Bonjour !

Navrée pour le retard, ma bêta a eut un empêchement, mais nous y sommes.

J'en profite pour signaler que L'Underground et Golden Prince auront du retard au mois de Mai, mais on aura une publication tout de même.

asanae : Ah mais depuis qu'il est ado Javier s'infiltre dans Marine Ford. A l'époque, personne ne le réalisait parce qu'il se contentait d'aller au bureau de son oncle pour y foutre le bronxe en vengeance pour ce qu'il considère une trahison, et après la mort de celui-ci, il était assez vieux et avec assez de responsabilité pour savoir le potentiel et se montrer encore plus discret. Son surnom d'araignée n'est pas approprié, c'est un caméléon./ On verra Garp et on aura certainement envie de lui mettre deux claques. Ou en mettre deux à Ace

Yz3ut3 : au plaisir.

CoeurDeGel : Chiche./ La vie en général, mais merci de demander / C'est un grand plaisir.

Cocochoco78 : Plaisir de voir une voix sortir de la masse silencieuse / J'ai prit en maturité depuis la première version, donc, beaucoup de choses vont être différente / Cela est aussi valable pour l'intégration d'Ace à l'équipage. / Iro est un perso que j'ai de plus en plus dans mes histoires et Sarah est une idée foireuse d'une autre fic XD

Yuwine : Yup, Garp va venir / Pour l'instant, je n'ai rien concernant un retour à Marine Ford / Faut la comprendre, Hina, c'est sa fille chérie. Même si elle peut se montrer inutilement sévère avec elle, c'est son bébé. / Sarah impressionnée pour le Mei-Ô ? Pourquoi ? Son pépé est Shirohige.

Lilylys : C'était une idée stupide que j'ai eut sur le moment. / Et je voulais une petite scène qui puisse donner des soupçons à l'équipage en sachant que justement, la scène est ambigüe mais qu'il ne se passe rien. / Ah mais on les cherche, faut se venger.

Ann la banane : au plaisir.

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On avait actuellement trois commandants sur le pont du Moby Dick et une infirmière en chef. S'ils se détachaient du reste de l'équipage, c'était parce qu'ils étaient immobiles au milieu de la canicule qui avait pourtant envoyé tout le monde à l'intérieur pour trouver de la fraîcheur.

- On devrait le réveiller, il va se prendre une insolation, soupira Thatch en épongeant la sueur avec un mouchoir. Même sa panthère a eu l'intelligence de rester dedans.

- Est-ce qu'un logia peut prendre un coup de chaud ? se renseigna Haruta qui avait les deux mains en visière.

- Je me demande surtout comment il fait pour dormir sans se casser la pipe, soupira la plantureuse blonde sans âge en s'éventant avec le journal du jour.

Marco avait la réponse, mais il n'avait pas l'intention de dire comment il savait que le brun ne bougeait pas d'un poil dans son sommeil. Il avait assez eu de mal à faire taire Haruta et Thatch avec leurs insinuations foireuses à deux balles, pas besoin d'en rajouter. La relation entre lui et Ace n'était pas définie, il n'y avait pas de nom dessus. Il y avait plus que du physique, c'était certain, mais de là à dire qu'ils étaient amoureux…

On est amoureux de lui.

Le pirate n'avait pas besoin de son phénix pour savoir cette évidence. Mais trop s'avancer n'était pas une bonne idée. Il soupira et tourna les talons.

- L'Aîné est en visite, je vais préparer la cabine de la seconde pour lui, yoi, dit d'une voix las le Phénix avant de se détourner.

- Crise de narcolepsie ou il a vraiment décidé de se dorer la pilule au soleil ? pronostiqua Haruta.

Marco regarda par-dessus son épaule en entendant du mouvement sur l'espar où Ace dormait précédemment. A cet instant, il était réveillé et de mauvaise humeur. Sa façon de leur faire comprendre ? Le bruit de gorge sonore qu'il produisit annonça que le logia préparait un bon mollard. Conclusion ? Il devait essayer de dormir volontairement sur son perchoir dans les voiles et la conversation des commandants l'en empêchait. Au moins, cela répondait à la question de tous, et permit au jeune de retrouver un peu de calme.

Le calme revenu, Ace se rallongea sur l'espar, le chapeau sur les yeux, prêt à reprendre sa sieste au soleil. Si ce n'était pour les fous en haut des nids de pie qui surveillaient l'horizon, le logia aurait eu le pont pour lui tout seul, et dieu que c'était le pied. Pas un pet de vent, juste la lourde chape de chaleur et le soleil éclatant qui faisaient onduler l'air et l'océan d'un calme beaucoup trop plat. Lentement, ses paupières se fermèrent sous son stetson alors que le feu en lui ronronnait sous les rayons UV. Il entendit quelque chose percuter doucement la coque du navire à bâbord, par son Haki.

Ses yeux se rouvrirent brusquement.

Quelqu'un se hissa à bord et noua une corde à une rambarde.

Des pas trop discrets pour être humain suivirent.

Il se redressa en silence sur son espar en remettant correctement son chapeau sur son crâne. Il y avait un catamaran accroché au Moby Dick à bâbord et un individu traversait le pont désert pour se rapprocher de l'entrée de la zone de vie du navire.

De loin, il reconnut le manteau d'un officier de la Marine. Et vu ce qu'il percevait de son Haki, il n'était certainement pas une petite frappe.

Il n'était pas question qu'il laisse Shirohige se faire buter par quelqu'un d'autre que lui.

Doucement, il se pencha vers l'avant pour décrocher son fusil de là où il l'avait coincé dans le cordage des voiles pour faire sa sieste et posa sa main sur la chambre pour y former une balle de feu. Lentement, sans geste brusque, sans montrer le moindre sentiment ou intention hostilite, il épaula son arme après avoir fait sauter la sécurité.

Il resta là, un instant, immobile, respirant calmement, restant froid devant l'acte. Pas de sentiment, pas d'hostilité. Rien de plus qu'une promenade dans les bois. Rien pour alerter le Marine qui se rapprochait de plus en plus de la zone de vie.

Il tira.

La balle de feu percuta avec force le Marine dans le genou et passa au travers l'articulation, enflammant le tissu de son manteau et de son pantalon. Ace leva une main pour contrôler les flammes et les faire se propager, mais surtout, s'assurer qu'il resterait en surface. Il ne voulait pas la mort de l'homme, juste l'empêcher de s'en prendre au Yonkou.

Le rugissement animal fit presque trembler l'ensemble du navire pourtant. Et la tête du marine se tourna vers le tireur alors que les flammes le brûlaient. Deux yeux carmins se fendirent en deux lignes sombres alors que le manteau tomba et les ailes à moitié brulées sortirent du dos. Le marine arriva sur Ace, deux paires de griffes sombres et métalliques pointées vers le Logia. Il y avait plus de l'animal que de l'humain à cet instant alors que l'une des serres approchait de la tête. Et c'est à cet instant que le brun comprit qui il avait attaqué et son erreur pour le coup.

