J'ai vraiment passé un sale quart d'heure quand il s'est agi de devoir me justifier devant Judith pour « ce qu'il se passe entre James Potter et moi ».

– Rien de rien, ai-je d'abord dit.

– A la base on voulait essayer de vous rapprocher, Arthur et toi, ai-je concédé peu après face à son insistance.

– C'est parce qu'il sait. Pour l'histoire des Valkyries, ai-je ajouté plus tard alors qu'elle devenait franchement lourde.

– Je te dis qu'il ne se passe RIEN ! ai-je finalement hurlé.

Elle m'a regardée avec des yeux ronds.

– Désolée, je m'emporte un peu vite, me suis-je excusée.

– Quand ça touche à Potter, oui…

– Tu vas arrêter avec ça !

On a alors entendu des bruits de pas dans les escaliers, puis les voix d'Amy et de Roxanne.

– Ne crois pas que ce sera aussi facile, m'a menacée Judith. On finira bien par t'attraper, Roxanne ou moi. Et tu vas devoir parler.

– Vous êtes censées être des confidentes, pas des tortionnaires ! ai-je gémi.

– Oui mais tu ne nous confies plus rien, alors on fait juste revenir les bonnes habitudes !

La conversation s'est arrêtée là alors qu'Amy et Roxanne entraient. Nous avons un peu discuté, puis éteint la lumière : on avait une évaluation de Botanique le lendemain et il fallait être en forme.

Je ne savais pas encore ce qui m'attendait cette nuit alors que je glissais lentement au pays des rêves.

Un rêve, c'est toujours très confus, mais logique en même temps… J'ai du mal à expliquer. Pour faire simple, je vais résumer ce qu'il s'est passé cette nuit. J'étais au milieu d'un grand champ de tablettes de chocolat, que Judith cueillait joyeusement avec moi. Soudain, Potter a surgi d'une tablette et m'a balancé une guitare dans la figure – ça a fait Dziing en cognant mon nez. Alors que je tombe par terre avec les larmes aux yeux, le brouillard envahit mon champ de vision.

– Hep !

Je lève les yeux. Une femme aux cheveux roux abondants se tient devant moi. Etrange. Mais comme je suis en train de rêver, je ne suis pas surprise pour autant. Ça me semble logique, d'une certaine façon.

– Ohé ! répète-t-elle avec insistance en fronçant les sourcils. Tu ne rêves plus, là. Debout !

…hein ?

– T'es pas réactive, soupire-t-elle. Je t'avais promis une visite, il y a quelques temps.

– Mist ! je m'exclame. Ça me revient, tu m'as dit qu'on se reverrait…A Beauxbâtons, dans le tableau…

Ma mémoire m'impressionne.

– Tu vois quand tu veux ! dit-elle avec un sourire.

– Alors, euh… Tu vas me raconter ton histoire, c'est ça ?

– Non ! La mienne n'est pas vraiment intéressante. Mais je peux l'évoquer vite-fait si ça t'amuse. Tu te rappelles comment ça s'est terminé avec Hrist ?

– Elle s'est poignardée devant Gond… moi.

– Je te parle de moi, s'impatiente-t-elle.

– Euh… non.

Ma mémoire m'impressionne beaucoup moins, maintenant.

– Je jouais à la nounou avec Hrist, en gros, me rappelle-t-elle. Et quand elle est devenue mortelle, elle m'a renvoyée. Bref, je me suis métamorphosée en corbeau et j'ai volé jusqu'à Londres.

– Ça en fait, du chemin, depuis l'Espagne.

– Ne m'en parles pas, j'ai des courbatures rien qu'à y repenser… Une fois là-bas, je me suis suicidée pour recommencer immédiatement une autre vie. On m'a recueillie dans un orphelinat… Et onze ans plus tard j'étais à Poudlard.

J'ouvre la bouche en un « O » parfait.

– Poudlard, répète-t-elle d'un air rêveur. Ça me manque. Les profs qui me hurlaient dessus… Les elfes qui avaient peur de moi… Le calmar… c'était le bon temps.

– Le calmar ?

