Restons calme. Je me balade dans les couloirs, en pleine nuit, pratiquement collée à James Potter, et nous sommes seuls. Non, il n'y a aucune raison d'être sur les nerfs. Sauf que mes hormones ne se sentent plus et ne sont pas d'accord avec moi. C'est peut-être moi mais j'ai l'impression que ça amuse beaucoup Potter de multiplier les contacts.
Ça l'amuse… ou ça lui plaît.
Je n'aurais jamais dû penser ça. C'est encore pire maintenant. Heureusement, on n'est plus qu'à deux couloirs de la Bibliothèque.
Alors que nous sommes tout prêts du but, nous nous figeons. Du bruit. Immobiles comme des statues, nous entendons le pas du concierge se rapprocher. Bientôt, une lanterne apparaît au bout du couloir, suivie de son propriétaire, Rusard. Il passe devant nous en marmonnant, sans nous voir. Merci, cape d'invisibilité.
Quand il a disparu de notre vue, Potter ne bouge toujours pas. Je sens son regard me vriller les épaules, mais je fais semblant de l'ignorer.
– Allons-y, je finis par murmurer sans le regarder, souhaitant mettre fin à ce moment gênant.
Du coin de l'œil, je le vois hocher la tête. Nous nous remettons lentement en marche. Et cette fois-ci, je fais bien attention à ne pas entrer en contact avec lui.
-X-X-
Je me réveillai en sursaut à cause d'un mauvais rêve. Freddy me faisait une déclaration d'amour en plein milieu de la Grande Salle, et tout le monde rigolait beaucoup. Sauf moi, bien sûr. Comme les autres filles dormaient, je sortis silencieusement du dortoir plongé dans le noir et descendis dans la salle commune.
Evidemment, il n'y avait personne. Seul le feu de cheminée projetait des éclats de lumière furtifs sur les murs rouge sombre de la pièce. Je m'assis en face, sur le canapé, et jetai un coup d'œil las à une horloge. Une heure et quart du matin.
Mon regard se perdit dans les flammes. Je pensai à Ginger et James, à Arthur et Judith, à Freddy et moi. La fatigue mélangeait tout dans ma tête. Mais la question Freddy était tout de même prédominante. Je n'arrivais plus à le regarder en face depuis quelques jours. Il fallait remédier à cela.
Je ne sais pas combien de temps je restai dans la salle commune. Mais au bout d'un moment, alors que je commençais à m'assoupir, le portrait de Pélagie la grosse dame pivota. J'étais enfoncée dans le canapé, cachée par le dossier de l'arrivant… ou plutôt des arrivants.
– C'est la dernière fois qu'on fait ça, siffla Ginger.
Ginger ? Ginger était sortie ? Pas de doute, c'était bien sa voix. Mais que fabriquait-elle dehors ?
– Ecoute, je suis désolé pour ça… Vraiment…
Et que fabriquait-elle dehors avec James ?
– Laisse tomber. On reparlera de tout ça une autre fois. Bonne nuit.
J'entendis Ginger monter les escaliers du dortoir des filles, faisant craquer les marches sous ses pas. Quant à James, il poussa un lourd soupir et se dirigea vers le canapé où je me trouvai. Que faire ? Faire semblant de dormir ou lui demander ce qu'il venait de se passer ?
Quelle question.
James se figea en me voyant. Il resta quelques secondes à me fixer, interdit, avant de dire finalement :
– Qu'est-ce que tu as entendu ?
– Que c'était la dernière fois que vous faisiez « ça », que tu étais désolé pour « ça », et que vous reparleriez une autre fois de « ça », récitai-je. Par curiosité, c'est quoi, « ça » ?
– C'est rien.
– Je sais qu'un rien énerve Ginger, mais en l'occurrence, cette fois-ci, je ne pense pas que ça ait été « rien ». Quoi que ça ait été.
Il soupira et se laissa tomber dans un fauteuil tout proche.
– On s'est embrassés.
