Chapitre 5 : À la recherche de l'inconnu

La neige s'était enfin calmée. Camille, entourée de flocons résiduels et d'un froid sec, se rendait à la bibliothèque nationale magique de New York, un lieu qu'elle chérissait. Elle y trouvait la quiétude qu'elle recherchait depuis plusieurs semaines. Elle n'était pas du genre à se laisser submerger par les émotions. Au contraire, elle se réfugiait dans ses recherches, comme une bouée de sauvetage. C'était sa façon d'affronter le chaos qui envahissait son esprit.

Le bâtiment était un chef-d'œuvre de magie, bien caché parmi les rues animées de Manhattan. De l'extérieur, il n'y avait rien de particulier. Un immeuble de verre, comme tant d'autres, avec de simples escaliers qui menaient à une entrée anodine. Mais en franchissant les portes, on entrait dans un autre monde. L'air avait un parfum d'herbes rares et de parchemins anciens. Le sol, fait d'un marbre froid mais d'apparence presque translucide, scintillait sous les lumières tamisées. Le plafond était haut, orné de fresques magiques, et des étagères de bois couraient sur toute la hauteur des murs. On y trouvait des livres en vieux cuir qui murmuraient entre eux quand on les effleurait.

Ce lieu était un paradis pour Camille, une chercheuse dans l'âme. Les rayonnages étaient remplis de tout ce qu'elle pourrait espérer : des ouvrages sur les potions anciennes, sur les créatures magiques, mais aussi sur les coutumes du monde magique en Grande-Bretagne. Elle s'était plongée dans une section spécifique, celle dédiée à la magie anglaise, cherchant des informations sur les pratiques et les opportunités professionnelles. Les livres étaient lents à tourner, mais riches d'informations que le MACUSA ne pouvait lui offrir. Elle se sentait comme une exploratrice, une aventurière en quête de vérité.

Elle feuilleta les pages des ouvrages sur le ministère de la magie britannique, une lueur de curiosité dans les yeux. Les sections sur les départements de potions et de recherche étaient particulièrement détaillées. Camille appréciait ces recherches, bien plus stimulantes que tout ce qu'elle faisait au MACUSA. Les descriptions des potions britanniques l'attiraient, mais ce qui la fascinait surtout, c'était la richesse des ressources disponibles là-bas. Elle lut des articles sur l'évolution des potions en Angleterre après la chute de Voldemort, des informations qu'elle ne trouvait pas ici. Cela la confortait dans son désir de partir. L'idée de travailler dans un environnement plus propice à la recherche, avec un budget qui lui permettrait de pousser ses études plus loin, lui semblait une évidence.

En sortant de la bibliothèque, un vent frais soufflait dans la rue. Elle se laissa porter par la brise, perdue dans ses pensées. Une partie d'elle se sentait toujours attachée à New York, mais l'autre, plus profonde, aspirait à l'inconnu. Son esprit vagabondait entre les pages des livres qu'elle avait lus et la pensée du futur incertain qui l'attendait.

Le coup de vent la fit frissonner, mais ce n'était rien comparé à la chaleur qui se répandait en elle. Elle savait que ce changement était nécessaire. C'était le seul moyen de se reconstruire, de partir loin de ce quotidien qui ne lui apportait plus rien. Elle s'arrêta devant un café, acheta un chocolat chaud et s'assit sur un banc, observant les passants. Elle réfléchissait aux conséquences de sa décision. Il était difficile de partir, de quitter un pays qui l'avait accueillie, mais au fond, elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Les déceptions qu'elle avait vécues, les trahisons de Sam et de Lola, tout cela avait laissé une empreinte indélébile dans son esprit.

Tout en sirotant un chocolat chaud, son regard tomba sur une lettre posée sur son bureau, dans son appartement. Le brouillon de la lettre qu'elle avait envoyée à Mathieu Leclair, son ancien professeur, en réponse à son message. C'était un peu comme un saut dans l'inconnu, mais elle était déterminée à saisir cette opportunité. Les mots qu'elle avait écrits étaient clairs : elle acceptait l'opportunité qui s'offrait à elle. Elle voulait rencontrer cette personne qu'il lui avait mentionnée, obtenir plus d'informations sur l'emploi, sur le département de recherche. C'était sa chance de commencer quelque chose de nouveau.

Le hibou arriva alors, planant dans la pénombre de la fin de journée. Il se posa délicatement sur le rebord de la fenêtre, tendant son bec vers Camille, qui s'empressa de prendre la lettre. Elle la déplia et la lut attentivement.

"Chère Camille,

Je suis ravi de vous annoncer que vous avez été mise en relation avec un de mes contacts au ministère de la magie britannique. Monsieur Henry Wilcox, directeur du Département des potions et de la recherche, serait très heureux de vous rencontrer. Un entretien est fixé pour le 30 mars à 10h00. Je suis convaincu que cette rencontre vous apportera des réponses à vos questions et des perspectives intéressantes.

Je reste à votre disposition pour toute information supplémentaire. Je vous souhaite bonne chance et espère que cette nouvelle étape vous apportera satisfaction.

Amicalement,

Mathieu Leclair."

Camille sourit, un sourire empreint de soulagement. La route était tracée. Elle n'avait plus de doute. Elle avait pris sa décision. Elle allait partir pour l'Angleterre. Mais en attendant, il lui restait encore quelques préparatifs.