Les jours qui ont suivi, il m'a été impossible de contacter Gondul de quelque manière que ce soit. Elle était trop occupée à jouer au chat et à la souris avec les Aurors. Du coup, le bazar est devenu de plus en plus important dans ma tête en même temps que les questions se sont multipliées. Est-ce que c'était de cette histoire de fin du monde dont elle parlait, à chaque fois qu'elle cherchait à me prévenir d'un danger ? Est-ce de ça qu'elle voulait que James me parle ? Et si c'est le cas, quelle est la part de vrai, quelle est la part de faux ? Que me reste-t-il à apprendre ? Pourquoi ne me l'a-t-elle pas dit elle-même ? Pourquoi faut-il que je sache tout ça ? Quelqu'un essaie-t-il de provoquer Ragnarök ? Et pourquoi j'appelle Potter par son prénom dans ma tête ?
Bon, c'est loin d'être le pire, mais ça reste un problème : impossible de penser à Potter sans l'appeler James. Je me force à reprendre les bonnes vieilles habitudes, mais depuis le soir dans la salle commune, quand j'essaie d'imaginer une bonne farce à lui jouer, mes idées se perdent dans la pensée de toucher ses cheveux. C'est affreux. Horrible. En plus je souris comme une idiote à chaque fois que j'y pense. Là, par exemple. Il faut que j'arrête.
Impossible, non plus, de supprimer de ma tête ce court moment où Jam… Potter était à quelques millimètres de moi. Malgré moi, je me repasse la scène encore et encore dans mon esprit, sauf que j'essaie de visualiser ce qui se serait passé si je ne m'étais pas barrée en courant…
… ce qui me fait inévitablement, et à mon plus grand malheur, davantage sourire comme une idiote.
– T'as la pêche aujourd'hui, Ginger, me fait mollement remarquer Roxanne en touillant d'un air peu inspiré sa purée.
– Hein ?
– Ça fait au moins deux jours, renchérit Judith. Tu n'arrêtes pas de sourire. Je suis contente que tu sois heureuse, Ginger, mais pourquoi tant de bonne humeur ?
– Euh… le retour du beau temps ?
Judith me lance un regard blasé et pointe le plafond du doigt. Le ciel est noir et il pleut des cordes.
– Peut-être que la bonne question à se poser, c'est pourquoi vous vous n'êtes pas de bonne humeur, je tente.
Roxanne plisse les yeux.
– Parce que… on n'a aucune raison de l'être ?
– Et alors, c'est pas interdit de sourire !
Je conclus cette remarque hautement spirituelle par un sourire éblouissant et je me remets à manger ma purée. Je manque de m'étouffer quand je vois Amy siffloter en me regardant, puis en regardant Potter.
Comment fait-elle pour tout deviner ?
– Ça va, Ginger ? me demande Judith alors que je me rue sur un verre d'eau.
– Ça va, j'ai avalé la purée de travers, je mens en reprenant mon souffle.
Je lance un regard noir à Amy. Celle-ci me fait un grand sourire.
– Pourquoi tu souris, Amy ? demande Judith.
– C'est pas interdit de sourire, non ? répète-t-elle en imitant mon intonation, ce qui fait éclater de rire les filles.
-X-X-
Il se passait clairement quelque chose entre Ginger et James, ce qui me ravissait. Depuis le début, j'avais perçu une tension entre eux. Et maintenant, cette tension commençait à se muer en quelque chose de positif…
Enfin… « Positif »… Je ne savais pas si Ginger et James sortant ensemble serait quelque chose de positif pour l'humanité, ni même pour eux deux…
Là n'était pas la question. Il FALLAIT qu'il se passe quelque chose, c'était une fatalité. Je n'avais pas l'intention de faire quoi que ce soit pour les pousser dans les bras l'un de l'autre ils étaient assez grands pour le faire tout seuls. Quoi qu'il en soit, j'avais hâte de voir les résultats des changements de leurs relations.
Par contre, il y en avait deux qui avaient vraiment besoin d'un coup de main pour être rapprochés : c'étaient Judith et Arthur. Et c'était aujourd'hui même que tout se déciderait.
