Titre : Les prophéties sont-elles inéluctables ?
Auteur : Lady Zalia
Type : Omegaverse [Voldarry]- Harry Omega Voldemort Alpha. Aventure – Romance, MPREG.
Disclaimers : Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating M. Je viens juste de me rendre compte que j'ai une semaine de retard… Et je n'ai même pas terminé d'écrire le chapitre 5… Je suis à la bouuuuurre !
Résumé du chapitre 3 : Harry tombe enceint en décembre 2000. La grossesse évolue au fil des mois avec son lot d'interrogations, de joies et de craintes, à la fois pour le mage noir et son Oméga. Suite à un malaise, Voldemort n'autorise Harry à continuer à travailler qu'à condition qu'il prenne une assistante Oméga. Mais à peine celle-ci recrutée que l'Alpha la plonge sous Imperium.
Chapitre 4
Les semaines suivantes passèrent avec une normalité apaisante. Puisqu'il l'avait plongée sous Imperium, Voldemort tolérait qu'Hannelore pénètre dans leur maison. Ainsi, les deux Omégas travaillaient au cabinet entre 9h30 et 17h30, mais déjeunaient en tête à tête sur le temps du midi, ce qui leur offrait une pause confortable en milieu de journée.
La jeune femme était cultivée et une fois sa timidité dépassée, elle était d'une conversation agréable. Mais dès que le mage noir se montrait, l'emprise mentale qu'il lui avait infligée la transformait en esclave servile, ce qui énervait Harry mais dont il pouvait difficilement se plaindre.
Quelque part, Hannelore n'était pas maltraitée, elle faisait quelque chose qui lui plaisait et elle recevait un confortable salaire malgré son statut d'apprentie.
Et de son côté, le Gryffondor pouvait continuer de travailler malgré l'avancement de sa grossesse, avec la certitude qu'il ne risquait rien. Compte tenu du passif de Voldemort, le Survivant était conscient que le mage noir aurait pu se montrer nettement plus intransigeant en l'enfermant tout bonnement.
Ainsi, il était plutôt heureux de la situation. Avec le temps, son ventre était devenu bien visible, de ce fait, tous ses clients savaient désormais qu'il était un Oméga lié. Hannelore était les yeux et les oreilles de son Alpha et avait pour consigne d'intercepter toute approche d'un autre être humain. Depuis, il se contentait de soigner les créatures sans avoir à interagir avec leur propriétaire, et finalement cela lui convenait parfaitement.
Ce jour-là, ils avaient décidé de se promener en forêt après le déjeuner pour digérer. Ils se déplaçaient tranquillement, Harry tenant son ventre, encadré par Hannelore et Nagini. La grossesse commençait à peser sur son dos et pour le Survivant qui avait toujours été fluet, il avait l'impression d'être devenu particulièrement lourd et bouffi. Les deux Omégas étaient peu attentifs à leur environnement. Le matin même, ils avaient été appelés pour aider un pégase à mettre bas, et la vision du poulain s'extrayant du corps de sa mère avait quelque peu retourné le Gryffondor.
Il aurait tant aimé avoir les conseils avisés de Hermione dans cette situation ! Mais il n'avait qu'un livre moldu et un Alpha grincheux pour s'informer…
- Ce matin, c'était la première fois que j'étais vraiment confronté à un accouchement. Ça m'a fait quelque chose je t'avoue. Heureusement que tu étais là…
- Je suis heureuse d'avoir pu vous être utile.
Il hésita puis se lança finalement.
- Est-ce que… Je ne sais pas si mon Alpha acceptera mais… Est-ce qu'éventuellement tu pourrais être présente lorsque le bébé arrivera ? Je dois avouer que ça m'angoisse un peu. Je veux dire, mon Alpha est… pragmatique. Il ne se met jamais à ma place. Je sais que les Omégas donnent naissance à des enfants depuis la nuit des temps, il n'y a aucune raison que cela se passe mal et mon Alpha ne me laissera jamais mourir… Mais j'ai envie d'avoir quelqu'un à mes côtés.
Hannelore porta sur lui un regard intimidé. Habituellement, Harry évitait sciemment de parler de Voldemort, incertain si l'autre Oméga avait conscience de l'Imperium ou non. Mais la réponse de la jeune femme lui répondit sur ce point.
- Si le maître accepte ma présence, alors je serai là.
- Merci. Je lui demanderai d'aller te chercher ou au moins de te prévenir. J'espère vraiment que tu pourras être là à temps. Je me sens assez seul parfois…
- Vous n'avez personne d'autre de proche ?
Harry eut un rictus amer.
- Mon Alpha est quelqu'un de particulièrement possessif. Lorsqu'il m'a lié à lui, il m'a forcé à m'éloigner de tous mes amis.
Techniquement, c'était la vérité, et c'était tout de même plus avouable que "Mon Alpha est un mage noir sanguinaire mondialement recherché et on me tuerait si on savait que j'étais lié à lui".
Cette information sembla laisser Hannelore songeuse.
- J'aimerai bien tomber amoureuse d'un Alpha gentil et prendre le temps d'apprendre à le connaître pour être certaine que c'est le bon, malheureusement mon père ne me laisse jamais sortir seule. Vous avez bien vu ce qu'il a fallu faire pour que je puisse travailler à vos côtés. Il me dépose lui-même chaque matin et vient me chercher chaque soir, comme si je ne savais pas transplaner. Lorsque mon second-genre s'est déclaré, il est venu me chercher à l'école, soi-disant pour ma sécurité, et m'a interdit de revoir mes amis Alpha. Je crains d'être condamné au célibat ou à une union que je n'aurais pas choisie.
- Est-ce que tu as des inhibiteurs pour passer tes chaleurs ?
- Oui, mais c'est loin d'être parfait. Les inhibiteurs me permettent de rester consciente et maître de mes actes, mais l'odeur des phéromones ne disparaît jamais complètement, du moins à ce qu'on m'a dit. J'aimerai vérifier, mais j'ai trop peur pour faire l'expérience par moi-même…
- Je vois. Malheureusement je ne peux pas t'aider. Je n'ai jamais eu d'inhibiteur, et je n'ai pas rencontré un seul Alpha raisonnable depuis ma majorité. À croire que c'est leur second genre qui les rend aussi intransigeants…
Il repensa à Kingsley, Bill, et Bellatrix, ainsi qu'à cet autre Alpha qui avait tenté de le violer… Toutes ces personnes avaient été à la fois méprisantes et mêmes haineuses vis-à-vis de lui. Même Dumbledore, qui avait savamment manipulé son destin en sacrifiant son enfance au passage…
Ils avaient continué d'avancer, Harry plongé dans ses pensées et Hannelore respectant son silence, jusqu'à ce que le sifflement de Nagini le fasse reprendre contact avec la réalité.