Merde, ce n'était pas n'importe quel officier de la Marine. C'était Aarch aux Griffes Pourpres. Non seulement il était un allié non-officiel de l'équipage, mais en plus de ça, il devait littéralement sa vie et celle de son frère à cet homme, vu ce qu'il avait pris comme risque pour garder un œil sur les descentes de la Marine à la demande de Javier.

Il baissa son arme et fit un geste de la main pour éteindre ses flammes, mais ne prit ni la fuite, ni ne se mit en position de défense. Il était prêt à assumer.

Les serres s'arrêtèrent juste contre la peau, laissant glisser une goutte de sang. Aarch sifflait de douleur, volant malgré les plumes noircies dans son dos face au pirate. On pouvait voir qu'il se retenait fort de frapper le brun. Le marine se posa alors à côté, manquant de perdre l'équilibre avec son genou transpercé, sifflant toujours de colère et de douleurs mais luttant contre l'instinct de déchirer son attaquant. L'iris carmin se tourna vers Ace.

- Va putain de chercher Marco…

Le zoan n'allait pas pouvoir bouger ni descendre. Les flammes n'étaient pas allées profondément mais avaient fait assez de dégâts pour que même l'air contre les plumes fasse souffrir le soldat.

Ace recula d'un pas quand il entendit un battement d'aile familier et l'instant suivant, le médecin zoan était sur l'espar.

- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda le blond.

- J'ai vu un uniforme de la Marine sans réaliser qu'il s'agissait du Griffon. Je suis extrêmement désolé pour le malentendu, s'excusa Ace avec un air inquiet.

Marco claqua sa langue, jeta un œil à Aarch, jugeant qu'il était déplaçable avant de le hisser sur lui.

- Cassandra sera heureuse de te revoir, yoi.

- Ta gueule… siffla Aarch.

Et il sauta dans le vide avec l'autre zoan, laissant un Ace dans ses petits souliers sur l'espar.

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Cassandra termina de bander le genou du blessé qu'on venait de lui rapporter.

- Coopératif, comme toujours, si seulement les autres pouvaient prendre exemple sur toi, soupira la plantureuse blonde.

Et elle jeta un regard mauvais aux autres commandants dans l'infirmerie autour du lit du Griffon alité, puis se tourna vers le capitaine assis devant la porte trop petite pour qu'il puisse y pénétrer. Ace était assis dans un coin, son fusil à côté de sa chaise, l'air d'un gosse ayant fait une grosse connerie.

- On serait plus coopératif si tu ne nous menaçais pas toutes les cinq minutes, pointa Haruta.

La femme porta une main dans son décolleté comme pour prendre quelque chose avant de s'interrompre quand Shirohige intervint :

- On a eu assez de blessés comme ça aujourd'hui, ma fille, n'en rajoute pas. Sans compter que ce n'est pas nécessaire de punir Aarch en lui collant Haruta comme voisin de lit.

- HEY ! protesta le commandant originaire de South Blue.

- Haruta, arrête de préparer ton épitaphe, soupira Aarch. Merci Cassandra. Même si j'aurais préféré te voir autour d'un café avec les autres.

- Oooh non. On n'a plus de caféine jusqu'à la prochaine île, rit aigrement Thatch. Quelqu'un…

Il jeta un regard à Ace qui leva un sourcil en perdant son air de gamin contrit pour celui d'ado défiant en rendant le regard au cuistot.

- …a saboté nos réserves de café. Disparus mystérieusement pendant qu'on remontait de l'île Gyojin, et il n'y a qu'un seul coupable possible parce qu'on respecte tous la règle à bord disant qu'on ne touche pas aux réserves de nourriture.

- Si on m'avait laissé sur l'île, le café serait toujours là et votre camarade ne serait pas dans ce lit, pointa plaisamment Ace en levant les mains pour dire qu'il se déchargeait de l'affaire. Assumez.

Aarch leva un sourcil, ayant la queue de lion qui bougeait dans son dos, comme s'il réfléchissait. Le Griffon eut un rictus presque amusé malgré la douleur en regardant Ace.

- Donc, tu n'es absolument pas coupable d'avoir tiré sur moi, si j'en suis ta logique. Mais bon, un marine, sur un navire de pirate, soupira-t-il. Je dois quand même te féliciter… Je ne t'ai pas senti jusqu'à la dernière seconde. Je suis impressionné. Mais, une chose qui me turlupine… Tu sais qui je suis. Et je sais qui tu es. Dois-je supposer que ton oncle ait décidé de travailler sur mon cas de façon plus "définitive" ? Ou qu'il a été assez vocal sur ce qu'il pense de moi ? Juste pour savoir pour l'avenir.

Ace se sentit légèrement nerveux au "je sais qui tu es". Le Marine était-il au courant de sa parenté avec le précédent roi des pirates ?

- Euuuh… j'ai tiré parce que j'ai vu un Marine profiter du pont désert pour certainement se rapprocher du capitaine et sa tête est mienne, donc, pas question que je laisse quelqu'un d'autre le buter.

- Je suis touché par ton attention, fils ! rit Shirohige.

- Je suis pas ton gosse, merde ! protesta Ace en lui jetant un regard noir.

Il souffla profondément avant de se tourner à nouveau vers Aarch.

- Si j'avais su que c'était vous, officier Rhyddid, je n'aurais pas tiré.

Il se leva et s'inclina profondément.

- Je sais ce que je vous dois, et pour cela, je vous en remercie infiniment et m'excuse pour le comportement de mon oncle. Je suis extrêmement désolé pour l'attaque de tout à l'heure. Je veux que vous sachiez que peu importe ce que Javier pense de vous, ce ne sont pas mes affaires. Il ne veut pas faire la paix avec ses sentiments envers vous, l'officier Jonathan et son oncle, ce n'est pas mon souci. Je ne juge que celui que j'ai devant moi quand j'ai assez pour me mettre dans ses chaussures.

- Tu serais donc la source de sa migraine de ces dernières années, réalisa Cassandra.

- Non, juste un quart, nuança le logia. Le plus petit quart. Je suis pas le pire.

- Si t'es pas le pire, j'ai peur d'imaginer ce que le pire peut donner, soupira la blonde.

- Que nous vaut l'honneur de cette visite, yoi ? demanda Marco en se massant le nez. Pas qu'on n'est pas content de te voir, mais comme tu peux le constater, nous avons un invité…

- Prisonnier, rectifia froidement le brun.

- …armé et un brin nerveux, termina le Phénix.

- On l'aurait muselé avant que tu arrives si on avait su, déconna Thatch.

- Iro, s'il te plaît, demanda d'un ton blasé le D. en se dirigeant vers la sortie.

