Marco était tranquillement assis dans le lit, fumant son kiseru avec les yeux fermés, nue sous les draps, profitant de cet instant de paix et de bien être dans la lueur grise de l'aube. Il n'avait peut-être pas fermé l'œil de la nuit, mais il se sentait bien. Dommage pour lui, son état de quiétude fut troublé si violemment qu'il manqua de faire un arrêt cardiaque quand la porte de l'hôtel s'ouvrit brutalement.
- HAHA ! Je le savais !
- Mais ça va pas, Thatch ! protesta le blond en remontant plus que nécessaire les draps sur lui.
L'eau de la douche qui commençait tout juste à s'éteindre fut réouverte dans la pièce juste à côté.
- Je le savais ! C'est pour ça que Carmen a évité le sujet ! Tu couches donc bel et bien avec la petite journaliste ! sourit largement le roux en avançant dans la pièce d'un pas vainqueur alors qu'il rangeait la Vivre Card de son frère dans une de ses poches.
- Tu es venu ici juste pour ça ? Le concept de vie privée t'est donc si étranger ? siffla avec colère le blond.
- Je serai en paix quand tu auras avoué ta réussite.
En soupirant, Marco se pencha hors du lit et attrapa un boxer qui trainait sur le sol.
- C'est ma taille ? demanda-t-il en le laissant pendre au bout de son majeur.
Le silence du roux était une bénédiction. Surtout quand il perdit ses couleurs.
- Pardon, souffla-t-il en s'inclinant.
- Dégage. On règlera ça quand je reviendrais au navire. Et je peux t'assurer que tu me le paieras, yoi. Très cher.
- Carmen et les filles viennent manger à midi, reviens pas trop tard.
- Casses-toi.
Thatch recula hâtivement et referma la porte en voyant son frère commencer à se transformer. Marco soupira et alla ouvrir la fenêtre pour vider dehors son kiseru. Et dire qu'il était bien juste quelques instants auparavant.
- C'est bon, il est parti.
La douche s'éteignit et Ace sortit de la salle de bain en boitant, une serviette autour de la taille.
- Et c'est pour ce genre de raison que j'ai pas l'intention de crier sur tous les toits qu'on est ensemble, maugréa le blond. Bon sang, on est les uns sur les autres au quotidien, impossible d'avoir un moment à soi, même à terre.
Le brun ne répondit pas. Il se contenta de venir récupérer le sous-vêtement à l'abandon sur le lit. C'était sans compter sur Marco qui reposa sa pipe pour venir s'asseoir sur le matelas et entraîner le yôkai avec lui.
- La prochaine fois, il se prendra un coup de griffe, grommela Ace.
- Je le sacrifierai sans remord sur l'autel de ta rage, chaton.
Et le blond se colla à son dos, ses bras autour de la taille de son compagnon, les yeux contre l'épaule musclée et scarifiée du plus jeune.
- Tu vas venir à midi ou pas, yoi ?
- Tu le veux ? se renseigna tout bas le brun.
- D'un côté, oui, mais pas au prix de ton bien être. Je n'ai pas envie que tu te forces à changer de genre parce que tu ne veux pas partager ton statut de genderfluid avec tout le monde, yoi. Ni que tu te sentes obliger à faire un coming out à des étrangers, pour moi.
Le pirate embrassa délicatement l'épaule du journaliste.
- Je veux que tu sois confortable. En paix.
Ace ne répondit pas avant de finalement, se lever.
- Je dois aller voir Rayleigh, j'aviserai en suivant.
Il s'habilla en silence sous le regard indéchiffrable de Marco avant de se tourner vers son amant et de l'embrasser délicatement.
- On se voit vite, de toute façon. Nous serions tous déçus si tu nous abandonnais pour le procès.
- Cela ne me viendrait pas à l'esprit. Après…
Le geste était presque suppliant, mais pas insistant, dans la façon dont le Phénix tira les hanches du brun vers lui. Ace esquissa un sourire et en dépit de la douleur lancinante dans le bas de ses reins, suivi le geste.
- Et si on n'y allait pas. On a passé une bonne nuit, après tout. On pourrait continuer sur notre lancée, yoi.
- Cela aurait été avec plaisir, mais si on reste ici, ton frère va revenir nous chercher. Et je ne promets pas qu'il retrouve le navire vivant s'il recommence.
Ce n'était pas pour autant qu'il se défit de l'étreinte du blond. Au contraire, il passa avec langueur ses bras autour du cou du pirate pour qu'ils puissent s'embrasser plus confortablement. Un baiser qui n'avait rien de platonique, d'ailleurs, surtout comment leurs mains exploraient le corps de l'autre. Quand l'une des mains du pirate commença à être plus entreprenante, en glissant dans le bermuda du yôkai, Ace se releva après un dernier baiser. Avec un sourire amusé, il repoussa le pirate sur le lit.
- Hasta pronto, caballero.
Et avec un sourire taquin, le yôkai passa par la fenêtre et se laissa tomber dehors pour fuir de l'hôtel. Marco eu un rire.
Ouais. Il était accro.
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En revenant au Calypso, Ace nota qu'il avait, encore une fois, loupé le fun. Meh. Il avait découché, alors, c'était sa faute. En dépit de sa difficulté à marcher, il aida à débarrasser les corps après s'être assurer qu'ils n'aient rien de valeur ou d'intéressant sur eux (que ce soit papier ou bijoux).
Le dernier corps à la flotte, et il se redressa, les mains sur les hanches.
- Bonjour, j'ai loupé quoi ?
