Le soir, nous sommes exténuées de notre journée de cours, et en particulier de notre heure éprouvante Défenses Contre les Forces du Mal. Les cheveux courts et blancs d'Amy sont très décoiffés et elle est à deux doigts de pleurer de rage. J'adore cette fille, elle est extraordinaire, vraiment… mais elle est super nulle en DCFM, il faut le dire. Pendleton s'est acharné sur elle, comme il a l'habitude de le faire avec les élèves qui ne tiennent pas le rythme. Mais elle n'a pas l'habitude d'être autant rabaissée. Depuis que nous sommes sorties de cours, elle le traite de tous les noms et lance des menaces inquiétantes dans le vide.

– …et ensuite je lui écrabouillerai le cerveau avec mes talons et je jetterai le reste aux chiens !

Rappelez-moi de ne pas me disputer avec Amy.

Judith et Roxanne ont fait un détour par le parc. Jude avait d'une part besoin de quelqu'un à qui parler, ou plutôt de quelqu'un pour la consoler, et d'autre part Amy n'aurait pas aimé rester seule. Comme je suis la plus à l'aise avec elle, je suis revenue au dortoir avec Amy.

Quand nous arrivons dans notre chambre, Amy reprend son souffle. Avant qu'elle ne reprenne sa diatribe, je lance :

– Tu veux commencer les leçons de guitare ce soir ?

– Je ne sais pas, répond-elle. Je suis un peu énervée, là.

– J'avais remarqué, je réplique avec sarcasme. Justement, ça pourrait te calmer. Alors ?

– Pourquoi pas, dit-elle en haussant les épaules. Tout à l'heure, tu as dit que tu pourrais trouver une autre guitare. Où est-ce qu'on trouve ce genre de choses à Poudlard ?

– Comme je le dis toujours, on trouve toujours tout à Poudlard si on sait où chercher.

– Ah oui, tu dis toujours ça, toi ?

– J'ai dit ça il y a une semaine quand j'ai réussi à dégoter une girafe pour le plan contre Armand.

Amy sourit au souvenir de l'utilisation de ladite girafe.

– Suis-moi.

Nous déposons nos affaires de cours sur nos lits et sortons de la tour Gryffondor. Après quelques minutes de marche, nous arrivons finalement devant la tapisserie de Barnabas le Follet apprenant la danse classique aux Trolls.

– Tu vas faire un vœu et les Trolls vont l'exaucer ? me demande-t-elle.

– Quelle imagination, je dis en éclatant de rire, avant de commencer à faire les cent pas devant la tapisserie.

Je-veux-une-guitare-je-veux-une-guitare-je-veux-une-guitare-je-veux-une-guitare…

– Une porte ! s'exclame Amy quand j'ai terminé mon troisième aller-retour.

Je l'ouvre en grand et l'invite à entrer.

– Ooooh… fait-elle.

J'entre à sa suite et ai pratiquement la même réaction. Il y a des guitares partout. Littéralement. De toutes les formes, de toutes les couleurs, sur tous les murs, par terre, dans des étuis ou non…

Nous nous promenons parmi les guitares. Amy me demande :

– Je peux prendre n'importe laquelle ?

– Sans problème. Ces guitares n'appartiennent à personne.

– A ton avis, laquelle est la mieux ?

– Je n'en sais rien. Je n'ai pas d'expérience là-dedans. Au pensionnat avant Poudlard, on m'en prêtait une. J'ai eu la mienne cette année et dans cette pièce.

– Oh, regarde celle-là, elle est toute petite ! C'est trop mignon !

– Ça s'appelle un ukulélé, Amy. C'est pas une guitare.

– Je la veux, s'écrie-t-elle avec les yeux brillants.

– . Les cordes à vide ne correspondent pas aux mêmes notes sur une guitare, je lui réponds en la tirant par la main. Donc je ne sais pas en jouer, et je ne peux pas t'apprendre. Prends cette guitare, par exemple…

– …elle est grande…

– C'est la taille classique d'une guitare. Arrête de bouder, Amy. Tu pourras toujours apprendre à jouer du ukulélé plus tard…

Amy prend la guitare que je lui ai désignée et fait vibrer une ou deux cordes. Elle retrouve le sourire.

– Bon… Ça peut toujours faire l'affaire.