- Quelque chose approche rapidement. Une créature à quatre pattes…
L'information n'inquiéta pas Harry outre mesure. Depuis qu'il avait découvert l'effet des phéromones d'Oméga sur les créatures, il n'avait plus ressenti la moindre crainte vis-à-vis de la faune magique. Mais lorsque ladite créature apparut dans leur champ de vision, il ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul.
Il s'agissait d'un félin… dans ses caractéristiques principales, mais Harry n'en avait jamais vu de tel. Fin et élancé, sa hauteur au garrot était celle d'un petit veau. Des oreilles pointues comme celles d'un serval, une truffe aplatie, mais de longs poils parfaitement noirs. Il fonçait droit sur eux et Hannelore n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit d'autre qu'essayer de s'interposer. Plus rapide, Harry avait sorti sa baguette, cependant son premier réflexe fut de lancer un Protego autour de son apprentie. Il pensait naïvement que la créature allait s'écraser sur le bouclier magique, néanmoins le félin esquiva habilement Hannelore pour foncer sur lui, comme s'il avait été sa cible première.
Le Gryffondor poussa un cri, mais alors qu'il tombait en arrière sous le poids de la créature, il s'aperçut qu'il n'avait aucune blessure. Malgré les larges griffes de l'animal, ses vêtements étaient intacts et la seule source de douleur venait de son coccyx qui avait lourdement heurté le sol. Le félin poussa un miaulement absolument adorable, et les deux Omégas écarquillèrent les yeux.
- Harry ! Je crois que c'est un jeune Kludde !
Depuis qu'il les avait rejoints, le Kludde ne cessait de frotter sa truffe contre le ventre de Harry, comme s'il cherchait à obtenir des caresses, et il tendit la main pour calmer Nagini qui semblait prête à attaquer.
- Ne t'inquiète pas, je vais bien. Il ne m'a pas blessé. On dirait qu'il a été attiré parce que je suis enceint…
Harry était plutôt amusé par la situation, mais lorsqu'il leva les yeux en direction de son assistante, il comprit que c'était loin d'être son cas.
- Je suis tellement désolée ! Il vous a fait tomber ! Le maître… Le maître…
- C'est bon ! Il est inutile de lui dire quoi que ce soit ! Il ne m'a fait aucun mal !
La jeune femme était au bord des larmes, manifestement terrifiée à l'idée de ce que le mage noir allait lui faire. Harry repoussa péniblement la créature et tenta de se relever, mais le mouvement lui arracha une grimace de douleur. Le choc avait tout de même été violent et il allait sans doute en récupérer un bel hématome.
- Vous êtes blessé !?
- Non. Aide-moi simplement à me relever. Je galère un peu avec mon ventre…
Le félin lâcha un nouveau miaulement suraigu, sous le regard furieux de Nagini qui battait l'air de sa queue.
- Tu es tombé ! Tu dois faire attention au bébé ! Il faut rentrer pour que le maître t'examine !
- Je n'ai pas besoin d'être examiné ! Je vais très bien ! Ça ne sert à rien de lui raconter !
Il soupira et arriva bientôt à se relever avec l'aide d'Hannelore. Le Kludde continua de se frotter contre ses jambes pour réclamer des caresses qu'il lui offrit bien volontiers. Il avait un peu mal au niveau du coccyx mais rien qui ne l'empêche de se déplacer et surtout rien qui ne nécessite de prévenir son Alpha.
- Nous avons eu de la chance qu'il soit aussi petit. Un Kludde adulte fait la taille d'un cheval de trait. Il vous aurait assommé. Celui-ci ne doit avoir que quelques mois.
- Je n'avais jamais entendu parler d'une telle créature. Comment le connais-tu ?
L'autre Oméga lui jeta un regard désabusé.
- On passe beaucoup de temps à lire quand on est enfermé… En tout cas, c'est étonnant qu'il soit sans sa mère. Il est peut-être orphelin. Ça expliquerait pourquoi il a été autant attiré par votre odeur.
- Il est plutôt mignon. On peut le ramener au cabinet pour vérifier qu'il est en bonne santé. Il a peut-être faim…
Tout en parlant, il avait gratouillé entre les oreilles de l'animal qui s'était mis à ronronner, mais Hannelore secoua la tête.
- Si votre Alpha apprend ce qu'il a fait, il voudra le tuer. Le Kludde ne connaît pas sa force, il reste un animal sauvage. Même s'il est orphelin, vous ne pouvez pas remplacer sa mère.
- Mais je ne vais pas accoucher avant 3 mois ! J'ai bien le temps de m'assurer que ce petit ne meure pas de faim tout de même ! Allez, rentrons !
Ils retournèrent au cabinet, suivis du Kludde qui trottinait tranquillement aux côtés de Harry, et sous l'œil vigilant de Nagini. Hannelore n'avait pas osé le contredire, mais on voyait dans son regard qu'elle n'était pas rassurée.
Harry n'avait pas pensé que Nagini aurait prévenu son maître, mais lorsqu'ils arrivèrent en vue de leur terrain, il ne put ignorer la présence de son Alpha. Le mage noir les attendait déjà, et ce fut sans doute son odeur qui fit fuir le jeune Kludde, car la créature se stoppa net avant de rebrousser chemin avec la même vitesse qu'il les avait percutés.
Devinant qu'il allait à nouveau avoir droit à des remontrances, Harry aurait bien voulu pouvoir l'imiter, mais il n'avait d'autre choix que de continuer à avancer. Il soupira et jeta un regard peu amène en direction de Nagini.
- Tu es vraiment une cafteuse ! Tu devais vraiment lui raconter tout de suite ?
- Le maître doit savoir. Le maître va prendre soin de son Oméga.
- Mais je ne suis pas blessé ! Je n'ai rien ! C'était vraiment inutile !
La reptile ondula jusqu'à son maître qui la récompensa d'une caresse avant de lever un regard sévère sur son Oméga.
- Comme d'habitude, tu négliges ta santé malgré ton état. Et toi, tu n'as pas été capable de le protéger !
Le Survivant pouvait parier que sa baguette était déjà dans sa main. Il s'interposa instinctivement devant Hannelore qui était déjà tombée à genoux.
- Il ne m'est rien arrivé ! Pourquoi en faire autant pour un non-évènement ! Sérieusement je ne suis pas une poupée de porcelaine, je ne vais pas me briser au moindre choc !
- J'avais donné pour mission à ta collaboratrice de s'interposer en cas de danger, mais elle n'a même pas eu la présence d'esprit de lancer un bouclier. C'est lamentable.
- Arrête, je t'interdis de la punir !
Le regard rouge de Voldemort brilla d'une lueur malveillante et Harry comprit immédiatement qu'il était allé trop loin.
