Bonjour tout le monde ! Prêt à revenir dans les mondes du nord avec Mandos et sa légendaire Malchance ?

Cette fanfic est un partenariat avec Ziamela qui écrit "La Geste du Loup Blanc et du Chat Noir".

Nous nous retrouvons avec nos deux mondes entremêlés dans une aventure palpitante.

Les mondes sont issus des ouvrages de J.K. Rowling, de Andrzej Sapkowski et de Oda.

~ langue~ : Elfique

~~langue~~ : fourchelangue

Profitez des deux fanfics en les lisant conjointement. Et n'oubliez pas de laisser un commentaire ainsi qu'un petit "j'aime".


Chapitre 32 : De l'autre côté du miroir.

Il regarda le sable en face de la mer. Il avait préféré laisser tranquille les autres pour l'instant. Marco avait déjà dû mal avec ce qu'il avait fait. Il aurait dû proposer quelqu'un d'autre pour empêcher cela. Le plus ancien médecin restait un pirate. Et, il avait du sang sur les mains. Aki devait être le seul enfant qu'il avait aidé à mettre au monde. Et voilà qu'il avait dû l'envoyer dans un four en faisant confiance à sa protégée.

Il sentait que l'homme avait été brisé sous la culpabilité. D'un côté, il ne ferait plus confiance en une jeune fille qu'il gardait sous son aile, et de l'autre, il mettait sa main à couper qu'il refuserait de faire accoucher le moindre enfant. Et cela, de peur que le sang de ses mains aille sur l'innocence de celui-ci.

En y réfléchissant, lui-même n'aurait pas pu. Il n'aurait pas pu faire le geste même si son meilleur ami lui demandait ou quelqu'un en qui il avait confiance. Il respectait Marco. Mais, il sentait que l'homme avait pris à cet instant le poids du monde plus celui d'une autre sphère.

Ils étaient rentrés à Kaer Trolde. Enfin, Géralt était rentré et Marco avait rejoint Kali. Lui, il avait décidé de faire un peu d'errance. Il appréciait le groupe mais la similis liberté via un papier était appréciable. Il soupira, continuant sa contemplation de la mer, dans la main le sextant que lui avait donné Davy Jones. Il regarda dans celui-ci, fixant alors ce qui était apparu dedans. Ça ressemblait à un monde gelé. Il semblerait que le Grand Froid soit non loin.

Fumseck chanta au-dessus de lui alors que Hugin tirait ses cheveux. Il s'assit, les fixant. Ils n'étaient pas à l'aise. Il dressa son oreille et grogna en entendant les pas approchant. Il ne pouvait pas rester tranquille un moment, non ?

Cependant, il vit l'un des druides qui le salua avant de continuer sa cueillette d'ingrédients. Il soupira en rendant le salut et fixant à nouveau la mer. Il n'avait ni sa capuche, ni de quoi couvrir sa malédiction. Il se demandait vraiment comment allait les autres.

Un nouveau raclement de gorge lui fit tourner la tête et il vit Sac-à-souris qui était présent.

- Venez, jeune Cerbin. Nous allons pouvoir voir ce qui vous ronge. Yn Toredig vous attend ensuite.

- J'arrive. Allons voir si il ne m'en reste que six ou si un septième se planque en plus.

Sept. Heureusement qu'il avait déjà plusieurs sceaux en moins car sinon, il aurait pesté sur le chiffre sept.


Du côté de la sphère de Mandos

Jaskier regardait les membres présents dans son auberge et sentait que si ça continuait, il allait même voir débarquer l'empereur en personne. Il y avait les frères Blacks qui semblaient de plus en plus sombre. Yennefer discutait avec eux mais si quelqu'un prenait attention à ce qu'elle disait, il ferait demi-tour.

Il faut dire qu'elle avait mis un sort sur un disparu et que celui-ci lui indiquait s'il était en danger ou blessé. Le sort s'était arrêté à cause de l'épuisement de la quantité de magie qu'elle avait mis dedans.

Draco Malefoy avait le même visage des nobles ou des sorceleurs, un masque sans émotion. Mais, si on observait bien, il était en colère et inquiet. Il avait même paniqué en voyant les frères jumeaux sérieux.

Remus Lupin et sa femme étaient aussi là avec leur fils Ted. L'ancien lycanthrope avait eu les traits si tirés lorsqu'il avait appris la nouvelle qu'il était sûr que le loup aurait été faire un massacre dans la ville la plus proche.

La porte s'ouvrit à nouveau et il tiqua en voyant plusieurs des Stries Bleues dont Cyn ainsi que Roche et leurs nouveaux membres ou anciens qui n'avaient pas été pendu à Vergen puisqu'ils n'y étaient pas. Celle au centre de la table, la tête au-dessus d'une carte, se tourna vers les nouveaux entrants.

Ciri était vindicative et surtout en colère. Si elle ne se contrôlait pas, il était sûr que la ville de Novigrad aurait été rayé de la carte.

- Commandant Roche ! Vous avez des nouvelles ?

- Géralt a réussi deux des trois missions. Où est ce fils de pute d'écureuil ?

- Toujours pas revenu. Indiqua Zoltan. Lui et ses gars sont allés voir Dol Blathanna pour récupérer des anciens artefacts Aens. Mandos a réussi à dire à Iorveth qu'il aurait besoin d'aide pour rentrer. Avallac'h est allé préparer des choses à Kaer Morhen pour cela.

