant à Amélia Avery, elle se contentait d'écouter d'un air serein, son bras entourant celui de son jumeau et semblant n'en avoir rien à faire que Luke, son petit ami, plaisante avec les Poufsouffles.
La seule Serpentarde de 7e année qui manquait était Karen Dunn, la née-moldue, qui, comme à son habitude, devait être restée dans la salle de classe pour lire.
Comme pour la remplacer, Adrian Parkinson, le seul Serdaigle du groupe, se trouvait là. Or, il ne semblait guère apprécier la discussion car son nez était froncé.
Qui ? Qui était celui qui avait lancé cet avertissement ? Eva ne saignait pas mais le tissu de son pull était déchiré et l'air froid du couloir assaillait sa peau.
Inconscient du trouble d'Eva, James s'adressait à son rival de Quidditch :
« T'inquiète Valasquez. J'essaierai de te les laisser en un morceau pour qu'ils ne soient pas trop démoralisés pour votre match.
– Voir ta tête suffirait pour démoraliser n'importe qui, Potter, lui rétorqua Tony avec une assurance qui rivalisait celle de James.
– J'y peux rien si je suis beau gosse, » répliqua prestement James.
Sa remarque déclencha des rires et des sourires dans leur groupe et chez les autres élèves qui laissaient leurs oreilles traîner alors qu'ils prenaient leur temps pour se diriger vers leur prochain cours.
Ce bruit soudain attira l'attention d'Eva qui se concentra de nouveau sur leur petit groupe.
Du coin de l'œil, elle jeta un regard en direction de Sirius qui paraissait content d'apprécier silencieusement la répartie de son meilleur ami.
Ils n'ont rien vu, c'est bon ils n'ont rien vu, se rassura Eva qui n'avait pas oublié les surprenantes révélations de Sirius lorsque James et lui l'avaient interrompu pendant sa séance de travail avec Alice Fortescue il y a plus d'une semaine.
Sirius écoutait et voyait bien plus que ce qu'elle avait naïvement cru.
« Et pourtant t'es toujours incapable de te trouver une copine, Potter, fit remarquer Amos.
– Et la tienne t'a largué en moins d'une journée, Diggory, » répliqua sans cligner des yeux James en faisant référence à la réaction de Kate Godfried lorsqu'elle avait entendu les rumeurs courant sur Amos et Eva.
Les duels d'égo entre les garçons quand les matchs de Quidditch approchaient étaient toujours divertissants. Soûlants aussi car, bien que les garçons fassent les gros durs, ils étaient toujours blessés dans leur fierté. La preuve, alors que le rictus d'Amos s'était élargi à la vue de la réaction de James face à son commentaire, l'inverse avait été causé lorsque James lui avait répondu.
Et Amos n'avait jamais été du genre à accepter les moqueries sur ses relations amoureuses. Du moins, il ne les appréciait pas à l'époque où c'était le prénom de Charlotte qu'on utilisait pour le faire perdre ses moyens.
Heureusement, Akash semblait en être conscient lui aussi et il réussit (encore une fois) à disperser la tension.
« Et toi Black, tu vas enfin te décider à participer à un match ? »
Et l'intervention d'Akash eut aussi le mérite de rappeler à Eva qu'il fallait qu'elle se détende si elle ne voulait pas attirer l'attention. Elle observa donc Sirius hausser les épaules puis rejeter en arrière ses cheveux qui tombaient sur son front d'un geste nonchalant.
« Ça dépend de si les serpents réussissent à blesser un de nos batteurs.
– Rappelle-moi pourquoi tu es toujours un simple remplaçant arrivé en 6ème année ? » demanda d'un air circonspect Tony.
L'insensibilité du batteur de Serdaigle lui valut un « Tony » réprobateur de la part de Francis, son capitaine, ainsi que de Luke qui avait soupiré d'un air las dès que la joute verbale des joueurs de Quidditch avait débuté.
« Je me suis toujours posée la même question, avoua Eva, ne remarquant pas l'air incrédule de Francis et Luke alors qu'elle était focalisée sur Sirius.
– Tu insinues que je suis nul ? lui demanda stoïquement Sirius en arquant ses sourcils et, bien qu'Eva se sente tendue comme un arc, l'expression du Gryffondor étira un début de sourire sur ses lèvres.
– Le nouveau batteur de Gryffondor est un 4ème année, s'expliqua-t-elle, son sourire prenant une tournure plus sincère alors que les sourcils de Sirius allaient de plus en plus haut sur son front. Je pense que si tu le voulais tu pourrais facilement prendre sa place.
– Tiens, t'espionnes nos entraînements, Eva ? s'exclama James en lui décochant un sourire moqueur.
– J'ai surtout des fanatiques de Quidditch qui discutent tout le temps de leur stratégie pour leurs prochains matchs qui me collent, » révéla Eva en pointant du menton Akash et Amos.
Ça, c'était son environnement naturel. Se moquer de ses amis pour oublier son trouble et se détendre. C'était une technique qu'elle avait découverte l'année précédente : si elle faisait comme si de rien n'était alors rien ne s'était passé.
Cet été, le psychologue lui avait dit que c'était une très mauvaise idée mais Eva n'en avait rien à faire. Elle avait besoin de se protéger et, si elle ne jouait pas à l'autruche alors que sa cheville picotait, elle allait faire une crise de panique dans le couloir rempli d'élèves.
