Till était plutôt fier de lui. En plus de l'agréable moment passé en compagnie de Patience, la soirée qui se déroula permit à son ami de chasser sa déprime. Avec de la force mentale, Richard avait même réussi à retrouver le sourire et il en remercia l'autre homme avec un baiser sur la joue. Ils avaient bu en savourant deux comédies horrifiques, ce qui était suffisamment prenant afin de ne penser à rien d'autre qu'aux hurlements et aux rires. Quatre verres chacun suffirent à leur faire oublier tout événement survenu avant le premier. Une fois les premiers signes de fatigue apparents, Lindemann laissa son ami sa caler doucement contre lui et le film étant terminé, ils firent défiler les chaînes nationales. Mais sans rien consommer de plus et devant la mollesse des programmes du soir, la fatigue les gagna totalement. Till réveilla celui qui était en train de glisser contre lui, et lui proposa une longue nuit de sommeil avec grasse matinée obligatoire.

La chambre de Richard se trouvait à l'étage tout comme celle de Till, alors que celle de Paul se trouvait tout au bout du couloir du rez-de-chaussée, après la cuisine, la buanderie et le débarras. Bien qu'il la choisissait toujours pour la tranquillité qu'offrait sa distance par rapport aux autres pièces, et qu'avoir une compagne ce soir-là était une chance pour lui, Paul ne se doutait pas que la chambre de Richard était située juste au-dessus. Par malheur, lui et Daisy n'étaient pas couchés mais Richard s'en serait moqué si leur musique ne parvenait pas jusqu'à sa chambre. Il avait beau se tourner ou mettre sa tête sous l'oreiller, rien ne le protégeait de leurs nuisances sonores. L'alcool ingurgité ne l'aidait pas non plus, et il perdit tout espoir lorsqu'il sentit de légères vibrations au niveau de son propre lit. Il se douta bien ce qui se passait en-dessous, mais là c'était trop et il avait envie de dormir.

TOC TOC

Son premier essai le laissa dans l'ignorance la plus totale, car son ami n'avait rien entendu.

TOC TOC TOC

Il avait frappé bien plus fort cette fois, avant de commencer à tourner en rond devant la porte. Ouvrant enfin, Paul apparut en réajustant mal le caleçon qu'il avait dû se dépêcher d'enfiler. Il était en sueur et ne cacha pas du tout ce qui venait d'être interrompu, prouvé d'ailleurs par l'érection qui déformait son caleçon.

- Oui ? Ah c'est toi !

Richard eut comme l'impression de voir son air enjoué disparaître à sa seule vue, ce qui fissura son moral que Till avait réussi à faire cicatriser. Étant donné le peu de clarté dans le corridor, il grogna en évitant de le regarder :

- Ma chambre est au-dessus, vous faites tellement de boucan que je n'arrive pas à dormir.

L'ayant entendu, celle avec qui il avait évité toute conversation car il ne souhaitait pas entendre sa voix s'assit sur le lit. Maladroitement ou volontairement, elle ignora le drap qui était tombé en laissant sa poitrine exhibée, ce qui laissa Richard outré. Détournant le regard vers Paul pour ne pas donner à Daisy ce qu'elle recherchait probablement, il allait lui parler lorsqu'elle lui coupa la parole.

- Désolée si on fait trop de bruit, c'est de ma faute. Je suis trop en forme.

Son sourire niais et proche de la moquerie énerva le guitariste au point qu'il l'attaqua verbalement.

- Je ne t'ai pas sonnée, toi.

Landers intervint en haussant légèrement la voix.

- Hé !

Sidéré, il referma la porte de la chambre pour être seul avec son ami. Alors qu'ils entendirent la musique recommencer à l'intérieur mais avec un son plus modéré, Paul veilla à ne pas parler trop fort. À dire vrai, il ne comprenait pas du tout la conduite de son ami ce soir mais il fit ce qu'il faut afin de ne pas en arriver encore aux mains. Il en était sûr, si Till n'était pas dans le coin, il ne ferait pas le poids contre Richard. Et de toute façon, il ne voulait pas s'énerver maintenant.

- Ça ne va pas bien de lui parler comme ça ? Elle ne t'a rien fait, ne sois pas aussi dur...

- Elle n'a qu'à se mêler de ses affaires !

