- Marina, je sais que tu as peur, mais je peux t'assurer que s'ils s'en prennent à toi, ce serait faire preuve d'hypocrisie, rassura Ace à l'adresse de la demoiselle en question. Donc, soit tu continues à te cacher comme ça, soit tu te montres et tu peux leur faire part de ton admiration pour eux.
Il passa un bras autour des épaules de la demoiselle très nerveuse et un autre sur les épaules de Kali qui avait une peluche d'adorable loup gris dans les bras qu'elle lui avait présenté comme « Musha ». Un cadeau de Rouge, très certainement. Ace savait qu'elle avait une amie du nom de Estia avec une louve de ce genre portant le même nom.
- Sans compter que Carmen les a tout de même envoyés à la flotte, donc, elle risque plus elle que toi, pour le coup. Elle a envoyé un logia à l'eau, quand même.
Même si on pouvait avoir des doutes avec Pedro, c'était un logia et il avait tendance à s'énerver quand on le prenait pour autre chose. Dans tous les cas, Carmen ne se sentait pas le moins du monde coupable puisqu'elle s'alluma calmement sa cigarette.
- Allons affronter les méchants pirates. Et au pire, il suffit de dire que ma mère prépare une paella pour les calmer, ricana le yôkai. Allez, je reste avec toi, tant que tu ne seras pas rassurée, ça te va ?
- Tu as un chevalier servant. Et puis, Ace a raison. Je suis celle qui peut être attaquée sur place pour noyade organisée. Bon, allons-y.
Et Carmen passa devant pour rejoindre le patio, alors que Marina prenait une forte respiration pour la suivre, Ace la tenant toujours par les épaules. Autour de la fontaine, un bel équipage de pirates se reposaient et clairement, avaient reçu des soins pour ceux qui avaient été blessés. Et parmi les plus intacts, un grand homme mastoc se détachait des peaux basanées et yeux sombres de South Blue par une teinte d'albâtre et des yeux de rubis. Ses dreads étaient masquées par une serviette de bain alors qu'il continuait de dégouliner encore et toujours d'eau de mer sur son siège au bord de la fontaine où il boudait clairement.
- T'as coulé comme une pierre, Pedro ? demanda d'un ton taquin le yôkai.
Les pirates tournèrent la tête pour voir les nouveaux venus.
- Anabela ? C'est toi… ? demanda l'un d'eux en s'étranglant à moitié.
Et il se prit un coup de la part de Pedro.
- Et toi, Ace, je vais te botter le train pour ce jeu de mot. Qui m'a envoyé à la flotte ? ¡¿QUIEN ?!
Avec un sourire sanglant, Carmen leva la main.
- Fi yw e ! Je pense que c'est moi. Enchantée, Rhyddid Carmen.
Pedro n'était clairement pas impressionné, mais le reste de l'équipage offrit une salve d'applaudissement et de sifflement à l'adresse de la jeune femme. Jusqu'à ce que Pedro lève la main pour avoir le silence. Il leva l'autre main et la pierre de la fontaine se déforma pour former un monstre gigantesque. Qui aspergea d'eau la jeune femme.
- Merci pour le bain. Et pour avoir épargné un combat plus dangereux et plus long à mon équipage.
Ace regarda ce qu'il était advenu de la fontaine, avant de lentement, pousser Kali et Marina hors du chemin de la porte menant vers la maison.
La médecin grogna avant de simplement se "secouer" pour faire disparaitre l'eau qu'elle avait pris comme si rien ne s'était passé. Elle tapota son menton, regardant alors la fontaine puis l'homme.
- Très jolie. Mais... Est-ce que la Signora Rouge apprécie la déformation de sa maison pour asperger ses invitées ? Et puis...
Elle souffla, retirant la fin de l'eau de l'homme pierre en usant de son propre don.
- Ne serait-ce pas mieux ainsi ?
Cinq, quatre, trois, deux, un…
- ¡PEDRO ! ¡Mi suelo, hostia de tu puta madre!
Et comme une furie, Rouge jaillit de la maison pour rejoindre le patio et les pirates qui déglutirent en la voyant en rage, alors que Marco suivait plus paisiblement. Pedro se dépêcha de remettre correctement la fontaine comme elle se devait d'être et se tint droit, en sueur, légèrement tremblant, devant la frêle femme. C'était peut-être la petite-sœur de son défunt capitaine, mais elle était aussi effrayante que l'avait été Javier dans ses mauvais moments. Mais pas forcément pour les mêmes raisons.
- Maintenant que tu es sec, tu vas mettre cette serviette à laver et aller me chercher la serpillère pour nettoyer tes bêtises, entiendes ?
Pedro se mit au garde à vous avant de filer chercher de quoi sécher le sol sous l'air franchement amusé de Marco.
- En fait, depuis la mort de Javier, ce n'est pas Pedro le capitaine, c'est vous, Rouge-san, conclu d'un ton blasé l'un des pirates.
- No digas tentas tonterias, souffla la femme en détachant ses cheveux.
- Bon, les filles, c'était Pedro la Piedra… ou Pierre la Pierre en langue courante, présenta d'un ton blasé Ace.
Il fit le tour des pirates présent, les présentant un à un. Ça faisait trois ans qu'il ne les avait pas vu. Et il pouvait comprendre qu'on ne l'ait pas reconnu ou qu'on ait usé de son nom féminin pour se faire confirmer. Aucun ne l'avait vu sous sa forme masculine auparavant. Compréhensible qu'on puisse avoir des doutes sur ce qu'on voyait.
- Par curiosité, comment Luffy a fini balancer dans le ciel ? se renseigna Ace. Parce qu'il a fait de la casse à l'atterrissage. De la casse sentimentale et on aura besoin de tes compétences, Leandro. Tu me diras ton prix, d'acc ?