Elle l'avait déjà fait il y a plus d'une semaine devant un public non-désiré. Si elle le faisait une fois de plus devant James et Sirius, les deux garçons allaient sans nul doute revenir à la charge. Et, cette fois-ci, James ne se laisserait pas berner par des insultes.
« Ne leur dis rien, Eva ! la prévint Amos d'un ton menaçant qui n'impressionna guère Eva car elle secoua sa tête avec exaspération.
– Et comme vous l'entendez, ils sont particulièrement durs à ignorer, railla-t-elle.
– Hé ! T'es mal placée pour le dire, tu donnes des coups de pieds quand on ne t'écoute pas, » s'insurgea Akash.
Cette révélation d'Akash causa l'hilarité de certains – dont Sirius. Le sourire amusé du Gryffondor déclencha une vague de chaleur dans le corps d'Eva et la Poufsouffle ne saurait expliquer sa réaction. Elle s'empressa de lancer un « tu l'avais bien cherché ! » à Akash pour ne pas perdre contenance.
« Tu sais, tu devrais être plus sympa avec moi, » fit remarquer Sirius, rattirant l'attention d'Eva.
À côté d'eux, Akash croulait sous les moqueries des Serdaigles alors que Howard annonçait son arrivée en révélant qu'Akash avait déjà ravalé ses larmes suite à un violent coup de coude d'Eva.
« Pourquoi ? Tu penses que tu le mérites ? »
Eva ne savait pas pourquoi mais échanger avec Sirius lui donnait l'envie irrépressible de sourire bien qu'elle se sente toujours sur le qui-vive. Peut-être que c'était réciproque car Sirius lui offrit un sourire en coin.
Eva ne put s'empêcher d'admirer la fossette qui apparut à cette action. Ses yeux gris pétillaient et elle sentit une pointe de fierté à l'idée qu'elle en était la cause.
« Tu ne t'en rappelles pas ? s'exclama James et Eva se rendit compte à sa grande consternation qu'elle avait oublié qu'il était à côté de Sirius. Pourtant, le 3 novembre n'est pas un jour comme les autres.
– Comment ça ?
– Le 3 novembre, Eva, lui répéta lentement James comme si elle était idiote.
– Oui, j'ai entendu. Le 3 novembre et alors ? dit-elle en commençant à s'agacer alors que James secouait sa tête avec exaspération.
– Désolé Patmol, j'aurais essayé, soupira James en posant sa main sur l'épaule de son meilleur ami.
– Franchement, je suis blessé Eva, dit impassiblement Sirius alors qu'Eva divisait son attention entre lui et James, les sourcils froncés par la confusion.
– Je croyais que les Poufsouffles faisaient attention à leurs prochains, ajouta James avec toujours cet air faussement attristé.
– Être à Poufsouffle ne veut pas dire devenir une bonne sœur, James, ne put s'empêcher de le contredire Eva qui avait toujours en horreur les moqueries de James sur ce qu'étaient les Poufsouffles.
– Et pourtant, on pourrait s'attendre à ce que les justes et les loyaux se rappellent des anniversaires de leurs amis, non ? »
On n'est pas des amis, Eva.
Encore une fois, la voix de Sirius lui revint. Il avait été si froid dans cette salle d'étude et pourtant son corps avait été si chaud après que leurs lèvres se soient percutées.
Étaient-ils amis ou pas ? Ils n'avaient pas pu tirer ça au clair au bal d'Halloween puisque Sirius avait trébuché vers elle. Est-ce qu'elle devait se sentir coupable de ne pas s'être rappelée ce matin que c'était l'anniversaire de Sirius aujourd'hui ? Est-ce que c'était normal de sentir un poids dans son ventre rien qu'à l'idée de l'avoir blessé par son oubli ? Eva n'avait jamais ressenti cela le concernant, elle était éberluée par ses propres réactions.
James comme Sirius ne remarquèrent rien de son désarroi face à ce mot si compliqué ces derniers jours. Amis, étaient-ils des amis ou pas ?
La seule chose qui sortit de la bouche d'Eva fut :
« Oh…
– Oui, oh, se moqua James. Décidément Eva, tu es d'une loquacité ! » s'exclama-t-il.
Elle s'approcha de lui pour lui gifler le bras mais James ne parut pas être blessé par son geste car il éclata de rire. Avec un soupir exaspéré, Eva se détourna de lui pour se concentrer sur son meilleur ami qui les observait d'un air amusé.
« Joyeux anniversaire Sirius, » lui dit-elle en prenant soin de lui adresser un sourire amical, glissant encore une fois des cheveux rebelles derrière son oreille.
Sirius se concentra de nouveau sur elle et elle eut chaud soudainement.
« Merci, Eva. »
La chaleur augmenta d'un cran face au sourire de Sirius qu'Eva ne put s'empêcher de percevoir comme étant affectueux. Il la déboussolait tellement qu'elle n'avait aucune idée de l'expression faciale qu'elle affichait. Elle pouvait seulement espérer qu'elle ne laissait pas deviner son trouble.
Sirius pencha légèrement sa tête sur le côté et le cœur d'Eva fit un bond violent dans sa poitrine.