– C'est moi qui l'ai amené. Ça n'a pas plu à tout le monde. Surtout après qu'il ait mangé un de mes camarades de promo.

Je sens mes cheveux se hérisser sur mon échine.

– En fait, c'est assez marrant, reprend-elle. Comme toi, c'est vers ton âge que j'ai réalisé que j'étais une Valkyrie.

– Comment l'as-tu appris ?

– Prudr et toi, vous êtes venues me le dire. Evidemment, au début, je ne vous ai pas crues. Puis les évidences se sont accumulées… Et j'ai fini par y croire.

Elle s'arrête de parler.

– Euh… c'est tout ?

– Non, ce n'est pas tout. Mais ce qu'il s'est passé juste après est toujours un souvenir assez embarrassant pour moi… Bref, il y avait ce charmant garçon de ma promotion.

Elle fait un pas sur le côté, et derrière elle, l'image un garçon à peine plus âgé que moi se forme au milieu des brumes dans lesquelles nous sommes depuis le début. Il ne bouge pas, ce n'est qu'un souvenir. Cheveux bruns assez banals, mais plutôt mignon, c'est vrai. Il me rappelle vaguement quelqu'un…

– Il s'appelait Geoffrey, me révèle-t-elle. En fait, c'était mon meilleur ami à Poudlard. Il a fini par me demander en mariage. Je ne l'aimais pas, moi, évidemment, à cause de cette histoire de Valkyries qui ne peuvent pas tomber amoureuses… Sauf qu'il m'a demandée en mariage au milieu de la place du village et tous les passants se sont arrêtés pour nous regarder à ce moment précis. J'étais tellement gênée que j'ai accepté.

– Mais comment tu… je m'écrie, stupéfaite.

– Je n'avais pas ton courage, se défend-elle. Je n'étais qu'une gentille Poufsouffle. Me demande pourquoi d'ailleurs. J'étais la terreur de Poudlard du temps où j'y étais… J'ai toujours pensé que ce Choixpeau était un abruti.

– Continue.

– Ah oui. Donc on s'est mariés, et ce n'était pas si dérangeant que ça vu qu'il était déjà mon meilleur ami. On a eu des enfants, et…

– Des enfants? je m'étouffe. Tu lui as fait des enfants et… tu… ne l'aimais même pas ?

– Oui, où est le problème ?

– Mais comment tu as fait pour le… la… enfin… tu sais…ça.

Elle fronce les sourcils en cherchant à deviner de quoi je parle, puis, quand elle comprend, elle plisse les yeux.

– J'étais encore un animal, un corbeau, à l'époque, et pour moi, « ça » équivalait à la reproduction. C'est tout.

Je rougis malgré moi. Mist a la gentillesse de faire semblant de ne pas le remarquer.

– Quoi qu'il en soit, vers la fin de notre vie, j'en avais marre des secrets, et puis j'avais eu une vie heureuse, je n'avais pas vraiment besoin de continuer avec une autre vie. Alors je le lui ai dit. Et je suis morte quelques années plus tard, entourée de mon mari, de mes enfants et de mes petits-enfants.

J'espère que je n'aurai rien d'aussi niais.

– Je dois t'avouer quelque chose, Gondul. Depuis quelques temps, je reste tapie dans un coin de ta tête et je regarde ce que tu vis à Poudlard. D'habitude, je reste juste avec les autres à discuter toute la journée, mais j'ai remarqué quelque chose d'assez amusant.

– De quoi ? je m'étonne.

– Ton amie, Roxanne Weasley, dit-elle. Elle n'est pas rousse.

– Tout le monde n'a pas la chance d'être roux… je soupire d'un air théâtral.

– Et pourtant c'est une Weasley.

– Je ne vois pas où tu veux en venir.

– J'étais sûre que tous les Weasley étaient roux.

– On est loin du compte, rigolai-je. James et Albus Potter sont les enfants d'une Weasley et ils ont des cheveux très noirs.

Elle me regarde avec des yeux ronds, puis explose de rire.

– Quoi ?

– James Potter… Tu veux dire celui à qui tu fais des yeux doux ces derniers temps ? dit-elle entre deux éclats de rire.

