Bonne année, bonne santée et meilleur voeux ! On continue en 2025 nos aventures, et Ace, bah il a décidé de montrer aux Shirohige qu'il est tout sauf un gosse. Donc, en marche !
Misstykata : Les lamas en savent toujours trop.
Yuwine : ... j'ai une armée de peluches à côté de moi pendant que je corrige, donc, je plaide coupable.
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Ace avait disparu. Et aucun des Spades ne se faisait de souci. Ni Marco. La source responsable des migraines locales n'était plus à bord sans qu'on ne sache le pourquoi du comment.
- Il devait faire une course pour une de ses amies, avait dit Patrick quand Edwin lui avait posé la question. Il devrait revenir avec des trucs intéressants.
Cela avait tiré un regard dubitatif au plus ancien, mais Patrick n'avait rien de plus à dire. Et Shirohige ne poussa pas, même si le manque de surprise de son premier commandant lui faisait dire qu'il devait être au courant. Mais son fils recommençait enfin à vivre, et même à dormir, il n'allait pas lui demander de mettre en péril ce qui le rendait heureux pour lui, cela aurait été être un mauvais père. Sans compter que si personne ne se faisait de souci, c'était que la disparition était normale. Et l'équipage du logia ne changea pas son comportement. Patrick prenait sans souci le commandement et personne ne le remettait en question dans la bande. Alors, pourquoi s'en faire?
Ace réapparut quelques jours plus tard avec Iro sur un voilier jaune une place qui avait l'air plus tailler pour la vitesse que pour le confort vu que le jeune devait littéralement s'asseoir à la base du mât pour ne pas rester debout. La panthère n'était pas en vue. Vu la vitesse à laquelle le jeune avançait, il devait avoir un moyen d'user de son logia. Quand l'embarcation arriva au niveau du Moby Dick, ses gars avaient déjà ramené des cordes pour lui permettre de remonter son engin sur le pont. Iro sortit d'un renforcement à l'avant de l'appareil et se jeta sur le bois du navire pour l'escalader avec l'aide de ses griffes le temps que son camarade attache les cordes pour remonter son vaisseau, puis les utiliser pour lui-même monter à bord. Il prêta main forte à ses gars pour monter le petit navire qui se retrouva bientôt sur le pont. Comme si de rien n'était, comme s'il n'avait pas disparu un beau matin sans un mot ni explication pour les Shirohige, le jeune capitaine se mit à démonter la machine. Jusqu'à ce que Thatch débarque, les poings sur les hanches et un air presque moralisateur.
- On peut savoir où tu étais?
A genoux devant son appareil, Ace tourna partiellement sa tête vers lui.
- Qu'est-ce que ça peut te foutre? T'es mon père peut-être?
- On s'est fait du souci pour toi, gamin!
- Oh, je suis telleeeement touché! Maintenant, j'ai moins de regret avec mon retard.
Et il revint à Patrick à qui il était en train de parler précédemment.
- Donc, ouais, j'ai pu faire ce qu'il fallait, mais Garp est tellement hors de lui, j'ai bien cru qu'il allait me noyer. J'étais presque à deux doigts de filer à Elbaf pour me cacher chez Shanks.
- Tu devrais voir un psy pour parler de ce trauma, lui dit sérieusement son second.
Kali laissa tomber entre eux la housse de l'appareil et retourna dans son coin. Ace leva juste une main en remerciement et entreprit de ranger l'engin.
- Je suis responsable de ta peau, t'as oublié? demanda Thatch.
- Je suis majeur, mec, même mes oncles peuvent pas prétendre être responsable pour moi, alors, lâche-moi, lui répondit le brun.
Il s'arrêta dans sa tâche et avec ses gars, regarda Marina traverser le pont avec une peluche en main pour rejoindre Kali qui lisait près de la proue du navire. L'elfe leva le nez de sa lecture et accepta avec perplexité la peluche. Elle fixait littéralement Marina comme si elle avait deux têtes quand la demoiselle, toujours sous sa capuche et ses lunettes emoji, s'assit en souriant à côté d'elle.
- J'ai loupé un truc?
- Miss Emoji a accepté de traîner avec des filles de Shirohige. Elle aurait voulu que Kal' le fasse avec elle, mais tu la connais… explicita Patrick alors que Thatch tapait du pied d'agacement à côté.
- Je vois.
- Thatch, arrête, appela Shirohige qui buvait tranquillement le Yonkou depuis son siège.
Le cuistot et les Spades se tournèrent vers l'ancien qui ne les regarda pas. Il prit son temps pour boire une nouvelle gorgée du tonneau qui lui servait de chopine avant de se justifier:
- Ace n'est pas un membre de l'équipage, il est avec nous dans un but de partenariat. Ton inquiétude est touchante, mais il est assez responsable pour s'occuper de lui et de ses hommes. Il n'a pas à nous répondre.
Thatch plissa les yeux et tourna la tête pour voir Ace lui tirer la langue dans un geste très infantile. Le logia termina son rangement et se releva, attirant avec lui son engin dans sa housse. Il le mit à son épaule avec une grimace et disparut dans le navire aussi vite que son dos et le poids sur ses épaules le lui permettait, ignorant le journal qui arrivait à cet instant, avec, en Une, des informations concernant les déboires de la Marine face à la fille de Roger qui avait décidé de faire parler d'elle à l'autre bout du Shin Sekai. D'où pourquoi Ace avait disparu, apparemment.
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Marco entra dans la cabine quand Ace l'y autorisa. Le logia s'était installé par terre, entouré de dossier ouverts avec des feuilles volantes. Il avait une planche sur un genou sur laquelle il semblait mettre au propre des choses de son calepin qui était sur l'autre.
- Tu veux pas te mettre au bureau pour travailler?
- Nan. J'ai trop de documents à croiser avec ce que j'ai récupéré pour me le permettre. J'ai besoin de tout étaler.
- Je peux m'y asseoir alors?
- Iro, descends.
La panthère se matérialisa sur la chaise avec un air outré mais Ace tapota le lit derrière lui à l'adresse de sa camarade qui descendit donc du siège pour louvoyer avec précaution entre les différents papiers sur le sol. Elle s'allongea sur le matelas, les pattes avant sur les couvertures proprement pliées, et reprit sa sieste là où elle l'avait laissée, sa couleur se fondant à nouveau dans le décor. Alors, sur la pointe des pieds pour ne marcher sur rien de possiblement important, Marco rejoignit la chaise pour s'y asseoir en tailleurs:
- Tu as obtenu des choses intéressantes?