Sur le chemin du retour, Amy me bombarde de questions sur la Salle sur Demande.

– Et donc, c'est là que tu as trouvé la girafe ? Et c'est là que James a trouvé le flamant rose ?

– Bien sûr que non, répondis-je. Il n'y a pas d'animaux dans la Salle sur Demande.

– Mais… Où les avez-vous trouvés, alors ?

Je hausse les épaules d'un air mystérieux. Intérieurement, je suis satisfaite : elle semble déjà avoir oublié sa colère de tout à l'heure. Cette salle fait des miracles !

OoOoO

Deux heures plus tard, je mets fin à la première leçon de guitare. J'ai appris à Amy les accords de « Light », une vieille chanson des Bizarr'Sisters qu'elle ne connaissait pas. Je me sens parfaitement bien, contrairement à tout à l'heure où j'avais le moral miné par les propos de James.

Il veut une nouvelle petite amie. Qu'est-ce que j'en ai à faire ? Il sort avec qui il veut, ça ne me regarde pas. Et de toute façon, je sais qu'il se fiche de ses petites amies, alors qu'il sorte avec une fille ou pas ne devrait pas vraiment avoir d'importance.

Et pourtant ça en a, de l'importance. Parce que James, s'il a beau être un goujat, reste fidèle. Tant qu'il sort avec une fille, il ne pense à aucune autre. C'est-à-dire pas à moi.

Faites comme si vous n'aviez pas lu la dernière phrase.

– Qu'est-ce que t'avait dit James, tout à l'heure ? me demande justement Amy en jouant distraitement l'un des accords qu'elle a appris – Dziing.

– Pas grand-chose.

– Menteuse.

– Il me demandait de l'aide pour se trouver une petite-amie.

– Tu veux dire qu'il t'a demandé de sortir avec lui ?

J'aurais bien aimé.

Oubliez cette phrase aussi.

– Non. Il m'a demandé de l'aider à charmer une autre fille.

– C'est donc pour ça que tu avais l'air tellement déprimée…

– Hein ? Non, non, pas du tout, je pensais à … à la DCFM, je tente sans grande volonté.

– C'est ça, bien sûr… dit-elle en roulant des yeux.

Elle fait à nouveau glisser sa main droite le long du manche, avec les doigts de sa main gauche toujours pressés sur les cordes. Dziing. L'accord résonne dans la chambre.

– James a manqué de tact, sur ce coup-là, ajoute-t-elle.

– Il n'en a jamais eu, de tact. Mais de toute façon je m'en fiche, dis-je précipitamment.

– Hum, hum, fait Amy, en jouant à nouveau l'accord sur sa guitare. Dziing. Mais tu es sûre qu'il ne faisait pas allusion à toi ? Ce n'était pas un moyen détourné pour te demander de sortir avec lui ?

Dziing.

– Potter ne connaît pas les expressions « faire allusion » et « moyen détourné ». Il ne comprend pas non plus le concept de double-sens.

Dziing.

– Et arrête avec cet accord, je commence à en avoir marre.

– Mais, euh ! C'est toi qui me l'as appris ! geint-elle en refaisant un Dziing.

– Oui mais pas pour que tu le fasses cinq cent fois en l'espace de cinq minutes !

La porte s'ouvre sur Judith, l'air un peu moins déprimée que tout à l'heure, et Roxanne. Celle-ci, d'un regard, me fait comprendre qu'elle m'expliquera plus tard ce que Jude lui a dit. Pas devant Amy. Tout comme Roxanne, Judith l'aime bien, mais elle ne se sent probablement pas de lui expliquer la complexité de ses relations avec Arthur Wright.

Alors que nous rangeons nos affaires avant de partir dîner, Judith lance :

– Je ne descends pas, je n'ai pas faim. Ginger, tu restes avec moi ? Je sais que tu as de quoi manger dans ta valise.

Elle veut me parler. Pourquoi ?

– Si tu veux… Bon app', Roxanne, Amy.

– Bon app' répondent-elles en chœur, intriguées, avant de partir.

– Tu donnais une leçon de guitare à Amy ? me demande Judith en voyant l'instrument sur son lit.

Je hoche simplement la tête. Il y a un blanc, pendant lequel je sors des tablettes de chez Honeydukes de ma valise. Je lui en propose une.