- On a la date du procès. Et Thatch a tenté de nous acheter hier soir. Le connaissant, il vous a trouvé, non ? Il reste quelque chose ou les infirmières doivent développer leur compétence de puzzle ?
- Malheureusement, toujours en un seul morceau. Il a débarqué pendant que j'étais sous la douche, Marco l'a géré. On est invité pour midi, c'est ça ?
Iro vint à sa rencontre et appuya ses pattes avant sur lui pour avoir des câlins.
- Merci de ne pas nous avoir vendu hier soir.
- Pas de quoi. Mais tu nous dois à chacune un service, sourit Carmen. T'inquiète, juste un renvoi d'ascenseur si besoin. On a du café de fait, si tu en veux.
- Je dis pas non pour le café. Sinon, quelles sont les chances que Shirohige gobe le mensonge si je me fais porter pâle ?
Et il boîta jusqu'à entrer dans le Calypso. Il alla se servir une bonne tasse de café en retenant un bâillement.
- Assez réduite par rapport à celles que personne ne remarque le gros suçon dans ton cou, nota Kali dans l'ouverture de la porte avec amusement.
Les queues du yôkai se dressèrent avec ses oreilles et il porta rapidement une main à son cou pour masquer la marque avant d'incendier du regard l'elfe qui se contenta de lui sourire d'un air moqueur.
- Trouve-moi tous les livres d'une liste et je jugerai que tu m'auras remboursé, lui dit la demoiselle.
- … d'accord.
- Thatch attend tout le monde. Donc, toi compris. Si tu veux te faire porter pale, trouve une très, très bonne excuse, recommanda Carmen.
- Gastro ? proposa le journaliste. D'ailleurs, vous avez vu les catalogues ? Une idée de ce qu'on devrait prendre ? L'argent n'est pas un souci, ma mère m'a refilé deux amphores pleines d'olives rouges, on voyage littéralement avec des lingots d'or comestibles.
Carmen réfléchit avant de secouer la tête pour l'excuse.
- Gastro le ferait pas. Il viendrait te poser de quoi manger. Quant au catalogue, on a vu deux trois trucs. Et pour l'argent. On peut voir large aussi. J'ai de quoi poser un truc en plus que les olives rouges. Kali en a pointé un appart intéressant. Même si un peu grand pour nous quatre.
- Montre-moi, demanda Ace à la demoiselle.
Il devait trouver un truc pour ne pas aller à ce repas, mais pas trop lourd pour qu'on ne se doute pas de quoique ce soit.
- Dents de sagesse ? proposa le D. par-dessus de son épaule.
L'elfe lui montra leur choix. Ouais, c'était un peu cher, Carmen devrait en rajouter, et certainement grand, mais ça leur irait plutôt bien.
- Ça peut le faire. Surtout que Thatch a dérouillé avec les siennes à ce que je sais. Il ne devrait pas t'emmerder avec ça. Kali ? Ce serait acheté pour les dents de sagesse ?
Kali garda un instant le silence, le regard dans le vide. Lentement, une mèche dans sa chevelure vira au blanc neigeux sous leur regard intrigué. Puis, elle revint à elle.
- Cinquante et un pour cent de chance. Le capitaine ne gobera pas le mensonge, conclu-t-elle.
- Meh. Quelqu'un a une pièce ?
Marina en donna une au D. qui la lança avant de la cacher sur le dos de sa main après l'avoir rattrapé.
- Carmen… tu trouves, je viens, sinon, je reste.
- Pile.
Ace souleva sa main, dévoilant un pile.
- Bon, Kal', je vais avoir besoin de ton huile magique. Sinon, pour l'appart, je trouve ça parfaitement adapter. On pourrait avoir une chambre pour chacun d'entre nous. Sans compter qu'on pourrait installer une chambre noire pour les photos ou un labo pour tes médocs, Carmen. Et tes expérimentations, Kal'. Et qui sait, garder une pièce pour des invités au besoin.
- C'est ce que l'on a vu, confirma Carmen. Et il y a moyen de faire un jardin sur la terrasse, à ce que j'ai noté. Pratique pour Kali et moi pour faire des plantations. Marina a aussi noté que c'était juste à côté d'un port de Grove. Un hangar à coté pourrait permettre de ranger en sécurité le Calypso.
- Que demande le peuple. On verra ça cet aprem', donc. Je vais me changer, je vais pas débarquer comme ça sur le Moby Dick.
- Je vais chercher la fiole, lui dit Kali.
- Chouette, le Yonkou va croire que je me défonce ! nota amèrement le yôkai.
Il avala cul sec son café et se dirigea vers les armoires pour remettre sa tenue habituelle.
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Il avait peut-être un peu trop forcé sur la dose avec les gouttes de fleur de Bach, vu que son cerveau lui donnait l'impression de flotter dans sa boîte crânienne, mais il fallait ce qu'il fallait pour tenir un repas et les socialités qui allaient avec. Il avait besoin de se tenir à Kali pour être certain de marché droit.
Du grand spectacle.
Manquait plus qu'il se mette à rire comme un idiot.
Heureusement que tout le monde était plus porter sur ce qu'avait pu faire Thatch pour s'attirer les foudres de Marco et sur la petite nouvelle. Et dieu merci, il y avait Iro en soutien émotionnel, si, en dépit de l'huile essentiel, une crise commençait à se manifester. Sans parler que Strike et Stephan avaient fait connaissance et bon… deux gros chiens face à face, ultra amicaux, bah, ça fait des dégâts. Un des commandants s'était fait piétiner, déjà.
