Termus la Brisée
Chapitre 1
À l'aube du quarante et unième milléniare,
Il n'y a que la guerre.
Le système V-4794-EX1. Un amas de planètes inhospitalière orbitant autour d'un soleil jaune pâle, plus vieux que l'Empereur lui-même. Sa lumière à la fois rayonnante et froide semblait indiquer un temps révolu, écho d'un âge d'or en déclin et d'une jeunesse éteinte. Les portes de la mort s'ouvraient et aspirait la vie de cette étoile petit à petit, rongeant son propre hydrogène jusqu'au moindre atome.
Les astronavigateurs était formels. L'étoile était en fin de vie, et bien qu'un humain ne pût vivre jusqu'à son implosion, il en était autrement pour un Space Marine. Peut-être un vaisseau de guerre aurait la chance de passer devant elle pour son baroud d'honneur, ultime chant du cygne annonçant la fin d'un être millénaire. Ou peut-être mourra-t-elle seule, lançant un cri de détresse brillant de mille feux avant de se taire, et de se faire oublier à jamais.
Le Lieutenant Asterion frissons à cette sensation de froid que lui amenèrent ces pensées lugubres. Voilà des pensées indigne d'un guerrier, pensa-t-il. La mort ne m'a jamais effrayé, et ce n'est pas demain la veille.
Si le lieutenant n'a en effet jamais cillé face à la mort, il se rendit compte qu'autre chose l'effrayait. On pourrait penser qu'en tant que nouvel initié, il avait le trac du combat, complètement différent des missions de reconnaissance et des simulations de combats. Mais il se rendit compte que l'étoile lui avait révélé une… préoccupation que le rôle de dirigeant lui incombait. Son seul but était de diriger les forces armées d'Ultramar, il avait été entrainé pour.
Pourtant en cette étoile, il voyait un être luttant contre l'obscurité omniprésente pour imposer son existence. Elle lui montrait ce que jamais il ne put envisager : se battre seul.
Détachant son regard de la baie d'observation, Asterion marcha le long de la coursive vers la baie d'entrainement. Vraiment la contemplation n'était pas son fort, pourtant cette étoile avait un sens à ces yeux…
Inutile de repartir dans ces pensées, se dit-il d'un air amusé. Je manque seulement d'action voilà tout. Il faut dire que pour un esprit aussi puissant que celui d'un Space Marine, le temps s'écoule plus lentement. Ou plutôt son cerveau est plus rapide, et les divagations comme celle-ci sont symptomatique d'un ennui profond. Cet ennui, il était déterminé à le faire passer, et il était l'heure de son entraînement au combat bi-quotidien, un excellent moyen de détendre l'atmosphère pesante de son esprit. C'est donc à grande foulée que le Lieutenant marcha vers son défouloir.
Après quelques minutes de marche, le guerrier ouvrit une double porte dorée et se retrouva dans la salle d'entrainement. Autour de lui se trouvait des raques d'arme portant des lances d'entrainement, des épées tronçonneuse sans moteurs et des épées normales, sans coeur énergétique. Au centre de la pièce se trouve une arène principale large de 7 m de diamètre, avec quelques zones de combat secondaires autour de l'arène, plus petite que cette dernière. Asterion commença à enlever la veste et la chemise de son uniforme, dévoilant son torse transformé par les manipulations génétiques. Sur ses épaules, ses bras et sa poitrine se révélait des ports d'attache métalliques, nécessaire pour une liaison idéale avec leur armure de combat. La lumière du plafond révélait les sillons de ses muscles saillants, se mouvant au gré de sa volonté d'acier.
Quelques étirements était suffisant pour le guerrier. Se saisissant d'une des épées du rac, il commença avec des enchainements basiques. Estoc, fente, revers du gauche, le guerrier se battait avec force et précision. S'imaginant un guerrier à la lance, Asterion enchaina avec un mouvement de moulin faisant tournoyer son épée autour de lui, un mouvement d'une extrême complexité, qu'il exécuta cependant avec brio. Son adversaire quelqu'il soit n'avait aucune chance de le battre en combat rapproché. Il avait manié la lame depuis son introduction au chapitre et avait pris goût à l'exercice. Tout était naturel dans ses mouvement, instinctif, et c'est cette tranquillité qu'il recherchaient.
