Le samedi matin, c'était le grand jour, le jour du dernier match de Quidditch des Gryffondors. Le problème, c'était que leur Attrapeuse était hors-service. « Hors de question qu'elle sorte de l'Infirmerie tant qu'elle n'ira pas mieux ! » avait mugi Mrs. Pomfresh quand Charles Woles avait évoqué l'idée de faire participer Ginger.
Il y avait eu des essais de dernière minute avec à peu près tous les élèves à Gryffondor. Ils étaient plus décevants les uns que les autres et Charles Woles, le capitaine, avait l'air d'avoir envie de se jeter du haut d'une falaise.
– Pourquoi pas Amy ? avait proposé Freddy, en désespoir de cause.
– Moi ? m'étais-je exclamée avant d'éclater de rire. Je te signale que j'ai le vertige en descendant des escaliers. Alors sur un balai, t'imagines même pas !
– On ne peut pas jouer sans Attrapeur non plus, avait soupiré Roxanne.
– Je… J'aimerais bien essayer.
Toute l'équipe de Quidditch se tourna vers le nouveau venu qui se trouva être Albus Potter. James fronça les sourcils.
– Toi ? Al', t'es aussi nul sur un balai qu'un Veracrasse.
– On peut toujours essayer, le coupa Chuck. Lâche le Vif d'Or, Potter.
James, qui l'avait dans son poing, le lança le plus loin possible. Puis il jeta son balai à son frère, qui le rattrapa au vol. Albus l'enfourcha et s'envola aussitôt.
– Il est pas si nul, remarqua Judith.
– Quand même, grogna James, de mauvaise foi. Ginger est meilleure que lui.
– Bien sûr qu'elle est meilleure que lui, ça fait des années qu'elle est à ce poste ! fit Roxanne.
Fascinée, je regardais Albus évoluer avec aisance dans les airs. Je ne l'avais jamais vu voler avant. Il était très doué. Quelques minutes plus tard, il se mit à foncer, bras tendu. Il referma sa main sur une petite balle dorée que je n'avais pas vue avant qu'il ne l'attrape.
– Trois minutes et demi, fit Theodore Carter en regardant sa montre.
– Tant pis si ça ne te va pas, Potter, fit Chuck, un sourire aux lèvres. On prend ton frère.
Potter marmonna dans sa barbe quelque chose que personne n'entendit. Il avait l'air assez irrité.
Cet épisode s'était déroulé mercredi. Depuis, Albus avait passé la majorité de son temps sur le terrain de Quidditch, sautant parfois des repas pour avoir plus de temps pour s'entraîner, malgré les révisions des BUSES qui devenaient de plus en plus menaçantes pour lui. J'avais parlé de tout cela à Ginger, bien sûr : je pensais que ça l'attristerait de ne pas jouer au dernier match, ou d'être remplacée par lui. Elle dit simplement :
– C'est pas comme si j'étais absolument nécessaire pour que le monde continue de tourner, hein ? Ça ne me dérange pas qu'il me remplace. Il faut bien que Gryffondor gagne.
OoOoO
Vendredi après-midi, nous travaillions à la Bibliothèque. Nous ne savions pas encore que quelques heures plus tard, Pomfresh nous refuserait l'entrée de l'infirmerie parce que Ginger pleurait toutes les larmes de son corps.
Une silhouette encapée ouvrit la porte et se dirigea vers notre table. Je reconnus l'uniforme des Aurors, que j'avais déjà bien assez vu la semaine dernière lors de cette affreuse nuit dont je cherchais à supprimer définitivement tout souvenir. Contrariée, je penchai la tête vers mon cours de Sortilèges pour ne pas le voir.
C'était Harry Potter. Les groupes d'élèves autour de nous le dévisageaient, sidérés. Lui ne sembla même pas les remarquer.
– Bonjour, Papa, fit James à voix basse, un peu étonné.
– Bonjour… James, il faut qu'on parle. J'ai une enquête à boucler et des points à éclaircir.
Il salua le reste du groupe et partit avec son fils.
– Et nous alors ? s'indigna Judith dans un chuchotement.
– James doit savoir plus de trucs que nous, Jude, la raisonna Roxanne. Il est resté plus longtemps…
– Amy aussi !
