le juste vivra par sa loyauté


Cette semaine j'ai passé mes tous derniers partiels de ma vie, je suis crevée mais soulagée que ce soit terminé ! Sinon, Royce Mulciber serait fier de son petit effet parce qu'on a explosé les records niveau review au dernier chapitre ! Merci beaucoup (encore une fois mais je le redirai tout le temps !) à Ewi, KorriganTanNoz et Baccarat V. Sans oublier twjessie que je remercie chaleureusement pour son 1er review ! Toute heureuse que vous commenciez à avoir vos hypothèses, haha. J'ai hâte de vous révéler tout ça !


Chapitre 22 : La Maison des lions (I)


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« Je suis désolée, Eva ! »

Charlotte lui avait sauté dessus dès qu'Eva était rentrée dans leur chambre du dortoir. Sur ses joues blêmes, Eva pouvait voir le chemin des larmes que Charlotte avait dû verser en attendant son retour.

« Je ne t'en veux pas, souffla Eva en offrant un sourire fatigué à sa meilleure qui la fixait avec des grands yeux larmoyants, serrant dans son poing le manteau d'Eva.

– Il m'effraie tellement, je ne sais plus ce que je fais. Je jure que –

– Je comprends Charlotte, » la coupa Eva.

Elle dût hausser la voix pour se faire entendre par-dessus les chuchotements frénétiques de sa meilleure amie dont les boucles blondes et la frange étaient complètement en pétard, comme si Charlotte s'était violemment frottée le visage contre son oreiller. A en juger par l'état de son lit, ce n'était pas si improbable.

« Pas besoin de m'expliquer. Crois-moi, je sais ce que tu ressens, ajouta plus doucement Eva alors que le visage de Charlotte s'écroulait sous l'émotion.

J'ai honte, » couina Charlotte et c'était si étrange pour Eva de voir un si fort caractère se laisser abattre par Royce Mulciber.

Peut-être que c'était la malédiction des Poufsouffles : loyaux et justes mais incapables de rugir leur fureur.

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À 21h40, Eva était toujours prélassée sur son lit. Le nez enfoui dans son oreiller alors que Charlotte lisait tranquillement sur son lit en face, Eva faisait une sieste pour rattraper les heures de sommeil qu'elle perdait à cause de l'insomnie qui la réveillait trois à cinq fois par nuit. Tous les soirs, Eva s'attendait à ce qu'on s'infiltre de nouveau dans sa chambre comme la fois où un message lui avait été laissé sur le mur de la douche.

Souvent, elle se réveillait à cause d'un soudain courant d'air froid qui secouait les rideaux de son lit. Elle restait figée sous ses draps à fixer les rideaux mais, hormis les marmonnements d'Emmeline qui parlait dans son sommeil, rien ne se passait.

« Tu n'es pas invitée à une soirée, toi ? » s'enquit Charlotte en jetant un coup d'œil à sa montre qui lui disait qu'il était 21h58.

Eva poussa un gémissement endormi dans son oreiller.

« Est-ce que je dois te lancer un aguamenti pour que tu te décides à t'habiller ? »

Eva grommela une réponse emmitouflée à l'exaspération de Charlotte qui leva les yeux au ciel.

« Tu ne me laisses pas le choix Eva ! la prévint Charlotte en haussant la voix, s'apprêtant à sortir de son lit.

– Je me lève, je me lève ! » s'écria Eva en roulant hors de son lit de peur que Charlotte exécute sa menace qu'elle avait déjà eu l'occasion de faire subir à Eva lorsqu'elle ne se réveillait pas le matin.

Charlotte lui offrit un sourire narquois lorsqu'Eva posa ses yeux écarquillés sur elle, à moitié accroupie au sol alors que Charlotte était toujours sur son lit.

« Tu vois que tu peux te lever quand tu veux, se moqua Charlotte en haussant ses sourcils.

– Je te déteste, grommela Eva en commençant à se relever.

– Qu'est-ce que tu vas mettre ? » lui demanda Charlotte alors qu'Eva se dirigeait vers son armoire.

La réponse désinvolte d'Eva ne plut pas à Charlotte car Eva se retrouva entraînée dans un défilé de mode. Eva avait simplement voulu se vêtir d'un jean et d'un pull assez chaud mais Charlotte la força à mettre une jupe bordeaux et un pull noir qui, bien que cachant la clavicule d'Eva, était bien moulant et laissait deviner la rondeur de ses seins.

« Tu as besoin de couleur ! Où sont les boucles d'oreilles qu'Emmeline t'a offert ? » lui demanda Charlotte après lui avoir dit de faire un tour sur elle-même ce qu'Eva fit sans grand enthousiasme.

Puis, après avoir trouvé les boucles d'oreilles rondes et blanches en question, Charlotte décréta qu'Eva devait porter du rouge à lèvres pour faire ressortir la couleur de sa jupe.

C'est donc vêtu ainsi qu'Eva se retrouva devant le portrait de la Grosse Dame à 22h passées, sa cape de sorcière la réchauffant alors que la tempête dehors avait refroidi considérablement les couloirs du château.

« Votre tête me dit quelque chose, commenta la Grosse Dame en plissant ses yeux d'un air suspicieux, s'éventant ses joues poudrées.

– C'est parce que je suis une Gryffondor, lui répondit Eva en lui offrant un sourire, prenant soin de bien cacher la bouteille de Whisky en-dessous de sa robe de sorcière. Mimosa, » ajouta-t-elle et la Grosse Dame disparut après un dernier coup d'œil suspicieux.

Quelques secondes de plus et la Grosse Dame allait se rappeler de la Poufsouffle qui avait traîné devant l'entrée de la tour de Gryffondor il y a deux semaines de ça.