Ne pas hurler de joie. Ne pas hurler de joie. Ne pas hurler de joie.
– Elle m'a tout de suite repoussé.
Etait-ce de la déception que je lisais sur son visage ? Ou alors ma fatigue et les ombres mouvantes du feu de cheminée me trompaient-elles ?
– On n'embrasse pas une fille sans prévenir, dis-je simplement.
– Je ne l'ai pas embrassée ! protesta-t-il.
– C'est elle qui t'a embrassé ?
– Non plus…
– C'est le pape alors ?
Il me lança un regard étonné.
– Le quoi ?
– Le pape… C'est celui qui… oh, laisse tomber. Si ce n'est ni elle qui t'a embrassé, ni toi qui l'a embrassée, qui a embrassé qui ?
– On s'est embrassés en même temps… Pourquoi es-tu aussi curieuse ?
– Je ne savais pas que la curiosité avait besoin d'une cause, répliquai-je. Donc elle t'a embrassé et tu l'as embrassée mais elle t'a repoussé quand même ?
Il hocha la tête en me regardant.
Le silence commença à s'installer. J'avais oublié Freddy maintenant, je ne pensais plus qu'au cas Ginger. Pour une raison X, les hormones de Ginger et James avaient été synchrones mais la conscience de Ginger s'était manifestée la première. Elle l'avait repoussée parce qu'elle ne voulait pas sortir avec lui, comme elle me l'avait affirmé plus tôt dans la journée.
La grande question, c'était : pourquoi ne voulait-elle pas sortir avec lui ?
– Alors ?
Je levai la tête vers James qui me regardait toujours.
– Alors quoi ?
– Je… je ne sais pas, fit-il, gêné, je pensais que tu pourrais m'aider ou… ou quelque chose…
Je fronçai les sourcils. L'aider. Il ne voulait certainement pas dire « aider » dans le sens « aider à construire une relation entre Ginger et lui ». Il connaissait les dégâts que j'avais faits dans la relation fragile entre Judith et Arthur.
– Tu veux que je t'aide… à comprendre ?
Il hocha la tête, lentement. Pour le coup, je faillis éclater de rire.
– Tu veux que je te dise ce à quoi pense une fille quand elle repousse un garçon qu'elle vient d'embrasser ?
– Faut dire que c'est plutôt incohérent…
– C'est très cohérent, rétorquai-je. Et ne compte pas sur moi pour faire office de dictionnaire garçon-fille. Maintenant, si tu permets, je pense que je vais me coucher.
– Hé ! s'énerva-t-il. Je ne t'ai pas raconté tout ça pour que tu ailles tout raconter aux autres filles !
– Je n'en avais pas l'intention, répondis-je. Pour tout ce qui concerne Ginger et toi, je joue le rôle de la Suisse.
Et je l'abandonnai, interloqué, pour aller me coucher.
-X-X-
– On y est, murmure James.
J'ouvre silencieusement la porte de la Bibliothèque, plongée dans le noir. Je murmure un Lumos du bout des lèvres, et Potter vérifie sur sa Carte des Maraudeurs s'il y a qui que ce soit dans les parages. Personne. Soulagée, je sors de dessous la cape d'invisibilité.
Nous nous dirigeons droit vers la Réserve. Potter ne met que quelques secondes à dénicher le bon livre, l'Histoire des sortilèges interdits et dangereux. Nous nous installons à une table, côte à côte, et il se met à parcourir la table des matières des yeux, baguettes en main pour l'éclairer. Je vois un sourire fugitif traverser son visage quand il lit « sortilège de Gorgone », celui qui m'était destiné à l'époque où il avait tenté de piquer le livre.
– Legs de magie, je lui rappelle. Tu trouves ?
Il tourne la page sans me répondre, et, au bout d'un moment, me montre une ligne du doigt. Mon cœur fait un bond. « Testaments et legs de magie ». Je tire le livre de mon côté et file à la page indiquée. Et sans l'attendre, je commence à lire le petit paragraphe qui me concerne.