- Tu m'interdis ?
Un frisson d'effroi le parcouru. Puisque son Alpha ne pouvait lui faire le moindre mal, il avait tendance à oublier quel genre d'homme il était.
- Je… S'il te plait. Elle n'a pas mérité ça !
Désormais, sa voix était suppliante, alors que les pleurs de Hannelore lui parvenaient déjà. Elle n'était pas un Mangemort, elle était innocente !
- Viens ici. Et toi, Endoloris !
Incapable de se soustraire à l'ordre direct de son Alpha, Harry arriva bientôt à sa portée, mais dès que le mage noir avait eu le champ libre, il avait lancé l'impardonnable sur la jeune femme prostrée au sol.
- Alpha ! Je t'en prie. S'il te plait. Arrête ! Je préfère encore arrêter de travailler. S'il te plait ! Je ne veux pas que tu lui fasses du mal !
Lui aussi à genoux, des larmes s'étaient mises à couler le long de ses joues. Il s'était accroché au bas de la robe de son Alpha, prêt à tout pour qu'il stoppe la torture. Et quelque part, il dut trouver les mots attendus, car Voldemort s'arrêta tout d'un coup pour le forcer à se relever.
- Puisque nous sommes d'accord, tu ne travailleras plus. Ne reviens pas sur ta décision où je me verrais obligé d'appliquer la sentence. Désormais, tu ne sortiras qu'en ma présence. Quant à toi, tu peux rentrer chez toi. Ne reviens plus ici.
Harry serra les poings et ferma les yeux. Le Serpentard avait obtenu ce qu'il voulait, par les mêmes moyens retors qu'il avait toujours utilisés.
Le Survivant avait envie de lui hurler sa colère au visage, mais il savait qu'il ne devait pas céder à ses pulsions où Voldemort lui ferait payer encore plus. Péniblement, il se leva pour regagner leur demeure, bien décidé à faire comprendre à l'autre sorcier combien il condamnait ses actions par les rares moyens qu'il avait à sa disposition. Il ne devait pas l'insulter, il ne pouvait pas l'attaquer et il était impensable de se mettre en danger, lui ou le bébé à venir.
Mais il pouvait faire la grève du sexe, ou du moins s'efforcer de s'y tenir, et il pouvait cesser de lui adresser la parole. Il savait par avance que cela finirait par insupporter le mage noir, et c'était bien sa seule arme contre lui…
Ils étaient encore en début d'après-midi et si Harry n'était pas véritablement fatigué, il se sentait surtout las des émotions contradictoires entre son second genre et son propre tempérament.
Malgré l'affection sincère qu'il portait désormais à son Alpha, il ne pouvait supporter qu'il fasse souffrir aussi impunément des innocents, d'autant plus une personne douce et gentille comme Hannelore.
Heureusement qu'il n'avait pas de rendez-vous prévu pour cette seconde partie de journée… D'un sort, il modifia la pancarte située à l'entrée de son cabinet pour informer ses clients qu'il n'officierait plus jusqu'à nouvel ordre. Cette fois, il ne comptait pas négocier sa reprise d'activité auprès de son Alpha. Il était hors de question de mettre à nouveau Hannelore en danger et sans doute était-ce le but recherché par Voldemort : le faire culpabiliser pour qu'il mette fin de lui-même à son travail.
Dans sa possessivité, le Serpentard n'avait jamais aimé qu'il fréquente qui que ce soit d'autre, y compris ses clients. Il avait toujours considéré que c'était un risque inutile, mais puisqu'il l'avait autorisé à pratiquer la magizoologie, il n'avait pu revenir sur sa parole. Probablement devait-il se féliciter des évènements du jour… Qu'à cela ne tienne, Harry comptait bien le lui faire regretter.
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Le soir venu, Voldemort rejoignit la chambre commune avec une certaine excitation. Malgré les sentiments de rejet et de colère qui lui parvenaient de son Oméga, il ne pouvait s'empêcher d'apprécier leurs petites altercations. Années après années, le Survivant restait le seul capable de lui tenir tête, mais il avait désormais la satisfaction de toujours en ressortir victorieux. Cette fois ne ferait pas exception…
Depuis qu'il était rentré, Harry était resté mutique, l'ignorant comme s'il était devenu invisible, ce qui avait grandement amusé le mage noir. Plus il résistait et plus sa reddition serait savoureuse…
Ainsi le Serpentard ne l'avait pas lâché d'une semelle, s'asseyant à table lorsqu'il mangeait et lisant à ses côtés comme si de rien n'était. Il voulait l'amener à craquer juste pour avoir le plaisir de le dominer, lui faire ressentir la toute-puissance du lien et l'obliger à se soumettre. C'en était devenu un jeu pour lui et cela lui apportait une véritable jubilation.
Après avoir dîné et avoir lu, Harry s'était rendu dans leur chambre pour se déshabiller avant de prendre un bain et ce fut à ce moment que Voldemort vit l'hématome violacé qui recouvrait le bas de son dos. Immédiatement, l'amusement qu'il ressentait se changea en colère : Il était le seul à pouvoir laisser des marques sur Harry Potter.
- Ne bouge plus. Attends-moi ici.
Il pouvait presque deviner les dents serrées de son Oméga, mais il n'était pas question qu'il l'ignore présentement, et sans doute devait-il l'avoir compris au ton utilisé.
L'Alpha se rendit rapidement jusqu'à son laboratoire pour y récupérer un pot d'onguent avant de rejoindre le Survivant toujours nu. Il avait croisé les bras pour signifier son mécontentement, mais n'avait pas fait un pas, et le mage noir l'incita à s'agenouiller sur le lit pour lui présenter son dos.
- Qu'est-ce que tu fais ?
Harry laissa échapper un bref glapissement alors qu'il étalait le baume frais sur la contusion, occasionnant un rictus amusé chez le Serpentard.
- Alors, tu as déjà cessé de m'ignorer ?
Il appuya un peu plus fort pour faire pénétrer l'onguent, provoquant cette fois un gémissement douloureux.
- Aie ! Tu me fais mal !
- À qui la faute ? Si tu t'étais protégé au lieu de chercher à protéger ta collaboratrice ! Stupide Gryffondor !
Après que Nagini lui ait relaté l'incident, il avait fouillé les souvenirs de l'autre Oméga pour revivre la scène mais il n'avait pas pensé que le choc avait été aussi violent. Harry avait beau répéter qu'il n'était pas si fragile, sa grossesse le rendait particulièrement vulnérable.
Petit à petit, l'hématome se résorba sous les effets du baume et la peau retrouva bientôt son apparence immaculée. Mais Voldemort comptait bien profiter de l'occasion. Loin de lâcher son Oméga, il continua ses caresses toujours plus bas, savourant les frémissements qui accompagnaient ses mouvements alors qu'il suivait le galbe de ses fesses.