« La Grosse Dame te connaît ? » s'enquit avec curiosité Pénélope Schoonmaker.

Eva avait croisé la 6ème année à la sortie du dortoir en compagnie d'Isis Amatt. Les deux filles étaient maquillées et étaient resplendissantes dans leur robe respective qui mettaient en valeur leur meilleur attribut : sa poitrine généreuse pour Pénélope et son derrière bien rond pour Isis. En les voyant si pomponnées, Eva s'était fait la réflexion qu'elle faisait pâle figure devant ses deux cadettes mais elle ne s'était pas attardée sur cette pensée.


Qui voudrait de toi ? Regarde-toi, tu es laide.


Préférant ne pas s'aventurer seule dans le château, Eva leur avait proposé de se diriger ensemble jusqu'à la tour de Gryffondor en apprenant qu'elles allaient dans la même direction. Visiblement, même si Gryffondor avait perdu le match, bon nombre d'élèves étaient pressés de faire la fête.

Eva avait donc dit au revoir à Charlotte qui avait tenu à l'accompagner, comme si elle voulait se faire pardonner de l'avoir laissée seule face à Royce et Adrian Parkinson.

« Elle a dû me voir traîner dans le coin à une autre soirée, » répondit de manière évasive Eva.

Pénélope ne chercha pas plus loin et se tourna vers son amie indienne pour lui demander si son rouge à lèvres n'avait pas glissé sur ses dents. Après que l'indienne lui ait répondu par la négative, les deux 6e années ne tardèrent pas à s'engouffrer dans le passage, laissant Eva seule.

Avec un soupir anxieux, Eva se lança. Une seconde elle était dans le noir et la suivante elle était assaillie par un brouhaha assourdissant. Comme à chaque début de soirée, Eva se sentit stupide de venir car personne ne s'avança pour l'accueillir, tout le monde étant déjà très occupé à discuter ou à boire davantage.

De plus, Eva avait l'impression que les Gryffondors avaient commencé leur réunion depuis un petit moment déjà à en juger par les rires bruyants qui lui perçaient les oreilles. Finalement, Eva reconnut les cheveux indomptables de James du côté opposé de la salle, en face de la cheminée, endroit qu'elle savait avoir des sièges très confortables. Elle commença à se frayer un chemin entre les élèves, en lançant des « pardon » et « désolée » à tout va.

Mais, à un moment, Eva eut beau élever sa voix, le gars devant elle ne daigna pas se décaler. Quelque peu agacée alors qu'elle commençait à transpirer sous sa cape de sorcière qu'elle n'avait toujours pas enlevée, Eva tapota l'épaule du gars en question.

A son grand malheur, ce fut Liam Olsen qui se tourna vers elle.

Contrairement à Eva dont la première réaction fut de se retenir de claquer le capitaine de Quidditch, Liam Olsen parut ravi de la voir.

« Brown ! Justement la fille que je voulais ! » s'écria-t-il en levant ses bras en l'air, un gobelet toujours dans sa main.

Yep, il était bourré. Et bien bourré à en juger par le fait que le Gryffondor ne semblait même pas remarquer que le liquide de son verre dégoulinait sur sa main à cause de ses mouvements trop agités.

« Tu es venue jusqu'ici juste pour moi ? » minauda Liam Olsen en se penchant vers elle et Eva fronça le nez en sentant son haleine alcoolisée.

Eva posa sa main sur le tee-shirt du Gryffondor pour le faire reculer du mieux qu'elle pouvait, entourée par des étudiants qu'elle était.

« Dans tes rêves, Olsen. Chaque jour où je ne vois pas ta tête est une bonne journée. »

Contrairement à Liam qui la fixa d'un regard vitreux, les sourcils froncés de confusion, son commentaire eut l'air d'être apprécié par d'autres car Eva entendit des rires. Elle se décala légèrement pour que sa vue ne soit plus obstruée par la carrure forte de Liam Olsen et posa les yeux sur Steve McAvoy, muni de son éternel bonnet et l'air bien éméché lui aussi. Il y avait aussi Meredith Ravencrest et Saoirse Stewart de 6ème année. La seule qui ne paraissait pas amusée était Carina Winnifred dont l'air pincé révéla à Eva que sa camarade de classe n'avait toujours pas digéré le fait qu'Eva ait échangé un pseudo « baiser » avec Sirius.

« Il n'y a pas que tes tactiques de Quidditch qui ont l'air d'être à revoir, tes techniques de drague semblent elles aussi bien merdiques, plaisanta Saoirse Stewart qui était connue pour son franc-parler.

– Trop tôt, Saoirse ! C'est encore trop tôt pour en blaguer, » Meredith sermonna sa cadette avec un sourire éclatant qui contredisait pourtant ses paroles.

Visiblement, les membres de l'équipe de Quidditch s'étaient tous tournés vers l'alcool pour digérer leur défaite contre Serpentard. Eva n'était pas sûre d'avoir envie d'assister au désastre qui n'allait pas tarder à arriver car des Gryffondors sobres étaient imprévisibles mais des Gryffondors alcoolisés étaient indomptables.

« Je suis aussi fort en Quidditch qu'en drague ! s'emporta Liam Olsen en jetant un regard mécontent aux filles ricanant derrière son dos.

– Cause toujours Liam, lui rétorqua Saoirse Stewart, cachant son rictus moqueur derrière son verre alors qu'elle s'apprêtait à avaler une nouvelle gorgée.

– Je vais vous le prouver ! » s'écria avec mauvaise humeur Liam puis il se tourna de nouveau vers Eva et ce qui suivit méritait vraiment qu'elle le claque.