Mais, dans l'ensemble, le repas se déroula très bien. Carmen flottait juste à côté de l'épaule de Shirohige, fixant avec un sourire plusieurs des joueurs de musiques. Kali était entre Marina et Carmen pour se protéger au maximum de la foule, alors qu'Ace était en face, à côté de Haruta (pour une raison assez étrange, on avait tenu à mettre Marco le plus loin possible à la table) qui lui dit qu'il avait vu le soir d'avant son sosie masculin du côté de la salle de spectacle.
S'il n'était pas aussi shooté avec les gouttes à ses poignets, il aurait sué comme dans un sauna à cette information.
Durant le repas, on parla de tout et de rien. Shirohige se renseigna pas mal sur Marina qui avait trouvé du courage dans la boisson, plus précisément dans le verre d'alcool de son voisin de table Jozu. On discuta aussi du procès à venir et du projet des « filles » de s'installer sur Shabaody. Bien entendu, en bon paternel, Shirohige voulu participer, mais Carmen lui assura qu'ils avaient ce qu'il fallait, ce qui fit rire Ace. Un rire légèrement suraigu par rapport à ce qu'il sortait habituellement mais il s'en foutait pas mal dans la situation actuelle. Mais il est vrai qu'ils avaient ce qu'il fallait pour se payer leur logement.
Ce fut le tour au gâteau en suivant et Ace en resta loin. Il ne se sentait pas très bien déjà, et là, il avait trop manger (pas que ce n'était pas bon, mais il était vraiment mal).
Barbe Blanche racla sa gorge pour attirer l'attention de tout le monde. Il leva sa coupe de saké.
- Je lève mon verre à ma fille qui a grandi depuis la première fois qu'elle est montée à bord du navire. Elle est devenue forte et déterminée. Que sa quête trouve enfin sa finalité avec son succès, à elle et à ses amies.
- Merci, Oyaji, répondit la concernée en montant le verre à ses lèvres.
Cependant, un autre se dressa, levant son verre. Elle regarda Izou qui souriait.
- À notre petite tempête ambulante. Tu as intérêt de revenir plus souvent avec tes amis.
Plusieurs firent de même. Thatch passa dix minutes à rappeler des anecdotes de lorsqu'elle était jeune. Le souci, c'est que Cassandre vint attraper l'oreille du commandant, rappelant que la moitié des bêtises étaient de son initiative à lui. Ace ricanait devant certaines des histoires alors que sa tête lui tournait.
- Vrai ! Carmen, tu étais la petite la plus adorable et la plus innocente que notre navire pouvait accueillir. T'as grandi en beauté et en force, commenta Haruta en se levant à son tour.
- Merci Haruta.
- Mais je te jure. Si le moindre salaud qui ne mérite même pas de poser les yeux sur toi, attente à ton honneur. Je vais moi-même l'éviscérer, tremper ses plaies dans du sel, l'attacher à un arbre en le recouvrant de miel et le laisser se faire dévorer petit à petit par les insectes.
Carmen frappa son front avec désespoirs.
Un rire hystérique commença à remonter dans la gorge d'Ace, mais avant qu'il ne puisse sortir, son estomac se souleva. Il reposa son verre d'eau un peu maladroitement sur la table, le dos de sa main sur la bouche et quitta aussi vite que possible le réfectoire. Il manqua de se prendre les pieds dans un relief du planché, jusqu'à ce que Marco, son sauveur, ne vienne à sa rescousse.
- Tu n'aurais pas dû venir, marmonna le Phénix entre ses dents en le soutenant jusqu'à l'infirmerie.
Son petit-ami se serait fait un plaisir de lui répondre s'il ne se retenait pas de vomir.
Le commandant ouvrit un peu brutalement la porte de l'infirmerie qui était heureusement vide. Il souleva Ace pour le poser sur un des lits et lui mit un bol en métal sous le nez. Pas besoin de plus d'invitation, le journaliste se fit un plaisir de vider l'estomac.
- Je t'avais dit de ne pas te forcer, gronda Marco en lui retenant ses cheveux en arrière. Et c'est quoi cette odeur ?
- Huile essentiel… calme les nerfs…
Marco claqua sa langue quand son copain replongea sa tête dans le récipient.
- D pour débilité, j'en suis persuadé.
- Coupable… eurg…
Et il eut un nouveau haut le cœur.
Au moins, il n'avait pas ri comme un idiot et trahi Carmen. Après le service qu'elle leur avait rendu hier soir, ça ne l'aurait pas fait. Le Phénix l'abandonna un instant pour revenir avec un cachet et un verre d'eau.
- On va couper court au repas pour que tu rentres te changer. Je m'assurerais que Haruta ne te croise plus, yoi. Mais pour l'instant, tu retournes t'asseoir.
Ace avala le caché et le fit passer avec l'eau. Il retint un dernier haut le cœur pour ne pas recracher le médicament et d'un pas vacillant, descendit du lit.
- Et la prochaine fois, n'abuse pas autant de l'huile essentiel, ça fait un petit moment que toutes les infirmières, Jiru et moi, on se demande ce que tu as sniffé pour être dans un état pareil.
Avec un vague geste de la main pour lui dire qu'il l'avait entendu mais n'en ferait qu'à sa tête, il alla se diriger vers la sortie avant de se faire rattraper par son homme.
- Ace… je suis content que tu sois venu, mais je te l'ai dit, je ne veux pas que ce soit au détriment de ton bien être. Si c'est trop difficile pour toi, je peux le comprendre et l'accepter, yoi.
- T'as affronté ma mère, je peux bien affronter ta famille, se justifia le journaliste en retirant un peu brutalement son poignet de la main de son compagnon.
Et avec un pas incertain, il retrouva le réfectoire.