– Par-don ? je m'étouffe. James Potter ? Faire les yeux doux ? N'importe quoi !

– Si tu veux, dit-elle d'un air malicieux. Je me disais juste que ça t'intéresserait peut-être de savoir que mon mari, Geoffrey… Son nom de famille, c'était Weasley…

J'écarquille les yeux. Weasley ? Comme Roxanne, et toute sa famille ? Comme la mère de James ?

– Oh, ne fais pas cette tête, enfin. Quoi qu'il en soit, c'était grâce à moi, à mes cheveux roux, que tous les Weasley étaient roux. Maintenant, ça devient n'importe quoi, il y en a avec des cheveux noirs… Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient !

– Mais mais mais… James Potter est ton arrière, arrière, arrière et caetera petit-fils ?

– Exactement ! Pourquoi, ça te dérangerait beaucoup de sortir avec mon arrière, arrière, arrière et caetera petit-fils ?

– Je ne veux pas sortir avec lui !

– Tu as beaucoup d'humour, Gondul… Quoi qu'il en soit, ce n'est pas pour toutes ces futilités, bien que très intéressantes, que je suis venue te rendre visite aujourd'hui. C'est à propos du Ragnarök.

L'amosphère change brusquement. Son ton s'est fait plus grave.

– Ah, ça, dis-je.

– Oui, ça. Il me semble que tu avais évoqué des recherches avec mon descendant.

– Ton desc… ah oui, James Potter. En effet.

– Et alors ?

– Je n'y ai pas vraiment repensé, je confesse en me sentant rougir.

– Et pourquoi ?

– Euh… des devoirs… un coup de pouce à une amie… qui n'a pas servi à grand-chose, d'ailleurs…

– Tu parles du fiasco avec Judith et Arthur ?

– Je ne peux rien te cacher.

– Bien sûr que non, je suis dans ta tête.

– Pourquoi me poser des questions, alors ?

– Pour mettre en évidence le fait que tu n'as pas l'air de te préoccuper de choses qui sont nettement plus importantes que tes histoires de collégienne, déclare-t-elle d'un ton moqueur et irritant. En plus, je ne suis même pas la première à te le faire remarquer. Il me semble que Gondul t'a serinée pendant une semaine pour que tu te décides à voir les choses en face.

– C'est ma vie, j'en fais ce que je veux, et c'est à moi de décider de ce qui est important ou pas.

– Non, Gondul. Tu ne fais pas tout ce que tu veux. Et tu ne peux pas mettre un ordre de priorité sur des choses supérieures, bien supérieures à toi.

– Comme si c'était vrai, tout ça ! j'explose. La fin du monde, c'est un peu gros ! Et quel est l'imbécile qui voudrait provoquer ça ? N'importe quoi ! Une bonne fois pour toutes, Ragnarök n'est pas important !

– Gondul…

– QUOI ?

Elle me regarde en soupirant d'un air las.

– D'une, calme-toi. Je ne suis pas là pour jouer aux donneuses de leçons.

– Ah, tu es sûre ? je rétorque, sarcastique.

– Je ne suis pas non plus ta conscience, continue-t-elle, imperturbable. Je suis simplement une amie, qui te rappelle que ce livre sur Ragnarök contient aussi beaucoup d'informations sur les Valkyries, dont tu as pu vérifier la véracité par toi-même. Je serais bien mal placée pour te dire tout sur le Ragnarök, puisque moi-même je n'ai plus aucun souvenir de l'époque où tout cela s'est passé. Ni même aucune Valkyrie.

– Pardon ? je m'exclame.

– Personne ne sait plus ce qu'il s'est passé. La mort d'Odin remonte à il y a bien longtemps et tous ceux qui vivaient à cette époque sont morts depuis. Sauf nous autres Valkyries, qui nous sommes tout rappelé les unes aux autres de génération en génération. Au bout de quelques siècles, tu te doutes bien que ce que nous nous racontons a quelque peu changé. Et en plus, Ragnarök n'étant pas notre préoccupation centrale, nous ne nous sommes jamais concentrées sur les détails de l'histoire. Nous, notre intérêt essentiel, c'était l'anneau de Nibelung. Pas la fin du monde. Alors, entre Valkyries, petit à petit, Ragnarök est tombé dans l'oubli.

