Ashley était assise à l'une des longues tables de la Grande Salle, grignotant distraitement un morceau de pain tout en écrivant sur un parchemin. La plupart des élèves étaient dehors, profitant de leur pause entre les cours, mais elle préférait rester à l'intérieur pour réfléchir à son prochain coup. Alors qu'elle relevait la tête pour chercher une idée, elle croisa le regard perçant de Harry, qui avançait vers elle d'un pas décidé.

— Salut, dit-elle doucement, un peu prise au dépourvu par son expression sérieuse.
— Tu as une minute? demanda-t-il, sa voix teintée de gravité.

Ashley acquiesça, repoussant son parchemin pour lui faire de la place.

— Tu m'as l'air préoccupé, continua-t-elle, essayant de garder un ton léger.
— C'est parce que je le suis, rétorqua-t-il en s'asseyant. Je ne comprends pas ce qui se passe avec toi en ce moment, Ashley.

Elle fronça les sourcils, légèrement sur la défensive.

— Qu'est-ce que tu veux dire?
— Tout ça, répondit-il en faisant un geste vague. Ron, Pansy… tu passes ton temps à essayer de les rapprocher. Et Blaise. Depuis quand tu traînes autant avec lui?

Ashley croisa les bras, se penchant légèrement en avant.

— Depuis toujours. C'est un ami, Harry. Je suis une Serpentard, tu te rappelles?
— Je sais que tu es une Serpentard, mais tu ne m'avais jamais semblé si… impliquée avec eux. Et je ne comprends pas pourquoi tu t'acharnes autant sur Ron et Pansy. Ça n'a aucun sens.

Ashley sentit une boule se former dans sa gorge. Elle détestait quand Harry la regardait de cette manière, comme s'il essayait de lire en elle.

— Peut-être que je crois qu'ils seraient bien ensemble, finit-elle par répondre.
— Bien ensemble? Tu parles de Ron et Pansy Parkinson. Deux personnes qui se méprisent à chaque fois qu'ils ouvrent la bouche.
— Parfois, les opposés s'attirent, dit-elle, avec un sourire forcé.
— Et parfois, les opposés explosent, répliqua-t-il. Et Hermione et Malefoy? Tu ne trouves pas qu'ils agissent bizarrement?

Ashley sentit son estomac se nouer. Elle détourna le regard, jouant avec la miette de pain devant elle.

— Qu'est-ce que tu veux dire? demanda-t-elle, tentant de gagner du temps.
— Hermione. Elle est parfois elle-même, et parfois… différente. Et Malefoy, il agit comme s'il avait une double personnalité. Tantôt le même insupportable que d'habitude, tantôt… je ne sais pas, presque normal.

Ashley serra les dents, cherchant désespérément une réponse qui ne l'enfoncerait pas.

— Tu te fais des idées, Harry. Malefoy est Malefoy. Il manipule tout le monde. Hermione est juste… fatiguée, probablement.

Harry secoua la tête, visiblement frustré.

— Non, il y a quelque chose de plus, Ashley. Et toi, tu n'es pas claire non plus. Pourquoi passes-tu autant de temps avec eux? Pourquoi tu sembles tout faire pour manipuler tout le monde?

Ashley ouvrit la bouche pour protester, mais Harry leva une main pour la faire taire.

— Je veux te croire, Ashley. Mais tu dois me dire ce qui se passe. Parce que si tu continues comme ça, je vais finir par me poser des questions sur toi aussi.

La voix d'Harry était pleine de tristesse et de déception, ce qui toucha profondément Ashley. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, mais elle les retint. Elle savait qu'il avait raison, mais elle ne pouvait pas tout lui dire. Pas encore.

— Fais-moi confiance, Harry, murmura-t-elle. Je ne te mentirais jamais sur quelque chose d'important.

Harry resta silencieux un instant, puis il hocha la tête, se levant de la table.

— J'espère que tu dis la vérité, dit-il doucement. Parce que je ne comprends plus rien.

Il quitta la Grande Salle, laissant Ashley seule, le cœur lourd de secrets et de regrets.


