Le rugissement de Bakugo avait finalement cessé, remplacé par un silence lourd et oppressant qui pesait plus que n'importe quelle explosion. La Classe 1-A restait figée, le souffle suspendu, attendant l'inévitable. Ce n'était pas seulement la peur de Bakugo qui les paralysait, mais aussi la crainte du sort réservé à Mystiria. Leur silence était un cri muet, une supplication adressée à une force supérieure, à un sauveur improbable.

Ce sauveur arriva sous la forme d'Aizawa, son habituel chiffon sur le visage, mais ses yeux, d'ordinaire mornes, brillaient d'une intensité dangereuse. Il n'avait pas eu besoin d'entendre le cri pour comprendre ce qui s'était passé. L'odeur, un mélange de phéromones explosives et de vulnérabilité extrême, flottait dans l'air, un signal d'alarme clair et précis.

Il ouvrit la porte de la bibliothèque d'un coup sec, la cassant presque. La scène qui se présenta à lui était à la fois atroce et poignante. Bakugo, les yeux rouges injectés de sang, était accroupi près de Mystiria, les mains tremblantes posées sur ses épaules. Mystiria, pâle comme la mort, les yeux fermés, respirait difficilement, son corps tremblant, était visiblement à la fois terrorisée et épuisée. Son parfum, une douce mélodie de jasmin et de vanille, était maintenant noyé dans l'odeur musquée et brutale de Bakugo, une odeur de domination et de violence brute.

Aizawa n'hésita pas une seconde. D'un geste vif, il sortit un vaporisateur contenant un puissant suppresseur de phéromones et pulvérisa un jet direct sur Bakugo. L'Alpha, pris de court, se cabra, un grognement rauque lui échappant. L'effet du produit fut immédiat et violent. Bakugo s'effondra, les membres lourds, la respiration difficile, l'expression de rage se transformant lentement en une profonde confusion.

Simultanément, Aizawa se précipita vers Mystiria. Il vérifia ses signes vitaux avec une dextérité étonnante. Sa respiration était superficielle, mais son rythme cardiaque était stable, et heureusement, il n'y avait pas de blessures apparentes. Il l'enveloppa dans son propre foulard, un geste tendre et protecteur qui contrastait avec son image habituellement austère. Le contact du tissu, doux et familier, semblait calmer légèrement l'Omega.

Aizawa se redressa, son regard noir se posant sur Bakugo, toujours inconscient. Il savait que le suppresseur n'avait fait que mettre fin à la crise, qu'une solution à long terme était nécessaire. Mais pour le moment, la priorité était la sécurité de Mystiria.

"Midoriya," Aizawa ordonna d'une voix ferme mais basse, évitant d'attirer l'attention des autres élèves encore terrorisés. "Va chercher Recovery Girl. Et assure-toi que personne d'autre ne s'approche."

Midoriya, enfin libéré de sa paralysie, se précipita obéissant, laissant Aizawa seul avec les deux élèves. Le professeur, enveloppant Mystiria de son foulard, la prit dans ses bras, la tenant près de son corps, protégeant ce fragile Omega du chaos qu'il venait de maîtriser. Le silence qui suivit, brisé uniquement par le souffle calme de Mystiria et le ronflement lourd de Bakugo, était chargé d'une tension contenue, d'une fragilité palpable. La protection d'Aizawa, malgré son apparence brute, était un rempart contre la tempête qui venait de s'abattre sur la classe 1-A, un signe d'espoir dans une situation désespérée. Mais la question restait posée: comment gérer le secret de Mystiria, et le danger qu'il représentait ? Le combat était loin d'être terminé.