– Et comment on va la trouver, maintenant ?
– Elle doit être aux toilettes du septième étage.

– Les toilettes du septième étage… Celles avec les miroirs qui datent du XVe siècle ?

– C'est tout à fait son genre.

Au pas de course, nous grimpons les étages. Vu tout le sport que je fais, je n'ai pas trop de mal. Judith, quant à elle, est franchement essoufflée.

– Dis-moi, me demande Judith alors que nous grimpons les escaliers entre le quatrième et le cinquième étage, Albus était ton cavalier ce soir… Comment ça se fait ?
– J'ai trouvé des drogues très efficaces pour le convaincre…
– Sérieusement, Gin. Tu sors avec lui ou… ?

– Je sors avec lui depuis une semaine, mais je ne pouvais pas t'en parler, il… il préférait que ça reste secret.
– Mais je suis supposée être ton amie ! T'aurais pu me le dire !

Elle se tait, renfrognée.

– Et maintenant, tu vas m'expliquer pourquoi tu sors – enfin, tu sortais – avec Peterson, vu que clairement tu n'éprouvais rien pour lui ?
– Bah, il était beau. Et puis gentil.

– Ce n'est pas « gentil » que tu voulais dire mais « complètement crétin » je crois. D'habitude tes petits copains sont moins idiots que ça. Alors ? Motif ?

– C'était juste pour énerver Perry. Je voulais me venger.
– Te venger de quoi ?
– Secret défense. Ne me harcèle pas de questions.

Nous arrivons au septième étage et nous rendons aux toilettes. Il n'y a personne. Nous ressortons, dépitée. Où a-t-elle bien pu se cacher ?

– Je suis là ! s'exclame-t-elle en sortant de nulle part. Vous ne devinerez jamais ce que je viens de découvrir !

Je jette un coup d'œil derrière elle : nous nous trouvons devant la tapisserie de Barnabas le Follet.

– Que Barnabas était idiot de vouloir apprendre la danse aux trolls ? je tente.
– Non. Encore mieux. Regardez un peu.

Elle se met alors à faire des allers-retours devant la tapisserie.

– Tu te sens bien, Rox ? demande Jude, faisant mine d'être inquiète.
– En pleine forme. Regarde ça !

Je suis la direction qu'elle me montre. Une porte est apparue à la place de la tapisserie de Barnabas. D'où est-ce que ça sort ?

– C'est quoi ?
– Viens voir.

Je la suis. La pièce est remplie de canapés et fauteuils en tous genres. Je m'assois dans un sofa et regarde Roxanne.

– Bon, c'est quoi ? je répète.
– J'en sais rien. Je faisais les cents pas en me disant que j'aimerais bien une chaise pour réfléchir au calme, et cette porte est apparue…
– J'aimerais bien savoir ce que c'est que cette salle, marmonne Judith.

Aussitôt, un petit écriteau se matérialise à côté d'elle.

– « La Salle sur Demande », lit-elle. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, devant Barnabas passez trois fois, la Salle sur Demande toujours vous fournira. » Note à moi-même : ne jamais lui demander de fournir des poèmes en vers.

– Pratique, je commente. Tu crois qu'elle peut fabriquer des guitares ?

Je jette un œil derrière moi. Une magnifique guitare acoustique est posée sur une chaise.

– Cool !
– Rox, pourquoi as-tu fait ça à Champrun ? demande Jude. Tu vas te faire descendre par Londubat, et toutes les Poufsouffles de sa bande vont s'acharner contre toi…
– Je m'en fiche. Elle le méritait. (Silence). Pourquoi je ne peux pas être heureuse avec Chuck ?

Je roule des yeux mais garde le silence. Ce n'est pas le moment d'ironiser sur les penchants un peu trop mélodramatiques de Roxanne. Pendant ce temps, je fais quelques accords sur ma super guitare. Elle a un son d'enfer.