La panthère fit sauter son camouflage et s'attaqua au fond du pantalon du cuistot avec un bon coup de dents qui fit sauter au plafond le commandant sous la surprise et la douleur.

Aarch tira son paquet de cigarettes survivant à l'assaut de flamme de sa veste et en alluma une avec une pointe de sourire aux conneries dont pouvaient être capables les membres de l'équipage et tous ceux qui avaient l'attention du Yonkou. Il revint vers Ace avec un sourire en coin qui s'arrêta juste sur le seuil avec Iro.

- Te bile pas pour le tir. J'ai vu pire ici. Pour ton oncle, je préfère vérifier. Et je sais parfaitement son problème avec moi. Mais il a été assez con pour faire l'autruche et le regrette aujourd'hui au point de rabattre la connerie sur ma gueule.

Ace leva les yeux au ciel. Les affaires de Javier ne le regardaient pas, qu'ils règlent ça entre eux, lui, il avait bien assez à cacher à tout un chacun qu'il était le fils de Gol D. Roger. Il contourna le Yonkou en lui montrant les dents, faisant sourire d'amusement celui-ci, avant de disparaître dans le navire, son fusil solidement en main.

Marco leva juste le doigt pour allumer la cigarette après que Aarch l'ait mise entre ses dents. Il regarda Thatch par la suite en haussant un sourcil.

- Sinon, museler quelqu'un ? Tu en as d'autres ? Ou tu veux que je ramène sur le tapis un certain hôtel avec…

- Ta gueule ! T'as promis ! protesta Thatch.

Marco ne voulait pas connaître la dernière invention de Thatch et Hina dans leur danse du « je t'aime moi non plus ». Les hôtels devraient rester les seuls témoins de leurs affaires, sinon, c'était la migraine assurée.

- Je te mets juste les limites à la connerie. Tu sais la suite, Thatch, dit avec un air blasé Aarch avant de se tourner vers le capitaine. Mais pour ma visite, deux trois emmerdes dont je dois faire part en personne. La rencontre avec la pauvre dernière victime de l'adoption compulsive, ce qui est fait, en passant. Et un perdu dans mon navire de la cinquième flotte. Vista a pas perdu quelqu'un lors d'un affrontement avec Kaido dernièrement ?

- On avait envoyé Izou, Rakuyo et Jiru accompagner Vista pour le récupérer justement, informa Shirohige. Merci de l'avoir ramené à bon port, fils. Sinon, tu penses quoi de ton nouveau petit-frère ?

- Parle-lui, moi, je suis fatigué et il ne veut pas m'entendre, yoi, s'exaspéra Marco en montrant leur père d'un geste las.

- Je suis du même avis que Marco, sans compter qu'on a un jeune qui a déjà fait une tentative de suicide par le passé, pointa Cassandra. Rien ne dit qu'il ne pourrait pas en refaire une si on continue à le pousser à bout, et personne ne veut que ça arrive.

Tout le monde la regarda et la blonde eut un petit souffle en rejetant ses lourdes mèches par-dessus son épaule.

- Je ne sais pas d'où vient la fuite, mais c'est un secret de polichinelle, donc, non, je ne brise pas le secret médical en parlant de ça.

Aarch grogna en regardant le capitaine du Moby Dick avec un sourcil haussé.

- Je suis pourtant sûr qu'on avait discuté de cela. Tu en as au moins discuté avec lui avant de prendre ta décision ? Cette discussion est pas à sens unique. Le gamin a son mot à dire et c'est à lui que revient la décision. Et kidnapping… tu veux un Syndrome de Stockholm à bord ? Et tu as raison.

Aarch pointa Iro, qui s'en allait en suivant Ace, comme s'il venait de comprendre ce qu'elle avait grogné. Il revint au capitaine.

- Elle pointe qu'il a été clair dans sa réponse. S'il faut que l'on reprenne la migrainante discussion sur le sujet, j'ai le temps… Cassandra ? Combien de temps je suis obligé de rester à l'infirmerie ?

- Je n'ai pas eu l'occasion de te faire un check-up depuis un moment, donc, on va dire que tu vas rester trois petits jours, lui dit la blonde. Si passé ce délai, les brûlures sont toujours là, j'autoriserai Marco à t'offrir une échappatoire rapide.

- Dans d'autre circonstances, j'aurais été d'accord avec toi, fils, mais le gamin va trop vite, trop loin et agit imprudemment. Il a déjà mis Kaido en colère, combien de temps avant qu'il ne cherche Big Mum ou ce gamin de Shanks. Sans compter qu'il pose des questions et s'intéresse à des choses dangereuses. Si je n'intervenais pas, il courrait à sa mort.

Ace avait de bonnes raisons de s'intéresser à ce qu'il se passait autour de Roger, il s'agissait d'un père qu'il n'avait jamais connu après tout, mais Marco n'était pas prêt de trahir le secret de son partenaire.

- Sur un autre sujet, Aarch… tu connais la dernière ? demanda Haruta avec un grand sourire en grimpant sur le dos de Thatch qui l'ignora par habitude. Marco est tombé amoureux~…

- Haruta, je t'en prie, tu tires des conclusions d'un truc qui n'a rien à voir, s'agaça Marco en se massant le nez.

- Même si les histoires de cœurs de mes fils sont toujours très intéressantes, je vais aller profiter d'un bon petit verre…

- ...d'eau, compléta Cassandra à la place du capitaine. Et je vais te surveiller.

En ronchonnant, le Yonkou s'en alla, suivi de l'infirmière.

- N'écoute pas Haruta, il raconte des conneries, soupira Marco à l'adresse d'Aarch.

Ce dernier haussa un sourcil, toujours allongé sur le lit et eut une esquisse de sourire envers Marco avant de revenir à Haruta.

- Si tu t'ennuies à ce point, Haruta, pour faire tourner ton cerveau sur ça, je suis sûr qu'on te trouvera une occupation. Je sais pas, moi, ta paperasse par exemple ? Et sinon, Marco, le dernier kidnappé de l'ancien ? Il est là depuis combien de temps ?

Haruta eut une moue boudeuse alors que Thatch riait franchement.

- Un mois et demi, bientôt deux. Il est passé du stade "j'ai des questions, et tu as des réponses" à "tu veux pas me laisser en paix, alors j'aurais ta peau".

- Joli changement de comportement, s'amusa à moitié le griffon. Ça me rappelle des souvenirs.

- La différence étant que toi, tu pouvais aller et venir. Oyaji l'a empêché déjà à quoi… cinq six reprises de s'échapper, yoi. Le gamin est littéralement un prisonnier dans mon opinion.

- Prisonnier de luxe, vu ce qu'il mange, pointa Thatch.

- Prisonnier quand même, insista le blond.

