apologize - onerepublic
Draco…
Je me suis déclaré.
J'ai exposé ces sentiments si privés, si indescriptibles à Harry.
Je lui ai tout donné. Je lui ai fait l'amour avec toute mon âme, tout mon cœur, j'ai tout fait pour qu'il soit à l'aise, qu'il prenne du plaisir, qu'il s'abandonne à la confiance en moi que je vois parfois illuminer son regard.
Cet homme aura ma peau, je le pense depuis tout jeune.
La légende Harry Potter, l'élu qui me rejette, nos égos qui s'entrechoquent, la guerre qui nous sépare autant qu'elle nous réunit, les blessures que je lui ai faites, les blessures qu'il m'a faite, lui qui me sauve la vie, moi qui ment à Voldemort pour lui, notre éloignement, nos nouvelles vies, son retour dans la mienne, mes sentiments inconnus, notre attirance mutuelle, cet amour, mon amour, notre amour?
J'ai bien moins lutté que lui, je ne suis pas Gryffondor, moi, je prends ce que je désire, lui, il lutte contre son instinct en permanence.
Je me suis déclaré.
J'ai exposé ces sentiments si inhabituels, si étonnants à Harry.
Je ne vois aucun monde où notre histoire fonctionne. Et pourtant, s'il me dit oui, je suis prêt à me battre contre le monde sorcier tout entier pour le garder auprès de moi.
Techniquement, en dehors des séances, nous ne connaissons pas les nouveaux nous. Mais il y a cette souffrance, ces traumatismes, ces ressemblances, qui nous réunissent. Cela donnerai un amour toxique, un amour faux.
Hors, il y a aussi son corps d'homme, rempli de cicatrices et pourtant si beau; son bonheur si flagrant lorsque l'adrénaline réveille son corps; son écoute si bienveillante et compréhensive alors que je suis un Malfoy; sa capacité à faire passer les autres avant lui sans s'oublier, le rendant prêt à se soigner sans pour autant en oublier ses proches; ses désirs enfouis et si excitants qu'il me tarde de tous les découvrir un par un pour les réaliser; ses cheveux mal coiffés qui pourtant, sont si doux sous mes doigts; la bataille de sentiments qui se joue dans ses yeux dès que je le surprends à me regarder; son habitude à se laisser aller avec moi; son côté joueur et taquin qui se mêle avec sa timidité sous-jacente; les séances qui deviennent du plaisir liquide sous son action…
Ce que réveille cet homme en moi, ce qu'il réveillait auparavant, ce qu'il a déterrer tout au fond de mes tripes… Je ne pense pas que ce soit toxique, je ne pense pas que ce soit faux.
Mes sentiments sont vrais, mes sentiments à son égards sont bienveillants, possessifs, amoureux, sexuellement chargés, mais pas toxiques, pas faux.
Mon corps réclame le sien, mon corps pleure le sien, si ma déchéance est dans ses bras, alors je me jetterai moi-même au milieu des rats.
Et si je ne le revois jamais? Et si lui avoir donné le choix nécessaire, je me suis condamné au deuil de cet amour que moi-même j'ai du mal à accepter?
C'est tellement plus simple à ses côtés, seul, les doutes ne sont toujours que trop proches. Les nuits durant lesquels je ne dormais pas me manquent, c'était le seul moment où j'avais l'impression de vraiment faire quelque chose pour lui, de vraiment montrer que je peux l'aider, mais via des moyens qui l'aident à comprendre qu'il peut s'aider seul.
J'ai prévenu mon majordome que je ne viendrai pas au travail ce soir, il peut s'occuper d'annuler mes rendez-vous de la soirée au Bag'lette, pour les prochaines séances, je vais déléguer à Rapace.
Pour le moment, je dois me laisser aller à penser à lui, je ne peux que faire ça. Je ne peux que penser à Harry.
Je repense à celui que j'ai rencontré peu avant la rentrée scolaire à Poudlard, lui qui a refusé mon amitié, qui a refusé ma main.
Maintenant que je lui propose à nouveau la même main, malgré mon intention différente, va-t-il la repousser à nouveau?
Harry…
Le lendemain matin, je me réveille étonnamment apaisé avec un drôle de sentiment de plénitude.
