Hello guys ! Grâce à vous cette fiction a dépassé les 300 reviews et les 12000 lectures. Ça fait plaisir de voir que les gens aiment ce que j'écris ! Surtout ne vous arrêtez pas, vous êtes supers :)


La rentrée.

Tout le monde est là, prêt à reprendre les cours. Enfin, peut-être pas tous prêts. Et peut-être même personne. Dans la Grande Salle, ce matin, on dirait que les élèves ont passé la nuit à faire la fête vu les tronches qu'ils tirent. Moi, habituée que je suis à me lever tôt (quelle bonne blague), je sirote tranquillement mon café habituel en regardant mes deux amies. Elles ont les yeux cernés et ont l'air de revenir d'un enterrement. Je souris, et dans un geste malheureux de la part d'une personne qui n'est pas tout à fait en forme, je me renverse du café sur ma chemise.

« Pas douée. »

– Miss T-shirt mouillée ! s'écrie Freddy Kreeps, mort de rire, quelques tables plus loin.

Il se calme bien vite quand il intercepte le regard choqué de la prof d'Arithmancie. Quant à moi, je me dépêche de me lancer un discret Evanesco avant que quiconque ait eu le temps de tourner la tête vers moi.

– On commence par quoi, déjà ? demande mollement Roxanne en finissant de tartiner un napperon avec de la confiture.

– De l'Arithmancie, répond Judith en regardant Roxanne commencer à mordiller sa serviette, sans état d'âme.

– Roxanne, tu manges une serviette, je lui signale.

Prise de pitié, je lui tends mon propre toast. J'entends un ricanement à deux places de moi.

– Alors Enderson, on fait la charité ? Et moi qui croyais que tu étais sans-cœur.

« Ça dépend de ce qu'il veut dire par « sans-cœur » ».

– Détrompe-toi, mon p'tit Jimmy, il m'arrive d'être sympa avec les gens qui ont un minimum de cervelle dans le crâne, je réplique.

– L'intelligence c'est quoi pour toi ? Avoir de meilleures notes que les autres ?

– Simplement ne pas avoir un QI d'huître. Ce qui est manifestement ton cas, et j'en suis désolée.

– On parie que l'huître se débrouillera mieux que toi à l'évaluation de Défenses Contre les Forces du Mal avancées tout à l'heure ?

Mince ! J'avais complètement oublié ce contrôle stupide sur nos capacités que Pendleton nous a donné ! Mais je ne peux pas me laisser marcher dessus comme ça.

– Pari tenu.

Il me lance un sourire de vainqueur, puis se retourne vers Arthur Wright qui me fixait depuis un moment. Ou peut-être fixait-il Judith, assise juste à côté de moi.

Je suis dans la mouise. Potter a dû se faire entraîner par le chef des Aurors en personne, j'ai nommé son père le grand Harry Potter, et moi je n'ai rien fichu pendant les vacances pour me préparer.

« Tu t'es échappée d'une école aux défenses non négligeables, tu as fait face à un Détraqueur, tu as riposté face audit Harry Potter et tu as réussi à t'en échapper… » énumère Gondul. « Que veux-tu de plus ? »

Euh… Ton aide ?

« Hors de question. Je ne me mêlerai pas de tes petites affaires avec ce garçon arrogant. Je ne vois même pas pourquoi tu prends la peine de lui répondre. »

Alors tu veux vraiment que je perde mon pari contre lui ? Que je me rétame face à un type comme James Potter ?

« Je te fais confiance pour l'écraser dans l'humiliation. Un misérable petit sorcier face à une majestueuse Valkyrie, il n'y a aucune raison de parier sur le vainqueur puisqu'on sait déjà de qui il s'agit ».

Euh… ouais… Pour 'majestueuse', on repassera.

– Hé, Ginger, fait une voix douce derrière moi.

Je me retourne et fais face à Albus. Ses yeux verts trahissent son état d'âme : il a quelque chose à me dire.

– Coucou Al', je réponds en me levant et en lui prenant la main.

Il me sourit et m'entraîne juste à la sortie de la Grande Salle, derrière une statue de Godric Gryffondor.

– Pourquoi tu t'es échappée comme ça de la maison ? me demande-t-il finalement.

