Bonjour bonjour !
Je voulais juste vous dire un tout p'tit truc avant de vous laisser lire : MERCI pour toutes les reviews, MERCI pour toutes les lectures, MERCI pour tous les passages sur .com ! C'est juste que les chiffres sont impressionnants (je sais, je sais, ce ne sont que des chiffres... Mais quand même !), ce qui fait gonfler plus encore ma grosse tête de petite prétentieuse insupportable.
Bon. Place à la lecture !
Elle m'amène à un groupe d'une demi-douzaine de gens de mon âge, dont la moitié est bien éméchée, en train de rire ensemble.
– Coucou ! Je vous présente Lauren, c'est la cousine de Max.
Une fille de la bande se met à glousser. Je reconnais la caissière du magasin de sucreries de tout à l'heure, dans un costume de policière, complètement ivre. Mary me pousse au milieu des inconnus, puis prend la poudre d'escampette.
– Moi c'est Paul, fait un garçon pirate en me tendant la main que je m'empresse de serrer.
– Mina, dit la fille du magasin de bonbons en gloussant à nouveau, faisant un signe maladroit de la main.
– Violette, se présente une autre fille aux cheveux blonds, déguisée en ange, avec une robe blanche et une paire d'ailes dans le dos.
– Charlie, me salue un autre, habillé en Zorro.
– Wally, dit un autre garçon habillé comme Wally dans « Where's Wally ? ».
– Laeticia, achève une fille aux cheveux noirs et courts, portant la robe jaune de Blanche-Neige.
J'ai rien retenu. A part Wally. Lui, je ne vais pas avoir trop de mal à me souvenir de son nom.
La fille-ange me dévisage. Je lui lance un regard plein de curiosité. Qu'est-ce qu'elle me veut ?
– Sympa, ton costume, lâche-t-elle finalement avec un fort accent français.
– Euh… Merci, le tien aussi. Vous êtes tous dans la même école ? je demande à tout hasard pour éviter le regard insistant de l'ange.
– Non, me répond Zorro. Paul, Laeticia et moi, précise-t-il en me montrant le pirate et Blanche-Neige, on est dans la même école que Max et Mary. Violette est dans une école en France – désolé Violette, j'ai encore oublié le nom de ton lycée, ajoute-t-il en se tournant vers l'ange. Et Wally et Mina ont terminé le lycée, dit-il en me montrant la policière et Wally, collés l'un à l'autre.
Ils éclatent de rire quand ils entendent leur nom.
– Wally fait des études de droit, me confie Blanche-Neige. Et Mina travaille dans un magasin de friandises.
Je hoche la tête, en me préparant mentalement à la question qu'on ne va pas manquer de me poser. Effectivement, l'ange me demande avec son petit accent français :
– Et toi, tu fais quoi ? T'es encore au lycée ?
– Oui, je réponds. Je sais pas si tu connais, c'est un lycée vraiment loin d'ici et pas très célèbre. (J'inspire un grand coup). Poudlard.
L'ange lâche son verre de bière qui se répand sur Mina, et celle-ci hurle de rire.
Bon, elle, elle connaît le monde de la magie. C'est bien ce que je pensais, vu comme elle regardait mon « costume » il n'y a pas cinq minutes. Les autres quant à eux ont l'air de chercher ce nom dans leur mémoire.
– Connais pas, avoue au bout d'un moment le pirate en haussant les épaules.
– Et toi Ange… euh… Violette, c'est ça ? Tu es dans quel lycée en France ?
Elle a un petit sourire et me répond :
– Beauxbâtons. Tu connais ?
– Ca ne me dit rien, je mens en souriant à mon tour. Tu m'accompagnes, Violette ? Je vais me chercher à manger.
– Tu ne veux pas que je t'accompagne ? me demande le pirate en essayant de me lancer un regard ténébreux.
Désolé mec, ça ne prend pas avec moi.
– Non, dit Violette en le repoussant. Tu sautes sur tout ce qui bouge, on ne voudrait pas que la cousine de Max parte d'ici avec une mauvaise impression, n'est-ce pas Paul ?