- Je seconde Marco. Thatch, donne-moi la définition de prisonnier. En fait, non, je vais te la donner : un prisonnier est une personne qui est détenue contre son gré avec l'impossibilité physique ou morale ou mentale de partir du lieu où il est.

Le griffon donna juste un regard demandant à avoir un contre-argument de la part des autres, indiquant bien qu'il n'y en avait aucun de valable dans la situation actuelle. Thatch soupira et Haruta se laissa tristement descendre du dos de son frère. Dans les faits, oui, Ace était un prisonnier. Même si cela partait d'une bonne intention, histoire que ce gamin prometteur ne se fasse pas tuer stupidement, le gosse restait retenu à bord contre son gré.

- Je vais aller faire ma paperasse, dit Haruta.

Et il quitta la pièce.

- Dans tous les cas, son équipage est introuvable désormais, donc, il est coincé avec nous, soupira Thatch en se frottant la nuque. Sur un autre sujet, t'as pas l'air très surpris de savoir que Marco a le béguin.

Il se prit une chaise qui traînait et l'installa à l'envers devant le lit de Aarch et s'y assit. Il voulait des infos.

- Pourquoi je dois l'être, grogna le griffon en passant sur le dos pour s'asseoir un peu mieux avec une grimace. Je serais plus surpris si on m'annonçait que Carmen avait un copain et qu'elle allait se marier. On peut tous trouver, à un moment, quelqu'un. T'en es la preuve avec ta Reine de Fer.

- Qui m'a quitté parce que l'on m'a refusé la possibilité de redevenir un civil, alors qu'on avait Sarah et qu'on venait de se fiancer. Mais on ne parle pas de mon couple, là. On parle de Marco. Et du petit-frère.

- Et c'est la preuve que tout le monde assume quelque chose qui n'est pas là, yoi, s'agaça Marco. Ace fait une rééducation seul et puisque l'on a eu la sympathie de me filer enfin son dossier médical, je lui ai demandé les exercices qu'il faisait dans ce but. Il me les a cités et à chaque fois, il montrait la zone du muscle et de l'articulation en question. Il a fait une erreur sur l'un d'eux et je ne faisais que lui montrer où était le muscle en question, yoi. Ce qui impliquait, oui, de toucher son dos.

Thatch adressa un regard dubitatif à Marco. De son côté, Aarch observait le spectacle, regrettant de ne pas avoir de popcorn sous la main. Il se contenta de sa cigarette et de la faire rouler entre ses doigts.

- Ce qui est amusant, lorsque je viens, c'est qu'on a toujours un drama. Je suis sûr que l'on aurait le même souci si ça avait été Carmen qui aurait diagnostiqué le jeune Portgas. Et je n'ai vraiment pas la force, aujourd'hui, d'entendre le dernier ragot venant de suppositions infondées. Ils ont dit être ensemble ? Non. Vous les avez surpris dans une posture compromettante ? Je pense pas. Plume a-t-il fait la cour à quelqu'un à bord ? Non plus. Alors, Thatchy, s'il te plait… Passe-moi l'eau pour ma migraine.

- Donc, Marco a bien trouvé quelqu'un, admets-le, sinon, t'aurais eu une autre réaction, la Peluche, insista Thatch alors que le Phénix allait lui-même chercher un verre d'eau pour le malade. En rapport avec son nouveau bracelet, n'est-ce pas ?

- Thatch, j'en ai fichtrement aucune idée, grogna Aarch. Et réellement ? Qu'est-ce que ça peut faire ? Qu'est-ce que ça t'apporte de savoir ? Rien. Si Marco a trouvé quelqu'un, laisse-lui la possibilité de venir t'en parler au lieu de fouiller dans sa vie privée. Tu vas finir par perdre la confiance de Plume. Et moi, tu vas commencer à m'agacer à force. J'ai mal au dos, j'ai été brûlé au second degré voir même troisième mais je ne suis pas médecin. J'ai failli tuer un gosse de rage. Pousse pas.

- Je m'inquiète, Aarch, c'est tout. On a pas vu Marco aussi heureux et vivant depuis la naissance de Sarah, et encore, expliqua calmement Thatch. Je veux simplement être certain qu'il se retrouve pas le bec dans l'eau, si on me permet l'expression. Parce que j'ai peur que ça soit un coup de trop pour lui. C'est normal que je m'en fasse pour lui, autant que je m'en fasse pour toi. Vous êtes peut-être mes aînés, mais vous restez mes frangins. Et vu d'où revient Marco…

- Je ne suis pas en porcelaine, tu sais, Thatch, rappela le Phénix en apportant un verre d'eau ainsi qu'un cachet d'anti-douleur au griffon alité.

- Tu tenais plus du mort-vivant que du phénix ou même du féroce pirate y'a pas si longtemps que ça. T'as pas remarqué que Kennichi te surveillait pas mal ces dernières années et insistait pour bosser au max avec toi ? Pourquoi d'après toi ?

Marco regarda son jeune frère comme s'il venait de comprendre plein de choses étranges de ces dernières années.

Aarch se contenta de souffler la fumée entre ses dents.

- Dans un sens, il n'est pas en tort sur ce point, Plume. Ça va faire un moment que l'on n'a pas "joué" dans les airs, toi et moi. Surtout depuis la mort de… Bref. Mais, je fais confiance à nos cadets pour garder un œil sur chacun d'entre nous. Merci, je vais pouvoir desserrer un petit peu les dents.

Il attrapa le cachet et le verre pour avoir quelque chose pour aider à la douleur. Il reprit ensuite.

- Sinon, Thatch, des trucs intéressants à raconter ? A part sur le jeune Portgas.

- Bah justement, pour revenir à son sujet… vous auriez pas perdu des documents récemment ? Parce qu'il nous a fait cadeaux d'informations très intéressantes de la Marine et des derniers documents de décryptages de vos ordres, l'autre jour. Je me demande d'ailleurs laquelle de vos bases il a ravagé pour les obtenir.

- Aucune idée, il a juste parlé d'une sortie en famille organisée par son oncle pour lui changer les idées, yoi, marmonna Marco en s'asseyant au bord du lit du malade.

- Marine Ford, répondit le Griffon en ricanant d'amusement avec le regard qui disait qu'il était intéressé par un nouveau défi. Ils ont fait une petite sortie à Marineford.

- Marine Ford ? s'étrangla Thatch. Comment diable est-il parvenu à entrer à Marineford ?!

- Attend, juste un instant… Thatch… tu as donné ton accord à Hina pour que Sarah l'accompagne là-bas, yoi ? demanda lentement Marco en fronçant les sourcils.

- Certainement pas.

- Ace a dit qu'il a croisé Hina qui cherchait Sarah dans les couloirs de la base. Je pensais que c'était celle de l'archipel ou d'une île à proximité, pas Marine Ford.