Je le regarde droit dans les yeux, et j'ai l'impression d'apercevoir une lueur que je n'avais jamais remarquée dans son regard. Une lueur qui avant n'était réservée qu'à Lucy Ackerley. Ça ne va pas, ça ne va pas du tout. Je dois passer à la phase 2 de mon plan au plus tôt.

– J'ai vécu des choses… difficiles. Et après tout ça, je ne pouvais pas supporter d'être tenue en captivité.

– Dis-moi, insiste-t-il. Que s'est-il passé ?

– Je ne peux pas te le dire, je soupire.

Il me lance un regard étonné.

– Ce que j'ai vu ne regarde que moi. Moi, et moi seule. Je n'en ai même pas parlé à Judith et à Roxanne. Et je ne compte pas le faire.

« Tant mieux. »

Tu ne pourrais pas t'en aller pendant ces moments… intimes ?

« Ce n'est même pas ton compagnon, et de toute façon tu ne l'aimes pas. D'ailleurs, tu n'aimeras jamais personne, alors… »

Tu radotes, ma vieille. Et franchement, « compagnon » ? Au XXIe siècle, on dit « petit-ami ».

Gondul claque sa langue contre son palais, énervée.

– Bon, bah... marmonne Albus, interrompant ma conversation mentale avec l'Horcruxe. On se voit plus tard.

– Ouais. A plus.

Je le regarde s'éloigner, puis retourne à ma place pour prendre mon sac de cours et rejoindre les cachots.

OoOoO

Arithmancie ! Cette bonne vieille Vector nous dispose de façon à ce qu'il n'y ait qu'un élève par table. Oh non. Je pressens le pire…

– Contrôle surprise aujourd'hui !

– Mais m'dame ! s'exclame Selwyn, un Serdaigle, indigné. C'est la rentrée !

– Justement, vous avez eu toutes vos vacances pour vous reposer et pour réviser ! lui répond le professeur Vector, joviale.

Les profs pensent qu'en vacances, nous passons notre temps à dormir et à travailler. C'est faux ! Nous passons notre temps à dormir et à …glander.

– Vous allez devoir réétablir, de mémoire, un théorème que nous avons étudié en début d'année… Le théorème et sa démonstration de Kalmera !

Je laisse ma tête tomber sur la table. Evidemment, c'est la démonstration la plus longue, la plus compliquée, demandant le plus de connaissances, et la moins facile à retenir.

– Silence ! Vous commencez maintenant. Comme vous ne vous en souvenez peut-être plus, vous avez une demi-heure. Ensuite, nous ferons du cours. Allez ! finit-elle en tapant dans ses mains, l'air ravi.

Sadique.

Je ne me souviens quasiment plus de ce théorème. Ca faisait appel à des algorithmes… Et peut-être aussi à des équations magiférentielles… Mais je n'en suis même pas sûre. Oh, là, là… Comment je vais faire ? Bon. Du calme. Faisons déjà un truc utile : sortir mes affaires.

Une fois tous mes stylos et plumes alignés par ordre de taille sur ma table, je commence à me dire qu'il faudrait que je me mette à l'écriture dudit théorème.

Quels sont les autres théorèmes dont j'ai besoin ? Oh, je vais encore me taper une sale note…

« Tu veux l'énoncé du théorème ? 'Un carré est magiflou si et seulement si ses côtés ne peuvent être mesurés que par une baguette.' Tu utilises d'abord les logarithmes, puis une inéquation et une équation magiférentielle, et enfin tu introduis le théorème de Potobo. ».

Je suis abasourdie. Comment sait-elle tout ça ?

« Je te signale que j'étais vivante à l'époque où ce théorème a été rédigé pour la première fois. Allez, presse-toi. Tu ne peux pas te permettre de perdre davantage de temps. »

Tu… m'aides vraiment ?

« Eh bien oui ! Je ne vais pas te laisser comme une misérable ! »

Toujours aussi ébahie, je commence à rédiger l'énoncé du théorème. Ok. Et après ?

« Tu n'as vraiment aucun souvenir ? Bon… Commence par mettre en rapport les angles intérieurs du carré et les logarithmes. »

Petit à petit, tout me revient. Bon, je dois dire que le fait d'avoir une personne derrière moi pour me souffler toutes les réponses n'y est pas pour rien. Sans elle, je n'aurais pas écrit une ligne, c'était certain !

Je suis ses conseils. Ma démonstration prend forme, et, au bout de vingt minutes, je pose la pointe de ma plume sur le parchemin pour faire un beau point final. Hourrah !