Après un déjeuner rapide, naturellement, nous nous retrouvâmes tous à la bibliothèque. James, Arthur, Thomas étaient assis d'un côté de la table, Ginger, Judith et Roxanne de l'autre, et Freddy et moi étions chacun à un bout de table. Nous travaillions tous sur des devoirs à rendre dans la semaine, quand, soudain, de façon candide, je lançai :
– Il y a des couples dans notre année ?
– Hem… pardon ? dit James, qui voyait parfaitement ce que je voulais dire.
– Tu sais, des gens qui sortent ensemble… Enfin, si c'est tabou de parler de ça en Angleterre, désolée…
– Pas du tout, dit Roxanne en s'incrustant dans la conversation (et elle n'était pas au courant du plan. Tout roulait parfaitement bien jusque-là.) Hé bien, il y a pas mal de couples dans notre promo, en fait. Tu demandes ça pour savoir quels garçons sont célibataires, c'est ça ?
– Non non, c'est juste par curiosité.
– Judith, tu es toujours la première à tout savoir sur les couples, intervint Ginger en reposant sa plume. Alors, qui sort avec qui ?
Elle rougit légèrement et répondit :
– Je travaille, là. On peut en reparler tout à l'heure ?
– Oooooh, fit toute la tablée, ce qui nous attira un « CHUT ! » de la bibliothécaire.
– Allez, te fais pas prier ! chuchota Freddy. On ne dira rien.
Tout le monde lui lança un regard blasé. Freddy était une sacrée commère et chacun autour de cette table le savait parfaitement.
– Bon, d'accord, souffla-t-elle. Déjà, la majorité des joueurs de Quidditch sont libres. Sauf Philip Downs, il sort avec Lenny Perry. Les Serpentards, à vrai dire, je ne m'en préoccupe pas trop – j'ai eu des problèmes en première année à fureter chez eux à cause des jumelles.
Je ne voyais pas le rapport avec les « jumelles » mais tout le monde avait l'air de comprendre de quoi elle parlait, donc pour ne pas passer pour une idiote, je ne dis rien.
– Chez les Poufsouffle, il n'y a pas beaucoup de couples, je crois qu'elles sont plus intéressées par l'amitié que par autre chose. Pour les garçons de Poufsouffle, aucun ne sort avec une fille. Sans doute l'aura de Gilbert Hoover sur eux… Il y a deux ou trois filles de Serdaigles qui sortent avec des garçons en septième année, et il me semble que Selwyn sort souvent avec des filles plus jeunes. Et… voilà.
– Tu as zappé les Gryffondors, je crois, dis-je.
– Je ne crois pas, répliqua-t-elle en recommençant à se pencher vers sa copie. Tous les Gryffondors de notre promo sont autour de cette table, et personne ne sort avec qui que ce soit parmi nous. Sauf si vous me cachez quelque chose.
– Je croyais que James avait toujours une petite-amie ? intervins-je.
– Ça fait un moment qu'il n'en a plus. La dernière, c'était toi.
Je rougis à ce souvenir.
– Et toi ?
Freddy et Arthur, qui s'étaient repenchés vers leurs devoirs en voyant que la conversation se tarissait, redressent immédiatement la tête. Freddy, parce qu'il veut toujours être le premier à savoir un potin. Quant à Arthur…
– Je suis célibataire en ce moment.
– C'est quand la dernière fois que tu es sortie avec quelqu'un ? Enfin je veux dire… c'était avec qui ?
Il fallait que je fasse attention. Si je continuais à me comporter de façon aussi peu discrète, elle finirait par comprendre.
– C'était avec Bob Wagtail, un septième année. J'ai cassé un peu après le retour de Beauxbâtons.
– Pourquoi ? Il s'est passé quelque chose à Beauxbâtons ? demanda Freddy à ma place.
Judith lui lança un regard noir. Arthur regardait Judith. La tension était palpable. Qu'allait répondre Judith ? Allait-elle seulement répondre ? James, Ginger et moi étions sur des charbons ardents.