- Navré, s'excusa Ace en s'asseyant avec précaution à la place qu'il avait laissé auparavant.
- Ça va aller ? Si tu veux, on peut revenir au Calypso pour te reposer ? demanda Carmen.
Ace se contenta d'un geste de la main pour dire que ça irait.
- On est là pour toi. Et je te dois bien ça. Je suis plus un gosse.
Carmen ne fit pas de commentaires, mais, elle n'en pensait pas moins. La musique reprit et elle proposa à chacun d'aller danser un petit coup pour se détendre. Ace se contenta de poser la tête dans ses bras, sur la table alors que Marco revenait à son tour dans le réfectoire.
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Ace avait retrouvé son genre correct et sa tranquillité d'esprit. Et surtout, il n'avait plus un rond. Il avait vendu à prix d'or dans un semblant de vente aux enchères ses cinquante kilos d'olives rouges à des restaurateurs locaux. Avec l'argent gagné et leurs économies misent en commun, ils avaient pu acheter leur appartement dans un quartier agréable à proximité d'un port de grove. Un duplex creusé dans un des arbres de la mangrove. Et c'était une résidence luxueuse puisque leur terrasse était littéralement répartie sur quelques-unes des premières branches de l'arbre. S'il n'avait pas eu ses queues dans son pantalon, elles se seraient agitées avec excitation.
- Je prends définitivement une des chambres qui donne sur l'extérieur. Si elle avait un balcon, ce serait parfait.
- Pour mieux sortir en douce, ricana Marina.
- Elles sont pas toutes niveaux balcons ? se fit rappeler Kali qui avait les mains en visières pour mieux voir les fenêtres de ce qui serait leur chez eux.
Ace regarda les documents qu'il avait en main pour le confirmer.
- Quatre donnent sur l'extérieur et elles ont toutes un balcon. Le grand salon donne sur la terrasse. La cuisine et la salle de bain n'ont pas d'accès à l'extérieur, sauf des fenêtres. Y'a une penderie.
Il baissa les papiers.
- On a vraiment besoin d'une penderie ? Buanderie, je veux bien, mais une penderie…
- Transforme-la en chambre noire pour tes photos, répondit alors Carmen.
- C'est ce que j'allais proposer, mais ça ne me dit pas si quelqu'un en a besoin. Personne ne veut de penderie ? Une fois ? Deux fois ?
- Adjugé pour notre journaliste en vogue ! coupa alors Marina en riant.
Le journaliste leva les bras en victoire avant de brandir les clefs qu'il jeta à Kali.
- Allez, la jeunette, passe devant.
L'elfe attrapa les clefs au vol et ils se dirigèrent vers l'arbre qui hébergeait leur domicile. Ils rejoignirent l'ascenseur extérieur dans une cage de verre qui leur offrit une vue magnifique sur le port et le large.
En ouvrant la porte d'entrée, ils furent accueillis par la lumière présente. La cuisine était visible et ouverte avec un plan de travail qui faisait aussi bar côté salon si on meublait le lieu. La porte était solide et il y avait un gardien en bas pour monter. Bien qu'avec une belle liasse de billets, on peut rentrer partout.
- J'ai une idée pour protéger l'appart, dit simplement Kali en devinant la méfiance commune entre Ace et Carmen.
- Je t'écoute ? Parce que j'ai tout sauf envie de rentrer avec des visiteurs qui attendent dedans, lança Carmen.
- Il n'y a rien à écouter. J'ai des tests à faire, parce que si je me loupe, je pourrais soit arriver à l'effet inverse, soit faire sauter un bout du grove.
- Ouais, bah tes tests, tu les feras sur un terrain vague qu'on évite les dégâts collatéraux. On est ruiné, à présent, donc on pourra pas se payer un nouvel appart avant un siècle ou deux, nota aigrement Ace.
Il attendait que Morgans lui envoie un nouveau chèque pour lui transmettre son RIB. Ce n'est pas pour autant qu'il laisserait tout son fric sur son compte, mais ce serait plus simple et moins dangereux pour recevoir son argent.
- On commence par quoi ? Voir les chambres ? Faire la liste des meubles nécessaires ? Voir la peinture à refaire ? demanda Carmen.
- La logique dit de faire le tour, savoir qui va où, avant de songer aux travaux potentiels. Suivant ce qui doit être refait ou repeint, on pourra songer aux premiers meubles…
Ace s'approcha de la porte fenêtre qui menait à la terrasse et l'ouvrit en grand. On avait relié plusieurs branches entre elles avec des planches pour faire un très grand balcon vaguement circulaire qui suivait la courbure de l'arbre. Avec précaution, il testa la solidité du bois sous le bout de sa chaussure et hocha la tête. Il s'avança sur la terrasse en continuant de tester le bois avant de s'accrocher à une des rambardes pour se renverser par-dessus pour voir dessous. Une belle couche de béton la recouvrait par en dessous.
- On a du béton dessus, c'est solide pour votre jardin, les filles, annonça le chat en revenant souplement sur le balcon.
Et il revint dans le logement pour aller grimper l'escalier. Il trouva trois autres chambres à l'étage, toute aussi grande les unes que les autres avec des balcons. D'en bas, il entendit que Marina avait trouvé une salle de bain et la penderie. Il fit rapidement le tour des autres pièces.
- Seconde salle de bain et trois chambres de mêmes tailles ici ! informa le D. en se penchant par l'escalier. J'ai trouvé votre futur laboratoire, les apprenties chimistes ! Toutes les pièces débouchent sur un grand palier, on pourrait limite le transformer une bibliothèque ou second salon ! Quelqu'un peut aller gueuler dans une chambre, qu'on voit l'isolation sonore ?