- Ann, en tout cas. J'ai pris le tout, qu'on ne comprenne pas ce après quoi j'étais vraiment. Je devais récupérer des infos pour une amie informatrice en vue d'un échange.
- Le genre d'informations que ton oncle Javier ne peut pas te fournir, yoi?
Ace ne répondit pas à la question, mais la légère raideur de ses épaules disait qu'il y avait quelque chose dedans. Marco pencha la tête avec perplexité et un sentiment d'inquiétude.
- Il lui est arrivé quelque chose?
- On s'est disputé. Sur le fait que je sois revenu à bord. On a eu des mots stupides des deux côtés, mais ce qu'il m'a sorti m'a mis tellement hors de moi que je n'ai pas eu envie de lui prouver le contraire en lui expliquant le pourquoi du comment et j'ai préféré raccrocher.
- Oh. Et qu'est-ce qu'il a dit pour t'énerver autant?
- Que je faisais passer ma libido avant l'essentiel au point d'en oublier ma fierté et… et je préfère pas finir de rapporter ce qu'il a dit, rien que d'y penser, ça me met en rogne. Je me suis expliqué avec Sabo, j'ai même pu me justifier auprès d'Amelia et Luffy… mais Javier… On est très impulsif lui et moi. Et peut-être trop fier. C'est pas demain qu'on recommencera à se parler.
- Je suis navré, Ace.
- T'excuse pas, t'y es pour rien. Mes gars et moi, on a fait un choix. Un choix pour aider des gens qui en ont besoin. Comme je l'ai dit à Javier, il n'est pas mon père, il ne m'a pas élevé, s'il n'est pas capable de comprendre comment je marche, alors, il y a deux options. Soit il ne connait pas sa propre famille, soit, nous ne sommes pas une famille, et ne faisons que partager du sang et un nom.
Marco se leva avec précaution de sa chaise et vint s'asseoir à côté de son compagnon pour l'embrasser sur la tempe, tirant un bref sourire triste à son jeune amant.
- Tu veux de la compagnie, ce soir? Je propose un oreiller de plume, rien de plus, yoi.
Ace s'arrêta un instant, avant de reprendre ce qu'il faisait, l'œil étrangement brillant et des joues rosées.
- Merci.
- Je suis là pour ça, yoi. Tu vas où comme ça, mademoiselle Sarah?
La demoiselle s'arrêta alors qu'elle passait aussi discrètement que possible derrière la porte entrebâiller.
- Ma chambre? répondit avec innocence la demoiselle.
- Et pourquoi tu juges utile de te faire discrète?
- …Papa m'a laissé le saladier de pâte et je veux pas qu'on me le pique…
Marco eut un grognement en se massant le nez.
- Il fait des cookies?
- Oui.
- Je me ferai un plaisir de lui rappeler de m'avertir quand il décide de faire des cookies, yoi. Allez, dépêche-toi de te mettre à l'abri.
Les pas de la demoiselle passèrent rapidement devant la porte pour descendre le couloir et la cabine de la petite claqua avant de se verrouiller.
- J'ai loupé quelque chose? demanda Ace.
- Thatch fait des cookies. On va avoir des disputes sur le pont. Une bande d'affamées. De sauvages, yoi. On peut donc dire qu'on aura des blessés. Et un petit moment tranquille avant que la folie ne se finisse et qu'un médecin ne soit pas appeler sur le pont, yoi.
Ace regarda ce qu'il faisait, posa le tout sur le côté après un instant d'hésitation, puis s'assit littéralement sur une cuisse de son amant avec un sourire de morveux.
- Assez de temps pour s'amuser?
- Navré de te retirer ce sourire, mais non, pas assez. Sauf si tu veux que l'on fasse tout ça en accéléré, mais ça serait louper la moitié du fun, yoi.
Le sourire du logia disparut de son visage pour laisser place à une moue triste. Qui ne resta pas longtemps quand les bras du blond s'enroulèrent autour de lui pour le rapprocher de sa poitrine pour pencher la tête afin qu'ils puissent s'embrasser. Ace enroula ses bras autour du cou de son compagnon pour répondre au baiser.
Le travail attendrait. De toute façon, avant la grosse réunion début septembre avec tous les commandants de Shirohige, à Sphinx, Ace ne pouvait pas avancer énormément sur le cas de Kaido. Il pouvait s'accorder une pause réconfort.
Et malheureusement, il ne fallut pas longtemps pour que Marco se retrouve avec une marionnette sans fil entre les bras quand une crise frappa son jeune amant, lui faisant perdre connaissance.
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Cela avait été une véritable bataille. Un pugilat digne de gamins de maternelle sur un navire pirate où la moyenne d'âge était quarante ans. Tout ça parce que Thatch avait décidé de faire des cookies pour faire passer sa frustration devant le comportement d'Ace. Et vu que le logia avait eu une crise de narcolepsie, Marco n'avait plus d'excuse pour ne pas monter mettre de l'ordre dans la bagarre sur le pont. Parfois, il avait l'impression d'être en face d'une bande de gosses. Au moins, son intervention limita les blessés. Et l'intensité de sa migraine. Et il ne pouvait pas trouver des mots pour dire à quel point il était reconnaissant d'avoir Chris à bord quand il commença à tirer les pirates inconscients jusqu'à l'infirmerie, suivi par Strike qui tirait un blessé par le col de la chemise.
Et on disait d'eux qu'ils étaient de féroce pirates. Bon sang, y'avait de quoi remettre en doute la véracité de leur réputation avec ça.
Avec une partie de l'équipage hors-jeu et l'autre savourant les cookies remportés dans l'affrontement, l'après-midi fut assez calme, outre un ou deux affrontements de plus quand quelqu'un découvrait des cookies traînant encore dans le coin. C'était pour ça que Thatch devait prévenir les médecins quand il en faisait. Pour qu'ils soient prêts à gérer le résultat des imbécilités derrière.
Puis, le Shin Sekai décida de faire tomber l'orage sur eux, les envoyant quasi tous à l'intérieur peu avant le dîner. Comme à leur habitude, les Spades prirent le dernier service (histoire de pas laisser Ace manger seul, ils devaient se serrer les coudes), avant que tout le monde ne vaque à ses occupations. Ceux du premier quart prirent de quoi s'abriter pour rejoindre le pont et les autres retournaient à leur dortoir pour la nuit. Ne restait plus que les Spades dans le réfectoire avec Marco qui était le médecin de garde pour la soirée mais qui n'avait plus de patient pour l'instant. Le blond avait juste pris un livre pour se percher dans le fauteuil de Shirohige afin de se mettre confortable pour bouquiner. Ace avait monté sa guitare pendant que ses gars avaient sorti le UNO. Kali s'était fait son nid dans sa queue pour parcourir un de ses livres ésotériques qu'elle demandait à Ace de garder caché pour elle.