- Et Hermione a donné des nouvelles. Avec Shani, elles ont réussi à maintenir en vie le jeune prince. Commenta Draco avec une voix très sombre. Le mage Ophir accepte d'attendre qu'on sauve Mandos puisqu'il est en partie responsable.

Tous regardèrent le blond qui faisait rouler entre ses doigts le verre de vin sans le boire. Si quelqu'un se demandait s'il était en colère, maintenant, tout le monde le savait. Talar grogna à côté.

- Le blond a putain de dit que c'était leur faute si cela est arrivé. Et que ça trou le cul à plus d'un. Surtout que ça a fait fumer une personne dont ils ne voulaient pas avoir comme ennemi.

La conversation s'arrêta là lorsque Ciri indiqua que Géralt avait eu comme première mission de discuter avec un mort et de se faire posséder par ce dernier. Ils comprenaient de plus en plus pourquoi Mandos avait été envoyé loin.

Sans oublier les quelques nobles qui avaient été approché par Gaunter et qui avaient souhaité se débarrasser du guérisseur qui semblait avoir une trop grande place à la cour impériale ainsi que dans les relations avec les non-humains pour le nord. Géralt était allé parler à Olgierd, l'origine même des soucis. Plusieurs retenaient d'aller trouver l'homme pour le tuer ou le frapper de façon répéter. Et puis, ça ne servirait à rien, il était immortel.

La seconde mission était de voler quelque chose. Il avait été assez simple à le faire en participant à la vente aux enchères. La surprise fut de rencontrer une ancienne amante de Vesemir. Celle-ci avait gardé l'armure de loup du vieux sorceleur après toute ses années. Il fut dur pour Lambert d'apprendre que le chapeau qu'il avait abîmé lors de leur dernière beuverie à Kaer Morhen avait été le cadeau de la femme. Il comprenait pourquoi Vesemir y tenait autant.

Roche avait commencé à enquêter sur Olgierd afin de mieux comprendre à quoi ils avaient affaire. Il avait trouvé des informations diverses un peu étrange. Letho avait envoyé un message pour en donner d'autres mais il ne pouvait pas aider pour l''instant, occupé avec une série de morts étrange dans les montagnes Bleues.

- Eskel et Lambert ne vont pas tarder à arriver avec Géralt. On se reposera et on ira ensuite s'occuper de ce manoir hanté.

- Selon mes gars, commença Roche. Ce lieu est maudit. Pas mal de disparitions, beaucoup de cris, personne qui rentre, ou qui sort. Et du côté des mages ? On a un moyen pour ramener Mandos ?

- Avallac'h, Triss et Yennefer font ce qu'ils peuvent. Mais, la loge demande de me rencontrer à nouveau, grogna Ciri.

- Peste soit Philippa, murmura Zoltan.

Tout le monde était d'accord. Ciri revint à la carte pour regarder le lieu. C'était vrai. Personne n'approchait le lieu depuis un moment. Même les monstres. Ce qui était étrange. Et en même temps, non. On parlait d'un démon. Les informations étaient cachées à droite et à gauche. Ils durent arrêter de trop chercher sur Gaunter lorsque Regulus indiqua qu'il y avait comme un maléfice sur le personnage même. Et cela fut confirmé lorsqu'ils rencontrèrent l'un des pontes en sciences occultes. Celui-ci leur parla de Gaunter de meuré ou l'homme miroir avant de trouver la mort par accident. Enfin, le coup du sort était tellement voyant qu'ils se doutaient tous que Gaunter avait voulu éviter qu'ils aient des informations.

Il fallut attendre à la lueur des chandelles que Géralt passe le pas de la porte avec ses frères derrière lui.

- Je vais tuer ce fils de pute dès que l'on aura terminé ! Hurla Lambert.

Le Loup Noir jeta sa cape en travers de la pièce et s'installa à une des tables en croisant les bras de rage. Géralt garda son calme en avançant alors que Eskel demanda une bouteille d'alcool à Zoltan.

- Alors, Géralt ? Qu'est ce que demande ce fils de pute, demanda Roche.

- La putain de rose de sa donzelle morte, continua Lambert avec rage. S'il a été con à demander de l'aide à la mauvaise personne, il garde ses putains de problèmes pour lui ! Il embarque pas dans sa merde les autres et …

- On a compris Lambert. Calme, soupira Eskel. On a des informations en plus. Loup Blanc ?

Géralt attrapa la bouteille en frottant avec fatigue son visage marqué. Yennefer s'appuya contre Sirius en croisant les bras. Ce dernier la laissa faire, à la surprise de certains, et même passa son bras par-dessus les épaules de cette dernière. Regulus fit comme si c'était normal. Ce qui n'était pas normal en fait pour les autres. Géralt secoua la tête avant que Yennefer ne coupe le silence.

- Je déteste avoir l'impression d'être sur un plateau d'échec, commenta la magicienne aux yeux améthyste. Les frères Black et moi-même avons cherché des heures durant dans les bibliothèques et celles de Nilfgaard pour trouver quelque chose approchant des symboles. Rien.

- Théodore n'arrive pas à contacter Merlin pour nous donner de l'aide, continua Nymphadora Tonks-Lupin.

- Avez-vous plus d'informations à partager de votre côté ?