– Mais… j'ai pourtant vu vos souvenirs…

– Oui, ceux de nos dernières vies respectives. Pas de nos vies d'avant. Nous ne pouvons pas garder des souvenirs d'une vie à l'autre. C'est d'ailleurs pour ça qu'avant de trouver l'Horcruxe, tu ne te doutais pas d'être une Valkyrie… L'Horcruxe était le seul moyen de se souvenir de tout avec précision, et c'est pourquoi Gondul y a eu recours.

– Et donc… pour Ragnarök… Vous n'avez aucun souvenir ? Mais Gondul, enfin, l'Horcruxe…

– Gondul ne se souvient de rien non plus.

– Et pourtant, elle a confié cette mission à Potter… Celle de me parler de Ragnarök. Elle a dû se souvenir de quelque chose pour décider qu'il fallait que j'en apprenne plus à ce sujet, non ?

– En effet, répond Mist. Avant, comme moi, elle n'avait plus de souvenirs de toutes ces histoires de Ragnarok. Mais il s'est passé un événement étrange très peu de temps après sa renaissance … Un flashback, si tu veux. Le fait d'avoir fabriqué un Horcruxe doit lui donner un accès incontrôlé sur ses souvenirs des vies antérieures à la fabrication de l'Horcruxe.

Je prends le temps de réfléchir à ce qu'elle vient de dire.

– Ce que tu essaies de m'expliquer, c'est que normalement, elle ne devrait pas se souvenir de ses vies avant la création de l'Horcruxe… et qu'un souvenir a refait subitement surface, sans explication ?

– Précisément. Et depuis, régulièrement, elle a ces flashbacks. Des fragments de vie qui apparaissent brusquement. Elle en a eu un assez inquiétant, il y a peu de temps, dont elle m'a fait part, à propos de Ragnarök. Tout ce qu'elle a compris, c'est que cela impliquait une histoire de legs de magie.

– Elle m'a parlé de legs de magie ! je m'exclame. Le soir où j'ai lu toutes les choses sur Ragnarök…

– Comme elle commençait déjà à se poser quelques questions à propos de ce livre qui semblait tout savoir de notre Scandinavie, elle s'est débrouillé pour que tu le lises et fasses des recherches pour trouver des réponses de ton côté. Elle-même n'en a pas le temps.

– Une minute, je la reprends. Les réponses à quelles questions ?

– Essentiellement, ce qu'est vraiment Ragnarök.

– Mais pourquoi avoir mis James Potter dans la confidence ? Pourquoi être passé par lui pour tout me faire lire et rechercher ?

Mist hausse les épaules.

– Peut-être qu'elle estime que tu auras besoin d'aide. Ou alors, ajoute-t-elle avec un sourire malicieux, elle veut vous mettre ensemble.

– Venant de Gondul, ça me semble peu probable, je réussis à répondre en gardant un ton calme.

– En effet, admet-t-elle. Quoi qu'il en soit, il faut que tu te renseignes vite. Gondul – ton Horcruxe qui n'en est plus un – a eu une drôle d'impression en vivant ce flashback. Elle avait l'impression, je cite, de vivre un événement qui allait bientôt arriver.

– C'est incohérent. Elle vivait un souvenir, un événement du passé. Pas un événement du futur.

– Ou alors quelqu'un a l'intention de profiter de Ragnarök dans un futur proche.

– Euh… c'est-à-dire ?

– Tu ne te souviens pas de ce que tu as lu i peine quelques jours ?

Je secoue piteusement la tête.

– Si Ragnarök se déroule comme dans le livre, alors il donnera les pouvoirs de tous les dieux à l'homme qui tuera Nidhögg, le dragon mythique. Et cet homme sera donc le seul à profiter de Ragnarök.

– Tu veux dire que quelqu'un a l'intention de provoquer Ragnarök ?

