J'ai pleuré toute la journée d'hier. Sans pouvoir m'arrêter. A un moment, Pomfresh est passée me demander si je voulais voir mes amis. Je n'ai même pas eu la force de lui faire une remarque cinglante.

C'était comme si un creux grandissait dans ma poitrine et dans mon ventre en aspirant toutes mes forces. C'était affreusement douloureux. J'en avais la nausée. Ou peut-être que c'étaient les calmants de l'infirmière qui me faisaient cet effet. Elle m'en avait bourré toute la soirée jusqu'à ce que je m'endorme dans un sommeil peuplé de cauchemars qui me faisaient revivre les mêmes souvenirs, inlassablement.

Le lendemain, rebelote. J'ouvre les yeux, me rappelle toute la nuit où j'ai perdu Gondul, et me remets à pleurer. La douleur est atroce. Mes larmes semblent ne jamais vouloir s'arrêter de couler. Pourquoi ? Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Alors que tout s'arrangeait… Elle m'a laissée seule ici. Sans personne. Tout aurait pu si bien se terminer, comme un bon vieux conte de fées.

Mais ce n'est pas un conte de fées. C'est la vraie vie.

Gondul est morte.

La journée se passe plus calmement. J'ai décidé d'arrêter de sangloter bruyamment parce que si je continue, Pomfresh m'abrutira à nouveau avec ses médicaments. Or je ne veux plus faire face à mes souvenirs. Le crochet de basilic planté dans la poitrine de Gondul. Son regard surpris, peiné, sur sa blessure, puis celui qu'elle m'avait jeté. Plein de compassion. Elle savait que le plus dur serait pour moi. Mourir… C'est tellement simple. On ferme les yeux pour ne plus les rouvrir. Un dernier pic de douleur avant l'absence de sensation. C'était injuste ! Gondul était plus forte que moi. J'aurais dû mourir avant elle ! Elle, elle aurait pu vivre sans moi. Elle n'avait pas besoin de moi. Moi, si ! Que vais-je devenir sans elle ?

Mes larmes redoublent et je me mords le poing pour ne pas faire de bruit, serrant ma tête contre mes genoux de toutes mes forces pour étouffer ma respiration saccadée.

Je ne vois pas les heures passer. Combien de temps s'est écoulé ? Une journée ? Une semaine ? Un an ? C'est la nuit depuis longtemps. Je n'ai d'autres souvenirs que ceux de la mort de mon amie, du meurtre de la moitié de mon âme, de la destruction de mon Horcruxe. Ai-je mangé ? Dormi ? Aucune idée.

Ce que je sais, c'est que je n'ai parlé à personne depuis bien longtemps. Je suis seule avec mes pensées qui ne cessent de me rappeler ma douleur et ma situation désespérée. Livrée à moi-même.

– Tu m'as abandonnée… Tu n'avais pas le droit.

Je ne m'attends pas à une réponse, mais le silence qui accueille mon murmure me confronte à nouveau à ma solitude.

Je n'en peux plus.

Je me lève de mon lit et sors de l'infirmerie, les larmes courant sans un bruit sur mes joues et s'imprégnant dans mes cheveux emmêlés. L'ombre qui me suit dans les couloirs ne me ressemble pas. Je suis maigre, mes bras sortent des manches trop larges de ma robe de malade comme les serres crochues d'un corbeau. Je me fais penser à la figure de la mort. J'ai l'impression de glisser sur les dalles tellement je suis silencieuse, telle un fantôme. Personne ne me voit. C'est exactement comme si je n'existais pas.

Je sors dans le parc. C'est une nuit sans lune, et pourtant je perçois tout clairement. La sombre forêt interdite. La surface brillante et mouvante du lac noir. Fait-il froid ? Sans doute. La seule chose que j'arrive encore à sentir, c'est le vide dans ma poitrine. Tous mes autres nerfs sont inertes. Le silence est si complet que j'ai l'impression d'être sourde. Même mes pas sur l'herbe mouillée de rosée sont inaudibles. Peut-être est-ce vraiment le cas, après tout, peut-être n'ai-je plus de sensation.

