Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour un nouveau chapitre ! Et on retourne à la maison, mais ce n'est pas pour autant que les aventures se terminent, vous vous en doutez !

Merci à Anneso280990 pour la review. Cette fic est un pari, je pense. Pas forcément gagnant, mais je me suis bien amusée à le mettre en place. Merci pour ton retour et Phénix plus inquiet que furax, dirons-nous.

A bientôt pour la suite !

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Ann avait le denden entre l'oreille et l'épaule pendant qu'elle faisait ses devoirs par correspondance sur le pont au petit jour.

- Je vais bien, m'man, assura la brune en se cassant la tête sur son sujet de philosophie.

Celui qui avait mis ça dans les programmes scolaires était un enfoiré de première et elle irait chier sur sa tombe.

« Ann, il a essayé de t'agresser en direct, excuse-moi de…. »

- J'ai déposé une plainte auprès d'une femme de la Marine qui m'a prise au sérieux, puis j'ai pris une bonne douche chaude. Certes, ça m'a choqué, mais si ça pouvait aider Carmen et enfoncer encore plus ce monstre, ainsi soit-il, c'est un sacrifice que je suis prête à faire.

« Ce n'est pas quelque chose que tu dois accepter et laisser passer pour autant ! On n'a pas à toucher quelqu'un ainsi, sans son accord explicite ! »

- Tu sais que j'essaye de bosser ? Viens pas râler si je loupe les Selectividad.

« Anabela, ne change pas le sujet. »

- Va falloir que tu acceptes d'en changer si tu ne veux pas que je te raccroche au nez.

Rouge soupira à l'autre bout du denden pendant qu'Ann posait le combiné à côté d'elle pour écrire ce qui lui passait par la tête sur sa copie.

« Tu sais quoi de ce Smoker ? »

La journaliste s'immobilisa et regarda le denden avec perplexité.

- Pourquoi cette question ?

« Parce que j'ai adopté autant Carmen que Kali, il est donc normal que je m'intéresse à ceux qui s'intéresse à mes filles. »

- Toi et ta tendance à adopter tout le monde. Tu veux faire concurrence à Shirohige ?

« J'ai une arme que lui n'a pas. Une poêle à frire capable de mettre en fuite Genkotsu no Garp lui-même. »

La yôkai eut un rire au souvenir. Même si ce jour-là, ça avait été panique à bord, surtout pour Luffy, c'était amusant comme évènement.

- Alors, sache que Smoker est le premier ami que je me suis faîte, outre la famille. Je parle de vraie amitié, pas l'attachement un brin hypocrite et intéressée qu'on a Baterilla. Et oui, j'admets que j'ai peut-être était cruelle en lui proposant de devenir sex-friend alors que je venais de le friendzoner.

Rouge adressa un regard blanc à sa fille au travers le denden.

- Me dit pas que je dois t'expliquer ce qu'est le principe du sex-friend.

« Anabela, c'est comme ça que mon grand-père a justifié à la mère de Bruno l'existence de sa maîtresse quand elle est tombée enceinte de ma mère. Je connais le principe, merci. »

- J'ai déjà eu droit à la leçon moralisatrice de Bruno, Roger, et Javier. En parlant de Javier, j'ai rencontré une de ses fans !

« Anabela… »

- Si je te dis que je me suis calmée, ça te va ?

Sa mère eut un gémissement d'agacement de l'autre côté du denden.

- Je ne suis plus une enfant, tu sais. Je pense être assez vieille pour décider de m'amuser et avec qui je veux le faire. Et je te l'ai dit, je me suis calmée. Maintenant, si tu n'as rien de mieux à me dire, je vais raccrocher.

« Redescend. »

- Dans quel sens ? Revenir à Baterilla ? T'as pas saisi que j'ai du boulot qui ne consiste pas à attendre la récolte des olives ou le jour où je devrais finir en brebis sacrificielle pour l'île ?

« Tu te souviens de cette affaire de trafic d'êtres humains que tu as découvert avec Sabo ? Si je te dis Kadar et Strawberry, tu penses à quoi ? »

- Entiendo.

Et Ann raccrocha. Elle récupéra ses devoirs inachevés sous un bras, le denden sous l'autre et entra en trombe dans le trimaran.

- Non ! Je ne le connais pas personnellement. Enfin si. Mais pas comme vous le pensez… On se connait juste un peu. Et pas vraiment personnellement. Enfin si ? Non.

