Chapitre 6 : Au-delà des frontières
Le MACUSA était un endroit impressionnant, rempli de magie et de réglementations strictes. Après avoir traversé les couloirs du ministère américain pour se rendre au service des transports magiques, elle se présenta devant une porte sobrement décorée. À l'intérieur, un fonctionnaire vêtu d'une robe d'apparence simple, mais dont la baguette était soigneusement dissimulée dans la poche, l'accueillit d'un sourire professionnel.
"Camille, je suppose ?", dit-il en consultant un registre avant de la désigner vers une porte à l'arrière de la pièce. "Le Portoloin international est prêt pour vous. Veuillez suivre les instructions avec attention. Ce n'est pas un voyage qu'on prend à la légère."
Le couloir était baigné d'une lumière douce et accueillante. Camille se sentit un peu nerveuse. C'était un moment décisif. Elle se tenait devant le terminal magique de transport international. Il ne lui restait plus qu'à saisir la poignée d'une sorte de coffre particulier, dans lequel étaient enchâssées des runes lumineuses. Ces runes brillaient d'une lueur apaisante, mais Camille sentait que c'était bien plus que ça. Ce Portoloin la transporterait à travers des milliers de kilomètres, un saut dans l'inconnu, sans savoir précisément comment l'atterrissage se passerait.
Elle serra la poignée, se concentrant, et se retrouva immédiatement envahie par un tourbillon de lumière et de couleurs éclatantes. Une sensation étrange la parcourut, son corps semblant se dissoudre dans un espace-temps qui n'avait ni début ni fin. Quelques secondes plus tard, elle se retrouva à l'autre bout du monde, tout de suite accueillie par un vent frais et l'odeur légère de l'humidité d'une ville familière et pourtant différente.
La chaleur qui régnait à New York semblait bien lointaine maintenant. L'Angleterre l'enveloppait de ses ruelles anciennes, son atmosphère mystique, presque palpable. Camille se tenait au cœur d'un lieu qu'elle ne connaissait que par les descriptions, mais qui, dans ses veines, avait déjà commencé à faire naître un étrange sentiment d'appartenance. Elle respira profondément, frissonnant d'excitation et d'appréhension.
Elle observa les environs, se sentant soudainement un peu perdue au milieu des allées bondées. Il y avait de nombreuses portes qui donnaient sur des bureaux, mais Camille savait où elle devait se rendre. D'un pas nerveux, elle avança.
Alors qu'elle traversait un hall immense, aux plafonds hauts et ornés de sculptures magiques, elle se retrouva à bousculer quelqu'un. Le choc fut instantané, mais rapide.
"Oups ! Désolée !" dit-elle en se redressant immédiatement, essayant de se reprendre. "Je suis un peu… pressée."
Un homme roux aux cheveux éparse se tourna vers elle, une lueur espiègle dans les yeux. "Eh bien, ça commence bien," dit-il d'un ton plus moqueur que vexé. "Si c'est comme ça à chaque fois qu'on débarque d'un Portoloin, je commence à avoir des doutes sur cette méthode de transport."
Il esquissa un sourire, et Camille s'apprêtait à présenter ses excuses de nouveau quand une femme, à ses côtés, posa une main amicale sur son bras. Elle avait les cheveux bruns, coupés courts, et une expression chaleureuse qui atténua immédiatement le malaise de Camille.
"Ron, laisse-la respirer," dit-elle d'une voix calme et bienveillante. "Elle a sûrement beaucoup de choses en tête."
Camille se sentit instantanément un peu plus calme, et la femme se tourna vers elle avec un sourire. "Tu sembles un peu perdue. C'est ta première fois ici ?"
"Oui… je suis ici pour un entretien. Je… Je dois me rendre à la salle des recrutements," répondit Camille, légèrement gênée. "Mais je crois que je me suis un peu égarée."
"Tu n'es pas la première," dit Ron en haussant les épaules. "Tu veux qu'on te montre le chemin ?"
"Ce serait vraiment gentil, merci," répondit Camille, soulagée.
"Je suis Hermione, et lui, c'est mon mari, Ron," ajouta la femme avec un sourire amical. "Nous avons l'habitude des dédales du ministère. On a eu notre lot d'aventures ici."
"Ron," dit-il en tendant la main, un large sourire sur le visage. "Bien que je sois plutôt du genre à me perdre moi-même, donc… on verra si on arrive à t'orienter."
"Merci beaucoup pour votre aide," répondit Camille en secouant sa main. "Je suis Camille, et… Je suppose que ce n'est pas facile pour une première fois. Mais c'est gentil de m'accompagner."