Le moment était arrivé.
Sans prévenir, James saisit un flacon d'encre et le balança au visage de Ginger. Celle-ci cria et se jeta en travers de la table, toutes griffes dehors, renversant des livres et des plumes par terre. Roxanne cria, Thomas tomba en arrière et sa chaise heurta les étagères derrière lui, renversant une demi-douzaine d'ouvrages. Certains se déchirèrent, et cette fois-ci, c'est la bibliothécaire qui hurla.
– QU'EST-CE QU'IL SE PASSE ICI ? rugit-elle.
Tandis que Roxanne et Freddy couraient à toutes jambes dehors, de peur de s'attirer les foudres de la sorcière, James entraîna Thomas vers la sortie et Ginger me faisait un discret signe de la main, me demandant de bien appliquer la suite du plan. Trois secondes plus tard, il ne restait plus que Judith et Arthur, toujours assis face à face, et moi, pratiquement nez-à-nez avec une bibliothécaire furieuse.
– Euh… j'ai eu un geste malheureux… dis-je d'une voix aigüe.
– Rangez tout ça immédiatement ! Et vous repayerez les livres que vous avez abîmés. Et après ça, je ne veux plus vous voir ici pendant au moins un mois !
Je hochai frénétiquement la tête et attendis qu'elle s'en aille. Cependant, même après s'être rassise derrière son bureau, elle continua de me fixer d'un air furieux.
J'entrepris de tout ramasser. Judith et Arthur me donnèrent un coup de main. Quand tout fut terminé, je récupérai les affaires des autres et m'apprêtai à sortir.
– Je pars avec toi, dit Judith.
– Non, non. Reste avec – reste ici. Profite de la dernière demi-heure de boulot à la bibliothèque.
Elle se rassit lentement sur sa chaise. Je redressai la pile de livres dans mes bras et lançai, de façon à ce qu'Arthur m'entende très distinctement :
– Au fait, pour Bob Wagtail. Tu m'expliqueras pourquoi vous avez rompu ?
Et je filai avant qu'elle n'ait eu le temps de me répondre.
A présent, la bombe était lâchée. Ils seraient obligés de reparler de ce qu'il s'était passé à Beauxbâtons. Ils ne pouvaient plus ignorer leur attirance l'un pour l'autre plus longtemps.
Je ne pus m'empêcher de me fendre d'un sourire machiavélique. Je ne me savais pas aussi manipulatrice !
-X-X-
James et moi nous trouvons dans la salle juste devant la bibliothèque. Freddy, Roxanne et Thomas ont filé ailleurs moins il y aura de gens au courant de notre plan pour réunir Judith et Arthur Wright, mieux ce sera. Il n'y a plus qu'à attendre Amy, qui est a priori en train de subir les foudres de la bibliothécaire pour nous.
Le voilà, le plan génial. Lancer un sujet de discussion qui ne peut leur faire réaliser qu'une seule chose – c'est qu'ils s'aiment l'un l'autre – et les laisser seuls dans un lieu où ils ne peuvent pas se hurler dessus – le temple du silence par excellence, j'ai nommé la tanière de la bibliothécaire.
Par contre, je ne vois pas pourquoi Amy a lancé « Je croyais que James avait toujours une petite-amie ». Ça, ça ne faisait pas partie du plan. Je ne pense pas qu'elle ait des vues sur lui – pas juste après Armand Béryl. Et puis elle ne me ferait pas ça, vu qu'elle sait que… enfin… pour mon attirance, quoi. Amy est sympa. Je la considère comme une amie. Elle ne me ferait pas ça.
Alors la seule autre raison de l'avoir fait remarquer, c'est pour la même raison que celle d'avoir fait remarquer que Judith ne sortait avec personne depuis longtemps.