– Non merci. Je n'ai vraiment pas faim.

– Tu voulais me dire quelque chose, n'est-ce pas ?

– Tout juste.

Il y a une nouvelle pause. Je mastique tranquillement mon chocolat en attendant.

– On s'est un peu disputés avec Arthur, tout à l'heure.

Je tique au « un peu » mais ne relève pas.

– Roxanne, toi et moi, on s'est toujours tout dit à propos de nos histoires de cœur, alors je voulais te tenir au courant. Est-ce que tu pourrais ne pas en parler à Amy ?

– Ça ne me serait pas venu à l'esprit, je réponds. Et je comprends que tu n'aies pas très envie de t'expliquer là-dessus avec elle. Roxanne et moi trouverons un mensonge à lui dire à la place.

Elle hoche lentement la tête.

– Je te soupçonne vaguement d'être à l'origine de cette situation bizarre qu'on a eue à la bibliothèque.

J'ai le bon goût de rougir.

– Même si je n'aime pas beaucoup l'idée que tu complotes dans mon dos pour me faire sortir avec des gens avec qui je ne veux pas sortir, je ne t'en veux pas. Ça nous a permis d'éclaircir les choses, à Arthur et à moi. Maintenant, ça devrait mieux aller.

Dans un sens, elle a raison. Je vois mal comment ça pourrait aller plus mal.

– Après que tout le monde est parti, il m'a demandé pourquoi j'avais cassé avec Wagtail. Je lui ai répondu que c'étaient mes oignons. Ça a dérivé sur Beauxbâtons et j'ai fini par dire que j'aurais bien aimé que rien ne se soit passé là-bas.

– Et c'est vrai, ce mensonge ?

– C'est vrai, Ginger, dit-elle gravement. Depuis le début, j'essaie de tourner la page et de passer à autre chose. Cette relation, entre lui et moi, ce n'est pas sain. On se fait souffrir l'un l'autre, et pour rien.

– Ça n'arrangerait pas la situation, si vous sortiez ensemble ?

– Non. Pour moi, sortir avec quelqu'un, ce n'est pas quelque chose de sérieux. C'est pour s'amuser. On est jeune, on n'a pas encore l'âge de se préoccuper d'affaires de couple. On en aura bien assez plus tard. Et une relation avec lui aurait été trop sérieuse. Lui, surtout, aurait été trop sérieux. Et je ne voulais pas de ça… Oh, c'est tellement compliqué à expliquer. J'aime Arthur quand il n'est pas sérieux, quand il ne m'aime pas, quand il s'amuse et qu'il rigole. Pas quand il est sage, amoureux, convenu. C'est avec le Wright convenu que je serais sortie, c'est certain.

– Et comme tu sais que tu ne sortiras jamais avec le Wright dont tu es amoureuse, tu préfères tourner la page, je complète.

– Exactement.

– Mais pourquoi tu ne lui as pas demandé d'être comme ça ? Ça aurait pu marcher, non ?

– Non. On ne change pas par amour, c'est faux. Pas fondamentalement, seulement superficiellement. Et je ne veux pas que Wright mime celui avec qui je veux être. Alors maintenant, comme je le repousse, il pense que c'est parce que je ne veux sortir qu'avec des gens beaux et populaires. Il croit que je suis superficielle. Je préfère crever plutôt que l'un de mes petits-amis pense que je suis superficielle.

Elle me prend ma tablette des mains et casse un carré qu'elle dévore rapidement. Je ne commente pas.

– La plupart de tes derniers petits-amis pensent que tu es superficielle.

– La plupart de mes derniers petits-amis ne pensent rien du tout de moi, nuance. Pour Peterson, j'étais juste une fille blonde au bout de son bras qu'il pouvait embrasser quand bon lui semblait.

– Ça… ne te dérangeait pas ?

– Non, il embrassait bien, et je pensais plus ou moins la même chose de lui. Comme je te l'ai dit, je ne prends pas mes relations amoureuses au sérieux.

I nouveau une pause, pendant laquelle je termine ma tablette de chocolat.

– Ginger, je vais te demander une seule chose.

– Je t'écoute.

– Ne te mêles plus de rien en ce qui concerne Wright et moi. En fait, ne te mêles plus de mes affaires amoureuses en général.