– Je suis très contente qu'il ne m'ait pas demandé de le suivre, dis-je tranquillement. J'en ai assez avec tout ça. Le plus tôt ce sera enterré, le mieux ce sera.
Elles me lancèrent un coup d'œil curieux qu'Arthur et Thomas ne remarquèrent pas, puis Judith et Roxanne se levèrent, m'incitant à faire de même. Nous marchâmes plus loin, dans des rayonnages vides d'élèves, pour me parler à l'abri d'oreilles indiscrètes.
– Amy… Tu es sûre que ça va ? C'était ton père, quand même.
– Et c'était un monstre. Je préfère faire comme si je n'étais pas au courant, comme avant.
– Ce n'est peut-être pas une bonne idée… opposa timidement Roxanne.
– Tu préfères que je déprime ? Je croyais que Ginger jouait déjà le rôle.
Je regrettai aussitôt cette réplique.
– Je voulais pas dire ça ! m'écriai-je. Je suis désolée, vraiment, je… J'ai vraiment pas envie de me faire du mal avec cette histoire. Et Ginger a besoin de nous. Je ne peux pas me permettre de penser à ça quand je n'en ai pas nécessairement besoin et que Ginger est dans un état pareil.
Elles hochèrent la tête, l'air peu convaincu. Nous reprîmes le chemin de la table.
James revint plus tard. Nous restâmes longtemps à la Bibliothèque, travaillant en silence, puis, au crépuscule, nous rassemblâmes nos affaires et partîmes. Dans les couloirs, Judith, Roxanne, James et moi ralentîmes le pas pour que les autres nous dépassent.
– Il t'a demandé quoi ? fit Roxanne, très curieuse, lorsque plus personne ne se trouva à portée d'oreille que nous quatre.
– C'est Ginger qui l'a renvoyé à moi. Il venait de la voir. Elle lui a dit de venir me parler d'Horcruxes.
– Oh… Alors… tu lui as tout dit ?
– Je ne lui ai pas parlé de mythologie. Je lui ai juste dit que Ginger faisait partie d'une variété humaine, euh, très rare, qui avait les mêmes caractéristiques que les phénix, et que l'une de ses « vies » précédentes, à savoir Gwenaëlle Andres selon les registres des Aurors, avait fait un Horcruxe.
– Des hommes-phénix ? C'est ridicule.
– Je sais. D'ailleurs, il ne m'a pas cru. Je lui ai dit qu'il n'en saurait pas plus et que c'était la version la plus proche de la réalité qu'il aurait.
– Tu lui as dit ça comme ça ? s'étonna Roxanne. Cash ?
– Ouais. Il n'était pas très content, d'ailleurs. Je lui ai dit que j'avais de bonnes raisons. Ça l'a encore plus énervé.
– Il ne t'a rien demandé d'autre ? reprit sa cousine. Par exemple, une explication à tout ce qu'il s'est passé la semaine dernière ?
– Si, répondit James. Je lui ai dit que personne à part Pendleton n'avait compris ce qu'il s'était passé, et que tout ce qu'il nous avait dit, c'était que lui seul pouvait provoquer tout ça. Les Aurors laisseront Ginger tranquille. Elle n'a vraiment pas besoin de ça en ce moment.
– Et que vont-ils faire ? Ils vont continuer à chercher des explications ?
– Je ne crois pas. Il sait qu'il ne se passera plus rien maintenant. Le problème sera de convaincre les autres Aurors. Certains ont été gravement blessés et ça va les énerver de ne pas savoir à qui s'en prendre et pourquoi.
James se tut et nous continuâmes notre chemin vers la tour Gryffondor, songeurs. Après avoir déposé nos affaires de cours, nous nous retrouvâmes dans la salle commune.
– On va voir Ginger ? proposa Judith.
OoOoO
Le grand jour était venu. Il était onze heures, la majorité de Poudlard était réunie sur les gradins du terrain de Quidditch, hurlant pour encourager les joueurs qui devaient arriver sur le terrain.
– Boooonjour à tous ! s'écria la commentatrice à travers les hauts-parleurs. C'est aujourd'hui le dernier match des Gryffondors – sans leur attrapeuse, cela leur portera-t-il préjudice ? On applaudit Potter, Woles, Robins, Weasley, Carter, Kreeps eeeet… Potter en remplaçant !
– OUAAAAAAAAAAAIS ! hurla un garçon juste à côté de moi.
