Marineford, QG de la marine, 6 ans avant que Luffy prenne la mer

Le bureau de Sengoku résonnait des discussions animées des officiers supérieurs. Assise à sa place habituelle, la vice-amirale Liana Drakehart fixait la table, son regard impénétrable dissimulant parfaitement l'agitation qui bouillonnait en elle. Officiellement, on débattait des priorités stratégiques pour l'année à venir, mais elle savait que tout avait déjà été décidé dans les coulisses, comme toujours.

Elle balaya la pièce d'un regard acéré, s'arrêtant brièvement sur les visages familiers. Tsuru, calme et toujours maître d'elle-même. Garp, absorbé dans un biscuit, comme si le reste du monde n'avait pas d'importance. Et Sengoku, dont la voix autoritaire, dominait les échanges. Tout cela ressemblait à une mise en scène minutieusement orchestrée. Mais Liana, même si elle en avait l'habitude, sentait que quelque chose ne tournait pas rond ce jour-là.

Puis, la phrase qu'elle attendait arriva, celle qui allait tout changer.

« …et pour la mission diplomatique auprès des Yonko, il a été décidé de reconduire la vice-amirale Liana Drakehart, accompagnée du Contre-amiral Sakazuki Akainu. »

Liana se figea, son regard se durcissant instantanément. Elle n'essaya même pas de cacher son mécontentement. Sa voix claqua dans la pièce, interrompant le flot des échanges.

« Pardon ? »

Elle se leva brusquement, ses yeux rivés sur Sengoku. Son ton était sec, tranchant.

« C'est une blague, n'est-ce pas ? Vous voulez vraiment envoyer Sakazuki avec moi ? »

Tous les regards se tournèrent vers elle, mais elle ne détourna pas les yeux de Sengoku. Il restait implacable, comme si la situation n'était qu'une formalité pour lui. Il répondit d'un calme calculé.

« Tu as très bien entendu. C'est une occasion pour lui de comprendre un peu mieux l'approche diplomatique. Il doit apprendre à maîtriser son impulsivité. »

La frustration montait en elle, mais elle s'efforça de la contenir. « Vous voulez dire qu'il doit apprendre à ne pas tout faire sauter dès qu'il est contrarié ? Je vous rappelle que l'année dernière, il était déjà mon disciple et il y a une raison pour laquelle je ne l'ai jamais laissé me suivre dans ces missions. » Elle croisa les bras, son regard implacable. « Sakazuki n'a pas une once de diplomatie en lui. »

Sengoku la fixa un instant, puis répondit : « Et pourtant, toi non plus, tu n'avais aucune diplomatie à l'époque. Regarde-toi maintenant, tu t'en sors plutôt bien, non? »

Un silence. Liana s'arrêta net, son regard se faisant plus dur encore. Ce ton… Celui qu'il prenait avec elle, comme à l'époque où il était son mentor. Il savait parfaitement ce qu'il faisait, et il la poussait à réfléchir, à changer sa perception.

« Non, » dit-elle enfin, d'un ton ferme, presque glacé. « Ce n'est pas juste une question de le "former". Vous avez parfaitement conscience que sa présence pourrait compromettre toute la mission. » Elle baissa légèrement la voix, mais son regard resta ancré dans celui de Sengoku. « Vous savez pourquoi vous le mettez avec moi. »

Sengoku la fixa longuement, sans ciller. Un sourire fugace effleura ses lèvres, mais il n'était ni rassurant ni amical.

« Sakazuki doit apprendre, Liana. Et je suis sûr que tu sauras gérer les Yonko tout en le canalisant, tant que tu ne tentes pas l'impossible. »

Liana sentit une vague de frustration s'emparer d'elle. Il n'avait pas tort, mais le fait qu'il utilise Sakazuki comme un outil pour limiter ses actions la mettait hors d'elle. Il cherchait à la mettre sous pression, à l'obliger à prendre des décisions tout en l'étouffant dans ses manœuvres. Elle le savait. Il voulait savoir qu'elle était ses plans.

« Vous n'êtes vraiment pas subtil, Sengoku. » Sa voix se fit plus froide, presque sarcastique.

Sengoku soutint son regard sans flancher. « Tu feras avec. »

Un silence s'installa, lourd et tendu, brisé par un ricanement bien connu. Garp. Bien sûr.

« Eh bien, Liana, après toutes ces années à côtoyer les Yonko, je pensais pas qu'un jour tu flancherais devant un simple Contre-amiral, » lança-t-il, son sourire goguenard n'ayant pas échappé à la tension de la pièce.

Liana tourna lentement la tête vers lui, un sourire en coin, amusée mais pas dupe.

« Puisque c'est qu'un simple contre-amiral, tu devrais te porter volontaire. T'as bien réussi à former Kuzan, pourquoi pas Sakazuki ? » répondit-elle, feignant la légèreté.

Garp haussait les épaules, un air décontracté sur le visage. « Trop de responsabilités. J'ai déjà mes petit-fils à gérer. »

Liana lui lança un regard d'exaspération feinte avant de tourner les talons.