– C'est promis.

– Et ne fais pas conseillère conjugale non plus. Ce serait terrible.

Je relève la tête. Elle sourit. Je souris aussi, soulagée.

– Et maintenant, tu vas m'expliquer ce qu'il se passe entre James Potter et toi.

Mon sourire disparaît aussitôt.

-X-X-

Roxanne avait l'air gênée tandis que nous descendions les escaliers pour aller à la Grande Salle.

– Ne fais pas cette tête, lui dis-je. Je comprends que Judith ne veuille pas me parler de ses histoires. Elle ne me connaît pratiquement pas.

Roxanne eut l'air soulagée d'un poids.

– Contente que tu sois si compréhensive, dit-elle avec franchise.

– Est-ce que je saurai un jour ce qui lui arrive ?

– Probablement, dit Roxanne. Et nous, un jour, on saura ce qu'il se passe de ton côté avec Freddy ?

– Pardon ? m'exclamai-je, ébahie.

– Bah oui, avec Freddy. Avant Beauxbâtons, on ne traînait pratiquement jamais avec lui. C'est normal, après tout, il est en septième année. Mais maintenant, il est toujours avec nous. Pas besoin d'être à Serdaigle pour savoir qui l'a attiré dans notre groupe…

–Tu crois ? demandai-je en plissant les yeux.

– C'est possible, répondit-elle évasivement. En tout cas vous allez bien ensemble, tous les deux.

– Mais je ne l'aime pas ! C'est juste un ami !

– On peut sortir avec un ami, l'un n'empêche pas l'autre, dit Roxanne. En fait, c'est même mieux, c'est une garantie, tu es sûre de bien t'entendre avec ton petit-ami.

– Mais je…

– Et si lui voulait sortir avec toi ? Tu ferais quoi ?

Je restai la bouche ouverte à la fixer, figée au beau milieu du couloir. Je n'y avais pas pensé. S'il me demandait, je ne savais pas ce que je lui répondrais : si je lui disais non, ça briserait notre amitié. Mais je n'avais pas envie d'accepter ! D'un autre côté, cela me dérangerait-il tellement de sortir avec lui ?

– Stop, m'exclamai-je, mettant fin au flot de mes pensées. Nous spéculons sur des trucs dont nous ne sommes même pas sûres. Si ça se trouve, lui aussi pense que je suis juste une bonne amie pour lui, et non pas une petite-amie potentielle.

– Pense ce que tu veux, fit Roxanne en haussant les épaules. Moi, je te dis juste ce que je pense, à savoir que Freddy a le béguin pour toi et que tu ferais mieux de te préparer à ça.

Le dîner fut horrible. J'étais assise juste en face de Freddy et je ne pouvais pas le regarder dans les yeux. Les questions inondaient ma tête. Et s'il voulait vraiment sortir avec moi ? Mais je ne l'aimais pas, je ne pouvais pas lui dire oui ! Mais si je lui disais non, rien ne serait plus jamais comme avant… Et si on sortait ensemble et qu'après on rompait, de la même façon, nous ne serions plus aussi amis… Le pire, c'était que je me prenais la tête avec des problèmes qui n'existaient pas, et que j'en avais conscience.

– Amy, ça va ? me demanda finalement Freddy. Tu n'as pas l'air dans ton assiette.

J'essayai de décrypter son regard. Il me regardait exactement comme avant. Je ne savais pas quoi en penser.

– Ça va très bien, répondis-je en enfournant une énorme bouchée de poisson.

J'essayai de me concentrer sur autre chose. Tiens, par exemple, James. Cela faisait dix minutes qu'il fixait une fille plus jeune que nous à la table des Poufsouffles. Je compatis pour Ginger. Evidemment, ses petites amies n'avaient pas d'importance pour lui, et qu'il sorte avec une fille ou non ne faisait pas de grande différence dans son cœur… mais dans celui de Ginger, ça en faisait une. Peut-être auraient-ils tous deux besoin d'un coup de main pour… ?

Je me donnai une gifle mentale. Non. Assez de dégâts dans les couples pour le moment. J'avais déjà participé à ficher en l'air la relation entre Judith et Arthur. Je n'allais pas continuer sur ma lancée. S'il devait se passer quelque chose, il se passerait quelque chose, point.