- Alpha, arrête-ça ! Je n'ai pas envie…
- Tutut ! Je dois continuer mes soins.
Le corps du Gryffondor était placé idéalement pour permettre ses attouchements. Il était toujours agenouillé sur le lit et ne tentait pas véritablement de s'échapper malgré ses récriminations.
- Je ne veux pas faire quoi que ce soit avec toi ce soir. Tu m'as énervé tout à l'heure !
Loin de l'écouter, le Serpentard referma ses bras autour de son torse et l'attira plus proche pour l'obliger à s'asseoir sur ses genoux.
- Harry. Cette créature aurait pu te blesser gravement. Reconnais-le.
- Mais tu n'étais pas obligé de la torturer ! C'était injuste !
- Je te l'ai déjà dit. Je ne peux peut-être plus te punir en te faisant mal, mais TU as commis une erreur et tu méritais une leçon. À toi d'en retenir les conséquences…
Sa voix était réduite à un chuchotement, mais ses lèvres se trouvaient tout contre son oreille, et il ponctua sa phrase en saisissant le lobe entre ses dents. L'emprise fit frissonner son Oméga qui s'accrocha instinctivement à ses vêtements. L'une des mains de Voldemort était encore en haut des fesses, quant à l'autre, elle s'était posée sur le ventre rond, caressant cette surface si fascinante, que seule la magie pouvait créer.
Comme tout né-moldu, Voldemort avait grandi avec la certitude que seules les femmes pouvaient avoir des enfants, et lorsqu'à Poudlard, il avait découvert le pouvoir des Omégas à procréer, il avait trouvé cela absurde : Pourquoi donner la capacité à certains hommes de tomber enceint alors que les femmes remplissaient parfaitement ce rôle ?
Finalement, il avait rapidement cessé de s'intéresser aux Omégas, décrétant qu'ils étaient trop faibles pour être utiles à son règne, et il les avait même sciemment évités durant la majeure partie de son existence. Harry était le premier Oméga enceint qu'il pouvait contempler d'aussi près, et ce fait lui semblait si aberrant qu'il ne pouvait s'empêcher de craindre que leur enfant disparaisse tout d'un coup, par cette même magie incompréhensible qui l'avait fait apparaître.
Perdu dans ses pensées, il avait continué de caresser l'Oméga nu sur ses genoux et ce dernier n'avait pas osé faire un geste pour s'extraire de son emprise.
- Alpha… arrête…
Relevant brusquement les yeux à son appel, il en comprit immédiatement la raison : ses attouchements avaient provoqué chez son Oméga une belle érection et il en était manifestement mortifié. Le sourire de Voldemort s'accentua.
- Et bien, et bien… Pour quelqu'un qui ne voulait rien avoir à faire avec moi ce soir, tu me sembles pourtant bien excité.
- Tu en as fait exprès ! Tu vas finir par me rendre dingue… Tu ne respectes jamais ma volonté !
En guise de réponse, le Serpentard se pencha sur la gorge de son amant pour téter doucement sa marque, provoquant un gémissement lascif chez sa victime.
- Et donc, quelle est donc ta… volonté, à présent ? Comment puis-je te soulager, mon cher Oméga ?
- Tu le sais très bien.
Son ton était boudeur, et il évitait son regard. Le mage noir lécha à nouveau la gorge offerte avant de déposer un simple baiser sur la pommette à présent écarlate.
- Dis-le.
Harry hésitait. Sans doute était-il toujours en colère pour ce qu'il avait fait à son assistante, mais Voldemort savait aussi que sa grossesse jouait fortement sur ses hormones. Tout son corps devait lui hurler de s'offrir à son Alpha, mais il n'était pas dit que le Survivant était dépourvu de volonté.
Saisissant brusquement sa robe pour rapprocher son visage, il l'embrassa violemment, mordant sa lèvre au passage, et Voldemort se sentit immédiatement excité par ce tempérament rebelle.
Son Oméga le voulait tout entier, il allait l'avoir.
D'un mouvement vif, il le repoussa sur le lit avant de revenir sur lui, plaquant sa main sur sa gorge pour le maintenir immobile. De son genou, il le força à écarter les jambes tandis que sa main libre empoignait ce sexe qui le narguait.
Contrairement au Survivant, il était encore tout habillé et cela le frustra. Il voulait sentir la douceur et la chaleur de la peau de son Oméga, mais même en faisant de la magie sans baguette, il allait devoir relâcher sa poigne pour les retirer, au risque que Harry s'enfuît, par pure provocation. Il décida de parer à cette éventualité :
- Je t'interdis de bouger.
Le Gryffondor grogna, mais son corps s'était à nouveau immobilisé. Yeux fermés, cuisses écartées et bras le long du corps, il formait une vision terriblement érotique pour le mage noir qui fit disparaître ses propres vêtements d'un sort avant de le rejoindre.
- Mon délicieux Oméga, je suis certain que tu es déjà mûr à point…
Joignant le geste à la parole, il glissa sa main entre ses cuisses jusqu'à trouver un anus humide et dilaté. Harry gémit au contact de ses doigts, levant ses genoux pour lui donner plus d'espace.
- Haaaa. Par Merlin… Alphaaaa !
- Mon Oméga. Rien ne me délecte plus que de sentir ton corps s'ouvrir pour moi.
Il était si parfait, si entier… si indocile. Un Oméga moins rebelle l'aurait ennuyé ou se serait brisé à son contact. Mais pas Harry. Ses bravades et ses provocations étaient à la fois divertissantes et excitantes, l'obligeant à se réinventer sans cesse pour composer avec son caractère.
Il le pénétra d'une poussée franche, savourant l'avidité manifestée par le Gryffondor. Il n'y avait plus une trace de réticence, à présent, ni dans sa posture, ni dans le lien. Il l'encourageait même au contraire à y aller plus fort, arquant son corps pour faciliter ses allées et venues.
Le ventre rond prenait désormais une certaine place entre eux, empêchant de se coller torse contre torse, mais il lui était toujours aussi fascinant de l'observer se soulever au rythme de ses à-coups.
Les cris du Survivant n'avaient plus grand chose de cohérent. Il ne faisait que manifester son bien-être à avoir le sexe de son Alpha en lui. Un plaisir qui résonnait à travers le lien, rendant leur union plus exquise encore.
Avec la grossesse, Harry avait perdu en souplesse, mais le Serpentard savait le manipuler pour accroître leur plaisir et ils atteignirent bientôt la jouissance en un concert de râles.
Habituellement, le Gryffondor sombrait rapidement dans le sommeil, mais cette fois il semblait déterminé à résister à la fatigue pour discuter encore avec lui.
