Termus la Brisée
Chapitre 2
Endaryaekh analysait le récent plan de bataille emmené par les Factionnaires Nécrons. Étudiant le schéma d'attaque de ces bipèdes géants et de cette étrange masse grouillante rouge et bleue, les informations récoltées étaient extrêmement précieuses pour le plasmancien millénaire.
Endormi depuis des millénaires, l'univers avait surprenamment changé durant leur repos. Entre les mammifères blindés hurlant à tout rompre, les résidus Ogrin et les rejetons exclus de la conscience du Chaos, la galaxie avait perdu bien de sa splendeur. Mais il était temps pour la race Nécron de reprendre sa place dans l'univers.
Le système stellaire de stationnement de leur dynastie était supposé impossible à habiter pour des êtres organiques. L'hostilité des planètes alentours auraient dû tuer les Nécrons d'antan, ceux fait de chair et d'os. Malheureusement, leurs prévisions d'évolution génétique n'avaient pas évolué comme prévu, et le monde XYB-6854033, appelé "Termus" par les humains, avaient été habité par ces derniers. Ils sembleraient que la majorité des espèces de la galaxie en soient capable, en réalité.
Comment ces espèces datés et primaires ont pu avoir cette chance qui nous fut privé ? songea Endaryaekh. Dire que nous aurions pu amener la galaxie à la paix et la prospérité si nous avions eu de tels corps… Ses doigts métalliques se serrèrent d'une rage aussi froide que son squelette doré, songeant à un passé radieux.
Son rêve ne fut que de courte durée, aussitôt interrompu par la fin du téléchargement des données de batailles. Son corps robotique s'affaissant à mesure que son code priorisa le traitement des données, sa matrice de personnalité se mit aussitôt à engloutir ce code, s'imprégnant des moindres moments de la bataille, du plus gros carnage des monstre au plus petit bruissement des bottes humaines.
En corrélant avec la base de données de la dynastie, il est clair que leurs ennemis humains étaient des Space Marines, plus précisément des Ultramarines. Des "maitres", d'après les humains décérébrés, de la tactique et de la stratégie. Si leur notion de finesse tactique était ridicule pour lui, il devait admettre que ces derniers étaient des êtres réfléchis malgré leur limitations cérébrales. Tout dans leur mouvement, leur choix de troupes et leur coordination confirmaient le schéma mental unique des Ultramarines. Ceci, et leur couleur bleue pétante.
L'autre menace, les infâmes Tyrannides, ne correspondait à aucun des programmes de prévisions évolutives. Les protocoles d'analyse en avaient conclu que ces grands dévoreurs ne pouvaient venir de leur galaxie, et qu'ils avaient fait un très long voyage dans le but très simple de tout dévorer. D'apparence bestiale, les Tyrannides font pourtant preuves d'une capacité de coordination surprenante pour des cerveaux aussi petit.
Les analyses spectrographiques avaient détecté des amas d'émissions incohérentes et inexplicables pour leurs instruments, mais ressemblant à des activités synaptiques cérébrales. Ces créatures étaient capables d'agir en un seul esprit commun. À la fois magnifique et terrifiant pour les Nécrons, qui non seulement rêvait d'une force en parfaite unisson mais était également effrayé par la perte du peu d'individualité qui leur restait.
Une chose à la fois, calcula Endaryaekh. Sa matrice grouillante d'opérations repéra l'information qu'il lui fallait : le rapport linguistique des humains capturés, et répertoriant leur langage et syntaxe linguistique. Une information des plus cruciale, car si l'un des deux camps étaient en mesure d'être résonné, c'est bien les Ultramarines. Cependant la communication risquait d'être complexe. Le rapport était incomplet, et bien que le protocole linguistique tournait à pleine puissance depuis deux jours pour traduire les rares conversation enregistrés sur Termus, les quelques mots traduits ne leur serait d'aucune utilité. Il leur fallait un humain, et il se trouve qu'ils en avaient capturé un.
Ramenant sa pseudo-conscience dans son corps, Endaryaekh quitta sa chambre de régénération pour rejoindre la cellule du Space Marine. Il aurait pu s'y téléporter, mais il préféra se familiariser avec la marche pour se prépare aux futures actions diplomatiques avec les autres races.
Il faut préciser que la dynastie du plasmancien est une dynastie indépendante ne répondant pas au souverain Nécron actuel. Contrairement à leurs comparses visant la domination galactique purement militaire, la dynastie Yameyeth à très bien compris que toute ces nouvelles formes de vie avaient le potentiel de les vaincre, et que la majorité sont en capacité de communiquer et de raisonner. C'est pourquoi les membres de la dynastie avaient décidé d'emprunter la voie diplomatique, et voulaient se présenter aux races inférieures avec des intentions pacifique. Rien d'émotif dans cette procédure, mais plutôt une démarche calculée, aboutissant à des résultats économisant les force de la dynastie Yamyeth. Qui plus est, une recherche d'alliés pour contrer les menaces irrésonnables comme les Tyrannides sera un avantage considérable. Cette politique diplomatique justifiait cette procédure de traduction que la dynastie Yameyeth avait développé.