Une fois habillé, je rejoins toute la famille pour le petit déjeuner. Tous sont surpris de m'y voir, mais Hermione, ma Mione me sourit, et ça m'encourage à les rejoindre.
Molly semble émue, et les regards des autres ne me quittent pas. Comme une soudaine réalisation, je comprends que durant tout ce temps, depuis la guerre, même depuis le Bag'lette, je leur manque.
Je n'étais plus là, et si je l'étais, ce n'était que physiquement.
Aujourd'hui, c'est différent, je suis là. Vraiment là.
J'attaque avec appétit mon petit déjeuner, ce qui réveille l'esprit de compétition de Ron qui s'empresse de manger plus que moi. J'en rigole, moi-même étonné de manger autant.
Je raconte cette scène comme si j'étais entrain de vivre un film. C'est comme ça que je le vis, que je le ressens. J'ai l'impression d'observer la scène de fin, le clap final d'un générique.
Mon esprit divague régulièrement sur Draco, mais surtout sur les dernières phrases qu'ils m'a dites.
- Tu es Harry Potter. Tu es tout ce qui va avec, les traumatismes, la souffrance, la célébrité, le sauveur ; mais aussi le taquin, l'arrogant, le plus jeune attrapeur de sa génération, l'ami, le fils, le frère, l'espoir… Tu peux vivre seul, tu n'as besoin de personne. Tu as des gens formidables à tes côtés, et c'est tant mieux. Mais sans eux, tu serais toujours là. Tu es quelqu'un à part entière, tu as beaucoup de rôles c'est sûr. Mais tout au-dessus d'eux, il y a toi, et toi, Harry, tu n'as besoin que de toi-même. Nous sommes tous seuls face à nous même, tout entouré que nous sommes. Alors souffle un bon coup Potter, tu ne m'as pas habitué à ça. termine-t-il sur un ton taquin
Avant de lui répondre, de voir si mon amour est réel et pas juste une attraction physique liée à l'aide si précieuse que mon ancienne némésis m'a offerte.
Mais avant tout, avec moi, avant lui, je dois passer du temps avec le centre de mon univers.
D'un ton incertain, Ginny me propose de les rejoindre avant le déjeuner pour jouer à un jeu de société tous ensemble. J'accepte avec un grand sourire qui l'a fait sursauter, et même les jumeaux sont trop estomaqués pour réagir d'une quelconque façon qui leur ressemble.
Pendant ce laps de temps libre, je raconte toutes les nouveautés à Mione et Ron, qui m'écoutent attentivement. Je me confie à Ron de la même façon que je le faisais depuis plusieurs semaines à Hermione seule. Je suis décidé à lui faire confiance et le laisser m'apporter le soutien qu'il souhaite m'offrir.
- Quoi que tu fasses Harry, nous sommes derrière toi, que tu dises oui, ou que tu dises non, que tu le laisse dans le flou ou pas. Nous resterons toujours tes soutiens. Merci de nous faire confiance.
- Merci à vous surtout. Pour votre amitié si stable et aimante malgré toutes nos épreuves et mon sale caractère.
Cela a eu le mérite de nous faire rire avant de rejoindre les autres pour jouer.
- Tu triches !
- On va gagner, c'est sûr. N'est-ce-pas George ?
- C'est l'évidence même Fred.
- Pousse-toi tu prends toute la place sur le canapé !
- Ronald, laisse jouer ta sœur voyons.
- Harry tu veux de nouveau du jus ?
Toute la famille parle dans tous les sens, ce qui rend impossible la bonne compréhension de ce qu'ils disent.
Je sais à peine qui dit quoi, j'arrive à peine à répondre à ce qui m'est destiné, mais c'est la meilleure matinée que je vis depuis de longues années.
Mon cœur est chaud, ma bouche étirée en un grand sourire tandis que mon esprit de compétition gryffondoresque est apparue pendant la partie. Je suis déterminé à gagner.
Le reste peut bien attendre.
Si l'un est apaisé, ce n'est que parce que tout le poids sur l'autre personne est posé.
A l'année prochaine pour le tout dernier chapitre de cette histoire 3