- Mais qu'est-ce que tu as en ce moment à agresser tout le monde ?

- Envie de dormir, c'est tout.

Bien qu'il le voyait réellement fatigué, Landers savait qu'il lui cachait quelque chose.

- Je ne parle pas seulement de maintenant, mec. Depuis le début de la semaine, tu es comme ça.

- Parce que t'en as quelque chose à branler ?

Richard l'avait attaqué sans vraiment le vouloir, mais Paul en fut vexé.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Je veux juste...

- Loulou, tu reviens ? Allez, sinon on va refroidir.

Paul se tourna en riant vers ces mots qui avaient résonné derrière la porte, tandis que Richard afficha une mine haineuse, qu'il adressa également à Paul sans le vouloir dès que celui-ci se fut retourné vers lui. Alors que ses lèvres commencèrent à trembler sans qu'il ne puisse se contrôler, il fit en sorte de se montrer sec mais direct pour échapper à cette situation au plus vite.

- Retourne baiser ta pute, mais veillez à ne plus franchir le mur du son... loulou.

Bouche bée, Paul n'eut pas le temps de répondre car l'autre homme lui avait déjà tourné le dos. Mécontent, il n'hésita pas à le rappeler.

- Ça veut dire quoi, ça ? C'est quoi ton problème ? Ce n'est pas parce que pour une fois tu es célibataire, qu'il faut empêcher les autres de s'éclater !

Richard cessa ses pas mais ne le regarda pas. Planté au milieu du couloir, jamais Landers n'avait été autant en colère contre lui et comptait vider son sac cette fois.

- Il fallait t'attendre à te faire jeter si tu n'as pas encore été capable de garder ta queue dans ton caleçon. Parce que j'imagine que c'est ce qui est encore arrivé ? Commence d'abord par te concentrer sur le cœur des gens, même si c'est trop dur pour ta petite personne.

Alors que Richard s'était remis à avancer en baissant la tête, Paul ne put se retenir d'en rajouter, satisfait de l'avoir atteint.

- T'es pas le centre du monde, monsieur la diva. Alors remballe ton ego surdimensionné et...

- Fais gaffe !

Après l'avoir interrompu, Richard se retourna avec une vivacité n'annonçant rien de bon et Paul regretta son attitude. "J'en ai peut-être fait trop" pensa t-il. Alors qu'il compta désespérément sur la gentillesse de son ami, la peur l'emporta en le voyant revenir à toute vitesse. Richard le plaqua au mur et lui bloqua les bras. Il était si proche de lui que Paul sentit sa respiration sur sa peau, accompagnant une haleine plus alcoolisée que la sienne. Il resta silencieux, de peur de prononcer un seul mot qui serait mal interprété.

- Ne te permets pas de me parler de ma vie privée. Tu ne sais pas pourquoi je suis seul, ni depuis quand.

- Lâche-moi, tu veux ?

Étrangement calme, Richard murmura :

- Sinon quoi ?

Paul fit une pause après avoir réalisé la provocation.

- Attends, tu me menaces ?

Outré mais de plus en plus inquiet, notamment pour son visage, Paul jeta un œil aux mains qui tremblaient contre lui. Richard ne savait pas ce qu'il faisait, c'était sûrement ça. Paul l'espérait en tout cas. Cependant, sa mauvaise humeur ainsi que ses tremblements étaient deux bombes à retardement sur le point de s'entrechoquer. Paul n'avait jamais pris un seul coup de poing de toute sa vie et ne voulait pas que cela arrive, en particulier de la part d'un de ses meilleurs amis. Et encore moins de la part de Richard, habituellement doux mais ce soir instable. Leur amitié en serait ternie à jamais et il l'aimait trop pour se risquer à le provoquer davantage.

- Chéri, j'ai envie de toi...

Cette fois, Paul ne ressentit aucune envie de rire face à la mine de Richard. Fermant les yeux avec force, ce dernier se mit à murmurer :

- Espèce de...

- Reesh !