« Le legs de magie a été interdit pour la première fois en Egypte en 1343. Depuis, tous les pays sauf le Pérou et le Vietnam ont strictement interdit cette pratique de magie traditionnelle.
Le legs de magie est un sortilège qui permet de léguer de la magie, et, par extension, des qualités comme la sagesse, l'intelligence ou la générosité. Il consiste à arracher la qualité ou la magie du sorcier mourant et à la transmettre à l'héritier désigné par ledit mourant.
Pour procéder à un legs de magie, le sorcier doit indiquer clairement ses intentions dans un testament récepteur d'un sortilège, fruit d'une longue et complexe incantation. Le testament, ainsi ensorcelé, devient indestructible et ne peut être supprimé qu'une fois que les derniers souhaits du sorcier décédé, indiqués sur le testament, sont exaucés. Par exemple, au musée de la Royauté en France demeure toujours le testament du roi Gérald II (1404-1491) qui avait demandé à être enterré dans son palais, ce que l'héritier au trône avait catégoriquement refusé.
Lorsque l'incantation est mal récitée, les conséquences peuvent être catastrophiques : elles peuvent tuer le sorcier avant l'heure et la magie libérée à sa mort peut tuer le légataire. C'est ainsi qu'en 1454, le roi gobelin Arnold Ier et l'héritier au trône Arnold II sont décédés.
Comme pour tout autre legs, un legs de magie peut être effectué sous certaines conditions, rendant l'incantation d'autant plus complexe. »
– Sous certaines conditions… je murmure. C'est ça !
– J'ai rien compris, gémit Potter.
– C'est sûr que quand on ne sait pas lire…
– C'est bon, arrête, grogne-t-il. Alors ?
– Odin a légué sa magie sous condition… Tu te rappelles, dans Mythes et Légendes scandinaves, il est écrit que la magie d'Odin, une fois libérée de l'anneau de Nibelung, entrerait dans les cadavres des dieux-sorciers scandinaves…
– Je vois… C'est une façon de stocker la magie…
– …en attendant que l'héritier digne d'Odin brûle les poires…
– C'étaient des pommes, pas des poires.
– Tu es sûr ? Peu importe. Une fois les pommes, ou les poires, brûlées, l'héritier doit tuer un dragon, Nidhögg. C'est la condition d'Odin. Pour hériter de la magie, il faut tuer Nidhögg. Odin avait écrit son testament sans désigner d'héritier précis. C'est ça !
– Ok… tu peux reprendre du début ?
Je lance un regard las à Potter. Ah, la dure vie des génies qui doivent côtoyer des gens lents d'esprit…
– Odin a fait un legs de magie sous plusieurs conditions. D'une, la magie ne pouvait être léguée que si l'anneau de Nibelung était détruit. De deux, il fallait que les pommes d'Idunn soient détruites. Et de trois, il fallait que quelqu'un ait tué Nidhögg. Ce quelqu'un, c'est celui à qui la magie sera léguée.
– Cette fois, j'ai compris !
– Bravo, petit génie. Tu veux une Chocogrenouille comme récompense ?
– Je pense que j'ai aussi compris pourquoi l'auteur employait le pluriel dans la description de Ragnarök.
– De quoi tu parles ?
– Tu as une mémoire de poisson rouge, toi. Sigvald Bertil disait que la magie libérée à la mort de Nidhögg reviendrait aux « véritables héritiers » d'Odin. Au pluriel. Tuer Nidhögg doit sans doute requérir le concours de plusieurs sorciers…
– Faisons le point. Sigvald Bertil a l'intention de récupérer la magie d'Odin. Il s'agit d'un ancien sorcier scandinave qui le côtoyait puisqu'il connaissait ses intentions vis-à-vis de ses propres pouvoirs. Il a l'immortalité, maintenant il veut la surpuissance. Il a sans doute écrit son livre pour suivre les recherches d'autres personnes… Et maintenant que l'anneau est détruit, il doit être en train de chercher les pommes d'Idunn, pour provoquer Ragnarök et rafler l'hérita –
Je suis coupée par une exclamation de Potter.