- Lieutenant ? On vous demande sur la passerelle pour un réunion d'urgence, fit une voix dans son dos.
Suspendant son entrainement, Asterion remarqua un officier naval, attendant droit comme un piquet derrière l'imposante figure du Guerrier. L'entrainement à dû le passionner pour qu'il n'entende pas l'homme arriver. Il se retourna vers l'homme qui se raidit devant la menace potentielle qu'était cet amas de force brute.
- Merci. Envoyez un message au Capitaine Vettius lui faisant part de ma présence. Asterion connaissait d'avance le sujet de cette réunion : le retour des éclaireurs survivant.
La raison de leur présence dans le système fut la perte des communications avec l'escouade Phobos envoyé en reconnaissance. La planète Termus, seule planète habitable du système, avait coupé toute communication avec l'Imperium. Si une simple perte de communication était en soi inquiétante, les rumeurs de la présence d'un culte Genestealers n'avait fait que renforcer la crainte du Conseil Chapitral des Ultramarines. Leurs frères Blood Angels avaient par le passé affronté la menace Tyrannide sur leur propre sol, la planète Baal. Tous les chapitre sœurs de la Légion Blood Angel avait dû se rassembler, et la victoire fut serrée. Peu importe ce que les éclaireurs avaient pu trouver, cela ne pouvait être que de mauvais augure.
Ce fut la tête bouillonnante de théories, de questions et de techniques de combats que le Lieutenant marcha le long des coursives flamboyantes du Pied de Guilliman, un croiseur construit récemment et dont le nom célébrait le retour de leur Primarque bien-aimé. La paroi du vaisseau témoignait de sa jeunesse, par ses courbes dorées reflétant le soleil Terminien et le bleu profond immaculé peignant sa paroisse. Seul quelques traces violacé liquide témoignait de leur violent passage dans le Warp, et ce fut pour l'instant la seule menace ayant éprouvé le fier navire. Un navire à l'image de son équipage.
- Ah, Lieutenant Asterion ! Prenez place, je vous prie.
Au milieu de la passerelle se tenait une table de commandement. Il y était projeté une représentation holographique de Termus, avec différentes annotations sur le statut actuel de la planète et les prévisions de bataille. Autour de cette table se trouvait les dirigeants de la 2ème et 3ème Compagnie d'Ultramarines. L'homme ayant prononcé ces mots était le Capitaine Titus Vettius, son commandant direct.
- Je vous présente le Commandant de la 3ème compagnie, le Capitaine Kaeso Munatius. Il a accepté de participer à cette réunion de crise et travaillera avec nous pour sécuriser le système 4794.
- Un honneur, monsieur, fit Asterion en tendant la main au Capitaine Munatius. Ce dernier lui rendit la poigne en regardant le Lieutenant d'un air circonspect.
- Vous n'avez pas de deuxième nom, Lieutenant ? demanda Munatius.
- Pas encore monsieur. Je dois encore mériter cet honneur au combat.
Tournant la tête vers Vettius, le capitaine répondit d'un ton acerbe.
- Tu comptes envoyer de la bleusaille la fleur au fusil pour reprendre la planète ? C'est ça ton escouade d'élite ?
- Je comprends ta surprise, Kaeso. Cela dit, tu dois savoir que l'équipage du Pied de Guilliman a été formé spécifiquement pour affronter la menace tyrannide. Et ils ont mérité leurs armures et leurs sceaux comme nous tous.
Le regard de Munatius ne trompait personne sur la passerelle. Sans vouloir dénigrer les compétences d'Asterion, ce dernier était visiblement agité par la situation sur Termus.