Paul avait dû serrer la poigne sur ses bras lorsque le plus jeune avait effectué un pas incontrôlé vers la chambre. Une seule pensée vint à Paul, et qui pouvait justifier l'agressivité que son ami exprimait à son égard et à celui de sa compagne d'une nuit. Après tout, il ne connaissait pas Daisy et n'avait aucune rancœur envers elle. Mais Paul rejeta rapidement cette pensée, qui après tout était née de Till et de son imagination débordante. Maintenant, Paul hésitait et se sentait tiraillé entre son entêtement à refuser tout changement en cet hétérosexuel qu'était Richard, et la peur de ne pas réagir comme il fallait si cela s'avérait vrai. Que ressentait-il lui-même et comment pourrait-il répondre à d'éventuelles avances masculines ?

Alors que Richard insista physiquement, Paul le prit fermement par les hanches pour le pousser jusqu'à l'angle opposé à la porte.

- Arrête, mais qu'est-ce que tu fous ?

- Elle n'a pas le droit de te parler comme ça ! pleura l'autre homme.

Totalement égaré, Landers se passa les mains dans les cheveux en se demandant ce qui n'allait pas chez lui. "Tu couves une mauvaise dépression, on dirait" pensa t-il avec compassion. Il tenta alors de s'expliquer d'une façon douce mais détachée que possible :

- Mais c'est normal, on passe la nuit ensemble.

- J'en ai rien à battre.

"Ça doit être dû à son manque de sommeil, ça le rend grincheux" pensa Paul. Il attrapa le visage de Richard, mais ce dernier se le cacha derrière ses mains et serra les poings en geignant. Alors que Paul était sur le point de lui promettre de faire moins de bruit, le plus jeune inversa vivement leurs positions, se colla contre lui et l'embrassa avec sauvagerie.

- Mais...

Pour le peu que Paul parvint à dégager ses lèvres, pétrifié par cette brutalité, il constata une chose parce que Richard en partageait le goût avec lui : il avait bel et bien bu. Cet élément prit alors le dessus sur tous les autres même s'ils pouvaient tous être en cause. Son ami s'énervait sous le poids de l'alcool car lui et Daisy l'empêchaient de fermer les yeux. Mais une dépression devait germer là-dessous, car Paul n'avait pas le souvenir d'avoir déjà vu son ami s'énerver dans des conditions pareilles.

Il le repoussa doucement en veillant à bien se faire comprendre.

- Tu es bourré, alors arrête.

Kruspe stoppa tout mouvement et le regarda, comme choqué. À ce moment-là, Daisy sortit de la chambre entièrement nue et la peur la saisit en voyant Paul dans ce pétrin, acculé et pratiquement sur le point de subir des sévices physiques. Le regard de ce dernier ne l'en trompa pas, alors qu'il continuait de fixer l'autre homme.

- Paul ? Mais lâche-le, toi !

Elle se jeta sur Richard pour l'étrangler par derrière, et ce dernier résista plusieurs secondes sans s'occuper d'elle. Mais alors que Paul commença à lui parler pour le raisonner, le plus jeune suffoqua lentement et grogna. Enragé, il relâcha Paul d'une main qu'il posa violemment sur la gorge de Daisy avant de la serrer aussi fort qu'elle le faisait avec lui.

- RICK !

- Ne me touche pas, sale pute !

- Alors fiche la paix à Paul.

Paul geignit, apeuré.

- Arrêtez, tous les deux.

Kruspe délaissa enfin Paul et se dégagea de la prise de Daisy. Il la repoussa et la plaqua au mur avant de lever une main, prêt à l'abattre sur elle.

- Richard, mais arrête !

L'arrêtant instinctivement, Paul le ceintura autant que possible malgré leur différence de force, ce qui incita Richard à se focaliser à nouveau sur lui. Cette fois, il l'embrassa brutalement en le retenant prisonnier contre le mur et le souleva pratiquement du sol.

- Rich... humpf ! tenta Paul.

Richard reçut coup sur coup par derrière mais rien ne le fit lâcher prise. Il envahissait littéralement son ami et sans égard. Ses lèvres violentaient les siennes et sa langue tenta de se frayer un chemin entre elles. Voyant que Paul ne réagissait pas et ne se laissait pas faire, Richard stoppa son baiser et posa ses mains sur sa tête. La peur et l'ébahissement dans le regard de Landers ne provoquèrent aucune compassion chez lui. Au contraire, il semblait ne pas comprendre ce qui arrivait ni pourquoi l'aîné le repoussait.

