Je ne possède aucun des personnages des différents fandom.

FEBUWHUMP 2024 : Série de textes courts drama et whump suivant les prompts donnés. Multifandom

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


FEBUWHUMP 2024

Cordes vocales (Prodigal Son)

Malcolm Bright ouvrit les yeux brusquement, son souffle court, son corps glacé de sueur. Le monde autour de lui était flou, distordu. Une lumière crue tombait d'un plafonnier au néon, projetant des ombres nettes dans la pièce exiguë. Il était attaché à une chaise, des sangles rugueuses mordant sa peau aux poignets et aux chevilles. Sa tête tournait, ses pensées embrouillées par une lourdeur étrange, comme si son esprit peinait à émerger d'un brouillard chimique.

Il tenta de parler, de demander où il était, qui l'avait enlevé, mais aucun son ne franchit ses lèvres. Sa gorge restait muette, ses cordes vocales totalement incapables de produire ne serait-ce qu'un murmure. La panique le saisit, brutale, comme une vague qui s'abat sans prévenir. Il essaya à nouveau, forçant sa voix à sortir, mais tout ce qu'il obtint fut un silence assourdissant. Ses yeux s'écarquillèrent alors que la réalité s'imposait à lui : quelque chose n'allait pas… Quelque chose n'allait pas du tout.

Une porte grinça dans son dos. Un homme entra, silhouette imposante drapée d'un manteau sombre. Son visage était masqué par une cagoule, mais ses yeux luisaient d'une froideur déconcertante.

- Bien réveillé, docteur Bright ? Demanda une voix rauque et moqueuse.

Malcolm essaya de répondre, de crier, de protester… Rien… Pas un mot… Sa panique monta en flèche. L'homme inclina légèrement la tête, amusé par sa tentative.

- Oh, je vois que le produit fait effet. Fascinant, n'est-ce pas ? Une simple injection, et voilà… Plus un son. Tu es coincé dans ta tête, incapable de plaider ta cause, incapable d'utiliser ton arme favorite : tes mots.

Malcolm sentit un frisson glacé descendre le long de sa colonne vertébrale. Cet homme savait. Il savait à quel point la parole était essentielle pour lui, à quel point il en dépendait pour comprendre, manipuler, désamorcer les situations les plus tendues. Sans sa voix, il était vulnérable, réduit à un spectateur passif dans un cauchemar qu'il ne pouvait pas contrôler. Le kidnappeur fit le tour de la pièce, son regard scrutant Malcolm comme un prédateur jauge sa proie.

- Tu es brillant, Bright, ça, personne ne peut te l'enlever, mais brillant ne veut pas dire invincible. Aujourd'hui, c'est moi qui contrôle la situation.

En réponse, son prisonnier se débattit contre ses liens, mais les sangles étaient trop serrées. Son esprit, d'habitude si clair, si affûté, était embrouillé par la peur. Il essaya de se concentrer, de trouver une solution, mais l'absence de voix l'handicapait d'une manière qu'il n'avait jamais imaginée. Il ne pouvait même pas tenter de raisonner cet homme, de l'attirer dans un piège verbal. Il était… piégé. Le kidnappeur s'arrêta devant lui, se penchant pour murmurer à son oreille.

- Je me demande… est-ce que tu ressens cette peur que tu décris si bien dans tes analyses ? Cette terreur viscérale ? Est-ce que ça te plaît d'être à la place de tes victimes, Malcolm ?

La gorge de Malcolm se serra, mais pas un son ne sortit. Des larmes brûlantes montèrent à ses yeux, mélange de frustration et de terreur. Il avait déjà été confronté à des tueurs en série, mais jamais dans une telle situation d'impuissance. Il tenta de respirer profondément, de maîtriser la panique qui le submergeait, mais son cœur battait si fort qu'il semblait vouloir exploser. En face de lui, le kidnappeur recula légèrement, attrapa une table roulante et la fit glisser devant Malcolm. Dessus, un assortiment d'outils brillants sous la lumière blafarde : scalpels, pinces, ciseaux… Chaque instrument semblait avoir été choisi pour infliger une douleur précise et calculée. Malcolm ferma les yeux, essayant de ne pas hyperventiler. Il ne pouvait pas crier. Il ne pouvait pas supplier. Son silence serait son seul compagnon dans cette horreur. L'homme attrapa un scalpel et le fit tourner entre ses doigts.

- Tu sais, Malcolm, je ne suis pas qu'un simple monstre. Je suis un artiste. Et toi… tu es ma toile.

La première coupure fut rapide, presque superficielle, sur son avant-bras, mais la brûlure qui suivit fut insupportable. Malcolm suffoqua, sa respiration hachée, incapable d'évacuer la douleur par des cris. Il voulait hurler, supplier, mais il était condamné à rester silencieux. La douleur se propagea, irradiant tout son corps. Chaque coupure, chaque pression de l'instrument devenait un rappel cruel de son impuissance. Après de trop longues minutes, le tueur s'arrêta un instant pour observer son œuvre.

- Fascinant. Tu es plus résilient que je ne le pensais, mais ne t'inquiète pas, Malcolm. Nous avons toute la nuit.

Les larmes coulaient librement sur le visage de Malcolm. Il ne pouvait pas bouger, ne pouvait pas parler, mais son esprit restait en alerte, cherchant désespérément une échappatoire. Chaque seconde s'étirait en une éternité de douleur et de peur. Au fond de lui, une pensée obsédante le tourmentait : Et si je ne pouvais jamais parler à nouveau ? Il voyait sa vie sans cette voix qui était tout pour lui, sans la capacité de rassurer ses proches, de résoudre des enquêtes, d'aider ceux qui en avaient besoin. Ce silence forcé était pire que la douleur physique. Ce fut à cet instant que le tueur se rapprocha à nouveau, un sourire malsain derrière sa cagoule.

- Tu vois, Bright, c'est ça, la beauté du silence. Il révèle qui nous sommes vraiment... Et toi, tu n'es rien sans tes mots.

Malcolm, épuisé, la respiration saccadée, sentit la pièce se refermer autour de lui, chaque douleur, chaque humiliation gravée dans sa mémoire. Le silence était devenu son pire ennemi et la nuit ne faisait que commencer.