- Alpha, reste avec moi, s'il te plait.
Voldemort avait déjà amorcé le geste pour se lever, cependant il s'interrompit face à la demande inhabituelle de son Oméga.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Discuter. Je veux t'expliquer pourquoi j'étais en colère.
- Je ne reviendrai pas sur ma décision.
Cette fois, sa réponse sembla redonner toute son énergie au Survivant qui se redressa brusquement.
- Je le sais bien ! Ce n'est même pas ce que je te demande. Tu peux dire que les Gryffondors sont bornés mais tu l'es tout autant ! Je veux juste… discuter. Avec celui qui est censé être mon compagnon et l'homme qui va bientôt devenir père.
Le mage noir soupira et se rassit dans le lit, adossé contre les oreillers.
- Je t'écoute.
- J'imagine que tu ne comptes pas me permettre de voir un médicomage pour vérifier que la grossesse se passe bien ?
- Non, je m'en chargerai. Il y a bien trop de risques que tu sois reconnu. Et il n'y a aucune raison que cela se passe mal puisque tu n'iras plus gambader seul dans la forêt et tu n'approcheras plus de sorciers inconnus d'ici la fin de ta grossesse. Je connais déjà les rituels pour surveiller l'état du bébé.
Ce fut au tour d'Harry de soupirer. Cette perspective semblait réellement le déprimer, néanmoins il ne tenta pas de négocier sur ce sujet, au soulagement de Voldemort.
- Mais j'aimerais vraiment… Et je serais rassuré, qu'une personne soit là, au moins pour l'accouchement. Si tu es seul, comment prendras-tu soin de l'enfant si je suis en train de me vider de mon sang ? Même si tu es un puissant sorcier, tu ne peux pas te dédoubler et tu n'es pas médicomage.
Cette idée glaça le sang du Serpentard qui se saisit instinctivement du bras de son Oméga, comme pour s'assurer qu'il était bien intact. Il savait d'ores et déjà qu'il pourrait sacrifier le bébé si la vie du Gryffondor était en jeu.
- N'imagine pas des choses comme cela, par Salazar ! Je ne te laisserai jamais mourir !
- C'est pour le bébé que je m'inquiète. S'il te plait, tu as encore le temps de trouver une personne digne de confiance et qui saura nous aider au moment venu. J'aurais vraiment aimé qu'Hannelore puisse être à mes côtés, par exemple…
Voldemort fit la moue. L'idée de son Oméga était raisonnable. Sans doute avait-il raison, mais où trouver quelqu'un de suffisamment fiable et qui ait les compétences requises pour intervenir en cas de besoin ? Quelqu'un qui aurait l'intelligence et la réactivité nécessaire, quelqu'un qu'il n'aurait pas besoin de plonger sous Imperium pour s'assurer de son obéissance… Il allait falloir qu'il se penche sérieusement sur ce problème.
- Qu'est-ce que tu lui trouves ?
C'était probablement la jalousie qui parlait, malgré l'absurdité de la chose. Il avait envie de garder Harry pour lui seul, ne laisser personne l'approcher…
Le regard du Gryffondor prouva qu'il n'était pas dupe.
- C'est une Oméga avec qui je peux discuter, tout simplement ! Elle me tient compagnie. Déjà que je ne peux plus travailler, mais si en plus je ne vois plus personne… Et ne me sort pas que Nagini m'accompagne partout. Je l'adore, mais on ne peut pas dire que sa conversation soit la même que celle d'un humain.
Tandis que Voldemort réfléchissait à sa réponse, Harry était venu se coller contre lui, sans doute pour tenter d'influencer sa décision. Mais alors qu'il s'apprêtait à se relever, il sentit brusquement un petit choc au niveau de sa jambe. La sensation lui fit écarquiller les yeux et soulever la couette, prenant par surprise son Oméga qui poussa un petit cri.
- Alpha ?
- Le bébé ?! Le bébé vient de faire un mouvement !
Sa réaction provoqua un petit rire chez son porteur.
- Ah oui, c'est la première fois que tu le sens ! Ça arrive de temps en temps depuis une semaine. Mais puisque tu ne dors jamais à mes côtés, tu ne risquais pas de le savoir…
Fasciné par le phénomène, le mage noir ignora le reproche, posant ses deux mains à plat sur le ventre du Survivant qui lui sourit avec tendresse.
- C'est encore rare. Il peut se passer plusieurs heures sans qu'elle ne bouge mais… Ah, on dirait bien qu'elle est réveillée…
Harry avait porté à son tour sa main sur son ventre alors qu'un nouveau choc s'était fait ressentir et pris d'une pulsion soudaine, Voldemort l'embrassa.
Ce sentiment était étrange, mais il… ressentait un intense regain d'affection pour son Oméga. Parce qu'il savait avec une certitude absolue que le jeune sorcier serait un bon père et prendrait soin du bébé. Il suffisait de voir son regard, la manière dont il caressait amoureusement son ventre, pour s'en rendre compte : il l'aimait déjà, avant même qu'elle ne vienne au monde.
Son enfant, sa fille à naître… Elle était là, elle était vivante. Il se l'était promis, il voulait guérir la lignée Serpentard de sa malédiction. Et il était déterminé à protéger son héritier de tout, y compris de lui-même…
- Je vais trouver quelqu'un. Je te promets que nous ne serons pas seuls pour l'accouchement. Je ne laisserai rien arriver au bébé.
Le Gryffondor leva un sourcil.
- Et pour Hannelore ?
- Je vais y réfléchir… Nous verrons si tu respectes mes consignes dans les semaines à venir. Et si c'est le cas, je consentirai à te permettre de la voir.
Harry leva les yeux au ciel, mais l'Alpha ne doutait pas qu'il allait se conformer à son ordre. Malgré l'indiscipline propre au Survivant, ce dernier savait que ce serait toujours lui, Voldemort, qui aurait le dernier mot. Et désormais, il l'acceptait pleinement.
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Le mois de juillet arriva avec le plein été et la chaleur écrasante du climat continental allemand. Harry la supportait d'autant plus mal qu'il en était à son 7e mois de grossesse et que le bébé jouait sur son sommeil. Il avait régulièrement mal au dos, les jambes gonflées, et allait sans cesse aux WC.
Voldemort ne tolérait plus qu'il sorte de leur domaine sans lui, mais de toute façon, il ne se sentait plus capable de s'éloigner. Il avait l'impression d'être devenu énorme, sans cesse recouvert par une combinaison trop grosse pour lui et d'avoir une cible peinte sur le front.
À cause des hormones, son moral était devenu un véritable yoyo, sans compter son appétit sexuel insatiable, comme s'il était perpétuellement en chaleur.
