Une paire d'yeux dorés me scrute avec curiosité. C'est un chat. Un simple chat.

Il y a des chats dans la forêt ?

– Mais qu'est-ce que tu fais ici ? s'écrie une grosse voix.

Mon cœur fait un bond. Je fais volte-face et étouffe un cri ; je suis nez-à-nez avec Hagrid, le garde-chasse. Il a l'air furieux. Et je n'aime pas trop mettre les demi-géants furieux.

– Il est interdit aux élèves de pénétrer dans la forêt sans être accompagné d'un adulte ! Et en plus, le couvre-feu est passé depuis longtemps ! Tu as conscience du nombre d'animaux dangereux qui vivent ici ?

Terrorisée, je balbutie des paroles incohérentes, et finit par fondre en larmes – ok, je surjoue un peu, mais faut dire qu'il m'a vraiment fait peur. Aussitôt, l'attitude de Hagrid change.

– Bon, calme-toi, dit-il d'un ton bourru. Je vais te ramener au château. Mais n'espère pas te tirer de là sans punition !

J'acquiesce en essuyant mes larmes – ça marche plutôt bien, technique à retenir. Il se met en marche, et avant de le suivre, je jette un regard par-dessus mon épaule.

Pas de chat.

Ai-je rêvé ?

Ça ne ferait jamais qu'une hallucination de plus…

OoOoO

– Mais qu'allons-nous faire de vous, Miss Enderson ! crie Londubat. En deux mois, vous avez fait perdre plus de points à vous seule que l'ensemble des Gryffondors !

T'exagère, Nazaire. Jusque-là, je n'ai fait perdre qu'une quarantaine de points. Quoi que maintenant, prise à minuit dans la Forêt Interdite, je pense que je vais battre mon record de cette année…

Là, il m'accompagne chez la directrice, qui s'occupera en personne de mon cas. Je ne suis jamais entrée dans son bureau. On la dit sévère au possible. En attendant, je regarde mon prof de botanique vociférer, sans l'écouter. Je suis sereine. J'ai remarqué, au fil de mes années, que plus j'étais calme, plus il s'énervait sur moi. C'est assez amusant. Mais j'ai un minimum de respect pour lui, donc j'évite de rire quand il me crie dessus. Ce qui est assez difficile.

Nous arrivons finalement devant une gargouille qui semble avoir connu des jours meilleurs.

– Mot de passe ? demande-t-elle.
– Olive, dit Nazaire.

La gargouille acquiesce, puis s'écarte, nous délivrant le passage. Je grimpe sur la première marche de l'escalier en colimaçon, et l'escalier se met à monter tout seul.

Faut pas croire qu'on n'est pas évolués à Poudlard, on a même des escalators.

Nous arrivons devant une lourde porte en chêne. Mon professeur toque trois fois.

– Entrez, dit une voix froide à l'intérieur.

Il actionne la poignée et pousse la porte.

Le bureau est aussi bien rangé que celui de la vielle Wilson de mon ancien pensionnat. Tout est net et propre ; les papiers sur le bureau en bois clair sont arrangés en piles et aucun ne dépasse du paquet ; dans un coin de la pièce, une énorme armoire aux vitres en verre se tapit dans l'ombre. Je me demande ce qu'i l'intérieur… A côté, un feu d'enfer ronfle dans l'âtre d'une cheminée en marbre. Juste derrière le bureau de la directrice se trouve le tableau d'un certain « A. Dumbledore ». Près du vieil homme à la longue barbe blanche est peint un drôle d'oiseau rouge particulièrement misérable. Il ne lui reste presque pas de plumes. Il est d'autant plus remarquable qu'il s'agit du seul animal peint dans cette pièce.

– Merci, Neville. Je vais m'en occuper, à présent.

M. Londubat hoche la tête puis quitte la pièce, fermant la porte derrière lui.

Ah, c'est vrai qu'il s'appelle Neville. Bah, je préfère Nazaire.

