Le couloir était un champ de bataille silencieux. Aizawa, malgré son apparence détendue, était tendu comme un arc prêt à se rompre. Autour de l'infirmerie, un réseau invisible de protection s'était tissé. Les Bêtas, leurs sens aiguisés, étaient les sentinelles, tandis que quelques élèves choisis, discrets et efficaces, formaient une barrière humaine, leur présence dissuasive, un rempart fragile contre la meute affamée qui rôdait.
L'odeur de Mystiria, malgré les précautions prises, perçait les murs, un appel irrésistible pour les Alphas des autres classes. Leur approche était insidieuse, un jeu du chat et de la souris, une danse macabre entre l'instinct et le calcul. Ils tentaient des infiltrations, des diversions, des manœuvres pour déborder les défenseurs, leurs phéromones agressives créant une tension électrique palpable.
Soudain, une vague d'odeurs agressives, plus forte, plus menaçante, envahit le couloir. Un groupe d'Alphas de troisième année, menés par un géant au regard de fauve, se jeta sur la défense, brisant la fragile barrière humaine. Le combat commença, non pas avec des coups de poing, mais avec des bouffées de phéromones, des guerres chimiques silencieuses. Des cris se mêlaient aux grondements, des sons rauques et animaux, des luttes féroces entre instincts dominants.
Aizawa, s'appuyant sur son expérience et sa maîtrise de son propre pouvoir de suppression, intervenait avec précision, neutralisant les Alphas les plus menaçants, les assommant avec des jets ciblés de son propre pouvoir. Mais ils étaient nombreux, et la fatigue commençait à se faire sentir. La défense était sur le point de céder.
Au milieu de ce chaos, Bakugo, toujours sous l'effet du suppresseur, se réveillait. Il sentait vaguement la lutte, l'odeur de la peur et de l'agression. Mais une odeur le hantait, plus forte que toutes les autres, l'appel primal de son Omega. L'odeur de Mystiria.
L'instinct, le besoin primordial de protéger son Omega, l'emporta sur la drogue et l'épuisement. Malgré la faiblesse physique, un regain d'énergie le traversa. Un rugissement féroce, maîtrisé de justesse, lui échappa. Il lutta contre le suppresseur, contre l'assombrissement de sa pensée, se forçant à se concentrer sur l'odeur de Mystiria. Il repéra la source de l'odeur, l'infirmerie, et se lança à la poursuite de cette odeur rassurante dans ce tourbillon de violence.
Le combat se transforma. Ce n'était plus une guerre de territoire, mais une lutte pour la survie. Bakugo, malgré son état, se jeta dans la mêlée, une force brute et incontrôlable, son pouvoir explosif balayant tout sur son passage. Il combattait avec une férocité animale, instinctive, guidé uniquement par son instinct de protection envers Mystiria. Son corps était un instrument de destruction, détruisant l'oppression des autres Alphas, sa force une réponse viscérale et sauvage.
Aizawa, surpris par l'intervention imprévue de Bakugo, tira parti de la diversion. Il utilisa l'opportunité pour regrouper ses forces, pour mieux repousser l'assaut final. Le combat des instincts était en pleine fureur, un ballet chaotique de force brute et d'instinct primal. Le destin de Mystiria, et peut-être même de tout le lycée, se jouait au cœur même de cette bataille sauvage, entre la protection féroce de Bakugo et la défense acharnée d'Aizawa. La victoire ne serait pas facile, et son prix pourrait être lourd à payer.