Son Alpha avait eu la bonté de lui construire une piscine pour se rafraîchir, et il passait le plus clair de son temps à flotter intégralement nu sur une large bouée moldue, surveillé par Nagini. Ce n'était pas comme si quiconque d'autre que le mage noir pouvait le surprendre…
- Et dire qu'il me reste encore 2 mois… Je n'ai aucune envie que ma fille naisse prématurée, mais bon sang je suis impatient d'accoucher.
- Le bébé du maître et de son Alpha sera magnifique. Nagini a hâte de le rencontrer.
Les pensées du Survivant furent interrompues par l'arrivée du mage noir. Malgré la saison, son amant était toujours habillé de sa sempiternelle robe noire, bien trop ample au goût de Harry.
Depuis qu'il avait fait le rituel pour récupérer son ancienne apparence, le Gryffondor trouvait que Voldemort était le plus bel homme du monde. Déjà à l'époque, lorsqu'il l'avait rencontré à travers l'Horcruxe du journal, il l'avait trouvé séduisant. Mais avec son apparence adulte, il était tout simplement bandant.
Ses cheveux bruns mi-longs étaient naturellement ondulés, légèrement bouclés mais toujours parfaitement coiffés. Il était grand et svelte, et sa peau pâle accentuait le contraste avec ses yeux bordeaux. Son visage était dépourvu du moindre défaut et son sourire tantôt enjôleur, tantôt cruel, achevait de subjuguer l'Oméga.
Il s'était redressé pour le suivre du regard, et il écarquilla des yeux en le voyant se déshabiller avant de plonger dans la piscine. De quelques brasses, son Alpha l'avait rejoint pour le prendre dans ses bras, et Harry se sentit immédiatement fondre sous son regard carmin. Le mage noir avait un sourire particulièrement arrogant au visage :
- Tu me flattes juste en me regardant. Je me fichais de mon apparence avant le lien, mais quand je ressens ton désir… Je ne peux m'empêcher de me demander si j'aurais pu te dévoyer… Si je t'avais rencontré au début de mon règne, au sommet de ma gloire…
Prisonnier de l'étreinte de son amant, le Gryffondor détourna néanmoins le regard pour esquiver les lèvres tentatrices qui s'échouèrent sur sa nuque. Malgré la légèreté du moment, la question du mage noir générait en lui un sentiment amer.
- Avant le lien, j'étais strictement hétéro. Je sortais avec une fille…
Ginny Weasley. Une fille que Voldemort avait tué sous ses yeux. Mais loin de se préoccuper de ses états d'âme, ce dernier continua.
- Permet moi d'en douter. J'ai vu tes souvenirs. J'ai lu tes émotions. Je sais quelles pensées tu as eu en voyant mon jeune moi.
- On peut trouver quelqu'un beau sans avoir envie de coucher avec lui.
Malgré la chaleur étouffante, Harry se mit à frissonner tandis que les lèvres de son amant glissaient paresseusement sur sa peau.
- Et bien moi, je n'ai aucun problème à avouer que même sans cette histoire de seconds-genres, tu es tout à fait dans mes goûts. Toutes mes conquêtes à Poudlard te ressemblaient un peu… Peut-être que dans d'autres occasions tu aurais pu devenir mon amant.
Cette révélation pétrifia l'Oméga qui écarquilla les yeux. Voldemort venait d'avouer qu'il le trouvait beau et cela fit battre son cœur plus rapidement que de raison. Parce qu'il était son Alpha, et qu'il était bien la seule personne sur Terre dont il se préoccupait de l'avis. C'était complètement absurde, mais savoir qu'il le désirerait même sans le lien le rassurait étrangement…
- Il faut beaucoup d'inspiration pour imaginer ce qui aurait pu advenir de nous sans tout le bordel qui nous a réuni en premier lieu. La Prophétie… Si je n'avais pas été le Survivant, j'aurais été invisible à tes yeux. Et si tu n'avais pas tué mes parents, je n'aurais eu aucune raison de m'opposer à toi.
- Qui sait ? Tu restes un Gryffondor typique et tu es un sorcier puissant…
- Donc aucune raison de finir dans tes rangs. Tu as couché avec beaucoup de tes Mangemorts ?
Voldemort resta quelques secondes silencieux, comme s'il se plongeait dans ses pensées.
- Avant mon décès, certains Mangemorts avaient mes faveurs. Regulus Black notamment.
Un élan de jalousie traversa Harry qui n'avait pas vraiment envie d'entendre parler des anciennes conquêtes de son Alpha. Il ne doutait pas que le mage noir n'avait jamais eu de difficulté à avoir tous les hommes qu'il désirait dans son lit… Il se retourna brusquement et l'embrassa pour le faire taire avant de changer complètement de sujet.
- Il va falloir aller acheter des choses pour notre fille. Des vêtements, un berceau, des jouets… Et il va falloir qu'on discute de son prénom… Si tu veux bien.
Despotique comme l'était le Serpentard, il était possible qu'il ait déjà décidé du prénom de son enfant, mais Harry voulait espérer qu'il lui laisserait voix au chapitre. Heureusement, Voldemort semblait plutôt enclin à la discussion.
- J'ai quelques idées de noms. Mais il est hors de question de l'appeler Lily.
Le Gryffondor grimaça et roula des yeux.
- Rassure-toi, je n'avais aucunement l'intention de lui donner le prénom d'une personne que tu as assassiné. Je veux effacer toute trace de notre passé sordide, que notre fille grandisse sans imaginer une seule seconde à quel point ses parents se haïssaient à une époque. Et puis je suppose que tu veux lui donner un nom typique de sang-pur…
- Évidemment. Notre fille portera le nom Peverell et sera élève à Serpentard. Je veux que tous les élèves sachent immédiatement qu'elle leur est supérieure.
Harry se garda bien de lever les yeux au ciel, mais il n'en pensait pas moins. Déjà à son époque, les mentalités avaient évolué, et il ne doutait pas que depuis la fin de la guerre, les choses s'étaient encore améliorées de ce côté. Mais il savait par avance qu'il ne parviendrait pas à convaincre son Alpha, et du reste, il avait des combats plus importants à mener.
- Et donc, quand pourrons-nous acheter tout le nécessaire pour mademoiselle la descendante de Serpentard ? Ça fait longtemps qu'on est plus sortis ensemble !
Voldemort lui avait fait découvrir le Berlin sorcier lorsqu'ils voyageaient à travers le monde, et Harry avait adoré cette sensation de pouvoir se promener au bras de son Alpha comme un couple normal.
Il avait un large sourire à ce souvenir, sourire qui s'accentua encore lorsqu'il sentit la main du mage noir caresser lentement son ventre distendu.