Lambert vida la bouteille de Eskel alors que Géralt soupira.

- Oui. On en sait un peu plus sur comment Olgierd a été contacté par Gaunter. Suite à la faillite de sa famille, ses fiançailles ont été brisés par sa future belle famille.

- Et ce con est allé se saouler. Et il s'est battu. Et il a parlé à Gaunter comme un con et accepter son marché.

- On te remercie Lambert, grinça sarcastiquement Yennefer. Mais, quel fut sa dernière demande ?

- Trouver une rose, commenta Eskel.

Tous le regardèrent étrangement. Yennefer eut alors un rictus avec les autres.

- Si il veut une rose, qu'il aille chez le fleuriste.

- Allons, Yen. Je soupçonne que ce Olgierd a été plus agaçant pour que notre ami Lambert devienne vulgaire, commenta Sirius.

- Vrai Sirius. Donc … il veut une rose particulière.

- Une rose de souvenance ? Demanda Triss.

- Si seulement, commenta Géralt.

- On aurait demandé à Iorveth et il aurait ramené le buisson complet, finit Roche. On connait cet idiot.

Si la situation n'était pas grave, beaucoup aurait ri. Iorveth ferait beaucoup de choses pour le dernier membres de sa famille. Et Mandos ferait de même pour son oncle ou ceux qu'il considère comme faisant partie de sa famille. Et cette pensée frappa presque chaque personnes présentes dans l'auberge du Caméléon. Et ne pas entendre la voix du jeune elfe pour dire qu'il va bien, cela rendait à nouveau l'ambiance sombre. Aucun ne pouvait accepter que l'un d'entre eux disparaisse. Ils avaient déjà assez perdu. Jaskier demanda alors pour tous ce qu'était la rose recherchée.

- Il s'agit de la rose qu'il a donné à sa femme. Et celle-ci est morte il y a un moment. Et il la veut pleine de vie. La rose doit être dans son ancienne demeure.

- … la zone où personne ne va plus et parle de malédiction ? Joie. Commenta Nott. Qu'est-ce que l'on ferait pas pour Mandos ? Comment on s'organise Ciri ?

Elle garda le silence puis releva la tête vers Géralt.

- Géralt ?

- Je préfère que plusieurs s'occupent d'aider pour faire revenir Mandos. D'autres, pour venir dans l'ancien manoir à chercher.

- La scission est logique d'avance. Indiqua Draco. Je pense que les sorceleurs seront de la partie avec notre commandant Témérien.

Roche hocha la tête avec ses trois hommes présents. Cyn voulut aussi mais le commandant indiqua qu'il fallait aussi quelqu'un pour rester à l'affut de la moindre menace contre la Téméria.

- Et les mages et les sorciers continuent de chercher une solution pour récupérer Mandos. Finit Draco. Votre altesse … ?

- Je vais aller avec Géralt et les autres. Je suis une sorceleuse. Il est hors de question que je n'aide pas. On parle de mon andouille d'elfe qui est en danger. Et on n'a plus aucune possibilité de lui parler. Il attend un phare ou qu'on réduise Gaunter en miette.

Tout le monde hocha la tête. Elle attrapa son épée et rejoignit le groupe à l'extérieur. Yennefer l'attrapa avant qu'elle ne monte sur sa monture.

- Promets moi d'être prudente avec les autres.

- On reviendra avec la rose.

- Espérons-le.

Ils avaient plusieurs semaines de voyage à faire. Ils pourraient tenter d'utiliser les sorts ou les portails mais la zone complète était protégée.


Rien qu'arrivé dans les environs de l'ancien domaine, leurs colliers vibrèrent. Il y avait beaucoup de choses dans le coin. Des choses dangereuses et sombres. Comme ils avaient compris, tout ce que touchait Gaunter pourrissait à un moment ou à un autre.

Le portail rouillé était la seule entrée visible dans le domaine. Même les pierres du mur qui encerclaient la maison donnaient un certain malaise. Un des gars de Roche proposa de gravir à un endroit. Son idée fut vite repoussée dès qu'il toucha le mur. Il y eut un son assez violent de l'autre côté du mur qui donna un frisson à chacun.

Néanmoins, en arrivant au portail, celui-ci était couvert de lierre épais. Ils allaient devoir soit trouver une autre entrée en faisant le tour pour voir si un des murs leur permettait l'accès, soit développaient rapidement une capacité de jardinage pour débroussailler l'entrée.

- Bon … les sorceleurs ont des recommandations ?

- Ne pas faire les idiots, dit moqueusement Lambert.

Cela lui valut un coup à l'arrière du crâne par Eskel. Zabini était le seul des sorciers qui accompagnait le groupe pour des raisons évidente. Il était bien plus rapide et fort qu'un humain normal. C'était l'avantage d'être un damphir. Il termina de sortir des carreaux d'arbalètes à pointe en argent d'un sac sans fond.

Roche arma la sienne et récupéra la lame que lui tendait le sorceleur. Eskel avait été récupéré plusieurs lames en argents et une paire de dague pour le demi-vampire. Celui-ci fit tourner entre ses mains les lames avant de fixer le portail.

- Et dire qu'on va devoir rentrer dans ce domaine … Même le manoir Black semble plus avenant. Et il est rempli d'artefacts noirs et de choses dont on ne devrait pas savoir l'existence.

- Je suis d'accord.