Les relents de son anxiété qui la faisait appréhender qu'une nouvelle plaie n'apparaisse sur sa peau ?
« Tu ne m'as même pas préparé de cadeau ? »
Qu'est-ce que c'était que cette émotion ? Pourquoi avait-elle envie de se pencher vers lui et –
« Je crois qu'elle t'a déjà offert un beau cadeau, Black, » les interrompit Amos d'une voix moqueuse en enroulant son bras autour des épaules d'Eva.
Eva se rappela soudainement que le couloir était toujours bondé d'élèves pendant la pause de 10h alors qu'Amos continuait :
« Un petit bisou de la part d'Eva ? C'est pas tout le monde qui pourrait s'en vanter. »
Par le slip de Merlin
Si avant elle avait eu chaud, ce n'était rien par rapport à maintenant. Avec un grognement, Eva se prit la tête dans les mains alors qu'au-dessus de son épaule Amos secouait ses sourcils d'un air goguenard vers Sirius qui quitta des yeux Eva pour lui adresser un regard blasé.
James poussa un grognement de dégoût.
Oh, non. James était là lui aussi ! Était-il au courant ? Eva avait encore moins envie de lever la tête pour voir sa réaction. Il avait toujours plaisanté au sujet d'Eva qui essayait de lui voler Sirius mais là Eva avait peur d'avoir dépassé une limite invisible.
Le souvenir de la chaleur de Sirius l'écrasant de tout son poids et de son visage si proche du sien la hantait toujours mais elle avait eu quelques jours pour s'en remettre. Bien sûr, la gêne n'était pas entièrement partie mais Eva arrivait désormais à croiser son regard et à ne pas rougir comme les Abbott.
Le bal d'Halloween avait eu lieu samedi soir. Le lendemain matin, la plupart des étudiants étaient allés prendre leur petit-déjeuner tardivement. Toujours un peu sonnée du fait qu'Emmeline venait de leur annoncer qu'elle sortait avec Ronan Parkinson, Eva n'avait pas remarqué qu'elle s'était assise face à la table de Serdaigle et dos à celle de Serpentard – chose qu'elle ne faisait jamais en temps normal – et qu'elle était en train de laisser son regard vagabonder.
Elle avait pris quelques secondes à remarquer que quelqu'un la regardait avec insistance en réponse à son regard distrait. Lorsqu'elle avait compris que c'était Sirius qui la regardait deux tables plus loin, ses yeux s'étaient écarquillés et elle s'était empressée de baisser la tête pour qu'il ne remarque pas son rougissement violent.
Alors qu'Eva s'était senti transpirer et que son cœur avait tressauté dans sa poitrine, Charlotte lui avait tapoté amicalement l'épaule. Quand Eva lui avait jeté un coup d'œil, le monologue d'Emmeline un simple bruit de fond à ses oreilles, Charlotte avait secoué ses sourcils de manière suggestive. Eva lui avait répondu par un regard mécontent puis lui avait giflé la cuisse sous la nappe mais Charlotte n'avait fait que ricaner.
L'après-midi, après avoir fait un tour au club de Baveboules en n'oubliant pas d'amener des chocolats pour les jeunes élèves qui étaient toujours aussi réservés, Eva avait accompagné Amos et le reste de son équipe jusqu'au terrain de Quidditch dans le seul but de se défouler en paix. Malheureusement, l'équipe de Poufsouffle avait réservé le terrain juste après celle de Gryffondor ce qui avait fait que les deux groupes s'étaient croisés.
Bien sûr, il avait fallu que Liam Olsen, à peine sorti des vestiaires après une douche, profite du fait qu'Amos soit occupé à chambrer Emma, la petite sœur d'Howard qui était l'attrapeuse de l'équipe, pour s'en prendre à elle.
« Je vois que tu n'as pas pu résister au charme des lions, Brown. Si t'étais aussi désespérée que ça tu aurais dû me le dire. »
– Personne n'est assez désespérée pour vouloir de toi, Olsen, » lui avait rétorqué Eva en peinant à contenir son énervement.
Elle avait été tellement impatiente de partir courir pour extérioriser toute son énergie fébrile qu'elle n'avait même pas attendu d'entendre la réponse du capitaine de Quidditch. Armée de ses chaussures de course, elle avait donc contourné Liam Olsen et avait trottiné jusqu'à atteindre le terrain. Bien sûr, il avait fallu que Sirius et James décident juste de sortir des vestiaires alors qu'elle passait à côté.
Eva avait failli trébucher à la soudaine apparition de Sirius qui lui avait fait un signe de la main.
« Ça va Eva ? s'était esclaffé James en la voyant sautiller sur deux mètres avant de pouvoir recommencer sa course.
– Oui, super ! » avait-elle crié par-dessus son épaule avant redoubler son allure pour s'enfuir en vitesse.
Et hier, elle avait encore une fois croisé Sirius dans le Hall d'entrée à l'heure du repas.
(Mal)Heureusement pour elle, Sirius n'avait eu le temps que de lui dire bonjour avant que Lucy Emerson ne l'embarque plus loin, son bras fermement enroulé autour de celui de Sirius alors que la brune aux yeux clairs continuait de discuter du contrôle pratique que les Gryffondors venaient d'avoir avec Chourave.