…
Non. Je refuse. Je ne veux pas croire que Potter ait pu arrêter de sortir avec des filles parce qu'il aurait des vues sur moi. Ridicule. Il n'a pas eu le temps d'en trouver une nouvelle, c'est tout. Ces derniers jours ont été chargés. S'occuper d'une petite amie ? Il n'a pas que ça à faire ! Et c'est justement la raison pour laquelle je ne veux jamais sortir avec James Potter. Ses petites amies, il s'en fiche comme d'une guigne. Et je ne veux pas qu'il se fiche de moi.
James fronce les sourcils en fixant le mur. Il semble réfléchir.
– Elle a raison, marmonne-t-il.
– La petite voix dans ta tête ? Ça s'appelle la conscience. Dommage que tu ne l'écoutes pas souvent.
– Je parle d'Amy. Ça fait longtemps que je ne suis pas sorti avec une fille.
– Deux semaines, un record, grinçai-je en me demandant où il voulait en venir.
– Il faut que je m'en trouve une autre.
Mon cœur coule à pic.
– Et… pourquoi est-ce tellement nécessaire ? dis-je, d'une voix étonnamment ferme.
– Pour garder mon statut de garçon ultra-populaire, tiens !
– Potter, ce statut n'existe que dans ta tête.
– Tu sais très bien que non. Bon, tu m'aideras, alors ?
– Euh… hein ?
– A me trouver une nouvelle copine. Tu me donneras un coup de main ? ... Enderson, ça va ?
Alors là. Mais alors là. C'est le truc le plus débile que j'aie jamais entendu. Je n'ai absolument pas d'expérience là-dedans, comment je l'aiderais ? Et il a bien réussi à pêcher des filles sans moi avant, non ?
Mais ce qui me tue, c'est que ce soit à moi qu'il me demande ça. D'accord, il ne sait pas que je suis (un peu) attirée par lui. Mais est-ce qu'on demande ce genre de choses aux filles ?
… Ou alors il ne me considère tout simplement pas comme une fille. Il veut me traiter comme si j'étais un de ses potes ou je ne sais quoi.
Je ferme les yeux un instant pour refouler les larmes de tristesse et de colère qui menacent de s'échapper, et je prends une lente inspiration.
– Tu te fiches de moi, c'est ça ?
– Non, pas du tout, répond-il naturellement, étonné.
Pendant un instant, j'attends qu'il parle, ou qu'il réalise sa gaffe. Mais rien ne vient. Il attend une réponse. Je réfléchis à la façon dont je vais lui expliquer que je le déteste, qu'il vient de me retirer cinq ans de vie en me bousillant le cœur, qu'il est monstrueux. Au dernier moment, je change d'avis.
– Non, je ne vais pas t'aider, je soupire simplement.
Et sans verser une larme. On applaudit !
Heureusement, Amy entre à ce moment précis dans la petite pièce. Elle rabat la porte derrière elle en la laissant entrouverte et me regarde en souriant.
– Quoi ? je m'écrie.
Si c'est encore pour faire des sous-entendus entre James Potter et moi… Ce n'est vraiment pas le moment.
– Tu n'as pas enlevé l'encre de ton visage, explique-t-elle, surprise par mon agressivité. Ça te donne l'air un peu étrange, c'est tout.
– Ah.
Elle me lance un regard qui me laisse comprendre que j'ai intérêt à tout lui raconter plus tard. J'acquiesce silencieusement et elle fait disparaître l'encre de mon visage d'un coup de baguette.
– Ça a marché, pour Judith et Arthur ? demande James.
– Je pense que oui, dit Amy en souriant. Il n'y a plus qu'à attendre. Quelle heure est-il ?
– Trente-cinq, dis-je en regardant l'horloge murale délabrée de la pièce. Tant mieux, on n'aura pas trop longtemps à attendre.
Je m'assois sur le rebord d'une fenêtre, replie mes jambes, pose ma tête sur mes genoux et regarde le parc de Poudlard. Il faut que je reprenne contenance. Je ne vais pas commencer à déprimer à cause de James Potter, tout de même !
… il faut croire que si.
– Ça va, Ginger ? T'as l'air toute triste ! s'exclame celui-ci.
Je lui lance un regard lui laissant entendre que s'il fait encore une remarque de ce style, sa tête va rencontrer mon poing très prochainement.