Ils entendirent tous à nouveau le son étrange de métal dans la terre. La brume recouvrait la zone. Il était difficile de voir quoique ce soit. On pouvait néanmoins deviner une allée montant jusqu'aux portes de la maison.

Un son grinçant résonna alors. Tous tournèrent la tête et virent une figure sombre passer dans les brumes, de l'autre côté des grilles. Roche grogna puis pointa alors ses hommes.

- Vous restez ici avec les montures. Établissez un camp.

- Bien commandant !

Les trois soldats attrapèrent les longes de chaque monture et s'éloignèrent de la propriété. Géralt fit signe avec Eskel. Ils avaient entendu quelque chose. Le groupe commença à contourner le mur d'enceinte. Une voix leur parvint après quelques minutes de marches en silence. Avec la brume environnante, il était déconseillé d'attirer l'attention des monstres qui s'y cachait. Même s'ils étaient quatre sorceleurs avec un mage et un soldat des forces spéciales, un monstre restait toujours dangereux.

- Kendrick ?! Kendrick ?! Tu es là ?!

Ils virent un homme, mal fagoté, sur un des morceaux de murs tombé. L'homme avait tout du pilleur de cadavre jusqu'à l'odeur âcre de la pourriture. Il y avait comme un petit échafaudage de planche pour se hisser sur ce dernier. Celui-ci appelait de plus en plus fort.

- Ta gueule, couillon si tu veux pas attirer la moitié des brumelins de la région, grogna Lambert.

- On peut savoir ce que vous fichez là, demanda plus diplomatiquement Géralt.

L'homme poussa un cri de surprise et se retourna vers le groupe. Il fut tétanisé en les voyant armés. Roche croisa les bras avec une tête à faire fuir les plus vicieux Scoia'tael.

- Dieux ! Vous m'avez fait peur !

- Moins fort, on a dit. Vous voulez vraiment terminer votre vie dans l'estomac d'un monstre, s'exaspéra Eskel.

L'homme perdit le peu de couleur qui lui restait et se mit à trembler en alternant son regard entre le groupe de sorceleurs et les brumes où, semblerait-il, un ami se trouvait. Il était à présent clair que l'ami en question avait trouvé la mort. Et que le son étrange était sûrement le gardien qui s'était occupé du lieu. Roche grogna assez dangereusement tout en gardant la voix basse. On pouvait comprendre pourquoi il avait une certaine réputation dans les royaumes du nord et que même l'empereur préférait l'avoir en allié.

- On peut savoir ce que vous foutez dans cette propriété abandonnée ?

- Euh … puisqu'il n'y avait personne. On a pensé avec Kendrick que …

- Déguerpissez avant que vous ne subissiez le même sort que votre camarade ou que je vous colle aux fers !

L'homme le fit rapidement. Son camarade était très certainement mort. Aux sons qu'ils percevaient, on pouvait entendre les bruits de pelles dans le jardin. Ciri dégaina sa lame en regardant dans les brumes. Il y avait quelque chose, un peu plus loin.

Ils avancèrent en groupe, attentifs aux moindres mouvements. Quelque chose sortit des fourrés. Plusieurs auraient pu croire à Sirius changer en Patmol lorsque le chien sombre montra son museau. Mais, le sorcier était actuellement à Novigrad avec les autres. L'animal pencha la tête sur le côté. Il y avait une sensation étrange autours de ce dernier. Et lorsqu'on fixait les iris du grand chien noir, on ne voyait que la noirceur. Eskel avança doucement vers mais le chien partit. Ciri tapota l'épaule de Lambert qui était le plus proche et pointa une seconde créature. C'était un chat. Celui-ci aussi était noir comme les ombres.

Rien de rassurant même pour des sorceleurs aguerrit comme eux. Encore plus lorsqu'une personne en bure sombre avec une longue pelle semblable plus à une hache, sortit des ombres, tirant le corps du voleur. La chose se tourna vers eux et ils sentirent tous leur médaillon vibrer violemment.

Roche et Zabini n'eurent pas non plus besoin de médaillons pour comprendre qu'il fallait sortir du passage lorsque la chose frappa le sol avec son étrange arme et qu'une lueur bleuté éthérée sortit du sol. La chose redressa son arme et releva sa capuche. Il n'avait qu'une bouche mais pas d'yeux ni de nez. La créature n'était comme rien qu'ils connaissaient.

- Qu'est-ce que t'es moche !

Chacun s'élança contre alors que Zabini et Roche les couvraient à distances via les carreaux d'arbalètes ou les sorts. Et dire qu'ils venaient simplement de rentrer dans l'enceinte de l'ancienne maison.


- Je vais commencer à détester les tableaux.

- Pareil, Roche, pareil, grogna Eskel.

Ils avaient réussi à rentrer dans le manoir après avoir tué le gardien avec difficulté. Lambert avait pris un coup en voulant parer l'attaque. Mauvaise idée qui lui valut une épaule démise et une nouvelle cicatrice à ajouter à sa collection. Il ne dut la vie et d'avoir gardé rattaché son bras que grâce à l'intervention de Blaise et Eskel. Roche grognait à côté, terminant de remettre un nouveau carreau dans l'encoche.

- Je commence à vouloir botter le cul de chaque personne qui insulte un sorceleur. Vous faites un putain de métier à la con.

- On sait. Jaskier a bien tenté pendant des années d'améliorer notre réputation, pas vrai Loup Blanc ?