- Ne me fais pas ça.

Paul écarquilla les yeux face à cette supplique indéniable, et plus encore lorsqu'il sentit le bas-ventre gonflé de Kruspe se plaquer contre lui. Se débattant alors qu'il voyait où son ami allait en venir, Paul paniqua totalement. Par "chance", Daisy changea de méthode en enfonçant ses ongles dans le cou de Richard et au moment où il l'injuria, elle ne le laissa pas répliquer et lui griffa un œil. Le temps s'arrêta alors que Paul vit son ami fermer les yeux et se cacher le visage en gémissant de douleur, son corps toujours entre ses jambes à vouloir s'y inviter sans autorisation.

- T'es vraiment dingue comme mec ! cingla Daisy.

Paul vit enfin l'autre guitariste faire un pas en arrière, et Daisy en profita pour se planter entre eux.

- Je n'ai rien contre toi, Richard. Mais maintenant tu le laisses tranquille et tu vas décuver ailleurs ! clarifia t-elle.

N'ayant eu le temps de lui ordonner de rester à l'écart, Paul resta pétrifié à l'idée que son ami proche ne lui saute dessus à nouveau ou n'attaque Daisy. Cependant, Richard finit par leur tourner le dos et repartir, mais une chose leur parvint aux oreilles : il pleurait. S'il savait qu'il n'avait pas voulu leur faire de mal et qu'il n'était pas lui-même, Paul sentit pourtant son cœur se serrer. "Soit Till a raison, soit Richard a vraiment trop bu" réalisa t-il, le cœur battant à tout rompre en imaginant ce que Richard devait éprouver en cet instant. Chamboulé, il remercia néanmoins sa copine du soir pour son intervention à risque et ils retournèrent dans la chambre.

En refermant la porte à clé, Daisy demanda :

- Qu'est-ce qui lui a pris à ton pote ?

- Je n'en sais rien. Il n'a jamais été comme ça jusqu'à maintenant.

Égaré à s'en arracher les cheveux, Paul l'embrassa et s'excusa plusieurs fois du désagrément.

- Dire qu'il s'est juste plaint du bruit au départ ! dit-il en s'asseyant.

Un sourire lascif aux lèvres, Daisy le renversa doucement sur le dos.

- Et t'embrasser était sa punition ? J'adorerais en recevoir des comme ça.

Partageant sa plaisanterie, Paul se focalisa sur le moment présent.

- Alors je te punis quand tu veux.

Un sourire aux lèvres, Daisy passa au-dessus de Paul et l'embrassa sauvagement en se frottant l'entrejambe sur la bosse de son caleçon. Après un couinement d'excitation chez lui, elle baissa le sous-vêtement jusque sous l'érection et masturba Paul en lui dévorant les testicules. Fermant les yeux pour savourer ce plaisir, il gémit et grogna bruyamment avant d'écarter les jambes pour mieux l'y inviter. Daisy semblait adorer ce corps car elle prenait un sadique plaisir à le marquer. Après avoir passé ses mains sous les fesses du guitariste, elle le prit en bouche jusqu'en butée et le suça avec frénésie.

Surpris par autant de vitesse et d'expérience, Landers plaqua sa tête contre l'oreiller et cria sous le plaisir, faisant fi des avertissements de Richard. Dès lors qu'il la sentit ralentir, il baissa la tête vers elle et souleva la sienne.

- C'est trop bon, t'arrête pas.

Il suréleva ses fesses et donna des coups dans la bouche de Daisy afin de retrouver le plaisir précédant. La vitesse n'était pas la même mais le fait de dominer l'amena quasiment au bord de l'orgasme. Ne voulant pas aller trop vite, il éloigna la bouche de son sexe insatiable et rapprocha Daisy pour l'embrasser.

- Tu viens de me tailler la meilleure pipe de toute ma vie, tu le sais ?

Plus que flattée, sa compagne du soir lui mordit la lèvre en le remerciant. Elle se plaça ensuite à cheval sur lui, et positionna son vagin de façon à l'aligner avec la hampe dressée. Alors que Paul voulut dire quelque chose, elle lui posa un doigt sur les lèvres et commença à entamer des va-et-vient sur son membre. Ce nouveau délice auquel il eut droit l'amena tout autant au bord de l'orgasme. Il en vint à pester dans sa tête, mais essaya de rester concentré. L'organe féminin était mouillé et le bruit qu'il faisait en lui lubrifiant le sexe était le meilleur aphrodisiaque auquel il avait goûté dans sa vie.