- Je vais le faire ! Viens Strike, appela Marina.
Ace entendit une porte se fermer et alla s'enfermer dans une autre chambre et attendit. S'il parvint à entendre quelque chose, c'était parce qu'il avait une oreille animale et que tout le monde se taisait dans la maison, mais même comme ça, c'était difficile. Il se mit à miauler fortement de son côté, avec la participation d'Iro, pour voir si on l'entendait en dessous. N'ayant aucun retour, il descendit avec la panthère pour savoir si on l'avait entendu.
- Vous avez entendu quelque chose ? se renseigna le jeune homme.
- Pas non plus de ton coté. Les portes couvrent bien le son des chambres. Tu as entendu Marina depuis la chambre ?
- Vaguement, mais je suis un zoan, alors, toi et Marina n'auraient pas de mauvaises surprises. Mais je veux bien une des chambres du bas. J'ai noté des tâches à cause de la sève. Il faudra refaire de la peinture. Même s'il n'y a pas de fenêtre pour la salle de bain du haut, on a de quoi faire évacuer l'humidité, de ce que j'ai vu. Rien de plus à signaler outre des portes qui grinces énormément.
- La cuisine a déjà pas mal d'espace de rangement. À part le frigo, la cuisinière est installée et de bonne qualité. Plusieurs tiroirs dans les meubles du plan de travail et des placards à tiroir aussi. Des espaces pour ranger sans soucis l'ensemble des ustensiles ou service de tables. J'ai aussi vu de quoi ranger les bouteilles dans l'un des placards.
- Donc, peinture, de quoi huiler les gonds. L'isolation thermique est assez bonne, à peine un peu frisquet à l'étage. Faut donc les meubles, l'électroménager, le linge de maison.
- Et faire des copies des clefs, rappela Kali en agitant leur unique trousseau.
Ace la pointa du doigt pour dire qu'elle avait un point.
- Qui veut quelle chambre, donc ? Je veux bien une en bas, histoire d'être à proximité de la penderie, puisqu'elle deviendra une chambre noire.
- Seconde du bas, pour me permettre d'aller promener Strike le matin tranquillement, si ça va ? demanda Marina.
- Je ferais avec celle du haut, en face de l'escalier, décida Carmen.
- En haut me va aussi. Une excuse de plus pour user de mes ailes. Nous n'avons pas de voisinage en face, personne pour me voir, se justifia Kali.
- J'ai sais que de la terrasse, on a une vue sur les hangars. On devrait se renseigner pour les prix pour l'un d'eux et voir s'ils sont vraiment sécurisés. Cela nous épargnerait de devoir traverser tout Shabaody pour confier le Calypso au vieux Rayleigh. Mon parrain va finir par râler parce qu'on fait de l'exploitation de personnes âgées. Et il va râler si on va pas le voir bientôt alors qu'on est sur Shabaody.
Le commentaire fit rire l'ensemble.
- Okay. Allons voir l'ancien. Et pour les hangars, j'ai regardé les prix. Ça pourrait le faire. Mais, la sécurité ? Faudra tester.
Kali frappa dans ses mains avec un mauvais sourire.
- Et si, pour tester, on faisait croire qu'on avait un trésor dedans. Les bandits vont affluer, on voit par où ils rentrent et on les supprime avant de combler les brèches pour les renforcer. J'ai envie de m'essayer à la fabrication de tête réduites... j'ai vu deux trois boutiques qui en vendaient de piètre qualité. Y'a un marché existant, alors, autant m'y lancer.
Elle eut un rire qui faisait froid dans le dos. Marina sembla secouer la tête, comme voir quelqu'un d'autre en fixant Kali. Certainement le frère.
- Si ça t'amuse, se contenta de répondre Ace alors qu'Iro se frottait aux jambes de l'elfe.
- Bien. Allons voir le vieux Ray avant qu'il vienne lui-même se plaindre. Et, pour éviter des soucis, Kali, tu feras tes têtes réduites à l'abris des regards et tu te débarrasseras des corps, d'acc ?
- J'ai besoin de cobaye pour deux trois trucs, pas forcément vivant. Je doute qu'il reste quoique ce soit, mais ne t'en fait pas, on m'a appris à nettoyer après moi.
- Assez parler de cadavres, allons voir le vieux, rappela à l'ordre Ace.
Il attrapa les clefs de la main de Kali et alla ouvrir la porte, faisant signe à tout le monde qu'il était temps de sortir. Il conserva néanmoins un petit sourire en regardant l'appartement encore vide. Il avait peut-être une chance d'échapper à Baterilla, finalement. Il en parlerait à sa mère.
La route pour le bar de Shakky se fit sous les rires et les listes de ce dont ils auraient besoin. Ça allait des meubles, en passant par les matériaux et autres, les fournitures, la vaisselle. Ace avait vraiment hâte de toucher l'argent pour son dernier papier pour commencer à meubler. Pas qu'il ait un souci à dormir sur le Calypso. C'est juste que pour l'instant, c'était surtout triste de voir un appartement sans meuble. Quoiqu'il n'avait que peu piocher dans la cache que son père lui avait montré sur l'île Gyojin. Il y en avait peut-être d'autre dans les environs… il devrait demander à Rayleigh, vu que son vieux avait décidé de bouder
Ils arrivèrent enfin au bar pour voir que justement, Rayleigh rentrait chez lui. Vu le matériel sur son dos, il devait avoir trouvé un client pour ses talents d'enrobage.