J'étais en compagnie de Rose, Lucy et un ami d'Albus à Serdaigle. Je ne comprenais pas pourquoi il était aussi excité. L'équipe de Serdaigle ne jouait même pas aujourd'hui.
– Et ils seront contre les Poufsouffles, à leur deuxième match seulement de l'année ! Rappelons qu'ils ont marqué 300 points au dernier match et qu'ils en ont encore un devant eux. Les Gryffondors, si vous voulez une coupe cette année, vous allez devoir vous bouger le c –
– FILPS !
– Désolée, professeur ! Bref, les Gryffondors, soyez actifs !
Les joueurs de Poufsouffle furent annoncés alors qu'ils entraient un par un sur le terrain. Le Serdaigle se remit à hurler.
– Excuse Archie, me glissa Lucy à l'oreille en souriant. Il est du genre enthousiaste.
– Je vois ça !
Le Souafle fut envoyé en l'air et les gradins explosèrent en vivats. Les Poufsouffles s'emparèrent immédiatement de la balle et marquèrent dix points en deux temps, trois mouvements. Archie hurla encore plus fort (je ne pensais pas que c'était possible). Deux minutes plus tard, il se remit à crier de joie lorsque les Gryffondors envoyèrent le Souafle dans les anneaux de Poufsouffle.
– T'es pour quelle équipe ? lui criai-je à l'oreille pour qu'il m'entende.
– Aucune ! Je profite juste du match pour utiliser mes cordes vocales !
Je lui lançai un coup d'œil étonné qu'il ignora.
Poufsouffle marqua trente autres points. James semblait soucieux. C'était peut-être l'état de Ginger qui le préoccupait tellement ? Ou alors le fait qu'Albus se faisait avoir à chaque fois que l'autre Attrapeur feintait ? La Poufsouffle qui faisait les commentaires du match s'en donnait à cœur joie.
A un moment donné, Lucy tourna la tête vers moi et poussa un cri qui passa presque inaperçu :
– Amley ! Tes cheveux !
– Quoi mes che…
Je m'arrêtai toute seule au milieu de ma phrase en attrapant une mèche. J'écarquillai les yeux. Ils étaient longs et violets, alors que depuis le début de la matinée ils étaient blancs et courts. Je n'avais pas eu de grand choc important, pourtant, ce qui était toujours le cas lorsque mes cheveux se transformaient en pleine journée…
Et si je n'avais plus le syndrome du Caméléon ? Les révélations de la semaine dernière auraient très bien pu régler mon problème. Et je ne l'aurais pas encore remarqué avant aujourd'hui…
Le cœur battant la chamade, je fermai les yeux et me concentrai sur une chevelure rousse…
– Oh ! s'écria à nouveau Lucy. Tes cheveux ont encore changé !
Je rouvris les yeux et attrapai une mèche. Mon cœur fit un bond. Ils étaient bleus. J'avais lamentablement échoué pour les métamorphoser dans la couleur que je souhaitais, mais j'avais réussi à les transformer quand même !
– Il faut que je prévienne le docteur Saune ! m'écriai-je, sentant l'excitation monter en moi.
– Le docteur qui ?
– Mon docteur depuis que j'ai sept ans. Il fait des études sur les demi-métamorphomages. Je dois le tenir au courant !
– Vas voir Flitwick ! me conseilla Lucy. Il est dans son bureau, tu lui demanderas si tu peux passer un coup de Cheminette à ton docteur ! Tu ne devrais pas avoir de problème vu qu'il t'adore !
– Je n'oserais jamais ! Tu ne veux pas m'accompagner ?
– Non, je dois encourager Albus ! Mais vas-y avec Archie, il a assez crié pour aujourd'hui !
– CA MAAAAAARCHE ! hurla Archie, qui avait entendu notre conversation. ALLONS-Y !
OoOoO
– Donc… Pourquoi adores-tu hurler ? lui demandai-je alors que nous marchions vers le bureau de Flitwick.
– Oh, je ne fais pas que hurler ! Je mets ma voix à l'épreuve. Je veux devenir un rockeur et il faut de la voix pour ça !
– Ah… Et tu as d'autres projets d'avenir ? Si celui-là ne fonctionne pas ?
– Peut-être guérisseur. Mais je fais déjà partie d'un groupe et les gars sont sérieux aussi avec ça. Y a pas de raison pour que ça ne marche pas !
– Si tu le dis…
– Et toi, tu veux faire quoi après Poudlard ?
Je souris.
– Oh, ça, c'est encore loin ! Je ne sais même pas ce que je veux faire après la fin de cette année.
– Comment ça ? Tu vas arrêter tes études ?
– Non, ce n'est pas ça… J'étais à Beauxbâtons avant. Je ne sais pas si j'y retourne à la fin de l'année ou si je reste ici définitivement. Mes amies de là-bas me manquent.
– D'un autre côté, si tu repars à Beauxbâtons (il prononçait « Bôbeuteun »), tes amis d'ici vont te manquer.
– C'est bien le problème, soupirai-je.
Nous étions arrivés devant la porte du bureau de Flitwick. Je toquai et il ouvrit quelques secondes plus tard.
– Miss Virmel ! me salua-t-il avec un grand sourire. Vous n'êtes pas au match de Quidditch ?
– J'en viens, professeur, répondis-je timidement. Je suis désolée de vous déranger, mais j'aimerais passer un coup de Cheminette assez urgent. Je voudrais contacter mon médecin en France.
– C'est grave ? demanda-t-il, soucieux.
– Pas du tout !
– Ne feriez-vous pas mieux d'aller voir Mrs. Pomfresh, dans ce cas ?
– En fait, il s'agit de mes cheveux, avouai-je en rougissant. Le docteur Saune me suit médicalement depuis dix ans. Il est spécialiste du demi-métamorphomagisme. C'est à lui qu'il vaudrait mieux que je m'adresse.
Il hocha la tête, compréhensif. Je soupirai de soulagement et passai la porte lorsqu'il s'écarta pour me laisser entrer. Il s'étonna en voyant Archie :
– Vous avez besoin de quelque chose aussi ?
– Non, professeur, je ne faisais que l'accompagner. Elle n'osait pas venir toute seule.
Je me sentis rougir jusqu'à la racine des cheveux.
– Oh, Amy, tes cheveux ont encore changé de couleur !
– Vous n'osiez pas ? demanda le professeur Flitwick. Mais pourquoi ?
– Je, euh… Enfin, je sais que vous… Heum… J'ai lu des tas et des tas de livres sur vous et je suis admirative, voilà !
Quand je réalisai ce que je venais de dire, j'eus la brusque envie de me défenestrer. A la place, je m'emparai presque violemment du sachet de poudre de Cheminette posée sur le manteau de la cheminée, jetai une pleine poignée de poudre dans l'âtre en criant « Bureau du Docteur Saune, Hôpital Saint-Maquereau ! » avant de fourrer la tête dedans.
Je fus ballotée dans tous les sens jusqu'à ce que ma tête arrive dans l'âtre propre de la cheminée du bureau du Dr Saune, que je connaissais bien pour y avoir passé des journées entières pendant mon enfance.
Celui-ci était assis derrière son bureau et se leva immédiatement en me voyant arriver. Il s'accroupit devant moi :
– Amélie ? Ça va ?
– Je crois que je n'ai plus le Syndrome du Caméléon !
– Qu'est-ce qui te fait dire ça ? fit-il, très surpris. Tu arrives à changer volontairement tes cheveux ?
Je lui fis une démonstration en me concentrant sur des cheveux noirs et courts et il poussa un cri de stupeur :
– Ca alors ! Et tu voulais que tes cheveux deviennent ainsi ?
Ils étaient blonds, malheureusement.
– Non, je voulais qu'ils soient noirs… Je n'arrive pas à contrôler.
– Je vois… fit-il, songeur. Tu n'es pas tout à fait débarrassée du syndrome, alors. Il s'est passé quelque chose d'important la semaine dernière ? Tu as réalisé quelque chose ou… ?
C'était le moment où j'étais censée dire que je connaissais mon père. D'un côté, pour qu'il puisse continuer ses études sur les demi-métamorphomages, je devais lui en parler. D'un autre côté, je n'avais pas envie qu'il soit au courant… Mais il avait prêté le serment d'Hippocrate en devenant médicomage, le serment qui l'empêchait de parler de tout ce qu'il pouvait savoir de ses patients. Il n'allait pas en parler à mes parents.
– Amélie ? répéta-t-il.
– Je connais mon père, dis-je très vite avant de changer d'avis.
Il haussa les sourcils.
– Ton père ? Comment ça ? Oh, tu veux dire ton père biologique ?
– Il est mort, maintenant… C'était le professeur Pendleton. Je m'en suis rendu compte peu de temps avant qu'il ne soit… tué. La semaine dernière.
Cela me coûtait de parler de ces souvenirs que j'avais déjà profondément enterrés dans ma tête. Le docteur Saune prit un air compatissant :
– Je suis désolé, Amy…
– Ça va, l'interrompis-je aussitôt. Je veux juste oublier, maintenant. Faire comme si de rien n'était.
Il me fixa quelques secondes puis soupira :
– Ce n'est pas très étonnant que tu aies encore le Syndrome, dans ce cas…
– Comment ça ?
– A mon avis – ce n'est qu'une supposition – il faut que tu admettes que ton père était cet homme, que tu l'acceptes. Aussi mauvais père qu'il ait été, il constitue une partie de tes origines. Je ne dis pas que tu as hérité de quoi que ce soit d'autre que certains gènes, Amélie, n'aies pas l'air si vexée ! Mais refouler tes souvenirs t'empêchera de te libérer du Syndrome. Et à long terme, je ne suis pas sûr que renier tout ce que tu as pu apprendre à ce sujet soit bon pour toi.
Au fur et à mesure de son discours, je m'étais renfrognée et assombrie. Alors comme ça, encore à cause de ce Pendleton, de ce Gary, de ce Tyr, qui était pourtant six pieds sous terre, je ne pouvais pas me défaire de ma maladie. Je devrais porter ce fardeau toute ma vie. Il était hors de question de penser à cet homme comme étant mon père. Ça ne me ferait aller que plus mal et je ne voulais vivre cela pour rien au monde.
– Tu devrais voir un psychologue, me conseilla le docteur Saune.
– Merci pour tout, docteur, j'y réfléchirai. Je dois partir, maintenant, mentis-je.
– A bientôt Amélie !
– A bientôt.
OoOoO
A peine Archie et moi avions fait quelques pas en-dehors du bureau de Flitwick qu'une vague d'applaudissements et de hurlements résonna au niveau du terrain de Quidditch. Nous nous approchâmes d'une fenêtre que nous ouvrîmes.
– C'était quoi ? demandai-je.
– Je crois que c'était la fin du match, dit tristement Archie. Dommage. J'aurais bien aimé crier encore un peu.
Nous descendîmes rapidement les escaliers puis traversâmes le parc. Une foule d'élèves ravis se déversait du terrain. Les Gryffondors et les Poufsouffles étaient hilares. Mon camarade et moi étions perplexes. Qui avait gagné ?
Judith passa à proximité et me hurla dans les oreilles un enchaînement de mots qui n'avaient aucun sens puis partit rigoler avec Roxanne. James et Albus se tenaient bras dessus, bras dessous, souriants comme jamais. Quelques joueuses de Poufsouffle étaient juchées sur les épaules de leurs camarades de maison. Archie finit par réussir à arrêter Rose, dans la foule, aux côtés de Scorpius Malefoy :
– Qui a gagné, alors ?
– Les Gryffondors !
– Mais pourquoi les Poufsouffles sont aussi ravis ?
– Les Gryffondors ont gagné à 250 à 220, donc on a 600 points au total. Mais les Poufsouffles en ont 520, et il leur reste encore un match ! Ils sont sûrs de marquer plus de 80 points au prochain, et donc de gagner la coupe, et les Gryffondors, eux, sont sûrs qu'ils n'y arriveront pas. Si c'est le cas, nous gagnerons la coupe !
Pendant toute la journée, les élèves de Poufsouffle et de Gryffondor montrèrent une bonne humeur communicative. J'étais aussi joyeuse qu'eux, d'autant plus que je m'étais presque entièrement libérée de ma maladie. J'étais certaine que je trouverais un moyen de contrôler à nouveau complètement mon pouvoir.
Mais je n'avais pas le cœur de rappeler de passer voir Ginger, qui était plus déprimée que jamais, qui nous refuserait sûrement à l'entrée de l'infirmerie et qui nous baisserait considérablement le moral.
J'ignorais alors que je regretterais cette pensée à peine quelques heures plus tard.