- Rouge-san, vous avez quelque chose contre l'idée de noyer des chats quand ils disent des bêtises ? demanda un homme grand et muscle qui avait une ceinture de charpentier sur lui et des clous en guise de cheveux.
- Qu'est-ce que j'ai dit ? demanda le D. alors que sa mère était en train de considérer l'idée.
- Javier nous maudirait si je devais faire payer mes services à des proches de son neveu favoris. Tu me diras ce que je dois réparer après nous avoir présentées ces demoiselles.
- Je les ai adoptés, les garçons, donc, on garde le meilleur des comportements, averti Rouge en prenant un des bras de Marina en souriant.
- Aye, assurèrent les pirates.
Marina tourna la tête vers Rouge avec la bouche ouverte. Puis, se mit à sourire ravie de l'idée avant de saluer l'ensemble, manquant quand même de bégayer dès le début.
- Hello ! Je suis Marina. Ravie de faire enfin votre connaissance.
- Rhyddid Carmen, souffla la médecin avec la fumée dirigée loin du groupe. Mon oncle planqué par-là, c'est Marco.
Marco pencha juste la tête à la présentation de Carmen. Les autres pirates lui répondirent de la même façon. La tête du Phénix était plutôt connue, même dans South Blue. Alors, si on parlait de l'équipage qu'avait dirigé Javier, on pouvait s'attendre à ce qu'ils soient les mieux informés de South Blue.
Seulement, une personne décida de répondre au nom.
- Polo !
Ace sentit son sang se figer dans ses veines. Luffy n'avait tout de même pas osé… Mais c'était son mec, bordel ! Il ne pouvait pas se tenir correctement !
- … Qui lui a parlé de ce jeu ? demanda froidement Macro en s'adressant à sa nièce.
- Me regarde pas, dit Carmen. À moins que Haruta ait appelé.
- Mouais... non, yoi. Doit être une blague de South Blue.
- Surement.
- C'est une certitude. Et je pense que l'explosion de tout à l'heure n'a pas aidé, marmonna un autre pirate.
- Ace… dit avec avertissement Rouge. Je sais ce que tu penses et c'est un non. Tes projets de fratricides, tu te les gardes. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi, tu n'aurais pas dû me le présenter à l'époque.
Chiotte.
- Ah, et messieurs, la petite brune sous le bras d'Ace avec la peluche, c'est Kali. Pas un mot de travers, surtout à portée d'oreille, je suis bien claire ?
Les pirates échangèrent un regard, avant que Pedro ne revienne avec une serpillère et un seau.
- On peut avoir des noms ? grogna l'homme en ayant deviné le pourquoi du comment.
- Pour que tu nous doubles, Carmen et moi ? Et puis quoi encore, rouspéta Ace. Sans compter que m'man veut aussi une part du gâteau.
- Bien. Je toucherai deux mots à Luffy tout à l'heure, mais nous savons que vous n'êtes pas tous ici pour profiter des hivers doux de Baterilla, dit Rouge en frappant dans ses mains. Vous vous remettez du voyage et on voit ça après manger ou on s'en charge maintenant ?
Carmen sembla réfléchir avant de tourner la tête vers les autres pour avoir leur avis. Marina prit la parole :
- Pour ma part, je suis pour s'en charger maintenant. Vous en pensez quoi ?
La médecin hocha la tête et se tourna vers les autres attendant leur avis.
- Je vais chercher la table, dit un des hommes de Pedro.
- Je vais chercher les documents, dit Pedro de son côté. Pendant ce temps, tu peux montrer à Leandro là où tu as besoin de lui, señorita.
- Je vais chercher mon sac et montrer à Marco où il va dormir, annonça Ace. Et peut-être botter le cul de mon frangin au passage.
- Vas-y pas trop fort, je vais chercher mes propres documents, soupira d'un ton blasé Rouge.
Le reste regarda Marco, comme attendant de savoir s'il avait quoique ce soit à montrer lui aussi. Le Phénix porta un doigt à sa tempe.
- Mémoire infaillible, utile pour ne laisser aucune preuve compromettante, yoi. Je te suis, Ace.
Et le couple quitta le patio. Marco alla ramasser ses quelques affaires qui était dans la cuisine et suivi son jeune amant qui l'amena à l'étage jusqu'à sa chambre. La porte de Luffy claqua brutalement. Parce qu'il croyait que ça allait le sauver de la rage de son aîné ? Ace ouvrit sa porte. Iro dormait toujours sous la couverture.
- Les chats, commenta avec amusement Marco.
Cela lui valut une pichenette vexée sur le nez.
- Bon, salle de bain pas loin de l'entrée de l'escalier à l'étage. La coursive extérieure fait vraiment le tour de la hacienda, donc, si tu te retrouves avec des vues bizarres au matin, panique pas, soupira le journaliste. Luffy est... a des habitudes bizarres à mon sujet, alors, je préfère t'avertir. Une fois, je me suis réveillé avec lui qui s'était littéralement aplatit contre ma vitre après s'être douché dans de la peinture noire.
- Je sais que les frères sont bizarres, parfois, ne t'en fait pas, yoi.
Et le blond embrassa son compagnon sur la tempe pour le rassurer.
- J'ai des questions, pas mal de trucs qui me turlupinent, mais ça attendra qu'on puisse se poser.
- Ok, accepta le journaliste.
Il se mit à fouiller dans sa sacoche de travail les documents associés à l'affaire et se dirigea vers la porte, attendant Marco qui rangeait vaguement ses affaires sur une chaise qui traînait. Puis, le commandant rejoignit le jeune homme sur le seuil et ils échangèrent un bref baiser avant de rejoindre à nouveau le patio où on avait installé une table. Rouge étalait déjà quelques documents dessus en papotant avec Marina. Vu son rictus, elle devait apprendre la raison de la fuite de la demoiselle. Ace rejoignit sa mère et commença lui aussi à étaler les documents qu'il avait sur le sujet, les photos prises et les plans des bases marines qu'il avait exploré à l'époque.