Ann s'arrêta sur le seuil pour entendre cette justification assez étrange de la part de Marina. Elle leva lentement un sourcil avant de poser ses affaires sur la table en regardant la fugueuse triturait ses tresses d'un air embarrassé.

- J'ai loupé un épisode ? se renseigna la yôkai en retirant sa casquette.

- Marina est rentrée en trombe sur le bateau, hier, raconta la médecin. Et l'un des agents du CP9 était à sa recherche. Le roux au nez long, si tu vois lequel. Et …

- Et il a posé des questions sur moi, marmonna Marina.

- Il s'inquiétait pour elle, termina Carmen.

- Inquiéter est un grand mot. Il doit avoir ses ordres de me ramener, grinça avec douleur Marina.

- Cariño, j'ai retourné la tête de Rob Lucci. Et malgré tout notre talent à toutes les quatre réunies, on n'aurait pas pu s'en sortir s'ils avaient vraiment eu des ordres pour te récupérer. On n'aurait pas pu les en empêcher. Et s'il savait que tu étais passée par ici et que Carmen avait pu te voir, il aurait insisté auprès d'elle, quitte à lui faire mal. Alors, te fatigue pas et crache le morceau.

- Vous préférez pas qu'on parle d'autre chose ? supplia la fugueuse.

- Tu préfères que l'une de nous aille lui demander directement, Marina ? demanda Carmen.

Ann leva le bras avec un grand sourire sous l'air blasé de Kali. Elle voulait bien s'attaquer à Kaku pour avoir sa version des faits. Comprenant le message, Marina croisa les bras en boudant.

- Il a été un de mes gardes. Cela pendant un an et demi. Il est gentil, réellement. Et j'ai eu un crush dessus à sens unique. Il me voit comme une amie et puis c'est tout. Son chef l'a mis sur une mission lorsqu'il a découvert que l'on passait du temps comme aller au ciné ou faire des conneries. Dixit le connard en chef, je cassais une arme… Kaku est pas une arme mais une personne. Mais la fois suivante où je l'ai vu, il m'a même pas adresser la parole. Juste me dire qu'il avait des ordres. Et le minou psycho m'a ramené par la peau du dos. Je dois avoir encore la marque puisque le salaud a usé des griffes.

- On le kidnappe ? proposa Kali.

- On a Genkotsu dans le coin, tu tiens vraiment à le faire ? Je suis pas ma mère avec sa sainte poêle à frire pour le faire reculer, lui dit Ann en se redressant. Ce qui me fait penser que je dois vérifier deux trois trucs. Continuez le débat, je vous écoute.

Et elle rejoignit le nid pour s'approcher d'un des supports de lampe qui était fait en bois couvert de moulures décoratives. Elle souleva la lampe, et crocheta l'une des gravures, la faisant pivoter avec précaution, pour ensuite faire la même chose avec d'autres moulures. Des planches du plafond tombèrent, formant une échelle vers un espace dans le plafond. Ann l'escalada et trouva le coffre pour les documents sensibles cacher là. Se tenant au coffre avec la force d'une main (granit marin, merci Carmen, pour le coup, elle cherchait à moitié à l'aveugle sans sa nyctalopie) elle fouilla dans ses recherches et documents concernant ses enquêtes pour ses articles et parmi le tas, l'affaire Rhyddid. Elle trouva deux dossiers qu'elle cherchait et redescendit. Elle revint à la table en suivant la conversation sur pourquoi le kidnapping n'était pas une bonne idée et surtout, pourquoi le CP9 était en charge de son baby-sitting : elle était fiancée à leur leader.

Carmen fronça des sourcils alors qu'Ann revenait à la table avec ses documents. La médecin tira un carnet d'une de ses poches et le feuilleta rapidement, avant d'arriver à une page dédiée au Cipher Pole. Notamment leur chef qui avait une sale gueule.

- … Yurk. Si nécessaire, et si on le croise, je l'expédie dans l'antre de Davy Jones. Qu'il est moche.

- Et pervers ! gueula Marina. J'étais mineure lorsque je l'ai rencontré la première fois. Si Strike ne lui avait par mordu le cul, il aurait continué de glisser ses doigts gluant sous ma jupe !