Mist garde le silence en me fixant gravement. Je retourne dans ma tête tout ce que je viens d'apprendre. Un malade a l'intention d'entraîner la fin du monde, Ragnarök. Soit dit en passant, on n'est même pas sûrs de ce qu'est Ragnarök, et personne ne peut vraiment savoir.

Mais alors… si personne ne peut rien savoir sur Ragnarök, similairement, personne ne peut connaître quoi que ce soit sur les Valkyries. Or, tout ce que j'ai lu sur Mythes et Légendes Scandinaves, ou presque, s'est avéré être vrai…

– C'est impossible… je souffle. Comment l'auteur du livre a-t-il pu apprendre tout cela s'il n'y avait personne pour le lui dire ?

– C'est ce que j'essaie de te faire comprendre depuis tout à l'heure. L'auteur a obtenu des informations qui étaient les bonnes. Or, ces informations, personne ne les avait à part nous, les divinités et quelques-uns de nos proches – tous morts depuis des lustres. Et aucun d'entre nous n'aurait eu l'intention d'écrire un livre sur ces choses qu'il vaut mieux dissimuler.

– Comment l'auteur a-t-il pu avoir ces informations si personne n'a jamais rien dit ?

– C'est ça, qui est inquiétant. On ne sait pas quelle est la source. Mais si l'auteur a appris toutes ces choses, il peut très bien avoir décidé d'en profiter.

– Alors… l'auteur serait celui qui a l'intention de provoquer Ragnarök ? Non, non. Le livre est trop vieux. L'auteur a dû mourir, depuis le temps.

– Pas forcément.

– Ah, c'était donc une Valkyrie, je déclare ironiquement.

– Il y a plusieurs mots en rapport avec l'immortalité, Gondul, réplique Mist d'un ton docte. Valkyries, en effet, mais aussi élixirs de jouvence… pierres philosophales… sang de licorne…

– Et alors… l'auteur saurait tout ça parce que…

– …parce qu'il était un dieu lui-même. En effet. D'une façon ou d'une autre, il aurait obtenu l'immortalité pour arriver jusqu'à aujourd'hui. Je ne vois pas d'autre explication.

Le silence revient. Je m'assois par terre dans le champ de tablettes de chocolat, déboussolée.

– Il doit y en avoir une autre, dis-je au bout d'un moment, la gorge sèche. Tu as dit toi-même qu'aucun dieu n'aurait pensé à écrire un livre sur des choses à cacher.

– Il y avait peut-être une meilleure raison, comme par exemple, suivre discrètement les recherches des autres pour leur voler l'héritage caché d'Odin au dernier moment…

– Il ne s'est rien passé pendant des siècles, ce n'est pas deux mille ans plus tard que le Ragnarök va arriver, hein ? Si ça se trouve, le souvenir de Gondul n'était pas prémonitoire…

– Tu ne crois même pas à ce que tu racontes, me coupe Mist d'un ton las. En attendant, il y a fort à penser que ce que dit le livre sur Ragnarök est vrai, et que Ragnarök se rapproche à grands pas.

– Il faut arrêter le malade qui veut provoquer tout ça avant !

– Bien dit, répond-elle. Et comment vas-tu t'y prendre ?

Je me sens brusquement découragée.

– Aucune idée.

– Tu pourrais commencer par faire des recherches sur les legs de magie, comme Gondul te l'avait suggéré à la base, me propose gentiment Mist. Tu auras peut-être des idées sur la façon dont les choses se passeront, comment elles seront provoquées, et ainsi de suite, jusqu'à remonter à celui qui veut hériter des pouvoirs des dieux scandinaves.

– Hum… ça a l'air… compliqué…

– Et toi, tu as l'air fatigué, répond-elle.

Elle semble se fondre petit à petit dans la brume environnante.

– Tu replonges dans le sommeil, me dit-elle d'une voix étouffée par les volutes qui m'entourent. N'oublie pas tout ce que je t'ai dit. C'est important.

Je hoche paresseusement la tête.

– Et parles-en à ton fiancé, ajoute-t-elle en souriant malicieusement.

Je n'ai pas le temps de protester que je retombe dans un sommeil sans rêve.