- Moins de paroles, plus d'actions.

Un nouvel esprit émergea de la peinture de la femme qu'ils savaient être la femme de Olgierd. Le commandant Témérien tira et le carreau frappa l'esprit qui fondit en rage vers lui. Eskel et Géralt firent danser leur lame dans une danse parfaite et frappèrent le spectre. La lueur bleutée apparut au-dessus et Ciri acheva alors en épinglant au sol la chose. À nouveau, celle-ci disparut dans un nuage de cendre.

Il y avait toujours cette odeur de rage, de peine, de douleur qui émanait des murs. Mais, ils étaient enfin arrivés à la porte. Mais, après tous ce qu'ils venaient de traverser, ils se doutaient de ce qu'ils allaient trouver.

La porte tomba de ses gonds avec un sort de Aard. Blaise grommela, essuyant les lames et les rangeant dans son dos.

- Et la belle attendit dans sa chambre, mais le prince ne vint jamais. Son corps commença à s'effriter, ne laissant alors que rancœur et douleur. La belle pleine de vie, devint morte et son esprit attendit encore et encore que son amant passe la porte.

- Tu as décidé d'être poète, Blaise ?

- Non. Réaliste. Parce que, là, on est littéralement dans un conte de fée sombre. Ceux qu'affectionnaient parfaitement mon grand-père. Je me demande comment s'en sort ma mère ? J'espère qu'elle va bien.

Tous regardèrent le demi-vampire qui soupira.

- Tu es parti.

- Oui. Elle m'a dit de partir. Et de ne pas penser à elle lorsque je partirais. Elle refusait que je « baise » les pieds de Voldemort. J'ai pris la décision de littéralement changer de monde. Et, aujourd'hui … j'aimerais avoir eu la pensée de la prendre comme Draco a fait.

Ciri posa la main sur l'épaule du jeune homme avec un sourire.

- Si tu veux, lorsqu'on aura récupéré Mandos, on ira la voir pour lui proposer.

- Je vous remercie, princessa. Mais, occupons-nous déjà de cette dame au cœur brisé.

Géralt hocha la tête en regardant les restes d'une rose séchée entre les doigts décharnés de la pauvre femme devenu momie, dans la chambre. Personne n'était venu lui apporter les derniers sacrements. Les deux esprits, le chien et le chat apparurent. Et il fut assez agaçant de les entendre. Mais, le groupe savait ce qu'ils allaient faire pour une pauvre âme qui s'était vu refuser par le destin une mise en terre. Elle était restée en rage. Ses larmes maculaient chaque pièce de la maison.

Ils creusèrent une tombe dans le jardin, loin des fosses qu'avait creusées le gardien du domaine. Un lieu que la jeune femme avait aimé. C'était étrange de voir la vie de cette femme. On pouvait la comparer à la rose qu'elle avait tenu entre ses mains jusqu'à la fin de sa vie. Une vie douce, belle, pleine de vie. Une vie cueillit et qui fana par l'arrogance et la stupidité.

Ciri regarda la pauvre femme dont l'âme pleurait encore et encore. Mais, Blaise avait raison. La femme attendait encore. Elle attendait encore et encore son mari partit. Elle était autant prisonnière du pacte que son mari. Quelque chose la reliait à la terre, la torturant. Et, en même temps, elle attendait. L'histoire était à la fois belle et triste.

Géralt et Eskel furent les deux seuls qui rentrèrent dans la peinture. Ciri regarda la tombe sans pierre tombale alors que le sorcier travaillait sur la métamorphose de plusieurs pierres en une acceptable.

- Commandant Roche ? Vous pensez que Mandos va bien ?

- Ce gamin est plus résistant que n'importe qui. … je déteste ce rappel de sa vie, mais il a appris à survivre, grogna le Témérien. C'est peut être la chose la plus mémorable chez lui.

- Ça et s'attirer des ennuis, dit alors Ciri avec un petit rire triste.

- Malheureusement.

Blaise termina de travailler sur une pierre tombale et la montra au deux autres. Ils furent assez surpris en voyant la rose taillée dans la pierre, sur un côté. Le nom de la femme se tenait au centre et l'épithète disait : Une rose pour la vie qui se lève, qui s'épanouit et qui fane lorsque la nuit tombe. Mais une éternité n'est rien pour une rose venant du cœur. Un amour qui gardera le cœur de celle qui attend, sa rose, reposant entre ses mains.

- Je ne te savais pas poète Zabini.

- Les cours de littérature de ma mère. Une torture. Voilà pourquoi je ne peux rester trop longtemps à écouter Jaskier discuter du noble art de la lettre. Mais, parfois, c'est utile de savoir plier les mots. Surtout pour ça.

Il termina de poser la pierre avec l'aide de Roche. Ciri regarda la brume qui commençait petit à petit par disparaître. Il y avait comme un apaisement dans l'air. La tristesse était toujours là, mais, il n'y avait plus cette sensation de colère omniprésente. Lambert grogna, tenant son épaule blessée et regardant le tableau.

- Ils en mettent un putain de temps. Et je m'étonne que tu n'y soit pas allée Ciri. T'étais assez diablesse à Kaer Morhen pour y aller.

- La ferme Lambert. Et puis, Géralt et Eskel peuvent très bien s'en charger pendant que l'on termine ici.