La porte de la cellule s'ouvrit, et Endaryaekh vit le soldat humain assit au sol même, son regard acéré prêt à détecter une faille dans la défense ennemie. Cela dit, le plasmancien n'était pas stupide, et une petite escouade d'Immortels l'accompagnait pour "l'interrogatoire". L'humain venait de se relever, et malgré l'absence de son armure, sa musculature impressionnante et disproportionné trahissait des modification génétique et cybernétique. Ils n'avaient pas affaire à un spécimen normal, mais à un guerrier d'élite. Peut-être celui-ci pouvait supporter la procédure d'extraction.
- Lbao fermetlac eg peihac, op'dzifemen ? fit l'humain. Ce flot était incompréhensible pour les protocoles de traduction, et renforce la volonté d'Endaryaekh de traduire leur langue à tout prix. Cela pourrait changer l'issue du conflit de ce système.
Piochant dans la base de données les rares mots traduits, le Nécron tenta une approche diplomatique avant tout.
- Langue. Besoin. Humain.
- … Termpcu langue ? Biiahb eg fpoubz Nécron ! Jvhidz maf Klogem !
Visiblement, l'humain s'énervait. Il semblerait que l'extraction soit la seule méthode viable dans cette situation. Cela risquerait de mettre notre premier contact en péril, mais nous devons absolument connaitre leur langue, pensa Endaryaekh.
Posant ses griffes métalliques sur le crâne rasé du soldat, une décharge fut d'abord envoyée à son système nerveux pour paralyser le soldat. Puis les griffes du Nécron se changèrent en une nuée de fils, s'insinuant dans le moindre pore de la peau du soldat et sondant chaque synapse de son cerveau.
Sous l'effet de la procédure, le soldat fut pris de soubresaut. Son corps entier se tendait et se tordait à un rythme régulier, ponctué par des hoquets et des cris de douleur, les yeux tremblants et se révulsant. À mesure que le plasmancien se rapprochait du centre cérébral, les spasmes se transformèrent en un raidissement total des muscles, et les sons s'intensifièrent, devenant un cri d'agonie puissant et terrible. Les yeux du Space Marines se mouvaient dans tous les sens, et une lumière verte se diffusaient par sa bouche et ses yeux, illuminant la pièce d'une lumière aussi forte qu'un soleil. Un long cri de douleur arracha ses dernières forces à l'humain avant que ce dernier ne s'affaissât et mourut sous l'extrême douleur.
- Il semblerait que même les guerriers d'élite humain ne peuvent supporter la procédure. Des ajustements seront à faire, commenta Endaryaekh.
Cela dit, il avait ce qu'il souhaitait. En quelques secondes, les protocoles de la nécropole firent le tri dans les connexions nerveuses cartographié du Space Marine, et la section linguistique fut transféréeaux protocoles linguistiques, qui synthétisèrent instantanément l'entièreté de la langue humaine.
Quittant la cellule, le plasmancien se dirigea vers la salle du trône de Dilahep, leur suzeraine, avec une bonne nouvelle. Sa garde d'Immortel se dématérialisa sous son ordre, retournant en stationnement dans les cryptes de la Nécropole.
Avec ceci, nous pourrons communiquer avec les humains, conclut la matrice de personnalité d'Endaryaekh. Notre mission peut enfin commencer.
Arrivant à la salle du trône, Endaryaekh vit la présence du Nécron géant qui y siégeait. Haut de six mètres de haut et dominant la pièce, l'être métallique possédait des membres fin, enveloppé dans des draps verts d'une soie la plus fine possible. Sa plaque faciale longue, fine et angulaire montrait une personnalité attentive, calculatrice et réfléchie, capable cependant de détruire méthodiquement quiconque se mettrait en travers de sa route. Sa coque dorée reflétait les lumières vertes alentour de la salle du trône, se mouvant de façon imprévisible et pourtant si magnifique. Une puissance froide serait le terme exact pour décrire ce noble nécron, et pourtant si loin de capturer toute la subtilité de l'individu.
Courbant sa colonne brillante sans un bruit, le plasmancien s'inclina devant le chef de leur dynastie, la grande Dilahep. Ses protocoles de commandement ne pouvaient faire autrement face à la supériorité hiérarchique, mais ce fut pour lui un plaisir de montrer sa loyauté à chaque occasion possible, bien que la sensation soit amoindrie par leur conscience synthétique.
- Je vous salue, ô Ambassadrice, dit Endaryaekh. Votre présence illumine le peu de mon âme restante.
- Endaryaekh. Approche, je te prie, dit la souveraine d'une voix à la fois cassante et douce, une dissonance de sa personnalité et de son corps.