Merci, Gondul.

« Je t'en prie. Je ne rends service qu'à moi-même, après tout. »

Tu ne veux pas te rendre service à toi-même pour mon évaluation de DCFM avancées tout à l'heure ?

« Je t'ai dit que non. Ce problème est celui de Ginger, pas de Gondul, alors débrouille-toi toute seule. »

Je lève la tête. Les autres galèrent. Tant pis pour eux. Ils n'avaient qu'à avoir un Horcruxe sous la main. Roxanne est bien pâle et écrit à toute allure elle a l'air de s'en sortir plutôt bien vu le nombre de lignes qu'elle a écrit, elle doit en être à la fin de la démonstration. En revanche, Judith n'a écrit que trois lignes et regarde sa copie d'un air désespéré, la tête dans les mains.

– Et le temps est… écoulé ! s'écrie Vector.

Les élèves commencent mollement à former une procession arrivant au bureau pour déposer leur parchemin sur la table du professeur. Je pose le mien, contente d'avoir bien réussi, et retourne à ma place pour ranger mes affaires en vitesse. Je m'installe alors près de Judith : elle s'inquiète souvent de ses notes, et elle a besoin de quelqu'un pour la consoler.

– Ça va, toi ? me demande-t-elle, le regard triste.

– Euh… J'ai fait n'importe quoi, je mens. Je sais pas ce que ça donnera.

« Ca donnera un Optimal. »

Oh, toi, la ferme. C'est pas vraiment le moment.

Judith soupire.

– J'ai totalement raté… Je vais encore me payer une mauvaise note…

– T'en fais pas, c'est juste UNE note. On t'aidera pour les prochains devoirs. Et je suis sûre que toute la classe a foiré. C'était vraiment dégueulasse de nous mettre un contrôle pour notre premier cours de l'année !

– Grave. Je déteste cette prof.

Et, pour appuyer ses dires, elle lance un regard noir à Vector. Maintenant, elle est beaucoup moins déprimée. Je souris, satisfaite.

– Aujourd'hui, nous allons étudier l'arithmancien Young ! annonce Vector sans préambule. Ouvrez vos livres page 54.

Gondul marmonne quelque chose de peu élogieux sur « ce crétin de Young » et flotte hors de la salle.

Je ne peux pas lui en vouloir de m'avoir abandonnée pendant cette demi-heure. On ne dirait pas comme ça, mais une demi-heure, ça peut être vraimentmortel. Dans le mauvais sens du terme, malheureusement. Puis suivent, à la vitesse de l'éclair, les cours de Métamorphoses et de Botanique – après tout, Smith et Londubat sont mes professeurs préférés… Puis l'Histoire de la Magie. Comme je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit, j'en profite pour rattraper du sommeil.

Après le déjeuner, avec Judith et Roxanne, nous nous levons de table et faisons un tour dans le château, discutant sans faire attention à l'itinéraire que nous empruntons. C'est une habitude que nous avons prise en deuxième année, alors que nous pensions finalement possible de s'y retrouver dans les dédales de couloirs du château. De cette façon, nous avons découvert pas mal de salles cachées et autres passages secrets.

Bon, d'accord, on a trouvé trois passages secrets. Dont un cul-de-sac. Mais on espère toujours en trouver d'autres…

Bref, nous nous baladons donc dans une partie du château que nous connaissons par cœur, et Roxanne et moi laissons Judith gérer la conversation :

– Et j'hésitais à sortir avec lui, parce que bon, quand même, on ne se connaissait que depuis deux jours, et on ne se reverrait plus après les vacances, du coup ce serait assez vain comme relation, vous comprenez ?

Nous hochons la tête. Un Norvégien rencontré sur place pendant les vacances lui avait fait des avances. Roxanne était très attentive, mais je dois avouer que je l'étais moins. Je pensais plutôt à toutes ces histoires de Valkyries. Dire que j'en faisais partie et qu'au lieu de me battre vaillamment dans la neige et de faire des massacres plein de sangs, je discutais d'histoires de cœur dans les couloirs d'un collège. Y a pas à dire : je gagnais au change. J'étais bien plus tranquille ici !

– Finalement, il était mignon et avait l'air gentil, et puis il me faisait un peu pitié…

– T'es méchante, le pauvre, je l'interromps en éclatant de rire.