- Bon sang Titus ! Nous sommes en train de faire face à une invasion plus grande encore que la Grande Guerre Ork et tu envoies des débutants se faire masser le casque soi-disant parce qu'ils ont lu des bouquins sur les tyrannides ?! Mais appelle les Sternguard, faisons un Exterminatus, mais ne va pas envoyer des jeunes à la mort !
- Tu crois que l'on peut faire exploser la première planète qui nous résiste ! Nous devons faire preuve de -
La porte de la passerelle s'ouvrit.
- Il suffit, fit l'arrivant.
Tous se turent. Les deux capitaines reprirent une posture droite, toute animosité ayant quitté leurs visages. L'entièreté de la passerelle avait tourné son visage en direction de l'entrée de la passerelle de commandement dont l'encadrement révélait un géant à l'oeil biomécanique rouge, les cheveux blond platine coupé à ras. Son armure ornée de fils tressés rouge et de décoration distingués, accompagné de deux aigles montés sur ses propulseurs dorsaux renforçait sa sature large et imposante. Sa présence instillait une présence unique, ancienne et sage, et pourtant si meurtrière par sa stature de Space Marine.
Le Capitaine Marneus Calgar avait passé une mauvaise journée, et ce fut d'un pas lourd qu'il s'approcha du centre de la passerelle.
- Seigneur Calgar, fit Vettius. Vous nous faîtes honneur de votre présence, surtout après cette rude bataille que vous avez menée.
- Ne m'en parlez pas Titus, réplique Calgar d'un ton fatigué. Nous sommes sur le point de perdre le contrôle de ce système, le repos peut attendre une heure ou deux.
- Et je vous remercie d'assister à ce plan de guerre, Seigneur. Vous ne serez pas déçu par la suite des opérations.
Munatius émit un son agacé. Clairement le choix de l'escouade en charge de Termus ne le plaisait toujours pas, ce que le Capitaine Vettius continua d'ignorer. Pianotant quelques touches sur la table, l'hologramme se réduisit pour montrer le système V-4794-EX1. Des icônes de vaisseaux, grossis par rapport à l'échelle du système dansaient autour des différentes planètes suivant le schéma d'attaque prévus par Vettius et Munatis.
- Nous avons passé en revue les menaces présentes à la dernière bataille. Nous pensons qu'une nécropole nécron se cache dans le système, ce qui expliquerai leur présence dans ce secteur. Bien que nous ne puissions la détecter nous pouvons toujours sécuriser le secteur à l'aide de la 3ème Compagnie.
- C'est exact, enchaîna Munatis. Nos vaisseaux sont suffisamment nombreux pour couvrir l'ensemble des planètes du système, et bien que nos forces soient plus dispersées, nous pourrions couvrir les principaux points d'interêt du système d'une potentielle incursion.
Tout en parlant, le Capitaine balaya du doigts les trois points secondaires : la mine Ixer-2 de la ceinture d'astéroïde, la planète-lave Meyus Prime et les cinq lunes de Ganna.
- Pendant ce temps, la 2ème Compagnie se chargera de la prise de Termus, reprit Vettius. Nous devrions pouvoir nous charger de perturber l'ennemi le temps que le plus gros de la Compagnie arrive. Nos bataillons nouvellement formés se sont spécialement entrainés pour se battre contre les Xenos Tyrannides.
Le silence se fit après cette énumération. La lentille rouge de Calgar oscillait de droite-à-gauche sur le plan de bataille, repassant mentalement toute l'envergure du plan et les besoins de cette campagne. Qui sait ce que pouvait penser un esprit taillé comme le sien, forgé par des millénaires de campagne militaire et de batailles acharnées. Ce long silence pesait sur la passerelle, les citoyens et officier ordinaires sentant un air dramatique tandis que les Space Marine y voyaient toute l'étendue de la réflexion de leur Seigneur.
- Très bien, lâcha Calgar. Procédez comme prévu. Cependant je rajouterais une mission préliminaire avant le début des opérations.