Elle croisa les bras, se sentant agacée par le commentaire du plus ancien lorsqu'elle entendit le croassement des corbeaux. Elle pinça ses lèvres en regardant la tombe où reposait Iris von Everec. Elle avait envie de pleurer. Mandos n'était pas là. Iorveth avait réussi à lui parler deux fois.

Elle souhaitait tellement entendre sa voix, le regarder travailler, discuter avec lui. Elle serra les mains au point que ses doigts lui firent mal en se plantant dans ses bras. Elle était forte, mais, il la faisait se sentir en sécurité. Elle voulait à nouveau sentir son bras contre ses épaules, qui la rapprochait de lui pour lui dire qu'il était là. Elle voulait à nouveau jouer avec ses cheveux alors qu'il dormait contre elle, la tête contre son cœur. Elle voulait chasser à nouveau les cauchemars qui le torturaient et dont il ne parlait à personne. Elle voulait sentir la douceur de ses lèvres contre sa peau. Elle voulait entendre son rire et ses remarques. Avoir l'impression d'être complète en étant deux.

Elle était l'hirondelle, symbole d'espoir, Zirael, dame du temps et de l'espace. Il était le corbeau, passeur entre les vivants et les morts, le Maître de la mort. Et l'hirondelle dansait avec le corbeau. Mais, pas aujourd'hui. Et son cœur pleurait de cette absence. Il n'était pas mort, mais il n'était pas là.

Elle releva la tête lorsqu'elle entendit deux respirations. Elle regarda Eskel et Géralt de retour. Mais, pas de rose. Elle regarda Géralt avec désespoir mais celui-ci esquissa un léger sourire en présentant alors un bout de toile soigneusement plié. Elle regarda alors le portrait de la femme, tenant la rose entre ses doigts délicats. C'était presque comme si la peinture était vivante.

- Ça sent la magie là-dedans … enfin, c'est comme si l'essence de la personne s'était glissée dans le tableau.

- Iris l'a peint pour Olgierd … sa dernière preuve d'amour. Elle espère encore qu'il récupérera son cœur.

- Cœur de pierre.

- Pas exactement, Lambert. On a appris un peu plus de chose ici ainsi que de la bouche de Iris, commenta Géralt.

- Que les pactes, c'est de la merde, grogna Vernon Roche. Raison pour laquelle, on est bien d'accord, qu'aucun ne fait l'idiot pour accepter la moindre proposition de ce fils de pute.

- Je n'aurais pas mieux dit. Je comprends pourquoi tu l'aimes bien, Géralt, ricana Lambert.

Blaise regarda le tableau entre ses mains. Oui. Il y avait définitivement un soupçon de magie dedans. Mais il n'était pas le spécialiste de cela.

- Olgierd pourrait s'opposer à considérer cela comme … respectant sa demande.

- J'ai peut-être une idée … mais, pour cela, faudrait parler avec la mère de Draco. La lady Narcissa Black. Elle est à Nilfgaard.

- Qu'as-tu en tête, Zabini ?

- On va rendre ce tableau presque vivant. En fait, le transformer en tableau sorcier. Sans rien modifier, sans rien retirer, ni ajouter de peinture. Mais c'est une proposition …

- Je trouve que l'idée à du mérite. Et puis, Olgierd est introuvable pour l'instant. Je dois me faire contacter par l'un de ses hommes après avoir mis une annonce sur un panneau.

- Au point où nous en sommes … et nous n'avons pas assez d'informations pour vaincre ce Gaunter. Celui-ci pousse le jeu à se prolonger.

Tous hochèrent la tête. Géralt donna la toile au sorcier. Celui-ci la sécurisa dans son sac.

- Bon … qui veut m'accompagner ?

- J'ai mes hommes à rejoindre. Et j'ai une reine à qui je dois rendre mon rapport sur la situation. Anaïs est aussi touchée par la disparition de notre corbeau.

- Je vais emmener Lambert voir Shani, commenta Géralt. Et prévenir Keira que son Loup Noir a été blessé.

- Va te faire foutre, Géralt. Et pour l'autre magicienne, tu peux putain de t'abstenir. On a rompu lorsqu'elle m'a pris pour son chien de compagnie. Je comprends pas comment tu peux supporter des garces pareilles.

- Je vais revenir à Novigrad pour ma part. En espérant que Iorveth s'y trouve lorsqu'on y arrivera, termina Ciri.

Il ne restait donc plus que Eskel. Celui-ci se désigna volontaire désigner d'office. Ils récupérèrent les montures et Blaise transplana lorsqu'ils furent hors de la zone à forte densité magique. Bien que cette sensation disparût petit à petit avec l'apaisement de l'âme du manoir.

Eskel grogna, se tenant la tête après le passage par le moyen de transport sorcier. Blaise grimaça en le regardant plus pâle qu'il ne devrait l'être.

- Eh bien, jeune Zabini ? On indispose ses camarades de voyage ?

Ils étaient arrivés dans une propriété avec un jardin de fleur. Pour être exacte, juste devant une femme à la chevelure blonde, assise à lire sur un banc de pierre à l'abris d'un arbre. Elle les avait interpelés sans être même inquiétée de leur présence.

- Lady Narcissa Black … on a besoin d'aide.

La sorcière avança noblement jusqu'à eux et sourit au sorceleur. Elle présenta sa main et Blaise donna un coup dans les côtes de Eskel pour que celui-ci réagisse. Ce dernier grogna avant d'attraper la main et faire preuve de respect.