– Simplement parce qu'il est populaire, répond Judith. Fallait choisir quelqu'un d'autre.
– Robert Peterson par exemple ? rétorque Roxanne.
– Chut.

– Calmez-vous les filles, dis-je d'un ton inspiré. Ce soir, il y a quelqu'un d'encore plus malheureux que vous. Une fille qui n'a pas eu de cavalier, et que les autres ont ridiculisée sans qu'elle ne puisse rien y faire. J'aimerais dédicacer cette chanson à… Lola Darby. La fille qui s'est retrouvé avec de la sauce tomate à la place de son maquillage.

Roxanne et Judith sourient toutes les deux, et je commence à jouer Lola des Kinks. Quand Judith reconnaît l'air, elle explose franchement de rire avant de m'accompagner en chantant. Roxanne la regarde avec étonnement.

J'aime bien cette musique. Et l'histoire qu'elle raconte, même s'il elle n'est pas vraiment applicable à Lola Darby (dans la musique des Kinks, Lola est un travesti), est assez marrante, dans un sens.

OoOoO

Une heure plus tard, je pose la guitare contre ma chaise. On a discuté, ri, chanté, dit du mal de Peterson, Lenny Perry, Potter, Champrun et tous les autres. Ca fait du bien de déverser son venin sur les autres, y a pas à dire. Même quand les critiques sont injustifiées.

– Quelle heure est-il ?

Je tourne la tête, et ne suis même pas surprise de trouver une horloge murale, qui n'était pas là avant que Judith ne demande l'heure.

– Minuit. La soirée va bientôt se terminer.
– Ca aura vraiment valu le coup d'acheter cette robe, remarque Judith en souriant ironiquement.
– Vous pensez que je peux ramener la guitare avec moi ?
– Je ne crois pas que cette salle soit connue de beaucoup de monde. Je ne vois pas trop qui va remarquer la disparition d'une guitare qu'il n'aura jamais vue.
– Il me faudrait un étui.

D'ailleurs, il y en a un sur ce fauteuil. Il n'y était pas deux secondes plus tôt. Je range la guitare dedans.

– Je vais me lancer un sortilège de désillusion. Ou les gens que nous croiserons vont se demander ce que je fabrique avec une guitare sur le dos.
– Comme tu veux…

Je me jette le sort sur moi-même. Comme prévu, mon nez et mes pieds ne disparaissent pas tout à fait. Je me place donc derrière les filles.

– On y va ?

Nous passons la porte. Avant de descendre les escaliers pour rentrer dans notre dortoir, je jette un œil derrière moi : il n'y a plus que Barnabas et ses trolls en tutu. La porte a disparu.

Je suis mes amies, qui discutent entre elles en m'ignorant copieusement. Il faut dire que si elles se mettaient à me parler, alors que nous croisons autant d'élèves, ceux-ci se poseraient des questions, vu que je suis invisible – ou presque. Nous sommes quasiment arrivées devant le portrait de la Grosse Dame quand une voix narquoise retentit dans mon dos :

– Vous avez abandonné Enderson ?

Je me retourne, main sur le nez pour qu'il ne soit plus visible, et recule dans l'ombre pour dissimuler mes pieds. Comme il fallait s'y attendre, c'est Potter.

– En fait, c'est elle qui nous a lâchées, corrige Roxanne. Elle avait parlé de refaire la peinture de ta chambre, je crois… J'espère que tu aimes le rose fuschia.
– Pourquoi sort-elle avec mon frère ? interroge-t-il de but en blanc.
– Tu as déjà entendu parler du mot « sentiment » ?
– Cette vieille chouette n'en a pas, tu le sais bien.

La vieille chouette apprécie.

Judith hausse les sourcils, genre « voyez-vous-ça ».

– Où est-elle ? continue-t-il.
– Si je savais, soupire Roxanne. L'interrogatoire est terminé ?
– J'aurais aimé avoir une petite discussion avec elle.