- J'hésite entre décider de tolérer ce démon poilu ou décider de me la jouer comme mon vieux pour pouvoir le tuer dans la plus belle des souffrances, cracha Ann. Dans un cas comme dans l'autre, je sais où aller en suivant et ça devrait aider Marina-chan dans son souci.

La yôkai se tourna vers Carmen.

- Tu te souviens de ce que Jonathan m'a demandé quand il a su que j'étais apparentée à Bruno the Quiet One ?

- Comment il allait non ? Il ignorait qu'il était mort, si je me rappelle bien, réfléchi Carmen.

- Exactamente. Donc, nadie, outre Jonathan, et certainement Garp, ne savent que Bruno est mort. Et abuelo a partiellement formé ma mère et tio Javier. Tu crois qu'il a laissé une adresse où le joindre quand il est parti ? Maintenant, laisse-moi demander ceci… que… non, j'ai rien dit, je viens de me rappeler que son fruit a repris du service.

- Non, vas-y. Il existe des techniques pour retirer un akuma no mi d'une personne, informa Kali. Je l'ai vu… à l'époque, avant tout… ça.

Avant qu'elle ne doive fuir, donc.

- Et comme Bruno a littéralement disparu, rien ne dit qu'il n'est pas tombé sur ma caste ou des gens avec un savoir semblable pour renoncer à ce akuma no mi, continua l'elfe. Tu as une idée qui nécessite qu'on le croie vivant, alors, en combinant tes illusions et l'existence de moyen pour se débarrasser d'un akuma no mi, l'obstacle est balayé. Continue donc.

La journaliste regarda l'elfe en clignant des yeux avant de lui attraper le visage et lui coller un baiser bruyant sur la tempe.

- Qu'est-ce qu'on ferait sans toi.

L'elfe se retrouva à rougir sous l'attention, avant que la yôkai revienne aux deux autres.

- Ceci étant fait, dîtes-moi, que peut faire un Marine droit dans ses bottes qui a dû quitter le service à cause d'une blessure grave ?

Carmen eut un rire, allumant alors la cigarette entre ses doigts en regardant du coin de l'œil Marina qui semblait réfléchir. Ann savait que la médecin avait la réponse. Elles commençaient à se connaître assez pour savoir où allait l'autre. Et si Carmen ne disait rien ouvertement, c'est qu'elle attendait que leur nouvelle recrue comprenne quelque chose d'elle-même.

- Je ne sais pas moi … pirate ? ricana alors Carmen.

- Non. Il peut partir dans des postes du gouvernement ou de la justice qui n'impliquent pas un travail physique, comme avocat…

Marina s'arrêta à mi-phrase et regardant alors avec de grand yeux Ann qui avait un sourire alors que l'esprit de Bruno observait la machination sans un mot.

- Bruno, The Quiet One, est une des figures importantes de la marine. Il a laissé une marque et on le respecte.

Carmen applaudit nonchalamment.

- Bravo. Tu as le droit à un cookie… Mince, il n'y en a plus en fait. J'espère qu'oncle M en ramène, dans sa vendetta.

- Il a une Vivre Card ? se renseigna Ann. Parce que j'ai eu ma mère en ligne, et outre la mettre au parfum pour le plan qu'on vient de monter à l'arrache, j'ai une autre raison de nous faire redescendre en South Blue.

Carmen le confirma et Ann ouvrit alors son vieux dossier d'enquête qui avait donné un article de si bas niveau.

- Ceci, c'est l'enquête qui a mené à mon tout premier article. Mon frère Sabo m'a aidé dessus.

Elle ouvrit le second dossier sur les accusations de trafics contre Aarch.

- Ceci, c'est ce qu'on reprochait à Aarch.

Elle montra le nom des deux officiers qui avaient fait « l'enquête » avant de montrer deux autres documents sur les premières notes.

- Et on retrouve ces mêmes noms dans les copies qu'on a fait à l'époque des preuves du trafic. Jusque-là, on me suit ?

- Parfaitement. Et je peux ajouter que l'un des deux a attaqué, par le passé, le navire de Fisher Tiger pour tenter de récupérer les esclaves parmi les membres de l'équipage du Soleil… Ils ont décidé de recommencer leur trafic, c'est ça ? Si tant est qu'ils l'avaient arrêté un jour, commenta Carmen en se mettant à fumer.