"Tu viens d'où, Camille ?" demanda Hermione avec intérêt.
"Des États-Unis, de New York en fait, mais… je pense que vous avez bien compris que je suis ici pour un entretien. Le ministère britannique m'intéresse particulièrement."
"Tu es en bonne compagnie ici," répondit Hermione avec un clin d'œil. "Bonne chance pour l'entretien, Camille. On espère qu'il se passera bien."
"Tu sais, si tu as besoin de nous recontacter, nous pouvons t'aider. Je travaille au département de la justice magique," ajouta Hermione avec sérieux, "et Ron, eh bien, il fait partie des Aurores. Nous avons beaucoup de contacts ici. Si tu as besoin d'aide une fois installée, n'hésite pas."
Ron, avec son sourire espiègle, ajouta : "Ouais, et si jamais tu as des ennuis, je suis ton homme. Mais, en toute sincérité, je suis sûr que tu seras embauchée sans problème."
"Merci encore," répondit Camille, reconnaissante. "Je reviendrai vers vous dès que j'aurai des nouvelles."
Ils arrivèrent finalement à la salle des recrutements, et Hermione ajouta : "Si tu as besoin de nous recontacter, je serai au département de la recherche, et Ron… eh bien, il traîne probablement par ici quelque part."
"Merci encore," répondit Camille, reconnaissante mais aussi un peu embarrassée. "Je ne sais pas comment vous contacter, mais je reviendrai pour vous donner des nouvelles."
"Pas de souci," répondit Hermione en souriant. "Tu nous trouveras. Bonne chance."
Camille leur adressa un dernier sourire avant de se tourner vers la porte du bureau où l'attendait son entretien.
À l'intérieur, un homme grand, avec des cheveux bruns et des lunettes rondes, se leva dès qu'elle entra. Il lui sourit chaleureusement.
"Bonjour, Camille, je suis Henry Wilcox. Je travaille depuis longtemps en collaboration avec Mathieu Leclair, qui est devenu un bon ami. Il ne tari pas d'éloges vous concernant. Nous avons beaucoup à discuter aujourd'hui."
Camille, bien que très stressée, se sentit à l'aise face à la gentillesse et au sourire de cet homme, et elle s'assit. Le bureau était spacieux, décoré d'étagères remplies de livres anciens et de parchemins. L'air était frais et embaumait légèrement l'encens, créant une atmosphère propice à la réflexion. Henry la fixa avec un sourire poli avant de commencer l'entretien.
"J'ai lu vos travaux sur les potions curatives et les créatures magiques, c'est fascinant. Vous avez un potentiel énorme dans ce domaine, Camille. Mais avant d'aller plus loin, parlez-moi un peu de ce qui vous attire ici, à Londres."
Camille prit une grande inspiration avant de répondre, s'exprimant avec une passion évidente pour la recherche, mais aussi une sincérité quant à son désir de changement et de nouveaux horizons. "J'ai toujours rêvé de poursuivre mes recherches, mais les ressources au MACUSA sont limitées. Et puis… il y a aussi un aspect personnel. Je me suis dit que venir ici pourrait m'apporter des réponses, tant sur le plan professionnel que personnel."
Henry hocha la tête, écoutant attentivement. "Je comprends. C'est une décision importante. Nous avons un département de recherche solide ici, et je pense que vous y trouveriez votre place."
L'entretien se poursuivit avec des questions sur ses antécédents, ses recherches, et son désir de contribuer au ministère britannique. Camille répondit à chaque question avec précision, ne cachant pas son enthousiasme pour le projet de recherche qui l'attendait.
Finalement, l'entretien toucha à sa fin, et Henry se leva. "Nous avons pris note de votre profil, Camille. Nous allons réfléchir à la suite. Vous recevrez une réponse sous peu, probablement par hibou."
Il lui tendit la main pour la saluer.
"Merci beaucoup, M. Wilcox. Je suis impatiente de voir ce que l'avenir nous réserve."
Après l'entretien, Henry la conduisit à travers le département de recherche, lui montrant plusieurs bureaux et présentations de projets en cours. Camille se sentit de plus en plus attirée par cet environnement dynamique et stimulant. Elle se visualisait déjà travailler ici, au cœur de l'action, entourée de chercheurs aussi passionnés qu'elle.
La secrétaire, une jeune femme brune avec des lunettes élégantes, entra alors dans la pièce. Elle salua Camille et Henry avant de lui souhaiter bonne chance pour la suite, l'invitant à revenir vers elle pour toute question pratique.
Camille quitta le département en se sentant à la fois plus légère et plus excitée que jamais par les nouvelles possibilités qui s'offraient à elle.