- Demain. Ce soir nous ferons la liste de tout ce qu'il nous faut. Je veux être certain qu'elle ne manque de rien à sa naissance, même si nous avons encore du temps devant nous.
Harry ignorait quels souvenirs le mage noir avait pu garder de sa petite enfance, mais il se doutait que les conditions de vie dans son orphelinat avaient dû être synonyme de profonds sentiments d'injustice et de frustration pour le jeune Tom Jedusor. C'était sans doute en partie ce qui le poussait à être aussi attentionné envers son enfant à venir, mais le Gryffondor en ressentit tout de même une vive affection.
- Nous avons un elfe de maison. Ce sera nouveau, tout ne sera probablement pas parfait, mais je ne m'inquiète pas. Après tout, je suis l'Oméga du Seigneur des Ténèbres en personne, et je sais déjà que tu as les meilleures intentions pour notre enfant…
Il s'accrocha à la nuque du Serpentard pour lui offrir un baiser passionné, mais s'interrompit en gémissant lorsqu'un doigt vint caresser l'entrée de son anus. Les hormones dues à la grossesse le rendaient complètement dépravé, heureusement son Alpha était généralement enclin à le soulager avant même qu'il n'en formule le souhait…
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Voldemort observa son Oméga d'un œil critique. Comme d'habitude, sa tenue était à l'image de son caractère : un savant mélange de nonchalance et d'anticonformisme. Il portait un pantacourt noir assorti à une tunique ample sans manche de la même couleur. Le col était brodé d'argent et plusieurs bracelets de cuir et de perles entouraient ses poignets. Le pendentif qui modifiait son apparence et son odeur était en bonne place sur son torse. Ses cheveux étaient attachés en un vague chignon tandis qu'une paire de bottines en cuir complétaient sa tenue.
Il semblait enthousiaste à l'idée de se promener en sa compagnie mais le mage noir savait par avance qu'il allait devoir faire preuve de tempérance pour supporter cet après-midi à venir. Tout son instinct d'Alpha grognait à l'idée que quiconque d'autre que lui puisse voir son Oméga enceint, mais il savait pour une fois reconnaître qu'il avait besoin de lui. La veille, Harry avait préparé leur liste de courses avec une présence d'esprit qu'il ne lui aurait pas imaginé pour ce sujet. Il avait pensé à de nombreuses choses qui ne seraient même pas venues en tête du Serpentard, et depuis quelques semaines, il s'était montré irréprochable.
Malgré ce que Voldemort avait craint, il n'avait pas tellement rechigné pour les différentes interdictions qu'il lui avait données. Il avait suivi ses ordres et cela faisait désormais un mois entier qu'il n'était pas sorti de leur domaine, consacrant ses journées à lire, dessiner, nager et faire la sieste.
Ce jour-là, le soleil était radieux et se reflétait dans les iris vertes du Gryffondor, lui donnant des airs de créature magique qui aurait deux émeraudes à la place des yeux. Il souriait de toutes ses dents en l'attendant sur le pas de la porte, les mains posées à la base de son ventre proéminent.
- Tu es prêt ?
- Oui ! En plus, il fait un temps parfait. Beau mais pas trop chaud. Et toi, prêt à côtoyer la populace sans torturer personne ?
Il le taquinait régulièrement sur ce sujet, comme s'il était incapable de se maîtriser… Il lui répondit par un rictus amusé.
- À toi de faire en sorte de ménager mon humeur alors. Reste près de moi et tout devrait bien se passer…
Harry leva les yeux au ciel mais vint immédiatement coller son corps au sien pour qu'il puisse les faire transplaner. Voldemort en profita pour caresser la peau de son Oméga et activa les Glamours contenus dans le pendentif. Il était hors de question de prendre le risque que quiconque puisse reconnaître Harry Potter. Puis il se concentra brièvement et l'instant d'après, ils étaient réapparus à l'entrée de Verkehrtstrasse. Comme au Chemin de Traverse, la plupart des boutiques sorcières du pays se trouvaient dans cette grande rue sinueuse, invisible aux yeux des moldus.
Ils étaient en plein mois de juillet et il y avait peu d'affluence, la plupart des sorciers préférant passer leurs vacances loin de l'atmosphère étouffante de la ville. À cause de sa grossesse bien avancée, son jeune Oméga marchait tranquillement. Il était resté accroché à son bras après le transplanage et regardait autour de lui avec les mêmes yeux curieux que d'habitude.
- On pourra passer à la librairie avant de partir ? Et… au marchand de glace ?
- Tu es tellement immature…
- Les glaces sont une des rares choses qui n'est pas contre-indiquée lorsqu'on est enceint ! Et Logi n'en achète jamais… Ça me rappelle les meilleures vacances de ma vie. J'avais fait gonfler ma tante sous le coup de la colère et Fudge m'avait autorisé à rester au Chaudron Baveur pour le reste des vacances. Florian Fortarôme m'offrait des sundaes gratuits et m'aidait à faire mes devoirs ! C'était juste paisible. Je ne sais pas si c'était un né moldu ou s'il était dans la résistance, mais tes idiots de Mangemorts l'ont tué au début de retour au pouvoir…
Voldemort fouilla dans sa mémoire mais il doutait fortement avoir ordonné à ses hommes de tuer le glacier du Chemin de Traverse… Cela dit, il était fort possible que l'un d'entre eux ait voulu faire du zèle.
- Cela ne m'évoque rien. Viens, ne perdons pas de temps.
Ils devaient déjà aller à la banque pour récupérer de l'argent et puisque Voldemort détestait faire affaire avec les gobelins, cela le mettait presque toujours de mauvaise humeur. De plus, sa fierté d'Alpha et d'ex-Seigneur des Ténèbres était toujours esquintée par le fait que son Oméga était bien plus riche que lui. C'était donc Harry qui pourvoyait à la plupart de leurs dépenses, car même si un Oméga appartenait légalement à son Alpha, il avait tout de même eu la décence de ne pas s'approprier son immense fortune.
La banque sorcière de Berlin était aussi gérée par les gobelins et ressemblait beaucoup à Gringotts. Les guichets étaient surélevés pour permettre aux petites créatures d'être toujours plus grandes que leurs clients. Voldemort n'avait pas lâché le Gryffondor depuis leur arrivée dans la rue, mais cela ne semblait pas le gêner. Sa grossesse faisait ressortir son besoin de protection, ce qui arrangeait bien l'Alpha. Il le poussa doucement pour s'avancer en direction d'un gobelin, l'incitant à prendre la parole.
- Bonjour, je viens retirer de l'argent. Coffre 687 de Londres. Voici la clé.
Un autre gobelin vint les amener jusqu'à son coffre, transporté ici par la magie gobeline. Ils avaient fait déménager et convertir leurs comptes lorsqu'ils avaient acquis la nationalité allemande. Harry récupéra une coquette somme d'argent et ils purent rapidement rejoindre la surface.