Je regarde la directrice. Elle me fixe droit dans les yeux, sans parler. Au bout de trente secondes, n'y tenant plus, je me tourne vers le tableau et dit, tout à trac :

– Euh… j'aime beaucoup cet oiseau.

Brusquement, l'oiseau s'enflamme en poussant un cri d'agonie, me faisant sursauter.

– Ne vous en faites pas, dit-elle calmement. C'est normal.

Oh. J'ai failli m'inquiéter. Bon, l'oiseau dans le tableau prend feu régulièrement, mais c'est normal ! Il doit sûrement être commandable à distance : un mot de passe comme « j'aime beaucoup votre oiseau » et il s'enflamme tout seul… Je veux le même !

En tout cas, il y a encore deux ou trois choses du monde sorcier que j'ai du mal à assimiler.

– C'est un phénix, précise-t-elle.
– Aaaaah…

Elle doit vraiment me prendre pour une abrutie, maintenant. Effectivement, elle a un air un peu surpris pendant une microseconde.

– Que faisiez-vous à une heure pareille dans la Forêt Interdite ? dit-elle d'une voix sévère, son visage se figeant à nouveau dans une expression impénétrable. Vous savez que vous n'avez pas le droit de vous y rendre, et encore moins après le couvre-feu, n'est-ce pas ?

Bigre, elle est intimidante, quand elle veut. Incapable de parler, je hoche très vite la tête.

– Et pourquoi y étiez-vous ?
– Je… n'en sais rien, dis-je d'une voix tremblotante.

Pas question de lui parler de ma dispute avec Judith. Ce serait vraiment ridicule.

– Je récapitule : vous êtes allée impunément dans un endroit où vous n'avez pas le droit d'aller, et… vous ne savez pas pourquoi.

Oups. C'est encore plus ridicule.

Mais je ferais mieux de ne pas me contredire, sinon, elle va comprendre que je mens et peut-être me faire avaler du véritaserum ou que sais-je encore… Et là je ne pourrai rien lui cacher. Ce serait encore plus ridicule.

– Oui.

Elle me fixe bizarrement, mais je ne cille pas. Au bout d'un temps infiniment long, elle m'annonce d'un ton sans appel :

– Je retire cinquante points à Gryffondor. Et vous serez collée pendant deux semaines, avec M. Potter.
– Pardon ?

Elle veut vraiment faire de ma vie un enfer ! Pourquoi avec lui ?

– M. Potter a été pris lui aussi dans la Forêt Interdite, ce soir.
– Pourquoi était-il là-bas ?
– J'aimerais bien le savoir. Il m'a dit qu'il n'en avait aucune idée.

Elle me lance un regard lourd de sous-entendus.

Oh, non. C'est pas vrai. Maintenant, elle doit penser que j'ai fait des trucs avec Potter dans la forêt.

Cette situation est encore plus gênante que je ne l'aurais cru.

– Bien. Vous pouvez disposer.
– Bonne soirée, madame.

Je m'approche de la porte, et, en jetant un dernier coup d'œil dans la pièce, je remarque un œuf, dans le tableau, au milieu des cendres de l'ancien phénix.

OoOoO

J'arrive devant la porte de ma chambre. Je reste un instant sur le pas de la porte, hésitante, puis j'entre.

Roxanne est assise dans son lit, ses bras serrant ses jambes repliées contre elle. Judith est en tailleur, par terre. Ses yeux sont rouges, son visage strié de larmes. Toutes deux redressent la tête en me voyant entrer, mais gardent le silence.

Je ne parle pas non plus, et reste adossée contre la porte, regardant nonchalamment la fenêtre au fond de la pièce. En réalité, mon cœur bat la chamade, et je sens mes yeux me brûler, comme avant de pleurer.

Finalement, Judith rompt le silence.

– Tu n'es pas un poisson sans cervelle, Ginger.

Je suis surprise de constater que sa voix est ferme, sans une once d'hésitation. Tout l'inverse de l'air qu'elle arbore.

– Ah bon ? dis-je naturellement, d'un air étonné.

Judith fait un pauvre sourire, et deux larmes lui échappent.