– Bref ! s'exclame Judith. Finalement j'ai accepté de sortir avec lui, mais au bout de deux jours j'en pouvais plus. Il était collant… et lourd, mais à un point, vous n'imaginez pas !

– C'est passionnant, commente platement une voix froide derrière nous.

Nous faisons volte-face. Oh, non, pas elle…

– T'as passé de bonnes vacances, Virtanen ? je lance négligemment en essayant de ne pas avoir l'air nerveuse.

– C'était génial, Rouquine, surtout parce que j'étais loin de toi, rétorque-t-elle, déclenchant les ricanements de ses camarades Serpentards.

« C'est qui celle-là ? »

Tiens, une revenante !

« Pas de sarcasme, s'il-te-plaît », réplique Gondul en marchant devant moi et en se plaçant devant Hedvig et ses fades amis de Serpentard qui l'accompagnent.

Sans que je comprenne pourquoi, mes pensées me guident vers la soirée où je suis passée aux Cuisines. J'y avais rencontré les jumelles Jones…

Je sens brusquement que ma magie est utilisée. Oh, elle ne va pas recommencer, je lui avais interdit de se servir de moi ! Furieuse qu'elle me désobéisse, je fais un exercice que je n'avais pas fait depuis longtemps : retenir mon âme avec moi. Cependant, me rappelant à quoi cela m'avait conduit la dernière fois, je n'y mets pas toute mon énergie.

« Cette fille est une legilimens, je te signale », me prévient Gondul. « Tu as réagi comme je l'espérais. Reste ainsi, et elle ne pourra pas lire en toi. Elle était sur le point de se rendre compte que tu savais qu'elle était Tove et qu'elle avait un casier judiciaire dans son pays. »

Ah, euh… Bah merci.

« Mais je t'en prie. Sache-le, c'est comme ça que l'on fait l'occlumancie. En tout cas c'est une méthode pratique pour les gens possédant un Horcruxe. »

En face, Hedvig fronce les sourcils.

Hin-hin. Bien fait pour ta face, veracrasse.

– Un problème ? je demande d'une voix doucereuse. Vous êtes perdus ?

Ils prennent tous un air hautain, et me lancent un regard noir avant de reprendre leur marche et de nous dépasser. J'ai juste le temps, seule, d'entendre le souffle glacé de Hedvig Virtanen me murmurer :

– Moi, non. Toi, peut-être.

« C'est cela, oui », rétorque Gondul en la regardant s'en aller. « Elle adore jouer aux actrices, cette fillette. »

Cause toujours. Moi, je me méfie d'elle. Un frisson me parcourt les épaules, et pas à cause du froid.

« Tu n'as aucune raison d'avoir peur, voyons. Un peu de sérieux ! »

Mouais, si tu le dis… En attendant, je continuerai de rester sur mes gardes.

– Je l'aime pas, cette fille, dit Judith d'une voix blanche en jetant un coup d'œil inquiet derrière elle.

– Et moi donc !

– J'adore le tour de cette conversation, mais en fait, là, c'est bientôt l'heure, signale Roxanne. On a Sortilèges. Faudrait y aller.

Nous acquiesçons et toutes trois descendons de quelques étages, remontons deux volées d'escaliers et enchaînons d'immenses couloirs. Nous arrivons finalement devant notre salle de cours, juste au moment où tout le monde entre.

OoOoO

Une heure plus tard, le cours de Sortilèges prend fin et je suis la dernière à sortir de la salle. Même Flitwick n'arrivait pas à me débarrasser de la forme de pelle à tarte que mes pieds avaient pris ! Il a cependant finit par trouver une solution et j'ai dû courir pour me rendre à temps à mon cours de Défenses contre les Forces du Mal.

Je m'assois seule, juste derrière Roxanne et Judith. La salle se remplit vite, mais il ne reste plus qu'une place vacante, et c'est celle à côté de moi. Pourtant, cette salle de classe devrait être pleine : c'est donc qu'il manque encore un élève.

La porte s'ouvre et tout le monde tourne la tête vers le retardataire.

C'était quoi, le pourcentage de chance pour qu'il s'agisse de Potter et pour que la place libre soit exactement celle à côté de moi ?

Hum, en fait, je réalise que ça doit être assez élevé. Compte tenu du fait que seules Judith et Roxanne acceptent de s'asseoir à côté de moi en cours (et encore, pas tous), et que Potter adore embêter les petits Serpentards pendant les intercours, ce qui le met souvent en retard.