La première étape fut le magasin de meubles. Ils devaient acheter un lit, une table de lange, une chaise haute ainsi qu'un berceau à bascule. Pour une fois, Voldemort se contentait plus ou moins de suivre, donnant parfois son avis, ou songeant à quels sortilèges de protection il allait pouvoir intégrer à ce nouveau mobilier. Depuis qu'il avait lié son Oméga, il avait étudié avec attention certains rituels de magie blanche et il devait reconnaître qu'ils n'étaient pas moins utiles que ceux de magie noire.
Dans le magasin de vêtement, il resta impassible, alors que le Gryffondor achetait des tenues de toutes les couleurs pour leur futur enfant.
- Tu ne comptais tout de même pas l'habiller toute sa vie en noire ! Elle a besoin de connaître les couleurs et de développer ses propres préférences.
- Je n'ai rien dit. Toi-même tu t'habilles comme tu veux.
Harry lui offrit un sourire espiègle.
- Je sais. Mais je connais tes goûts et ton regard parle pour toi.
Le mage noir ne put que ressentir l'affection que lui portait son Oméga, et il s'en trouva quelque peu déconcerté. Malgré son caractère, malgré leur passé et tout ce qu'il avait fait, Harry ressentait désormais bien plus que du désir pour lui. Était-ce le lien ou la grossesse qui avait ainsi fait évoluer ses sentiments ? C'était incompréhensible aux yeux du Serpentard, néanmoins il ne pouvait se pencher sur cette énigme pour le moment, car ledit Gryffondor réclamait toute son attention.
Après presque 2 heures, ils repartirent avec plusieurs pyjamas, dont un noir avec des minuscules broderies dorées, ainsi qu'un nombre conséquent de couches en tissu, robes, bavoirs et sous-vêtements divers.
Ces premiers achats avaient semblé interminables et avaient fait fondre la patience de Voldemort, néanmoins ils étaient loin d'avoir terminé.
- Il sera plus compliqué de faire les courses lorsqu'elle sera née. Autant prendre de l'avance en achetant le plus possible aujourd'hui. On fait une pause ? Je meurs de faim.
L'Alpha retint un grognement ennuyé. Il avait presque envie de revenir sur sa décision et envoyer la jeune Hannelore pour le remplacer, mais son côté protecteur n'envisageait pas une seule seconde de laisser son Oméga loin de lui en plein Berlin sorcier.
- Doit-on vraiment perdre davantage de temps ?
- Si j'ai faim, le bébé a faim. Je mange pour deux, je te rappelle, donc oui, en plus j'ai besoin de m'asseoir. Je sais que tu n'aimes pas ça, mais il y a peu de monde et je suis avec toi, sous tes yeux. Nous avons fait le plus long ce matin. Il nous reste les jouets et les peluches. Je suis certain que nous pourrons trouver un doudou en forme de serpent.
Voldemort pinça les lèvres. Depuis quand son Oméga le comprenait si bien ? Harry le connaissait mieux que personne désormais. Mais était-ce réellement ennuyeux ? Après tout, il lui appartenait pleinement et il ne pourrait jamais le trahir. Ils étaient un tout. Indissociables. Unis…
Il se détendit. Un peu. Et hocha la tête.
- Allons déjeuner. Tu n'as qu'à choisir.
Sautillant presque de joie, le Gryffondor le conduisit jusqu'à une ruelle adjacente où se trouvait un restaurant. Il était assez rare de trouver de bons restaurants sorciers, mais celui-là était tenu par une Cracmol qui avait bâti sa réputation sur ses talents culinaires pour continuer à vivre dans le monde sorcier, et elle s'en tirait plutôt bien.
Comme toujours, Voldemort se contenta de l'observer manger, s'amusant de la rougeur qui envahissait progressivement les joues de son Oméga. Ce dernier semblait toujours trouver inconcevable qu'on le qualifie de beau, mais aux yeux du mage noir, il sous-estimait grandement son charme. À la fin du repas, il avait le visage boudeur et les joues écarlates.
- Vraiment, tu as une manière de me regarder…
- Je te regarde comme je veux, Oméga.
- J'aurais pu deviner tes pensées perverses même sans le lien. Mais comme si ce n'était pas suffisamment clair, tu t'amuses à parasiter mon esprit…
- J'ai hâte qu'on soit rentrés, pas toi ?
Harry paya pour son repas et l'attrapa par la main pour l'attirer vers l'extérieur, ignorant sa dernière question. Pendant tout le déjeuner, le Serpentard s'était amusé à envoyer des images suggestives par Legilimancie et le visage de son vis-à-vis avait été une formidable distraction, faisant disparaître toute sa mauvaise humeur.
Une fois dans la rue, il força son Oméga à s'arrêter pour faire le compte de ce qu'il leur manquait.
- Tu m'as dit qu'il ne restait que deux boutiques ?
- Euh oui, je crois. Voyons voir… Il nous manque biberons, tétines, doudou, draps de lit et hochet. Et ensuite on pourra rentrer.
Conformément aux prédictions d'Harry, doudou et hochet purent être achetés au magasin de peluche où ils trouvèrent plusieurs serpents duveteux et colorés ainsi que quelques jouets d'éveil pour nourrisson. Enfin, le reste fut trouvé dans un magasin de puériculture situé tout au fond de l'allée. La vendeuse s'était extasiée sur le ventre rond de son Oméga et Voldemort avait dû déployer des trésors de self-control pour ne pas lui jeter un maléfice cruel.
Tous leurs achats magiquement réduits, ils purent enfin transplaner jusqu'à leur demeure.
Le Gryffondor était épuisé par cette longue journée de marche auquel il n'était plus habitué, et le mage noir n'eut d'autre choix que de le porter jusqu'à leur chambre pour lui permettre de se reposer. Vraisemblablement, les plaisantes activités qu'il avait eu en tête au cours du déjeuner allaient devoir attendre…
Fin du chapitre 4
Un chapitre un peu court mais toujours mignon, même si Voldy nous fait du Voldy. (Promis, Hannelore va revenir !) Harry est bouffi d'hormones et notre cher Alpha en profite pour avoir des relations sexuelles avec lui chaque fois que l'envie lui en prend. Ça va se calmer après l'accouchement XD.
Encore une fois désolé pour la semaine de retard, j'avais réussi à tenir depuis le début ! J'étais vraiment persuadée être dans les temps mais j'ai beaucoup de choses à penser en ce moment. Demain j'ai mon inspection, et vendredi les vacaaaaaannnces ! Il est temps que je remette en coup de collier dans l'écriture !
J'espère que ce chapitre vous aura plu. N'hésitez pas à m'écrire un petit commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé !
