Chapitre 12: Espérer, c'est déjà moins souffrir.
Le reste de la journée Zuko débordait d'énergie. Il remercia Katara pour son aide et aida à emballer les affaires éparpillées dans la grotte. Comme la pluie avait cessé, nous allions reprendre le voyage.
Une fois les affaires bien ficelées à la selle, ce fut notre tour de nous installer sur Appa. Heureusement que l'accessoire sur son dos comportait des poignées pour se tenir, l'animal était immense. De là-haut je peinais à retrouver mes repères, devoir garder l'équilibre était déroutant.
Le départ était maintenant imminent.
Comme à son habitude, Aang était monté sur la tête du bison d'un bond pour pouvoir le diriger. Apres un rapide regard dans notre direction, il s'exclama avec enthousiaste:
- Que tout le monde s'accroche, on décolle! Appa, yip yip!
À son signal, l'animal s'éleva, prenant de la hauteur rapidement. J'avais déjà fait quelques vols en bison volant et une fois la poignée à proximité attrapé, je prêtais plus attention à Toph et Zuko. Ils découvraient les sensations du décollage de leur premier baptême de l'air.
C'est à ce moment que les sensations sont toujours les plus impressionnantes. On a l'impression d'être propulsé en arrière, et je ne parle pas des bourrasques de vent qui oblige à fermer les yeux. Mais surtout, n'oublions pas qu'une chute d'ici pourrait être fatale.
Zuko était surprit. Ça se remarquait à ses épaules crispés et son regard aux aguets, mais ce n'était rien comparé à la panique qui se dégageait de la jeune fille. Elle était aveugle, ne l'oublions pas. Le hurlement de surprise provenant de sa charmante voix avait accompagné le décollage. Mes tympans en bourdonnaient encore. Dans les airs, elle n'avait aucun repaire. Elle m'avait expliqué qu'elle percevait le monde qui l'entourait à travers son contact avec la terre. Elle avait du courage pour être monté consciemment sur le bison.
Peu à peu l'animal accéléra pour arriver à son rythme de croisière. Une fois la surprise du décollage passé, tout le monde se détendait petit à petit. Je me permis d'admirer le paysage en contre bas. Des forêts verdoyantes, parsemées de champs baignés dans la lumière du soleil et que de petits villages défilaient sous nos pieds.
Vu d'ici, le monde semblait paisible, et si petit. On avait du mal à se douter que la menace de la guerre était toujours présente et encore moins qu'elle faisait rage dans certaines parties du monde. L'air, créé par la vitesse de propulsion du bison volant, me fouettait le visage. J'avais retrouvé les chaudes fourrures de la tenue de ma tribu. J'en étais heureuse car, en altitude, les températures étaient vite très fraiches.
Après de longues heures de vols, nous atterrissons finalement au milieu d'une forêt, toute proche d'une petite rivière. Les garçons se chargeaient de ramasser du bois non loin pendant que nous préparions le campement.
La clairière où nous nous étions installés était entourée de vieux arbres. Le sol irrégulier rendait le terrain particulièrement vallonné. Il était recouvert, à perte de vue, d'une mousse épaisse et moelleuse.
Je trébuchais, sans m'en apercevoir. Des racines étaient dissimulées sous la mousse et je m'étais pris les pieds dans l'une d'elles.
- Likana, ça va? me questionna Toph en s'apercevant que je ne me relevais pas.
- C'est si confortable, après être resté assise si longtemps…
J'entendis un peu plus loin le rire de ma sœur qui se moquait de moi.
Mon corps était tout engourdi et Toph m'apprit, heureusement pour mon ego, que je n'étais pas la seule dans ce cas. Elle se laissa tomber à côté de moi.
Katara nous rejoint et nous donna quelques conseils:
- Je m'y suis habitué à force, mais les longs voyages sont toujours les plus durs pour les muscles. Vous avez remarqué, un gainage dynamique est le seul moyen de rester stable dans la nacelle.
Devant mon visage grimaçant, elle finit en souriant à mon intention:
- Je n'ai pas de solution miracle, mais une bonne forme physique aide grandement, tu as ma parole petite sœur.
Je lui promis, bien que réticente, de commencer à m'entrainer dès le lendemain. Et de son côté, elle me promit un massage afin d'aider mes jambes endolories à se détendre. Finalement, j'étais gagnante sur toute la ligne.
La nuit tomba rapidement. Zuko s'était chargé d'allumer le feu et, durant la soirée, continuait de l'entretenir. Il avait appris qu'Aang ne contrôlait pas encore les quatre éléments. Il lui manquait la maitrise du feu. Naturellement, Zuko lui avait proposé de lui enseigner. Et ça pourrait être le moment, pour le prince déchu, de prouver sa valeur.
Aang, plus que craintif vis-à-vis du feu, était très réticent, à cet apprentissage.
- La première fois que j'ai essayé de la maitriser, j'ai brulé Katara. Et depuis ce jour-là je n'ai plus jamais voulu recommencer … expliqua-t-il honteux.
Zuko pris le temps de bien choisir ses mots, sachant l'importance qu'ils pourraient avoir.
- C'est vrai, le feu peut être dangereux et cruel. Il est de mon devoir en tant que maitre du feu de faire attention et de le contrôler afin d'éviter de blesser des gens sans le vouloir.
Zuko tenta de le rassurer:
- Je sais que tu es nerveux, mais souvient toi, la maitrise du feu en elle-même n'est pas quelque chose à craindre.
- Ce n'est pas quelque chose à craindre… peut-être bien. Tu as sûrement raison… (Aang était presque convaincu par ses propres mots.) J'aimerais que tu sois mon professeur!
Les valeurs profondes et l'explication était honorable. Zuko avait su toucher le jeune élève qui, bien que certainement encore terrifié par les ravages que le feu pouvait provoquer, avait accepté la proposition.
- Tu me montreras ce que tu sais faire, des flammes ou des flammèches, peu m'importe.
- Demain, sans faute.