Le pirate grimace puis se retourne vers ses amis. Violette et moi nous dirigeons vers un grand buffet. Miracle, de la pizza ! Ca fait une éternité que je n'ai pas mangé quelque chose de cuisiné. J'en prends une part énorme et commence à la manger.
– Tu es vraiment la cousine de Max ? me demande Violette.
– Euh… Non. Je passais devant.
Violette a l'air amusée.
– Tes parents savent que tu es ici ?
– J'ai plus de parents, je lâche avant de prendre une énorme bouchée de pizza.
L'ange a l'air désolée. Ah, je crois que je viens encore de casser l'ambiance.
– Toutes mes condoléances, me dit-elle précipitamment.
– T'en fais pas, je m'en souviens même plus. Je suis partie de Poudlard pour savoir si j'avais de la famille ici, en fait. Et toi, tes parents savent que tu es ici ?
– Oui. Je suis amie avec Mary depuis très longtemps, et j'ai déménagé en France il y a une dizaine d'années maintenant. Mon père m'envoie ici tous les ans à Noël pour passer les fêtes avec mes anciens amis. Comment tu t'appelles, au fait ?
– Ginger. Ginger Enderson.
– De quoi vous discutez ? s'écrie Zorro. De moi et de ma beauté légendaire sans doute ?
– De ta stupidité légendaire plutôt, répond Violette, amusée.
La musique s'arrête – enfin ! mes oreilles vont pouvoir se reposer – puis reprend ; cette fois-ci, c'est un slow. Zorro se racle la gorge et demande alors à Violette en faisant une courbette :
– Mademoiselle, m'accorderiez-vous cette danse ?
– Mais avec plaisir, très cher, répond-elle en rosissant.
Ils s'éloignent tous deux sur la piste de danse. Je les regarde danser un moment. Malgré son masque, on voit aisément que Zorro est ravi. En croisant mon regard, Violette m'adresse un grand sourire.
Je détourne le regard et tombe nez-à-nez avec le pirate de tout à l'heure.
– Bien, dit-il avec un petit sourire. Maintenant que Violette ne te protège plus, accepterais-tu de danser avec moi ?
– Pourquoi pas, je dis en haussant les épaules, n'ayant rien de mieux à faire.
Je pose mon assiette en carton vide sur le buffet, puis me laisse guider jusqu'à la piste de danse. Le pirate pose ses mains sur mes hanches, je pose les miennes sur sa nuque, puis nous commençons le slow.
Au bout de dix secondes, j'en ai déjà marre. Qu'est-ce qu'on s'ennuie ! C'est quoi déjà l'intérêt de danser ? La dernière fois que j'ai valsé, j'ai détruit une amitié, celle entre Lucy et Albus. Penser aux deux apprentis sorciers, au milieu de tous ces moldus, me fait sourire. Le pirate l'interprète à sa façon et me serre un peu plus contre lui. Ca ne me dérange pas trop, donc je le laisse faire. Plus loin, Blanche-Neige essaie tant bien que mal de séduire Wally. Ca ne doit pas être trop dur, vu comme il est bourré.
Je sens alors les mains du pirate avec qui je danse descendre… un peu trop bas. Je m'approche de son oreille et murmure :
– Enlève tout de suite tes mains d'ici ou je t'égorge.
Ses épaules se secouent de rire puis il remonte ses mains.
Pourquoi riait-il ? J'étais sérieuse.
La musique prend fin, mais aussitôt un autre slow commence. Heureusement, je suis libérée par quelqu'un qui me tapote dans le dos. Je me retourne : c'est Mary, la fille qui organise la soirée.
– Je peux te l'emprunter une seconde, Paul ? dit-elle à mon cavalier, avec un sourire un brin crispé.
– Y a pas de problème, répond-il en essayant de ne pas avoir l'air trop déçu.
Elle me prend par la main et me conduit jusqu'à l'entrée. Au passage, je croise le regard alarmé de Violette. Qu'est-ce qu'il se passe ?
Mary me fait face, bras croisé et regard énervé. Au bout de cinq secondes, elle lâche :
– Max m'a appelée.
Je cherche dans mes souvenirs. Max, c'est mon « cousin ». Oups. Ca sent mauvais pour moi.
– Ah, je dis d'un air dégagé en essayant d'oublier le nœud dans ma gorge. Et qu'est-ce qu'il a dit ?