– Au fait, Ginger, s'écrie Amy, dans le but évident de changer de sujet, j'ai vu que tu avais une guitare, l'autre jour…
– Tu as une guitare ? Depuis quand ? demande James.
Je ne daigne pas lui répondre.
– Tu sais jouer de la guitare ? dis-je en m'adressant à Amy.
– Non. Mais j'adorerais apprendre… Si tu pouvais me donner un coup de main, ce serait génial. Même si je me doute que ça doit être difficile avec une seule guitare…
– Ça me ferait très plaisir, je la coupe en souriant. Et je pense que je connais un moyen pour se procurer une deuxième guitare.
Avant qu'elle n'ait pu répondre, nous sommes interrompus par un grand fracas dans le couloir. Nous nous précipitons sur l'entrebâillure de la porte.
Devant la porte en face – à savoir la porte de la bibliothèque – se tiennent Judith, Arthur et la bibliothécaire. Cette dernière hurle sur les deux autres qui n'y font pas attention, trop occupés qu'ils sont déjà à se hurler l'un sur l'autre.
Oups. Je crois que le plan d'Amy n'a pas marché.
Au bout d'un moment, la bibliothécaire abandonne et retourne dans son antre en claquant la porte derrière elle. On peut alors enfin entendre clairement la dispute de nos deux amoureux.
– Je te déteste, tu m'entends ? crie Judith, le visage rouge de fureur.
C'est ce qu'on appelle un plan désastreux.
– Malheureusement je t'entends trop ! rétorque Arthur tout aussi fort. Tu vas arrêter de hurler, oui ?
–Tu hurles toi aussi, je te signale !
– Mais quels gamins… soupire Potter.
– Et dire que j'ai cru qu'avec toi – que tu – qu'on – raah ! s'énerve Wright. T'étais qu'une saleté ! J'aurais du m'en douter, que tu ne sortais qu'avec les plus populaires de Poudlard, que ce n'était que pour ton image ! Finalement, t'es encore plus superficielle que le groupe de filles de Poufsouffles !
Judith plisse les yeux. Je l'ai rarement vue aussi en colère.
– Ne-me-compare-pas-à-elles, siffle-t-elle entre ses dents.
– Je vais me gêner, tiens ! s'exclame Arthur, ravi d'avoir trouvé un point faible. Elles sont aussi sans-cœur que toi ! Elles ne pensent qu'à leurs fringues, et à leur apparence, et vénèrent littéralement l'argent. Ne nie pas, tu étais comme ça à Venise, je t'ai vue !
Judith va se métamorphoser en lionne en furie d'un instant à l'autre. Wright ne mesure pas le danger qu'il court !
– Tu ne sais absolument pas qui je suis, Wright ! Ne te permets pas de me juger comme ça ! Ou alors je serais tentée d'affirmer que tu es l'abruti arrogant que tu as l'air d'être, là, maintenant !
Wright éclate d'un rire sarcastique.
– Et c'est toi qui me dis ça ! C'est le monde à l'envers !
– Ecoute-moi bien, espèce d'imbécile, dit-elle, d'une voix basse et menaçante. A partir de maintenant tu vas me foutre la paix. Ne plus jamais me parler. Me laisser tranquille. Pour de bon.
– Avec plaisir ! s'écrie Wright.
– Et pourquoi tu ne le fais que maintenant ? Alors que ça fait des mois que je te le demande ?
Elle n'attend même pas la réponse, fait volte-face et disparaît à l'angle du couloir. Ses pas résonnent encore un moment sur les dalles, puis s'évanouissent dans la tranquillité de l'après-midi.
– Pouffiasse, souffle Arthur Wright, en regardant d'un air haineux l'endroit où se trouvait encore Judith quelques instants auparavant.
Et lui aussi s'en va en prenant le chemin opposé à celui de la blonde.
Le silence règne un moment de notre côté de la porte, puis James dit à voix basse :
– Amy, je ne veux pas te vexer, mais je crois que tu n'es pas plus douée que nous pour former les couples.
Amy soupire.