Marina hocha la tête au dernier commentaire, marmonnant que les gens avaient des pots de sauce devant les yeux. Et des crétins au pouvoirs avide d'argent.

- Ma mère m'a appelé ce matin. Outre son discours de mère poule habituelle, elle m'a apprise que le trafic avait repris, si je lis entre les lignes. Et cette fois, ces messieurs y sont totalement impliqués et ne dirigent pas les choses à distances. Je demande donc un vote. Qui pense qu'on devrait aller jusqu'en South Blue ? Ne serait-ce que pour détourner un zoan mythique vindicatif d'un des rares marines qui fait correctement son job ?

- Je vote pour, dit Carmen en levant ses doigts.

- Doit avoir des coins magnifiques à voir dans South Blue, continua Marina. J'en suis ! Je dois voir de nouveaux lieux. Et puis, je suis contre l'esclavage.

Kali leva la sienne sans hésitation.

- Et me demander l'autorisation d'user de mon nom, peut-être ? se renseigna Bruno.

- Comme si tu allais t'y opposer abuelo, marmonna la D. en rangeant ses documents. J'avertis Jonathan pour qu'il ne vende pas la mort de Bruno. Sinon, on a tout le plan qui tombe à l'eau. Mais ça devrait être drôle de chercher à semer un commandant de Shirohige !

Elle enfonça correctement sa casquette sur son crâne avant de se tourner avec un sourire malicieux vers Marina.

- Si je croise ton grand amour, tu veux que je lui transmette un message de ta part ?

Marina prit une teinte carmin presque lumineuse. C'était un spectacle très amusant et de toute beauté.

- C'est pas mon grand amour ! réussit-elle à dire en tentant de lutter contre la rougeur.

- Tout comme Carmen n'a pas de crush pour mon bon ami Kemuri-chan...

Et Ann se tourna vers la médecin en question avec le même sourire.

- Si tu vas lui dire au revoir, tu veux bien lui apporter une bouteille que j'avais prise pour lui ? Et saluer pour moi Tashigi-chan ?

- Ace, mon cœur.

Carmen glissa alors les doigts sous le cou de la zoan, un sourire charmeur sur le visage. Ouch, si elle agissait comme ça, ça puer pour sa fourrure.

- Tu es si adorable, mon petit neko, avec tes attentions. Je devrais dire à Marco de prendre grandement attention à toi. Avec délicatesse et fermeté, non ? Te ravager sans aucun scrupule au point que même les morts sortiraient de leur tombe pour faire arrêter tes cris.

Un frisson remonta le long de l'échine de la zoan à l'idée, surtout devant le sourire sanglant de son amie.

- Mais, soit gentille, laisse-moi décider du rythme avec les hommes ou femmes qui me plaisent, Capish ?

- Meh. J'irais lui dire au revoir pour toi, alors. Et confidence pour confidence.

Ann rendit la caresse à Carmen en se rapprochant d'elle presque pour l'embrasser.

- Ton oncle a déjà commencé à me ravager comme tu dis. Alors, il n'a pas besoin de tes conseils pour ça.

- Calmes-toi, la yôkai, on veut pas savoir, rappela à l'ordre Kali.

- Navrée.

Seulement, Carmen entra droit dans le jeu de la journaliste, s'appuyant sur la main contre sa joue et lui lécha le bout du nez, provoquant un rire à la receveuse.

- Je dirais plutôt, pour mon oncle, qu'il t'a juste mis l'eau à la bouche.

Oh oui, et Ann allait le lui faire payer.

Kali donna un coup à la médecin qui s'écarta, levant les mains en indiquant qu'elle arrêtait. Ann se redressa et termina de ranger ses affaires. Elle nota le regard de Marina pour Kali. La fugueuse avait un visage rouge et un air réclamant de l'aide. Carmen écrasa la cigarette dans un petit cendrier avant de fixer Marina.

- Néanmoins, je vais t'accompagner, Ann, pour aller saluer une nouvelle fois le capitaine.

La D. eut un grand sourire en réponse.

- Et puis, j'ai son numéro. Mais, Marina. Un petit conseil. Si tu vies sur la Grand Line, il ne faut pas vivre sur des regrets. Donc… si tu n'as jamais montré que tu étais intéressée par ton Kaku... Tu devrais lui faire savoir.

-… Quoi ?

- Soit lui dire, soit lui parler. Et puis, Ann pourrait être ton backup au besoin. Qu'en penses-tu Ann ?