Les Capitaines se firent plus attentifs à cette déclaration, se jetant des regards intrigués alors qu'un officier chargea dans la table une carte de donnée. La projection revint sur Termus, tournoyant sur elle-même à la recherche des coordonnées nouvellement rentrés. Après quelques secondes la sphère lumineuse s'arrêta en émettant une tonalité, surlignant en rouge une région de l'hémisphère Nord de la planète. Autour de la planète s'affichèrent des fenêtres montrant un objet de forme alien, trop complexe pour en deviner l'intention de base. Calgar coupa court au brouhaha engendré par cet ajout soudain.
- Avant l'invasion de Termus par les forces Tyrannides, les adeptes du Méchanicus étaient occupé à mettre à jour un site technologique de première importance. Il contient un artéfact xéno d'origine et d'utilisation inconnu.
L'image de l'objet alien s'agrandit, détaillant sa structure complexe et semant encore plus le doute quant à sa fonction première.
- La récupération de cet artéfact est crucial, continua Calgar. Si nous sommes incapables d'identifier l'usage de cette machine, les Necrons en seront sans doute capables, et ils pourront s'en servir contre nous. Nous ne pouvons laisser cet artéfact tomber entre leurs mains. Une chance pour nous : l'artéfact n'est pas en territoire Tyrannide. Nous avons le temps de le récupérer avant que ces derniers ne s'en empare.
Se tournant vers Vettius, il éteignit la projection d'une pression sur le doigt.
- Ce sera votre premier ordre de bataille, Capitaine Vettius.
Calgar fit prestement sa sortie, sans doute pour rédiger le rapport de sa dernière bataille. Le Capitaine Vettius se tourna vers Asterion et hocha la tête.
- Allez préparer vos hommes, Lieutenant. Vous partez dans l'heure.
Les bottes des Space Marines claquaient sur le sol de métal de la plateforme d'embarquement. Le pont de vol était en pleine effervescence, des officiers accompagnés de servocrâne couraient pour valider les checklists à temps et respecter leur planning de vol. Cependant l'arrivé des Anges de l'Empereur étaient suffisamment imposante pour leur faire détacher le regard de leurs blocs de commande et admirer ces guerriers d'élites.
Toute une escouade de dix guerriers avançait en marche parfaitement synchronisé, les dorures de leurs plaques d'épaules faisant danser autour d'eux la lumière du soleil filtré à travers les barrières énergétiques du hangar, éclairant leur armure bleue marine. Leurs casques ne laissaient percevoir aucune once d'humanité, leurs lentilles de vision luisant d'un rouge meurtrier. Seul le Sergent avait la tête à découvert, son casque rouge attaché à sa ceinture.
Dans leurs mains se tenaient des Bolters, armes lourdes à balle explosives, des armes capables de descendre une centaine d'homme en un chargeur. Une vision de mort accompagnant leur bourreau, des guerriers de plus de deux mètres de haut dominant n'importe quel individu de l'Imperium, instillant la peur dans le cœur de leurs ennemis. Une peur qu'il ne connaissaient pas, une peur absente de leur cerveau parfaitement conçu pour un seul but : la guerre.
L'escouade approchaient d'un transporteur de troupes aéroporté, un Stormraven. Sa coque, à l'image du croiseur lui-même, était flambante neuve. Les ingénieurs et techniciens de pont ont fait des merveilles pour le remettre d'aplomb après la bataille du Seigneur Calgar, car cet engin fut l'une des premières machines à avoir gouté au champ de bataille. Un honneur auquel Asterion s'apprêtait à expérimenter.
Tournant son regard de l'engin de guerre, la main sur le pommeau de son épée, il regarda l'escouade de choc s'approcher avant de s'arrêter devant lui dans un fracas uni.
- 6ème Escouade d'Intercessor au rapport ! présenta le sergent. L'escouade entière se mit immédiatement au garde à vous dans un claquement impressionnant.
- Repos, Sergent, fit Asterion. Comment vous sentez-vous, Jules ?
- Impatient, admit le sergent avec un sourire. Je dois dire que j'en ai plus qu'assez de végéter dans ce vaisseau.
