Ann avait suivi Carmen jusqu'à la demeure de sa famille pour récupérer les documents nécessaires. Le grand-père de Carmen s'était renseigné un brin sur la journaliste, avant de les aider à faire le tri dans les dossiers d'archives qu'avait réuni Aarch. Et elle fut surprise d'y trouver des documents de Bruno. C'était des copies de ce que le logia avait ramené à Baterilla en laissant la Marine. C'était… à la fois amusant et rassurant de savoir qu'en dépit de son choix plutôt controversé pour la famille (c'était Javier qui avait inventé la chanson No se habla de Bruno, preuve de comment cet emploi avait été accepté par les Portgas) le vieux avait été assez bien entouré pour que quelqu'un veuille s'assurer que son travail ne reste pas dans les mains des autorités.

Il allait falloir faire à nouveau des copies de certains de ces documents pour envoyer une partie de ces découvertes à la Marine, histoire que cela soit présenté au procès. La photocopieuse de la maison avait fait des heures supplémentaires. Juste avec tout ça, Ann avait de quoi faire un nouvel article.

Elle avait donc passé des heures entières dessus jusqu'à ce que Marco laisse de côté les livres de droit d'Aarch (qu'il utilisait pour se renseigner sur son futur rôle d'avocat) et la force à aller se coucher. Elle usa néanmoins de l'excuse de l'article pour échapper à la fête et donc, à la vengeance de ses amies. A côté, Marina avait fait des visites de l'île et des épaves avec des étoiles dans les yeux, parfois avec la compagnie de Kali quand l'elfe n'était pas occupée à rattraper son retard d'éducation.

Cela dura une semaine. Une longue semaine pour que le Calypso soit prêt pour le départ. Et chacun avait à présent un Eternal Log Pose pour l'ile. Vu que pour l'instant, Ann dépendait de Carmen pour se déplacer, elle ne voyait pas ce à quoi cela lui servirait, mais soit. C'était l'intention qui comptait. D'ailleurs, à cette occasion, la D. en apprit une bonne. Ils avaient pris la mauvaise entrée. Il y avait deux ouvertures dans la barrière naturelle, et celle qu'ils avaient prise, à l'est, était la pire.

Cela avait fait rire comme un idiot Roger à cette annonce, quand Ann avait juste cligné des yeux à cette annonce. Elle avait la chance poissarde de son père, ce genre de chose ne la surprenait même pas. Et cela avait amusé le vieux Regulus qui avait pris son propre navire pour les faire sortir par le bon passage.

Il était temps de retrouver la Grand Line.

Ils étaient à présent temps de savoir ce qu'ils allaient faire avant de passer la barrière de pierre.

- On a deux routes, pour l'instant, de possible. On se dirige tranquillement vers Enies Lobby. Ou, on décide de voir d'autres coin. Des propositions ?

- Je dirais aller à Shabaody pour l'instant, proposa Ann. C'est pas trop loin, et de l'autre, on a pas reçu de convocation ou quoique ce soit. Sans compter qu'avec les documents à rajouter au dossier...

- Ils vont certainement repousser un peu le procès pour analyser cela, soupira Carmen. Bien, allons à Shabaody. Qui est pour ?

- Moi ! J'ai un manuscrit à livrer ! Et les frais de poste sur la Grand Lines sont exorbitant, dit alors Marina.

On se tourna vers Kali qui haussa en silence les épaules. Elle n'avait aucun objectif pour l'instant nécessitant de se trouver à tel ou tel endroit de la Grand Line, outre rattraper son retard d'éducation et peut-être trouver un objectif de vie. Elle se laissait porter pour le moment, et même si ça commençait à la déranger, ça lui donnait l'occasion de réfléchir.

- Nous avons donc un cap. En espérant que l'on ne croisera pas d'idiots sur la route.

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Mi-janvier 1517

Ace fut le premier à mettre le pied sur l'archipel pour aider à amarrer le trimaran. Il allait faire son dépôt au siège local du SEKEI puis zieuter les petites annonces. Il n'avait pas l'intention de retourner à Baterilla, sauf cas de force majeur. Vu qu'il voyageait avec Carmen, il n'allait pas se payer un navire pour lui et Iro. Mais un pied à terre ici, au milieu de la Grand Line serait une bonne idée. Il verrait déjà ce qu'il pouvait dénicher avant d'en parler aux filles.