- Ça me va parfaitement. Et je suis à mille pour cent derrière les idées que j'entends.

- Rentrez pas trop tard, recommanda Kali d'un air désintéressé.

Elle se leva pour se faire un thé.

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Marina tremblait, appuyée contre l'angle de la rue. Ann lui adressa un sourire depuis le toit à la demoiselle. Quand faut y aller, faut y aller. Surtout qu'elle gardait leur cible isolée du reste des travailleurs par une discrète illusion. Sous ses yeux, Paulie qui pestait contre on ne sait quoi alors que Kaku riait à côté.

Ann eu un sourire en se rappelant de la façon dont Carmen avait dit au revoir à Smoker quand elles étaient allées le voir. Comme promis, Ann avait remis une belle bouteille d'alcool à son pote en lui promettant qu'ils se reverraient (et surtout, qu'elle ferait le nécessaire pour lui offrir une possibilité d'avancer dans les rangs de la Marine pour rendre celle-ci droite et juste comme elle se devait de l'être). De son côté Carmen avait bien dit au revoir au capitaine d'une façon très étrange. Elle lui avait volé l'un de ses cigares en déposant sur sa joue un baiser, en le remerciant à nouveau, et qu'elle attendrait le verre avec impatience à Loguetown lorsqu'elle y passerait avant de partir, le cigare entre ses dents. Ann avait ri sous cape devant le visage rouge du taisa alors que Tashigi avait lutté de toutes ses forces pour rester impassible elle aussi même si elle semblait contente de voir son supérieur dans cette situation. Smoker fumait plus que normal, à cet instant.

Cependant, Marina était timide, par rapport à Carmen et Ann qui étaient plus exubérante. L'éducation problématique et déprimante de la demoiselle était à blâmer. Le seul conseil que la D. avait pu lui donner, c'était de suivre son instinct, son désir. La yôkai se chargeait donc de couvrir ses arrières et de la soutenir. Finalement, Marina se décida. Elle tira la capuche de sa tête en marchant vers les deux travailleurs. Elle fit semblant de perdre l'équilibre pour que Kaku la rattrape par réflexe. Elle se tint à son bras, un instant pour qu'il voit son visage. Le blond pesta à coté mais Kaku la reconnut.

- Mari… ?

Elle déposa les lèvres sur les siennes avant de se redresser et sauter dans les hauteurs rapidement pour rejoindre Ann. De son coté, Kaku ne bougeait absolument plus.

- Y doit avoir compris le message. On se barre ?

- Vu sa tête, il a dû aimer le message. Allez, accroches-toi.

Ann prit sa forme animale et eut un geste du museau pour inviter Marina à monter sur son dos. Ceci fait, le félin décolla à toute vitesse.

Elles en avaient fini ici. Il était temps de passer à la seconde partie du plan.

Et retourner en South Blue.

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Fin novembre 1516

Elles étaient passées par une Calm Belt pour aller plus vite. Surtout qu'il y avait le logia de Carmen et le zoan de Kali pour compenser l'absence de vent de la zone. Pour qu'elles ne doivent pas se déconcentrer de leur don, Ann avait bossé dix fois plus autour du trimaran avec l'aide de Marina, afin qu'elles fassent la traversée en vie.

Ce matin-là, il ne leur restait que quelques heures pour atteindre South Blue. Elles étaient encore toute en train d'émerger, et profiter de leur petit déjeuner encore en pyjama. Ann s'était assise au bord du nid pour travailler sur sa leçon de sciences économiques et politiques, puisqu'elle ne supportait toujours pas de manger ou boire quelque chose aussi tôt le matin.

C'était leur seul instant de libre avant de reprendre la navigation.

C'est là qu'Iro attira leur attention en poussant un miaulement depuis le pont où elle se prélassait au soleil après avoir profité du repas qu'avait préparé Ann (qui se chargeait aussi de nourrir Strike qui préférait la méthode BARF aux croquettes). C'est Kali qui alla voir ce qu'il se passait dehors et qui revint rapidement sans la moindre expression.

- Vaut mieux que tu sortes, Carmen.

Une main sur la capuche de pilou de sa hoodie, Ann les regarda faire, ses queues s'agitant paisiblement malgré sa curiosité. Arrangeant son kimono bleu nuit, Carmen se redressa pour aller voir. Quelqu'un était en visite, de ce qu'Ann sentait de son Haki.