La réalité me contredit. Le premier pied qui entre en contact avec les vaguelettes du bord du lac rencontre une surface humide et glacée. Le bruit des vagues contre la terre me berce, comme une douleur lancinante. Je continue de m'enfoncer dans les flots sombres et petit à petit je sens mon corps s'engourdir de froid. L'eau s'infiltre dans mes vêtements, dans ma peau, entre mes os, me rafraîchit et commence à remplir le vide dans ma poitrine. Mes larmes s'intensifient, toujours sans bruit.

Ma tête passe sous l'eau. Je continue de marcher, puis, quand je suis fatiguée, je m'arrête. Je ne pleure plus, ou peut-être que mes larmes se mêlent au lac, tout simplement. Me suis-je beaucoup éloignée du bord ? Peut-être. La respiration me manque.

Gondul. C'est elle qui me manque. Sans elle je ne veux pas, je ne peux pas continuer.

Pas plus que sans oxygène.

Cette fois-ci, c'est la fin. L'eau gelée s'infiltre dans mes poumons et me brûle. La douleur est insupportable. J'essaie de me mouvoir, mes membres ne veulent plus bouger. Je suis bloquée. Je ne peux plus rien faire. Alors je ferme les yeux, calmement. Il n'y en a plus pour longtemps.

Comme ça, je laisserai tout le monde tranquille. Ils n'ont pas besoin de moi, c'est moi qui suis dépendante. Ils seront libérés de ce que je suis devenue. Un poids mort, sans vie, sans âme.

C'est peut-être ce que j'ai toujours été.

Un bruit me sort de ma torpeur, je rouvre les yeux. Une vague de terreur me traverse de la tête aux pieds. Je vais mourir. Je vais mourir ! Qu'est-ce qu'il me prend ? Pourquoi je fais ça ? Pourquoi ai-je décidé de me noyer ? A quel moment ?

Ma vision se trouble.

Tout est noir.

Quand je rouvre les yeux, tout est sombre et flou.

Bon, c'est déjà un progrès, soyons positifs.

Une minute. Je suis morte ? Je suis morte, c'est ça ? C'est pas vrai, quelle idiote ! Là, pour le coup, j'ai une bonne raison de pleurer. Mais les gens morts ne pleurent pas, n'est-ce pas ?

– T'es c-c-complètement MALADE ! crie quelqu'un d'une voix suraigüe et légèrement hystérique à côté de moi.

Satan ?

– Qu'est-ce qui t'a pris, qu'est-ce qui t'a pris ?

Je sens vaguement qu'on me secoue les épaules. En enfer, on m'aurait plutôt donné des coups de fouet, non ? Mais il est plus probable que ce soit là que je me trouve : je me suis suicidée, donc je n'ai pas à m'attendre au paradis.

Ce n'est pas comme si je m'y attendais de toute façon, j'ai fait trop de mauvaises actions dans ma vie. Ah, je savais que je n'aurais jamais dû jeter Angèle Champrun par la fenêtre l'année dernière.

Cela dit… Ça valait le coup.

Je suis vraiment morte alors ? Il n'y avait personne autour de moi. Je me suis noyée toute seule, personne n'a pu me sauver, impossible, tout le monde dormait. Ça veut dire que je ne reverrai jamais Judith. Ni Roxanne. Ni Amy. Ni James. Reverrai-je Gondul ? Même pas sûr. On dirait qu'il n'y a que moi et une femme hystérique ici. Pas vraiment le genre de Gondul.

Une vague de terreur me submerge. Ne panique pas Ginger, ne panique pas. Tu vas trouver une solution. Il te suffit juste de ne pas prendre de tunnel et de ne pas te diriger vers des sources louches de lumière blanche et il n'y aura aucun problème.

Si ça se trouve je pourrai devenir fantôme et comme ça je les reverrai tous, tout le temps ! Ah, oui, mais ça veut dire que je vivrai avec Nick Quasi-Sans-Tête pendant le restant de mes jours.

– J't'en supplie, réponds, réponds ! continue la voix hystérique.

Je pourrais répondre, oui, c'est une alternative. Mais t'écouter brailler est plus amusant.

