Hello ! Tout d'abord merci beaucoup pour toutes vos reviews. J'espère que vous passez de bonnes vacances, etc etc...
Et que ce chapitre vous plaira autant que moi, j'ai pris de plaisir à l'écrire.
Bonne lecture !
Je résume la situation :
Pour cette soirée, je suis la cavalière et la petite amie d'Albus, afin que son frère déverse ses foudres sur nous plutôt que sur sa cousine qui sort avec Malfoy. Heureusement, la furie de Potter est moins forte qu'elle ne devrait l'être. Ca doit faire un bon quart d'heure qu'il regarde dans le vide, ignorant l'interminable discours de Barbara Hobbers, sa petite amie qu'il déteste : autant dire qu'il est aussi réactif qu'un rat mort.
Judith sort avec Robert Peterson, et Lenny Perry est prête à tuer pour prendre sa place. Littéralement.
Arthur Wright a amené une Poupouf capable de faire du chantage (spécimen très rare). La Poufsouffle en question, j'ai nommé Angèle Champrun, veut assassiner Roxanne. Motif du meurtre : mon amie est la cavalière de Charles Woles.
Tout ce joli monde, évidemment, est réuni à la même table. Joyeux Halloween !
Abercrombie, comme d'habitude, n'est mêlé à aucune de ces histoires marrantes. Ce garçon ne sert décidément à rien.
– On mange ? demande celui-ci innocemment, histoire de détendre un minimum l'atmosphère.
– Tu vois de la nourriture quelque part ? je réplique.
– Euh… Non.
– Alors on ne mange pas.
Silence autour de la table (si on excepte le babillage de Hobbers). Il me fusille du regard mais ne dit rien.
La porte, située dans le dos de Potter, s'ouvre : c'est Hedvig Virtanen, la Serpentard en septième année. Ses longs cheveux blonds sont relevés en chignon, dévoilant sa nuque délicate, et sa robe bleu pâle de princesse s'accorde parfaitement avec la couleur de ses yeux glacés.
– Cette fille fait un peu peur, non ? fais-je remarquer.
– C'est sûr que tu ne dois pas souvent voir la beauté, fait remarquer Potter qui s'est retourné pour voir Hedvig. Pas dans ton miroir en tout cas.
– Non, elle ne me fait pas tellement peur, à moi, dit Albus d'une voix douce en ignorant son frère.
Potter jette négligemment un œil vers nous, et se retourne pour observer les arrivants, quand je réalise qu'un jeune garçon aux cheveux blonds, presque blancs, vient de passer la porte d'entrée de la Grande Salle. Il regarde derrière lui et s'arrête ; il semble attendre que quelqu'un arrive.
Oh, oh. C'est Malefoy. Et il y a toutes les chances pour qu'il soit en train d'attendre Rose Weasley.
Je donne un léger coup de pied sous la table à Albus et m'écrie :
– Chéri, tu ne veux pas te rapprocher un peu de moi ?
Potter se retourne à une vitesse effrayante. Il a l'air complètement dégoûté.
Juste à temps : Rose Weasley entre dans la salle et va droit vers Malfoy.
– Mais, on est déjà collés l'un à l'autre, mon lapin, répond gentiment Albus, qui a compris mon manège.
Potter grimace quand son frère m'appelle « mon lapin ». Derrière lui, Rose et Scorpius s'embrassent tendrement. Ils ne veulent pas se cacher, ces idiots ? S'ils se font attraper par Potter, tant pis pour eux.
– Alby, s'il te plaît…
– Alby ? marmonne Potter en se retournant. Ridicule.
– NON !
Il nous regarde, surpris. Albus et moi avons crié en chœur. Je jette un œil au-dessus de son épaule : les deux amoureux sont partis voir ailleurs.
Mission accomplie.
– Quoi ? dis-je, agressive, à Potter qui continue de nous regarder, intrigué.
Il hausse les épaules et se retourne.
– Votre attention, s'il-vous-plaît !
A la table des professeurs, dans une robe violette, la directrice vient de parler. La salle devient silencieuse.
– En ce 31 octobre, je vous demanderai de bien vous tenir afin que nous passions tous une agréable soirée. Bon appétit et joyeux Halloween !