Hermione était assise à la petite table en verre de la Salle sur Demande, entourée d'une pile de livres anciens que Drago avait réussi à lui dégoter de la réserve de la bibliothèque. Le grimoire qu'elle consultait était si vieux que ses pages s'effritaient presque sous ses doigts. Une chandelle dans un support en argent éclairait la pièce d'une lueur vacillante, projetant des ombres sur son visage concentré.

Drago, allongé sur son lit improvisé aux couleurs de Serpentard, l'observait.

— Tu sais que ça fait quatre heures que tu n'as pas bougé, Granger? Tu risques de te transformer en statue.

Elle ne leva même pas les yeux, murmurant pour elle-même.

— C'est ici… c'est là. Je le savais.

Il fronça les sourcils et se redressa légèrement, intrigué.

— Quoi?

Hermione se tourna enfin vers lui, brandissant fièrement le grimoire. Son excitation faisait briller ses yeux, un contraste frappant avec ses cernes.

— Écoute ça, Malefoy. 'Lorsque le flux temporel est brisé, seule une relique du temps, forgée dans l'if et liée par un éclat d'obsidienne temporelle, peut le réparer. Ces reliques, créées par les Maîtres du Temps il y a plusieurs siècles, sont extrêmement rares et jalousement gardées.'

Drago la fixa, perplexe.

— Des reliques du temps? Ça sonne comme un conte pour enfants. Tu es sûre que ce n'est pas une farce?
— Pas une farce. Une vérité! répliqua Hermione, indignée. Elle tapota la page du doigt. Et regarde ici! 'Une des dernières reliques connues aurait été conservée par les familles ancestrales, avant de disparaître durant les grandes révoltes sorcières.'

Un sourire narquois se dessina sur le visage de Drago.

— Les familles ancestrales, hein? Les Malefoy, j'imagine.

Hermione roula des yeux.

— Peut-être. Ou une des familles liées aux Greengrass, Zabini, ou même les Nott. Ce qui est sûr, c'est que l'objet existe, et qu'il nous faut le trouver.

Drago hocha la tête, pensif.

— Mon père avait une collection d'objets magiques rares. Peut-être que cette relique en faisait partie avant que la maison ne soit fouillée après la guerre… Mais si quelqu'un en détient encore un exemplaire, il pourrait s'agir de Théo.

Hermione plissa les yeux.

— Théo?
— Son père était obsédé par les artefacts anciens et dangereux. Théo a hérité de la moitié de ses affaires. S'il a cette relique, on ne peut pas le laisser la garder.

Un silence tomba dans la pièce. Hermione ferma le livre doucement, son esprit déjà en ébullition.

— Alors, il faut qu'on vérifie. Si c'est bien lui qui l'a… Elle s'arrêta, réfléchissant à leur prochain mouvement.

Drago se leva de son lit, un sourire en coin.

— Si c'est bien lui, on lui prendra. Par persuasion, par ruse, ou par force.

Hermione croisa les bras.

— Et si ce n'est pas lui?

Drago haussa les épaules.

— Alors, on cherchera ailleurs. Mais si je connais Théo, il ne résistera pas à se vanter d'avoir un tel objet. Nous devrons simplement le pousser à parler.

Drago et Hermione marchaient rapidement dans un couloir sombre du château, éclairé seulement par des torches murales vacillantes. Leur destination: la salle commune des Serpentards. Ils avaient convenu que la meilleure façon d'approcher Théo était de profiter d'un moment où il était entouré de ses amis. S'ils restaient discrets, ils pourraient obtenir des informations cruciales.

Drago s'arrêta brusquement et se tourna vers Hermione.

— D'accord, Granger. Voici le plan. Je vais entrer, jouer le parfait Malefoy, et tâter le terrain. Toi, tu restes ici et tu utilises… ça.

Il sortit la cape d'invisibilité d'Harry qu'Hermione avait ramenée.

Elle fronça les sourcils.

— Et si Théo te pose des questions? Il n'est pas stupide, il sait que tu ne te comportes pas comme d'habitude ces derniers jours.

Drago leva les yeux au ciel, exaspéré.

— Granger, tu oublies que je suis Malefoy. La manipulation, c'est mon terrain de jeu. Fais-moi confiance.

Hermione, malgré son agacement, accepta et passa la cape sur elle avant de se fondre dans l'ombre. Drago continua seul et murmura le mot de passe des Serpentards à l'entrée, disparaissant derrière la porte en pierre.