« Très bien, mais je veux que ce soit consigné dans le rapport : cette idée est un désastre annoncé. »

Sengoku ne répondit pas. Un léger sourire en coin trahissait une satisfaction discrète. Liana, quant à elle, s'éloigna, son esprit déjà en proie à l'agitation grandissante. Sakazuki. Elle n'aurait jamais voulu le prendre sous son aile pour cette mission, mais maintenant, elle savait qu'elle n'avait plus le choix. Elle allait devoir composer avec lui, et le temps lui dirait si cela allait compromettre ses plans ou, au contraire, les renforcer. Liana traversa les couloirs du quartier général avec une rapidité contrôlée, chaque pas résonnant contre les murs blancs. La mission diplomatique qu'on venait de lui confier serait plus difficile que jamais, et Travis, son second, allait "adorer" ça. Cela faisait huit ans maintenant qu'il l'accompagnait dans toutes ses missions ou presque. Son cynisme, son esprit acerbe et ses capacités d'analyse faisaient de lui un allié précieux. Plus que cela, il était un compagnon de route fiable, toujours prêt à la secouer avec son humour décapant.

Arrivée à son bureau, elle aperçut Travis, tranquillement en train de trier quelques rapports. Plus décontracté que la plupart des sous-amiraux de son âge, il ne laissait jamais transparaître de pression, mais ses compétences étaient indiscutables. Il leva les yeux en la voyant entrer, un sourire ironique déjà en train de se dessiner sur ses lèvres.

« Quoi, tu viens me dire qu'on nous a enfin débarrassés de cette mission diplomatique ? » lança-t-il sans quitter son fauteuil.

Liana n'eut même pas à répondre pour qu'il lise immédiatement son expression. Il se redressa légèrement, haussant un sourcil.

« Ah, je vois. Encore une fois, un "petit changement" dans les plans, n'est-ce pas ? »

Elle posa les documents sur la table, son regard devenant un peu plus sérieux, mais toujours enclin à une pointe d'humour.

« Cette fois, il y a du nouveau. La mission diplomatique auprès des Yonko… se fera avec un supplément… Sakazuki. »

Un long silence s'installa. Travis fixa Liana, ses yeux s'écarquillant, avant d'éclater de rire.

« Oh, mais bien sûr. Quoi de mieux qu'un explosif pour discuter de paix ? » Il leva les mains, comme s'il était face à une absurdité totale. « Je vous présente Sakazuki, le modèle même de la diplomatie! »

Il se laissa retomber en arrière, croisant les bras avec un air de défi, une expression clairement contrariée sur le visage. Liana le regarda un instant, un léger sourire en coin. Elle savait très bien comment Travis réagissait à ce genre de nouvelles, et il ne pouvait s'empêcher de détester l'idée. Il avait toujours été d'un naturel sarcastique et détestait l'idée de devoir marcher sur des œufs avec quelqu'un qu'il considérait comme une brute insensible. Il s'en faisait une spécialité de remettre en question l'approche de la diplomatie de certains.

« J'espère qu'il va se contenter de raser un ou deux villages au passage, histoire qu'on n'ait pas à l'entendre crier 'Justice' tous les cinq minutes, » ironisa-t-il.

Liana ne répondit pas tout de suite. Un silence pesant s'installa entre eux. Elle s'assit finalement en face de lui, croisant les bras, son regard perdu dans le vide un instant. Les mots de Sengoku résonnaient encore dans son esprit : "Toi non plus, tu n'avais aucune diplomatie à l'époque."

Elle se força à détourner les yeux de lui, s'appuyant légèrement sur la table.

« Tu sais, Sengoku m'a dit quelque chose aujourd'hui. » Sa voix se fit plus basse, un léger sourire en coin se dessinant sur ses lèvres. « 'Toi non plus, tu n'avais aucune diplomatie à l'époque.' »

Travis fronça légèrement les sourcils, intrigué. Il se redressa, débarrassant un coin de la table de quelques papiers inutiles pour se concentrer sur elle.

« Et tu veux me dire quoi avec ça ? » demanda-t-il une pointe de curiosité dans sa voix.

Liana haussait légèrement les épaules, son regard se perdant dans un lointain indéfinissable. « Ça m'a fait repenser à la façon dont j'étais… au début. Tu te souviens, hein ? Quand on n'avait aucune patience, aucune subtilité ? » Elle soupira, se redressant légèrement. « On croyait tout savoir, à l'époque. C'était la même chose avec moi. Tu te souviens de la première mission diplomatique ? On était partis, confiants, persuadés qu'on pouvait tout maîtriser, tout faire basculer. »

Elle marqua une pause, son regard se portant sur la fenêtre, comme si elle revivait ce moment. La jeune Liana, pleine de certitudes, qui pensait pouvoir éliminer les Yonko un à un, sans comprendre la complexité de la situation.

« Je pensais que tout était une question de force. Que si je mettais en place une bonne stratégie, je pourrais égaler les Yonko en puissance. » Un léger rire amer s'échappa de ses lèvres. « Sengoku avait raison. Je n'avais aucune diplomatie. Je l'avais… oubliée. » Elle tourna son regard vers Travis.

Travis la dévisagea un instant, puis secoua la tête, un sourire en coin naissant sur ses lèvres.

« Cette époque paraît tellement lointaine aujourd'hui, » dit-il en écartant les bras. « Tu étais contre-amirale à ce moment-là… comme c'est ironique. »

Liana soupira, laissant ses pensées se mêler à la nostalgie de ces premières missions. C'était il y a trois ans, et elle avait encore tant à apprendre, tant à comprendre.

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Hey !

J'espère que cette introduction vous a donné envie de lire la suite. Mon histoire se concentrera sur les événements qui précèdent le moment où Shanks devient empereur.

L'histoire se déroulera sur une quarantaine de chapitre dont 16 sont déja écrit.

En espérant que cela vous plaisent.