Après le cours de Potions, Amy se dirige vers la Grande Salle pour le déjeuner en compagnie des garçons de Gryffondor de notre promo. Quant à moi, je réussis sans peine à entraîner Roxanne et Judith dans une direction opposée.
– Tu vas enfin nous expliquer pourquoi tu fais cette tronche depuis ce matin ? me demande Judith.
– Plus ou moins, je marmonne.
Nous trouvons une salle vide et je la ferme et l'insonorise avant de me tourner vers elles.
– Woah, pourquoi tant de mystère ? demande Roxanne.
– Je dois vous parler de nos recherches sur les Valkyries.
– « Nos », hein ? note Judith.
– J'aurais préféré que tu te focalises sur la partie « Recherches sur les Valkyries », je grommèle.
– Ne t'énerve pas, tempère Roxanne. Vas-y. Qu'as-tu découvert ?
– Vous savez qu'hier, nous sommes allés dans la Bibliothèque ? Hé bien… On a découvert que…
Le film de mon baiser avec lui se rejoue inlassablement dans ma tête. Je fais un signe de main en essayant vaguement de le chasser, sous le regard ahuri de mes amies.
– Je ne vous ai pas parlé de ce qu'il s'était passé avant. Quelqu'un essaie de provoquer Ragnarök.
– Oh-ho, fait Judith en pâlissant légèrement.
– C'est quoi ? demande Roxanne.
– Rien de bon, je soupire. Un genre de fin du monde. Si la personne qui réussit à la provoquer arrive à la contrôler et à tuer un gros et vieux dragon, il sera l'héritier de tous les pouvoirs d'Odin. Jackpot ! (1)
– C'est pas le moment de faire de l'humour, Ginger.
– Désolée. Pour l'instant, nous pensons que la personne qui veut provoquer Ragnarök et rafler les pouvoirs est l'un des fils d'Odin.
– « Nous » ? note à nouveau Judith.
– Gondul et moi, je rétorque en lui jetant un regard sombre. Pour provoquer Ragnarök, il faut brûler des pommes – des pommes magiques, qui ont appartenu à Idunn, une sorcière scandinave. On doit retrouver ces pommes pour que personne ne puisse les voler.
– Il y a un détail qui ne colle pas, dit Roxanne d'un air perplexe. Tu dis que c'est le fils d'Odin qui veut faire ça. Donc ça veut dire qu'il doit avoir plus de mille ans. Ce n'est pas un peu bizarre ?
– Pourquoi ce serait bizarre ? Tu ne t'en rends pas compte mais moi aussi, j'ai plus de mille ans.
– Parfois, tu as l'air d'avoir trois ans d'âge mental.
– Hé !
– Et vous avez découvert tout ça hier soir ?
– Non. On a juste compris comment Odin avait organisé son legs de magie – parce que c'en est un – et deviné que l'un de ses fils, sans doute l'auteur des Mythes et Légendes scandinaves était encore en vie.
– Et c'est pour ça que tu es aussi agitée ?
Je leur dis ou je leur dis pas ?
– Oui, je mens.
– A-HA ! s'écrie Roxanne d'un air victorieux. C'était la demi-seconde d'hésitation de trop ! Que s'est-il passé ? Allez allez allez allez allez !
– Qui est-ce qui a dit que j'avais l'air d'avoir trois ans d'âge mental ?
– Moi aussi, je veux savoir. Et ose me dire que j'ai l'air d'une attardée, dit Judith d'un ton menaçant.
– Vous ne voulez pas déjeuner avant ?
– NON ! crient-elles en même temps.
De vraies gamines.
J'essaie de prendre une posture naturelle. Je croise les bras, roule des yeux et dit d'un air blasé :
– On était sous la cape, la proximité était gênante, voilà tout. Mais j'en suis pas morte, et lui non plus – dommage d'ailleurs. Ça y est, on peut manger ou vous êtes encore assoiffées de ragots ?
– Assoiffées de ragots ? Nous ? fait Roxanne d'un air étonné en tournant la tête vers Judith.
– Alors ça, c'est carrément pas notre genre, répond Judith avec un faux air surpris.
– C'est ça, oui, je dis en souriant.
On dirait qu'elles ont gobé. Tant mieux.
– Il n'y a rien eu de plus ?
– Rien, j'te dis…
-X-X-
Alors comme ça, hier, James et Ginger s'étaient embrassés… Je n'avais pensé qu'à ça toute la matinée en les observant attentivement pendant les différents cours. Ginger avait l'air un peu agitée mais elle agissait de façon très naturelle. Quant à James, il s'était appliqué à ne pas prononcer une seule fois son nom.
J'avais déjà prouvé que je n'étais pas très douée dans les relations humaines… Mais m'était avis que nier les faits était encore pire que de les admettre pour tourner la page. La question était : avaient-ils vraiment envie de tourner la page ? Et puis d'abord, y avait-il vraiment une page ? Pour poursuivre la métaphore, ils n'y avaient encore rien écrit, sur cette page. Ou alors une espèce de gribouillis informe au début. Et qui a envie de tourner une page avec un gribouillis ? Généralement, on essaie de rattraper le coup et d'écrire mieux après.
…
Je devais avoir mangé quelque chose de pas très frais ce matin.
A midi, j'étais allée déjeuner en plaisantant gentiment avec Thomas Abercrombie. Je ne le connaissais que très peu mais il me semblait plutôt sympathique. Pourquoi Ginger s'acharnait autant sur lui, je me le demandais bien. Peut-être que sa tête ne lui revenait simplement pas. Ça n'aurait pas été étonnant de sa part.
Quelqu'un arriva à ma gauche, je réalisai trop tard que c'était Freddy. Presque désespérément, je me mis à chercher une des filles du regard mais ni Ginger, ni Judith, ni Roxanne n'étaient dans le coin.
Oh, les saletés. Elles allaient m'entendre. Je ne savais pas si elles avaient prévu de me faire ce mauvais tour ou si c'était un très malheureux hasard, mais en tout cas, je ferais en sorte que ça n'arrive plus.
– Salut, Freddy.
– Salut, Amy, répondit-il avec un large sourire. Tu as progressé en guitare ? Tu me feras une démo un jour, hein ?
– Euh… ouais, ouais, marmonnai-je en pressant le pas pour arriver à hauteur de James.
– Ça va ? Tu as l'air un peu taciturne, ces derniers temps, fit Freddy.
Oh non. La dernière chose que je voulais qu'il croie, c'est que je l'évitais. Je n'avais pas envie de lui faire de la peine, qu'il soit amoureux de moi ou qu'il soit simplement mon ami.
– Je, euh, suis un peu malade, dis-je en me forçant à tousser. J'ai du mal à me faire à la météo anglaise, l'île de Beauxbâtons était chauffée toute l'année et ici… bah, c'est loin d'être le cas.
– Tu l'as dit, répondit-il en rigolant.
– Je ne veux pas vous contaminer, ajoutai-je.
– Pourtant, tu passes du temps avec les filles.
– Oh ! Elles, elles peuvent tomber malades, je m'en fiche, blaguai-je. De toute façon, avec les dortoirs, si une personne attrape une maladie, on peut être sûr que tout le monde l'aura dans la semaine, alors…
Il sourit, mais me demanda quand même :
– Tu es sûre que tout va bien ?
Je repris ma respiration pour contrôler ma voix.
– Tout va bien, je t'assure. Sauf que j'ai très faim et que tu constitues à l'heure actuelle un obstacle entre mon estomac et mon repas.
– Tu commences à ressembler à Ginger, tu sais.
– Et je suppose que tu ne dis pas ça parce que j'ai des cheveux roux et indisciplinés aujourd'hui.
– Effectivement, non.
– Ça se guérit ?
– Je ne crois pas.
Nous arrivâmes dans la Grande Salle et je m'installai à côté de James. Celui-ci fit une drôle de tête.
– Qu'est-ce qu'il y a ? Tu attends quelqu'un ?
– Oh, euh… Non… Non. Non non. Du tout, tu peux t'asseoir.
– Je vois, et ce n'est certainement pas Ginger qui devait s'asseoir ici ? demandai-je d'un air malicieux.
– Pas du tout ! s'écria-t-il, presque choqué.
– Non, pas du tout, c'est bien ce que je pensais. On ne me la fait pas, à moi, marmonnai-je tout bas en m'installant à côté de lui.
Il me regarda avec une lueur de défi dans les yeux. Je haussai simplement les épaules en arborant mon meilleur petit sourire d'autosatisfaction et commençai à manger. J'adorais l'embêter. J'adorais embêter Ginger à propos de ça, également. Et c'était surtout parce qu'ils ne trouvaient jamais de quoi répliquer. C'était tellement drôle…
Pour moi, évidemment.
– Hey, hey, fit Ginger en s'installant à côté de moi, tandis que Judith et Roxanne s'asseyaient en face. Oh, des haricots verts, dit-elle d'un air déçu en regardant mon assiette. Je crois que je ne vais manger que des pommes, aujourd'hui.
– Où étiez-vous ? demandai-je en leur jetant un regard « la-prochaine-fois-que-vous-me-faites-ce-coup-là-je-vous-dépèce ».
– Aux toilettes, répondit Roxanne un ton plus bas, pour que les garçons n'entendent pas.
– Tu sais, Ginger, tu vas avoir des carences si tu ne manges que des pommes, fis-je en me tournant vers la rousse pour dévier la conversation.
– Tu veux dire que je serais déséquilibrée ou un truc du genre ?
– Tu es déjà déséquilibrée, Enderson.
– La ferme, Potter.
– Si ton régime alimentaire est déséquilibré, ça peut entraîner des trucs plus embêtants comme l'obésité.
– Donc c'est pour ça qu'elle est obèse ?
Vive comme l'éclair, Ginger lança la pomme verte qu'elle avait en main sur la tête de Potter qui tomba à la renverse.
– Est-ce que ça peut entraîner des bouffées de colère ? siffla-t-elle en regardant Potter qui se massait le crâne, mort de rire.
– Euh, non, ça, c'est juste toi, répondis-je. James, ça va ?
– T'en fais pas, j'ai l'habitude.
-X-X-
La deuxième heure étant libre, nous avons presque tous décidé de sortir dans le Parc. Je dis presque, parce qu'Amy a décidé de rentrer dans le dortoir pour s'entraîner un peu à la guitare. Tant mieux. Pas que je ne l'aime pas, non, c'est surtout qu'elle me regarde bizarrement depuis ce matin et ça ne m'a pas aidée à me concentrer pour rester calme. Saurait-elle quelque chose ? Aurait-elle deviné ce qui s'est passé hier ? Cette fille aurait définitivement dû atterrir à Serdaigle.
Wright aussi a déserté, prétextant des révisions de DCFM urgentes. M'est surtout avis qu'il n'a pas très envie de se trouver trop près de Judith. C'est triste que ça se soit terminé si mal entre eux. Et dire que c'est notre faute, à Amy, Potter et moi… Je culpabiliserais si Amy ne culpabilisait pas autant. Elle ne s'en rend peut-être pas compte mais ses yeux se perdent souvent dans le vide et elle a l'air toute triste quand elle regarde Judith ou Arthur.
Bref, nous sommes tous assis au pied d'un arbre qui commence à peine à verdir. Le printemps, c'est dans deux semaines. Freddy, Woles et Thomas somnolent, allongés par terre, la tête sur leurs sacs de cours. Roxanne lit un nouveau roman d'amour dégoulinant de guimauve, comme toujours. Judith bronze, ses cheveux blonds déployés comme une auréole autour de son visage. Potter s'amuse à colorer différemment toutes les fourmis qui sortent d'une fourmilière voisine avec sa baguette. Et moi, je cogite.
Qui est le fils d'Odin ? Où se trouve-t-il ? Partout, n'importe où, probablement. Il aurait pu rester en Scandinavie parce qu'il a plus d'affinités avec la région. Ou au contraire, il serait parti loin pour ne pas éveiller les soupçons.