Le cuisinier plissa des yeux en se levant.

- Je vais lui toucher deux mots. Je vais monopoliser le denden un petit moment.

Et il s'en alla.

Aarch roula des yeux à cet instant en écrasant dans le cendrier sa cigarette.

- Ça va être houleux pour la suite.

- Oh oui.

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Tout le monde était occupé de son côté en préparation pour la nuit. Certains profitaient du dernier service du repas pour manger avant un possible tour de garde, d'autres profitaient d'une dernière partie de cartes, d'armes ou autre avant de se retirer pour la nuit. Le capitaine était déjà dans ses quartiers. C'était le moment idéal pour avoir une discussion en paix et sans témoin avec le Marine qu'il avait grièvement brûlé. C'était surréaliste. Un Marine à bord du Moby Dick, non pas en tant que prisonnier ou ennemi, mais en tant que membre de la famille.

Ace trouva Aarch lisant un livre quelconque dans son lit et toqua doucement contre le métal du paravent de séparation qui offrait un brin d'intimité au malade par rapport au reste de l'infirmerie.

- Bonsoir, puis-je m'asseoir ? s'enquit poliment le jeune homme en essayant de cacher sa nervosité en resserrant sa prise sur le cuir vieilli qui servait de hanse de transport à son fusil.

L'ancien baissa son livre et présenta alors la chaise vide à côté du lit. Il mit un marque-page dans son livre avant de le poser sur la table de chevet.

- Bonsoir, Portgas, dit le marine avec un air sympathique. Installe-toi.

- Merci.

Ace alla s'installer sur la chaise qu'on lui présenta et retira le fusil de son épaule pour être mieux assis, l'appuyant entre ses jambes, avant de retirer son emblématique chapeau orange et de le mettre sur le canon. Il inspira profondément, avant de joindre ses doigts.

- Je veux déjà vous représenter mon regret pour les blessures et votre état actuel. J'aurais dû réfléchir deux secondes avant d'appuyer sur la détente.

- Je t'ai pardonné, t'inquiète. Et puis, ça m'apprendra à monter sur le pont avec mon uniforme sur le dos. Mais tes excuses sont agréables, gamin. Au moins, tu le fais, toi.

Aarch pensait sérieusement à tout ce que lui avait fait subir Javier et que ce dernier ne présente quasiment jamais d'excuses.

- Sinon, l'ancien est pas trop sur ton dos ? Il peut être plus buté qu'un D. parfois.

- Disons que même s'il m'empêche de partir, sa façon d'agir me change agréablement de Garp et de ses "Fist of Love" que je recevais quand j'avais le malheur de lui dire quelque chose qui ne lui plaisait pas. Que ça aille du simple menu du soir à mon refus de rejoindre les rangs de la Marine en passant pour son entêtement dans son refus d'admettre que ma force ne réside plus dans la puissance brute comme il le souhaitait par son éducation.

Ace regarda le vide un instant, se rappelant des disputes entre ses oncles et Garp sur la méthode d'éducation de chacun avant de hausser les épaules.

- Au moins, je sais que je peux casser du béton armé avec mon crâne sans blessure, grâce à lui.

- Garp devrait apprendre, au moins une fois, à connecter les deux poix-chiches dans sa cervelle autrement que pour récupérer les biscuits de Sengoku, je vous jure, grogna le marine. Certes, on peut le considérer comme un combattant puissant et dangereux. Mais, il est clair que niveau éducation, il n'a aucune compétence. On n'a pas tous de la force brute.

Il l'avait eu, mais le Grey Terminal la lui avait volée. Mais Ace n'était pas là pour ça.

- C'est un vieux un peu paumé. Il est clair qu'il a de l'affection, mais il n'a aucune compétence pour l'exprimer autrement que par la brutalité.

Après tout, il avait accepté sans sourciller son coming out et leur seule rencontre avec le logia sous la forme d'Ann, il l'avait genré et nommé dans ce sens. Il s'en faisait pour eux, mais il ne savait juste pas comment gérer et refuser d'écouter les pirates qui les connaissaient bien et en savaient un peu plus que lui sur le sujet.

- Je voulais vous remercier, dit Ace en arrivant finalement sur le sujet qui le taraudait. Je sais que Javier vous en fait voir au quotidien des vertes et des pas mûres parce qu'il n'est pas en paix avec son ressenti envers le défunt officier Bruno, et vous et Jonathan-san, par extension. Pourtant, vous avez laissé ça de côté et continué à nous protéger, mes frères et moi, alors que vous ne nous connaissiez pas et que vous aviez énormément à gagner en dévoilant l'affaire. Et pour cela, je ne vous serai jamais assez reconnaissant.

Toujours assit, Ace s'inclina profondément.

- Je ne suis pas marine pour tuer des innocents. Encore moins des gosses. J'avais beaucoup à gagner en dévoilant l'affaire, tu dis, répondit Aarch. La seule chose que j'aurais gagné, c'est du sang sur les mains et la sensation âcre d'être un monstre. Je pense que Javier sait que je n'arrête vraiment que les salauds et que c'est aussi pour ça que je suis monté dans les affaires internes… Je chasse les salauds qui se pensent au-dessus des lois parce qu'ils portent l'uniforme et les pirates qui aiment le sang. Et pour Javier, s'il venait me voir pour mettre les choses à plat, je lui donnerais ce que Bruno m'a laissé. Mais puisqu'il est un idiot, ça attendra chez moi tranquillement.

- Vous venez de me rendre foi en la profession, rit doucement le jeune. Vous devez être l'un des marines le plus humain qu'il m'ait été donné de rencontrer. Et ça m'en bouche un coin. En dépit de tout, vous restez accroché à votre idéal, jusqu'à ignorer la connerie d'un pirate, par fidélité envers vos idéaux. C'est pour cela que vous avez continué de nous protéger quand Javier a décidé de se "venger" quand le Buddha est descendu par chez nous pour la seconde fois ?

- Il a putain failli tuer ma fille avec sa merde.

- Je suis navré que votre fille ait été impliquée dans tout cela.

- Arrête de t'excuser pour lui. Tu n'es responsable de rien et tu n'as pas à avoir ses merdes sur ton dos. C'est bien un truc qui m'emmerde profond, aujourd'hui. C'est que l'on colle les erreurs et problèmes des parents sur le dos des gosses.

- Vous songez à la fille de Roger ? J'ai cru comprendre, en fouinant, qu'aucun crime ne pouvait lui être rattaché ne pouvant pas s'apparenter à de la légitime défense, pourtant, elle a une prime de quoi… cinq cent millions de berrys… ou six cent millions… il faut que je jette un œil sur les dernières mises à jour.

Aarch attrapa la cigarette de son paquet et revenint au plus jeune avec un air pensif. Le pirate leva son pouce pour offrir du feu et l'ancien remercia d'un mouvement de tête en mettant dans la flamme qu'était le pouce le bout de sa cigarette.