– Je suis vraiment désolée. Je ne le pensais pas…
– Si, tu le pensais. Mais tu avais parfaitement raison. Je suis bête de me disputer avec un abruti pareil, c'est une perte de temps.

– Si tu veux bien l'admettre…

Judith se lève brusquement et me serre dans ses bras.

– Si tu savais comme je suis désolée… sanglote-t-elle.
– Ca va, ça va, dis-je maladroitement.

Je sens des bras m'entourer. Je tourne la tête ; Roxanne s'est jointe à nous.

– Bah quoi, j'ai pas droit aux câlins, moi ?
– Nan, tu pues.

Elle s'écarte brutalement, et deux secondes plus tard, je sens un coussin percuter mon crâne.

– Hé ! Je te permets pas ! je m'exclame.
– Viens te battre si tu l'oses, morue !

OoOoO

La punition était horrible. On devait nettoyer l'intégralité des coupes de la Salle des Trophées, sans magie. Et ça fait beaucoup de coupes. Silencieusement, je prends une coupe au hasard et commence à la frotter. Le métal terni révèle peu à peu des lettres gravées à sa surface.

Coupe de Quidditch, 1975.

J'astique un peu plus fort, et découvre le nom des joueurs. Tous me sont inconnus. Sauf un.

James Potter, poursuiveur.

Ça doit être son grand-père, ou quelque chose comme ça. Je finis de nettoyer et passe à la coupe suivante. Encore une coupe de Quidditch, datant cette fois-ci de 1996.

Harry Potter, attrapeur.

Décidément !

Je repose la coupe plus loin. Je ne vais pas nettoyer toute la famille, quand même. J'attrape donc un trophée plus petit, en argent terne, au nom de Tom Jedusor. Enfin quelqu'un qui n'a pas de rapport avec les Potter !

Tout en frottant, mes éternelles interrogations refont surface. Et comme à chaque fois, je n'y trouve aucune réponse.

Qui sont mes parents ? Sont-ils morts ou vivants ? Sorciers ou moldus ? J'en sais rien. J'interrogerai les voisins de palier de l'appartement en flammes où j'ai été trouvée, peu de temps après ma naissance.

Si je n'ai aucune famille, ou que personne ne veut de moi, qui a payé mon pensionnat hors de prix pendant toutes ces années ? Peut-être une erreur administrative, ou quelque chose comme ça ? Et d'où sort mon compte à la banque de Gringotts ? Bon, je laisse ces questions en suspens aussi.

Que penser des noms qui m'évoquaient des souvenirs, lors de ma fouille des Archives ? Et si ce n'étaient que des noms de personnes célèbres dont je ne me souvenais qu'à moitié ?

Que s'est-il vraiment passé dans la forêt ? Hallucination ? Sort lancé par Potter ? Ou propriétés magiques de la forêt ? Je n'en ai pas parlé à Judith et Roxanne, j'avais peur d'avoir l'air ridicule. Mais je me demande…

Et qu'est-ce que Potter fabriquait dans la forêt ? Pour ça, par contre, je peux avoir une réponse !

– Potter, je l'appelle sans quitter ma coupe du regard.
– Qu'est-ce que tu veux ?
– Juste une question. Qu'est-ce que tu faisais, dans la forêt ?
– Euh… Et qu'est-ce que toi tu faisais ? réplique-t-il, fier de sa répartie.

Il est bête ou il le fait exprès ?

– Je venais de me disputer avec Judith. Je me suis cassée, c'est tout. Et toi, alors ?

Un ange passe. Je me retourne. Il est dos à moi, immobile.

– Ça me regarde, dit-il finalement.
– Merci pour cette réponse très utile et informative.
– La ferme.

Une question de plus à la liste de mes interrogations.

– Moi aussi, j'ai une question, dit alors Potter.
– Je ne vois pas pourquoi j'y répondrais, tu n'as pas répondu à la mienne.
– Tu as préparé ta déclaration d'amour ? Dans une semaine, ça fera deux mois que je sors avec
Barbara…

Crétin.