- Moi aussi mon ami.
Les deux guerriers se mirent à rire d'excitation. Tous deux d'étaient entrainé ensemble sur le complexe d'Ultramar et avaient passés ensemble les épreuves du Chapitres. Tous deux avaient souffert, désespéré, s'étaient soutenus et avaient fait face ensemble. Dans leur renaissance en Space Marine, ils avaient formé un lien de fraternité plus puissant que n'importe quels liens du sang.
- Cela dit je dois dire que je suis un peu déçu de ne pas tailler dans de la chair pour mon premier combat, fit Jules.
- C'est une mission assez simple. Il faut bien commencer quelque part pour roder tes hommes.
- … J'aurais quand même préféré des bestioles à découper.
Un bruit plus assourdissant que les Space Marine fit son entrée, coupant court à leur discussion. Tout le monde se retourna au bruit du choc, y compris les imperturbables Space Marines pour admirer l'entrée de la bête millénaire.
Un Vénérable Dreadnought.
Les Dreadnought sont des guerriers de légendes. Des Space Marines Millénaires ayant frôlé la mort et mis dans des sarcophages mécaniques les maintenant en vie, puis liant ces cercueils à des Exoharnais de combat, faisant d'eux des marcheurs blindés, armé jusqu'aux dents pour lancer un feu de destruction. Quant à l'individu dans le sarcophage, il possédait des connaissances et un savoir plus grand que n'importe quels être de l'Imperium, certains étant maintenus en vie depuis l'Hérésie d'Horus, voilà plus de 10 000 ans auparavant.
Si les Dreadnought étaient déjà grand, ce nouveau modèle de Redemptor l'était encore plus, plafonnant dans les cinq mètres de haut, plus rapide, plus résistant et pouvait s'équiper de plus d'armes, assurant un carnage sur le champ de bataille. Un lourd canon rotatif équipait le moignon de droite, tandis qu'un puissant bras mécanique équipait le bras gauche, armée d'un lance-flamme sous sa main. Quatre Bolters étaient équipés sur la face avant du monstre mécanique par paire de deux, et une nacelle lance-missile situé au-dessus de sa structure parachevaient l'arsenal du titan. Dans son dos se trouvait deux cheminées, crachant une épaisse fumée émise par son moteur massif faisant mouvoir l'impressionnant marcheur.
Le Dreadnought approchait les Space Marines stationnant d'un pas lourd mais rythmé, comme un tambour de guerre annonçant la futur bataille. Arrivé à leur hauteur, la machine fit basculer ses rotules pour s'abaisser lentement, dans une tentative de se mettre à hauteur du Lieutenant. La bête mécanique ouvrit ses plaques de protection, révélant un sarcophage bardé de câbles d'alimentation, de commande et de maintien de système vitaux, passant tous autour des décorations impériales du cercueil. Une simple fente en haut du cercueil permettait une vision directe, le martyre utilisant sans doute des caméras pour guider l'engin. La fente était d'un noir profond, laissant impossible à deviner la présence de l'estropié. Une voix striée et monotone, empli de parasites statique sorti de ses haut-parleurs pour s'adresser à Asterion :
- Mes respects, jeune lieutenant. Puissions-nous apporter la paix de l'empereur sur ce monde meurtri et corrompu.
Le Lieutenant salua l'Ancien Guerrier, ému par cette rencontre.
- Tous l'honneur est pour moi, Vénérable. Votre présence est une vraie bénédiction pour cette bataille.
- Et une nécessité logistique, répliqua la machine. L'artéfact Xénos est bien trop massif pour que vous puissiez le transporter sans encombre. Je me chargerais du transport pour vous laisser les mains libres.
- Il vaudrait mieux que nous portions l'artéfact pour vous laisser déchainer votre fureur, Vénérable.
La lentille rouge de son sarcophage clignota, et un vrombissement léger sorti des haut-parleurs. Étrangement, Asterion était persuadé qu'il s'agissait de sa façon de rire.