- Fous-toi sur ma bite ! Il faut que je te baise sinon je vais gicler trop vite.

D'ordinaire, Paul se retenait toujours de parler ainsi de peur de choquer les femmes ou de paraître obsédé à leurs yeux. Mais il y avait quelque chose en Daisy qui le mettait à l'aise.

- C'est entendu, petit chéri. Sinon ne t'en fais pas, on a toute la nuit pour s'éclater... et je compte bien t'en tailler une entière.

Après avoir mêlé leurs langues de façon obscène et torride, Daisy s'empala sur lui en sentant Paul aller au plus profond d'elle. Gémissant, elle commença à se mouvoir brutalement sur lui de haut en bas, d'avant en arrière, et délaissa toute pudeur en matière de vocabulaire explicite.

- Oh ! Oh ! Ta queue est trop bonne, bébé, tu vas me faire jouir.

Paul fut si excité par ses mots qu'il sut avoir trouvé la perle rare en matière de sexe. Chaque mouvement de hanche de sa part était précis. Elle ne se retirait jamais et claquait à chaque fois contre ses testicules, qu'elle caressait en même temps. Elle n'avait aucun complexe. Elle acceptait les mains serrées sur sa gorge, demandait des insultes sexuelles... et tout cela en grognant de plaisir. Jamais le guitariste ne s'était autant senti libéré des convenances, et il ne demandait qu'à achever cette partie de jambes en l'air dans la démesure et l'impureté les plus totales. Il ne voulait pas finir "gentiment", de peur de gâcher cet instant. Il voulait que ce soit dégoûtant, salissant au point qu'à la fin ils en redemandent encore tous les deux.

Ce vœu, il le vit se réaliser au bout de quelques secondes lorsque Daisy se retira afin de frotter à nouveau sa vulve sur lui. Grognant sous cette violente luxure, Landers entendit leurs respirations se perdre. Alors qu'il lui accéléra les mouvements en lui attirant les fesses, Daisy se mit à trembler et sans prévenir, elle se déversa sur lui en hurlant de plaisir. Conquis alors que sa queue était inondée par l'éjaculation féminine, Paul l'attira sur son buste et l'embrassa passionnément tout en replongeant en elle. Lâchant un grognement bestial, il souffla et plaqua son front contre le sien en la regardant dans les yeux pendant qu'il la pilonnait.

Stoppant à cause de la difficulté liée à sa position de dominé, il murmura :

- Vas-y, baise-moi.

Daisy reprit les rennes et assura avec une rage folle. Elle était d'une souplesse inégalable, le chevauchant avec furie alors que leurs corps en sueur ne demandaient qu'à atteindre la fusion.

- Je vais me les vider, retire-toi.

- Non ! Je prends la pilule, tu peux y aller. Je veux te sentir jouir. Assieds-toi, tu vas voir.

Paul l'écouta et la laissa s'asseoir sur lui en formant le lotus. Ainsi, elle recommença à bouger avec vigueur et sentit que Paul arrivait à la délivrance lorsqu'il lui tira les cheveux en arrière en mordant son cou.

- Ça vient, putain... oui...

Le tout se termina lorsque leurs bustes se soudèrent entièrement par le contact de leur peau en une étreinte sale mais solide, ainsi que par le sperme qui s'écoula en masse dans le vagin de celle qui continuait de gâter Paul avec quelques derniers mouvements de reins.

Le plaisir passé, ils se laissèrent tomber en arrière et se regardèrent en souriant.

- C'était splendide ! dit Paul.

- Accroche-toi, j'en ai pas fini. On se repose et on reprend ?

- Oh que oui ! J'ai hâte d'avoir le dessus sur toi pour te la mettre à ma façon.

- D'accord ! Et ensuite, si on est encore d'attaque, je ferai le travail en solo. J'ai envie de te sucer et de te faire gicler dans ma bouche. Je veux que tu me le fasses avaler comme un barbare en rut.

Paul se lécha la lèvre et passa au-dessus d'elle.