Des plats surgissent alors au milieu de notre table. Je ramasse quelques pommes sur la table et commence à en grignoter une. Abercrombie me regarde avec étonnement.
– Tu ne manges que des pommes ?
– Oui.
– Toujours ?
- Non. Seulement quand je suis à table avec des imbéciles. Les pommes sont d'excellents projectiles. Regarde un peu.
Je lance ma pomme en l'air, la rattrape, puis l'envoie de toutes mes forces vers la table des Poufsouffles. Elle rebondit sur la tête de Lola Darby, la fille que j'ai attaquée en début d'année, lui enfonçant sa tête dans son assiette. Elle se retourne et me lance un regard furieux. Son visage est couvert de sauce tomate.
– Mince, je marmonne. Et moi qui croyais que mon maquillage était bizarre… Le sien est vraiment horrible !
Albus me regarde avec des yeux ronds.
La Poupouf qui accompagne Arthur, Angèle Champrun, ne s'indigne même pas du traitement que j'inflige à son amie. Elle est trop occupée à dévisager Charles Woles, qui est légèrement mal à l'aise.
– Alors, comment vont les entraînements de Quidditch ? susurre-t-elle.
– Euh… Bien…
– Je pourrais y assister, un jour ? J'aime tellement te voir voler sur ton balai…
– Et moi, dit Roxanne sur le même ton mielleux, j'adorerais te voir, de là-haut, gesticuler comme un troll…
Elle fronce les sourcils.
– Je ne te parle pas à toi, Weasley, lui assène-t-elle dédaigneusement. Quand je parlerai de courges, je te réveillerai.
Pendant ce temps, je jette des petits bouts de pain dans la chevelure de Champrun, en me demandant si elle va finir par le remarquer. Albus, à côté de moi, très concentré, compte le nombre de morceaux de pains qui arrivent à destination.
– 18… 19… 20…
James Potter écoute d'une oreille distraite le babillage de sa cavalière, qui n'a pas touché à son assiette tellement elle parle. Finalement, il lui dit sans préambule :
– Je te quitte.
Quoi ? Surprise, je manque complètement ma cible et la boulette de pain tombe par terre.
– Quoi ? Oh, tu as trop mangé, mon chéri, je t'avais pourtant dit de ne pas trop manger. Tu ferais mieux de…
– Non, Barbara, je n'ai pas trop mangé. Je suis parfaitement sain d'esprit et je veux te quitter.
Barbara prend une mine choquée.
Yessss. Ce n'est pas aujourd'hui que je ferai une déclaration d'amour à Potter.
Abercrombie s'ennuie comme un élève au cours de Binns. Du côté de Judith, Lenny Perry et Robert Peterson, la situation s'envenime.
– Alors Eleanor, quoi de neuf ? demande innocemment Peterson.
– Trois fois rien, dit sensuellement Perry en se penchant sensiblement en avant, montrant son décolleté plongeant à Peterson.
Celui-ci semble captivé par le spectacle. Judith lui donne un coup de coude.
– Tu pourrais te retenir un minimum ! Je suis là, je te signale !
– Oui-oui…
Il continue de fixer la poitrine de Lenny Perry, qui envoie un grand sourire satisfait à Judith. Jude fulmine.
– Chucky, dit Champrun, parlons sérieusement. Avec quoi Weasley t'a menacé pour sortir avec toi ?
– Euh… De rien du tout, c'est moi qui…
– Mais oui. Tu peux tout me dire, tu sais. Tu ne peux décemment pas sortir avec une pouffe pareille de ton plein gré.
Roxanne s'étouffe avec le riz qu'elle mangeait.
– Alors ça, c'est l'hôpital qui se fout de la charité ! C'est toi qui dis que je suis une pouffe ?
– Oui ! s'écrie l'autre en se levant, mais aucun morceau de pain que j'ai envoyé dans sa chevelure ne tombe ; ils sont collés par la laque sur ses cheveux.
Ca va être plus dur de lui en envoyer dans la tête si elle bouge tout le temps…
– Ah, loupé, dit Albus en voyant mon dernier missile voler au-dessus de la tête de la Poupouf.