Pedro vint se joindre rapidement à eux avec ses propres documents qui furent mit dans le tas. Le temps que Leandro et Carmen reviennent, ils étaient déjà en train d'organiser par chronologie tout cela. Puis, le duo manquant arriva, Carmen avec ses propres notes. Marco s'assit sur le bord de la fontaine avec de quoi écrire. Au besoin, il ferait remonter les nouveautés à son capitaine. Carmen alla se mettre à un bout de la table alors que Kali s'installait au pied d'un citronnier en pot qui décorait le patio.
- Carmen, tu veux te lancer ? demanda Ace.
Après tout, c'était l'affaire Rhyddid à la base, autant qu'elle prenne la parole.
- Mieux vaut tard que jamais, souffla la médecin. On va commencer presque quinze-vingt ans en arrière. Le vice-amiral Rhyddid est accusé de plusieurs crimes, dont le meurtre, destruction de preuves, trahison, et j'en passe. Ce dernier était un membre des polices internes à la marine. Son rôle était de chasser les ripoux et les salauds des rangs. Sorti du tableau, ça laissait toujours place à la merde pour proliférer. On ne sait pas encore qui l'a tué et mis l'ensemble des fausses preuves sur le dos, mais ça monte dans les hautes sphères du quartier général. On a le bel exemple de Doberman, il y a quelques temps.
Elle prit juste un temps pour respirer avant de continuer.
- Sur son ancienne base navale, aujourd'hui abandonné à cause d'une catastrophe qui l'a fait couler par le fond, on a trouvé qu'il enquêtait sur des détournements de fonds, des kidnappings et deux trois trucs assez sales. Les dossiers sont sur la table au besoin de plus de précision. Parmi les noms, on a Kadar et Strawberry. Ces deux officiers avaient une enquête sur le dos par rapport à des affiliations avec l'esclavage de populations civiles. Il n'y avait pas encore assez de preuves pour dire s'ils trempaient dans l'affaire, à l'époque, ou s'ils étaient payés pour fermer les yeux. C'est eux que vous avez actuellement dans vos eaux.
Puis ce fut le silence. Elle regarda chacun, attendant les commentaires, avant de se tourner vers Ace qui hocha la tête pour se rapprocher de la table à son tour. Il jeta un œil à une fenêtre à l'étage par laquelle Luffy les observait avec attention, avant de se tourner à nouveau vers l'assemblée.
- Je vais pas revenir sur les circonstances de ma fugue, ma mère a déjà assez gueuler sur le sujet, je vais juste parler sur ce que Sabo et moi avons fait avant qu'on se sépare. Sab' voulant faire une Bruno chez Dragon, il était logique qu'il débarque pas comme ça les mains vides, alors que de mon côté, je cherchais un bon truc pour entrer dans le journalisme. A nous deux, on s'est dit qu'on pouvait trouver des trucs intéressants dans les placards de la Marine. Et parmi les vilains dossiers, on est tombé sur une correspondance avec le vice-amiral Kadar, concernant la réponse au chômage massif de South Blue trouver par les gros bonnets. On s'est dit que ça puait, alors, on a fouillé un peu plus. Vous avez entendu parler du système d'orientation pour aboutir à l'emploi, bien entendu. C'est comme ça qu'on est tombé sur le dossier d'esclavage. J'ai fait mon article pour El Correo quand Sabo a rejoint la Révolution avec les informations. Cela n'a malheureusement pas fait grand bruit.
- La Marine a fait une enquête de surface, sous la houlette du vice-amiral Strawberry. Deux trois mises à pied, mais rien de bien concluant. Si le trafic s'est mis en pause, dirons-nous, c'est parce Lindbergh, de l'Armée du Sud, a fait une descente suite à ce semblant d'enquête, intervint Rouge. Sans contact avec Sabo, impossible de savoir si c'est de son fait, ou si c'est le résultat de la publication d'Ace.
Ace adressa un regard à Aarch qui s'était assis à côté de Marco, avant de revenir à leur affaire.
- En prenant le dossier de Carmen, on a fait des recherches, d'où la découverte des documents dans la base navale désertée.
- Quelle base ? se renseigna Pedro. On est peut-être resté dans la première partie de la Grand Line, mais on a gardé la mauvaise habitude de Javier de visiter les coins là où on ne voulait certainement pas qu'on mette notre nez.
- Beleriand, répondit Marco.
- Triangle Florian, non ? se rappela un des gars du Demonio. Il voulait absolument qu'on s'y rende avec les rumeurs de navires hantés des environs et on a failli y laisser des plumes quand on est tombé sur la base qui, même si à moitié sous la flotte, était incroyablement gardé.
- Javier voulait tenter une infiltration mais on s'est fait surprendre avant, confirma Pedro. En tout cas, on sait qu'il y a quelques semaines, Kadar et Strawberry sont descendus dans le South Blue et en conséquent, on a noté une belle montée des disparitions. Surtout des personnes jeunes. Pas d'enfants pour l'instant.
Et Rouge montra les profils des disparus qu'elle avait réussi à réunir.
- On peut donc conclure qu'ils ont remis en route le réseau, devina Marco d'une voix froide.