- On devrait peut-être s'habiller, non ? proposa la journaliste.

- Exact, approuva Kali. Marina, tu passes en première. J'y vais ensuite. Ann, tu passes en dernière.

Cela laissa la journaliste encore plus perplexe, mais elle soupira et s'enfonça un peu plus dans son coin du nid pour continuer son boulot, caressant d'un geste absent sa panthère quand elle vint la rejoindre. Elle ne prêta aucune attention à ce qu'il se passait dehors, prenant des notes sur sa leçon. Si Carmen avait besoin de quelque chose, elle les appellerait.

Quelques minutes plus tard, Carmen revint avec un petit sourire et donna un coup dans l'épaule de la zoan à moitié enfoncé dans le nid.

- T'as de la visite.

Les queues de la yôkai arrêtèrent leur balancement paisible. Visite ? A la limite d'une Calm Blet ? Qui… ?

Ses attributs félins se dressèrent quand elle réalisa de qui il devait être question. Marco. Et elle était en foutue pyjama pilou. Entre amies, ok, pas de soucis, mais pas devant son… amoureux ? amant ? petit-copain ? Elle ne savait pas encore quel nom donner à leur relation. Ce qu'elle savait, c'est qu'elle ne voulait pas être vue dans ce pyjama pour paraître plus gamine qu'elle ne l'était.

- D'accord, je me change rapidement.

- Nop. Je me change. Tu lui dis bonjour.

La logia usa alors de son pouvoir pour faire voler en douceur le zoan jusqu'à la sortie sans prendre en compte sa panique.

- J'en ai pas pour des lustres. Il a à te parler en plus.

Carmen était morte. Ann allait la tuer. Lentement. Douloureusement.

La clef tourna dans la serrure, enfermant la yôkai sur le pont. Et elle le sentait. Il était là, juste derrière elle. Et elle avait un pyjama mignon à la limite enfantin. Vraiment pas la meilleure des tenues. Deux bras l'enlacèrent par derrière. Avec force, légèrement tremblant. Une tête blonde s'appuya sur son épaule en soupirant de soulagement.

Ann retira sa capuche, une main sur celles liées sur son ventre et l'autre caressant doucement l'arrière du crâne rasé du pirate.

- Tu sais… il y a des heures socialement adaptées à des visites. Ou alors, on prévient avant de passer. Ça évite de surprendre les gens au saut du lit.

- M'en fou de tout ça, je suis un pirate. Et il s'agit d'un côté de ma nièce et de l'autre de ma petite-amie, yoi. Pourquoi tu l'as laissé faire ?

Les queues d'Ann se figèrent un instant avant de s'agiter joyeusement. Il la voyait comme sa petite-amie, c'était merveilleux ! Et il n'avait pas fait de commentaire sur le pyjama !

- Parce que mon but était qu'il se trahisse pour qu'on puisse le détruire. Qu'on puisse montrer quel genre de salaud avait entaché la réputation du vice-amiral Rhyddid. S'il était allé trop loin, j'aurais sorti les griffes, sans compter que j'avais qu'un geste à faire pour qu'il se prenne une balle dans la tête. J'ai accepté le risque.

- Tu sais que ça aura des conséquences. Qu'on te cherchera des ennuis puisque beaucoup vont penser que tu es une femme facile vu ton manque de réaction.

- Ils goutteront à mes griffes. T'en fais pas pour moi, je sais comment me défendre.

Elle se laissa aller un peu plus dans l'étreinte, appuya son front contre la tête de Marco qui ne lui répondit pas.

- A quoi tu penses ?

- Que j'aurais dû intercepter ce navire avant de venir vous voir. Et tuer ce salaud qui a osé te toucher et t'insulter.

- Il sera jugé.

Marco eut un reniflement sarcastique pour montrer ce qu'il pensait de cette possibilité.

- Non, vraiment. Le Commandant Haruta t'a pas assez parlé de pourquoi on cherche pas les Portgas. On est retors jusqu'au bout des ongles. J'ai bien des plans pour m'assurer justice.

Elle ferma les yeux. Elle était bien comme ça. Marco avait resserré sa prise et l'avait embrassé furtivement dans le cou, sans faire de commentaire sur son pyjama. Ouais, elle était bien et le fait qu'elle se mette à ronronner était un très gros indice.