Tenant toujours de manière précaire son gobelet, Liam Olsen se pencha encore plus vers Eva et lorsque la Poufsouffle sentit les doigts du brun effleurer ses cheveux détachés, elle sut qu'il comptait encore une fois dépasser les bornes.

Meredith et Saoirse semblèrent comprendre au même moment qu'Eva ce que Liam comptait faire puisqu'elles poussèrent des cris de protestation alors que Liam Olsen plissait légèrement ses lèvres.

Steve McAvoy, lui, encouragea son meilleur ami et capitaine en lui criant : « Vas-y Liam, fais la jouir ! »

Mais Eva n'eut le temps de lever sa main pour gifler la joue rosée par l'alcool de Liam Olsen que quelqu'un tira sur l'arrière de sa robe de sorcière et elle trébucha en arrière.

Encore plus surpris par ce retournement de situation, le capitaine de Gryffondor ne rouvrit ses yeux que lorsqu'il sentit qu'il y avait un vide étrange devant lui. Puis, avec un glapissement surpris, Liam tomba à genoux et son gobelet tomba par terre, éclaboussant les élèves autour.

Alors que des cris échappaient aux élèves dont les chaussures faisaient les frais de la stupidité de Liam Olsen, Eva tourna des yeux surpris vers Alice Fortescue dont les boucles brunes s'échappaient comme toujours de l'élastique que la préfète se bornait à utiliser bien que ses cheveux soient bien trop courts pour être attachés. Pour retenir des mèches rebelles, Alice avait posé ses lunettes sur le haut de son crâne.

« Ça t'apprendra Liam à garder ta salive dans ta bouche ! » s'exclama Alice en direction du brun qui se remettait difficilement sur ses pieds, l'air sonné.

La seule raison pour laquelle Liam Olsen ne croulait pas sous les insultes était qu'il était le capitaine de l'équipe de Gryffondor et détenait, de ce fait, un statut spécial dans la Maison de Gryffondor. Actuellement, les pauvres victimes grommelaient simplement tout en jetant des regards mauvais à Liam qui fut maladroitement relevé par Steve McAvoy.

Puis, Alice se concentra sur Eva qui la fixait avec des yeux écarquillés et la Gryffondor sourit, ses yeux bleus pétillants de malice.

« Tu me remercieras plus tard, je sais que c'est un autre brun qui t'intéresse. »

Eva n'eut le temps que de bafouiller une protestation que déjà Alice la tirait derrière elle après lui avoir lancé un clin d'œil joueur.

« Et où est-ce que tu vas Mistinguett ?! s'écria Meredith derrière leur dos.

– J'ai une mission à remplir ! » lui répondit par-dessus son épaule Alice et Eva poussa un jappement lorsqu'elle faillit perdre la bouteille de Whisky qui était toujours cachée sous sa robe de sorcière.

Lorsqu'Alice s'arrêta finalement à l'endroit exact où Eva voulait aller à l'origine, la Poufsouffle ne pensa même pas à la remercier puisqu'Alice venait de s'arrêter pile devant le canapé où était assis Sirius.

À la gauche de Sirius se trouvait Remus, perché sur l'accoudoir et, à sa droite, Lucy Emerson dont les yeux bleus se posèrent sur les deux nouvelles arrivantes d'un air perplexe. À côté de la brune se trouvait Lily Evans qui paraissait en plein milieu d'une conversation avec Peter et Mary McDonald qui étaient assis sur le tapis rouge à ses pieds.

« Oh. »

Remus fut le premier à prendre la parole, semblant tout aussi surpris que le reste des 6e années de voir Alice Fortescue surgir de nulle part avec un air particulièrement satisfait, ses mains posées sur ses hanches et ses boucles brunes volant dans les airs. Derrière la préfète se trouvait Eva qui baissait la tête et se cachait le visage derrière sa main. La Poufsouffle avait beau tenter de se faire oublier, c'était peine perdue vu qu'elle faisait une tête de plus que la Gryffondor de 7e année.

« Salut les filles, » ajouta Remus après deux secondes de silence.

Pourquoi fallait-il que la situation soit si gênante ? se lamenta Eva qui se sentait transpirer sous sa robe de sorcière alors que Sirius la fixait avec des sourcils juchés bien haut sur son front et que Lucy pouffait de rire derrière son gobelet.

« Hé, on était en pleine discussion là ! » s'insurgea une voix féminine derrière le dos des deux 7e années.

Ah ça devait certainement être parce qu'Alice s'était insérée sans aucun scrupule entre un groupe de filles et les occupants du canapé qui devaient être en train de discuter avant qu'Alice et Eva ne déboulent de nulle part.

Se sentant profondément mal à l'aise, Eva se tourna légèrement et vit deux filles dont elle serait incapable de dire le nom. Elles n'étaient donc pas de Poufsouffle puisqu'Eva mettait un point d'honneur à connaître tous les élèves de sa Maison. Pas de 7e année non plus et sans doute pas de 6e année car Eva pensait tous les connaître de tête au moins.

Des 5e années dans ce cas. Avec leur maquillage et leur tenue, Eva ne pensait pas que la blonde à la queue de cheval et la brune avec une permanente aient moins de 15 ans.

« Vous m'avez entendu ou quoi ? s'impatienta la brune qui semblait être la plus extravertie des deux, plissant ses yeux d'un air mécontent dans la direction des deux 7e années qui la fixaient sans un mot.