Le « salut » d'Eva était restée coincée dans sa gorge et elle avait suivi bêtement Emmeline et Charlotte qui se frayaient un chemin dans la foule, ses yeux collés à la chevelure ébène de Sirius qui commençait à devenir un peu longue.
Contrairement à Eva, Lucy Emerson était une petite fille et, proche de Sirius qu'elle était, on pouvait clairement voir leur différence de taille.
Peut-être que je suis trop grande, s'était dit Eva en pensant à l'image qu'elle et Sirius devaient donner lorsqu'ils étaient côte à côte.
Les garçons préféraient les filles plus petites, non ? Comme ça ils pouvaient poser leur menton sur le haut du crâne de leur amoureuse tandis que celle-ci pouvait se lover dans leur cou. Eva n'avait jamais été complexée par sa grande taille mais voir Lucy Emerson et Sirius de loin lui rappelait les romances qu'elle avait eu l'occasion de lire.
L'autre jour, après sa crise de panique qui la faisait toujours grimacer de honte lorsqu'elle y repensait, Eva avait pu se lover contre le torse de Sirius mais c'était juste parce que dans sa pitoyable crise de nerfs elle l'avait fait tomber à genoux.
Et puis, de toute façon, qu'est-ce que ça faisait qu'elle soit aussi grande que Sirius ? Ce n'était pas comme si elle voulait tenter quoi que ce soit avec lui. Il avait déjà Marlène McKinnon –
Fiancés ou ex-fiancés, quelle différence ça faisait alors que Marlène avait semblé étrangement jalouse lorsqu'elle avait interrompu Eva et Sirius sur la piste de danse.
– sans compter Lucy Emerson qu'Eva n'avait jamais deviné être une amie proche de Sirius avant cette année.
Ils ont déjà couché ensemble d'après les rumeurs, lui susurrait la voix d'Emmeline.
Les rumeurs, Eva n'y croyait pas vraiment vu toutes les fausses rumeurs qui couraient sur elle. Pourtant, il était impossible de nier leur complicité vu le nombre de fois qu'Eva avait surpris les deux Gryffondors de 6ème année en compagnie l'un de l'autre dernièrement.
De toute façon, Eva s'était interdite de le toucher et, si Sirius n'avait pas décidé de lui tomber littéralement dessus la dernière fois, elle aurait pu suivre son plan à la lettre. Mais c'était comme si Sirius savait ce qu'elle s'était promis suite à la révélation de ses (anciens) fiançailles puisqu'il apparaissait maintenant partout.
« Merci Diggory, » ironisa Sirius en réponse au ton moqueur d'Amos.
Eva refusait toujours de sortir sa tête de ses mains.
« Je t'en prie, Black, plaisanta Amos en s'avachissant davantage sur Eva qui poussait de nouveau un grognement embarrassé.
– Tais-toi Amos, le supplia-t-elle dans ses mains et, la seconde suivante, elle sentit Amos lui secouer l'épaule alors qu'il riait de nouveau.
– C'est pas moi qui a déclenché des dizaines de dépression nerveuse chez les filles du château, je te rappelle, la charria Amos. Si je n'avais pas une copine, j'aurais pu être jaloux de toi Black. Ça fait quoi d'avoir toutes les filles à tes pieds ?
– Pas besoin d'être jaloux, Diggory. Je te laisse ma place quand tu veux, » lui répondit Sirius.
Il n'y avait aucune touche d'arrogance dans la voix de Sirius alors que, pourtant, n'importe quel adolescent bomberait le torse en sachant que les filles du château avaient toutes explosé de rage en apprenant qu'Eva Brown avait réussi à voler un baiser à Sirius Black.
Ce fut cette humilité étonnante qui réussit à arracher Eva du méandre de ses pensées.
Cachant toujours le bas de son visage avec sa main, Eva leva la tête vers Sirius, et vit qu'il avait sa main posée sur sa nuque et qu'une esquisse d'une grimace se dessinait sur ses lèvres.
« C'est clair, acquiesça James. Une 1ère année est venue donner une lettre d'amour à Sirius au petit-déj l'autre jour. Si elle n'avait pas l'air si pitoyable à tenir sa lettre en pleurnichant j'aurais rigolé mais on dirait bien qu'elle a vécu sa première peine d'amour à cause de Sirius. »
James posa sa main sur l'épaule de Sirius d'un air compatissant et la grimace de Sirius devint plus franche.
Quoi que, si ce que disait James était vrai, Eva comprenait que Sirius soit mal à l'aise devant autant d'attention. Il n'y avait pas de quoi être fier de faire fondre en larmes des petites filles de 11 ans à peine.
Amos, lui, parut voir l'humour de la situation car il éclata de rire. Eva, elle, grimaçait légèrement en se disant que tout ce mélodrame avait juste été causé par un coup de dent involontaire. Le fautif dans l'histoire était l'élève qui avait bousculé Sirius mais Eva aurait été incapable de désigner le coupable, concentrée qu'elle avait été à plonger son regard dans celui de Sirius.
« C'est vrai ? Dis donc Black, tu es un vrai bourreau des cœurs ! Mais tu sais, Eva aussi a eu le droit à des lettres, » fit remarquer Amos et il secoua Eva en profitant du fait qu'il avait toujours son bras enroulé autour de ses épaules.
Eva grogna avec agacement mais, devant les regards intéressés de James et Sirius, elle avoua la vérité en un soupir :
« J'ai reçu au moins cinq lettres de menaces depuis dimanche.
– Quoi ? s'exclama James d'un ton incrédule avant d'exploser de rire alors que Sirius paraissait presque embarrassé devant tant de zèle.
– Elle est sérieuse, ajouta Amos en continuant de sourire comme si la situation était hilarante. Quelqu'un lui a même déposé une Beuglante dans sa chambre. »
Cette information ne fit que rire davantage James qui se raccrochait à l'épaule de Sirius qui, lui, grimaçait franchement maintenant, sa main toujours crispée sur sa nuque.
« J'ai été maudite à perdre mes dents et à avoir des furoncles sur tout le visage, révéla Eva qui avait l'impression que les hurlements de la Beuglante résonnaient toujours dans ses oreilles dès qu'elle parlait de cette histoire.
– Eh bah dis donc Patmol, tu pourras proposer à Madame Pieddodu de faire un partenariat. Si tu deviens un hôte à son café, je suis sûr que son chiffre d'affaires exploserait, plaisanta James en donnant un coup de coude à son meilleur ami qui rit jaune.
– Ha, ha, très drôle, Cornedrue. Je préfère encore passer une journée en compagnie de Snivellus.
– Eh bah, si tu ne sais pas quoi faire après Poudlard, tu pourrais certainement débuter une carrière d'hôte ou de strip-teaseur, voire de prostitué. Tu aurais un succès d'enfer, plaisanta Amos en ricanant à sa propre blague.
– Amos ! C'est pas drôle ! le sermonna Eva en se tournant vers lui pour lui lancer un regard réprobateur.
– Je fais que lui donner des idées, se défendit-il avec un sourire paresseux qui exaspéra Eva.
– Eh bah merci pour tes suggestions, ironisa Sirius dont l'air embarrassé avait été remplacé par un air blasé. J'en parlerai à McGonagall à notre prochaine entrevue.
– Heureux de pouvoir aider mes petits cadets, lui répondit Amos.
– J'ai le même âge que toi, Diggory, fit remarquer Sirius d'un air atterré.
– Ah bon ? s'étonna Amos. T'es un p'tit jeune de fin d'année alors ?
– Un p'tit jeune… », répéta moqueusement James.
Mais Amos se désintéressa de James. Il était concentré sur le batteur remplaçant dont l'air stoïque ne fit qu'élargir le sourire malicieux d'Amos. Ce sourire eut pour conséquence d'inquiéter Eva. Ce sourire-là était toujours de mauvais augure. Elle l'avait appris à ses dépens au fil des années.
« C'est une bonne nouvelle pour Eva. Ça veut dire qu'elle n'est pas une cougar. »
Et ça ne rata pas.
« Merlin, Amos ! s'écria Eva avant de se tourner et de plaquer sa main sur le visage d'Amos pour le faire reculer. Tu sais juste sortir des âneries ou quoi ?! » grinça-t-elle alors qu'Amos poussait des exclamations indignées tandis qu'Eva lui écrasait sans vergogne son nez.
Derrière elle, elle entendit le rire difficilement contenu de Sirius et de James.
Cougar ?! Il venait sérieusement de la traiter de cougar en public ?!
« Retourne voir tes copains immatures ! » lui ordonna-t-elle en lâchant le visage d'Amos pour lui frapper le bras.
Hilare, Amos ne tenta que mollement de se défendre en croisant ses bras devant son visage alors qu'Eva continuait de lui donner des coups de poing, son visage virant peu à peu au cramoisi.
« Je faisais qu'annoncer une bonne nouvelle ! » s'écria Amos entre deux éclats de rire.
Eh bien sa soi-disant bonne nouvelle lui valut un coup de poing dans l'estomac qui le fit se plier en deux avec un éclat de rire surpris.
« Garde-les pour toi tes soi-disant bonnes nouvelles ! » lui lança-t-elle avec mauvaise humeur et elle plaqua ses deux mains sur le ventre d'Amos pour le pousser en arrière.
La force d'Eva fit reculer Amos de deux pas. Ça ou le capitaine de Quidditch était beaucoup trop hilare pour user de ses muscles qu'il cachait sous sa robe de sorcier. Finalement, Amos préféra battre en retraite en direction d'Akash et d'Howard qui les observaient avec des sourires amusés et Eva leur montra son majeur pour la bonne cause.
« Eh bah Eva, peut-être que c'est toi qui devrais devenir le nouveau batteur de Poufsouffle. T'as l'air d'avoir assez de rage pour le job, plaisanta James et Eva se tourna de nouveau vers les deux Gryffondors qui avaient été visiblement divertis par le spectacle.
– Très drôle, James, railla-t-elle en resserrant le nœud de sa queue de cheval. Vous n'avez pas un cours de Sortilèges qui vous attend ?
– Si pressée de nous voir partir, dit James et Eva lui fit une grimace. C'est pas comme si tu étais du genre à être impatiente de retourner en cours pourtant.
– Je m'inquiète juste de ton assiduité en cours, James.
– Ma mère te remercierait mais ça ne sert à rien de faire l'hypocrite, lui rétorqua James en secouant sa main d'un air désinvolte. Mais j'ai plus important que ça. On organise une fête à la tour de Gryffondor samedi soir après le match contre Serpentard. Normalement, on fêtera notre victoire et– »
James désigna son meilleur ami avec son pouce.
« – l'anniversaire de Mister Sirius Orion Black. »
Eva jeta un coup d'œil au Mister en question mais celui-ci était occupé à regarder distraitement les autres élèves dans le couloir. Sirius ne paraissait pas très concerné par cette annonce d'une fête en l'honneur de ses 17 ans. Était-il en train de chercher quelqu'un ? Est-ce que c'était Marlène McKinnon qu'il cherchait du regard ?
Mais Eva n'eut pas le temps de se tourner pour voir ce que Sirius regardait que James continuait sur sa lancée :
« Et tu es invitée, Eva. Fais un peu d'effort côté look par contre, on n'accepte pas les pouilleux dans la tour de Gryffondor, ajouta-t-il en la regardant de bas en haut avec une grimace et Eva posa instinctivement sa main sur son coude pour qu'il ne remarque pas la déchirure de son pull.
– Ha, ha, railla Eva, sa main se crispant davantage sur son coude. Ça m'étonne ce que tu me dis parce qu'ils t'acceptent, toi. »
Pour se venger, James abattit sa main sur le crâne d'Eva. La jeune fille poussa un cri de protestation alors qu'il mettait en pétard ses cheveux mais James bondit en arrière avant qu'elle n'eut le temps de planter ses ongles dans ses bras.
« On se voit bientôt, Eva. Essaie de ne pas faire de nouvelle chute en attendant ! Allez viens Patmol ou on sera vraiment en retard, ajouta James une fois qu'il se fut éloigné de quelques pas sans que son meilleur ami ne le suive.
– Je te rejoins dans une seconde, » lui répondit Sirius et James partit avec un haussement d'épaules.
Eva se retrouva seule face à Sirius pour la première fois depuis leur danse. Il avait cessé de laisser son regard vagabonder et était maintenant entièrement concentré sur elle. Pourtant, il ne disait rien.
« Quoi ? lui demanda Eva en retirant son élastique vu que James avait complètement détruit sa coiffure.
– Tu vas bien ?
– Hein, pourquoi tu me demandes ça ? s'étonna-t-elle en glissant ses doigts entre ses cheveux pour tenter de les démêler, consciente que Sirius suivait son mouvement du regard.
– Tu n'as pas eu d'autres mauvaises surprises ? s'enquit Sirius puis il déposa délicatement ses doigts sur son cou à la grande confusion d'Eva. Pas de nouvelles traces sur ton cou ? »
Oh
« Je reconnais très bien la marque de tes frères, avait dit Sirius en regardant avec froideur Lizzie Lestrange. Déjà enfants, ils adoraient marquer leurs victimes. Je vois que la pratique ne s'est pas perdue. »
Pourquoi était-elle si bête ? C'était ce genre d'oubli qui allait la faire perdre la partie. Ces traces de suie n'étaient que la partie émergée de l'iceberg, une simple technique d'intimidation, mais c'était déjà bien plus que ce que Sirius ne devrait savoir.
Eva repensa à samedi dernier lorsqu'elle avait laissé Sirius avec Marlène et qu'elle avait essuyé le sang qui était apparu suite au coup de vent qui lui avait ouvert la joue. Elle repensa ensuite à Charlotte qui avait hurlé « EVA, TU BRÛLES ! » alors qu'elle était occupée à chambrer Akash après qu'il eut terminé d'apprendre une danse indienne à Astrid Matthews. C'était Jeff qui avait réagi en premier, bondissant pour arracher les ailes d'Eva de son dos.
Le cœur bondissant dans sa poitrine, Eva avait vu la coiffure ridicule d'Ava Parkinson s'éloigner jusqu'à ce que celle-ci rejoigne Evan Rosier qui s'était penché pour lui chuchoter à l'oreille, un sourire charmeur aux lèvres. Puis, il avait levé les yeux et les yeux sombres du Taureau s'étaient arrêtés pile sur Eva qui l'observait, n'écoutant plus ses amis blaireaux qui s'inquiétaient de ce presque accident, regroupés autour des ailes carbonisées d'Eva.
Si Sirius savait tout ce qu'elle cachait, comment réagirait-il ?
Eva s'empressa de réajuster ses cheveux pour s'assurer qu'ils cachaient bien la déchirure de son pull.
« Est-ce que je dois prendre ton silence pour un oui ? »
Eva recommença à glisser ses doigts dans ses cheveux. Elle observa un de ses doigts se coincer dans un nœud et elle se démena pour l'extirper de ce piège.
Soudainement, elle se rappela de sa panique l'autre jour quand elle avait demandé à Sirius si elle pouvait encore bouger ses doigts. Elle était la plus débile des idiotes. Pourquoi avait-elle perdu le contrôle si rapidement ?
« Eva. »
Il y avait une pointe d'avertissement dans la voix de Sirius et c'est avec réticence qu'Eva se concentra de nouveau sur lui. Sur le visage stoïque du Gryffondor, on devinait son sérieux. Sa fossette qui était apparue tantôt avait disparu et, à la place, les lèvres de Sirius formaient une ligne droite.
« Tu sais bien que les élèves ont tous leur propre passe-temps, » lui dit-elle finalement.
Eva ne saurait expliquer d'où lui était venue l'idée de dire ça.
Elle savait juste qu'elle se tenait périlleusement en équilibre et qu'un seul mot pourrait la faire tomber dans le vide. Elle avait promis de ne rien dire et elle ne savait pas jusqu'où le Serment Inviolable s'étendait. Elle avait tenté de trouver des informations à ce sujet mais tous les livres intéressants étaient enfouis dans la Réserve de la bibliothèque et Eva se voyait mal aller voir Dumbledore pour lui demander l'autorisation de pénétrer dans cette partie interdite de la bibliothèque pour y faire des recherches sur une promesse qu'elle avait faite sous imperio et dont elle avait interdiction de lui parler.
De plus, Eva ne voulait pas devoir recourir au mensonge face aux yeux scrutateurs de Sirius qui détaillait actuellement chaque pli sur son visage comme s'il pourrait y lire ses secrets.
Ce que Sirius ne savait pas était que les traces du jeu morbide de Royce Mulciber ne se trouvaient pas sur son visage mais plus bas. Son coude et l'arrière de sa cheville la picotaient comme pour lui rappeler ce qu'elle encourrait si Eva impliquait une personne de plus dans le véritable bourbier qu'était sa vie.
Hier, pendant le cours de Potion, Eva avait retroussé ses manches à cause de l'humidité suffocante de la classe alors que les étudiants s'évertuaient à répondre aux attentes de Slughorn qui s'adressait seulement à Oliver Avery lorsqu'il s'arrêtait à hauteur du chaudron qu'Eva et le Serpentard partageaient.
Eva ne s'était pas laissée démoralisée par le comportement fuyant de Slughorn à son égard. Non, c'était autre chose qui l'avait rendu incapable de se concentrer sur la potion qu'elle élaborait avec Oliver Avery qui était extrêmement diligent en cours.
Quatre fois elle avait sursauté et hoqueté de douleur alors qu'une nouvelle plaie apparaissait sur l'intérieur de son avant-bras à découvert. Chaque plaie était dérisoire mais assez profonde pour faire perler des gouttes de sang sur sa peau transpirante. Ça avait commencé dans le creux de son coude avant d'atteindre son poignet.
Oliver Avery n'était pas le coupable puisqu'il lui avait adressé des rabrouements agacés en voyant qu'elle ne suivait plus les instructions, les yeux clairs du Serpentard focalisés sur leur potion.
Les trois premières fois, Eva avait cherché avec frénésie le coupable mais tout le monde était concentré sur son travail. Finalement, au bout de la quatrième ligne rouge se rapprochant dangereusement des veines de son poignet, Eva avait croisé le regard de Royce Mulciber et elle était restée figée, sa main crispée sur son poignet.
Il était sur l'allée d'en face, debout à quelques chaudrons derrière d'elle.
Eva et lui étaient les seuls à être immobiles au milieu de la cohue.
Au premier regard, on pourrait penser qu'il ne faisait qu'observer une camarade qui secouait sa tête en tous sens comme une folle. Le visage de Mulciber était, après tout, tout à fait impassible alors qu'à côté de lui Ava Parkinson paraissait peiner à découper correctement une salamandre.
Mais c'était la même expression qu'il avait portée lorsqu'il avait présenté à Eva le corps inerte de Mary McDonald la même encore lorsque, l'année précédente, il avait lacéré le muscle de sa cheville à la fin d'un cours de Soins aux Créatures Magiques et qu'Eva s'était retrouvée à devoir ramper pour s'éloigner de la Forêt Interdite alors que le reste de leurs camarades s'étaient déjà dirigés avec empressement vers la Grande Salle pour le déjeuner.
Hier, si Oliver Avery ne l'avait pas attrapé par le bras pour qu'elle se décide à terminer de couper en petits morceaux la langue d'un crapaud, Eva se serait certainement perdue dans les yeux sombres de Royce Mulciber qu'elle voyait presque tous les soirs dans ses rêves.
La panique reprenait le dessus alors qu'Eva voyait les sourcils de Sirius se froncer. Il ne fallait pas être à la tête de la promo comme Marlène McKinnon pour comprendre que le Gryffondor ne se satisfaisait pas de sa réponse évasive.
Son collant noir collait de manière désagréable à la plaie qu'Eva savait avoir saigné.
Tout ça parce que Luke avait décidé de faire ami-ami avec elle. Était-il bête ? Est-ce que son amour pour Amélia Avery le rendait aveugle à la possessivité de cette dernière ? Et après c'était lui qu'on mettait comme préfet-en-chef ? Il ne savait que lire ces vieux bou–
Non, ce n'était pas ce qu'elle pensait. Luke n'était en rien fautif des jeux sadiques de certains Serpentards. Et puis, Eva n'était même pas sûre qu'Amélia Avery soit réellement celle qui avait déclenché le retour de ce jeu horrible qui recommençait à lui donner des insomnies. Elle soupçonnait surtout Mulciber d'avoir cherché la moindre excuse pour s'en prendre de nouveau à elle malgré les soupçons des professeurs à son égard.