- C'est bien, tu es un homme responsable, tu ramènes de l'argent à la maison, tu n'es pas un cas aussi désespéré que le pense madre, déconna Ace en levant la voix pour se faire entendre.
Le vieux pirate s'arrêta et se retourna en souriant pour les voir.
- Bonjour à vous, les jeunes !
- Bonjour, salua Marina. Ravie de vous rencontrer, je suis Marina.
Et fallait compter sur Carmen pour expliciter les détails qui pouvaient ramener leur amie dans sa timidité :
- Ce fut le second de Roger.
La concernée, qui souriait, eut une goutte de sueur et tourna la tête vers Ace.
- La prochaine fois... tu me fais rencontrer le chef de la Révolution, c'est ça ?
Carmen tapota la tête de Marina, gardant le sourire.
- Seulement sa tête, détaché de son cou, lui dit le D. en tirant un air blasé à son parrain. Et je vois pas où est le souci ? On est littéralement hanté par Roger, où est le souci a rencontré son second en commande ?
- Second, second, c'est un grand nom. J'étais là pour le tenir tranquille autant que possible, rectifia Rayleigh. Bonjour Roger.
- Pas là, il boude certainement quelque part.
Rayleigh haussa juste un sourcil avant de leur faire signe de rentrer.
- Venez, je vous offre à boire.
- Merci Rayleigh.
Strike renifla les alentours, comme cherchant la prochaine bêtise à faire. Marina siffla et l'animal revint à ses pieds sagement, pour l'instant. L'ensemble rentra dans le bar, trouvant aucun client et une trace de sang sur le sol. Certains avaient surement tenté d'ennuyer Shakky. Les pauvres, si seulement ils savaient à quoi ils s'attaquaient en rentrant.
- Bonjour les filles, et toi aussi Ace, dit alors la barman. Alors ? Prêts pour le procès du siècle ?
- Bonjour Shakky. Et la question que l'on devrait se poser c'est : Est-ce que le gouvernement est prêt pour ce procès ? À mon avis, pas du tout.
- Je vais faire ce qu'il faut pour que l'histoire ne l'oublie pas ce procès, en tout cas, assura Ace en se hissant sur un des hauts tabourets. Sinon, quoi de nouveau sur l'archipel ? Des gars dont on doit botter le cul ? Des saletés à exposer ? Ou c'est le train-train habituel. Ah, et Rayleigh, le vieux m'a invité à me servir sur une cache de l'île Gyojin, que tu ne te poses pas de question.
Et il croisa les jambes en posant ses coudes sur le comptoir derrière lui.
Shakky réfléchit, donnant alors deux trois maisons de ventes qui pourraient être intéressant d'aller visiter. Akainu était toujours à la recherche de sa nièce. La concernée rougit lorsque l'ancienne pirate la félicita pour le changement d'apparence et la jolie couleur qu'elle avait à présent. Bien qu'elle serait aussi intéressée par un ou deux livres à lire. Ce qui paierait la consommation gratuitement de Marina.
- Il a pas encore dû recevoir la missive de Bruno, commenta Ace.
- Il n'est pas censé être mort ? s'étonna Rayleigh.
- La Marine ne le sait pas. Querido padrino, je n'ai plus un rond en poche, aurais-tu la gentillesse d'offrir un café à ton filleul ? ¿Por favor ?
- Ace... il a dit qu'il nous offrait un verre. Je pense que tu vas l'avoir, ton café, dit alors Carmen. À moins que ce ne soit de la publicité mensongère.
- Qui a dit que je ne voulais qu'un verre ? s'enquit avec innocence le yôkai.
Le vieux Silvers regarda son filleul d'un air blasé avant de céder.
- Et c'était le bras droit du roi des pirates, conclu Kali en s'asseyant dans un siège devant une table.
- Je n'ai pas d'avis là-dessus, on a deux trois histoires chez Barbe Blanche sur les inventions de Roger qui méritent d'être partagé, commenta Carmen.
Cela tira un reniflement amusé à l'ancien pirate.
Carmen prit le siège à côté de l'elfe et accepta la tasse que posa Shakky. Celle-ci servit un verre de lait à Kali et un frappé fraise pour Marina. Strike posa les deux pattes sur le bord du bar, la queue frétillante et la barman caressa la tête du patou qui aboya joyeusement avant de s'assoir à côté de l'entrée, comme gardant celle-ci. Iro regarda le chien avec dédain. Et Strike lui rendit une sorte d'expression un peu étrange, comme s'il disait qu'il n'en avait rien à secouer d'être un adorateur de câlin.
- Et vous avez des adresses pour vos achats de meubles ? s'amusa à demander Shakky.
- Un ou deux endroits, sourit Carmen en appréciant le thé glacé aux épices.
Marina secoua la tête et demanda à Kali si Shakky était une devineresse comme elle
- Iro, c'est un chien, il ne peut pas être aussi distingué que toi, arrête de t'échiner pour rien, recommanda Ace à sa panthère.
Il prit le café frappé qu'on lui servit.
- Marina, Shakky n'est pas une devineresse, c'est la meilleure informatrice de ce côté de la Grand Line. Quand elle dit qu'elle ne sait pas quelque chose, c'est elle qui s'amuse à faire tourner en bourrique les gens, parce que c'est littéralement madame je sais tout.
- Merci pour le compliment, jeune homme, sourit Shakky.
- C'est une bonne nouvelle de savoir qu'Aarch va enfin avoir la justice qu'il mérite, sourit Rayleigh en prenant un verre d'alcool que lui donna sa compagne. Sinon, vous avez vu des choses intéressantes depuis la dernière fois ?