Et sinon… tant pis.

OoOoO

Coucou Maman, comment ça va ?

Tout va bien à Poudlard. J'ai fini par me faire des amis – des élèves très gentils. En plus, j'améliore beaucoup mon anglais. D'autre part, vivre au milieu d'une communauté si différente est très enrichissant culturellement.

On travaille dur, ici. Je n'ai jamais eu autant de travail de ma vie ! J'essaie d'être la plus sérieuse possible, en espérant que ça m'aidera à décrocher de bonnes notes.

Les cours avec les professeurs d'ici sont passionnants, et en particulier avec le professeur Flitwick qui enseigne les Sortilèges. Je me débrouille plutôt bien dans sa matière et j'en suis assez fière.

Comment va Robert ? Et les Saune ? Et Cathy, d'ailleurs ? Je n'ai pas pu lui envoyer de carte récemment. En outre, d'après ce que j'ai compris, elle passe tellement de temps à s'entraîner à courir qu'elle ne trouve pratiquement plus de temps pour m'écrire… Et sinon, le stage de Violette chez les Chevaliers Sorciers se passe bien ?

Je vous embrasse très fort, toi et toute la famille. J'ai hâte de vous revoir pour les vacances de Pâques !

Amélie.

OoOoO

Hey Yune ! C'est Amélie ! Comment vas-tu ?

Moi, à Poudlard, c'est la ca-tas-tro-phe. Non, je ne me suis pas redisputée avec Ginger. Et non, je ne suis pas retombée amoureuse d'Armand Béryl. Après ce qu'il s'est passé la semaine dernière et que je t'ai raconté avec force détails dans ma dernière lettre, ça ne risque pas d'arriver de si tôt !

Non, la catastrophe, c'est que j'ai décidé de me mêler des affaires de cœur de l'une des amies de Ginger. On voulait la faire sortir avec un certain Arthur Wright. Résultat de la combine : ils s'en veulent à mort et se haïssent. Si un jour je réessaie de faire sortir des gens ensemble, surtout, arrête-moi.

On travaille tellement, c'est horrible. Des devoirs, des devoirs, encore et toujours des devoirs ! Ça me fait penser que je n'ai pas terminé le devoir de DCFM – Défenses Contre les Forces du Mal, c'est l'équivalent anglais des Défenses Face à la Magie Noire… Oh, je déteste ce prof ! Il passe son temps à me rabaisser. Il a une dent contre moi ou quoi ? Mais je m'éloigne du sujet, à savoir : on croule sous les devoirs. Et le pire, c'est que je n'arrive même pas à les faire sérieusement ! Je finis toujours tout à la dernière minute, parce que je passe mon temps à plaisanter avec Ginger, ou James, ou Roxanne, ou Judith, ou Freddy…

En parlant de Freddy… Je commence à me demander s'il ne serait pas amoureux de moi… Et ce serait horrible parce que c'est un super ami… Je développerai le sujet dans une autre lettre parce qu'il est tard au moment où je t'écris et je n'ai pas encore envie de me prendre la tête avec ça.

Et toi, ton stage chez les Chevaliers Sorciers avec Violette, comment ça se passe ? Vous ne faites pas de choses trop dangereuses ? Les gens qui s'occupent de vous ne vous maltraitent pas ? Tu te brosses bien les dents entre les repas ?

Blague à part, ça fait longtemps que tu ne m'as pas fait un récit détaillé de tes aventures chez les Chevaliers Tarés – c'est comme ça que Violette les avait surnommés dans une lettre qu'elle m'avait envoyée.

J'attends donc ton hibou avec impatience. Je t'embrasse très fort !

Amélie

PS : Ou plutôt « Amy ». C'est comme ça qu'ils m'appellent tous, ici. Parce que ces fichus Anglais ne sont pas capables de prononcer correctement « Amélie ». Ah ces Anglais !

PPS : Oh, et tu sais quoi ? J'ai appris à jouer de la guitare ! C'est tout simplement génial ! Certes, je ne connais que trois accords. Mais quand même !

PPPS : Fais lire cette lettre à Violette. Sinon, la seule qu'elle lira de moi cette semaine sera celle que j'ai envoyée à nos parents. Et tu sais que je ne leur dis pas toujours la stricte vérité…