De son côté Marina se rapprocha de la table et regarda les profils des disparus avant de se racler la gorge :
- Je peux faire une remarque ? Alors, j'ai constaté que les kidnappeurs vont chercher des personnes avec des profils... Atypique. Le délit de sale gueule, si vous me laissez le terme. La Marine peut utiliser une interpellation lambda pour avoir les papiers. Surtout si c'est pour chercher des pirates. Enfin, c'est mon avis. Entre proposer un travail pour des personnes qui meurent de faim, et les arrestations pour "enquête", il y a plusieurs moments où les personnes peuvent disparaitre. Entre le moment où elles sont interpellées et le moment où elles sont aux postes avec un appel au QG pour vérification des identités. Si le QG est appelé, ils sont inscrits dans le registre.
Oui, c'était ce que Bruno avait appris à Rouge et Javier en laissant son manteau de Marine au placard. Cependant, Marina n'avait pas encore fini :
- Si des personnes disparaissent et qu'elles sont dans le registre, les officiers sont dans l'obligation de fournir un rapport détaillé. Mais, s'il n'y a personne d'inscrite, la Marine peut dire simplement qu'elle a demandé les papiers puis l'a laissé partir. Procédure de base.
- Tu viens de mettre mon oncle au repos éternel, rit Rouge.
- Quand on dit QG, on dit MarineFord ou la base responsable de South Blue ? se renseigna doucement Kali.
Encore une fois, c'est Marina qui répondit :
- Dépend. Base responsable pour les informations courantes. Cas qui touche les gouvernements ou des pirates hautement recherchés, Marineford. Par exemple, tu arrêtes Carmen, ça va à MarineFord car elle a un lien avec une affaire antérieure importante par son père. Si c'est le pêcheur du coin, c'est la base responsable. En plus, Carmen, je crois que tu es d'origine de East Blue ?
- North et East Blue par mes deux parents. Je suis née sur la Grande Line, je crois, pointa la médecin.
- Ça passe par Marineford lorsque l'on est d'un autre océan, termina alors Marina. Donc, ici, ils vont éviter de faire un appel à Marineford car ça pourrait poser problèmes s'il y a trop d'arrestations. Et de même pour les papiers à fournir.
- Et je n'ai vu que des locaux dans la liste des disparus, ce qui nous facilite le travail, pointa Rouge.
- On peut pas organiser un raid sur la base pour récupérer des preuves. Si je publie les documents en question, on va m'accuser de collaboration avec des pirates, falsification, diffamation et j'en passe, pointa Ace. Et si au passage, on réalise que je suis le bâtard de Gol D. Roger, je peux changer mon adresse pour le dernier niveau d'Impel Down. Certainement dans l'ancienne cellule de Shiki.
- Fuite ? proposa Luffy depuis sa fenêtre. On a pas des personnes qui auraient pu s'enfuir de ces pièges ?
- Il a un bon début d'idée, nota Marco en se levant. Marina-san, tu l'as dit que si on vient d'un autre océan, ça va directement au QG, n'est-ce pas ? Dis-moi, as-tu encore des contacts avec des officiers à Marine Ford qui seraient… partant pour mettre un terme à cette affaire ? Certes, le vice-amiral Jonathan et Genkotsu ont déjà aidé à Water Seven, mais ça serait louche et Genkotsu est bien trop imprévisible pour qu'on puisse lui faire suivre un plan.
- Et il est hors de question qu'il mette un pied en South Blue tant que Luffy sera sous ma garde, pointa Rouge.
Marina commença à réfléchir longuement avant d'avoir comme une lumière puisqu'elle mit son poing dans sa main.
- J'en ai deux. Mamie Tsuru et le vice-amiral J'rem. Ce sont ceux en qui je peux faire confiance et qui ont assez de pouvoir pour arrêter les deux autres sans heurtes. Et qui ne me vendraient pas à l'autre taré psycho.
Kali se raidit à l'annonce du nom du vice-amiral et Ace alla se placer à côté d'elle pour la rassurer. Il n'avait que des soupçons, mais peu importe que ce soit vrai ou non, il la protègerait.
- L'idée est simple, mais il faudrait les mettre dans la confidence. Il n'y a que deux personnes, à ma connaissance, qui peuvent le faire, yoi, expliqua Marco en se levant pour qu'on l'écoute correctement. Il faut que quelqu'un, avec des papiers étrangers, se fasse arrêter. Avant qu'on ne puisse contacter MarineFord, il faut réclamer de pouvoir parler à un avocat. Avocat qui aurait par hasard, en sa possession, une injonction pour mettre aux arrêts deux vice-amiraux et faire une enquête. Le mieux serait littéralement que ces deux soient présent avec l'avocat, yoi. Avocat qui, en plus d'être là pour notre appât, viendrait avec la plainte d'autres victimes de ce trafic. Officiellement pour arrestation abusive. Genre, un avocat pour représenter une association de victime. Vous me suivez ?
- Je pense que je me répète, mais nous n'avons rien dit à la Marine pour signaler la mort de mon oncle Bruno, informa Rouge. Nous n'avons touché aucune pension puisqu'il n'a fait aucune demande pour ne pas être localisé à Baterilla si on réalisait qu'il avait volé des documents importants à la Marine. Et de toute façon, depuis le temps, il y prescription, donc, nous pouvons utiliser son nom pour écrire une lettre à Marine Ford droit pour l'officier Tsuru pour qui il avait beaucoup de respect. Par contre, pour l'appât...
- Si Marina se fait prendre, c'est Sakazuki qui sera averti, et si c'est Carmen, ça sera pire, grimaça Ace. Mais Bruno approuve l'idée d'user de son nom pour interpeller les deux officiers. J'écrirais la lettre pour lui.
- Je peux faire l'appât, pointa Luffy en levant la main. T'avais pas récupéré mes documents en partant, tía ?
Rouge eut une grimace, peu encline à mettre son plus jeune dans une telle situation.
Carmen siffla entre ses dents à l'idée suicidaire.