– Désolé, marmonne-t-il au professeur Pendleton qui le fixe d'un air menaçant.

Il file s'asseoir à côté de moi, sans remarquer l'identité de sa voisine, sort rapidement ses affaires, et tourne la tête vers moi. Il écarquille ses yeux, puis les ferme douloureusement et se prend la tête entre les mains.

Pauvre martyr. Je vis la même chose.

Je repense à son visage très près du mien, à ses yeux bleu-marron hypnotisants qui me dévoraient du regard, quand nous étions chez lui. Je réprime vite ce souvenir et essaie de l'enterrer à côté de celui où nous avions fait ensemble une retenue sympathique à récurer des bassines remplies de vomi de Scroutt.

« Vous êtes ridicules, tous les deux », me dit Gondul, assise sur le bureau du professeur qui fixe deux élèves en train de parler. « A prétendre que vous vous détestez. »

Mais on se déteste ! Je ne peux pas supporter cet abruti ! Et lui non plus. Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? Il a dû fumer un truc le jour où il a tenté de me réveiller en m'embrassant, c'est tout. Croire aux contes de fées… N'importe quoi.

Gondul hausse les épaules, indifférente à mon irritation.

Les deux derniers élèves qui discutaient se taisent quand ils remarquent le silence régnant dans la classe. Ils se tournent vers le professeur Pendleton, et quand ils croisent son regard indescriptible fixé sur eux, ils semblent rapetisser à vue d'œil. Pendleton attend encore quelques instants, puis il se redresse et commence à marcher sur l'estrade sur laquelle se trouve son bureau.

– J'espère que vous avez bien appris vos leçons, commence-t-il.

Ma théorie : la moitié des profs de Poudlard ont conspiré pour nous mettre des contrôles dans la première journée de cours de l'année juste pour nous pourrir la vie et nous déprimer. Bon, je vous l'accorde, ils n'ont été que deux à nous faire subir ça. Mais quand même !

A côté de moi, Potter a enfin retrouvé le sourire. Je connais quelqu'un qui a bien travaillé ses cours de DCFM pendant les vacances. Cool ! Je vais pouvoir copier.

« N'y pense même pas. »

Quoi ? Mais attends mais là, j'ai une bonne note servie sur un plateau d'argent.

« Et moi qui pensais que les Gryffondors étaient loyaux et honnêtes. Peut-être as-tu du sang Serpentard dans les veines, finalement. »

Avant que je n'aie le temps de m'offusquer, Pendleton reprend la parole :

– Ecoutez-moi bien, je ne vais pas répéter deux fois. Je vais vous donner un contrôle maintenant, et je vais me placer dans la pièce à côté. Je vous appellerai à tour de rôle et vous devrez affronter la créature que j'enverrai sur vous.

Gulp.

– Quand vous l'aurez combattue… ou pas, vous vous assiérez au fond de l'autre pièce et continuerez votre contrôle, termine-t-il en faisant voler une copie de contrôle devant chaque élève.

– Mais comment allez-vous faire pour nous surveiller dans les deux salles en même temps ? demande Barbara Hobbers en retournant sa copie.

Pendleton lui lance un regard glacial, puis dégaine sa baguette et l'agite négligemment. Aussitôt, son corps se dédouble – et la classe se retrouve face à DEUX professeurs Pendleton.

Ohmondieu. C'est pire que dans mes pires cauchemars.

« Enfantin », soupire Gondul en regardant les deux profs d'un air blasé. « C'est juste de l'esbroufe. »

Mais comment il a fait ça ?

« Il ne fait que vous impressionner. Et le plus triste, c'est que ça marche », ajoute-t-elle en jetant un regard circulaire très méprisant à la classe ébahie et limite terrorisée. « Sortilège du Miroir. C'est une illusion d'optique, il n'y a qu'une seule personne en face de vous. »

L'un des professeurs sonde les élèves du regard tandis que l'autre se déplace vers la porte et dit :

– Je vous appellerai les uns après les autres. Wright, vous commencez.

Wright se lève en tremblant et disparaît dans la salle attenante. Bon, alors, ma chère Gondul, comment tu m'expliques que les deux professeurs sont capables de faire des gestes différents ? Ce n'est pas un simple sortilège du Miroir.