La salle commune était remplie de murmures et d'échos feutrés. Théo était assis près de la cheminée, entouré de Blaise et d'Astoria. Pansy était installée un peu plus loin, les bras croisés, visiblement agacée par quelque chose.

Drago s'avança lentement, un sourire narquois sur les lèvres.

— Quelle ambiance joyeuse ce soir. Vous complotez quelque chose?

Théo leva les yeux, un sourcil arqué.

— Malefoy, enfin. On se demandait où tu te cachais ces jours-ci.

Drago s'assit nonchalamment sur un fauteuil en face de lui, croisant les jambes.

— Oh, je suis là où je dois être. Dis-moi, Nott, que mijotes-tu? Depuis la dernière fois que tu as vu Potter, tu as l'air… inspiré.

Théo éclata de rire, mais quelque chose dans ses yeux s'assombrit.

— Toujours aussi direct, Malefoy. Je suis surpris que ça t'intéresse. Tu ne sembles plus aussi investi dans nos… objectifs.

Drago plissa légèrement les yeux. Blaise, à côté, échangea un regard intrigué avec Astoria.

— Disons simplement que je surveille mes intérêts. Parlant d'intérêts… Drago s'appuya sur le dossier du fauteuil. Tu as récemment acquis quelque chose, n'est-ce pas? Une sorte de relique… rare et ancienne.

Théo devint raide, son expression se ferma.

— Pourquoi cette question, Drago?

Astoria, qui était jusque-là silencieuse, éclata de rire.

— Allons, Théo, il ne fait que plaisanter. Tout le monde sait que tu n'as aucun goût pour les objets rares.

Théo lui lança un regard glacé avant de se tourner à nouveau vers Drago.

— Je ne plaisante pas avec mes affaires, Astoria. Et toi, Malefoy, pourquoi ça t'intéresse?

Drago haussa les épaules avec indifférence.

— Curiosité, tout simplement. Tu sais comment sont les familles ancestrales. Nous aimons collectionner les… curiosités.

Théo serra les dents, mais avant qu'il ne puisse répondre, Hermione, sous la cape, s'approcha discrètement pour mieux entendre.

Après un silence tendu, Théo se leva et s'approcha de la cheminée, son dos tourné à Drago.

— Tu veux savoir, Malefoy? Très bien. Oui, j'ai quelque chose. Une relique d'obsidienne, qui pourrait te faire pâlir d'envie. Mais elle n'est pas pour toi.

Drago joua la carte de l'amusement.

— Oh? Et pour qui, alors?

Théo se retourna, un sourire sinistre aux lèvres.

— Pour quelqu'un qui en a le pouvoir et la volonté. Certainement pas toi, qui traînes avec des Gryffondors. Astoria m'a dit qu'elle t'avais vu très proche de cette petite sang-de-bourbe !

Hermione, toujours invisible, serra les poings sous la cape.

Drago éclata d'un rire froid.

— Tu oublies à qui tu parles, Nott. Je suis peut-être curieux, mais je suis aussi Malefoy. Si cette relique a la moindre valeur, je te la prendrai, avec ou sans ton accord.

Théo s'approcha de Drago, le défiant du regard.

— Essaie, Malefoy. Je t'attends

Drago quitta la salle commune sous les regards méfiants des Serpentards. Une fois hors de vue, Hermione retira la cape et le rejoignit.

— Tu es complètement fou! Il va te surveiller maintenant!

Drago haussa les épaules avec un sourire en coin.

— Parfait. Qu'il s'inquiète. Cela nous laisse le temps de trouver où il cache cette relique.

Hermione roula des yeux, mais une étincelle de respect brillait dans son regard.


Blaise arpentait les couloirs des cachots, ses pensées tournées vers les comportements étranges qu'il avait observés ces derniers jours. En entrant dans la salle commune des Serpentards, il repéra Drago (#2), assis dans un fauteuil près de la cheminée. Ce dernier semblait plongé dans ses pensées, mais Blaise n'était pas dupe.

— Malefoy, l'interpella-t-il en s'approchant.

Drago releva la tête, fronçant légèrement les sourcils.