- Luffy. Si on se loupe, tu risques de te retrouver dans … l'enfer. Et je n'use pas de ces mots à la légère.
- Autant mettre un peu plus de chances de notre côté, sourit froidement le jeune. Pedro, tu peux bien me couvrir, non ?
- Je n'ai pas le talent de caméléon de Javier et les navires d'esclaves sont les mieux gardés, mais on fera le nécessaire pour qu'ils ne t'embarquent pas, gronda l'homme.
On aurait dit un tremblement de terre dans sa parole tant il était en colère à l'idée qu'on puisse enlever le petit dernier de la famille.
- J'ai envoyé des documents à la Révolution, sur l'affaire Rhyddid, informa Ace. Lindbergh ne sera donc pas surpris que je les contacts à nouveau.
Sa mère lui adressa un regard sévère.
- Mamá, j'aime aussi peu que toi cette idée, mais pour protéger mon petit-frère, je suis prêt à tout, quitte à débarquer au bureau de Kong et lui dire « coucou, je suis Gol D. Ace » ! Quitte à mettre cette putain d'île à feu et à sang ! Et c'est un Portgas qui le dit ! Alors, si collaborer avec la Révolution est le prix, je le paie et je l'assume ! On ne touche pas à ma famille !
En voyant ça, Marco se dit clairement qu'Ace était le digne fils de son père. Cet instinct protecteur s'était transmis du « roi » au « prince ».
- Et c'est simple ce que j'ai en tête. Un petit message, avec la localisation de quelques bases clefs dans le trafic, histoire de le paralyser. Cela pourrait même servir d'excuse pour faire bouger les officiers qu'on a nommé plus tôt, continua le D. en reprenant un semblant de calme. Luffy fait l'appât et réclame un avocat. Et, entre-nous, si l'appel monte jusqu'à MarineFord… tu crois que Garp va rester les bras croisés s'il apprend qu'on est à deux doigts de mettre un collier d'esclave à son petit-fils ?
- Je sais que tout va bien se passer ! assura Luffy avec un grand sourire.
Carmen soupira avant de tirer une pièce et la lancer en l'air. Elle attrapa celle-ci et regarda Luffy sans retirer sa main de dessus, ne dévoilant pas le résultat.
- Pile ou face, Luffy.
L'adolescent eut une moue pensive avant de se décider avec gravité.
- Face !
Carmen retira la main, montrant alors le coté de la pièce. Et c'était bien face. La médecin regarda Luffy avant de soupirer.
- Tu es celui qui pourrait avoir assez de paramètre pour appeler le quartier général avec ton passeport mais aussi, qui pourrait faire bouger correctement. Bon, Rouge-san, néanmoins, en tant que sa tutrice, vous êtes celle qui a le dernier mot. Mais je ne m'opposerais pas à sa participation. Et j'ai la ferme intention qu'il rentre indemne à la maison.
- Et puis, je pourrais aider si nécessaire, ajouta Marina. Une fenêtre, un tir, c'est tout ce qu'il me faut.
Luffy sauta de la fenêtre pour se mettre devant Rouge pour la fixer avec des grands yeux, son chapeau entre ses deux mains, au niveau de ses genoux. Son attaque fatale qui le rendait adorable.
Rouge soupira profondément avant de mettre les mains sur ses hanches.
- Tu participeras à quelques conditions. Tu n'attireras pas l'attention. Tu ne leur dirais qu'une chose, c'est que tu veux un avocat. Si ça t'es refusé, tu dis que tu es sous la garde des Portgas et que tu es le petit-fils de Garp. Je me fiche que tu trouves ça lâche, indigne du futur roi des pirates. Tu es mon fils, Luffy, mon enfant, autant qu'Amelia, Ace et Sabo. Ma priorité, c'est que tu vives assez vieux pour devenir pirate. Autre chose… tu participes, tu fais une croix sur l'idée de prendre la mer avant ta majorité, sauf cas de force majeure, et j'ai bien dit force majeure ! Comme ton père qui vient me disputer ta garde ou Sengoku qui veut te mettre les menottes à cause de ta parenté ! ¿Entiendes ?
- Mercimercimerci !
Rouge soupira quand Luffy lui enlaça la taille avec joie.
- On le gardera à l'œil, assura Pedro. De notre côté, on va chercher des fuyards, des rescapés de ce trafic, histoire de former un parti civil. Tu joueras l'avocate ?
- Je ne suis pas Javier pour jouer n'importe quel rôle, mais je me débrouille bien assez et il reste les documents de mon oncle pour combler les trous. Avec, en cas de besoin, Marina-chan. D'ailleurs, je te confie de couvrir ce vilain chenapan.
Celle-ci hocha la tête, joua alors avec l'un de ses flingues et le remit dans son holster avec un sourire qui disait que la cible allait être frappé par les balles s'il avait le moindre geste déplacé.
- Et Luffy, ton fruit, tu ne le montres pas avant le dernier moment dans le cas où tu serais en danger imminent. Et je veux que tu aies de quoi forcer des serrures sur toi. Je suis claire ?
- Ouiiii !
- Résumons, fit Marco. On commence par quoi ?
- On fait parvenir des documents à la Révolution, ne serait-ce que pour paralyser le réseau, au minimum, commença Ace.
- Puis contacter les officiers de Marine Ford pour les faire descendre, souffla Kali cacher par son rideau de cheveux noirs.
- Luffy se constitue prisonnier une fois qu'on a un retour d'eux. Sans eux, on ne pourra pas faire éclater ça au grand jour, rappela Rouge. Il faudra faire ça de la manière forte. Certes, on pourra mettre un terme, ne serait-ce que temporairement, à ce trafic, mais on n'aura pas réussi à laver le nom des Rhyddid de ce crime.