J'aurais aimé dire ça, le problème, c'est que je ne sais plus où se trouve ma bouche. Plus précisément, les muscles de ma bouche. Il y a comme un problème de connexion je crois.

Justement, je sens quelque chose se poser sur mes lèvres et de l'air chaud s'engouffre dans ma gorge. Bon, maintenant, je sais où est ma bouche. Mais j'aimerais bien savoir ce qu'on est en train de me faire. C'est assez désagréable, j'ai l'impression d'embrasser le calmar géant. C'est tout mouillé.

Ça y est, j'y suis. Du bouche à bouche ! Hé, si j'arrive à sentir qu'on me fait du bouche à bouche… Que je suis consciente… Que j'arrive à respirer… Est-ce que ça veut dire que quelqu'un m'a sauvée ? Que je suis encore vivante ? Que je vais tous les revoir ?

Un visage se dessine vaguement devant moi. Il replonge vers moi pour continuer de me donner de l'oxygène. Jamais je n'aurais pensé que le bouche-à-bouche pouvait être aussi répugnant.

Mais je sens les forces me revenir, peu à peu, la chaleur rejoindre mon corps. Des gens commencent à arriver autour de nous, à s'agiter, à aller et venir.

– Ginger ? crie la voix suraigüe qui vient de la personne qui me faisait le bouche-à-bouche. Ginger, t'es réveillée ?

– Poussez-vous, on l'emmène.

– Attendez, attendez !

On l'entraîne à l'écart, d'autres personnes me placent sur un brancard et je suis transportée hors du parc avant de subir un transplanage d'escorte. Nous arrivons dans un lieu aux murs blancs et propres. Sainte-Mangouste.

Le flot d'émotions que j'avais oublié jusque-là se déverse à nouveau en moi. Je me remets à pleurer. Mais la douleur physique, peu à peu, disparaît.

Je commence à faire mon deuil.

OoOoO

Gondul… Gondul Gondul. Gondul !

J'ouvre les yeux, alertée par le dernier cri. Je suis dans une clairière recouverte de neige, pieds nus, mais le froid ne m'atteint pas. Le ciel au-dessus de ma tête est rosissant, le crépuscule s'approche. Un oiseau chante, tout est calme.

– Gondul !

Je fais volte-face. Personne. Je ne me sens pas menacée, mais je suis curieuse. Quel étrange endroit…

C'est horrible à dire, mais à ce moment précis, la mort de Gondul ne me rend plus malheureuse. Elle me laisse en paix. Cela fait partie de l'ordre des choses, c'est normal. Elle est morte. C'est comme ça.

Je marche un moment. Je remarque soudainement je ne vois pas mon corps : je suis donc en plein rêve. Bizarre. A quel moment me suis-je endormie ?

– Gondul… Je me demandais si tu arriverais jamais.

Je lève la tête. Je suis en face de Prudr, la dernière Valkyrie.

– Hé bien… me voilà, dis-je sans savoir quoi dire d'autre.

Je la rejoins et nous marchons un moment ensemble, côte à côte. C'est elle qui m'a appelée. Je connais son histoire, le tableau me l'avait racontée à Beauxbâtons. Beauxbâtons… C'est si loin et si proche en même temps. Deux mois se sont écoulés depuis que j'ai parlé aux tableaux – et que Gondul, mon Horcruxe, a trouvé un corps.

Seulement deux mois de vie pour elle.

– Est-ce un rêve ? je pense tout haut. Ou une vision ? Non, c'est un rêve. Les visions, je ne pouvais les voir que grâce à Gondul. Je lisais ses souvenirs. Maintenant qu'elle est…

Je ne parviens pas à terminer ma phrase. Je sens que si je continue, je vais fondre en larmes.

– Il n'y a pas de raison, répond doucement Prudr. Nous sommes là. Tes amis sont là aussi pour toi.

– Mes amis, tu parles, je soupire. Ils ne m'ont pas rendu visite depuis longtemps.

– Tu te trompes, c'est l'un d'eux qui t'a sauvé la vie.

– Qu'est-ce que tu peux en savoir ? Tu n'es qu'un rêve.

– C'est faux. Je suis un souvenir.

– Gondul est morte, tu ne peux pas être un souvenir ! je m'écrie d'une voix un peu trop aigüe. Tu n'es que le fruit de mon imagination !