Elle lève les yeux au ciel. « J'aurai beaucoup à t'apprendre, décidément. En effet, ce n'est pas un simple sortilège du Miroir, ce sont plusieurs simples sortilèges du miroirs, qui, combinés, permettent de faire se mouvoir l'illusion – ou de la garder immobile – comme on le souhaite. Rien de compliqué. »

Euh… ouais. Bien sûr. Rien de compliqué.

Je retourne ma copie de contrôle. Je réponds rapidement aux cinq premières questions – pas très difficiles – mais bloque à la définition du loup-garou. Je suis certaine qu'il manque un élément pour que ma réponse soit complète. Mince. Qu'est-ce que c'est ?

« Pleine lune », murmure Gondul.

Tiens, tiens. On m'aide à tricher ?

« Non, je m'aide à tricher. Allez, copie. Question suivante, la réponse est 'sang de crapaud et bave de serpent. »

Euh, c'est pas l'inverse ? Bave de crapaud et sang de serpent ?

« Non, non. Les sorciers ont tendance à confondre. Fais-moi confiance et marque ce que je t'ai dit. »

Bon, bon, pas la peine de s'énerver…

J'écris donc sous sa dictée pendant une bonne heure et demi. Et arrêtez de faire cette tête, ce n'est pas de la triche ! Je m'aide moi-même, c'est tout. Décidément, avoir un Horcruxe apporte pas mal d'avantages. Pendant ce temps, un par un, le prof appelle les élèves dans l'ordre inverse de l'ordre alphabétique.

– Enderson, à vous, retentit la voix de Pendleton depuis l'autre salle.

Je me lève, attrape ma plume, mon encrier et ma copie et passe dans la pièce à côté, baguette en main. Barbara Hobbers, qui vient de passer, rejoint une place, tremblante de peur et le front couvert de sueur. Ouh-là. Qu'est-ce qu'il se trouve de l'autre côté ?

– J'attends beaucoup de vous, en tant qu'élève des cours supplémentaires que vous suivez, Miss Enderson, dit le professeur d'une voix froide en guise d'accueil.

Il pose une main sur la poignée d'un placard placé derrière lui et me dévisage. Je n'aime pas beaucoup ça…

– La créature est à l'intérieur. Vous devez la renvoyer dans le placard. Allez-y.

Il ouvre la porte, et une forte lumière sort du placard. Je prends quelques secondes pour habituer ma vue, puis ouvre les yeux.

Juste à mes pieds, étendu sur une couche de neige, se trouve un corps ensanglanté de femme. Ses cheveux sont rabattus sur son visage, mais je la reconnais immédiatement : il s'agit de Kara, comme dans mon rêve. Je ressens une fois de plus comme un coup de poignard dans le cœur. Gondul fait un pas en arrière, horrifiée, pâle comme la mort, sans dire un mot.

J'arrive à voir cela avec une certaine distance, parce que techniquement, moi, Ginger Enderson, je n'ai jamais rencontré la valkyrie-cygne. Je comprends donc très vite ce qu'il se passe et réagis :

Riddikulus !

Le corps est soulevé dans les airs et commence un ballet gracieux, qui se termine dans le placard que je ferme d'un coup de baguette magique. Je tourne la tête vers Pendleton, qui me regarde d'un air ébahi. Il change cependant bien vite son expression et je me demande si j'ai imaginé cet air surpris sur son visage.

– Qu'est-ce que… Qui était-ce ? me demande-t-il d'un air désintéressé.

Compte sur moi pour te le dire, mon vieux.

– Une victime d'un film d'horreur moldu, je réponds en haussant les épaules, le visage impassible.

Il tique au mot « film » mais ne pose pas de question. Je présume qu'il ne sait même pas de quoi il s'agit.

Je m'installe à une table dans la pièce et surprends les regards étonnés de quelques autres élèves qui ont levé la tête pendant que je combattais l'épouvantard. Je me mets à suçoter le bout de ma plume, incarnation de la réflexion, sans lâcher du regard l'Horcruxe qui reste debout, complètement raide, le regard fixé sur le placard.

Gondul… Ça va ?

« Ça va », murmure-t-elle. « Je ne m'y ferai jamais ».

Je termine rapidement les dernières questions du test, sans son aide – de toute façon, elles étaient très faciles – et attends la fin du cours, qui annonce le début du suivant avec le même professeur : le cours avancé de DCFM.

Et donc mon défi contre Potter.

Zut.