- Eskel, de l'école des loups. On pourrait avoir besoin de votre aide pour sauver Mandos.

- C'est un plaisir de vous rencontrer, Maître Eskel. un véritable plaisir. Venez à l'intérieur pour m'expliquer. Je vais faire de mon mieux pour vous aider.


Eskel regardait le tableau qui bougeait et parlait. C'était bien différent de ce qu'ils avaient subi dans le manoir. Et chacun regardait la toile qui avait été encadrée en plus. Lorsque la mère de Draco faisait quelque chose, cela ne semblait pas être fait à moitié. Elle avait même une petite fierté de ce qu'elle avait fait.

- La peintre qui a fait cette toile y a mis toute son âme. Pour ne pas faire de mauvais jeu de mots. Eskel a eu la gentillesse de me dire par quoi est passé cette femme. Je lui ai fait promettre que lorsque tout sera régler, qu'il … frappe un peu de sens commun dans l'esprit de ce Olgierd. En toute bienséance, bien sûr.

Tous eurent un rire au commentaire de l'ancienne Lady Malefoy. Et Eskel ricana en disant qu'il y avait quand même une série de personne qui avait demandé avant. Pour l'instant, Olgierd avait dit d'attendre qu'il envoie l'un de ses hommes. Ce n'était maintenant plus qu'une question de temps. Mais, cette patience pouvait être érodée. Ils avaient assez attendu pour certain.


De retour du côté de Mandos

Il revint lorsque la nuit commença à tomber. Il avait rencontré les druides et chacun avait confirmé ce qu'avait senti Sac-à-souris. Il restait bien six sceaux : les quatre éléments, son cœur magiques et une étrange magie reliée à lui et au monde. Il n'était pas idiot. C'était sûrement son lien avec la mort, celui-ci.

Il arriva au campement et nota Déa et Anaïs présentes. Kali avait sûrement dû aller les chercher. Ce qui voulait aussi dire que Marco avait peut-être réussi à rentrer en méditation pour se calmer. Il rentra dans la tente et posa la plupart de son armure sur une chaise pour ne finir qu'en tunique, pantalon et chaussures. Il commença à préparer le repas du soir. Hugin se posa sur le perchoir au-dessus de lui. Il monta juste le morceau de viande qu'il venait de couper et l'oiseau l'attrapa. Il termina de faire un curry et le posa sur la table. Il attrapa ce qui avait été sauvé du trou sans fond qu'était Luffy et donna les morceaux de viandes préparer à Hugin et Fumseck.

Géralt rentra à cet instant et s'installa à la table en silence. Il garda le silence. Il aurait pu dire ce qui allait se passer. Il aurait pu essayer de trouver une autre solution. Géralt lui indiqua juste d'un mouvement de tête que ça allait. Il retourna à la cuisson d'une tarte à la mélasse.

Il faillit dégainer sa dague et Géralt ses épées lorsque quelque chose rentra précipitamment dans la tente.

- Bon sang ! T'es un sorceleur ! Fais ton boulot !

Il haussa un sourcil. Géralt était certes, un sorceleur, mais il tuait les monstres. Ce qui était un peu étrange de la part d'un vampire de dire cela. Ce qui était le plus étrange était qu'un homme de bien deux mètres utilise le sorceleur comme perchoir. Hugin et Fumseck regardaient le vampire puis l'entrée de la tente. Il sortit la tarte du four à bois et la posa sur le billot. Sans oublier que Marco rentra pas même une seconde plus tard avec l'air décider à faire une autopsie sur cadavre. Ce qui pouvait correspondre à Thatch par définition. Un vampire est surnommé un mort vivant.

- Géralt, livre-le, il l'a cherché.

Il regarda Kali qui continua sa lecture tranquillement. Géralt obéit à la demande de Kali qui décrocha Thatch pour le mettre devant son bourreau dans un renversement qu'il avait vu dans les galas d'art martiaux. Et dire qu'ils étaient censé être des adultes.

- Finalement, la méthode pour m'enseigner le Haki, d'Ace est plutôt efficace. Qu'est-ce qu'on mange, Mandos ?

Il ignora le massacre en scène de fond et termina de poser les légumes.

- Poêlé de légumes sautés, poulet au curry, et riz. Dessert, tarte à la mélasse et cake au chocolat.

Il retourna son attention sur les deux combattants alors qu'il prenait place à côté d'Anaïs. Seulement Thatch commença à parler assez fort pour que tout le monde entende.

- Il était une fois un Phénix…

- /Ta gueule !/

- ...Qui aouch ! pensait que pour apprendre à voler non pas les yeux ! Pas le bec ! Putain salaud !

- /Tais-toi ou je t'arrache la langue !/

- … il pouvait se jeter d'un arbre haut de bien un kilomètre !

Il regarda les deux avec une certaine multitude de pensées. À commencer par… Thatch était-il suicidaire ? Puis, ensuite, ce fut, Marco, qui saute d'un arbre de un kilomètre pour apprendre à voler ? Et enfin, pourquoi raconter cela ?

Il fut sorti de ses pensées lorsque Marco utilisa le sol de la tente comme marteau pour la tête de Thatch. Ça allait laisser plus que des marques cette fois ci. Anaïs lui tendit son assiette à cet instant et il la servit en gardant du coin de l'œil les deux. Marco reprit son apparence, les deux pieds sur la tête de Thatch comme si c'était un nouveau perchoir.