— Zabini… qu'est-ce que tu veux? demanda-t-il, clairement irrité.
— Des réponses, fit Blaise en s'installant en face de lui. Pourquoi tu consultes des bouquins sur les reliques et la magie ancienne? Ce n'est pas ton genre.

Drago le fixa, un sourcil arqué, l'expression de son visage passant rapidement de l'agacement à la perplexité.

— Qu'est-ce que tu racontes, Zabini? répondit-il, l'air franchement perdu.
— Ne fais pas semblant, insista Blaise en croisant les bras. Je t'ai entendu avec Nott, tu parlais de quelque chose à propos d'un artefact. C'est quoi ton plan?

Drago le regarda comme s'il avait perdu l'esprit.

— Un artefact? répéta-t-il, incrédule. Blaise, tu as pris un Cognard sur la tête ou quoi? Je n'ai jamais touché à un livre sur la magie ancienne. Et si j'avais un plan, tu crois vraiment que je t'en parlerais comme ça?

Blaise le scruta un moment, essayant de déceler une faille dans son masque. Mais il n'y avait rien: Drago semblait sincèrement déconcerté.

— Alors, pourquoi Ashley, Granger et même toi agissez bizarrement? répliqua Blaise, enfonçant le clou. Ça te regarde, non?

Drago secoua la tête, clairement agacé.

— Zabini, je ne sais pas ce que tu as vu ou entendu, mais je ne suis mêlé à rien de ce genre. Si Ashley ou Granger veulent s'amuser avec des bêtises, ça les regarde, pas moi. Tout ce qu'on a fait, avec Granger, c'est une trêve.

Blaise plissa les yeux, méfiant.

— Dray, je te connais. Tu ne laisses jamais des Gryffondors ou même Ashley faire quoi que ce soit qui pourrait ruiner ta réputation. Alors, pourquoi tu es si détaché tout à coup?

Drago haussa les épaules, l'air dédaigneux.

— Peut-être que j'ai mieux à faire que de me mêler de leurs idioties. Maintenant, si tu as fini avec tes interrogatoires stupides, Zabini, laisse-moi tranquille.

Blaise se redressa, son regard toujours fixé sur son ami. Quelque chose n'allait pas. Il n'était pas convaincu par cette façade désinvolte, mais il savait que pousser davantage ne mènerait à rien pour l'instant.

— Très bien. Mais je vais garder un œil sur toi, Malefoy. Et sur elles aussi.
— Fais donc, répondit Drago d'un ton moqueur avant de détourner le regard.

Blaise quitta la salle commune, troublé. Si Drago n'était pas au courant de ces histoires de reliques, alors qui? Il devait trouver des réponses, et vite.


Harry était installé à côté d'Ashley à la table des Gryffondors, une rare exception qu'il tolérait volontiers. Il profitait de cette tranquillité pour discuter avec elle, loin des regards soupçonneux de leurs camarades respectifs. La blonde jouait avec sa mèche de cheveux, les joues légèrement rosies par l'attention exclusive de son petit-ami.

— Tu sais, Ash, c'est rare qu'on puisse avoir un moment juste à deux comme ça, sourit Harry. Ça fait du bien.
— Oui, je sais, répondit-elle, un petit sourire flottant sur ses lèvres. Avec tout ce qui se passe en ce moment, c'est… compliqué.

Harry pencha légèrement la tête, intrigué par son ton hésitant.

— Tu veux en parler? demanda-t-il doucement.

Ashley ouvrit la bouche pour répondre, mais elle n'eut pas le temps. Une voix ferme et déterminée s'éleva derrière elle.

— Bien sûr qu'elle devrait en parler, Potter. À commencer par ce qu'elle mijote avec Malefoy et Granger.

Ashley sursauta et se retourna rapidement. Blaise se tenait là, les bras croisés, son regard perçant fixé sur elle. Harry fronça les sourcils, se levant instinctivement pour se placer à côté d'Ashley, un bras protecteur autour de ses épaules.

— Qu'est-ce que tu veux, Zabini? demanda-t-il, une pointe d'agacement dans la voix.

Blaise ignora Harry et se concentra sur Ashley, son ton accusateur tranchant comme un rasoir.