Avant qu'ils n'arrivent à l'archipel, Marco s'était absenté pour une raison quelconque, promettant de revenir rapidement.

Soit.

Kali était partie de son côté avec Iro, laissant Carmen seule à bord.

Alors, Ace et Marina étaient parties pour poster ce qu'il fallait autant pour l'un et l'autre. Au bureau du SEKEI, le D. avait eu un peu de mal à pouvoir déposer son article et ses dernières caricatures dans laquelle il avait glissé un petit texte que Marina avait proposé à la publication. Pourquoi la difficulté ? Parce qu'il déposait tout ça au nom d'Ace… mais quand on disait Ace aujourd'hui, bah on avait l'image féminine. De quoi s'infliger une migraine. Et cette fois, ce n'était pas Iro qui servait de soutien émotionnel, mais Strike. Donc, c'était l'effet inverse, parce que non, il n'y arrivait toujours pas à s'y faire au gros patou.

C'est donc après quinze minutes de négociations et prises de tête que le journaliste arriva à faire envoyer son reportage.

- Bon, on va poster ton courrier ? demanda Ace en se massant les tempes.

- Je dois poster un chèque aussi, lui dit Marina.

- Je vais t'accompagner, vu que je suis majeur, je peux enfin m'ouvrir un compte.

- Eh bien, on va continuer ensemble pour le coup.

- Tu peux juste demander à Strike de marcher de ton côté, s'il te plaît ?

Marina appela son chien qui changea de côté pour marcher aux côtés de la demoiselle. C'est ainsi qu'ils firent leur chemin dans l'archipel. Elle, avec le fusil déjà en main et lui, avec sa hache crochetée à l'épaule. Pas question qu'on vienne les embêter, surtout quand ils avaient de l'argent sur eux.

Heureusement, personne ne vint les ennuyer, leur permettant ainsi de rejoindre sans encombre la banque. Fallait juste prier pour que personne ne veuille la braquer entre temps. Là, chacun alla de son côté pour faire ce qu'il fallait et pour le coup, vu qu'il fallait que le journaliste se fasse un compte en banque. Certes, en se faisant embaucher par le journal, il avait eu l'impression de se sentir en adulte, mais là… c'était étrange comme sentiment.

Il passa un petit moment à lire minutieusement le contrat pour l'ouverture de son compte en banque avant de le signer. Il fit un premier dépôt avec son dernier salaire. Il retrouva Marina dans le hall et s'étira.

- MAINS EN L'AIR !

Un groupe de voyous venait d'entrer dans le hall de la banque en braquant des fusils sur les clients et le personnel. Les deux amis échangèrent un regard alors que Strike se mettait à grogner.

- Chifoumi ? Le perdant se charge des civils ? proposa Ace en présentant son poing à Marina.

- C'est bon pour moi.

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Ace avait les joues gonflées. Marina avait eu droit à tout le fun. Elle avait fait littéralement du tir au lapin, le laissant protéger et évacuer les otages. Ce n'était pas son trip ce genre de chose. Au moins, cela leur avait valu une petite récompense pécuniaire. Mais ce n'était pas pour autant que ça l'avait calmé. Alors, tirant toujours la tête, le yôkai suivi Marina vers le Calypso. Kali et Carmen étaient déjà rentrées et vu la joie que montra Iro en venant à sa rencontre, on les attendait.

- Je suis rentrée. Et Thatch a fait un cadeau. Qui veut un cookie ? proposa Carmen.

Immédiatement, Ace se transforma, et s'assit devant la médecin, avec ses grands yeux de chaton abandonné. Il mettrait tout ce qu'il fallait dans son camp pour avoir ces cookies. Et pour lui, voir le paquet de cookies sortir ainsi de la boite à gâteau que la médecin avait dans ses bras, c'était comme voir une relique sacrée. Il se retransforma en humain pour l'attraper au vol et alla grignoter sa part dans un coin sous l'air blasé de Bruno.

- T'es jaloux, Bruno, c'est tout.

- J'ai une intolérance au gluten et je suis allergique au chocolat, lui dit d'un ton plat son grand-père.

- Je rappelle les règles pour ces cookies, interpela Carmen en coupant toute réponse qu'Ace aurait pu trouver pour son grand-père. Si on se sert, on sert tout le monde. Si on vole un cookie, je fais la prise de guerre avec l'approvisionnement.

Marina avait un cookie entre les dents, l'air presque d'un chiot qu'on venait de frapper. Kali hocha la tête, léchant le bout de ses doigts pour ne pas perdre une miette. Ace eut un rictus animal avant de croquer dans sa part. Il allait s'entraîner pour parvenir à faire des illusions gustatives pour s'emparer de la totalité des cookies.

- Ace, l'appart, rappela Roger qui regardait les cookies avec envie.

- Hm. Merci le vieux !

Le journaliste cessa de faire bande à part pour manger ses cookies et revint vers la table, gardant les cookies restant précieusement contre sa poitrine.

- Je vais me prendre un pied à terre sur Shabaody. C'est au milieu de la Grand Line, donc, assez utile. Pas que j'ai quelque chose contre le nid, c'est juste que, minimum pour l'enrobement, on doit rester à terre, donc, si on doit passer régulièrement dans le coin, autant s'épargner de devoir se taper un hôtel à chaque fois. Qui ça intéresse ?

- Je dois dire que l'idée me plait, pour ma part, annonça Carmen. Et puis, on sait jamais, je me prendrais peut-être dans l'idée de faire un cabinet un jour. Vous autres ?

- Ça serait sympa, je dois dire, commenta Marina. Je pourrais ranger mes manuscrits en fait, sans qu'ils ne prennent trop de place. T'en pense quoi Kali ?

Tous se tournèrent vers l'elfe, attendant sa réponse. Celle-ci tourna la tête pour regarder quelque chose au-delà du Calypso. Elle resta silencieuse longtemps. Trop longtemps.

Ace soupira et alla la voir pour lui donner un de ses cookies. Il y en avait trois par paquets après tout, alors, il pouvait bien s'en séparer un. L'elfe le regarda sans comprendre.

- Tu as le temps. On veille sur toi pour que tu puisses savoir un jour ce que tu veux faire ou vivre.

Il lui passa un bras autour des épaules.

- Tu es heureuse d'être vivante ?

- …oui…

Ace appuya son front contre le côté de la tête de l'elfe avec un sourire.

- Alors, c'est l'essentiel. Le reste viendra avec le temps. Et si tu te sens perdu, n'oublie pas que tu n'es pas seule. On est là si tu as besoin d'aide. Et tu es une zoan. L'avatar d'une divinité. Il est là pour toi aussi, ce dieu.

- Et on est tous là pour toi, s'ajouta Marina en attrapant en câlin l'elfe. Et un aussi viendrait pour toi si on sortait le balai qui a élu domicile dans son séant. En tout cas, moi je suis à deux cents pour cent avec toi. Carmen ?

- Si vous me retirez du groupe, je boude, ricana la médecin. T'es ma chibi-grognonne, Kali. Tu peux dire ce que tu veux. Tu as le droit de choisir ce que tu veux faire. Si tu es perdue, on sera tous là. On ne fait jamais la route seule. Mais c'est nous-même qui choisissons notre chemin.

Elle s'ajouta au câlin, frottant le haut du crâne de l'elfe. Ace était coincé avec Kali au milieu et il apprécia grandement puisqu'il nicha sa tête dans le creux du cou de l'elfette en fermant les yeux et se mit à ronronner bruyamment.

Ils étaient un groupe formé par le hasard, ou le destin, s'il en croyait Crocus, et ça avait direct accroché. Alors, quand il le faudrait, ils se soutiendraient les uns les autres, ils seraient là.

- Merci, fini par chuchoter Kali.

Elle rendit brièvement les câlins avant de montrer qu'elle souhaitait se dégager de l'étreinte.

- Bon ! Qui a des plans pour ce soir ? se renseigna Ace en libérant la demoiselle de son étreinte.

Et il fit un sort à son dernier cookie avant qu'on ne veuille le lui piquer.

- Je… j'aimerais aller acheter deux livres, dit avec une certaine hésitation Kali en se mettant à jouer avec une de ses mèches de cheveux.

Elle regarda Carmen en se mordant très légèrement l'intérieur d'une lèvre.

- Tu veux bien m'accompagner ?

La médecin n'hésita pas le moins du monde :

- Bien sûr, que je t'accompagne. Et puis, j'en profiterais pour aller acheter un truc pour manger ce soir. J'hésite entre des takoyaki ou un sauté de gambas. Des préférences ?

- Je pense pas que je vais manger ici ce soir et avant que tu ne m'accuses de monopoliser Marco, c'est pas le cas. J'ai entendu dire que mon groupe favori faisait un concert à Shabaody, donc, je vais voir pour me trouver des billets et certainement manger dans les environs pour ne pas louper la représentation, informa Ace. Si quelqu'un veut se joindre à moi, y'a de la place.

- Je veux bien te suivre, annonça Marina.

Le D. se tourna vers les deux autres qui se désistèrent.

- On choppera un catalogue immobilier local sur la route. On se dit à plus tard ? sourit Ace.

Carmen hocha la tête pour sa part et Kali haussa les épaules avec un léger sourire.

- Pensez à ramener un Dial en passant, alors.

- YUP !

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Iro et Strike prenant en charge la garde du Calypso, Carmen et Kali prirent la direction d'une librairie adéquate qui pourrait contenir les ouvrages que cherchait l'elfe. C'est dans le grove un, un peu à l'écart, qu'elles trouvèrent leur bonheur. Pendant que Carmen cherchait des ouvrages de médecine, Kali fouillait les étagères à la recherche de quelque chose plus obscure.

- Dis Carmen… demanda doucement l'elfe alors qu'elle était de l'autre côté de l'étagère où la médecin examiner des titres. Entre nous… tu penses quoi de l'idée d'avoir des enfants ?

- Hmmm ?

Carmen termina de tirer son livre avant de rire.

- Je dois admettre que j'y ai pensé, une ou deux fois. Un mini moi que je pourrais protéger.

Elle reposa un des ouvrages dans les rayons pour attraper une autre édition avec moins de censure dedans.

- Même si je pense que ça peut être… dangereux de porter, pour l'instant, encore, le nom de Rhyddid. Peut-être un jour.

Kali regarda autour d'elle et nota un escabeau à proximité qu'elle choppa pour parvenir à attraper un livre qui lui faisait de l'œil sur une étagère trop haute pour elle.

- Un enfant en solo ou tu espères trouver un parent pour ce bébé ?

Elle se saisit de l'ouvrage qu'elle avait déniché. Un vieux truc, génial. Elle passa une main sur la couverture avec un air sceptique. Le Grand Albert était un classique dans la communauté ésotérique. Est-ce que ça l'aiderait ? Elle ne savait pas, mais elle ne perdait rien à essayer.

- Même si je fais, parfois, des coups d'un soir, je ne serais pas contre un partenaire. Et puis, j'aime penser qu'un enfant a besoin de deux parents, répondit Carmen.

L'elfe descendit et continua à parcourir les étagères.

- Je suis certaine que tu feras une superbe maman. Et je vois déjà Ace en tonton gâteau. Il serait capable d'apprendre à un enfant toutes les bêtises possibles et imaginables.

Trouverait-elle l'autre livre qu'elle cherchait ? Il était plus rare, après tout.

- Merci pour le compliment. Mais pour Ace, j'en connais d'autres qui pourraient être gâteux sur la question et donner tout ce qu'il ne faut pas faire. Ou bien, mourir sur place d'apoplexie. Ah ! le voilà.

Carmen fit le tour de l'étagère pour rejoindre Kali de l'autre côté.

- Toute personne qui cherchera à fonder une famille avec toi devra affronter ta famille, c'est vrai. Peu de chance qu'il en ressorte vivant. Je dirais… quinze pour cent ?

Elle soupira en ne voyant pas ce qu'elle cherchait et alla voir directement un vendeur pour savoir s'il avait derrière ou ailleurs l'ouvrage qu'elle cherchait.

- Il te manque quoi, que je t'aide, proposa Carmen.

- Le Livre Ivonis. C'est… c'est dans la liste des ouvrages que J'rem avait mis en recommandation dans le grimoire qu'il m'a laissé en me faisant fuir de la Petite Sarkomand. Dans tous les cas, je pense que tu devrais y réfléchir à peine plus. Dans le genre, le considérer.

Kali lui jeta un œil par-dessus son épaule avant de revenir au vendeur qu'elle avait déniché.

- Tu ferais une excellente mère.

Et elle appela l'homme pour se renseigner pendant que Carmen se mettait à réfléchir de son côté en continuant la recherche. Rapide question et ce que l'elfe soupçonnait se confirma. Le livre était bien trop vieux, peu de chance qu'il soit encore édité. Il promit de garder un œil ouvert pour elle, si elle pensait repasser. Pour une fois qu'un homme, outre Ace… et peut-être Marco, se montrait aussi serviable à son sujet sans arrière-pensée.

- Ils ne l'ont pas, Carmen, on peut aller se chercher à manger après avoir posé ça. Ou l'inverse, comme tu veux.

Elle, elle avait ses réponses en tout cas.

Elles payèrent les livres et sortirent de la boutique.

- Prenons en passant, on pourra manger alors tranquille au navire. J'ai vu un bar à takoyaki non loin en venant.

Et elles se mirent en route. Elles firent un détour par le bar à takoyaki qui étaient très chauds dans leurs bras. Elles rejoignirent donc le Calypso. C'est là qu'elles notèrent qu'il y avait de la visite. Thatch des Shirohige avait décidé de commencer à faire à manger pour les attendre. D'accord… Avec silence, sur sa puissante queue de serpent, elle se glissa derrière le cuisinier avec Carmen pour le prendre par surprise.

- Thatch. Je te manque à ce point ? demanda la médecin.

Le pirate faillit avoir un arrêt cardiaque puisqu'elle et Kali s'étaient glissées silencieusement dans le navire. Et Strike ainsi que Iro n'avaient pas réagi à leur présence, habituée à elles. Néanmoins, on pouvait noter que le chien avait un morceau de tissus blanc sous la patte. Et le pantalon de Thatch avait connu de meilleur jour au niveau du mollet. Bon chien.

- … si tu as frappé le chien, tu vas m'entendre, avertit Carmen.

- Même pas ! La panthère lui a grogné dessus. Et depuis quand vous avez un chien ?

- Depuis que l'on a une nouvelle membre.

Strike se retrouva câliné très soigneusement par Kali en félicitation pour avoir bien surveillé le navire, sans s'attarder sur le tic qui agitait l'œil de Thatch.

- J'voulais te remercier encore avec tes amies, expliqua Thatch. Tu sais pas à quel point j'en suis reconnaissant. Bon. Sinon, puisque j'ai trouvé le navire sans personne… Vous êtes allées où ?

- Concert ou bibliothèque.

- Et t'as croisé Marco ? Il a disparu.

- Nan. Par Davy Jones, je vais baver. Tu as fait en plus des nems ?

- Que nous vaut cette tentative de corruption ? se renseigna Kali avec une voix sinueuse.

Elle se dressa sur sa queue et agita d'un air volontairement effrayant sa langue bifide.

- Moi ? Tenter de faire de la corruption à ma nièce favorite et innocente ? Ainsi qu'à ses amies ? Mais vous me fendez le cœur. Et moi qui ne m'inquiète que de l'absence de mon frangin qui s'est glissé hors du navire à nouveau sans dire un seul mot. Monde cruel.

Le terme de Drama Queen allait parfaitement à cet homme.

- Kali, sort le popcorn, je crois que l'on va avoir un diner spectacle, soupira Carmen.

- On devrait attendre le retour de Marina, non ? demanda Kali. Ace ne rentrera pas avant un moment…

S'il rentrait, ce qui était peu probable vu que son mec était MIA.

- …de son vagabondage, mais notre nouvelle recrue mérite bien un peu de spectacle. Tu en penses quoi ?

- Pauvre Gamine. Marina ? Qui l'a nommé ainsi ? demanda Thatch entre le rire et la surprise.

Les deux femmes se tournèrent vers le cuisinier pour répondre d'une seule voix.

- Akainu.

Le pirate cligna des yeux plusieurs fois avant de rire.

- Elle est bien bonne celle-là. Bravo Carmen. On a réussi à développer ton humour.

Celle-ci se mit à sourire.

- Sakazuki Marina, nièce du chien rouge, est notre chroniqueuse résidente et artilleur.

Et Iro se chargea d'aller consoler le cuisinier, même si sa fourrure jaune disait qu'elle devait se moquer de lui. Après tout, elle devait penser la même qu'Ace aurait sorti dans ce genre de situation : c'est toujours drôle quand les gens pensent qu'on n'est pas sérieux. Elle le tapota gentiment de sa patte avec un son qui devait être un rire.

- Carmen, cette panthère se fout de ma gueule !

- Débrouilles-toi avec.

Et se disant qu'avoir des réponses serait une bonne idée, la panthère sauta directement sur les genoux du cuisinier assit sur sa chaise pour l'immobiliser dessus. Elle lui jeta un regard impérieux avant de s'enrouler sur les genoux de cuistot.

- Brave fille, c'est bien, sourit narquoisement Kali. Je fais le pop-corn et je te laisse les questions.

Qu'il essaie de se lever en dépit de la panthère sans se prendre de coup de griffe.

Carmen hocha la tête, s'asseyant à moitié dans les airs, comme si elle était sur un coussin.

- Bien… parle et tu ressortiras indemne. Et je te rappelle que j'ai été élevé par Marco et Cassandre, entre autres. Et j'ai des bistouris pas loin et un gros chat.

Iro se mit à bailler pour prouver son point en montrant bien ses belles dents blanches. Et sous elle, Thatch sembla presque sur le point de protester.

- Van Der Eretein Thatch…, continua Carmen. On a pas mal de poisons aussi. Je crois qu'un donne l'impression de bruler de l'intérieur. Et j'ai un bon purgatif aussi. Très, très efficace en fait.

- Arg ! Aarch, sors de ce corps ! Pourquoi me faire ça ?

- Car tu viens à bord, et tu prépares littéralement de quoi nous acheter.

Le micro-onde sonna et Kali sortit le saladier de pop-corn. Elle montra un instant ses crocs de venin, agita ses cascabelles d'un air menaçant et elle posa enfin le bol de pop-corn sur la table. Elle commença à grignoter le maïs soufflé quand la porte du Calypso s'ouvrit sur Marina qui avait visiblement passé un bon moment. Elle avait deux trois brochures dans les bras et un dial dans une main.

- On n'attend pas… commença-t-elle avant de s'arrêter en voyant les gens. Euh … les filles.

Elle regarda les trois personnes présentes puis la table mise avant de revenir à l'ensemble des personnes présentes.

- Pourquoi vous torturez quelqu'un autour d'un repas ?

- Il ne manquait que toi, je t'en prie, prend place, on a du pop-corn, invita Kali en secouant le saladier.

La concernée haussa les épaules et vint s'asseoir à coté de Kali avec le gros chien qui monta à moitié sur elle pour réclamer des caresses. Et la nièce de Akainu attrapa du popcorn, regardant la plus ancienne toujours assise dans les airs.

Carmen sourit encore plus dangereusement, causant de la détresse chez Thatch.

- J'ai appris, de Kureha, une médecin de Drum, deux trois points intéressant sur l'anatomie. Ça vous intéresse les filles ? C'est sur le système nerveux et les points de douleurs.

- C'est bon ! J'avoue ! Pitié !

Carmen tira sa cigarette du paquet avec ses dents.

- Je voulais juste que vous veniez manger demain midi ! Ta fête d'anniversaire a été écourtée, alors, j'espérais au moins que tu nous fasses ce plaisir… et je me disais aussi que mon cher frangin serait avec toi.

- Je l'ai vu. Il était au concert, dit doucement Marina.

Les yeux de Thatch s'éclairèrent.

- On parle bien de quelqu'un d'un mètre quatre-vingt, brun roux…

La déception fut encore plus dure.

- Non, je cherche pas Haruta. Je sais qu'il était fou à l'idée d'aller voir ces gars de South Blue. C'est un grand blond à moitié chauve.

- Ah… pardon. Désolée.

Et elle s'enfonça entre ses épaules en rougissant, se cachant presque derrière Strike.

- Et ma nièce favorite n'aurait pas quelque chose d'intéressant à raconter sur son vieil oncle qui pourrait m'aider ? minauda Thatch avec un grand sourire innocent.

Il fit un geste pour s'appuyer sur la table mais Iro se mit à grogner pour lui faire comprendre de ne pas bouger.

Carmen souffla un peu de fumée avant de revenir à Thatch.

- Eh bien, mon cher oncle. Ce que je sais, c'est que Marco est parti ce matin pour le Moby Dick. Qu'on a trouvé ensemble l'ile des tempêtes et que je suis allée à la bibliothèque. Point.

- D'accord, tu évites le sujet, donc, il y a quelque chose d'intéressant qui s'est passé avec lui, devina le pirate. Carmen, ma grande, j'ai expérimenté toutes ces techniques contre lui depuis plusieurs décennies, tu peux pas m'avoir comme ça. Marco a passé quoi… un mois, un mois et demi avec toi et tes amies. Alors, accouche. Il a fait ou dit quoi ? Il s'est rapproché de la mignonne et timide journaliste qu'il dévorait des yeux ?

- Aucun risque, mentit sans difficulté Kali. Pas quand on était sous le toit de la mère d'Ace. S'il avait osé, je pense qu'il ne serait jamais revenu en vie de South Blue.

- Sans oublier qu'il passait ses nuits sur la banquette ici avec Strike pendant le voyage, continua Carmen. Pas vrai, Marina ?

Celle-ci tourna la tête, vers Thatch, avec cet air innocent un peu naïf.

- Je croyais qu'il était là seulement pour surveiller Carmen et qu'on nous attaque pas, moi. C'est ce qu'il a fait, non ? Pourquoi il veut que quelque chose se passe ? C'est la commère du village ?

- On peut dire cela. Il cherche des rumeurs et autres.

- … Strike pourrait lui apprendre les bonnes manières, marmonna la concernée.

- Mouais. Je reste persuadé qu'il y a anguille sous roche, et j'aurais le fin mot de l'histoire, marmonna Thatch qui n'avait pas envie de subir à nouveau les dents du patou. Bon, miss Marina, c'est ça ? T'as des allergies ou des intolérances alimentaires ? Des trucs que tu n'aimes pas ?

- Les stalkers.

Carmen manqua d'avaler sa cigarette de rire.

- Je suis pas un stalker, je me fais du souci pour mon grand-frère favori ! s'offusqua Thatch blessé par l'insinuation.

- Bah, demande à ton frère pas à nous. Il y a rien de plus suspect, continua Marina. Mais poser des questions comme ça, ça fait suspect. Qu'est-ce que dirait votre capitaine s'il apprenait cela ? Et je n'ai pas d'allergie ni intolérance pour votre question précédente.

- Roja-san ne serait pas plus appréciable qu'on fasse de telles insinuations sur son enfant, nota Kali.

- Bon, je m'incline pour cette fois. Mais je sais que vous cachez quelque chose. Je vous attends demain à midi pour le repas. Et toi, t'as pas intérêt à faire faux bond cette fois !

Il pointa un doigt faussement menaçant vers Kali qui se retint de le mordre.

Carmen lui fit un salut de la main et attendit qu'il soit parti, non sans lui avoir fait un câlin avant qu'il ne rentre. Kali se tourna vers le repas devant leurs yeux.

-… Ils nous doivent un sacré service, là, commenta la médecin.

- Yup, continua Marina.

- Félicitation, au fait, pour ne pas répondre à la question.

- J'ai de l'entrainement.

- Je propose qu'on mette les takoyakis au frais, comme ça, le neko aura de quoi manger en rentrant, s'il n'a rien avalé, proposa la divinité locale en se saisissant d'un des nems sur la table.

Carmen rangea dans le frigo l'achat et s'installa à un bout de la table, tirant un morceau de viande à mettre dans la fondue. Marina acquiesça et fit de même en attrapant l'un des nems proches au poulets. Elle posa sur la table les catalogues immobiliers. Des idées pour s'installer sur l'archipel. Ace avait dit de ne pas s'en faire pour l'argent. A voir.