– Il a dit, énonce-t-elle lentement, que Lauren ne pourrait pas venir non plus.
Merrrr.. credi.
– Mince alors, je réponds, ne sachant pas quoi dire d'autre.
– Qui es-tu ?
– Eh bien en fait…
– Elle s'appelle Ginger.
Je me retourne : c'est Violette.
– Coucou, Violette, la salue sèchement Mary. Tu sais qui c'est ?
– Oui oui, c'est une cousine à moi. J'avais vraiment très envie de la voir et je l'ai invitée ici, mais j'ai oublié de te prévenir, et je ne savais pas comment tu allais réagir, alors je ne t'en ai pas parlé… Désolée…
– Et pourquoi elle a dit qu'elle s'appelait Lauren ? demande Mary en se détendant un tout petit peu.
– J'ai jamais dit que j'étais la cousine de Max, j'interviens. C'est toi qui es arrivée en me saluant et en me prenant pour elle.
Elle décroise les bras, l'air moins énervée.
– C'est juste. Tu aurais pu m'en parler, quand même, Violette. En tout cas, Ginger peut rester.
– Non, c'est bon, ça ira. Je vais rentrer chez moi maintenant, mes parents vont s'inquiéter.
Et puis j'en ai marre de cette fête. J'ai mangé, je n'ai plus aucune raison de rester ici.
Violette me fixe, étonnée.
– Violette, c'était un plaisir de te revoir, dis-je en me tournant vers elle. J'espère qu'on se rencontrera à nouveau un de ces quatre.
– Tu es sûre que tu ne veux pas rester ?
– Non, je suis un peu fatiguée, je réponds simplement. Bonne soirée !
J'enfile mes deux pulls, prends mon sac et sors. Dehors, il fait nettement plus froid. Je marche à pas rapides dans la rue. Comme elle est un peu retirée des autres magasins, elle est entièrement vide. Je resserre mon écharpe autour de mon cou tout en claquant des dents.
– Ginger, attends !
Je me retourne : c'est Violette, toujours dans sa tenue d'ange, qui me court après.
– Rentre, tu vas attraper froid habillée comme ça, je lui réponds.
– Où vas-tu ? Tu m'as dit que tu n'avais plus de parents.
– C'est vrai, je n'en ai plus. Mais je me suis trouvé un appartement vide en attendant.
– Chauffé, au moins ?
Non.
– Oui ! je mens, pour qu'elle me lâche la grappe. Maintenant, je vais rentrer. Et toi, tu devrais faire de même.
– Il fait vraiment très froid, tu ne trouves pas ? me dit-elle en claquant des dents.
– Forcément, on est en décembre. Et puis, t'as vu ce que tu portes ? Va te rhabiller, on en rediscutera après.
– Il fait plus froid que d'habitude, insiste Violette en se rapprochant de moi et en regardant autour d'elle, l'air vaguement inquiet.
Je m'apprête à lui rétorquer que non, quand je réalise qu'elle a raison. Oui, il fait sacrément froid. Et j'ai l'impression que même si je rajoute deux ou trois pulls à ceux que je porte, je serai toujours aussi gelée. Il n'y a pas un bruit, pas même celui des voitures. Les lumières des lampadaires se sont éteintes.
Je réalise que je mentais en disant que j'allais quelque part. Je ne vais nulle part. L'appartement est vide, je vais me retrouver seule, dans le froid. Et même si je retourne à la fête, je serai toujours aussi seule. Personne ne me connaît là-bas. Personne ne me connaît tout court. Pas même Roxanne et Judith qui m'ont abandonnée à Poudlard.
Non ! Elles ne m'ont pas abandonnée, Roxanne et Judith ne feraient jamais ça. Elles sont juste parties rejoindre leurs familles. Famille. Moi, je n'en ai pas. Et un soir de Noël, je me retrouve seule…
– Qu'est-ce qu'il se passe à la fin ? murmure Violette, juste à côté de moi. Ce n'est pas normal…
Elle pousse un petit cri et sort sa baguette en la tendant droit devant elle. Elle a l'air terrorisée. Je suis son regard… et comprend enfin ce qu'il se passe.
Des Détraqueurs.