- La salle de bain est libre !

Ann fit un bond de surprise quand la voix de Carmen brisa l'instant. Elle foudroya la logia du regard qui était sur le pont avec Marina qui s'était glissée là sans qu'ils ne la remarquent. Elle lui montra les dents en grognant, les oreilles bien plaquées sur la tête, avant de filer dans le trimaran avec un pas agacé pour se préparer.

Depuis la salle de bain, alors qu'elle se préparait, elle entendit depuis le pont la présentation entre Marina et Marco. Et surtout, les grognements de Roger de l'autre côté de la porte.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? se renseigna la yôkai en se glissant sous la douche.

- J'aime pas la façon dont il regarde la salle de bain alors que ma fille unique est dedans.

- Papa. Je t'aime de tout mon cœur, mais j'aimerais que tu enregistres que je ne suis plus une petite fille et que ce genre d'attention est très flatteur pour moi. Merci de garder tes remarques pour toi.

Rien à faire, Roger continua de grommeler, maudire et menacer Marco dans son coin. Rapidement, Ann s'habilla avec la première chose qu'elle avait attrapé (sa tenue mauve de journaliste) et quitta enfin la salle de bain en terminant de nouer sa cravate.

- Bon, tu as décidé de déserter ton équipage pour venir nous surveiller, ou tu veux juste t'assurer qu'on va bien ? se renseigna la journaliste en se hissant sur un des meubles de la cuisine comme à son habitude.

Un chat s'assoit et s'installe partout et n'importe où. Inutile d'essayer de faire changer les choses, elle était trop vieille pour ça.

- Je suis partit avec la bénédiction d'Oyaji, yoi, sourit avec amusement le blond après avoir remercié Kali pour le service du café. Puisqu'il est clair que vous êtes toutes prêtes à faire des conneries pour arriver à votre but, il serait bien qu'un adulte responsable soit là pour vous surveiller.

- Oh, ça sera une si belle rencontre… dit narquoisement Kali.

Roger devait comprendre de quoi parler l'elfe puisqu'il ricanait d'un air machiavélique en se frottant les mains.

Carmen décida néanmoins de faire savoir son mécontentement contre son oncle. Marco se retrouva avec une frappe invisible sur le coin du crâne qui ne lui fit ni chaud ni froid.

- Je déprécie le terme : « adulte responsable ». Si nous partons sur ce terrain oh combien glissant, dois-je commencer la liste des activités des « adultes » du Moby Dick ?

- Je n'ai jamais dit que j'étais un adulte responsable, je n'ai fait que rapporter les paroles d'Oyaji. Veux-tu tant lui faire de la peine, à son âge, en lui disant que son bras-droit assume qu'il n'est pas le plus responsable du lot, yoi ?

- Tu veux la réponse franche ? La réponse de Noël ou celle du Panthéon des Braves ? s'enquit Carmen.

Bien que cela semblait être des trucs intéressants à savoir, Ann préféra passer à l'essentiel.

- Pas que je vois de souci à ce que tu restes, même si l'idée qu'on me prenne pour une gosse sans défense me hérisse le poil, dit délicatement la yôkai en jouant nerveusement avec la tête de sa hache. Je vois néanmoins un problème. On va à Baterilla.

- Ce qui implique rencontrer belle-maman et comme Rouge-san aime le dire, Gol D. Roger ne lui a pas donné un enfant juste parce qu'elle avait de jolies jambes, sourit avec amusement Kali.

Marina manqua de s'étouffer dans son café.

Bien joué, Kali. Elle avait presque réussi à tuer une pauvre fille en balançant comme ça qui était le père de la journaliste. Et cela amusa grandement l'elfe à la peau sombre vu son esquisse de sourire. Si juste cela lui tirait une telle réaction, cela finirait par se calmer. Elle prendrait l'habitude de ce genre de révélation.

- Désolée… j'ai paniqué, s'excusa Marina.

- Et pourquoi donc ? demanda Carmen alors que Marco levait un sourcil de derrière sa tasse de café.

- … si mon oncle apprend ça, il va tenter de … brûler quelqu'un parce qu'il a du sang de pirate. Et, on ne mérite pas de bruler pour les crimes de nos anciens ? Parce que si c'était le cas… Je devrais finir à l'échafaud pour tous les crimes de guerres de Akainu, non ?