– Ravie de savoir que je n'existe pas, réplique Prudr, légèrement vexée. Si tu ne me crois pas, écoute-moi : quand tu te réveilleras, tu verras que c'est bien l'un de tes camarades qui t'a sauvée.

– C'est impossible, ils dormaient tous. En fait… Je suis probablement morte.

Elle lève les yeux au ciel.

– Tu n'es pas morte, Gondul ! Quand vas-tu me croire ? Et je ne suis pas un rêve. Ton Horcruxe a trouvé un endroit où stocker ses souvenirs. Elle ne reviendra pas, elle est morte, définitivement. Mais tu as encore accès à tout ce qu'elle a gardé pour toi.

– J'ai envie de te croire, mais…

– Tu sais ce qu'il s'est passé, hier soir, quand tu as essayé de te tuer ? me coupe-t-elle. Nous toutes, les Valkyries, avons enfin pu accéder à tes pensées et avons levé temporairement tes sentiments de tristesse pour ton Horcruxe. Ne te souviens-tu pas du brusque retour de ton cynisme ?

Je m'apprête à répliquer mais me tais. Elle a raison… mais c'est impossible. C'est vrai, pendant un bref instant, tout est devenu limpide et je n'avais plus qu'une envie, c'était remonter à la surface. Et puis après, quand on me ranimait, je ne pensais plus du tout à Gondul. J'étais focalisée sur moi, et sur ma survie.

Mais Prudr n'est pas un souvenir, c'est impossible ! Si c'était le cas Gondul aurait formé un autre Horcruxe… Et elle n'en a matériellement pas eu le temps pendant ces deux derniers mois !

– Elle n'a pas fait d'autres Horcruxes, t'es dure de la feuille ou quoi ? s'écrie quelqu'un d'autre.

Je me tourne vers Hrist, petite blondinette à l'air hargneux d'une douzaine d'années.

– Un peu de respect, elle a bien six siècles de plus que toi, lui fait calmement remarquer Prudr.

– En admettant que ce soit vrai, je m'écrie, commençant à m'énerver. Comment avez-vous pu avoir accès à mes sentiments ? Jamais vous ne l'aviez fait avant ! Vous n'en êtes pas capables.

– Bien sûr que si, on en est capables, rugit Hrist, qui a l'air encore plus en colère que moi. Sauf qu'on ne le fait pas. On a eu notre tour, on n'a pas à contrôler le corps des autres.

– Alors on se contente de te parler. Et calmement, souligne Prudr en jetant un lourd regard à Hrist.

Et si c'était vrai ? Et si j'avais été sauvée ? Et si les souvenirs de Gondul étaient vraiment cachés autre part ?

– Mais où ?

– Tu le devineras toute seule, même toi, tu es assez intelligente pour ça, siffle Hrist.

Je lui lance un regard meurtrier qu'elle soutient. Lasse, je détourne les yeux et reprend ma marche aux côtés de Prudr. Hrist trottine jusqu'à nous avant de se calquer à notre pas plus lent.

Alors Gondul n'est pas vraiment morte ? Je ne la reverrai pas, d'accord… Mais j'aurai ses souvenirs. Et à la base, Gondul, c'est exactement ça : un concentré de souvenirs, un Horcruxe. Sa personnalité, c'était la mienne, autrefois. Les choses ne seront plus jamais les mêmes qu'avant… Mais je continuerai. Je sais que Gondul est encore là, quelque part, et rien que cette pensée me redonne envie de reprendre les choses en main.

– Je peux poser deux-trois petites questions ?

– Je t'écoute.

– L'autre nuit, quand l'Horcruxe a été détruit, Hildr m'a aidée pour arrêter le dragon, puis est arrivée pour tuer Tyr… Pour se racheter de la mort de Kara qu'elle avait provoquée, c'est ce qu'elle a dit… Comment pouvait-elle savoir que j'étais là ?

– Que veux-tu dire ?

– La première fois que j'ai fait un rêve avec… vous, j'ai vu Kara. Elle me l'a expliqué.

