Ecrit sur le thème "Tu m'appartiens". Le Despair+Edwin est entièrement gen, mention de Charles/Edwin et Simon-Edwin à sens unique. Vagues mentions de guerre, mort, viol, torture, et tout ce qu'on peut imaginer dans le canon avec Despair. Victim blaming aussi.
Cela commence en 1916, une bonne année pour le désespoir dans toute l'Europe, et même en dehors des tranchées.
Voilà, à l'arrière, une histoire éternelle, un garçon qui aime un autre garçon. Il y a plusieurs fins possibles.
Cela devrait dire quelque chose sur Simon, qu'il choisisse de ne pas se déclarer, de ne pas employer l'évidence de la cruauté qui est de prendre de force. A la place, il les envoie tous les deux en enfer, avec même quelques victimes collatérales de plus. Pourtant, il n'est rien que de très ordinaire. Il a eu des espoirs, autrefois. C'est le dédain inconscient d'Edwin Payne qui les a tous réduits en centre.
Despair regrette de ne pas avoir compris son potentiel avant, malgré ses yeux sombres et la cruauté de son nom de famille. Elle le réalise juste lorsque sa grande soeur s'empare du garçon, et bien entendu, personne ne peut briguer ses prises, pas même Destiny.
Despair soupire, et savoure le goût amer du regret.
Edwin s'évade de l'enfer, loin des griffes de Death, pour l'instant, et Despair ne peut attendre de planter ses propres ongles en lui.
Ce n'est pas une conquête facile. Le garçon la déteste et fera n'importe quoi pour lui échapper. Mais ceux qui n'ont pas d'aptitude au désespoir n'ont pas besoin de le rejeter chaque jour. Il est déjà resté pendant des années, immobile, attendant d'être dévoré, elle peut sentir cela, même si à la fin, il s'est évadé.
Despair préfère ceux qui ne l'aiment pas en retour. C'est dans sa nature. Ceux qui tentent de lui asséner un poing dans le visage et qui découvrent avec horreur que leurs doigts s'enfoncent dans une matière molle, encore et encore, et qu'ils ne peuvent pas les retirer.
Edwin est si talentueux pour ne pas aimer en retour, sans même comprendre ce qu'il fait et ce qu'il ressent. C'est une aura autour de lui qui a déjà envoyé une âme en enfer, et ce n'est pas fini.
Les fantômes ne se reflètent pas dans les miroirs. Cela leur rend parfois difficile d'y regarder, et quand ils s'approchent, ils ferment les yeux.
Edwin n'a jamais peur des miroirs, c'est pour ça qu'il est si doué pour les traverser. Il ne sait pas que c'est parce qu'ils ne sont jamais vides pour lui. Il ne peut pas voir Despair, mais elle le regarde toujours.
Il y est habitué.
Parfois, Edwin a l'intuition que quelque chose se cache, et fixe le fond du miroir d'un oeil inquisiteur, tout en se trouvant irrationnel. Il est le fantôme, comment pourrait-il être hanté ?
Tu es un des miens, murmure Despair, s'écorchant la joue avec son hameçon. Edwin saute en arrière, le souvenir de la douleur physique cruel et nostalgique. Il porte sa main à sa joue. Sa main est chaude et mouillée. Il la lève devant ses yeux, et le rouge qu'il croyait apercevoir disparaît.
Il range cela dans une catégorie de son esprit sur laquelle il n'a pas besoin d'enquêter (parce que cela ne blesse que lui) parce que cela le terrifie.
La deuxième fois qu'Edwin Payne se retrouve en enfer, Despair sait qu'elle va le garder, qu'il reste ou qu'il s'échappe encore. Et ce n'est même pas ce qui se passe de plus beau.
"Je suis amoureux de toi," dit Edwin à Charles.
Et Charles, dont l'âme s'est attaché à celle d'Edwin depuis le premier jour, a un pâle sourire. Il se rappelle comment il a cru que c'était impossible, qu'il offensait son ami même en y pensant. Il se rappelle comme il a tranché, pilé ses sentiments, pour qu'il n'en reste que de l'amitié.
Et maintenant, il ne peut pas mentir, et le poids de la vérité est trop lourd, sonnerait comme un reproche. Alors il porte le même sourire que toujours, celui que si souvent est un effet d'être auprès d'Edwin, et en ce moment est un masque pour que sa souffrance ne déborde pas sur lui. Il tente d'offrir des espoirs, alors qu'il réalise être incapable d'offrir des promesses, de reconstituer depuis leurs cendres des sentiments effacés depuis trente ans.
Edwin sourit aussi, pour la même raison, il a appris cela auprès de Charles, même s'il s'en sert rarement, pour ne surtout pas le blesser.
Despair sourit aussi, parce qu'Edwin Payne lui appartient, et que tout est absolument parfait.