Ann lui adressa un regard sérieux. Il y avait déjà des brûlés pour ce simple fait, Akainu n'avait pas le monopole sur le sujet, malheureusement.

Carmen soupira et donna juste une légère tape à l'arrière du crâne de Marina.

- On ne brule personne. Et ton oncle est un salaud mais tu ne l'es absolument pas. Point barre.

- En laissant le sujet des bûchers inutiles de côté, puis-je savoir, outre un désir de revoir la famille, la raison de votre retour en South Blue, yoi ? demanda le commandant en reposant sa tasse.

- Ma mère m'a appelé le jour après l'incident de Water Seven, expliqua Ann. Elle m'a pas dit grand-chose d'intéressant jusqu'à la fin de notre conversation, où elle m'a rappelé mon premier article. Et deux noms d'officiers de la Marine. Cela a fait clic dans mon esprit et je me suis rappelée que les deux officiers qui avaient accusés le vice-amiral Aarch de tremper dans le trafic d'êtres humains, étaient les mêmes qui se chargeaient de couvrir celui sur lequel j'avais trébuché avec mon frère, quand on a quitté Baterilla il y a deux ans. Ils ont apparemment décidé d'être discret quelques temps avant de reprendre du service. Soit, ils ont fait une erreur, soit, ils se sont déplacés en personne, parce que cette fois, ma mère les a repérés alors que ce n'était pas le cas la première fois.

Marco serra la mâchoire un instant avant de hocher la tête.

- Raison de plus de vous garder à l'œil. Je ne voudrais pas que vous vous retrouviez vendues en esclaves, leur dit-il.

Ann étant assise derrière lui, elle remarqua la façon dont il s'était crispé et par instinct, elle se leva et posa ses mains sur les épaules du blond avec autant de douceur que possible et surtout, assez lentement pour qu'il sache que c'était elle et qu'elle n'avait pas l'intention de lui faire du mal. Puisqu'il n'offrit aucune réaction, elle termina son action et posa donc ses mains sur ses épaules, avant de s'avancer et de faire glisser ses bras sur les épaules pour l'enlacer par derrière, appuyant son menton sur la touffe blonde qui servait de cheveux au pirate. Entre ses bras, elle sentit une tension invisible se dissiper. Cela faillit la faire sourire. Elle avait réussi son objectif. Un sourire apparut vraiment sur ses lèvres quand il répondit au geste de soutien en posant une de ses mains sur l'un des poignets de la brune derrière lui.

Coupant alors un peu plus la tension, Carmen frappa ses deux mains l'une contre l'autre avec un petit sourire.

- Après ces paroles sages, mon très cher oncle, je pense que l'on va continuer notre route vers Baterilla. Mais, un détail avant que l'on continue… On a fait des changements pour le dortoir du Calypso… Et il faudra te loger pour la nuit. Tu comptes faire comment ?

Strike releva la tête, fixant Marco. Le compagnon de Marina n'avait pas le droit de venir dans le nid lui aussi puisque Ann n'aimait pas ce qui ressemblait de près ou de loin à un chien.

Le Phénix jeta un œil vers le nid et haussa un sourcil.

- Bah t'as toujours la couche de la cuisine, je la prendrais au besoin, si je ne me perche pas sur une chaise, yoi.

Le chien aboya, et posa ses pattes sur une cuisse de Marco en agitant la queue avec joie. Il allait avoir quelqu'un pour dormir avec lui. C'était sans compter sur la nekomata possessive qui se pencha vers le chien en sifflant d'un air menaçant. Pour se retrouver avec un coup de langue râpeuse sur le visage par un toutou excité. Marco lui retint le poignet pour l'empêcher de donner un coup au chien amical quand il perçut les griffes commencer à se manifester. Il secoua la fourrure du toutou, avant de lui faire comprendre d'un geste affectueux de descendre avant qu'Ann ne s'énerve sérieusement.

- Stupide clebs, grinça la yôkai en allant se laver le visage. J'y pense, caballero, t'as aucune affaire. Tu espères que ma mère te fasse don des vêtements de mon oncle ? Je suis au regret de te dire que vous n'avez pas la même carrure !

Même ceux de Bruno serait trop petit, si on partait de la possibilité qu'ils les aient toujours.

- J'ai de l'argent, je trouverai bien une boutique de vêtements sur le chemin, yoi.