Quel genre de discussion ? Ma curiosité est éveillée.

– Super, commente Judith en roulant les yeux.
– Tu ne sais vraiment pas où elle est ?
– Pas plus qu'il y a trente secondes.

Il les fixe un court moment, puis passe à travers le portrait. Roxanne attend quelques instants, puis le suit, suivie de Judith. Mais je reste dehors.

Je suis à peu près certaine de la raison pour laquelle il souhaite me parler : il veut me dire que je n'avais rien à faire avec son frère et qu'il me décapiterait, quelque chose dans le style. Ca risque d'être amusant. Ou ennuyeux. On parle de Potter, tout de même.

Je passe une jambe à travers le tableau, mais je suis brusquement tirée par le bras à l'extérieur. Je suis pratiquement invisible, pourtant. J'aurais dû ne pas être repérable… Je tourne la tête. Quelle n'est pas ma surprise de voir que mon agresseur n'est autre que…

– Albus ! je chuchote. Qu'est-ce qu'il te prend ?
– J'aimerais te parler, murmure-t-il. Suis-moi.

Intriguée, je m'engage à sa suite dans les couloirs du château. Finalement, il entre dans une salle. Je ferme la porte derrière moi.

– Comment m'as-tu vue ? Mon sortilège de désillusion n'est pas super mais j'ai fait gaffe à ne pas être vue, pourtant, non ?

– Il fonctionnait à merveille, dit-il d'une voix dure.

Je suppose que le fait que Lucy Ackerley le déteste lui reste en travers de la gorge.

– Je voudrais prolonger notre contrat, annonce-t-il sans préambule.
– Euh… Quoi ?
– Tu continues de sortir avec moi. De faire semblant, en tout cas.
– Si c'est pour faire revenir Lucy, laisse-moi te dire que tu es en train de faire une belle bêtise. Et de toute façon, je crois que je n'ai pas envie de continuer le jeu.
– Tu n'en as peut être pas envie, mais tu n'as pas vraiment le choix.
– Comment ça ?
– Je suis préfet, tu te souviens ? Eh bien, le premier soir de l'année, je suis resté debout pour attraper mon frère, qui était sorti après le couvre-feu pour déposer des Bombabouses dans les cachots des Serpentards. Et une fois que je les ai punis, je suis resté un peu plus longtemps dans la salle commune. J'ai bien fait.

Oh, non. Le soir où je suis allée aux archives.

– Tu avais utilisé un sortilège de Désillusion, ce soir-là. Et tu es rentrée beaucoup, beaucoup plus tard qu'eux. Je me suis demandé ce que tu faisais à une heure pareille dans le château. J'ai mené ma petite enquête, et je suis tombé sur ça.

Il me tend un livre. Oh, c'est pas vrai. C'est mon dictionnaire de latin. Celui où j'avais marqué des noms qui m'évoquaient un souvenir lointain…

– Tu es allée aux Archives, n'est-ce pas ? exulte-t-il, sans chercher à réprimer un sourire malsain. Je suis allé y faire un tour, dans le cadre d'un cours d'Histoire de la Magie, et j'ai trouvé quelques livres mal rangés. Dans lesquels j'ai repéré ces noms. Les archives sont strictement interdites d'accès aux élèves, et tu y es allée à une heure à laquelle le seul endroit où tu avais le droit d'être, c'était ton dortoir. Si je te dénonce, tu risques le renvoi définitif.

Ce sale môme me fait du chantage !

– Mais si je sors avec toi, poursuit-il, ce serait sacrément louche de dénoncer sa petite amie… Donc je me tairais.

Je suis furieuse. Contre lui et contre moi-même. Pourquoi n'ai-je pas attendu de rentrer dans le dortoir pour enlever le sortilège de désillusion ? Je n'ai pas le choix, maintenant. Ca m'énerve de me laisser me manipuler comme ça. Je prends une grande inspiration, et me force à dire :

– Je serais ravie d'être ta petite amie.
– Bien… Content de le savoir, « chérie ». Bonne nuit.