- Je vous rassure. Cette charge supplémentaire ne sera en aucun cas un poids pour moi. Je déchainerai un flot de destruction comme vous en verrez rarement.
- Dans ce cas, puisse l'Empereur nous accompagner dans cette bataille.
Le Dreadnought resta un moment en silence, semblant réfléchir.
- Comprenez-vous véritablement cette expression ?
- Que voulez-vous dire ? demanda le Lieutenant.
- Vous verrez une fois sur le champ de bataille. Cette expression est bien plus concrète que vous ne l'imaginez. L'Empereur ne nous à jamais abandonné.
Sur ces paroles à méditer, l'Ancien se releva lentement et referma ses parois.
- Je vous rejoindrait par module de largage aux coordonnées de rendez-vous.
Puis la bête mécanique reprit sa marche. Le silence s'était abattu sur la troupe, conscient d'avoir eu une chance inouïe que d'entendre la parole du Vénérable, à la fois mystique et confiante. Cette certitude donnait du baume au cœur de ces initiés.
Le Techmarine pilotant le vaisseau de transport profita du silence pour approcher le Lieutenant.
- Nous somme près au départ, Monsieur.
- Je vous remercie. 6ème Escouade, à l'embarquement ! tonna Asterion.
- En Avant, Marche ! répercuta Jules. Les guerriers d'élites marchèrent en rythme, grimpant la rampe d'accès avec leurs supérieurs. La rampe se referma alors que l'escouade s'installa dans leurs sièges respectifs. Seul le Lieutenant resta debout, à la fois par manque de siège et pour mener la marche en descendant le premier du vaisseau. Attrapant la poignée de plafond la plus proche, il sentit les vibrations des moteurs se transmettre par le sol à ses bottes, faisant vibrer son armure de plastacier.
Le Stormraven activa ses propulseurs de décollages et les auxiliaires, se soulevant lentement du sol riveté du vaisseau. Une fois à bonne hauteur, ses propulseurs principaux pivotèrent sur eux-mêmes pour passer en phase de vol, faisant accélérer le vaisseau lentement d'abord, puis atteignant rapidement sa vitesse de croisière une fois la barrière du hangar franchit. L'accélération fut si soudaine que le Lieutenant compris l'interêt des sièges.
Loué soit l'Empereur d'avoir équipé mon armure de bottes magnétique, pensa-t-il. Sans elles, Astérion aurait sans doute été balloté dans le vaisseau, perdant un peu de sa crédibilité auprès de ses compagnons.
La radio grésilla dans son casque. Il décida de presser le bouton pour un appel général.
- Test Radio, annonça le Lieutenant. 6ème Escouade vous aurez la dénomination Alpha-1.
- Alpha-1 bien reçu, répondit Jules. 6 ème Escouade, Test radio général, confirmez.
Le Lieutenant entendit les différents soldats confirmer leur liaisons radio. Rien d'anormal pour le moment.
- Pilote à passager, comment se passe le vol ? transmit les oreillettes de casques.
- On n'a rien à bouffer ! Qu'est-ce que c'est que ce vol à la con ?! fit un des Space Marines d'un ton moqueur
- Rassurez-vous, vous allez bouffer du plomb en bas. Buffet à volonté pour tous ! fit le pilote.
Des rires éclatèrent dans les oreillettes. Au moins le moral était bon.
- Blague à part, accrochez-vous, on traverse l'atmosphère.
- Bien reçu, pilote, répondit Asterion.
Le vol, qui jusque-là se fit tout en douceur, commença à s'agiter. L'approche planétaire secouait l'appareil, et malmenait ses passagers. Les vibrations s'intensifièrent, la chaleur monta, et le métal de la coque commença à grincer et à claquer par l'effet de la dilatation du métal et de la friction de l'atmosphère. Tous l'appareil se faisait secouer au gré du pilote, qui faisait de son mieux pour maintenir un cap plus ou moins constant.
- En approche de la cible ! s'écria le pilote.