- Si on a les vice-amiraux qui se déplacent, alors, on peut se permettre de faire venir la presse pour que ça ne finisse pas sous le tapis, parce que ça reste toujours un risque. Et avec cette sublime apparition où Ann a gueulé pour donner son sang, la journaliste Ace est devenue un symbole dans un sens, rappela Leandro.
- J'espère que j'aurai eu une autre crise entre temps, sinon, ça sera joyeux de faire un direct en pleine dysphorie, souffla Ace.
- Quelqu'un a quelque chose à rajouter ? se renseigna le commandant Shirohige.
Marina se tourna vers Rouge.
- Si on veut que cela se fasse, faut commencer par passer des coups de fil. Je peux emprunter le denden ?
- Luffy, tu lui montres, comme ça, ces messieurs vont débarrasser pendant que ton frère va m'aider à la cuisine, sourit Rouge. Tu nous aides aussi, Kali, s'il te plaît ?
Luffy attrapa la main de Marina et la tira dans la maison pour rejoindre le bureau de la hacienda avec ses vieux meubles et surtout, les dendens, dont l'intraçable. Dans la pièce, il ouvrit les placards concernés.
- Voilàààà !
Et il la laissa gérer. Il avait des devoirs à finir s'il ne voulait pas que Rouge change d'avis sur sa participation.
.
.
Marco avait pris le denden pour tenir son capitaine au courant des dernières idées, après le repas. Alors, juste pour être en sa présence et parce que ça ne dérangeait pas son amant, Ace s'était installé dans le bureau pour faire une copie de ce qu'ils savaient du trafic qui pourrait intéresser la Révolution. Il était prêt à tout pour son frère.
Puis, il prit une machine à écrire et fit craquer ses doigts pour regarder Bruno, attendant la dictée. Son grand-père se fit un plaisir. Que ce soit pour remettre Akainu à sa place pour son mariage forcé, que pour commencer le « dossier » de plaintes pour les possibles survivant à ce rapt.
- Si tu tenais pas à rester sans prime, je suis plus que certain qu'Oyaji aurait sauté sur l'occasion pour te recruter, yoi, sourit avec amusement Marco en raccrochant.
- C'est mon fils ! Edward peut s'asseoir sur l'idée ! rouspéta Roger en se manifestant.
- Papa, j'essaye d'écouter Bruno, tu permets ? soupira Ace en cessant de suivre la dictée. Et je suis très flatté par l'idée, mais même si dans une autre vie, j'aurais été heureux d'être un pirate, aujourd'hui, ce n'est pas mon objectif. Mais si ma carrière dans le journalisme tourne court, je saurais sur quoi me rabattre.
La porte s'ouvrit brutalement, laissant passer Iro fuyant King et Strike qui voulaient jouer avec elle. Ils regardèrent les trois animaux faire le tour de la pièce, avant de ressortir sous leur regard interdit. Marco alla refermer correctement la porte et alla s'asseoir dans un fauteuil confortable, se laissant aller sur un des accoudoirs pour regarder le yôkai au travail. D'un point de vue extérieur, c'est étrange de le voir s'entretenir ainsi avec une personne invisible. Mais outre ça, voir ses mimiques pendant qu'il réfléchissait et travaillait, c'était dans un sens amusant. Il était jute tellement expressif et les oreilles de chat n'aidaient pas. Parfois, sous la surprise, il voyait le bout d'une ou des deux queues se dresser dans le dos de leur propriétaire.
Adorable.
Amusant.
Ouais. Il était accro.
.
.
- Je commence à comprendre de plus en plus pourquoi Shanks a peur de ta mère, sourit Marco en se glissant sous la couverture.
- Elle a été à bonne école, diraient certains. Rayleigh lui a régulièrement demandé pourquoi elle n'a pas tué mon père quand il l'a approché la première fois, sourit avec ironie Ace en terminant de se mettre en pyjama.
Et il se glissa à son tour sous la couverture. Marco était déjà bien allongé et son amant vint se caler sur sa poitrine.
- Je ne te dérange pas trop, ça va ? demanda le Phénix avec un rire dans la voix.
Pour toute réponse, Ace se remit un peu plus contre lui en ronronnant alors que ses deux queues frappèrent le matelas sous la couette d'un geste presque autoritaire. Cela fit réellement rire le commandant qui referma un de ses bras sur lui, glissant le second sous son oreiller.
Il ferma les yeux.
C'était calme. Il n'y avait pas le son avec lesquels il avait grandi. Ni les odeurs. Ou encore, les légers soubresauts de l'océan avec le sommeil du paternel. Il y avait juste cette odeur sucrée et floral dans l'air.
- Je suis content que ma mère t'ait rencontré, finalement, marmonna Ace avec une légère rougeur.
- C'est une femme forte. Elle aurait fait une pirate du tonnerre. Ou une Marine redoutable.
- Parait que mon grand-père a fait un arrêt cardiaque quand Bruno a rejoint la Marine. Je n'ose imaginer ce qu'il se serait passé si elle avait suivi la même route, rit doucement le yôkai. Mal, très certainement, vu que c'est pour Bruno que Javier a inventé la chansonnette No se habla de Bruno. Après, pour la piraterie, c'est une voie que beaucoup de mes ancêtres ont emprunté dans le passé.
- Les Portgas sont une vieille famille, j'ai cru comprendre. Cinq cents ans, c'est ça, yoi ?
Le sourire qu'il sentait contre sa poitrine s'évanouit, alertant Marco. Avant qu'il ne puisse s'enquérir de ce qui n'allait pas, Ace avait roulé dans le lit, un air sur le visage comme s'il avait pris une décision.
- Viens. Tout le monde doit dormir, au village, donc, on peut s'y rendre sans se faire importuner.