Cette abrutie n'arrête pas de bouger, aussi !
– Bon, à toi, je fais en lui tendant mes bouts de pain.
J'attrape une pomme pour la grignoter et Albus commence à lancer sa mie de pain sur la tête d'Angèle Champrun. Il vise vachement bien, et pourtant la Poupouf ne cesse pas de faire de petits mouvements de tête irrités.
Quant à Barbara Hobbers, elle s'exclame :
– Mais, choupinou, tout allait bien entre nous, non ? Pourquoi tu veux casser ? On va faire des efforts pour sauver notre couple…
Potter retire vivement sa main de la table avant que celle de Barbara n'arrive à l'attraper.
– Je m'appelle James, pas « choupinou », fait-il remarquer d'un air lugubre. Je veux casser parce que j'en ai marre de toi. Et je ne veux surtout pas faire un quelconque effort si c'est pour passer plus de temps avec toi.
– Tu… tu es sérieux ?
– Non, dis-je d'un ton joyeux en m'incrustant dans la conversation, son vrai nom, c'est choupinou, et non pas James comme il le prétend.
– J'ai rarement été aussi sérieux, dit Potter sans sourire, en m'ignorant totalement.
Le ton monte entre Lenny Perry et Judith.
– Dégage, morue, siffle mon amie.
– Je suis ici avec mon cavalier, sale garce, s'écrie-t-elle. Et c'est moi qui aurais du sortir avec Peterson, alors c'est toi qui n'as rien à faire à cette table.
– Euh, calmez-vous, les filles, marmonne Robert Peterson.
– LA FERME ! hurlent-elles en chœur.
Le beau gosse de Serdaigle se tasse sur sa chaise.
Arthur Wright regarde sa cavalière, et se retient d'exploser de rire : des morceaux de pain manquent de tomber de la chevelure de celle-ci. Mais tous restent en équilibre.
– Quoi ? demande-t-elle avec férocité.
– Rien, rien…
Albus s'apprête à lancer un nouveau morceau de pain, mais je l'arrête au dernier moment alors qu'Angèle se tourne vers nous. Je croise alors les yeux de Potter, qui fixe d'un air dégoûté ma main sur celle d'Albus. Mais une seconde plus tard, il doit se lever et quitter la salle, poursuivi par son ex-petite amie qui piaille : « Au moins un dernier baiser ! ».
– Où sont Rose et Scorpius ? je lui demande discrètement.
– Ils mangent. Ils sont au fond de la salle, et ils sont dos à la place de James. Il ne pourra pas les voir.
Je souris, et il me sourit à mon tour. Il est sacrément mignon. Une pensée étrange me vient à l'esprit : si j'étais une fille normale, je serais sous son charme, je tomberais très vite amoureuse de lui. Mais rien ne se passe dans mon cœur tandis que je plonge mon regard dans ses yeux vert émeraude. Si on était ensemble, Potter serait furieux. Ce serait tellement bien de sortir avec lui…
Ou pas.
Je viens de tourner la tête et j'ai croisé le regard de Lucy Ackerley, l'amie de Rose et d'Albus, qui est assise à la table des Serdaigles à côté d'un jeune garçon aux cheveux bruns. Elle avait l'air triste et en colère à la fois.
Il me semble qu'on appelle ça la jalousie. Ca alors. Lucy est jalouse de moi ?
– Tu es amoureux de Lucy Ackerley ? je demande brusquement à Albus.
Celui-ci rougit.
– Hein ? Non non, non, pas du tout… C'est comme une… une sœur, oui, une sœur, pour moi…
– Beurk. Elle est incestueuse, ton histoire.
– Je t'assure que je ne suis pas amoureux d'elle.
– Mais oui, c'est ça.
Je retourne la tête et aperçoit alors Lucy, en train d'embrasser son cavalier.
Ca sent mauvais, tout ça.
Albus suit mon regard et voit lui aussi son amie. Il devient très pâle, et me lâche la main.
– Euh, Albus… Ca va ?