M'emmurant dans un silence obstiné, je frotte la coupe de Jedusor avec plus de force, jusqu'à ce que je sois capable de voir se refléter mes cheveux flamboyants dedans.

Ce fut la seule conversation de ma première semaine de colle avec Potter.

OoOoO

– Et ensuite, si on n'y arrive pas, on fait quoi ?
– Tu tournes trois fois la baguette en l'air, me répond Wright.

C'est malheureusement Flitwick qui a décidé des binômes pour le reste de ce premier trimestre. Je suis donc avec Wright, tandis que Roxanne et Judith sont ensemble.

Je tourne trois fois ma baguette comme il me l'a conseillé, mais rien ne se passe. Je ne suis pas prête de mettre le feu à mon petit tas de bois. Je réessaie plusieurs fois mais la méthode du livre est vraiment nulle !

Arthur, lui, enflamme allègrement tout ce qui passe à sa portée : plume, cours d'Histoire de la Magie, etc.

– Y a pas d'autres conseils ? « Pensez à quelqu'un que vous n'aimez pas. »
– Vraiment ? C'est écrit comme ça ? s'étonne-t-il en se penchant vers son livre.

– Non, mais ils devraient le mettre, dis-je en enflammant enfin le boisseau.

J'ai pensé très fort à la cape de Potter.

– Flitwick nous a demandé de faire autre chose ?

– Non, c'est tout pour aujourd'hui. Dis, tu vas vraiment à la soirée avec quelqu'un, ce soir ?
– Bien sûr, dis-je tout en mettant le feu à la trousse de Potter tandis qu'il drague une Poufsouffle. Tu me prends pour une mythomane ?
– Eh bien, comment te dire ça poliment… dit-il en souriant.
– Nom d'un chien, tu as de l'humour.
– Qui l'eût cru, n'est-ce pas ?
– Et toi, avec qui tu y vas ?
– Angèle Champrun. J'ai pas vraiment eu le choix.
– Pauvre homme, dis-je, sarcastique.
– Elle m'a menacé ! proteste Wright.
– Tu baisses dans mon estime. Contraint de sortir avec une Poupouf, je veux dire, une Poufsouffle, sous menace ! Ca craint. Elle t'a menacé de quoi, d'ailleurs ?

Pas de réponse. Je lève la tête : Wright est tout rouge.

– Quoi ? J'ai un peu chaud, c'est tout.
– Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu…
– Et la marmotte… quoi ?
– Oh, laisse tomber.
– Bien ! s'exclame notre professeur, à l'autre bout de la salle. Voyons ce que ça donne !

OoOoO

Avant d'entrer en cours de Défense Contre les Forces du Mal, toutes les filles du cours piaillent à propos de la soirée d'Halloween, prévue dans quelques heures à peine… Et nous n'y faisons pas exception.

– Tu dois voir ton cavalier à quelle heure, Ginger ?
– Huit heures pile, salle commune des Gryffondors.
– AHA ! Ça veut dire que c'est un Gryffondor !
– Quelle perspicacité.
– Bon, souffle Judith. Voilà mon plan. Quand on termine les cours à dix-sept heures, on remonte vite à la tour Gryffondor, on se rue sur les douches avant que les autres n'arrivent, et ensuite on …

– … on ligote et on bâillonne Jude, je complète.
– Non, s'impatiente-t-elle. On s'habille et on se maquille. Et on se coiffe, ajoute-t-elle en fixant mes cheveux emmêlés.
– Ca va être juste ! s'exclame Roxanne.
– Trois heures pour se préparer, ça va être juste ? je m'écrie, surprise.
– Ben oui. Il faut que tout soit parfait.
– Ne parle pas comme ça, Roxanne, on dirait Barbara Hobbers.

Celle-ci déblatère d'ailleurs son tissu d'âneries habituel à Potter, avec plus d'emphase que d'habitude. S'il n'était pas aussi insupportable, je crois que je le plaindrais.