- Tu es vraiment une femme surprenante.

ooOOoo

Ayant passé près de trois heures à satisfaire leurs envies interminables, et cela sans respecter leur parole concernant le tapage, Paul passa ensuite plus de temps à la regarder dormir qu'à essayer de faire de même. Il n'y parvenait pas car il repensait à Richard et à la conduite étrange qu'il avait eue avec lui. Ne pouvant trouver la sérénité, il se leva du lit de manière à ne pas réveiller sa copine et sourit dans sa direction. "Bonne nuit Daisy" pensa t-il avant de se demander s'il allait la regretter le lendemain. En effet, elle n'était qu'une femme de passage et ils avaient voulu s'amuser, mais il commençait déjà à s'attacher. Comme disait Schneider, "il faut garder les plans cul à distance parce que si on s'y attache, on ne prend plus aucun plaisir avec eux". Les sentiments et le sexe sans limite ne pouvaient pas fusionner, Paul le savait. Alors il détourna le regard. Avec un peu de chance, Daisy accepterait de le revoir de temps en temps pour des nuits de pure folie.

Il adorait marcher pieds nus chez Till. Son sol n'était fait que de tapisseries et il adorait ça. À l'étage, Paul marcha sur la pointe des pieds car même si la chambre de Till était à l'opposé de là où il allait, il ne voulait réveiller personne. S'éclairant avec son portable, il avait déjà peur d'entendre sa propre sonnerie briser le silence de la nuit. La porte de Richard était entrouverte, mais l'intérieur était plongé dans le noir. Paul tenta d'écouter pour déceler des ronflements, mais rien n'émanait de la pièce. Sans savoir quelle mauvaise curiosité l'y poussa, il entra aussi discrètement que possible.

Contournant la porte pour chercher l'interrupteur, il gémit de douleur en marchant sur quelque chose de pointu. Le juron incontrôlé qui s'ensuivit ne réveilla pourtant personne, l'incitant à allumer la lumière. Alors que son attention se porta évidemment sur le lit où il s'attendit à trouver Richard, ce ne fut pas le cas. Une chose en plus frappa Paul, dont le regard fut automatiquement redirigé vers le sol. La chambre était ravagée au point qu'il fut impossible pour lui d'avancer sans entrer en contact avec des brisures. "Ça ne doit pas être la bonne chambre," pensa t-il. Le lit n'étant pas défait de toute façon, il se persuada de cette idée en même temps qu'une autre pensée l'amusa. Depuis la remarque de Schneider concernant son goût prononcé en matière de "décoration bonne à jeter", Till devait avoir pris ce message au pied de la lettre. Il s'étonna pourtant que son ami se soit débarrassé de tout sans pour autant virer les déchets.

- Va savoir c'est arrivé quand ! murmura t-il pour lui-même.

Il éteignit puis ressortit tout en se promettant de questionner Lindemann le lendemain. Mais alors qu'il allait réenclencher la lampe de son portable, il entendit un bruit proche dont il suivit la sonorité. Depuis l'étage, il aperçut le chanteur sortir de sa cuisine. Il pensa à l'interpeller pour lui poser la question mais deux choses l'arrêtèrent. La première fut qu'il ne voulut pas empêcher Till de retourner se coucher. La deuxième fut de constater que malgré l'heure tardive, il avait une bouteille d'alcool entre les mains. "Tu bois à cette heure-là ?" pensa Paul. Peiné, il espéra que Lindemann ne soit pas tombé dans une période de dépression qui le poussait à se réfugier dedans. Après tout, pourquoi aurait-il invité ses amis proches chez lui si ce n'était pas pour se sentir moins seul ou malheureux ? Lorsque Landers y pensa, il prit son courage à deux mains et décida d'agir maintenant, car c'était à ça que servaient les amis.

Discrètement, il se replaça dans la chambre en attendant que Till ne remonte l'étage pour retourner à la sienne. Il le suivit avec la tentation folle de lui demander quel problème pouvait l'avoir conduit à endurer ça, lui qui s'était montré si gai en apparence. Mais lui-même en savait quelque chose, la dépression et le malheur ne se lisait pas dans le regard ou la conduite d'une personne. Till entra dans sa chambre et Paul s'en approcha plus rapidement.