– Quoi ?
– Je me trompe peut-être… Mais… Qui d'autre que l'un des descendants d'Odin pourrait vouloir hériter de sa magie ?
– Je ne sais pas, moi, tout le monde ?
– Tu n'as pas lu les passages sur les héritiers d'Odin, n'est-ce pas ? me raille-t-il. Sur les huit enfants d'Odin, un seul n'a jamais souhaité profiter de son enseignement et donc de son pouvoir. Tous les autres les désiraient avidement. Quand l'héritage a été mis hors de leur portée, ils ont certainement voulu tout faire pour trouver un moyen de l'atteindre…
– C'est pour ça que l'auteur parlait de « véritables héritiers », les héritiers légitimes étant normalement les fils ! Alors Sigvald Bertil serait l'un des fils d'O…
Potter me plaque une main contre la bouche et je comprends bien vite pourquoi. Du bruit. La porte au bout de la Bibliothèque s'ouvre dans un grincement sinistre. Nos regards se rivent sur la Carte des Maraudeurs.
Rusard.
– Qui va là ?
Potter se lève très vite et m'entraîne avec lui sous la cape. Nous reculons contre les armoires remplies de livre et nous figeons. Nous avons fait du bruit mais au moins, nous sommes maintenant invisibles.
Rusard arrive dans la Réserve. Il promène sa lanterne vers nous, et Potter retient son souffle. Moi, je n'en ai pas besoin. Mon cher camarade n'a toujours pas retiré sa main de ma bouche.
Finalement, au bout d'une dizaine de secondes, Rusard hausse les épaules et fait demi-tour. Quelques minutes plus tard, la porte de la Bibliothèque se referme. Je regarde sa silhouette s'éloigner sur la carte des Maraudeurs.
Potter reprend son souffle et daigne enfin me laisser respirer. Mais nous ne bougeons pas. Nous restons immobiles, cachés sous la cape, serrés l'un contre l'autre, dans le silence de la Bibliothèque. Je sens son corps chaud à travers le tissu de ma robe, et sa respiration me chatouiller les oreilles.
Je lève enfin les yeux vers lui, le cœur battant à cent à l'heure. Il me regarde aussi.
Sans nous concerter, nous nous embrassons.
« Bonjour ! »
Je repousse Potter avec brusquerie. Quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Comment ça « nous nous embrassons » ? Et ça a duré combien de temps ?
« Je profite d'un moment de répit que me laissent les Aurors pour te parler un peu. Comment vas-tu ? »
Va au diable !
Potter me regarde d'un air abasourdi. Je sens mes joues brûler heureusement que nous sommes dans le noir.
« Charmant, l'accueil. Au fait, je ne savais pas que tu sortais avec le jeune humain ? »
Potter n'est pas mon petit-ami !
« Dis quelque chose. »
Quoi ?
« Il a l'air déboussolé. »
Ah, oui. James. Je l'avais presque oublié. Comment ai-je pu me laisser aller et l'embrasser ? Maintenant, il va croire que je veux qu'on sorte ensemble, et ce n'est pas du tout, du tout ce que je veux… Ou pire, il va répéter à tout le monde que je l'ai embrassé, et que…
Une minute… Ce n'est pas moi qui l'ai embrassé ! On s'est embrassés en même temps ! Je n'ai qu'à faire comme si c'était sa faute, alors.
– Ne-refais-plus-jamais-ça, je siffle.
– Qu… quoi ?
– Faut que je te fasse un dessin ? Ne m'embrasse plus jamais !
– Mais pourquoi ?
Pourquoi ? Mais c'est quoi cette question ?
– Je n'aime pas me faire embrasser par le premier venu, ça se comprend, non ?
– Hé, je te rappelle qu'on s'est embrassés en même temps, grogne-t-il en reprenant contenance.
– Ouais, un truc d'hormones, je marmonne.
– Les hormones ont eu l'air d'apprécier, raille-t-il.