- A elle et à bien d'autres gamins ou gamines qui sont chassés pour X raisons. Et la dernière prime était de sept cent cinquante millions de berry.

Tant que ça ? Est-ce que c'était parce "qu'Ann" avait disparu de la circulation qu'on avait fait grossir autant sa prime ? Craignait-on que la "fille" de Roger prépare un mauvais coup ? Il aurait dû faire un tour du côté des rapports des officiers pour voir ce qu'on disait de son alter-ego.

- Elle n'a aucun crime réel sur le dos. Juste une histoire de propagande parce qu'ils ont peur qu'elle ait l'héritage de Roger, "le démon des océans", dit le marine en faisant les guillemets avec ses doigts. Roger était une andouille suicidaire, un con qui fonçait dans le tas et à qui je dois deux trois traumas. Mais un bon abruti qui a su mettre juste sur son "lit de mort" la plus belle épine dans le flanc du gouvernement. Beaucoup disent que Roger est un monstre. Oui, il est un monstre, si tu es assez stupide pour attaquer son équipage. Je me suis retrouvé deux trois fois dans les festins qu'organisaient Ed et Roger. C'est Roger qui m'a collé l'infâme surnom qui me suit encore aujourd'hui dans le cercle familial. Même mon vrai père s'amuse à me le coller sur le dos.

Ace avait eu un petit sourire à entendre un homme parler pour une fois en bien de son père, et ce, en sortant du cercle familial. Au village, à une époque, il avait posé des questions, mais on les avait soit ignorées, soit littéralement dit de s'adresser à ses oncles. Woop ne cachait pas sa haine, vrai, mais il la gardait pour Roger et n'arrêtait pas de dire à Ace de devenir une personne meilleure que son père. Dadan… il valait mieux ne pas parler du sujet. Alors, tomber sur un homme qu'il ne connaissait que des plaintes de Javier, des histoires de Rayleigh et des quelques rapports/articles de journaux, disant du bien de son défunt parent… c'était agréable.

- Comment vous en êtes arrivé là ? A être adopté par le vieux fou ? se renseigna Ace. Vous n'êtes pas un agent double, pourtant, aujourd'hui, c'est votre famille. Comment ?

- Lorsque Shirohige a commencé à se faire un nom, j'étais un jeune cadet de la Marine qui avait été envoyé dans le nouveau monde sur le G5. J'ai affronté Marco plusieurs fois lorsque l'ordre était donné. On va dire que j'ai découvert une chose sur certains de l'équipage que j'ai tues. C'est ce qui a intéressé l'ancien. Et puis, entre le griffon et le phénix, on a tendance à vouloir savoir qui était le seigneur du ciel. J'étais plus âgé et je dirais plus entraîné que j'ai plus souvent mis Marco au sol. … Nos combats étaient… Un défi pour l'un et l'autre. Thatch participait des fois en tentant de m'épingler avec ses épées et une fois, avec une fourche.

Aarch eut un sourire nostalgique avant d'écarter un morceau de la chemise et montrer alors une cicatrice juste au-dessus du cœur.

- J'ai un code d'honneur. Ça, t'as dû le comprendre. Nos combats étaient loyaux. Un pirate de Kaido l'a vu autrement. Marco était la cible d'une balle en kairoseki. Il ne l'avait pas senti ni vu. J'ai écarté Marco du chemin car il était mon adversaire. C'est ainsi que je me suis réveillé sur le navire, soigné pour la première fois par les pirates. La suite, l'ancien a décidé qu'il avait une dette et s'est mis en tête que j'étais, comme toi, son fils. Cinq ans où il n'a pas arrêté de me prendre à bord. Cinq ans de demandes. Cinq ans pendant lesquels les membres de l'équipage ont commencé à me voir comme "l'aîné" et moi, à avoir envie de les protéger et gronder lorsqu'ils faisaient les cons. A la fin, ils sont devenus une seconde famille.

Ace laissa tomber sa tête vers l'avant avec un soupir de désespoir.

- Je suis pas rendu si je veux me barrer. Le pire est que j'ai rien fait pour lui donner envie de m'adopter. Je peux être poli quand je veux, mais généralement, je suis un sale petit con doublé de merdeux si j'en crois mon amour de cousine. Je vous demanderai bien si vous avez un inconvénient contre un passager clandestin, mais je ne veux pas vous mettre en porte à faux avec le vieux fou et… je doute que vous vouliez vous retrouvez en victime collatérale de mon plan de vengeance un brin suicidaire et imprévisible qui risque de débarquer dans les deux semaines qui viennent.

Il se massa le nez. Il ne voulait que des réponses au départ sur ce qu'avait trouvé son père pour en faire l'ennemi public numéro un, et le voilà dans cette mouise totale.

- Je suis curieux de savoir ce que tu as demandé pour que l'ancien te veuille dans l'équipage. Et ça ne me dérange pas. Je ne suis pas toujours d'accord avec l'idée d'adoption forcée. Et je lui ai répété assez de fois. Donc, tu seras le bienvenu à bord du Bag-noz.

- Je suis navré, mais je ne peux me permettre de dire quelque chose qui sera retenu contre moi, déconna Ace. Je vais donc faire valoir mon droit au silence, vice-amiral Rhyddid.

- Accordé. Vous avez le droit à un avocat. Que je conseille en guacamole.

Cette fois, Ace eut un rire franc. Cela lui fit un bien fou. Il se noyait littéralement dans le noir avec cette situation. Il soupira, et se gratta la nuque.

- Sans entrer dans des détails trop personnels sur ce qui me motive, j'ai demandé à Shirohige les dernières confidences que lui a fait Roger sur ce qu'il a découvert au sujet du D., du Siècle Perdu ou même de Laughtale, et oui, j'ai dit Laughtale pas Raftel. J'ai essayé d'obtenir des informations auprès d'anciens, comme Crocus-sensei ou Silvers-san… et disons qu'il aurait mieux valu qu'ils me disent d'aller me gratter, ça m'aurait moins déprimé. Je sais aussi qu'il y a une partie de ces informations qui n'est pas entre les mains de Shanks et qu'on s'est promis de faire du partage d'information si on avançait dans tout cela.

Ace pinça ses lèvres et joignit ses mains autour du canon de son fusil.

- Disons que quand j'ai confronté Shirohige, vu qu'il n'a pas accepté m'a demandé polie, j'ai peut-être décidé que j'allais obtenir les informations par la force… et me voilà.

Aarch souffla un peu de fumée en forme de cercle et remit la cigarette entre ses dents.

- Personne ne sait ce que se sont dit Roger et Edward. Et le gouvernement mondial souhaite que cela reste secret. Et je vois un peu plus pourquoi l'ancien te veut. Peu, voire personne, ne poserait ainsi la question. Et puisque tu as décidé d'en venir à la force, ensuite, pour les avoir, tu as signé pour le pack d'adoption à ses yeux. Mes condoléances.