- Tiens, regarde ce que je t'ai amené.

Ceci l'incita à penser qu'il avait peut-être mal pensé, et il s'arrêta. Par chance, Till ne referme pas la porte après être entré, alors Paul resta à l'écart mais s'approcha discrètement pour écouter.

"D'accord, tu es aussi avec une chérie. Mais tu nous la caches ou elle est arrivée tard ?" pensa Landers. Il commença à faire demi-tour en souriant lorsqu'il entendit des pleurs. Son sourire disparut automatiquement et il revint vers la porte. Troublé, il jeta un œil discret avant d'ouvrir la bouche sous la tristesse. Il n'y avait aucune femme, c'était tout simplement Richard. Il était allongé sur le lit de Till et semblait aller très mal, ses mains placées sur son visage pour se couvrir. Devinant facilement ce qui en était à l'origine alors que l'aîné s'assit à ses côtés, Paul rapprocha ce moment avec ceux où il les avait surpris à dormir ensemble durant leur jeunesse. Dans chacun de ces moments, le plus jeune n'allait jamais bien. Repensant à cette crise de colère que Richard avait laissée éclater à cause de son indiscrétion avec Daisy, Paul sut qu'il était le fautif cette fois-ci. "Et moi qui pensait que toute cette casse était anodine... On dirait qu'il s'est carrément défoulé juste parce qu'on l'a empêché de dormir" pensa Paul en fixant son ami. Pourtant, depuis le temps qu'ils en avaient terminé lui et Daisy, il s'étonna que Richard ne soit pas endormi. Ou bien était-ce arrivé pendant ce temps et il était allé se réfugier dans la chambre de Till entre temps ? Landers trouva néanmoins ridicule de s'emporter à ce point à cause de ça, d'autant que Till avait encore une chambre dans son grenier, nouvellement aménagé dans ce but.

Plongé dans son propre monde, Paul en oublia encore ce que Till lui avait dit à propos du troisième homme.

- Bois un peu. Ça va t'aider à dormir.

Ôtant ses mains, le brun regarda son ami et lui posa une main sur le bras. Encore une fois, Paul pensa de travers alors qu'il les croyait amants dans leur jeunesse parce qu'ils dormaient ensemble.

- Pardon pour ta chambre, Till, je suis désolé.

- Assieds-toi, va. Ce n'est que de la déco. Et au moins, Chris arrêtera de me casser les couilles.

Il l'aida à se placer correctement et lui caressa les cheveux pour lui montrer à quel point cela ne signifiait rien pour lui. Mais son meilleur ami planta son regard dans le sien et lui prit le visage. Il savait que même si Till lui en voulait, jamais il ne lui dirait.

- Je te rembourserai, c'est promis.

- Laisse tomber, je ne me rappelle même pas du prix que ça m'a coûté.

- J'insiste.

Till rit doucement, peu étonné par son entêtement.

- Comme tu veux petit frère, mais tu passeras toujours avant quelques bibelots pour moi. Tiens !

Paul regarda Kruspe porter le goulot à ses lèvres pendant que Till vérifiait son cou et son œil légèrement rougis par le sang. Il laissa finalement tomber son hypothèse d'amis qui couchent ensemble en les voyant ainsi. Si cela avait été le cas, Richard n'aurait pas dormi dans une chambre d'ami mais directement avec Till.

- Ah !

Paul grimaça en voyant son ami faire de même sous la douleur, son œil gauche étant griffé.

- Putain de furie... " grogna Kruspe en se posant un doigt tout près.

- Elle ne t'a pas loupé, dis donc ! Après, tu m'as dit qu'elle cherchait à défendre Paul.

Till était donc au courant de ce que Richard avait fait ? Paul n'entra pas sachant que sa présence aggraverait les choses, et ne put qu'espérer que cette bouteille serait une meilleure amie que lui pour Richard. Bien que lui, il lui en voulait d'avoir été aussi violent, il voulait savoir pourquoi cela s'était produit. Hors alcool ! Et une simple partie de jambes en l'air n'était pas une excuse suffisante pour lui. Cependant, il ne fut pas surpris de constater autant d'amour entre les deux hommes. Till était son meilleur ami dans tous les sens du terme et Paul s'en rendait compte jour après jour.

à suivre...