La porte de la salle de cours s'ouvre toute seule, et nous entrons dans la pièce. Aujourd'hui, c'est une journée « tests » : on commence par un contrôle écrit, en une heure, puis une évaluation sur notre pratique des sortilèges. Je pense que j'ai bien réussi le test à l'écrit, à part cette question sur les caractéristiques des loups-garous.

Pour les évaluations pratiques, il nous fait faire des duels. Pour le premier duel, je me retrouve face à Barbara Hobbers.

– Je vais t'écraser, déclare-t-elle.
– C'qu'il faut pas entendre.
– Vous pouvez commencer !
Serpensortia ! crie Hobbers.

Un ver de terre sort de sa baguette. Ridicule.

Evanesco ! Tarentallegra !

Mon adversaire se met à danser et ne réagit pas. Elle fixe ses jambes, l'air incrédule.

Aguamenti !

Une gerbe d'eau l'arrose. Sa tête est trempée.

– Mes cheveuuuuuuuuux ! J'en ai pour des heures !
– Pauvre chérie. Expelliarmus !

Sa baguette lui saute des mains, et je l'attrape en vol. Je la lui tends avec un grand sourire.
Elle me lance un regard meurtrier.

Pour mon deuxième duel, je me retrouve face à Roxanne.

– Désolée, dis-je avec un air triste, mais je vais devoir te battre.
– Ne t'en fais pas, tu n'y arriveras pas. Avis ! Oppugno !

Une myriade de canaris apparaissent et me foncent dessus.

Evanesco !

Ils disparaissent presque tous dans un petit « plop ».

Incendio !

Un long jet de flammes sort de sa baguette, mais je saute sur le côté pour l'esquiver. Elle l'a appris drôlement vite, son sortilège ! On l'a à peine vu ce matin !

Expelliarmus ! crie-t-elle.
Protego !

Le bouclier que j'ai créé fait rebondir son sort, qui la touche. Sa baguette s'envole.

– Désolée. Je crains bien être plus forte que toi !
– Je t'ai laissé gagner, avoue-t-elle en souriant.
– Quelle mauvaise foi !

Les duels se succèdent. Judith combat cinq élèves plus ou moins bien, mais se fait battre à plate couture par Wright. Lui-même fait un duel avec Potter, qui l'écrase, puis gagne le duel suivant avec Abercrombie. Quant à moi, j'ai vaincu tous mes adversaires.

Mon dernier combat est avec Potter.

– Salut, le poisson sans cervelle.
– Salut, M. Mes-cheveux-sont-mon-trésor-le-plus-cher.

Il fronce les sourcils en s'efforçant de ne pas passer sa main dans sa chevelure de jais.

– Oh, je t'ai fâché ? je demande d'une petite voix ridicule.
– Tu vas morfler.
– J'ai peur…
Expelliarmus !
Protego !

Il évite l'attaque et revient à la charge :

Rictusempra !

Je suis prise d'une crise de fou rire. Entre deux gloussements, et tout en slalomant entre ses sortilèges, je m'écrie :

Patanasus !

Le sort l'atteint de plein fouet, donnant à son nez une forme de patate. J'arrive enfin à m'arrêter de rire, et ajoute avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit :

Silencio !

Il ne peut plus parler. Et voilà ! Un duel gagné sans problème par…

Ma baguette m'échappe des mains et atterrit droit dans la paume de Potter, qui m'adresse un sourire goguenard.

Oh, non. Les sortilèges informulés. Mais c'est pas juste, on vient à peine de les apprendre en cours !

– Ce n'était pas épouvantable, Potter, dit Pendleton, notre prof de Défenses Contre les Forces du Mal. Mais j'ai vu mieux. Quant à vous, Enderson, c'était complètement idiot de votre part ! Même silencieux, l'adversaire reste dangereux. Bon, ajoute-t-il en s'adressant à la classe, vous me rendrez trente centimètres de parchemin sur le sortilège du silence pour la prochaine fois. Vous pouvez disposer.

Rouge de honte – comment j'ai pu me faire avoir comme ça ? – je réunis mes affaires et m'apprête à partir quand j'entends dans mon dos :

– Miss Enderson, M. Potter, restez, j'ai deux mots à vous dire.