- On peut dire cela. Et que mon père est un sacré phénomène entre autres. Et que l'on a plusieurs marines qui vont devoir apprendre à rester sage.
Carmen continua à boire son verre tranquillement.
- Il faut dire qu'avoir trois "grands officiers" au visage placardé sur les journaux pour des crimes imputés à quelqu'un d'autre, ça fait tache. Et il n'y a rien de plus gratifiant.
- Très beau travail, d'ailleurs. Et j'ignorais que tu étais apparenté au vice-amiral J'rem, demoiselle, nota Rayleigh.
- Je ne le savais pas moi-même, dit d'un ton sans émotion Kali.
- Par le plus grand des hasards, Shakky-san, n'auriez-vous pas dans vos placards des documents pour enfoncer un peu plus les incriminés dans l'affaire Rhyddid ? se renseigna plaisamment Ace alors qu'Iro sauter sur le siège à côté de lui.
La femme se mit à réfléchir, glissant sa cigarette entre ses lèvres.
- Eh bien. Rhyddid avait été avancé comme l'un des responsables des polices militaires de la marine. Lui écarter, une autre personne pouvait prendre sa place. Et je crois me souvenir que Aarch-san avait commenté que ce dernier n'était pas fiable. Une histoire de pot de vin, si je me rappelle bien, dit la femme avec un petit sourire.
- Oh, voilà qui est intéressant… sourit Ace d'un air carnassier. Que veux-tu en échange du nom de ce charmant individu ?
- Ace, tu es ridicule, soupira Rayleigh.
- On s'y fait à la longue, rassura Kali.
- Peut-être, mais j'osais espérer qu'il… non, laissez tomber. C'est le fils de son père, il est condamné à être un cas désespéré.
Son filleul lui adressa un regard vexé qui fit rire Shakky. Carmen joua avec la paille de son verre.
- C'est un D.. Les D. sont comme ça... Je devrais peut-être plus dire cela en fait.
Elle regarda le plafond pendant que les autres se mirent à rire alors que Shakky et Rayleigh les regardaient étrangement en fait.
- Le procès étant le vingt février, va falloir que l'on se déplace à Enies Lobby, pour ma part. Et que si l'on veut ajouter des pommes pourries à l'échafaud, va falloir que l'on regarde aussi dans cette direction. Pour l'instant, on n'a pas vraiment qui l'a tué. On a juste ceux qui l'ont utilisé comme bouc émissaire.
- Vice-amiral Aarch, je vous appelle, répondez à nos suppliques et apparaissez ! incanta moqueusement le journaliste avec des gestes étranges des doigts.
- Je vais te mordre, averti Kali.
- Je m'en remettrais.
- M'appeler tout simplement marche aussi très bien, pointa Aarch en se manifestant. Pas besoin d'autant de salamalecs. Sauf si tu veux confirmer que tu as une case en moins.
- Bonjour à toi, la peluche, salua Rayleigh au fond de son verre où il noyait son désespoir en devinant la présence de l'esprit.
- Mais j'assume totalement qu'il me manque quelques cases. La génétique, tout ça tout ça… Tiens, papa, t'as les oreilles qui sifflent ?
Roger venait de se manifester avec un regard assassin pour son fils.
- Sur un autre sujet, puisque tu as retrouvé la mémoire, as-tu le nom de la personne qui t'a tué, s'il te plaît ?
Et le journaliste reprit son café frapper qu'il bût en toute dignité alors qu'il avait conscience que pour tout le monde, il parlait dans le vide.
- Si tu veux me rendre service. Fais que Carmen ne soit jamais, mais vraiment jamais, approchée par le vice-amiral Raspoutine. Ce sale con est le responsable. Il a profité que je sois assigné à résidence. Et puisqu'il était des MP, c'était normal qu'il vienne me voir. Il a eu juste à changer des dates de passage et faire disparaitre ensuite celui qu'il a remplacé dans une escarmouche, puisqu'il pouvait envoyer en mission Thalion. J'ai été empoisonné avec son jouet favoris. Une petite création de Cesare, un des scientifiques de la marine. Je me souviens juste de la douleur qui transperça mon bras lorsqu'il a planté la seringue en me disant qu'il ferait tout pour m'innocenté si je fermais les yeux sur des affaires le concernant. Je lui ai dit d'aller se faire foutre.
- Raspoutine. Faut trouver de quoi le faire tomber, parce que je doute que la cour accepte le témoignage d'un fantôme, résuma le journaliste.
- Tu as plus de chance de finir à Impel Down et son dernier niveau pour un don pareil, plutôt que de faire entendre le voix d'Aarch, averti Shakky.
- Ou simplement demander, sourit Aarch. Ma dernière enquête. Un meurtre. Colonel Eren, quartier Général, mort par "overdose". Le troisième dossier que tu as dans le sac, Carmen. À la dernière partie, j'ai l'ensemble des preuves contre Raspoutine. Et surtout, c'est exactement le même poison, la même personne qui a signé l'enquête, les mêmes conclusions : Mort par Overdose. Comparez cela avec les autres enquêtes reliées à la mort de Eren. Il a monté les échelons en planifiant tranquillement dans l'ombre.
Ace attrapa son carnet pour noter ce que disait Aarch.
- Troisième dossier dans le sac, donc, marmonna le D. en prenant note. On a encore un peu de temps pour faire parvenir des copies du dossier à assez de personnes pour le faire tomber à son tour. Je verrais si je peux écrire un papier sur le sujet pour m'assurer que ça passe pas non plus sous le tapis.
- Troisième dossier de quel sac, Ace ? soupira Carmen. Tu es la seule personne qui entend les morts ici.
- Yup, même si très intéressant à voir, rit Marina. Raspoutine est un de ceux que je ne veux pas croiser. Il se dit d'être de la justice absolue. Et il peut être un vrai salaud.
- Et heureusement que je les entends parce que c'était à toi qu'il parlait, Carmen. Ses mots exacts étaient « Le troisième dossier que tu as dans le sac, Carmen. À la dernière partie, j'ai l'ensemble des preuves contre Raspoutine. ». Apparemment, faut faire des comparaisons à l'enquête avec celle du colonel Eren pour trouver les points pour accuser ce salaud.
- Amusez-vous bien les jeunes, encouragea Rayleigh avec un geste de la main.
Ace termina son café et reposa son verre en souriant à côté de son parrain. Rayleigh lui avait cédé un second verre après tout.
- Donc, Carmen, tu as le dossier.
Ace pencha le verre en souriant vers Rayleigh. Pendant ce temps, Carmen se tourna vers son sac. Elle en avait pris quelques-uns des dossiers pour les lire. En ouvrant celui-ci, elle tira le troisième dossier et l'étala sur la table du bar pour lire une des parties qui lui fit froncer les sourcils.
- Faut... il faut que j'ai le dossier de mon père. Mais, c'est Raspoutine qui a signé. Et le médecin légiste. Je crois que c'est le même. Mais je connais par cœur les …
Elle ouvrit la bouche de surprise.
- Le travail nous attend, dit le journaliste. Rayleiiiigh…
Ace adressa un grand sourire à son parrain qui soupira.
- Le café et le sucre te rendent hyper et par conséquent, invivable, lui reprocha son parrain.
- Je vais m'infiltrer dans la base Marine la plus proche pour essayer d'avoir des informations complémentaires sur ce charmant individu. Et puisque cette chère Tsuru s'est montré si efficace, je pourrais bien lui renvoyer une copie de ce qu'on aura trouvé. Alors, dis-toi que mon comportement hyper, c'est les autorités qui vont le subir, pas toi.
En riant, Shakky resservit Ace.
- Donc, Carmen, tu retournes au Calypso pour comparer les informations. Ace, tu vas fouiner du côté de la base Marine pour faire passer ton hyperactivité, c'est ça ? résuma Kali.
- Définitivement. Je pourrais ressortir des preuves et donner aux autorités compétentes. Et faire un envoi à trois médecins indépendants pour avoir une base légale car je reste une personne liée à l'affaire. On peut considérer ces preuves comme inacceptables si c'est moi qui suis le médecin qui sort ces informations, pointa Carmen.
- Dans… dans ce que je me souviens d'avant… J'rem… J'rem était un nécromancien de talent. Il avait l'habitude de travailler avec les corps, souffla Kali. Il est probable qu'il se soit reconvertit dans la médecine légale. C'est à tester.
- Ou comment avoir de quoi lever une armée à porter de main si on nous casse les pompes, commenta Ace.
- Je ne fais qu'émettre une supposition, il n'y a que Marina qui puisse la confirmer.
Le yôkai se leva et alla passer un bras autour des épaules de son amie.
- Tu n'as pas à te sentir agresser, on est entre amis, Kal'. Tout va bien.
- Désolée, souffla l'elfe en se prenant le nez entre ses mains jointes.
- Et pour répondre, oui, il est à des compétences en médecine Légale, commença Marina. On pourra lui demander. Et je ne l'ai jamais vu relever un mort et…
Elle s'arrêta et se mit à hurler de rire en se rappelant de quelque chose.
- C'était lui et pas Geko Moria ! Oh non. Il me tue. Lors d'un gala, des vice-amiraux ont été "ennuyés" par une main momifiée avec un humour douteux.
Des marines avec de l'humour, c'était déjà étonnant.
- Lorsque des gens s'ennuient, justifia Carmen. Je vais aller au Calypso pour faire la comparaison. Puis, j'envoie les copies à des médecins qui sont reconnus par la marine comme experts compétents. Et un vice-amiral, tu me diras… Ton frère voudrait reprendre le poste d'officier des polices militaires, Kali ?
- Je n'en sais rien. Peut-être. Techniquement parlant, je pense qu'à ce stade, Marina connait mieux mon frère que moi. Je n'étais qu'une enfant, après tout.
- On est littéralement en train de comploter un remaniement dans les gros postes de la Marine, sourit avec amusement Ace.
- Alors, laissez-moi avancer le vice-amiral Isshô pour la police secrète, proposa Rayleigh.
- Non, nous avons besoin de lui pour remplacer Aokiji, refusa Kali.
- Qu'a fait Kuzan ? s'étonna le vieux pirate alors que Shakky levait un sourcil perplexe. Surtout qu'il est toujours en poste.
- La faute à son frère, pointa l'elfe en montrant le fils de Roger.
Cela aida encore moins Ace, après tout, Luffy était sagement à Baterilla, aucun risque que Aokiji ne vienne y mettre son nez, mais la demoiselle ne prit pas la peine de les éclairer. Alors, il soupira, bu son café et se leva.
- On s'y met ?
- Ne faîtes pas trop de bêtises, recommanda Shakky.
- Bien. Je vais faire mes recherches au Calypso. Je vous laisse gérer la suite le temps que je tire mes conclusions et que j'envoie aux personnes intéressées de nous aider.
- Moi, je vais passer un coup de fil rapidement pour Tsuru afin qu'elle commence à chercher aussi, proposa Marina. Elle ira parler avec son garnement, c'est comme ça qu'elle appelle J'rem.
- Allons-y alors, dit Carmen.