Je revois furtivement Hildr, la tête dans les mains, hurlant à la mort, alors que Gondul supprimait le lien entre elles et que Kara m'expliquait :

« Il existe un lien mental très puissant entre les Valkyries. Eh bien, Gondul a réussi à le supprimer entre Hildr et elle. Essayer de briser ce lien, c'est comme essayer de se scier un bras ; la volonté doit être très forte pour supporter la douleur. »

– Sa volonté n'était pas assez forte, alors, conclut Prudr.

– Que veux-tu dire ?

– Elle n'a sans doute pas pu supprimer le lien entre Hildr et toi. Pour reprendre la métaphore de Kara, je dirais que Gondul a cru avoir coupé le bras alors qu'il restait un minuscule nerf entre les deux, si fin qu'elle ne l'aurait jamais remarqué et Hildr non plus. Mais dans une situation telle que celle où tu t'es trouvée, Hildr a dû entendre tes appels au secours.

– Je ne l'ai jamais appelée au secours, je proteste.

– C'était inconscient, idiote, rétorque Hrist.

– Hildr a senti ta panique et elle a décidé de te venir en aide, répond calmement Prudr. Hrist, tiens-toi bien, tu es vraiment insupportable quand tu t'y mets.

– Tu me parles comme si j'avais douze ans, grogne-t-elle.

– Parce que tu as l'air d'avoir douze ans, réplique Prudr. Et pas seulement physiquement. Tu as d'autres questions, Gondul ?

– Oui… Qui m'a sauvée ce soir, finalement ?

Prudr sourit d'un air énigmatique.

– Ah, tu nous crois, maintenant ? Nous ne sommes plus des rêves ?

– J'ai envie d'y croire. On verra bien au réveil… si je me réveille. Alors ? Qui m'a sauvée ?

– Pourquoi te le dire ? Tu le sauras dans peu de temps de toute façon.

Elle a raison. Le cadre commence à devenir flou et les figures de Prudr et de Hrist disparaissent lentement.

– S'il-te-plaît, dis-moi, je la supplie.

– Il n'y a qu'une chose que j'aie à te dire, Gondul, répond-elle avec un doux sourire. Tu n'es pas seule, et tu ne seras jamais seule, quoi que tu puisses t'imaginer. Même si nous venions à être séparées, et même si tes amis te tournaient le dos – ce dont je doute franchement – tu ne seras jamais seule. Nous serons toujours là pour penser à toi et nous soucier de toi.

– Merci, Prudr, je murmure, touchée.

– C'est ça, c'est ça.

– Et merci à toi de casser les séquences émotion, Hrist.

– Tout le plaisir est pour moi, répond l'intéressée avec un sourire carnassier.

Tout redevient noir et je plonge dans un sommeil sans rêves.

Je me réveille quelques heures plus tard, dans une chambre d'hôpital je suis donc bien vivante. Je respire profondément. Les Valkyries étaient vraiment là, alors. Gondul est toujours quelque part. Où, je ne sais pas, pas encore du moins.

Je tourne la tête vers James Potter, assis à mes côtés, qui bondit vers moi en me voyant bouger :

– Ginger ! Tu es réveillée ! La vache, tu m'as fait tellement peur !

Sa voix commence à partir dans les aigus :

– Qu'est-ce qui t'as pris de faire une chose pareille ?

Je me souviens brusquement de la voix hystérique de tout à l'heure et je souris. C'est lui que j'ai confondu avec une femme ! Et c'est lui qui m'a fait le bouche à bouche en me sortant de l'eau du lac, ça colle, on a appris à faire ça pendant les cours de Médicomagie avec Pomfresh. Mais alors… C'est lui qui m'a sauvée ? Je me sens rougir et sourire davantage en même temps. Par tous les kilts d'Ecosse, c'est tellement romanesque et cliché. Et je ne peux pas m'empêcher de trouver ça agréable, et toute cette guimauve me donne envie de me jeter par la fenêtre.

– Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?

– Quand tu m'as fait le bouche-à-bouche, j'ai cru que j'embrassais le Calmar Géant. Ca casse le mythe…

Il a l'air vexé.

Je ferme les yeux et me rendors dans la seconde, avant qu'il n'ait eu le temps de répliquer.