Ils sont censés être piégés sur une île au large de l'Ecosse. Pourquoi y en a-t-il à Londres ? Pourtant, à n'en pas douter, ce sont bien deux Détraqueurs qui se tiennent devant nous. Nous les avons étudiés en troisième année. On dirait qu'ils glissent sur le sol, et leurs mains horribles sont à peine recouvertes par l'immense cape qui cache leur visage…
Violette marmonne à toute vitesse en français. Que faut-il faire déjà pour repousser un Détraqueur ? Le prof de DCFM de l'époque nous l'a dit : penser à un souvenir très heureux. Mais penser à quoi que ce soit d'heureux me semble tout simplement impossible. Et puis, je n'ai jamais essayé de lancer ce sort…
– Spero Patronum! s'écrie Violette à côté de moi.
Une vague fumée blanche en forme de lapin apparaît au bout de sa baguette, puis se dissipe.
– Spero Patronum ! Spero Patronum ! Spero… Patronum !
En vain.
Un souvenir heureux, vite ! Les Détraqueurs se rapprochent de plus en plus. Je recule tout en réfléchissant à toute allure. Violette, elle ne bouge pas, clouée sur place. Un Détraqueur s'arrête près d'elle… J'essaie quelques sorts, en vain. Un autre se trouve juste en face de moi et pose ses mains immondes sur mes épaules. J'ai l'impression de prendre une douche glacée…
Et puis brusquement, mon souffle me manque. Je vois ma vie défiler, en noir et blanc, je ne vois que mes terreurs et mes tristesses, je ne vois que mon désespoir. Toutes ces années, j'ai été tellement, tellement malheureuse…
– SPERO PATRONUM !
Un lapin sort de sa baguette, et je sens aussitôt qu'un poids a disparu de mon cœur ; elle a réussi. Je m'effondre par terre, soulagée. Celle-ci ne jette pas un regard à son lapin et cours vers moi, tandis que les Détraqueurs glissent sur le sol puis disparaissent au loin.
– Ça va ? s'écrie-t-elle en se mettant à genoux près de moi.
– Ouais… Ca pourrait aller mieux, je balbutie, patraque.
– Tiens, mange un peu, dit-elle en me tendant un caramel récupéré à la fête. Des Détraqueurs… Je croyais qu'ils étaient reclus quelque part sur une île écossaise.
– Moi aussi. Je ne comprends pas. Tu veux que je te raccompagne à la fête ?
– C'est bon, je sais marcher comme une grande, dit-elle. Toi par contre, tu devrais venir avec moi. On ne sait jamais, ils pourraient revenir.
– Je sais me défendre, merci ! je réplique, même si ce qu'il vient de se passer me contredit. De toute façon, ça m'étonnerait qu'ils reviennent.
– Pourquoi ça ?
– Ce ne sont pas des idiots. Maintenant qu'ils ont vu qu'on pouvait se défendre, ils ne vont pas revenir. Sauf si on a affaire à une bande de Détraqueurs masochistes.
– Dis-moi, tu es majeure ? me demande-t-elle brusquement.
Je regarde ma montre : minuit passé. Nous sommes le 24 décembre.
– Oui, depuis cinq petites minutes.
– Bon anniversaire, alors. C'est juste que comme tu étais mineure, et que tu as lancé pas mal de sorts, le Ministère pourra te retrouver, maintenant. C'est assez embêtant pour toi, si j'ai bien compris ?
– Oui… Oui, plutôt. Je ferais mieux de ne pas m'attarder par ici. Bon, eh bien… Au revoir.
– Oui, au revoir. Et je te souhaite de retrouver ta famille.
– Moi aussi, je le souhaite.
Elle m'adresse un petit sourire triste, puis s'éloigne vers la maison de Mary où la fête bat son plein. Je me retourne à mon tour et repars en direction de l'appartement de Mrs. Andres.
Et moi qui pensais que j'allais passer une soirée banale.
OoOoO
Apparemment, il y a une fête ici aussi, au premier étage de l'immeuble. Un ivrogne de vingt-cinq ans me voit poireauter devant la porte et m'ouvre en éclatant de rire. Je le remercie froidement, puis monte silencieusement les escaliers jusqu'au quatrième étage, avant d'ouvrir la porte sans un bruit. Il ne vaudrait mieux pas prévenir Mrs. Granger de ma présence. Même si je doute qu'elle entende mes pas avec le vacarme en bas.
