Le suppresseur avait légèrement atténué la fureur de Bakugo, mais n'avait pas éteint l'incendie qui brûlait en lui. L'odeur de Mystiria, même affaiblie, restait un aimant irrésistible. Il passait ses heures de cours à lutter contre son instinct, ses poings serrés, son regard sombre. Aizawa le surveillait discrètement, conscient que le calme avant la tempête pouvait être aussi dangereux que l'orage lui-même.

Mystiria, elle, avait trouvé refuge dans la bibliothèque, entourée de livres épais et poussiéreux, un écran contre la tempête hormonale qui la secouait. La solitude la rongeait, l'absence de Bakugo, malgré le danger qu'il représentait, creusant un vide immense en elle. Elle sentait son propre parfum, intensifié par le rut, comme un appel désespéré dans le silence de la bibliothèque.

Puis, une ombre se jeta sur ses livres. Bakugo.

Il était là, debout dans l'encadrement de la porte, silencieux, son visage pâle, son corps tremblant légèrement malgré l'effet du suppresseur. Son regard, toutefois, était différent. Moins agressif, plus... perplexe. Il respirait profondément, son odeur, plus subtile maintenant, se mêlait à celui de Mystiria, créant un étrange mélange d'intensité et de fragilité.

Mystiria recula instinctivement, ses yeux grands ouverts. Elle s'attendait à la violence, à l'explosion, mais il ne se passa rien. Bakugo restait figé, comme pétrifié par une révélation soudaine.

Alors, il parla, la voix basse, presque un murmure : "Gaunt... ton parfum... il est... différent."

Mystiria fronça les sourcils. Différent ? Comment ? Son parfum était unique, certes, mais elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire.

Bakugo avança, lentement, ses yeux fixés sur elle, une expression de stupéfaction mêlée à la perplexité sur son visage. Il prit une profonde inspiration, puis se pencha, son nez frôlant délicatement sa peau. Il inspira à nouveau, son corps se raidissant.

Un long silence suivit, puis Bakugo recula brusquement, comme s'il avait touché quelque chose d'immonde. Une expression de terreur se peignait sur son visage, remplaçant la confusion par une peur intense.

"Tu... tu n'es pas une simple Omega," murmura-t-il, la voix tremblante. "Ton parfum... il... il résonne avec... avec celui du Roi."

Mystiria le regarda, incrédule. Le Roi ? Elle ne comprenait pas. Quel Roi ? Mais le regard terrorisé de Bakugo, la panique visible dans ses yeux, lui révéla qu'une vérité explosive, une vérité qui bouleverserait tout ce qu'elle connaissait, venait de faire surface. La révélation était là, aussi soudaine et destructrice qu'une explosion de Bakugo en pleine puissance, mais cette fois, l'explosion était intérieure, et elle menaçait de tout faire voler en éclats.