— Ne fais pas l'innocente, Ashley. Je sais que tu es impliquée dans quelque chose de gros. Malefoy agit bizarrement, Granger aussi, et toi, tu es toujours au milieu. Alors, qu'est-ce qui se passe?

— Je… je ne vois pas de quoi tu parles, répondit Ashley en détournant le regard.

Blaise éclata de rire, sans chaleur.

— Tu crois que je suis stupide? Drago m'a littéralement dit qu'il recherchait une relique avant de nier toute implication la minute suivante. Et toi, tu es là, à te comporter comme si tout était normal?

Harry la regarda, son regard empli de questions. Il détestait voir Ashley acculée comme ça, mais il ne pouvait nier qu'elle agissait différemment ces derniers temps.

— Ashley, c'est vrai? demanda-t-il, la voix plus douce. Qu'est-ce qui se passe?

Elle sentit ses joues brûler sous leurs regards insistants. Elle chercha ses mots, se demandant jusqu'où elle pouvait aller sans trop en révéler. Mais elle réalisa que Blaise n'allait pas lâcher l'affaire et que Harry méritait la vérité.

— Très bien, soupira-t-elle. Mais pas ici. Suivez-moi.

Elle se leva brusquement, entraînant Harry et Blaise à sa suite. Ils quittèrent la Grande Salle et se rendirent dans un couloir plus calme, à l'écart des oreilles indiscrètes.

Une fois assurée qu'ils étaient seuls, Ashley se retourna pour leur faire face. Elle croisa leurs regards curieux et intransigeants, puis prit une grande inspiration.

— D'accord. Vous avez raison, il y a quelque chose. Mais vous devez promettre de ne rien dire à personne. Pas même à vos amis les plus proches.
— Je ne promets rien avant de savoir, grogna Blaise.

Harry hocha néanmoins la tête.

— Ashley, tu peux me faire confiance. Dis-nous tout.

Elle hésita une fraction de seconde, puis lâcha finalement la vérité :

— Ce sont Drago et Hermione. Ils ne sont pas… eux-mêmes. Enfin, ils le sont, mais pas exactement. Ce sont leurs doubles. Ils viennent du futur.

Blaise haussa un sourcil, un mélange de surprise et de scepticisme sur le visage.

— Du futur? Vraiment?
— Ils voulaient me sauver, murmura Ashley, baissant la tête.

Harry et Blaise échangèrent un regard abasourdi avant de tourner leur attention vers elle.

— Te sauver? répéta Harry, incrédule. Qu'est-ce que tu veux dire, te sauver?

Ashley leva les yeux, visiblement mal à l'aise. Elle croisa les bras comme pour se protéger d'un poids invisible.

— C'est compliqué, Harry, finit-elle par dire. Disons juste que… dans leur version du futur, je… je ne suis pas là.

Le silence qui suivit fut glacial. Harry blêmit et Blaise se redressa, son expression d'ordinaire détachée remplacée par un mélange d'horreur et de curiosité.

— Attends une minute, intervint Blaise, sa voix étonnamment rauque. Tu veux dire que… que tu étais morte? Sérieusement?

Ashley hocha lentement la tête, évitant leurs regards.

— Oui. Et si Hermione et Drago n'étaient pas revenus dans le passé… eh bien, je serais encore… ailleurs, souffla-t-elle.

Harry se passa une main tremblante dans les cheveux, ses yeux se remplissant d'une émotion intense.

— Mais c'est… comment? Pourquoi? balbutia-t-il.

Ashley pinça les lèvres, cherchant ses mots.

— Théodore… Daphné… C'était un complot. Ils… ils ont essayé de s'en prendre à toi, Harry. Mais le sort a dévié… et c'est moi qui… qui ai été touchée. Alors Drago et Hermione ont décidé de tout risquer pour me ramener.

Harry la fixa, luttant contre un torrent d'émotions contradictoires.

— Et ils ont réussi, murmura-t-il, sa voix tremblante. Tu es là… avec nous.

Ashley lui sourit faiblement.

— Oui, ils ont utilisé un retourneur de temps pour sauver ma vie. Mais ça a chamboulé beaucoup de choses. Maintenant, ils essaient de réparer leurs erreurs, mais c'est… compliqué.