Il se dirige vers la porte, l'ouvre, jette un regard en arrière, m'adresse un sourire cruel, mais au moment de refermer la porte derrière lui, je me souviens de quelque chose.

– Albus.

Il tourne un visage légèrement surpris vers moi.

– Je ne marcherai pas dans ta combine.
– Alors je te dénoncerai, réplique-t-il du tac au tac.
– Et je dénoncerai Rose et Scorpius.
– Tu mettrais ta scolarité en péril ?

Euh… ok, changeons de tactique.

– Je te propose un marché. Je trouve un moyen de te faire sortir avec Lucy… et tu ne dis rien de ce qu'il s'est passé le soir de la rentrée. Ca marche ?

Pourvu qu'il dise oui, pitié, pitié, pitié…

Son air cruel change et son visage se radoucit à la mention de Lucy. Etrange comme l'amour peut vous changer. Faites que ça ne m'arrive jamais.

– D'accord, dit-il finalement. Ca me va. Bonne nuit.
– Bonne nuit.

Alors qu'il referme la porte derrière lui, je me demande comment je vais réconcilier Albus et Lucy. Parce que ça, c'est carrément mission impossible. Dans quoi me suis-je encore fourrée ?

OoOoO

Je finis par remonter dans mon dortoir, et je tombe sur mes deux amies en train de parler dans le vide.

– Ginger, tu vas répondre à la fin ?
– C'est vraiment pas drôle. Parle, bon sang !

Evidemment. Elles ont dû croire que je les avais bien sagement suivies, et vu qu'elles ne me voient pas, elles ont pensé que j'avais décidé de rester silencieuse, plutôt que j'avais été victime de chantage.

Je ne sais pas pourquoi, mais je pense qu'il vaudrait mieux qu'elles n'en sachent rien. Roxanne serait un peu perdue si elle savait que son gentil cousin était un crétin, peut-être même qu'elle refuserait de me croire. Et Judith… Je ne sais pas. Je crois qu'elle ne comprendrait pas. Mieux vaut faire comme si rien ne s'était passé.

– Bon, j'arrête, dis-je finalement.

J'annule le sort et apparaîs à leurs yeux.

– Désolée, j'ajoute en voyant leurs mines furieuses, mais j'adorais vous voir vous énerver comme ça sans savoir où diriger votre colère.

Je pose ma guitare par terre, à côté de ma valise, et me déshabille lentement, songeuse, en ignorant leurs insultes – et celles du réveil de Roxanne qui déteste être dérangé pendant qu'il veille. Dans quel pétrin je me suis fourrée ? Je vois mal comment je vais réconcilier les deux amoureux. Lucy avait l'air prête à le décapiter à la hache. Et Albus a un minimum de fierté – c'est le frère de Potter tout de même, il ne s'abaissera jamais à s'excuser ou s'écraser.

J'enfile mon pyjama. Je pourrais commencer par parler à Albus. Le calmer, lui expliquer le fonctionnement des filles. Ensuite, j'irais discuter avec Lucy, je me débrouillerais pour la rendre jalouse et la faire réagir. Après, je…

– Gin ?

Je sursaute, interrompue dans mes pensées. Je lève la tête et croise le regard curieux de Roxanne.

– Quoi ?
– Tu avais l'air hyper concentrée. Tu pensais à quoi ?
– A… A ma punition de demain, avec Potter. Vivement la fin de la semaine prochaine, j'en aurai enfin terminé avec lui !
– Pas sûr, maintenant que tu sors avec Albus.

Hein ? Comment peut-elle déjà être au courant ?

Oh, c'est vrai. Je lui ai dit que je sortais avec Albus au début de la soirée. J'ai bien anticipé, décidément.