Il ne répond pas et se penche vers moi. Quand ses lèvres touchent les miennes, je comprends que je ferais mieux de ne jamais tomber amoureuse : ça rend vraiment très bête et ça vous crée des disputes avec tout le monde – et j'en ai déjà suffisamment sans l'être. Heureusement, donc, que le rythme de mon cœur ne s'accélère pas, que mes entrailles restent en place, que ma tête ne me tourne pas. Heureusement que je ne ressens rien quand Albus m'embrasse.
Aussitôt qu'il éloigne sa tête de la mienne, il murmure :
– Désolé.
– Tu réalises l'ampleur de la bêtise que tu viens de commettre ?
– Mais Lucy vient de…
– Et tu crois qu'elle a fait ça pour quoi ?
Silence.
Je jette un coup d'œil vers l'entrée de la Grande Salle. J'y croise le regard horrifié de Potter, et je ne peux m'empêcher de sourire. Lucy passe très vite devant lui pour quitter la pièce. Je crois bien qu'elle est en larmes.
Heureusement que réconcilier Albus et Lucy ne fait pas partie de mon contrat. Parce que là, je pense que c'est mission impossible.
Potter se rassoit en silence à sa place.
– Qu'as-tu fait de Barbara ? demande poliment notre capitaine de Quidditch.
– Je l'ai semée, déclare-t-il d'un air mauvais.
Demain, si on retrouve le corps de Barbara écartelé dans une salle désaffectée du collège, je ne serai pas étonnée.
– Tu as perdu ton pari, tu te souviens ? je m'écrie soudain. Tu étais sensé sortir avec elle pendant deux mois. A trois jours près, c'est bête…
– Tant pis.
Il fouille dans sa poche, en sort une petite plume et un morceau de parchemin déchiré, et écrit à la va-vite avant de le rouler en boule et de me le jeter.
Je l'ouvre. Il est simplement écrit : « 7ème étage, sorcière borgne, dissendium, Honeydukes ».
– Je suis sûre que même une fille sans neurones comme toi pourra deviner, me fait remarquer Potter.
On verra ça plus tard. Je fourre le bout de papier dans ma poche.
– Jude ? fait soudain Roxanne. Où est Peterson ?
Elle fait un vague signe de tête vers le fond de la salle, l'air boudeur. Je regarde dans cette direction : Robert Peterson est en train de peloter Lenny Perry à la table des Serdaigles, d'une façon plus qu'indécente. Les élèves autour laissent une distance respectable entre eux et le nouveau couple.
– De toute façon il n'avait pas de conversation. Je ne me souviens déjà plus du son de sa voix.
Elle ajoute, de très mauvaise foi :
– Et en plus, il embrassait comme un pied.
– Immonde, je commente en repoussant mon assiette vide en détournant enfin les yeux de la scène limite porno qui se déroule à une dizaine de mètres d'ici.
– Je n'avais jamais remarqué comme ce mot s'accordait à merveille avec ton apparence, dit une voix derrière moi.
Je me retourne : c'est Hedvig Virtanen, la blonde en septième année. Que vient-elle faire ici ? Je la préfère loin de moi, mais son air mauvais m'indique qu'elle ne va pas se laisser déloger si facilement. Je jette un regard en direction de Potter : c'est une Serpentard, lui aussi devrait vouloir l'éloigner… Mais il est trop occupé à fixer son frère d'un œil noir. Je vais devoir me taper tout le boulot.
– Tu dois être aussi dégoûtante que moi, si personne ne veut de toi à sa table.
– Crois-moi, tu préfèrerais ne jamais savoir le genre de saletés que j'ai commises.
Quand elle dit ça, j'ai la nette impression que les saletés, chez elles, ne correspondent pas à de bête taches d'encre. Je réprime un frisson, et je comprends soudain, en voyant un sourire cruel se dessiner sur ses lèvres, qu'elle est venue exactement pour cette raison. Elle sait que j'ai peur d'elle et elle s'en amuse.
Contre toute attente, elle s'assoit à notre table, à la place qu'occupait Lenny Perry.
– Quelqu'un est assis ici, dit sèchement Jude.
– Justement, « quelqu'un » est parti embrasser ton cavalier. Ce qui me laisse deux places. Mais une me suffira amplement.