- Merci. Pour l'aide à la fuite, je garde en mémoire, mais je l'ai dit, d'ici deux semaines, on a soixante pour cent de chance de finir avec un ouragan sur la figure et vous ne voulez pas le subir celui-ci, puisqu'il a ma Vivre Card, j'ai bien peur, et que je l'ai titillé justement pour me venger de Shirohige. J'espère que vous serez rétabli avant qu'il n'arrive.

Aarch grogna en regardant son genou du coin de l'œil avant de revenir au plus jeune.

- De toute façon, je ne peux pas disparaitre de la Marine trop longtemps. Ils le savent. Donc, je partirais même si Cassandra dit non car elle sait que ça peut être un danger. Et qui as-tu emmerdé pour faire déclencher un ouragan ? Je demande car si c'est ma fille que tu as emmerdée, je te livre personnellement.

- Je ne joue pas pour cette équipe, soyez rassuré. Outre être un mauvais patient, si je la fais chier, ça sera par accident et maladresse parce que si j'en crois l'un de mes frères, j'ai les compétences sociales d'un homme de Neandertal. Il se pourrait cependant…

Ace regarda vers le plafond avec un tout petit sourire et un air innocent alors qu'on voyait parfaitement sur son crâne des cornes de diablotin.

- … que durant la dernière escarmouche avec les autorités, Marco ait fait mention un peu trop fortement de ma présence à bord du Moby Dick. Et je crois qu'il a dit ça alors qu'il était littéralement assis sur Bogard qui devait aller récupérer Garp en permission à Dawn… faut que j'appelle la maison, je dois savoir si je dois enterrer Lu' ou si le singe a réussi à réchapper au vieux fou.

- Je serais bien resté pour regarder le spectacle. Mais je dois assez de migraine à cause de Garp pour ne jamais rester dans la même pièce et encore moins, le même navire. Mais, P'tite Plume a intérêt à me faire un compte rendu de cette visite-là. Sauf si tu veux t'y coller.

- Je risque pas d'être apte physiquement à faire un compte rendu. Si j'arrive à bien jouer mon coup, je réussirais à hijacker le navire du vieux pour me barrer avec Iro. Sinon, je serai bon pour une énième hospitalisation et pour une fois, ça ne sera pas entièrement de sa faute parce que je l'aurai cherché. Mais je suis certain que Marco se fera un plaisir de vous faire ce rapport.

Ace se leva.

- Merci d'avoir accepté de m'accorder un peu de temps. Je vais vous laisser vous reposer.

- Pas de quoi, Portgas. Ça a été agréable d'avoir une discussion avec toi. Je devrais dire à Javier de prendre exemple sur toi.

- Je veux une photo de sa tête le jour où vous lui sortirez ça. Bonne soirée.

Ace remit son fusil à son épaule, son chapeau sur la tête pour quitter l'infirmerie devant laquelle patientait Iro. Sur le seuil, le logia s'arrêta et fit demi-tour pour passer une tête par le paravent pour adresser un dernier mot à Aarch.

- Si je peux vous faire une petite recommandation… je crois savoir que Hina, qui a bien failli me coller un arrêt cardiaque à Marine Ford pendant qu'elle cherchait Sarah, est une bonne amie de l'officier Smoker de Loguetown. Je vous dirais bien de jeter un œil sur les états de services et de poser quelques questions à la Dame de Fer sur son vieil ami. Vous me remercierez plus tard. Votre fille… meh, ça dépend. Bonne soirée.

Et le D. quitta à nouveau la pièce.

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Au bout de trois jours, le griffon avait eu l'autorisation de l'infirmière de quitter l'infirmerie, vu que le repos et les bons soins des deux blonds à la tête du service médical l'avait remis sur pied. C'est pour ça qu'il se permit donc de descendre dans la cale pour aller trouver Ace en suivant les indications des pirates. Il le trouva comme on le lui avait dit dans le fond de la cale, derrière quelques caisses, avec un futon pour dormir. A côté, son sac de voyage classique, plus celui de sport contenant les vêtements qu'il avait rachetés entre temps vu sa situation. Le D. était assis contre la paroi du navire, droit, dans une posture un brin forcée comme s'il cherchait à redresser sa posture pendant qu'il lisait un livre de poche en prenant des notes à côté de sa main gauche sur un cahier de brouillon qu'il avait sur une caisse. Vu sa tête, il n'aimait pas ce qu'il faisait.

- Matière dépréciée par l'élève, s'amusa alors Aarch. Joli nid.

- Je cherche encore et toujours la tombe de Socrate pour lui dire ce que je pense de la philosophie. Ou peut-être juste l'enseignant complotiste qui a écrit ces leçons et exercices, soupira l'étudiant en refermant son livre. Je peux faire quelque chose pour vous, officier Rhyddid ?

Immédiatement, Iro vint se rouler en boule sur ses genoux, ses yeux ambrés sur le zoan en approche.

- Pour Socrate, petit conseil. Il n'y a jamais de bonnes ou de mauvaises réponses. C'est la démarche de se poser les questions qui importe dans ses écrits. Sinon, je voulais te poser quelques questions, si tu as le temps et l'envie.

- Tout plutôt que continuer avec cette source de migraine. La philo, ça me frustre tellement que je suis obligé…

Il retira l'anneau de kairoseki de l'arcade de son oreille et fit craquer sa nuque.

- … de me mettre sous kairoseki pour ne pas m'enflammer de frustration.

Il le rangea dans sa poche et en caressant sa panthère, regarda son visiteur.

- Navré, je n'ai aucun siège à vous proposer.

Le griffon se contenta de changer en semi forme pour s'asseoir confortablement sur ses membres arrière, les ailes lui servant d'appui en plus.

- Je ne vais pas te déranger longtemps. C'est surtout des questions qui m'ont taraudé à cause de ton oncle, Javier. Enfin, tu es bien le fils de Rouge, n'est-ce-pas ?

- Oui, et ? demanda avec une méfiance subite le brun.

- Ne te stresse pas comme ça. Bruno-sensei m'a parlé de Javier et Rouge. Et j'ai appris la mort de cette dernière bien cinq ans après son enterrement. Je te présente déjà mes condoléances.

Le soldat baissa alors la tête respectueusement vers le plus jeune pour montrer que oui, il était sincère sur ses paroles. Ace resta silencieux un moment. Il craignait que l'on sache que c'était elle la maîtresse de Roger. Il resserra sa prise sur son amie à poil qui lui léchouilla les doigts d'un geste rassurant.

- Merci. De ce que Garp m'a dit, elle est morte avec moi dans ses bras, juste après m'avoir donné mon nom. Je n'ai d'elle que les histoires de Javier et Amelia et quelques photos qu'ils m'ont ramené de Baterilla.