Elle marqua une pause, observant leurs visages incrédules. Puis, d'un geste rapide, elle pointa Harry et Blaise.

— De ce qu'ils m'ont dit, vous deux étiez devenus amis, Hermione et Drago formaient un faux couple… mais moi, je crois qu'ils ont réellement des sentiments, ajouta-t-elle avec un sourire en coin.

Harry et Blaise la fixèrent, stupéfaits, avant d'éclater de rire.

— Hermione Granger et Drago Malefoy? Des sentiments? répéta Harry en se tenant les côtes. Tu plaisantes, j'espère.

Blaise, toujours hilare, hocha la tête.

— Non, mais franchement Ashley, c'est du délire! Drago ne supporterait jamais Granger. Et elle, elle préfère les… livres aux hommes, non?

Ashley croisa les bras, un sourire mystérieux aux lèvres.

— Vous pouvez bien rigoler, mais je sais ce que j'ai vu, insista-t-elle. Et puis, vous verrez par vous-même. Bref, c'est pas tout. Ron et Pansy étaient un vrai couple, continua-t-elle, haussant les épaules. Voilà pourquoi j'essaie de les rapprocher à nouveau. C'est important… pour eux, et pour tout ce que ça peut réparer.

Les rires s'éteignirent progressivement, laissant un silence pensif s'installer. Harry échangea un regard troublé avec Blaise, son sourire s'effaçant peu à peu.

— D'accord, admit Harry, son ton plus sérieux. Peut-être qu'il se passe des choses qu'on ne comprend pas encore… mais comment est-ce qu'on peut aider?
— Venez avec moi.
— Où? demanda le survivant, toujours sous le choc.
— À la salle sur demande.

Blaise échangea un regard sceptique avec Harry, mais ils finirent par acquiescer. Ensemble, ils suivirent Ashley dans les couloirs sombres, le poids de cette révélation rendant l'atmosphère encore plus tendue.


Dans la salle sur demande, Hermione et Drago étaient encore une fois sur le point de s'arracher la tête. Le sujet? Une divergence de plus sur la meilleure manière de récupérer l'objet.

— Tu refuses toujours d'écouter, Malefoy! s'exclama Hermione, ses joues rougies par la frustration. Tu penses toujours que ta façon de faire est la meilleure, mais pour une fois, essaye d'être rationnel!

Drago, adossé nonchalamment à un fauteuil, croisa les bras, un sourire moqueur étirant ses lèvres.

— Rationnel? Granger, tu veux dire comme toi, qui préfères perdre du temps à tout analyser au lieu d'agir? Ce n'est pas pour rien que je suis toujours celui qui prend les devants.

Hermione lui lança un regard assassin, les bras croisés. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais Drago la coupa en continuant, son ton provocateur:

— Face à face avec un problème, c'est toujours moi qui mène. Toi, tu préfères rester à la traîne avec tes calculs inutiles.

Un éclat dans les yeux d'Hermione trahit un mélange de colère et… autre chose. Elle s'avança lentement, réduisant la distance entre eux.

— Ah oui? Tu crois que tu prends toujours les devants? demanda-t-elle, sa voix plus douce, presque dangereuse.

Drago fronça les sourcils, un peu troublé par ce changement de ton. Elle était maintenant si proche qu'il pouvait sentir son souffle. Mais avant qu'il ne puisse répliquer, Hermione fit ce que personne n'aurait imaginé. Elle attrapa le col de sa chemise et l'attira brusquement à elle.

Leurs lèvres se rencontrèrent, et cette fois, c'était Hermione qui prenait les devants. Le baiser était intense, empli de passion, et prit Drago complètement au dépourvu. Mais une fraction de seconde plus tard, il répondit avec autant de ferveur, glissant une main dans ses cheveux indisciplinés. Hermione passa ses bras autour de son cou, se laissant complètement emporter.

Le moment semblait suspendu dans le temps, jusqu'à ce que la porte de la salle sur demande s'ouvre brusquement.

— AH! cria Ashley, choquée mais visiblement amusée. Eh bien, je crois que j'arrive au mauvais moment.

Hermione et Drago se séparèrent aussi vite qu'un Éclair de Feu en plein vol, leurs visages rouges et leurs respirations haletantes. Blaise entra à son tour, suivi de Harry, et les trois observateurs les fixèrent avec des expressions partagées entre la stupeur et l'amusement.