A cause de ma sieste de tout à l'heure et des événements de la fête de… Comment s'appelait-elle déjà, Mary ? En tout cas, je ne suis pas vraiment fatiguée. Je m'installe devant la cheminée et mon regard se perd dans le vide. Que faire maintenant ? J'ai beau me creuser la tête, je ne vois pas. Peut-être pourrais-je interroger la personne qui a vendu l'appartement à Mrs. Andres ? Mais comment la retrouver ?
Je me rends compte que mon regard est fixé depuis un moment sur un morceau de bois calciné dans l'âtre de la cheminée. Une seconde. Ce n'est pas un morceau de bois. C'est trop… rond pour être du bois. Je m'approche et attrape l'objet. Petit et circulaire, recouvert de suie. On dirait une bague. Je frotte pour enlever la fine pellicule noire.
C'est un anneau en argent, qui m'a l'air tout simple. Mais en l'approchant de mon œil, j'aperçois des disparités à sa surface. Ce sont en fait les lettres d'un alphabet que je ne connais pas. De toute façon, la pièce est plongée dans le noir. Même un Lumosne me permettrait pas de bien voir.
Je remarque autre chose : dans le trou de l'anneau, au lieu de voir la cheminée éteinte, je vois un grand feu ronfler dans l'âtre. Cet objet est de toute évidence magique. A-t-il appartenu à un parent ? A Mrs. Andres ? La bague devant l'œil droit, comme un monocle, l'autre œil fermé, je regarde la pièce autour de moi. Je manque de faire tomber l'anneau de surprise : la pièce est en feu ! Mais quand je l'ôte de ma vue, le studio de Mrs. Andres est toujours aussi froid et plongé dans la pénombre. Entre les flammes, je remarque que la pièce incendiée est éclairée et entièrement meublée. Un lit confortable en train de flamber, un grand tapis rouge calciné, un berceau – vide – entouré par les flammes, une table au milieu de la pièce pour l'instant épargnée, avec une seule chaise devant ; l'habitant de cette maison n'était donc pas un habitué des visites. Devant la cheminée, un fauteuil marron à l'aspect confortable, entouré de feu. N'y tenant plus, je m'approche et laisse ma main traverser les flammes. Je ne sens qu'une légère chaleur se faufiler entre mes doigts glacés. En abaissant encore un peu le bras, je finis par toucher le cuir sous mes doigts. Mais quand je laisse tomber l'anneau, il n'y a plus rien ; j'ai à nouveau froid, et c'est comme si le fauteuil et l'incendie n'avaient jamais existés ; autour de moi, plus un seul meuble. Je ramasse la bague et l'enfile sur mon annulaire.
A nouveau, la pièce s'éclaire, et tout autour de moi les objets réapparaissent. Le feu se remet à ronfler dans toute la petite pièce, je peux à nouveau sentir le cuir du fauteuil sous mes doigts. Drôle d'anneau. A la lumière d'une lampe, j'essaie à nouveau de lire ce qui est écrit dessus ; c'est bel et bien un alphabet que je ne connais pas.
« Comment ça, tu ne connais pas cet alphabet ? »
Mon sang se glace ; je me retourne, baguette au poing. Aucun bruit, à part le crépitement du feu. Cette voix métallique me rappelle quelqu'un, mais je n'arrive pas à savoir qui. Pourtant il n'y a personne derrière le canapé.
« Personne, tu en es sûre ? », dit la voix, amusée.
Je me retourne à nouveau. Rien. Je me lève et tourne autour de moi-même : la pièce est vide.
« Arrête de tourner, tu vas perdre l'équilibre. »
– Qui est là ? je m'écrie, paniquée.
Ma voix ressemble à un glapissement. Mon cœur bat plus vite que d'habitude.
« Personne n'est là à part toi, Ginger. Personne. »
– Montrez-vous si vous n'êtes pas lâche ! je crie, ne me souciant plus de réveiller ou non Mrs. Granger.
« Comme tu veux. »
Je fais volte-face. Cette fois-ci, il y a quelqu'un.