- Je ne l'ai pas connue personnellement non plus. Bruno en parlait avec fierté. Tu lui ressembles, au fait. A quelques détails près, tu pourrais te faire passer pour the Quiet One.

La queue de Aarch s'agita alors que le marine tendait l'oreille puisqu'on pouvait entendre des personnes passer non loin. Il revint à Ace, un peu plus sérieusement.

- J'ai besoin de confirmer quelque chose, cependant. Et je ne te dérangerais plus ensuite même si ta réponse sera d'aller me faire voir ailleurs.

- J'en étais plus au point de considérer une attaque contre Shirohige, alors, toute distraction est la bienvenue, donc, dîtes-moi.

- Lorsque Javier m'a demandé de planquer ses déplacements, il n'a pas daigné donner d'explications. Je n'ai eu que des brides pendant des années. Et je n'ai pas cherché car je me doutais que ça attirerait le regard de certains. Je veux juste savoir si ça en valait la peine. Tu en fais partie. On m'a dit qu'il y en avait d'autres. C'est vrai ?

Ace leva trois doigts.

- Je suis l'aîné. Le cadet a deux mois de moins que moi et a été adopté quand on était gosse. Le benjamin…

Un sourire amusé apparut sur le visage du brun.

- Il sera Kaizoku Ou. Sab' et moi, on a pris le large avant que Garp ne décide de nous faire entrer de force dans l'armée. Lu' en a encore pour un peu plus de deux ans avant de se barrer à son tour. Et le monde n'est pas prêt pour ce petit idiot.

Son expression devint nostalgique. Il avait hâte de revoir ses frères. Ils lui manquaient plus qu'il ne l'aurait cru. Aarch eut un sourire.

- Les frères cadets… Une source perpétuelle de sourire et de cheveux blancs, n'est-ce pas ?

- J'ai mangé mon akuma no mi pour Lu'. Il était juste tellement déprimé en apprenant que le fruit bizarre qu'avait laissé traîner sur le comptoir Shanks n'était pas le dessert mais un akuma no mi. Il était persuadé que ça l'empêcherait de devenir un pirate. Pour information, Shanks, avant de devenir Yonkou, a usé de notre village comme sa base pendant une petite année, d'où le fait qu'on soit familier avec lui. Lu' a essayé à plusieurs reprises de se faire prendre à son bord avant que le roux s'en aille définitivement, il lui hurle qu'il le dépasserait et deviendrait le roi des pirates.

Ce n'était pas toute la vérité mais Aarch n'avait pas besoin de savoir le reste. Et le marine eut un petit sourire en coin mais ne dit rien, enchaînant sur un autre sujet.

- Je sens que ton cadet va être une source d'amusement pour moi, ces prochaines années, lorsqu'il entrera dans la piraterie. Et je me doute que l'un de vous trois est lié à Garp. Souhaite que ce dernier se la ferme sur la parenté. Sinon, dernière question qui n'a rien en rapport. Tu as pu contacter ton équipage ?

Ace était tenté de dire que c'était justement le petit dernier le petit-fils de Garp, mais le dire serait mettre un écriteau sur sa tête "coucou je suis le fils de Roger", et même si le marine était cool, le pirate n'était pas assez stupide pour ça.

- Ouais. On avait de l'argent de côté et ils sont assez débrouillards. On a un rendez-vous sur une île… et les connaissant, ils doivent parier sur le nombre de tentatives ou le temps que je mettrais pour revenir…

Cela lui fit tirer une tête de six pieds de long.

- J'aurais perdu tout ce temps… toutes ces semaines, en ayant rien gagné de plus qu'un vieil emmerdeur en plus alors que j'ai déjà Garp au cul.

Le seul truc positif de tout ça, c'était Marco. Il n'osait imaginer ce que son départ signifierait pour leur relation un peu étrange, mais il savait qu'il était hors de question qu'ils perdent contact.

- A mon avis, ce ne sont jamais des temps perdus. L'ancien pourra t'apporter les réponses que tu cherches à un moment. Allez savoir ce que l'avenir nous prépare. Bien, je vais te laisser réviser ta philosophie. Si tu veux une nouvelle discussion ou simplement une partie de cartes, je suis sur le navire encore deux jours. Fais-moi signe si tu veux que je te dépose quelque part.

Le marine commença à se redresser pour passer la porte. Il s'arrêta juste au seuil et regarda le jeune pirate.

- Tu as le choix ici. Même si l'ancien est une tête de mule. Et évite Teach.

- Alors, le choix, pas tant que ça, vu que le vieux vient me chercher en personne à chacune de mes tentatives et pour Marshall…

Un frisson de dégoût secoua Ace.

- Je dirais bien que moins je le vois, mieux je me porte, mais j'ai cette voix dans le crâne qui me dit que je ne sais ce qu'il peut préparer comme merde si je ne le garde pas à l'œil. Il me laisse une sale impression et c'est un euphémisme comparable à celui de dire que le soleil, c'est chaud. Merci pour la proposition, en tout cas. Je peux juste vous demander un service, parce que j'ai l'impression de ne pas parler la langue commune dans le cas en question…

- Envoie, dit alors le plus ancien.

- Dîtes à cet abruti de première qu'est Thatch que s'il continue à essayer de me soudoyer avec ses cookies, je vais les lui enfoncer là où il ne veut pas et le forcer à les bouffer pendant qu'ils sont encore dedans. Et qu'on me dise pas que c'est physiquement impossible, parce que pour que ça puisse se faire, je suis apte à retirer les morceaux pouvant rendre l'opération irréalisable.

Aarch explosa de rire et donna un sourire presque amusé par pareille menace.

- Je lui dirais, ne t'inquiète pas. Et de façon assez compréhensible pour qu'il ne t'importune plus avec. Mais, juste par curiosité, tu y as goûté ?

- J'ai la tête d'un gosse de cinq ans qui se fait avoir par des cookies proposer par son kidnappeur ? demanda d'un ton presque vexé le jeune homme.

- Ça explique tellement, dit alors Aarch avec un sourire. Et non, tu es un adulte et non pas un gosse. Mais si tu veux voir du chaos et que Thatch ne m'a pas écouté... Place-les sur un plateau au centre du pont et admire le spectacle. Mais je lui ferai comprendre qu'il agit exactement comme les personnes contre qui il met en garde sa fille. Passe une bonne journée, Portgas.

- A vous aussi. Et je vais garder l'idée sous le coude si j'ai besoin d'une diversion… quoique non, finalement, ne lui dîtes rien. Si ça peut faire du chaos, ça peut m'aider à fuir.

Ace agita un doigt, réfléchissant déjà à comment procéder. L'entêtement du cuisinier pouvait peut-être marcher dans son sens.