— Oh, ça, c'est riche, lança Blaise avec un sourire narquois. Pas mal pour une Gryffondor.

Hermione ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun mot ne sortit, son visage rivalisant avec la couleur de ses joues. Harry, quant à lui, semblait sur le point de demander une explication, mais c'est Drago qui prit les devants cette fois.

— Potter, dit-il en souriant malicieusement. J'espère que tu prends des notes. C'est comme ça qu'on surprend tout le monde.

Ashley soupira en levant les yeux au ciel.

— Vous avez fini? Sérieusement, vous deux… On a une temporalité à sauver, pas un feuilleton romantique à produire.

Blaise ne put s'empêcher de renchérir.

— Si vous voulez qu'on vous laisse un peu d'intimité pour… disons, produire des héritiers Malefoy, suffit de le dire. On aurait laissé la salle libre pour un petit nid d'amour.

Hermione faillit s'étouffer tandis que Drago se contentait de sourire, très fier de lui.

— Ce n'est pas… On ne… commença Hermione, complètement déstabilisée.

Harry reprit la parole, sa frustration palpable.

— Ashley avait raison… Vous deux?! Sérieusement?! Et moi qui pensais que le « faux couple » était une stratégie. Une couverture. Mais là… Ce n'est pas une stratégie, c'est quoi, ça?

Ashley, essayant de garder son sérieux, tapota l'épaule de son petit ami.

— Harry, calme-toi. Ce n'est pas comme si ça sortait de nulle part, ajouta-t-elle avec un sourire amusé. Tout le monde avait vu ça venir. Sauf toi, visiblement.

Hermione se passa une main sur le visage, essayant de reprendre contenance.

— Ce n'est pas ce que vous croyez… enfin si, mais ce n'était pas censé arriver maintenant! Je veux dire, c'est… compliqué!

Drago roula des yeux et s'avança.

— Bon, c'est fini, oui? Oui, on s'est rapprochés, oui, ça dépasse le cadre du « faux couple ». Et alors? Ça change quoi?
— Ça change quoi?! répéta Harry, outré. Ça change tout! Vous jouez à quoi, vous deux? Vous réalisez que vous avez chamboulé le temps? Et vous en profitez pour quoi, flirter?!

Hermione fronça les sourcils et se redressa.

— Harry, on n'a pas « profité » de quoi que ce soit! On essaie de tout arranger! Et si toi, tu ne comprends pas que… que…
— Que vous êtes amoureux? coupa Blaise en haussant un sourcil. Allez, dis-le, Granger. On est tous au courant ici.

Hermione ouvrit et referma la bouche, ses joues en feu. Drago, cette fois, sembla plus troublé, mais il reprit rapidement le contrôle.

— Ce qu'Hermione essaie de dire, Potter, c'est que notre relation ne t'empêche en rien de continuer à faire ta noble mission de sauver le monde. Alors détends-toi, va boire une Bieraubeurre et laisse-nous gérer notre côté du problème.

Ashley éclata de rire, coupant la tension.

— Je crois que c'est la première fois que je vois mon frère faire preuve de tact. J'aime bien cette version de toi, Drago. Continue comme ça.

Blaise secoua la tête, son sourire moqueur toujours présent.

— Vous êtes irrécupérables, tous les deux. Mais c'est divertissant.

Harry, toujours perturbé, pinça l'arête de son nez avant de soupirer profondément.

— Ok, d'accord. Mais vous avez intérêt à m'expliquer tout, et je veux dire absolument tout, sur vos « efforts pour réparer le temps ». Et si ça foire, Malefoy, je te préviens, je t'éclate. Faux couple ou pas.

Drago ricana doucement.

— Bien sûr, Potter. Je tremble d'avance.
— Bon, maintenant qu'on a tous pris conscience de cette… situation, on peut se remettre à notre mission, non? demanda Ashley, avec un regard amusé.

ALORS ! VOUS AIMEZ ? Je vois plusieurs d'entre vous suivre mon histoire et ca me fait très plaisir. J'aimerais bien que vous me dites ce que vous en pensez également ! À la semaine prochaine xoxo