Ou alors… ou alors il serait resté à l'endroit où la chance qu'il y ait des chercheurs de l'anneau de Nibelung ou des pommes d'Idunn serait la plus grande. Ça se tient. Il est probable que le fils d'Odin, en effet, ait décidé de suivre de près les recherches d'autres personnes pour leur rafler les trésors au dernier moment.
Et en suivant cette théorie… Ça voudrait dire que cette personne connaissait Hedvig Virtanen, alias Tove Kausmaki la psychopathe norvégienne.
Gondul, j'ai besoin de ton aide.
« Ce n'est vraiment pas le moment. »
A quel point ?
« Au point que je suis encerclée d'Aurors, andouille ! »
L'andouille apprécie. L'andouille se demandait si le soir où Tove Kausmaki t'a libérée de l'anneau, tu avais repéré quelqu'un d'autre que McGonagall dans la forêt.
« Techniquement, ce n'est pas Tove qui m'a libérée, c'est moi qui me suis servie de la gamine pour me libérer. Pour ce qui est des humains dans la forêt, je n'en ai détecté qu'un seul. Pourquoi ? Penses-tu que quelqu'un d'autre était présent ? »
C'est l'idée. Peut-être que le fils d'Odin était là.
« Et pourquoi ne se serait-il pas manifesté ? »
Peut-être qu'en t'entendant, il aurait fait demi-tour, je ne sais pas, moi !… Une minute. Peut-être qu'il m'a même vue. Si ça se trouve, il sait que je suis une Valkyrie !
« Maintenant que tu le dis, je me souviens que les fils d'Odin étaient plutôt doués dans l'art de la dissimulation. Alors peut-être qu'il a tout entendu… Mais qu'il a tout vu, ça, non, je suis catégorique. S'il était si proche que cela de nous, quelle que soit la magie qu'il ait utilisée, j'aurais senti sa présence. »
Donc il aurait très bien pu être là. D'accord… Tout ça ne confirme ni n'infirme la théorie que je viens de monter.
« …qui est ? »
Je croyais que tu étais occupée avec des Aurors.
« C'est bon, je les ai assommés. Alors ? »
Je pense que le fils d'Odin aurait pu connaître Kausmaki depuis le début, et il l'aurait suivie dans l'ombre.
« Donc il serait à Poudlard. »
Je me glace.
« Bien sûr que oui, Gondul. S'il peut la suivre d'aussi près, c'est qu'il doit être à Poudlard. Pourquoi cette surprise ? »
Je n'y avais pas pensé…
« Et tu penses à faire des connexions entre tes neurones parfois ? »
Merci, cervelle de moineau, j'y penserai la prochaine fois. Cette personne serait donc nouvelle à Poudlard, en même temps que Kausmaki ?
« Pas forcément. La Bibliothèque de Poudlard est l'une des plus fournies en ce qui concerne la mythologie scandinave, juste après celle de Beauxbâtons. Mais la différence, c'est que Poudlard a un exemplaire des Mythes et Légendes scandinaves, et pas Beauxbâtons. Le fils d'Odin aurait simplement pu rester ici à attendre son heure. »
Un professeur, donc.
« Trop indiscret. Je pensais plutôt à un élève, qui se réinscrirait tous les sept ans sous un faux nom avec une bonne dose d'élixir de jouvence dans le sang et qui ne se ferait pas remarquer. »
Attends, attends, ça fait beaucoup d'information d'un coup.