– On ne veut pas de Serpentard avec nous, fait remarquer Potter d'une voix glaciale, se réveillant enfin de son silence obstiné. Jamais des Serpentards avec des Gryffondors.
– C'est drôle que tu dises ça, parce que justement, je connais quelqu'un de ton entourage…
ALERTE ROUGE ! Elle va lui parler de Malefoy et de Rose ! Sans réfléchir, j'attrape une de mes pommes et la lui lance à la figure avant qu'elle n'ait le temps de terminer sa phrase. Mais, au lieu de se la recevoir en pleine tête avec peu d'élégance, elle la rattrape et me la renvoie tout aussi vite. Je baisse la tête, et la pomme file au-dessus de moi. J'entends un bruit sourd : elle a touché quelqu'un. Je me retourne ; c'est encore Lola Darby qui a pris la pomme en pleine poire. Décidément, elle n'a pas de chance, ce soir.
– On dirait que je ne suis pas la bienvenue, fait-elle remarquer avec froideur.
Je sens la peur me gagner, mais je n'en laisse rien paraître et me contente de répondre :
– Tu es rapide à comprendre, toi. Ca fait cinq minutes qu'on te le répète.
Elle me lance un regard noir, et je me force à lui sourire.
– Bonne soirée ! Et, quand je dis « bonne soirée », au cas où tu ne l'aurais pas compris, ça veut dire « Dégage ».
Elle se lève avec grâce, et dit d'une voix dédaigneuse :
–James Potter te lance des regards furieux depuis le début de la soirée. Au cas où tu ne l'aurais pas compris, ça aussi, ça veut dire « dégage ».
Avant que je n'aie le temps de répliquer, elle se retourne et s'éloigne vers la table des Serpentards.
– Qu'est-ce qu'elle est venue faire ici ? demande Champrun, qui vient d'arriver de la table des Poufsouffles où elle était partie discuter avec ses amies.
Ca tient drôlement bien, dis donc ! Sa chevelure est toujours aussi parsemée de miettes et de boulettes de mie de pain.
– Elle avait besoin d'une pomme, je crois, dit Roxanne.
– Quand on aura besoin de l'avis des courges, je t'appellerai.
– Maintenant, ça suffit, dit Roxanne en se levant, rouge de fureur.
Elle dégaine sa baguette et siffle :
– Avis.
De petits oiseaux jaunes surgissent de nulle part et foncent droit vers la tête de Champrun pour lui picorer le pain sur son crâne.
– Aaaah ! Monstre ! Je vais te dénoncer ! Arthur, aide-moi au moins !
Mais Arthur ne bouge pas d'un pouce, il fait celui qui n'a rien vu. Quand à Roxanne, elle n'entend pas la menace : elle vient de franchir la porte de la Grande Salle. En courant, Champrun quitte la salle à son tour en agitant les bras au-dessus de sa tête, espérant chasser les oiseaux.
– Bon, euh… Je vais rejoindre mes amis, dit Charles Woles, visiblement gêné.
– Gin, allons chercher Roxanne avant qu'elle ne fasse quelque chose de vraiment stupide.
Je me rappelle soudain du jour où elle avait voulu sauter de la tour d'astronomie, pour quelque chose de tellement bête – une mauvaise note en Histoire de la Magie peut-être ? – que je ne m'en souviens même plus.
– Très bonne idée.
Un détail me revient en mémoire : mon cavalier.
– Euh, ça ne te gêne pas si je…
– Y a pas de problème, dit Albus en souriant. Bonne soirée, mon cœur.
Etrange. Il sourit, certes, mais ses yeux ne sourient pas du tout. Une ride soucieuse barre son front. Il est concentré, il réfléchit, et la lueur au fond de ses prunelles est étrangement froide. Sans doute à cause de Lucy.
– Bonne soirée, chéri.
J'attrape la main de Judith et la tire légèrement. Elle détourne la tête d'Arthur Wright, avec qui elle vient d'avoir une conversation silencieuse, semble-t-il.
Avec Arthur Wright ? Il se passe des choses vraiment bizarres, par ici. Et je ne parle pas de la mie de pain qui tient dans les cheveux d'Angèle Champrun.