– Oui, on t'a entendu Lyssa, répondit finalement Alice avec un sourire mielleux qui surprit Eva. Je sais bien qu'Eva et moi sommes plus âgées mais nous ne sommes pas sourdes non plus. »

La dénommée Lyssa à la permanente pinça les lèvres, semblant se rendre compte que celle à qui elle venait de mal parler était une préfète et que, bien qu'Alice ne soit pas très intimidante avec ses joues rondes et ses cheveux bouclés qu'elle ne semblait jamais brosser, elle serait quand même capable de lui retirer des points ou de lui donner une retenue si l'envie la prenait.

« Elle est juste agacée parce que vous l'avez coupé en plein milieu de son histoire, » dit la blonde à la queue de cheval dont Eva ne tarda pas à connaître le nom lorsque la dénommée Lyssa chuchota un « Maggie » agacé.

Derrière elle, Eva entendit Lucy pouffer de rire une nouvelle fois. Eva ne fut pas la seule à l'entendre car Lyssa sembla prendre sur elle pour ne pas se dégonfler. La jeune fille était clairement dotée d'une confiance en elle remarquable mais, à son âge, on ne savait pas encore comment ne pas se laisser toucher par le mépris d'une brune aux yeux bleus plus âgée et jolie à en pleurer de jalousie – et qui avait l'honneur de s'asseoir à côté de Sirius Black.

« Eh bien, Lyssa, Maggie, commença Alice avec toujours son sourire mielleux qui perturbait Eva, je pense que vous êtes assez grandes pour savoir que c'est poli pour les invités d'aller saluer l'hôte. Et comme vous avez l'air d'avoir déjà passé du temps en tête-à-tête avec Sirius Black, notre cher hôte, vous ne verrez pas d'inconvénients à ce qu'Eva retarde un peu votre récit qui, je suis sûre, est tout à fait fascinant. »

Alice cessa de parler et ses joues rondes se soulevèrent alors que son sourire s'élargissait exagérément.

« N'est-ce pas ? »

Si ce culot n'était pas la preuve qu'Alice Fortescue était une Gryffondor, Eva ne saurait pas quoi dire de plus.

Maggie La Blonde tortilla sa queue de cheval entre ses doigts, semblant clairement mal à l'aise, tandis que Lyssa À La Permanente pinçait les lèvres, paraissant furieuse par l'embarras qui faisait rougir ses joues.

Alice enfonça le clou :

« Bien. »

Puis, Alice posa sa main sur l'épaule d'Eva qui suffoquait sous sa robe de sorcière. Sa main qui tenait la bouteille de Whisky était moite et Eva ne serait pas surprise si ses joues étaient roses comme celles de Lyssa La Brune.

Alice se mit sur la pointe des pieds pour chuchoter à l'oreille d'Eva qui se pencha légèrement alors qu'Alice cachait sa bouche derrière sa main :

« Montre leur qui est la boss, lui chuchota Alice et quand la préfète se remit sur ses pieds, elle fit un clin d'œil à Eva qui était mélangée entre l'embarras et l'agacement.

– Tu te fais des idées Alice, » tenta de lui faire comprendre Eva en un chuchotement fébrile, plus que consciente de leur public et plus particulièrement d'un certain brun aux yeux gris qui la fixait d'un air désintéressé en buvant par intermittence.

Mais Alice ne parut pas être convaincue car elle fit de nouveau un clin d'œil à Eva et enroula son bras autour de celui de la Poufsouffle pour la tourner vers les spectateurs du canapé.

« Je crois bien qu'Eva a un cadeau pour toi, Sirius ! » s'exclama Alice et son ton enjoué donna envie à Eva de se terrer sous terre alors que même Remus pouffait de rire.

Sirius, quant à lui, venait de hausser ses sourcils, caché derrière son gobelet.

« Ah bon ? Un cadeau en plus de la part de gâteau au chocolat de la dernière fois ? » s'enquit Sirius et, malgré son ton badin, Eva savait pertinemment qu'il se moquait d'elle.

La preuve, toujours perché sur l'accoudoir du canapé, Remus laissa échapper un ricanement avant de plonger son visage dans sa boisson.

Tentant de piétiner mentalement la gêne qui la rendait hésitante, Eva se dégagea de l'étreinte d'Alice pour déposer la bouteille de Whisky qu'elle avait trimballé pendant tout ce temps sur les genoux de Sirius.

« Tiens, lui dit sèchement Eva en faisant son possible pour ne pas bégayer alors qu'elle sentait Lucy Emerson l'observer attentivement tandis que Sirius et Remus lisaient l'étiquette de la bouteille avec un intérêt poli. Pour tes dix-sept ans. »

Eva croisa ses bras sous sa poitrine, se sentant fondre sous sa robe de sorcière mais pas assez à l'aise pour la retirer alors que Lyssa La Permanente et Maggie La Blonde se décalaient pour voir ce que la fille qui avait arraché un baiser à Sirius Black avait offert à ce même Sirius Black.

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Sirius :

« Du Gary Oldymeany ? fit-il. Ça a dû te coûter une blinde. »

Si Eva ne le connaissait pas depuis si longtemps, elle aurait pu croire comme Maggie La Blonde et Lyssa La Permanente que Sirius était impressionné par la qualité de l'alcool qu'elle lui offrait. En réalité, Sirius comme Eva savaient pertinemment qu'elle lui avait déniché le Whisky sorcier le moins cher du marché. Elle n'avait pas trop eu le choix : la sortie à Pré-au-Lard était dans trois semaines et c'était la seule bouteille qu'Howard avait bien voulu lui vendre alors que les garçons comptaient faire leur propre fête alcoolisée dans leur chambre.

Si Eva n'était pas sûre et certaine que James serait capable de venir la chercher jusqu'au terrier des Poufsouffles, elle serait certainement avec eux et ne se sentirait pas actuellement comme une pauvre fille n'ayant que des maigres économies du fait qu'elle ait été élevée par une mère célibataire.

« Les fins de mois sont difficiles en ce moment, » dit-elle en refusant de se sentir humiliée alors qu'Alice lâchait un petit « oh ».

Contrairement à Alice qui, en tant que Sang-Pur, n'avait jamais vécu de problèmes financiers, Remus, lui, lui lançait un regard rempli de compassion. Or, même si Eva savait que lui aussi ne venait pas d'une famille aisée, ça ne la réconforta pas. Elle avait pris des années avant de cesser d'être complexée par son statut financier –


Après avoir surpris Euphémia en train de donner à Eva des vêtements, sa mère avait violemment objecté en disant qu'elle n'accepterait pas la charité ni la pitié d'Euphémia. Eva avait donc accompagné sa mère dans des magasins moldus de Londres et, bien que sa mère ait semblé regretter sa décision une fois que la caissière lui ait dit le prix, Eva était ressortie avec des nouveaux vêtements bien loin d'être neufs.


– et affichée d'une telle façon, Eva ne pouvait s'empêcher de redevenir la petite fille de 11 ans qui avait retenu des larmes après que Rabastan Lestrange se soit moqué de l'état pitoyable de sa robe de sorcière.

Surtout lorsqu'elle vit l'éclair de regret passer dans les yeux de Sirius lorsqu'il comprit exactement pourquoi est-ce que cette fin de mois-ci était encore plus difficile.

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« Elle est – elle est – p-partie. Elle n'est plus là, » avait sangloté Eva alors que James et Sirius la fixaient avec des yeux ronds, semblant horriblement mal à l'aise de la voir s'écrouler devant eux.


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Mais alors que Sirius se rajustait sur le canapé et semblait sur le point d'ouvrir sa bouche, Eva fut sauvée d'un énième moment gênant par Lily Evans, soit la dernière personne du groupe d'élèves présents à laquelle Eva aurait pensé.

« Arrête de faire ton bourge, Black. Gary Oldymeany est un très bon alcool. Je t'ai déjà vu toi et Potter vous saouler rien qu'avec ça.

– Il n'y peut rien. Il fait toujours son possible pour faire croire qu'il est classe, » plaisanta Peter.

Même si Peter prenait clairement la parole dans le seul but d'impressionner Mary McDonald qui gloussa discrètement, faisant sourire Peter d'un air ravi, Eva le remercia de tout son cœur. Grâce à Peter, elle avait cessé d'être le centre d'attention alors que Remus se penchait pour participer avec un plaisir mesquin à l'échange entre Lily et Peter qui avait pour seul but de ridiculiser Sirius. Sirius qui grommelait sans grande conviction alors que Lucy Emerson riait aux éclats à côté de lui.

Alice ne tarda pas à se joindre à la mêlée.

Mais alors qu'Eva s'apprêtait à disparaître aussi soudainement qu'elle n'était arrivée, un bras se glissa autour de son cou et elle accueillit James qui paraissait de merveilleuse humeur avec un « Oh non, pas toi » exaspéré.

« Qu'est-ce que tu viens de dire, Eva ? lui demanda James en profitant de la prise qu'il avait autour de son cou pour la secouer avec un sourire malicieux. J'ai cru mal entendre. »

James haussa moqueusement ses sourcils alors qu'Eva expirait bruyamment, sachant qu'elle ne réussirait pas à s'enfuir loin de cette troupe de lions tant qu'il serait là.

« J'ai envie d'aller me coucher, se lamenta-t-elle.

– Mais non, c'est la fête ce soir ! » s'exclama James en brandissant son poing dans les airs et Eva comprit instantanément qu'il n'était pas complètement sobre.

Il suffisait de voir l'état de ses cheveux. Il donnait l'impression de tout juste sortir d'un match de Quidditch. Quoi qu'il venait bien d'en jouer un ce matin donc la remarque d'Eva était nulle.

« Et qu'est-ce que tu fais encore avec ta robe de sorcière ? Tu comptes passer la soirée avec les hiboux dans la volière ? dit-il moqueusement et Eva roula ses yeux devant l'énergie de cet énergumène.

– Exactement, James. Tu me connais si bien, railla-t-elle.

– Je t'avais pourtant dit qu'on n'acceptait pas les pouilleux ici ! s'exclama James en ignorant complétement l'air ronchon de la Poufsouffle puis, il entreprit de déshabiller Eva par lui-même.

– Qu'est-ce que tu fous ? » siffla Eva entre ses dents pour ne pas se faire remarquer alors que Sirius grommelait des « non mais je fais pas ça ! » agacés tandis que ses amis énuméraient toutes ses manies.

Bien que Lyssa La Permanente soit occupée à rigoler à chaque commentaire moqueur des 6e années, menés par Lily Evans et Remus qui semblaient être les plus sarcastiques du lot, Maggie à la queue de cheval avait les yeux rivés sur James et Eva. Et, à en juger par son air confus, la blonde paraissait se poser des questions sur la proximité entre James et Eva.

C'était pour ça qu'Eva détestait venir à ce genre de soirée trop peuplée en compagnie de James depuis l'année précédente. Depuis qu'il n'était plus ce gringalet maladroit dont les ricanements malicieux faisaient rouspéter d'exaspération les filles, c'était devenu impossible de se comporter de manière naturelle avec James sans qu'on en vienne à penser que lui et Eva allaient terminer dans un coin sombre à se peloter.

Eva donna une tape à la main de James qui déboutonnait sans empressement sa robe de sorcière mais le Gryffondor se contenta de lui dire de se calmer (« Hé la blaireaute, range tes griffes pour ce soir, tu veux ? ») et continua sur sa lancée.

En moins de 15 secondes, James avait retiré la robe sombre des épaules d'Eva après avoir défait les trois boutons qu'Eva s'était contentée de boutonner tandis qu'elle comparait ses horaires de jogging avec ceux d'Isis Amatt.

« Ah bah tu vois que tu peux faire un effort quand tu veux, dit James en la regardant de bas en haut avec un sourire narquois et Eva croisa ses bras sur son pull sombre.

– Merci, je ne peux pas en dire de même de toi, » dit-elle sarcastiquement en lançant un coup d'œil appuyé à la chemise blanche de James qui dépassait de son pantalon et qui semblait bien froissée.

Eva ne préféra pas réfléchir à l'histoire qui se cachait derrière le froissement de sa chemise. Après tout, lorsqu'un garçon avait les cheveux en pétard comme James et une apparence aussi brouillonne, c'était parfois une fille qui était la cause de ce laisser-aller. Eva en était plus que consciente vu le nombre de fois qu'elle était tombée sur Amos, Howard et Akash dans cet état-là. Même Jeff qui était pourtant plus réservé était sorti des toilettes de la maison d'Amos avec ce look aux vacances de Noël de l'année précédente lorsqu'il était encore avec Lucy Emerson.

« Très drôle, Eva. Pour ta gouverne, je plais beaucoup aux filles, l'informa James avec un rictus arrogant en se pointant du doigt, la robe de sorcière d'Eva juchée sur son épaule.

– Eh bah Euphémia ne doit pas faire partie de ton fan-club. Elle hurlerait si elle te voyait, » lui rétorqua Eva avec un petit rire amusé.

James leva ses yeux au ciel :

« Je crois que ma mère et les filles de Poudlard sont dans différentes catégories. »

Une idée vint à l'esprit d'Eva et elle haussa ses sourcils d'un air faussement surpris pour préparer la scène.

« Ah bon ? fit-elle d'un ton innocent. Pourtant, l'autre jour, tu sais quand tu as lamentablement perdu contre moi –

– T'avais triché ! la contredit James.

– Oui, oui, c'est ça, j'avais triché, dit Eva en faisant un geste évasif de la main. Eh bien ce jour-là, Peter m'avait fait comprendre que tu aimais bien regarder ta mère sous la douche alors je ne suis pas sûre qu'Euphémia soit dans une catégorie différente. »

Bouche-bée, James la regarda avec des grands yeux ronds :

« Hein ?

– Oui, hein, répéta Eva en ne pouvant retenir un méchant sourire à la vue de l'air paniqué de James. À toi de m'expliquer, apparemment c'est toi qui – »

Mais la jubilation malveillante d'Eva prit fin lorsque James hurla de manière tout à fait inexplicable « EVANS ! » et jeta la robe de sorcière d'Eva dans la direction de la préfète rousse. Lily Evans se retrouva avec le vêtement sombre sur la figure et Eva l'entendit pousser un juron particulièrement violent avant que la Gryffondor ne réussisse à extirper son visage.

Des cheveux roux foncés rendus électriques lui collant aux joues, Lily Evans plissa avec fureur ses yeux verts émeraudes dans leur direction. Eva eut un geste de recul instinctif à cette vue tandis que, à côté d'elle, James lançait un sourire malicieux à sa camarade, sa main enfouie dans ses cheveux.

« Qu'est-ce que tu fous. Potter. »

La préfète le dit entre ses dents, plus une menace qu'une question.

« Tu avais l'air d'avoir froid, » lui dit James avec un sourire taquin.

Tout le monde posa ses yeux sur le col roulé de la Gryffondor dont les joues rouges révélaient que ses vêtements en plus de la chaleur de la cheminée allumée non loin d'eux servaient amplement pour la réchauffer.

« Est-ce que tu es débile mentale ? »

Pour le coup, même Eva ne serait pas capable de défendre James qui continuait de sourire comme un idiot bien que Lily Evans soit actuellement en train de lui envoyer un Avada Kadavra rien qu'avec la force de son regard.

« Je voulais juste te rendre service.

– Quel idiot, » souffla avec exaspération Remus avant que Sirius et Peter n'explosent de rire.

D'un air hargneux, Lily Evans se mit à mettre en boule la robe de sorcière d'Eva – heureusement qu'il n'y avait qu'un élastique dans les poches de son vêtement – et lorsqu'elle eut terminé, elle lança avec rage le vêtement en direction de James. Bien qu'un peu éméché, James n'eut aucun mal à attraper le projectile avec ses réflexes de Poursuiveur.

« Pas mal, Evans. »

Et cette provocation fut suffisante pour que Lily Evans saute à ses pieds et tente de tuer James. Comme s'il sentait que sa vie était en danger, James s'enfuit dès que la préfète eut posé les pieds à terre et il n'hésita pas à pousser sans ménagement un élève pour se frayer un chemin dans la foule.

« REVIENS ICI POTTER ! » hurla Lily Evans avant d'elle aussi disparaître dans la masse d'élèves.

Sa robe de sorcière froissée abandonnée à ses pieds, Eva se retrouva seule. À quelques pas d'elle, Sirius et Peter étaient toujours écroulés de rire alors que Remus secouait sa tête d'un air exaspéré bien que l'esquisse d'un sourire amusé lui échappe. Lucy Emerson, elle, paraissait franchement exaspérée alors qu'elle secouait son verre pour faire tourner le liquide à l'intérieur.

Quant à Lyssa et Maggie, elles semblaient partagées entre le malaise et la confusion à en juger par les regards qu'elles s'échangeaient.

Si elles n'étaient pas habituées à voir ce genre de situation, la brune et la blonde ne devaient pas être des Gryffondors. Des Serdaigles ou des Serpentardes de 5e année dans ce cas ?

« Merlin, ces enfants me fatiguent, soupira avec lassitude Alice en enroulant son bras autour de celui d'Eva et la Poufsouffle baissa des yeux surpris vers la préfète qui réapparaissait si soudainement. Si James n'avait pas de si bon réflexes Lily aurait sans doute déjà réussi à l'étrangler pour de bon. Je ne sais pas si je préfèrerais qu'ils s'entretuent ou qu'ils s'embrassent enfin.

– Ils font ça souvent ? grimaça Eva en se remémorant l'exaspération de Sirius lorsqu'il lui avait dit qu'il ne voulait pas aller chercher Alice dans la tour de Gryffondor de peur de retomber sur le mélodrame de Lily Evans et James.

– Au moins, cette fois-ci, Lily n'est pas en plein milieu d'une crise de larmes, » commenta Alice en posant sur son nez sa paire de lunettes qui était auparavant coincée sur le haut de son crâne.

À son geste, des boucles brunes tombèrent sur le front de la préfète qui faisait une tête de moins qu'Eva.

« Mais bon, ce n'est pas très important pour le moment. Ce qui m'intéresse c'est toi, dit Alice et elle força Eva à se baisser pour pouvoir lui chuchoter à l'oreille : Est-ce que tu comptes faire quelque chose pour montrer à ces midinettes que Sirius est à toi ou je dois m'en occuper ? »

Eva bafouilla :

« Mais non ! Je t'ai dit qu'il ne m'intéresse pas, » se défendit-elle en un chuchotement furieux en s'assurant en un coup d'œil que Sirius ne les écoutait pas.

Actuellement, Sirius était occupé à chercher James et Lily du regard. Il s'était levé sur le canapé et avait posé sa main sur son front comme une visière, de l'autre il tenait toujours son verre. Lucy s'était décalée pour prendre la place vacante de Lily au bout du canapé et avait commencé à discuter avec Mary McDonald et Peter toujours par terre. Pendant ce temps, perché sur l'accoudoir de l'autre côté du canapé, Remus discutait avec Maggie La Queue de Cheval.

Lyssa La Permanente, elle, venait d'attirer l'attention de Sirius en lui proposant de tenir son verre le temps qu'il termine de faire le guet.

« Pour quelqu'un qui dit ne pas être intéressée, tu regardes bien longtemps les fesses de Sirius, » dit Alice avec amusement.

Eva arracha son regard du pantalon de Sirius qui se penchait actuellement pour passer son verre à la brune de 5e année et croisa le sourire moqueur d'Alice.

Elle n'avait même pas été consciente de là où son regard s'était posé !

Mortifiée, Eva tenta de se justifier :

« Je ne regar–

– Oui, oui Eva. C'est ce qu'elles disent toutes, la coupa Alice avec un sourire amusé. Mais bon, écoute-moi, j'ai réfléchi à ton histoire cette semaine et –

– Mais il n'y a pas d'histoire, Alice ! siffla Eva dont le regard menaçant était à revoir car Alice pouffa de rire avant de lui taper amicalement le bras qu'elle tenait toujours.

– Si tu le dis, Eva. Enfin bref, continua Alice et Eva se résigna au fait qu'elle n'allait jamais réussir à faire changer d'avis à la préfète, j'ai réfléchi et donc l'autre jour tu me parlais de fiançailles. Tu devais parler de Marlène McKinnon – »

Eva souhaitait juste une chose : qu'on l'achève.

« – mais même si Marlène est très jolie, tu ne dois pas t'inquiéter à cause d'elle. Ses fiançailles avec Adrian Parkinson vont sans doute être annoncés à Noël et –

Parkinson ? hoqueta Eva.

– Eh bien oui, tu ne le savais pas ? s'enquit Alice d'un air surpris alors qu'Eva la fixait avec des yeux ronds. Bien que la famille de Marlène ne soit pas aussi ancienne que celle d'Adrian, les Parkinson n'avaient pas beaucoup d'autres choix. Toutes les autres héritières Sang-Pur de notre âge sont déjà prises et les parents de Marlène ont dû être pressés de faire oublier que Sirius les a laissés en plan.

– C'est Sirius qui a brisé les fiançailles ? » l'interrompit encore une fois Eva dont les méninges tournaient à plein régime alors qu'elle essayait de digérer toutes ces informations.

Alice fronça les sourcils, paraissant confuse qu'Eva lui pose une telle question :

« Bien sûr, c'est lui qui a – »

Mais Eva n'entendit jamais la suite car un nouveau venu les interrompit :

« Alice, soupira avec exaspération une voix masculine, peux-tu m'expliquer pourquoi Liam n'arrête pas de proférer des menaces à ton égard ? »

Eva ne prit pas bien longtemps à deviner qui venait d'arriver. Premièrement, l'indice le plus percutant était la manière de parler. Il n'y avait que les Sang-Purs qui parlaient de manière si distinguée. Deuxièmement, il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait faire se métamorphoser le visage d'Alice comme à l'instant présent.

Le nouvel arrivant ne pouvait être que le petit ami de la préfète. Et c'est exactement les cheveux blonds foncés de Frank Londubat qu'Eva vit lorsqu'elle suivit le regard d'Alice. Souriant de toutes ses dents, Alice ne tarda pas à quitter Eva pour enrouler son bras autour de celui de son petit ami et celui-ci lui lança un regard affectueusement exaspéré.

« Je lui ai juste appris une bonne leçon.

– Et j'imagine que tu ne vas pas me dire de quel genre de leçon il s'agit ? » ironisa Frank Londubat.

Alice éclata de rire et posa son visage sur le bras de son amoureux car c'était exactement ça qu'ils étaient : des amoureux. Même Eva avec son expérience inexistante comprenait que l'atmosphère entre les deux 7e années était une d'amour. La dernière fois qu'elle avait eu l'impression de tenir la chandelle de manière si forte était l'année précédente aux côtés d'Amos et de Charlotte.

« Il le méritait, » assura Alice en adressant un sourire malicieux à son petit ami préfet.

Frank soupira en secouant sa tête :

« Ce n'est pas parce que Liam est immature que tu dois en profiter pour l'humilier dès que l'occasion se présente. »

Alice fit la moue :

« T'es pas drôle, Frank. La prochaine fois je ne te donnerai aucun de mes Chocogrenouilles. »

Frank Londubat laissa échapper un petit rire et c'était tellement rare de voir le Gryffondor sourire depuis que son père avait disparu qu'Eva ne put s'empêcher de le fixer.

« C'est toi qui a mangé tout mon stock la dernière fois, je te rappelle.

– Je suis innocente jusqu'à preuve du contraire.

– Tu étais la seule dans la chambre à ce moment-là, fit remarquer Frank d'un ton railleur.

– Aucune preuve je te dis ! Ce n'est pas comme ça que –

– Par le slip de Merlin ! Vous allez continuer encore combien de temps à faire vos préliminaires juste sous notre nez ? » s'exclama James au-dessus de la tête de Sirius qui s'était rassis, debout derrière le canapé.

Eva ne saurait dire depuis combien de temps James était là. En tout cas, il n'y avait aucune Lily Evans en vue et James paraissait en forme puisqu'il avait réussi en moins de cinq secondes à déclencher un rougissement gêné chez les deux 7e années qui semblaient réaliser qu'ils n'étaient pas seuls.

« Pré-préliminaires ? bafouilla Alice d'un air indigné alors que Frank se raclait la gorge. Arrête de raconter n'importe quoi James !

– Arrête de faire l'innocente Alice ! s'exaspéra James en levant ses yeux au ciel. Je vous ai vu le faire des milliers de fois. Ça commence par des taquineries puis tu touches Frank, il te dit sans grande conviction d'arrêter, tu glousses, tu recommences puis finalement vous montez dans le dortoir, » dit-il avec une grimace de dégoût, semblant se remémorer la scène.

De ce que voyait Eva pendant les cours ou dans les couloirs, ça ne l'étonnerait pas du tout qu'Alice et Frank fassent réellement ça. Et, à en juger par les grommèlements et hochements de tête approbateurs du reste des Gryffondors présents, James semblait avoir visé juste.

Les mains sur les hanches, Alice continua de nier tout en bloc alors que Frank se cachait le visage derrière sa main, l'air mortifié.

Puis, finalement, Alice parut en avoir assez d'être au centre de l'attention :

« Oh puis, si vous saviez être aussi directs que moi vous ne seriez pas tous célibataires ! » s'exclama-t-elle et la préfète poussa Eva dans le dos.

Avec un jappement de surprise, Eva tomba en avant et se rattrapa de justesse en s'agrippant à des genoux. Lorsqu'elle leva les yeux, elle croisa les yeux surpris de Sirius qui avait le nez enfoncé dans son gobelet qu'il sirotait.

« Non ! » entendit-elle quelqu'un crier derrière elle mais Eva n'y fit pas attention, la respiration coupée alors qu'elle fixait les pupilles noires de Sirius s'agrandir au point de faire disparaître le gris de l'iris de ses yeux.

Alors que Sirius baissait lentement sa main qui tenait son gobelet, Eva se reprit et s'excusa du bout des lèvres. Elle lui lâcha les genoux et se remit debout mais elle ne parvint pas à se reculer.

Sirius venait de l'attraper par le bras et il y avait une intensité dans son regard qui rappelait à Eva le bal d'Halloween avant qu'il ne la fasse tomber en arrière.

« Sirius, qu'est-ce que tu… ? » lui demanda-t-elle alors qu'il se relevait, les mettant face à face.

Eva avait réalisé au bal d'Halloween qu'il faisait maintenant la même taille qu'elle mais elle se sentait maintenant horriblement mal à l'aise que ses yeux gris soient naturellement au niveau des siens. De plus, il était beaucoup trop proche et l'intensité de son regard faisait galoper le cœur d'Eva qui en oubliait son énervement à son égard.


C'est à cause de James que tu as bien voulu passer du temps avec moi ce matin alors pourquoi tu me regardes avec ces yeux-là ?


« Sirius, tu vas bien ? demanda Remus d'un air inquiet alors que Sirius restait à fixer sans rien dire Eva qui l'observait en retour avec un air profondément mal à l'aise.

– Il fait une blague ou quoi ? » s'interrogea James en fronçant les sourcils.

Mais si c'était une blague, Eva n'était pas sûre de l'apprécier car elle eut l'impression d'avoir une crise cardiaque la seconde suivante :

« Ça te dit qu'on couche ensemble ? »

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Titre : La Maison des lions (I)
Nombre de mots : 6900

Oui, bien sûr, Sirius. Tu peux laisser le temps à Eva de s'hydrater et de faire des étirements avant par contre ? Et appelle Pomfrey aussi, elle frôle la crise cardiaque là. Sinon, heureuse du retour d'Alice ! Je vous réserve des choses, héhéhé. Comme j'ai l'impression que ce chapitre est un peu court, ça vous dit comme troc 3-4 reviews contre le prochain chapitre le jeudi 4 mars ? Parce que vous voulez le lire, croyez-moi xD

A très bientôt, j'espère !