Sa gaieté de tantôt lorsqu'elle discutait avec Akash et Amos avait laissé place à un dégoût qui lui devenait de plus en plus familier. Mulciber l'avait réellement souillée. Au point où elle ne pouvait même plus dire la vérité à Sirius qui carrait la mâchoire. Il allait certainement la rabrouer sèchement en disant qu'il n'était pas idiot et qu'il savait qu'elle lui cachait la vérité.
La bouche de Sirius s'entrouvrit et Eva se tendit pour se préparer à ce qui allait sortir de ses lèvres tordues en une expression irritée. Mais à sa grande surprise, la bouche de Sirius se referma et il pinça les lèvres.
Poussant un soupir éreinté, Sirius glissa une main agitée dans ses cheveux puis souffla :
« D'accord, très bien. »
Elle l'avait énervé.
« On se voit samedi dans ce cas. »
Elle voulait le retenir, lui dire qu'elle s'était trompée sur son compte, qu'elle avait cru que personne ne remarquait son mal-être mais que Sirius, lui et son air pourtant je-m'-en-foutiste, était le seul à la mettre face à ses conneries.
Mais sa gorge était sèche et sa langue lourde alors Eva le regarda partir sans un mot.
Eva ne remarqua pas que son pied s'était tendu comme pour courser Sirius qui traversait le couloir. Il adressa un bref hochement de tête à Marlène McKinnon qui l'observait sans rien dire alors que Kate Godfried et Astrid Matthews continuaient de discuter à côté d'elle.
Mais le soudain élan de courage d'Eva s'effaça lorsque la sonnerie stridente retentit dans le couloir et que McGonagall sortit pour leur ordonner de revenir dans la salle de classe.
Bien joué Eva
Dépitée et honteuse, Eva se dirigea vers la salle de Métamorphose en ne faisant même pas attention au fait qu'elle boitait légèrement à cause de sa toute nouvelle plaie à l'arrière de sa cheville.
A quoi bon se torturer l'esprit tous les soirs en repensant à sa proximité avec Sirius samedi dernier alors qu'Eva ne l'intéresserait jamais de cette façon ?
De toute façon, elle ne tenterait rien avec lui. Elle ne voulait pas embarquer qui que ce soit dans le véritable merdier qu'était sa vie. La douleur à sa cheville et son coude n'était qu'un détail dérisoire.
« Salope, » lui chuchota une voix féminine à l'oreille.
Eva sursauta et ses yeux écarquillés suivirent Ava Parkinson qui lui offrit un sourire moqueur avant de s'engouffrer dans la salle de classe.
« Avance, Brown, » la rabroua une voix masculine derrière elle avant qu'elle ne se fasse pousser en avant.
Eva manqua de trébucher.
« Tu bloques le passage, » lui dit Rosier et lorsqu'Eva osa tourner les yeux vers lui, elle remarqua les cernes sombres du Serpentard qui semblait éreinté maintenant qu'il ne racontait plus son histoire avec Lizzie Lestrange sous son bras.
Le visage cerné d'Evan Rosier se désintéressa d'elle et le Taureau disparut dans la Salle de Métamorphose pour suivre le reste des exposés.
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titre : Le 3 novembre
nombre de mots : 9500 mots
TADAHHH, les choses s'enveniment, Royce Mulciber passe ENFIN à l'attaque et il refera son apparition d'ici peu, c'est déjà prévu, ne vous inquiétez pas ;) J'espère que vous vous n'êtes pas perdus dans tous ces flashbacks mais c'est dur de faire avancer l'intrigue avec tout ce qui se passe à l'arrière de la scène. Je n'arrive même pas à imaginer comment je pourrais réussir à vous immerger dans la vie d'Eva avec des chapitres de 5000 mots, haha. Sans parler de la panoplie de personnages. Comme l'a remarqué Baccarat V, Astrid Matthews, la muse d'Akash, n'a pas vraiment eu son moment encore mais il vient d'être écrit donc pas d'inquiétude à ce sujet !
En tout cas, heureuse que l'aspect dansant du dernier chapitre vous ait plu et vous ait donné envie de vous trémousser ! Et Eva qui répond ENFIN aux Serpentards en fin de chapitre était un véritable plaisir. Eva est une blairelle mais ne pas trop secouer le blaireau qui dort ou gare à ses griffes!
Sinon, pour vous prévenir, j'ai effectué quelques changements sur des personnages : ceux du club de Baveboules plus précisément. Ils ne feront pas leur réapparition tout de suite mais ils ne sont que trois maintenant :
- Gilbert : Serdaigle de 1ère année, Arrogant et Perfectionniste c'est le Monsieur Je Sais Tout et Qui Répète Ce Qu'Il Lit Tout Le Temps Même Quand McGonagall Veut Qu'Il se Contente De Prendre Des Notes.
- Edgar : Serpentard de 1ère année aussi, souffre d'un bégaiement handicapant qui le fait être la risée de ses aînés serpents. Très impressionné par tout le monde, si complexé il est.
- Nao : Serpentarde de 1ère année, Née-Moldu d'origine vietnamienne, se fait durement bizuter elle aussi par les serpents.
Sinon, on se dit à dimanche prochain si j'ai droit à 4 reviews ? Et le juste vivra par sa loyauté aura fêté son premier anniversaire d'ici là d'ailleurs ! Pour fêter ça, vous aurez droit au fameux match de Quidditch Gryffondor-Serpentard !