Approchant sa carcasse métallique, le plasmancien fixa son seigneur dans les yeux. Il ne vit à travers le masque doré que deux étoiles vertes, brillant d'un immense savoir, d'une sagesse infinie et d'un esprit plus vif que ne pourrait imaginer les autre Nécrons. Ses protocoles étant si puissants qu'ils étaient capables de simuler à la perfection l'être de chair que fut Dilahep, lui donnant une présence écrasante, presque aussi puissante que le souverain Nécron. On aurait dit que dans ses yeux dansait des… émotions. Et ces vagues parcourant ses yeux faisait souffrir le plasmancien. Une richesse disparue, un simulacre de ce qu'était sa personne, voilà l'amère constatation que la puissante Dilahep montrait à Endaryaekh, que jamais il ne serait-ce qu'il fut jadis et qu'il était condamné à la disparition de son être.
- Ma souveraine, j'ai une bonne nouvelle à vous apporter. Nous venons de finir la procédure d'extraction linguistique du prisonnier.
- A-t-il survécut ?
- Malheureusement non. Mais ces informations nous permettrons de négocier avec les humains quant au partage de ce système stellaire.
- S'ils acceptent de négocier après cet incident.
-Je suis conscient que cela pourrait les offusquer, Madame. Mais ce fut un mal nécessaire.
Un silence suivit, dans lequel Dilahep fut pris à une intense réflexion sur la suite possible des événements. Endaryaekh tenta de changer de sujet afin de balayer le sujet du prisonnier mort.
- Concernant le rapport de la précédente bataille je me dois de vous proposer une petite probabilité d'alliance.
- Avec les Ultramarines ? Je l'ai constaté en effet. Faisant tournoyer son étoffe de soie entre ses mains, la noble avait elle aussi accédé aux résultats des protocoles de straté-guerre.
«Cela étant évoqué, ces singes pourraient être bien trop orgueilleux pour accepter une potentielle alliance.
- Je dois vous admettre que l'orgueil est un concept qui m'est devenu vague, Ambassadrice. Ce facteur serait-il aussi imprévisible ?
- Nous ne pouvons encore le savoir. Nous avons besoin de plus de données pour être certain, mais nous ne pouvons exclure cette possibilité.
- Une fois encore, nous nous en remettons à votre sagesse, dit le plasmancien en inclinant sa tête. Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez, Madame ?
- En effet.
Balayant son long bras la pièce, des milliers de cubes se matérialisèrent du centre de la pièce pour affiner la résolution d'une image plus vraie que nature, comme si l'objet était réellement présent dans la pièce. Tournoyant paresseusement sur lui-même, l'objet avait une structure fort complexe, mais néanmoins facilement lisible pour les matrices Nécrons.
Endaryaekh tendit la main pour toucher l'hologramme, se dernier bougeant sa structure sous l'interaction inattendu du plasmancien.
- Serais-ce donc… ? s'interrogea-t-il, cherchant dans la mémoire de la Nécropole le nom de l'objet si familier.
- Je vous épargne les recherches, Endaryaekh. Il s'agit bien de l'Étoile de Samite que nos ennemis perdirent avant notre sommeil.
Relevant la tête, Endaryaekh devina où sa suzeraine voulait en venir.
- Ainsi donc nous l'avons retrouvé…
- Et elle est ici, affirma Dilahep. Plus exactement sur la planète où eu lieu votre dernière bataille.
- C'est une chance inouïe, mon Seigneur. Avec cette arme, nous pourrions éliminer la menace Tyrannide de ce système une bonne fois pour toute !
- Ne vous extasiez pas si vite, Endaryaekh. Cette arme n'est pas encore entre nos mains.
La souveraine fit une manipulation des protocoles pour permettre à son vassal l'accès des derniers rapports des senseurs. Ces derniers révélèrent les dernières communications du croiseur humain orbitant Termus. Des troupes se dépêchaient aux hangars, des vaisseaux décollaient et tombaient vers la planète. Un de ces derniers avait pour trajectoire la position de l'Étoile de Samite.
- Si nous voulons une chance de victoire, nous devons récupérer 'Étoile, récapitula Dilahep. Je compte sur vous pour vous emparer de cet artéfact.
- Ce sera fait, Ambassadrice. Mes troupes ont eu le temps de pleinement se réveiller durant la dernière bataille.
- Et n'oubliez pas que toute chance de communiquer avec les humains est à prendre.
Endaryaekh se dématérialisa aussitôt par l'influence des protocoles de sa suzeraine. En une fraction de seconde, ce dernier était sur Termus, aux coordonnées approximatives de l'artéfact. Autour de lui ce matérialisa les trois factionnaires de Dilahep, une escouade de guerriers endommagé par le combat, une vingtaine de scarabée nécrons, des Immortels lourdement armées et un grand marcheur Nécron appelé Réanimateur. Une force de bataille plutôt excessive pour une simple recherche. Il semblerait que Dilahep suspecte une incursion armée, songea son programme de personnalité.
Battant le terrain, les nécrons explorèrent ce qui semblait être une ruine de village humain. La forêt avait poussé tout autour, mais les décombres et autre lourde pierre avait empêché l'implantation d'arbre, laissant aux Nécrons toute la largesse de procéder aux fouilles. Avant même que ces derniers se mettent au travail, Endaryaekh aperçu deux trainées de feux traversant l'atmosphère.
L'ennemi était en chemin.