Marco le regarda sans comprendre.
- Viens ! insista le plus jeune.
Alors, le Phénix se leva.
- Tu peux descendre pieds nus jusqu'au village, ou tu veux te chausser ?
- Je peux marcher pieds nus.
Alors, le D. ouvrit la porte-fenêtre menant à la coursive et sauta de la hacienda. Marco suivi le mouvement et accepta de lui donner la main quand le brun la lui réclama en silence. Le commandant se laissa guider par l'autre zoan le long de la hacienda pour rejoindre le petit escalier qui se perdait dans l'oliveraie et qui relier la maison au reste de l'île. Et c'est sur cet escalier d'ardoise qu'ils s'engagèrent.
- Il est probable, comme certains le pense, que les lignées de D. sont des survivantes du Siècle Perdu. Si c'est le cas ou pas, les morts de ma famille auxquels j'ai pu parler l'ignore. Peut-être qu'eux le savaient, mais ils ont gardé ce savoir pour eux, en tout cas et je ne les ai jamais vu se manifester.
- Et on va où comme ça, yoi ? Et tu parles de qui ?
- On a un monument aux morts un peu particulier sur le port.
Et sans rien dire de plus, il continua de tirer par la main son amant, dans le silence de la nuit.
Quelques minutes plus tard, ils étaient dans le village paisible. Quelques haciendas étaient encore debout, mais certaines avaient été rasés pour laisser place à des maisons plus petites et plus facile à entretenir. Et juste devant le port, plein centre pour qu'on ne le loupe pas en jetant l'ancre, une statue d'ange en marbre qui tenait une immense tablette devant elle. Des fleurs fraîches étaient au pied du monument.
- Cette statue à… trois cent cinquante-deux ans, si je ne me trompe pas, informa Ace alors qu'ils s'arrêtaient devant. Avant, on avait un autre monument, mais il commençait à être trop petit.
Marco se rapprocha de la tablette pour identifier ce pourquoi Ace voulait le lui montrer.
El precio de nuestra libertad
Le premier nom sur la tablette remonter à un peu plus de cinq cents ans. Et cela fit lever un sourcil à Marco.
Portgas D. Ace
- C'est mon vieux qui a choisi Ace comme prénom, apparemment, informa le yôkai. M'man m'a pas dit s'il avait vu le nom sur le monument avant de faire son choix ou s'il a décidé volontairement de me donner le nom de son arme fétiche, mais c'est certainement une coïncidence.
- C'est courant dans les vieilles familles que les prénoms se répètent, mais le tiens est un brin trop original pour cela, yoi, commenta Marco. Et comment est-il mort pour qu'on le place sur une tablette avec un titre pareille ?
Le journaliste soupira en se tournant vers le large.
- Il y a un peu moins de cinq cents ans, Baterilla était une monarchie comme une autre à la botte du Gouvernement Mondial. Population asservie, appauvrie, affamée et quelques gros bonnets dont le roi qui vivaient comme des porcs. C'étaient eux qui avaient les haciendas. Y'avait bien un château mais il a été rasé entre temps. L'école a été construite sur les ruines. Un jour, une barque s'est échouée sur le rivage. Deux jeunes de mon âge étaient à bord, affamée et épuisée. Comme si la mer les offrait à l'île. Deux faux-jumeaux, Ace et Maria. Les deux premiers Portgas dont on a conservé le souvenir. Ils se sont installés sur cette terre, faisant des petits boulots, survivants du mieux. Puis le malheur frappa. Le souverain décida de faire valoir son droit de cuissage sur Maria. Une belle brunette aux yeux aussi vert que les feuilles des oliviers. Son frère a cherché à la défendre, alors, il s'est fait embarquer.
Il enfonça les mains dans les poches de son jogging de nuit. Marco s'était détourné de la plaque commémorative pour regarder son amant.
- Personne ne les a revus pendant deux mois. On les pensait mort. Jusqu'aux premiers jours de l'été. Baterilla se réveilla avec une odeur de charogne, mais pourtant florale… comme un parfum d'hibiscus. Cela venait des oliviers. Les habitants y trouvèrent des corps. La famille royale, le roi, sa cour, ses ministres, les gros propriétaires... Ils étaient pendus aux branches des oliviers pleins d'olives noires. Ils avaient été ouverts comme des porcs, leurs entrailles cramant au soleil et leur sang abreuvant les oliviers. Les deux Portgas étaient devant. Personne ne s'était intéressé à eux auparavant. Des mendiants comme d'autres. Quand on leur a demandé des explications, ils ont dit une chose… Nous sommes les Portgas, nous sommes ceux qui ont repeint les olives en rouge.
C'était donc là l'origine des infâmes olives rouges ? Cela expliquait pourquoi Ace avait dit qu'on n'offrait pas des olives rouges à ceux que l'on aime.
- Ils avaient profité d'une nuit pour empoisonner tout le monde, à partir de fleurs d'hibiscus, avant de les pendre dans l'oliveraie. Cela a été la libération de l'île. La joie. Tout le monde pensait que les mauvais jours étaient passés. Alors, chacun a fait sa petite affaire et s'est approprié ce qu'il restait des nobles. Les Portgas ont été à nouveau oublié. Jusqu'à ce que les ennuis arrivent. Et si Baterilla n'a pas été rasé de la carte, c'était parce que la technologie ne le permettait pas. Mais c'était le risque.
- Que s'est-il passé ?
- Un Tenryuubito. Il est venu pour réclamer son tribut. Et il a vu le chaos en arrivant. Alors, quand il a cherché un coupable, c'est à ce moment qu'on s'est souvenu des Portgas. Les habitants sont allés jusqu'à conduire l'homme dans la grotte où ils s'étaient réfugiés. Grotte qui sert aujourd'hui comme crypte funéraire à ma famille.