Je rougis davantage.
– Les hormones sont encore plus stupides que toi, c'est dire, je réplique. En tout cas, c'était involontaire pour moi. Je ne voulais pas t'embrasser.
Et pour une fois, c'est vrai.
– Pareil, dit-il.
« Tiens donc, serait-ce de la déception que tu éprouves ? »
LA FERME !
– Enfin, à peu près, marmonne-t-il.
– Pardon ?
J'ai bien entendu ?
« Et ça, c'est de l'espoir ? »
Y a-t-il un moyen de te tuer à distance, Gondul ?
« Non. »
C'est bien dommage.
– J'ai dit « à peu près », affirme-t-il. Je contrôle toujours ce que je fais.
– Ah bon. Tu t'efforceras de mieux contrôler des pulsions à l'avenir, Potter.
– Désolé.
Désolé de m'avoir contrariée ou désolé de m'avoir embrassée ?
Je fais un pas et le tire par le bras. Nous nous remettons en marche, dans le silence le plus complet.
« Charmante ambiance. Puis-je te parler à présent ? »
Vas-y.
« Quelle humeur… Comme d'habitude, je ne peux pas te dire où je suis précisément, mais je suis revenue en Angleterre. J'ai semé les Aurors quelque part au niveau du triangle des Bermudes, ils devraient avoir du mal à retrouver ma piste, maintenant. Tu as trouvé des informations sur Ragnarök ? »
Je lui résume rapidement nos récentes découvertes sur la fin du monde scandinave. Que le malade qui veut provoquer ça est très certainement l'un des fils d'Odin, qu'il compte récupérer les pouvoirs de son père par l'intermédiaire d'un legs de magie sous conditions, et qu'il cherche en ce moment même les poires de l'immortalité pour les brûler et enclencher Ragnarök.
« Ce sont des pommes, pas des poires. C'est bien ce que je pensais. »
Tu veux dire que je me suis tapé toutes ces recherches pour rien ?
« Non, non. Ce n'étaient pas des certitudes, juste des suppositions. Tu les as confirmées, c'était ce qu'il fallait. Il faut retrouver les pommes d'Idunn. »
Les pommes de qui ?
« Les pommes d'Idunn », souffle Gondul, irritée par mon ignorance. « Les pommes magiques qui permettent soigner quiconque et qui ont été conservées dans un coffre. Il faut retrouver ces pommes et les surveiller avant que le fils d'Odin ne tombe dessus. »
Ce n'est pas le boulot des Valkyries, pourtant…
« Non, mais par principe, je suis contre le moindre projet qu'Odin a pu faire de son vivant. »
Et puis si quelqu'un réussissait à avoir tout ce pouvoir, ce ne serait pas très bien pour le reste du monde non plus.
« Oh, ça, je m'en fiche un peu. Je vais devoir te laisser, il y a du bruit à l'entrée de ma grotte. »
– On est arrivés, souffle Potter.
Ah, je l'avais oublié.
Je lui lance un regard furieux pour la forme et murmure le mot de passe. La Grosse Dame, somnolente, s'entrouvre. Nous pénétrons dans notre salle commune et je m'extrais de la cape d'invisibilité.
– C'est la dernière fois qu'on fait ça, je siffle.
Potter me lance un regard peiné.
– Ecoute, je suis désolé pour ça… Vraiment…
Je me passe une main sur le visage, lasse. Je n'aime pas quand il fait cette tête. Ça me donne envie de lui sauter dessus et de l'embrasser comme tout à l'heure. Ce qui n'est certainement pas une bonne idée.
– Laisse tomber. On reparlera de tout ça une autre fois. Bonne nuit.
En remontant les escaliers, je repense à ce que je viens de dire. « On reparlera de tout ça. » Mais je n'ai certainement pas envie d'en reparler. Le baiser de ce soir fait partie des choses que je voudrais enterrer pour toujours et oublier.
Quoi que… oublier… pas sûr. Je vais avoir de quoi rêver cette nuit, en tout cas.