– Ouais… ouais, c'est vrai. Tant pis. Pour lui.

Judith étouffe un énorme bâillement.

– J'suis crevée. Je vais me coucher. Bonne nuit !
– Bonne nuit, dit Roxanne en bâillant à son tour.
– Je ne suis pas fatiguée… Je pense que je vais lire un peu.
– Comme tu veux. Ne tarde pas trop… DS d'Arithmancie demain…
– Oui oui. Bonne nuit.

J'attrape le livre des Mythes et légendes scandinaves et part pour la salle commune, que je trouve vide. Je m'assois dans un fauteuil moelleux en face d'une cheminée, et ouvre le livre à la première page.

C'est une façon comme une autre d'oublier ses soucis, n'est-ce pas ?

Odin, pour les moldus, était le dieu principal de la mythologie nordique ; nous savons parfaitement quant à nous qu'il était sorcier. Voyageur, il était Zeus chez les Grecs, Jupiter chez les Romains, Toutatis chez les Gaulois. Il se maria plusieurs fois et eut de nombreux enfants dont il ne s'occupa guère. Si Odin était un mauvais père, il était tout au moins un excellent sorcier, aux pouvoirs et au savoir sans commune mesure.

Odin, qui ne considérait pas ses enfants comme méritant son enseignement, décida de créer une descendance digne de lui : ainsi naquirent les Valkyries [cf p. 247]. La création même des Valkyries était une preuve de sa puissance en magie : Odin avait réussi à donner une âme humaine à des animaux.

Les Valkyries n'étaient pas en proie aux sentiments amoureux, ce qui faisait d'elles de véritables guerrières. Celles-ci devaient permettre à Odin de se constituer sa propre armée : envoyées sur les champs de batailles magiques sous leur forme animale, elles devaient choisir les sorciers les plus talentueux afin de les recruter.

La légende dit qu'Odin ne les avait pas réellement créées pour se faire une armée, mais plutôt pour protéger son bien le plus cher : tant qu'elles étaient vivantes, personne ne pouvait l'utiliser, à part Odin. Celui qui serait capable d'obtenir l'objet d'Odin était digne d'être son descendant(1).

Odin eut huit enfants : …

Mais ! Je m'en tape du nombre d'enfants qu'il a eu. C'est quoi son « bien le plus cher » ? Je me reporte à la note "1" en bas de page : cf p.231. Je m'y rends de suite.

L'anneau de Nibelung

Oh non, pas ça ! C'est cet opéra pourri de Wagner qu'on a vu quand j'étais encore en pensionnat. Enfin, peut être serait-il temps de refaire mon jugement. Tout ce qui est écrit dans ce bouquin est différent de ce qu'on m'avait appris dans mon école moldue.

Odin fit fabriquer un anneau magique par le gobelin Alberich Nibelung : cet anneau transportait tous les pouvoirs et tout le savoir magiques d'Odin. Odin pensait que son seul descendant serait celui qui serait capable de le posséder, c'est-à-dire celui qui tuerait les sept Valkyries pour pouvoir l'utiliser dans le cas où l'anneau serait détruit, il prit une autre précaution pour sauvegarder ses pouvoirs : il prédit Rahgnarök [cf p.430]. Nibelung, comme il est de tradition chez les gobelins, voulu récupérer l'anneau qu'il avait fabriqué : il se heurta aux armes des Valkyries.

Nibelung abandonna et se maria quelques années plus tard. Il confia à sa femme l'histoire de l'anneau. Celle-ci, avide de pouvoir, tua son mari et partit à la recherche de l'anneau ; elle fut tuée par Brynhildr. Ainsi, le secret de l'anneau d'Odin fut emporté dans sa tombe. Il est cependant possible que leur descendance existe encore.

– Qu'est-ce que tu fabriques ici ? dit brusquement une voix dans mon dos, m'interrompant dans ma lecture.