Un sourire aigre apparut sur le visage d'Ace qui revint vers le monument et il passa ses doigts sur le nom de son homonyme sur le marbre.
- Il s'est battu comme un diable pour protéger sa sœur. Et le fils de sa sœur. Tu te souviens quand j'ai dit qu'elle avait des yeux verts comme les feuilles d'oliviers ? Le bébé avait des yeux cendrés. Et la seule personne que tout le monde connaissait avec des yeux de cette couleur, c'était le précédent souverain. La population a compris pourquoi Ace avait tué tout le monde. Parce qu'il voulait venger le déshonneur de sa sœur et s'assurer que le bébé ne serait pas entre les griffes de son géniteur. Alors, ils se sont tous jetés sur le Tenryuubito pour l'assassiner alors que celui-ci avait déjà tué Ace.
Et il pointa la liste de noms sous celui de son ancêtre.
- Ils se sont jurés de protéger la mère et son bébé. Sauf qu'elle, elle savait ce que ça représentait de tuer un Tenryuubito. Certes, elle avait perdu son frère, elle aurait pu le rejoindre avec son fils, mais ils s'étaient dessinés une cible sur la tête avec cet acte. Une cible sur leur île. Alors, elle s'est jurée de les protéger, parce qu'ils l'avaient protégés. On lui permit d'aménager là où elle le désirait, alors, après avoir donné une dernière demeure à son jumeau, elle a posé ses bagages à la hacienda que la famille occupe toujours aujourd'hui.
Son doigt glissa un peu sur le marbre.
- L'année suivante, on comprit que quand les Portgas disaient qu'ils avaient repeint les olives en rouge, c'était au sens littéral. A la récolte suivante, les olives noires étaient devenus rouge sang. Et malgré leur parfum sucré, elles étaient immangeables. Personne sur l'île n'arrivait à passer outre l'impression de consommer du sang cru, voire de la chair humaine. Persuadé que les arbres étaient maudits, ils étaient prêts à les abattre jusqu'à ce qu'un envoyé du royaume de Bliss, qui se fournissait régulièrement auprès de notre île pour les olives noires, les goûtent. Et en tombe amoureux. Il a acheté à prix d'or la totalité de la récole. Personne n'a compris son attrait, mais on n'allait pas poser de questions devant l'or. Avec le temps, on a fini par comprendre que si aucun des habitants n'arrivaient à les manger, c'est parce que l'histoire des olives et des Portgas s'est transmises dans les familles et les nouvelles générations.
Le doigt d'Ace continua de glisser pour atteindre un nouveau segment de la tablette de marbre. Une section commençant encore une fois avec la mort d'un Portgas.
- Avec l'incident des Tenryuubito, notre famille avait contracté une dette auprès de l'île qui pensait justement se faire pardonner de les avoir vendus. Alors, on a cherché à la rembourser. Mais ce remboursement a été vu comme une dette par le reste de l'île. Qu'elle a payé dans le sang.
Le doigt reprit sa glissade passant à nouveau d'autre noms des habitants.
- Et l'histoire se répète. Encore et encore.
Un œil plus attentif au monument le confirmer. Avant les « massacres », un Portgas était mort. A chaque fois.
- Le dernier sacrifice en date, c'est celui de mon oncle. Lui et ma mère ont voulu briser le cercle, comme bon nombre d'entre-nous par le passé, mais ça n'a pas marché. A ma naissance, le maire en service a averti mon oncle pour qu'il mette ma mère à l'abri de possibles répercussions de la Marine. Javier a débarqué avec le Demonio et a pris un maximum de femmes et d'enfants à son bord pour les protéger. Puis, il a accepté la demande un brin égoïste de ma mère de voler le corps de mon père, pour ensuite revenir. La population de Baterilla avait perdu un quart de ses habitants sous les massacres de la Marine. Personne n'avait voulu vendre mon existence ou la relation de ma mère. Et ils en avaient payé le prix. Alors que dans d'autres circonstances, Javier aurait pu s'en foutre, et continuer sa vie, il a choisi de se sacrifier pour protéger Baterilla quand Akainu a voulu user de l'île pour le forcer à dévoiler ce qu'il avait fait du corps de Roger.
Le doigt devint une main un brin crispée sur le froid de la pierre.
- Dès six ans, on nous apprend l'histoire des olives rouges à l'école. C'est environ au même âge qu'on apprend la récolte et l'utilisation des informations dans la famille. Mais c'est à peine plus tard que j'ai appris la définition de l'hypocrisie. Tu ne peux pas te prétendre ami avec quelqu'un quand tu attends de cette personne qu'elle meurt un jour pour toi. Et chaque jour que j'ai passé sur cette putain d'île, j'avais ce poids, cette chaîne. Les anciens disent certainement que ma fugue, c'est l'influence de mon père, mais la vérité est que j'étouffe. Que j'ai saisi la meilleure opportunité pour me barrer. Mais, même si la laisse est longue, j'arrive pas à la couper. Le cycle a eu un début, mais tant qu'il y aura cette île ou un Portgas, il ne s'arrêtera pas.
- Ils ne te prendront pas. Même si je dois foutre cet endroit à feu et à sang, ils ne t'auront pas, dit simplement Marco. Je suis un pirate, j'ai fait des choses bien pire dans ma vie.
Il enlaça Ace par derrière.
- Les chats ne sont pas des animaux qui doivent vivre avec une laisse au cou. Ce sont des vagabonds dans l'âme. Hors de question que je laisse une île te priver de cette liberté, yoi.
Un léger vent se leva venant des falaises.
- Merci, souffla Ace avec une voix un peu étranglé par l'émotion.