- /Faux frère./

- /J't'aime aussi frangin ! Mais depuis le temps, tu le sais !/

Mais bon, pour sa part, sa première tentative de vol avait été assez … traumatisante en fait si il ne trouvait pas d'autres termes. Non. Plutôt dérangeante. Marco prit place à la table et se tourna vers lui. Il semblait bien plus calme que précédemment.

- T'as une vieille brosse à dent qui traîne, Mandos, yoi ?

- Non. Patmol l'a rongé.

- Il reste des poils ou c'est peine perdu ? Merci pour l'assiette.

- Le manche a été mordu au trois/quart mais les poils sont encore rattachés dessus.

Il termina de servir les légumes dans son assiette et passa le plat.

- Salaud, grogna Thatch le nez en sang.

- Tu vas salir la table.

- Ouais, je vais me laver le visage.

Le vampire partit dans la salle de bain. Marco se tourna vers lui à nouveau.

- Il en fera bon usage, donc, sors-la après manger, yoi. Bon appétit à tous.

- Merci, je vais finir par rafler une somme colossale au commandant Izou, dit Kali. Donne-lui encore une dizaine de fois la punition de la brosse à dent, et je serais ta meilleure amie pour trois mois.

Il ricana avant de pointer le laboratoire.

- J'ai plusieurs chaudrons à récurer au besoin. On ne peut pas les nettoyer par magie car sinon, la potion réagit.

- LUI DONNE PAS PLUS D'IDEE !

Il ignora alors le cri venant du vampire. Et son cri fit pleurer Déa.

- Il va pas se limiter à la pièce à vivre et aux chaudrons, yoi. Il va te faire toute la tente. Jusqu'à ce que ça brille … et il recommencera jusqu'à ce que ce soit totalement aseptisé.

Il avait toujours une armoire à épouvantard et briquer son laboratoire ? Pas vraiment une bonne idée. Il préférait largement s'en occuper lui même pour ça. Les autres pièces, il n'y a pas de soucis.

- Oups, j'ai fait du henné, j'ai laissé tomber une grosse tâche dans la salle de bain.

- Tu n'as pas de henné, nota Géralt.

- Pas encore.

Il eut un léger sourire. Il devait avoir pas mal de tache de potion sur l'un des foyers de la cuisine et des chaudrons à revendre en fait. Marco revint avec Déa entre ses bras pour calmer le chagrin qu'elle avait à cause des cris.

- Soit contente, Déa, au moins, tu auras quelqu'un pour t'apprendre à voler, contrairement à moi à l'époque, yoi. Pour ma défense, j'avais dix ans. Une histoire à raconter, Mandos, pour me rejoindre dans mon malheur ? Kali ne dira jamais rien, de toute façon.

Il tourna la tête, la cuillère dans la bouche puis poussa un soupir résigner. Autant ne pas laisser Marco seul dans le trou de la honte des premiers vols.

- Alors … j'ai appris à voler, j'avais 18 ans. J'avais réussi à me transformer en mon second animal. J'ai essayé de réfléchir comme un humain qui tente de voler. Et non comme un oiseau qui prend son premier envol. … J'ai percuté un arbre qu'on appelle un Saule-cogneur car Merlin, le maître qui m'a appris la transformation en 2nd animagus, n'a pas trouvé mieux que de passer devant moi sous sa forme hibou. J'ai fait, aller quoi, 10 mètres pour mon premier vol pour finir dans un arbre qui décide que boxer, même les oiseaux, est une bonne idée.

Il grimaça au souvenir. Il avait vu la branche, puis, ce fut le trou noir.

- Je n'ai pu voler que bien après mon septième essai. J'avais toujours le souvenir ancré dans la tête de la branche qui m'a assommée.

- Compréhensible. Finalement j'ai eu de la chance, yoi. Au moins, le sol de la mangrove de Shabaody n'était pas une si mauvaise rencontre pour moi.

Il hocha la tête avec un petit sourire. Thatch sortit à cet instant de la salle de bain pour prendre une place avec eux.

- Dix heures. J'avais huit ans. Dix heures immobiles à me faire du mouron à attendre que tu te soignes.

- J'ai déjà veillé pendant une journée Bussy quand il était malade, répliqua Anaïs. Alors, on ne râle plus, et on se comporte comme un adulte responsable !

- Dure de se dire que ce sont les plus jeunes les plus responsables, marmonna Geralt avec le nez dans son assiette.

- Ton âge, Gwynbleidd, déjà ?

Le concerné ne parla pas. Il avait pas tort néanmoins. Par contre, il regarda au dessus d'eux les fantômes raconter leur plus belle et mémorable connerie. Silas avait, semblerait-il, tiré un carreau d'arbalète qui avait failli finir dans la hanche de son officier supérieur. Le fait qu'il arrive à se planquer une journée complète au nez et à la barbe de celui-ci lui avait permis de se faire remarquer par Vernon Roche qui construisait sa nouvelle unité. Bon à savoir. Dommage que Kiyan ait décidé de suivre Ace pour le coup par curiosité sur le type de géant qu'il allait affronter. Quant à Rouge et Roger. Ils alternaient entre Déa et Ace, à tour de rôle.