La soirée était sympa, avec les rires et les cris de frustrations des joueurs.
Marina venait de coller une carte piège à Chris quand le rire particulier de Teach les fit se retourner vers l'entrée du réfectoire pour voir les gars de la seconde flotte entrer à leur tour.
- Boooh! Regardez ces gosses, ils jouent à un truc qui n'est même plus de l'âge de Sarah! déconna un des mecs.
- Au moins, on a pas besoin de la supervision d'un commandant pour s'assurer que ça ne finisse pas en bagarre et c'est une bonne façon d'exercer l'esprit de stratégie et de bluff, rétorqua Patrick alors que les quatre joueurs du moment retourner à leur partie.
- Oh, donc, vous n'êtes pas tenté par une partie de poker? proposa Edwin en agitant son paquet.
- Si t'espère nous dépouiller, t'es mal tombé, on joue pas d'argent, lui dit Robb qui devenait de plus en plus rouge à chaque carte qu'il piochait.
Il finit par poser le paquet qu'il avait en main pour continuer de piocher sous le rire de ses camarades, avant de coller un changement de sens qui fit grogner Oilonev.
- Vous êtes des petits joueurs. Ou alors, le gosse est plus sévère qu'on le croirait, nota Eric d'un ton moqueur.
Les Spades se regardèrent d'un air blasé alors que Marco avait arrêté sa lecture pour intervenir en cas de bagarre.
- Vous avez pas besoin de la supervision d'un commandant, justement, pour jouer de l'argent? se renseigna Ace en reposant sa guitare.
On lui pointa du pouce Marco. Oui, vrai, il était là, donc, techniquement parlant, ils étaient sous surveillance. Le logia regarda ses gars, leur demandant en silence s'ils devaient prendre la peine de leur donner une leçon ou pas. Les hochements de tête furent son unique réponse.
- Kali. Chifoumi? demanda Ace en se tournant vers la zoan.
L'elfe changea sa façon de tenir son livre pour se libérer une main sans se détourner de sa lecture.
En trois round, l'affaire fut pliée et la zoan remporta le droit d'apprendre aux anciens pourquoi on ne pariait pas d'argent chez les Spades.
- Je vais chercher la mise. Je vous recommande de choisir vos meilleurs joueurs, soupira Ace.
Il quitta le réfectoire alors que le jeu de UNO était rangé par les Spades.
- Attendez… vous voulez vraiment coller la gamine contre nous? s'amusa Teach.
La «gamine» en question eut un rictus qui dévoila ses crochets de venin.
- Ben on sort les gros guns, c'est bien normal, sourit d'un air amusé Patrick.
- Non, sortir les gros guns, ça aurait été Ace et Kali en équipe, pointa Chris.
Le logia revint à cet instant avec une amphore de terre cuite scellée par de la cire et précieusement enveloppée dans du tissu.
- Bah alors, vous vous êtes pas encore installés?
Avec un claquement sec, Kali referma son livre et se leva, retrouvant immédiatement ses jambes. Elle alla s'asseoir à la table à laquelle elle s'accouda avec un ennui apparent. Les Shirohige se regardèrent et Eric fut poussé devant la brune. Il se racla la gorge, gratta frénétiquement sa tignasse bleu électrique, avant de finalement s'asseoir. Ce fut Edwin qui se chargea de distribuer les cartes pour le duel, avant qu'Ace ne pose sur la table l'amphore.
- Dix kilos d'olives rouges de Baterilla. Voici la mise de départ de ma camarade.
Plusieurs pirates manquèrent de s'étouffer. C'était comme si Ace venait de déposer dix lingots d'or sur la table.
- Pour quelqu'un qui interdit les jeux d'argents à son équipage, ça fait un peu beaucoup, nota Teach.
- Je compte juste sur Kali pour vous apprendre une leçon. Voici comment ça va se passer. On est un nombre équivalent. Alors, à chaque fois que quelqu'un se fait battre, il se fait remplacer, jusqu'à ce que l'on soit tous fauché. C'est bon pour vous?
- La question est plutôt pour vous, pointa Edwin.
- On se refait une partie ou y'a du pop-corn de prêt pour assister au spectacle? demanda Robb à ses camarades.
- Je vais les chercher, annonça Marina dont les emojis de ses lunettes avaient des sourires de diablotins. Y'a des Kitkats à bord?
- Il est encore temps de reculer, Edwin, yoi, dit simplement Marco avec amusement. Cassandra a la clef de la réserve de bonbons. Sinon, Sarah aurait déjà fait main basse dessus.
Et la demoiselle s'en alla récupérer les cochonneries pour assister au spectacle.
- Kali. Je compte sur toi pour ne causer aucun incident qui pourrait te faire avoir des cheveux blancs? demanda Ace avec un air entendu.
- C'est une occasion comme une autre pour m'entraîner, dit simplement la brune.
Elle ramassa ses cartes, ferma un instant les yeux, puis commença à les organiser dans sa main. Mais à chaque fois qu'elle en touchait une, la valeur dessus changeait, et ça, Ace le vit parfaitement en passant derrière sa camarade pour rejoindre le reste de son équipage pour apprécier le spectacle. C'était peut-être de la triche, mais ils étaient des pirates. Tous les coups étaient permis.
- Vous voulez vraiment qu'ils se fassent dépouiller, n'est-ce pas, yoi? demanda Marco avec lassitude.
- Disons qu'après ça, ils apprendront à apprécier le UNO à sa juste valeur, lui répondit Patrick. Et puis, ça lui fait un bon entraînement, du moment qu'elle ne va pas trop loin. Tu m'entends, ne les enterre pas trop profond, Kal'.
L'elfe lui adressa un majeur pour toute réponse alors qu'elle récupérait déjà la mise de Éric. Loin de s'avouer vaincu, il en remit une dose pour repartir sur un autre tour alors que Marina revenait avec des saladiers pour profiter du spectacle, suivi par un Thatch intrigué. Ace offrit même du pop-corn à Marco qui secoua la tête avec lassitude et amusement. Ace se servit largement. Comme quoi, les talents de Kali ne résidait pas que dans la fabrication des têtes réduites.
Éric refusait de s'admettre vaincu. Il mettait tout ce qu'il avait sur lui, il était à deux doigts de retirer jusqu'à ses propres vêtements quand Ace l'arrêta.
- Tu fais ça, et elle te tue. Je ne te menace pas, je t'empêche de faire une connerie. Si t'as plus rien à mettre sur la table, va falloir déclarer forfait, lui dit le logia.
Avec agacement, l'homme jeta ses cartes sur la table et se leva pour laisser sa place alors que Marco se désignait comme juge et banque, et se décida de remélanger les cartes pour les distribuer. Cela ne fit même pas tiquer Kali qui garda son visage de marbre. Ce n'est pas non plus cela qui fit que les Spades se privèrent du grignotage.
Disons qu'à la fin de la soirée, quelques pirates avaient mal à l'estomac et d'autres apprirent pourquoi on ne pariait pas d'argent en jeu de cartes. Le comment Kali avait réussi à mettre sur la paille ces hommes, ça resterait un mystère pour la majorité. Elle se contenta de prendre la liquidité et de leur laisser tout ce qui était leurs bijoux et autres objets de valeurs sentimentales.
- Tu vas faire quoi avec tout ça? Si tu veux de l'aide pour tout dépenser, j'ai bien une ou deux idées, proposa Oilonev.
- J'ai mes yeux sur le Lemegeton Clavicula Salomonis. Je n'ai pas besoin de toi pour dépenser l'argent. Et suivant ce qu'on me sort en librairie, j'aurais encore assez pour me tourner vers le marché noir pour obtenir quelque chose de plus controversé. Comme le Liber Ivonis, par exemple. Quoiqu'il y a aussi le Livre de Dzyan qui me fait de l'œil.
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Début septembre 1518
Sphinx était une île paisible et la preuve même de la réussite de l'adage «c'est avec de l'argent sale qu'on construit des hôpitaux». C'était un coin simple et paisible, avec des habitants heureux. Le monde ne demandait rien de plus sur ce petit bout de paradis terrestre. C'était presque à se demander si on était toujours dans le même univers quand on posait le pied sur cette île.
Malheureusement, Ace n'eut pas vraiment la tête pour en profiter. L'équipage au grand complet s'était donné rendez-vous ici. C'était l'occasion de présenter les Spades, et bien entendu, le logia se fit charrier par certains qui l'avaient vu se débattre contre l'adoption. Il est donc logique que quelques-uns se retrouvent avec les fesses bien cuites. Une fois le charivari apaisé, on appela une réunion de commandants, Ace inclus (à son plus grand désagrément). Assis à la gauche du Yonkou, le brun prenait des notes sur les points importants menés sur la table par les différents commandants. Autant avoir de quoi payer s'il devait recourir aux services de Shakky ou d'Estia.
Puis, ce fut la nouvelle répartition des commandants. Comme expliqua Thatch à Ace (il était son voisin de gauche direct), Marco et lui ne quittaient pas le Moby Dick, parce qu'ils étaient les garants de la santé de Shirohige. Pour la première et quatrième flottes, ce qui tournait, c'étaient les groupes qu'ils envoyaient avec tel ou tel commandant ou qui restaient à bord. Enfin, Shirohige donna ses directives à chaque groupe, avec quelques interventions de Marco pour souligner un personnage, une île ou une situation particulière. Les remarques et objections furent abordées tour à tour, menant parfois à des modifications dans les plans.
Cela durait déjà deux heures, et c'était sans prendre en compte la crise de narcolepsie que le D. fit au beau milieu. Deux heures de gribouillages et d'ennuis, avant que le jeune ne puisse voir le sujet qui l'intéressait sur le tapis: Kaidou.
- Puisque le vieux sénile a oublié de le préciser, je vais vous le dire immédiatement, histoire de mettre les choses au clair avant de commencer, dit Ace quand on lui laissa la parole. Je ne suis pas un des vôtre. Je ne suis pas ici par plaisir. Ceci est un partenariat dans lequel je me suis fait avoir. Mon but, c'est Kaidou. Une fois le gars hors du tableau, mes hommes et moi, on se casse.
Il balança son stylo sur Haruta qui venait de rouler des yeux, provoquant une protestation de la cible.
- La première chose à faire, c'est de faire stagner son armée. Et première nouvelle pour vous, il n'a que rarement recours à de vrais zoans. Trop aléatoire et trop cher. C'est pour ça qu'il a recourt à un fruit artificiel, le SMILE. Mais même cette solution n'est pas parfaite.
- C'est quoi l'autre versant de la pièce? se renseigna Vista en lissant ses moustaches.
- Pleasures. Les pions jetables de Kaidou qui rient de tout et n'importe quoi. Ce sont les malchanceux de l'histoire. De ce que ma source m'a rapporté, seul dix pour cent des consommateurs du SMILE développent un vrai don. Les autres, ils sont privés de leurs sentiments en plus de leur capacité de nager, ne laissant derrière que le rire. On a un village entier à Wano, le village d'Ebisu, qui a survécu en consommant des restes de fruits défectueux. Si ces miséreux rient, ce n'est certainement pas de joie, vu leurs conditions de vie.
Izou tira son kiseru de son kimono et se mit à le fumer avec un visage lisse de toute expression.
- Le SMILE est clairement une création du MAD. Que ce soit d'un membre ou une création commune, je ne tiens pas à me frotter à l'un d'eux sans être certain d'avoir les bonnes cartes en mains, donc, de ce côté-là, il faut encore fouiller. On peut cependant exclure Queen de la liste, ce qui laisse la Germa, Clown et Vegapunk. Ce que je sais cependant, c'est qu'on a un intermédiaire entre le producteur et le consommateur, d'où pourquoi je sais que Queen n'est pas à l'origine du SMILE. Il me manque encore quelques éléments pour l'identifier, mais j'ai déjà plusieurs suspects. Ce que je sais par contre, c'est que ce n'est pas une vente. C'est du troc. Le SMILE est échangé contre des armes de kairoseki. Et j'ai le nom des envoyés du Yonkou. Trois gars, sous le commandement de Queen. J'ai le nom aussi des responsables de la mise en vente sur le Marché Noir d'armes en kairoseki.
- Tu veux te frotter au CP-0 mais pas au MAD? déconna Blamenco. A ma connaissance, c'est eux qui font sortir le kairoseki de Wano.
- Le CP-0 se charge des armes à destination de la Marine et du Gouvernement Mondial, et traite avec le Shogun, rectifia le logia. Mais les armes vendues sous le manteau, juste deux-trois pour cent d'entre elles sont sorties de Wano par cette voie. Queen est en charge de Udon, la prison politique de Wano, mais aussi le lieu d'extraction et de travail du kairoseki. Donc, une fois que le Shogun a eu son tribut, le reste est divisé. Une partie part armer l'équipage, le reste est revendu ou échangé. Si on attaque tous ceux qui transportent le kairoseki, on pourra masquer que le but de base, c'est rendre plus compliqué l'échange du SMILE. Ils devront passer par d'autres intermédiaires, d'autres chemins, et bien entendu, les prix vont fluctuer. Devant la difficulté d'approvisionnement, Kaidou risque d'exiger un ajustement de prix. A voir qui va réagir et comment, pour trouver l'intermédiaire.
- Et tu comptes trouver celui-ci comment? Non, parce que le marché noir, c'est pas qu'un seul bonhomme, se renseigna Namur.
- Deux options. La première, c'est si l'intermédiaire refuse de s'aligner sur le nouveau prix de Kaidou. Il devra se préparer à un combat avec le Yonkou. Donc, soit faire appel à des mercenaires, soit réunir une plus grosse force de frappe. Mais ces gars, il faudra les armer. Il peut leur fournir le SMILE qui n'est pas refilé à Kaidou, mais c'est trop aléatoire pour un conflit imminent. Il aura donc besoin d'armes très vite. Il suffira donc de sélectionner les plus gros acheteurs sur le Marché Noir en matière d'armement, ou alors, le fournisseur qui coupe le plus brusquement son robinet. Seconde option, il accepte le nouveau prix. Il devra donc compenser d'une autre façon la perte engendrée. En d'autres termes, comme le veut la Loi du Marché, on aura un fournisseur qui fera grimper le prix de ses armes.
Ace posa son chapeau sur la table devant lui et croisa les bras.
- Je suis pas stupide, je sais aussi que la personne en question peut mettre les armes en vente par d'autres intermédiaires, voire des intermédiaires qui ont eux-mêmes leur intermédiaire. Mais en les trouvant, on pourra remonter la piste. Voilà ce que j'ai à mettre sur la table.
- T'as les noms? se renseigna Thatch.
Le jeune recula sa chaise pour se pencher vers sa panthère allongée juste à ses pieds. Iro se redressa légèrement pour libérer les dossiers sur lesquels elle s'était allongée, permettant à son camarade de les récupérer. Il se releva, se rassit, remit la chaise correctement et déposa la pile plus ou moins au milieu de la table.
- Y'en a pour tout le monde. Tous les dossiers ne sont pas complets, mais j'ai au moins un nom et une photo sur tout le monde, je travaille encore dessus, et j'ai quelques idées pour certains.
Il croisa ses mains sur sa ceinture et regarda Shirohige avec un visage qu'il voulait au maximum dépourvu d'émotion même si on sentit profondément son déplaisir.
- Le grand Shirohige désir procéder d'une façon particulière ou je me démerde avec ce que tu m'as laissé?
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Même si son comportement était enfantin parfois, Sarah avait tout de même onze ans, et elle était en dernière année d'enseignement primaire. Et en la faisant travailler, Thatch voulait prouver tort sur bien des sujets à Hina. C'était pour cela que le père et la fille étaient assis dans le réfectoire. La demoiselle était sur son travail scolaire et Thatch étudiait l'un des dossiers qu'avait fournis Ace, assis en face de sa fille, se montrant disponible pour elle si elle avait besoin d'aide dans son travail. C'est sur cette scène qu'Aarch tomba en pénétrant dans le couloir.
- HEEE ! Mais si c'est pas mon vieux frangin Aarch ! Viens là ! interpella le cuisinier en l'entendant.
Thatch se leva pour aller étreindre avec joie le griffon habillé en civil avec bermuda et une chemise assez simple à moitié fermée. Ses cheveux étaient gardés hors de son visage par son bandana. En entendant le nom de son oncle, Sarah se leva d'un bond pour aller l'embrasser à son tour.
- Salut infâme cadet, répondit Aarch en tapotant le dos de son ami.
Puis, il s'abaissa pour enlacer Sarah qui l'embrassa sur la joue.
- Bonjour à toi aussi, princesse. Ravie de vous voir en si belle forme.
Sarah chercha un instant dans le couloir, puis se tourna vers son oncle avec une certaine déception.
- Carmen n'est pas là?
Le zoan la serra un peu plus dans ses bras en ronronnant. Quelques plumes jaillirent sur lui, chatouillant Sarah qui eut un rire à cela, avant qu'ils ne se séparent.
- Oui, elle est là, elle va pas tarder à arriver.
- Chouette!
- Tes devoirs Sarah, rappela à l'ordre Thatch en dépit de son sourire.
Entendre sa fille rire était l'une des plus belle chose que le monde pouvait lui donner, après tout. La miss donna un dernier bisou sur la joue de son oncle avant de retourner à son travail sans rechigner. Elle savait pourquoi son père tenait à ce qu'elle travaille dur, alors, elle n'allait pas le contredire. Aarch eut un sourire en regardant cela et sortit une cigarette qu'il s'alluma.
- Toi, tu as encore un message à faire passer à Hina. Mais je vais pas dire que je suis pas fier de te voir toujours aussi responsable avec ta petite. Sinon, où sont les autres ? Et surtout, pourquoi à peine le pied sur le pont, j'en ai une ribambelle qui viennent pleurer comme s'ils avaient été puni par l'ancien comme des gosses ?
L'idée amusa grandement Thatch qui, avec un grand sourire amusé, passa un bras autour des épaules de son frère Marine.
- T'as peut-être remarqué, mais on a des nouveaux qui ont du mal à s'intégrer. Et ces nouveaux font partie d'un équipage complet, dont le capitaine est désormais notre nouveau second commandant...
- Tu décides de faire dans le drama comme d'habitude, nota le griffon.
Non, ce n'était pas du drama, c'était mettre de l'effet dans les annonces, nuance.
- Dis-moi plutôt... ta prise de tête de South Blue, tu l'as revue ? se renseigna le roux en se détachant du plus vieux.
- Alors... Si je te dis qu'il m'a envoyé une commande pour le vieux whisky de mon vieux… Et l'a payée en plus... Ça te donne une idée de son état?
Le vice-amiral soupira et se mit à regarder autour.
- Si tu me parles de lui. Je dois comprendre qu'une des causes est à bord, devina l'ancien.
- C'est notre nouveau second commandant.
- Ace a demandé un partenariat à papy, explicita Sarah sans lever le nez de son travail.
- Mes condoléances au gosse et à son équipage, ricana alors Aarch
- Nan. Si on est venu te pleurer après, c'est nous qui avons besoin de soutien, ricane Thatch. Oyaji l'a voulu, il l'a, mais dans la phrase «pour le meilleur et pour le pire», les Spades ont décidé de choisir le pire et de nous le faire sentir.
Et ça amusait Thatch à n'en plus finir. Tout comme il trouvait à la fois drôle et adorable la façon dont Ace et Marco se dansaient autour pour garder leurs rapports au maximum cordiale sans dévoiler leur relation.
- Je vois. Es-tu en train de me demander d'aller assouplir les angles ou je dois juste tenir le bureau des pleurs ?
- C'est toi qui décide, frangin ! Quoique tu fasses, on sait que ce sera du positif. Si tu cherches les autres, ils sont sous le pont, à étudier le boulot pour lequel l'Allumette est à bord.
Thatch alla récupérer le dossier qu'il avait abandonné pour saluer son frère et lui montra les données de l'un des envoyés de Kaido prit en cible.
- On va s'attaquer à Kaido.
- Et merde... souffla le griffon. Bon. Je pense que je vais simplement saluer l'ensemble avant de commencer la recherche d'une aspirine. Je vous précise que ça va fumer du côté des anciens et de leurs chiens d'attaques. Mais je valide. Kaido est un salaud.
- N'oublie pas le berry dans la boîte à gros mots, tonton, rappela à l'ordre Sarah.
Aarch repartit à la recherche des autres commandant après avoir laissé une pièce dans la main de Thatch qui la remit ensuite à sa fille.
Il trouva l'étage en-dessous bien calme, avec la douce musique d'une guitare de South Blue. La porte de la troisième flotte était fermée, mais celle de la première et seconde grande ouverte. La musique venait de celle de gauche, et à droite, Marco travaillait dans la sienne en profitant du spectacle de son voisin d'en face. En allant voir son frère zoan, Aarch nota juste en passant trois personnes dans la cabine en face mais ne s'attarda pas plus. Il verrait plus tard.
Il toqua tranquillement à la porte de la cabine et Marco se retourna sur sa chaise. Il sourit et reposa ses lunettes sur son bureau.
- Bonjour, Aarch.
Le blond avait l'air plus serein et plus reposé que la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Le Marine était presque certain que son jeune frère avait redécouvert les bienfaits du sommeil. Il y a longtemps qu'il n'avait pas eu l'air aussi heureux.
- Salut, faudra que tu me donnes ta recette de sommeil, Plume. T'as bonne mine.
Dans la cabine d'à côté, Ace fit une fausse note. Clairement, il les entendait et il savait qu'il était responsable de l'état de santé du Phénix. Aarch tourna la tête avec curiosité vers la cabine d'en face, mais Marco reprit rapidement son attention en parlant.
- Merci. Ma recette, c'est moins de travail, puisque la seconde n'est plus ma responsabilité, yoi.
Ce n'était pas toute la vérité, il le savait et Aarch le sentirait, raison pour laquelle il enchaîna:
- Et j'admets avoir revue mademoiselle, je plaide coupable sur ce point. Silvers et Shanks ne m'ont pas encore tué pour ça.
- Je suis content pour toi, petite plume.
Marco esquissa un sourire. Même si tant qu'ils étaient à bord, il ne se passait rien, Ace avait pris l'habitude de le rejoindre durant la nuit, et dormir avec lui était plus efficace que n'importe quel somnifère. Il se sentait en paix avec le jeune logia.
- Donc, tu viens me porter assistance avec le bureau des pleurs ? se renseigna le blond.
Concrètement, lui, il se contentait d'observer sans rien dire. Il ne voulait pas s'en mêler.
- Il semblerait. Ils l'ont voulu. Ils l'ont. Le vieux aurait dû s'en douter vu comment le capitaine a été forcé à rester que son équipage allait faire le meilleur du pire.
- Cela fait rire Oyaji plus qu'autre chose. "Il s'y fera", qu'il dit le vieux. A côté...
Marco tendit la main vers la cabine d'Ace qui entendait parfaitement leur conversation. Et comprenant qu'on attendait de lui qu'il dise ce qu'il pensait, le logia ne se fit pas prier:
- Je suis ici pour Kaido et parce qu'on compte sur moi, après, je serai son pire cauchemar, à ce vieux fou. Bonjour à vous, officier Rhyddid.
- Salut, Portgas. Comment vas-tu ?
Le Marine traversa le couloir pour rejoindre la cabine du brun. Edwin tenait le mur d'un côté en lisant lui aussi un dossier, pendant qu'Ace était assis sur son lit pour jouer de la guitare, sa panthère couchait contre lui. Au bureau, il y avait Marina assise à travailler avec sa capuche et ses lunettes émojis. Cependant, elle ne resta pas de marbre en entendant son capitaine parler à un «officier Rhyddid». Elle se retourna comme une proie prise dans un cul de sac pour regarder le Griffon.
- Officier? Rhyddid ? Non ! Je... Je n'y retournerais pas !
Et elle fila se cacher derrière Ace à qui elle s'accrocha pour se planquer, comme s'il était sa bouée de sauvetage. Avec calme, le logia reposa sa guitare et la tint contre lui. Iro se redressa et se positionna pour se mettre entre eux et le zoan. Pas de façon hostile, juste pour dire que Marina était une des leurs. Edwin, qui allait saluer Aarch, resta la bouche ouverte, son regard allant lentement de l'un à l'autre des protagonistes.
- Là, touuuut va bien. L'officier Rhyddid sera la dernière personne à te ramener à ton oncle, ne t'en fait pas... dit d'un ton apaisant Ace à sa nakama.
- Euuuh… J'ai loupé un épisode ? questionna Edwin.
- On peut dire cela, soupira Aarch qui ne s'attendait pas non plus à voir la demoiselle ici. Miss Rina. Respirez. Je ne vous ramènerai pas là-bas. Vous le savez, n'est-ce pas ?
Les tremblements de Marina s'apaisèrent et elle leva la tête vers Aarch, remarquant qu'il était en civil. Ce ne fut pas pour autant que le logia cessa ce qu'il faisait. Marina était sa nakama, sa responsabilité. Aarch n'était peut-être pas une menace, mais son amie avait besoin de son soutien, alors, il lui en donnerait autant que nécessaire. Même Iro vint se frotter à elle en ronronnant d'un ton apaisant.
- Vous vous connaissez ? devina Edwin en montrant Marina sous sa capuche et Aarch.
- On peut dire cela. Mais faites en sorte que jamais on ne la voit à bord. Je dis ça parce qu'un con la cherche et je ne cautionne pas le viol marital, surtout dans une union forcée.
- Qui la cherche ? se renseigna Marco.
S'il y avait un ennemi spécifique, autant être attentif.
- Un connard fini, répondit l'aîné pour la plus grande frustration de son cadet. Et si vous ne savez pas, je ne vais pas dire pour elle. Mais une chose. Je serais le premier à la planquer. Si elle veut le dire, c'est à elle de le dire. Elle fait confiance au capitaine Portgas donc, ne la forcez pas. Alors, Rina-san. Je vous jure que si je suis ici, c'est que vous avez autant sur moi que sur vous. Donc, respirez et dites-vous simplement que l'adoption compulsive de l'ancien va jusqu'à la Marine. D'acc?
Marina hocha la tête et s'excusa à nouveau d'avoir paniqué, mais personne ne lui en tenait rigueur, encore moins Ace qui continuait de la serrer contre lui.
- L'officier Rhyddid est un chic type, t'as pas à paniquer, tout va bien se passer, Rina-chan, d'acc?
- J'ai paniqué... Je suis désolée...
- Ne le soyez pas, soupira Aarch. La Marine a beaucoup de salauds dans ses rangs.
Les trois autres hommes de la cabine lui adressèrent un regard signifiant bien que c'était l'euphémisme du siècle. Cependant, quelqu'un arriva devant la cabine, avec une boule de poil à ses pieds. Kali était venue avec Strike, ayant certainement perçu ce qui allait se passer et que sa camarade aurait besoin de réconfort. Alors que le patou resta sagement devant la porte de la cabine déjà encombrée, l'elfe se faufila entre tout le monde pour aller récupérer son amie. Elle passa un bras autour des épaules de celle-ci, adressa un regard froid et menaçant à Edwin, qui déglutit en perdant ses couleurs, avant de partir avec le chien vers le dortoir afin que Marina se repose. Elle reprendrait son travail quand elle aurait réuni ses nerfs.
- Je… je… bégaya Edwin blanc comme neige.
Il ne chercha pas d'excuse. Il prit la fuite. Marco le regarda faire en levant un sourcil et Ace eut un maigre sourire désabusé. Lentement, mais sûrement, Kali commençait à être crainte dans l'équipage.
Aarch échangea quelques mots à l'adresse de son frère zoan au sujet d'une chasse à l'oie sauvage pendant qu'Ace rangeait les affaires de son amie. Quand il releva le nez, Marco retournait à son bureau en refermant à moitié la porte, laissant l'officier seul avec Ace.
- Désolé pour Kali, c'est pas qu'elle est impolie, c'est plus dans sa façon d'être. Lui en voulez pas de ne pas vous avoir salué, soupira Ace en s'adossant à son bureau.
- T'inquiète. J'ai l'habitude. T'excuse pas pour les autres, rassura Aarch. Alors, tu t'es retrouvé à nouveau ici. Et de plein gré forcé avec ça ?
- Ah? Donc Javier n'a pas eu le plaisir de vous faire part de ce qu'il pense à mon sujet sans savoir mes motivations, je me trompe ? Pour faire simple, la première fois que mes gars et moi, on est passé à Wano, on s'est fait des potes. Des potes qui comptent sur nous. Et pour eux, on sortira Kaido de là, peu importe la méthode.
- Il m'en a fait part. A sa façon. Donc, un mélange entre des insultes, des menaces de mort et me donner l'impression d'entendre mon ancien cadet qui se plaint d'un membre de la famille. Mais, si vous avez besoin, j'ai deux trois infos en plus par mon réseau.
- Je ne dis pas non aux infos.
Surtout qu'avec la situation avec son oncle, il ne pouvait pas compter sur lui pour l'aider avec la situation de Kaido.
- Disons que le discours que j'ai reçu par denden fait très mal. Entendre son propre oncle sous-entendre qu'on est là juste pour faire plaisir à la libido de l'équipage d'un Yonkou... je ne regrette pas de lui avoir dit que s'il pensait ça, c'est qu'au final, on n'est pas une famille et que je suis peut-être plus le fils de mon père qu'il ne le pense.
Ace rangea sa guitare avec la mâchoire serrée.
- Sinon, venu négocier pour me faire accepter l'idée de rester après la mort de Kaido ou juste prendre de mes nouvelles ?
- Prendre des nouvelles. Et voir comment éviter de rendre mon séjour assommant à gérer un bureau des pleurs pour gamins dans le corps d'adultes. Et pour Javier... Il gueule malheureusement avant de réfléchir. Et il faut le quadruple de temps pour qu'il admette sa merde. Ça va aller et si tu as un plan. C'est pas à lui de décider pour toi. T'es adulte. Et s'il ne l'accepte pas et ose te dire cela, je pense que plusieurs se retourneraient dans leur tombe à sa merde.
Ace eut un maigre sourire. Rayleigh n'avait pas été avare dans son choix de mots pour désigner le comportement de Javier, surtout quand lui, il disait être fier du choix de son neveu.
- Merci pour le soutien moral. Par contre, navré d'avance, mais le vieux fou m'a piégé dans ma demande de partenariat, donc, je vais pas lever le pied dans mon idée de lui faire payer à lui et à tout le monde. Il m'a voulu, me voilà, dans toute ma splendeur. C'est pas pour rien que mon parrain m'a surnommé "akuma" quand j'étais gosse. Garp en aurait des histoires à raconter...
Ace blanchit en songeant à son grand-père. Il lui avait échappé de peu durant sa dernière escapade en tant qu'Ann.
- J'ai peur de son coup de gueule quand il saura que je suis de retour
- Pauvre trauma crânien futur, compatit l'officier.
Trauma crânien? Non, Garp allait le tuer pour être revenu ici. Et s'il avait le malheur pour d'apprendre pour Marco et lui… oui, il allait clairement mourir.
- Bref, Carmen, ma fille, arrive, enchaîna Aarch. On t'a expliqué un peu ou non ?
Ace pencha la tête sur le côté dans un geste presque adorable digne d'un chaton curieux. A ses pieds, Iro cessa de se laver les coussinets pour l'imiter, sa fourrure prenant une teinte blanche de perplexité.
- De ? M'avertir de quoi donc?
- Pour faire simple, ma fille est une maîtresse du Haki de l'Observation… dans le côté dérangeant. Elle voit l'âme des gens, dans un sens. Tu ne peux pas la tromper sur tes intentions. Et son fruit est celui du kaze kaze no mi. Donc, risque de tempête. Elle se contrôle mais faut pas pousser. Vous devriez vous entendre.
Un peu comme lui, même s'il était certainement loin de ce niveau, si elle pouvait presque voir l'âme des gens. Il s'était entraîné pour palier son handicap afin de savoir qui il avait en face pour éviter au mieux les combats ou les finir vite avant que son dos ne lui dise merde.
- Je pense oui, on devrait s'entendre. Surtout si on décide de détruire le Moby. Je pense que je vais porter du kairoseki, j'ai peur que mon logia réagisse mal si je la croise. Un souffle de vent sur une flamme peut l'éteindre comme provoquer un brasier. Je préfère ne pas tenter Davy Jones
- Si elle arrive à échapper aux idiots. Ou si elle te demande de participer au jeté par-dessus bord de certains trop idiots.
- J'ai pas besoin de mon logia pour botter des culs, sourit d'un air sournois le jeune homme avant de s'adresser d'un air sérieux à Aarch: Et vous en faîtes pas, je vais pas m'amuser à faire une passe sur votre fille, je ne suis pas intéressée par la gente féminine.
- Et elle n'est pas intéressée par plus jeune qu'elle, ricana Aarch. Je crains le jour où quelqu'un arrivera à la suivre.
- Vous pourriez être surpris.
Aarch haussa un sourcil perplexe mais Ace se contenta de s'avancer pour lui tapoter le bras avec un petit sourire. Oui, il savait quelque chose, mais il n'allait pas mettre son nez dans la vie de couple des autres. Cela fit rire l'officier qui accepta la réponse silencieuse.
- Sinon, j'aurais quelques questions à vous poser... sur un de vos collègues. Si vous avez un peu de temps à m'accorder, fit Ace en se dirigeant vers la porte de sa cabine.
- Je peux voir à répondre. C'est qui dont tu veux des infos ?
Ace ferma la porte pour garder la conversation pour eux et présenta la chaise à Aarch qui s'installa. Le logia, lui, se posa sur son lit avec sa panthère, abordant un air sérieux en s'adressant à l'officier:
- Le vice-amiral J'rem. Même durant mon détour par Marine Ford, j'ai pas pu dénicher son dossier. Vous savez quoique ce soit sur lui ?
La façon dont le visage plaisant du Griffon se mua en un air méfiant et concentré dit au jeune qu'il connaissait ce J'rem. Peut-être même personnellement.
- Je vais juste préciser avant que tu commences. Son dossier, c'est moi qui le planque pour de bonnes raisons. Et oui, je sais des choses sur lui. Mais, avant, si tu veux savoir des choses, il va falloir expliquer pourquoi.
Bingo. Ils se connaissaient personnellement.
Ace croisa les bras, l'air de dire de ne pas le prendre pour un débile. D'un geste de la tête, il indiqua le dortoir de la flotte où Kali avait embarqué Marina.
- Vous venez de voir Kali. Je dois vraiment préciser pourquoi je me renseigne ?
Elle était trop unique, trop exotique. Ce J'rem était son frère, alors, il devait lui ressembler bien assez pour qu'Aarch puisse capter ses motivations. Le jeune capitaine soupira et se massa la nuque.
- C'est Marina qui nous a dit qu'il était dans la Marine. Sans ça, je ne vous aurais pas posé la question. Ce que je sais, c'est que j'ai une amie effrayée et traumatisée que je veux protéger. C'est tout.
- Alors ils sont deux, répondit d'une voix douce le zoan. Mais pas de la même façon. J'rem est... Comment expliquer cela... On va dire qu'il ne sait pas comment il doit agir avec la société. Il a fait des choses. Et je pense n'en savoir qu'un dixième. Si tu veux protéger ton amie, je pense comprendre ce que tu cherches. Mais il ne fera rien pour la mettre en danger. Au contraire.
- Je vois. Merci. J'ai une mauvaise nouvelle pour lui, par contre. Elle ne le veut pas dans sa vie. Je sais qu'il l'a aidée, mais il s'y est mal pris, même s'il ne pouvait pas forcément savoir, je pense. Dîtes lui juste qu'elle va bien et qu'elle est en bonne santé, mais sans plus. Kal' peut faire des choses... et ça pourrait mal finir s'ils se voient.
Ses tours de passe-passe et ses épisodes de voyances n'étaient que de la poussière par rapport à ce que son Haki lui soufflait des pouvoirs de sa camarade.
- Je pense qu'il acceptera. Je le préviendrais. Et si vous avez plus à lui transmettre, je lui passerais. Mais, je dirais que c'est leurs anciens que j'aimerais frapper avec mes griffes.
- On est deux. J'ai vu la terre brûlée qu'est leur île désormais. Un Buster Call, n'est-ce pas ? Je suis rarement d'accord avec ce genre d'acte, et même si je sais que des innocents sont morts durant l'acte, je pense que pour une fois, le Gouvernement a bien agi... Damn, mon vieux doit se retourner dans sa tombe.
- Je ne suis que rarement d'accord avec leur merde. Surtout les massacres. Mais oui, je suis d'accord. Surtout lorsque j'ai géré J'rem ensuite. Je dois être le seul qu'il supporte réellement
Dans sa cabine, Marco ne lisait plus depuis longtemps. Il n'entendait pas ce qu'il se passait à côté à présent, mais ce n'était pas ça qui le dérangeait. Non, son esprit était toujours bloqué sur ce qu'avait confié Ace à Aarch. Ce que son amant ne lui avait pas dit mais avait confié au Griffon. Ce n'était pas de la jalousie qu'il ressentait. Non, ce n'était qu'un détail sans importance, sans compter qu'Aarch était un homme sage et mâture, toujours de bon conseil, au point que Marco l'ait pris plus d'une fois en modèle. Non, ce qui n'allait pas, c'était le contenu de la confidence qu'il avait entendu. Et il comprenait pourquoi Ace ne lui avait rien dit. Comment cet homme pouvait-il faire des sous-entendus pareils à son propre neveu, alors qu'il faisait la sourde oreille quand on voulait lui dire que le jeune avait fait un choix admirable?
Le poing de Marco se serra sur son bureau, se recouvrant rapidement de Haki.
- Aarch est avec Ace-kun? demanda Jozu en passant la tête dans sa cabine.
- Ouais. Si tu vois Carmen, peux-tu lui dire qu'il vaut mieux qu'on garde nos distances? demanda avec une voix bien trop calme le Phénix.
- Un souci?
- Disons que si elle perçoit mon état du moment, il ne restera plus rien du Moby Dick. Je vais rester en isolation le temps de me calmer.
Il regarda les plumes de feu qui illuminaient désormais sa main et commençaient à brûler son bureau.
- Ou plutôt, je vais aller faire un tour. J'ai… j'ai besoin de me changer les idées