« Prends ton temps, crâne de piaf. »
Merci. Le fils d'Odin est donc à Poudlard. On ne sait pas de qui il s'agit, mais il est sans doute élève. Et il se fait discret. Et il est très probable qu'il soit venu à Beauxbâtons, non ? Comme ça il aurait pu suivre Virtanen…
« Très juste. Ça pourrait être les jumelles qui ont suivi Kausmaki en se transformant en insectes. »
Peut-être, mais ce sont des filles et elles sont deux. Alors à moins que le fils d'Odin ne soit un transsexuel coupé en deux…
« L'un n'empêche pas l'autre. Odin a eu neuf fils, un seul n'était pas intéressé par l'héritage. Si je ne m'abuse, il reste huit fils potentiellement concernés. Deux d'entre eux auraient pu changer d'apparence et se faire passer pour des femmes. »
Oui, mais les jumelles n'ont même pas réussi à battre Kausmaki. Pourtant, des hommes de plus de mille ans devraient avoir acquis suffisamment de compétences en magie pour vaincre une sorcière de dix-sept ans. Et en plus, les jumelles ne se font pas particulièrement discrètes. Tout le monde sait qui elles sont, à Poudlard. Erik Gongs, alors ? C'est typiquement la personne que je ne remarque jamais et pourtant il est dans ma promo.
« Ça m'étonnerait. Il n'est même pas venu à Beauxbâtons, si mes souvenirs sont bons. »
C'est juste… Mais il aurait pu venir discrètement, non ? En s'échappant de Poudlard puis en transplanant ?
« C'est possible, mais peu probable. »
Aussi peu probable que les jumelles. Je pense que tu as tort en pensant que ce sont elles.
« Et je pense que tu as tort en pensant que c'est ce jeune garçon. Quoi qu'il en soit, garde-les à l'œil. Tous les trois. »
Pour les jumelles, ça va être dur…
« Tu vois, qu'elles arrivent à se faire discrètes ! » s'écrie Gondul avec un ton victorieux. « Quoi qu'il arrive, prends garde. Notre ennemi est proche de toi. »
Hein ? Où ça ?
« C'était métaphorique. Le ou les fils d'Odin sont dans l'enceinte de Poudlard, ou dans ses environs. Surveille constamment tes arrières. Et n'accorde pas ta confiance à quiconque. »
Même pas à mes amis ?
« Ça dépend. A tes deux amies Anglaises et à James Potter, tu peux, j'ai lu dans leurs esprits la seule fois où je les ai rencontrés. Ce sont des personnes dignes de confiance. Mais ne parle à personne d'autre. »
Même pas à Amy ?
« La petite Française ? Non. Tu ne la connais qu'à peine. »
Elle a l'air digne de confiance aussi.
« Mots-clés : avoir l'air. Evidemment que le fils d'Odin, quel qu'il soit, ne ressemble pas à un tueur sanguinaire, sinon nous l'aurions déjà repéré. Jouer sur les apparences, c'est facile. »
Mais elle n'était même pas à Poudlard au début de l'année !
« Je n'ai plus le temps de discuter, les choses deviennent vraiment dangereuses pour moi. Prends garde, Gondul. »
Silence.
Je rouvre les yeux. Je ne m'étais même pas aperçue que je les avais fermés. L'herbe du parc est toujours secouée par une brise printanière bienvenue, et les conversations d'autres élèves retentissent à quelques mètres de nous. Potter continue de colorer ses fourmis, Judith s'est endormie, Freddy ronfle légèrement. Mais je suis à des kilomètres de là.
Le danger est bien plus proche que je ne le croyais. L'héritier d'Odin est à Poudlard. Et peut-être même qu'il connaît déjà mon identité.
Il va falloir que je raconte tout ça aux filles. Et à Potter, bien entendu… Maintenant qu'il a commencé les recherches avec moi, je ne peux pas le laisser tomber. Et de toute façon, je ne pense pas qu'il accepterait si je le laissais tomber. Il est trop curieux pour rester en dehors de tout, maintenant.
C'est bien dommage pour moi, d'ailleurs. Si seulement je pouvais réfléchir à cette affaire sans que mes pensées ne dérivent sans cesse sur James… euh, Potter, je veux dire Potter, j'aurais beaucoup moins de mal à me focaliser sur les choses importantes. A savoir : qui est le taré qui veut mettre en marche la fin du monde, ou, dans le meilleur des cas, asservir la Terre entière ?
… bizarrement, même penser à des trucs aussi inquiétants ne m'empêche pas de perdre mon regard sur le visage joyeux de James ensorcelant des fourmis innocentes.
